Mauricette est reconnaissable à son cabas de paille couleur verte. Elle y transporte des morceaux de sa vie.
Mauricette vit dans la vie de tous les jours des gens dits 'normaux" tout en parcourant son monde à elle.
Mauricette porte dans sa tête une blessure qui la rend fragile.
Mauricette aime la lecture et la poésie.
Mauricette a deux amis, Christophe qu'elle a rencontré durant un stage d'informatique et Alfonsina compagne durant l'un de ses séjours en psychiatrie.
Mauricette a mal depuis si longtemps

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Pour cette rentrée littéraire ce n'est pas un deuxième coup de coeur, c'est un coup de coeur passion.
Lucien Suel avait écrit un très beau livre "la mort du jardinier". Ce deuxième roman est tout simplement magnifique.
Il nous entraine dans les pas de Mauricette qui désire guérir de cette douleur qui ne la quitte jamais. Douleur qui l'emmène parfois au bord de la folie mais en la frôlant.
Chaque chapitre est séparé par les écrits de Mauricette, écriture hachée de mots entre le réel et l'irréel.
Tout comme dans son premier roman, Lucien Suel nous offre une très belle fin.
Après avoir refermé le livre, vous aurez difficile de quitter la main de Mauricette.

"Elle se rapprocha, appuya le front contre l'arbre,resta quelques minutes sans bouger, attentive aux odeurs, au souffle du vent dans les aiguilles de l'arbre. Ce cèdre bleu dominait tous les arbustes environnants, cotonéasters,cornouillers, noisetiers et autres fusains, à l'exception d'une rangée de tilleuls plantés en bordure de l'autre côté de la cloture. Ils étaient donc là, les tilleuls qui avaient donné leur nom à la "Clinique". La période de floraison était terminée, mais quand elle passa sous leur ombrage, Mauricette respira à pleins poumons par le nez et elle retrouva dans sa mémoire, ce parfum qui la transporta immédiatement dans son temps de petite fille."

"Moi je travaille toujours. Ma tête travaille toujours. Je lis dans ma tête. Je ne sais pas l'arrêter. Quelquefois je voudrais que ça s'arrête, que ça se taise, ne plus entendre les voix. Ou alors seulement le bruit de la mer comme quand je transforme ma main en coquille autour de mon oreille".

challenge_du_1_litteraire_2009 Note 5/5