Lors de la lecture du testament de sa grand-mère Bertha, Iris apprend avec étonnement qu'elle hérite de la maison familiale.

Après le départ de sa mère Christa, patineuse émérite dans sa jeunesse, Inga la tante éternelle célibatire chargée d'électricité statique car née lors d'un orage ainsi que de son autre tante Harriet vivant dans un hashram depuis la mort de sa fille Rosemarie, Iris va redécouvrir cette maison où elle passait tous ses étés en compagnie de sa cousine et de leur amie Mira.

Derrière la maison, le verger déborde de pommiers.

Un voisin lui raconte les deux soeurs Bertha et Anna si belles, qui grimpaient dans le pommier boscoop et y dévoraient tant de pommes chacune à leur manière. Bertha aimait Hinnerk qui aimait Anna. Le voisin quant à lui aimait Bertha qui était aimé par Anna. Il lui avoue qu'Inga, la tante d'Iris est sûrement sa propre fille.

Iris réentrouve la porte des absences de Bertha qui petit à petit a perdu ses souvenirs, qui finalement dut être placée. Lors de sa mort, sur la table de nuit, un verre empli de jus de pommes.

Petit à petit, Iris va suivre les pas de sa jeunesse et se remémorer la mort de Rosemarie. L'amour naissant de Max va l'y aider.

pommes

Entre les trois générations de ces femmes, flotte un parfum de pommes, accompagné de groseilles,. Un très beau livre qui évoque les secrets familiaux dont on ne parle pas et de cet oubli qui frappe bon nombre de personnes âgées. J'ai été très émue par la déchéance de mémoire de Bertha, mon grand-père étant mort sans reconnaitre son fils.

Il y a de la folie, de jalousie, de l'amour, de la tendresse, de la peur. On passe du grave au superficiel tout en aimait redécouvrir le goût des pommes. Tout est léger même si les souvenirs sont lourds.

A découvrir...

Bertha connaissait toutes les plantes par leur nom. Quand je songeais à ma grand-mère, je la voyais  au jardin, haute silhouette aux hanches larges supportées par de longues jambes d'échassier"

"D"habitude ma mère ne prenait pas le temps de s'asseoir. Soit elle travaillait au jardin, arrachait des mauvaises herbes, taillait des branches, récoltait des baies, piochait, fauchait, creusait ou plantait. Soit elle suspendait du linge, rangeait des étagères, vidait ou remplissait des caisses, repassait des draps, des couvres-lits, des serviettes au rouleau à repasser dans la cave. Elle faisait des cakes ou des confitures. Si elle s'absentait, c'était parce qu'elle avait décidé  de faire une "escapade en forêt", selon son expression, ce qui consistait à courir  jusqu'à épuisement à travers les champs d'asperges poussiéreux qui s'étendaient aux alentours"

"L"aspect le plus plaisant de mon métier  consiste pour moi à dénicher des livres oubliés, des livres qui sont rangés à leur place depuis des centaines d'années, des livres qui n'ont sans doute jamais été lus,dont la tranche est encroûtée de poussière et qui n'en ont pas moins survécu à des millions de non-lecteurs"