argile

 

Cahier blanc et cahier rouge, tous deux content la vie d’une Marie.

 

Marie du cahier blanc c’est l’instant présent, sa fuite du nord pour retrouver la garrigue, là d’où elle vient. Elle a tourné le dos à Pierre qui l’avait pourtant sauvée. Elle veut l’enfance entourée de frères et soeurs, la mère qui petit à petit s’étiole et le feu qui détruit tout. Elle ancre ses pieds dans le sol pour s’y retrouver. 

 

Mais avant d’atteindre ce sud, elle parcourt les kilomètres droit devant, ses pieds la portent dans sa vie d’errance vers son but. Le point est juste devant le regard.

 

Durant cette fuite d’avant, une petite bulle gonfle et elle stoppe son parcours dans une cabane, au milieu de la forêt comme si c’était son antre. 

 

Elle aime la terre, l’argile va soigner sa blessure à la cheville. Son coeur battant croise les yeux du géomètre qui va lui apprendre que la maison en bois appartenait à Samuel Prat, l’enfant de l’autre Marie, celle qui donnait vie à sa poterie grâce au feu. 

 

Cette Marie, ce sera le carnet rouge. Cette Marie d’un autre temps, dont les os se sont mélangés à l’argile et à la terre, va lui réapprendre à regarder le feu.

 

Quand les pieds se remettront en marche, il n’y aura plus de ligne de fuite. Elle peut enfin retrouver la garrigue….

 

"Je marche et je suis seule. Il n’y a aucune femme pour me montrer le chemin, aucun homme. Ni père, ni mère. Ni frère, ni soeur. Je ne veux pas y penser. Parfois je chiale de solitude quand l’enchevêtrement des ronces rend impossible le passage et quand me manque une caresse sur la nuque, mais je ne fais pas demi tour. Ma cravache est d’orgueil"

 

Ce roman a reçu le premier prix première rtbf 2015, prix hautement mérité.

Céramiste, l'auteur s'est inspirée de la vie de la potière Marie Talbot pour créé Marie Prat

 

bouteille

 

bouteilles de Marie Talbot

 

Que dire quand un livre est si beau ?