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Bill Bryson est né à Des Moines dans l’Iowa. Naître là bas, c’est soit une évidence, soit une envie d’être ailleurs. C’est la seconde option qui s’ancre dans le cerveau de Bill Bryson. Il part donc s’établir en Angleterre à l’âge adulte. 

 

Mais après la mort de son père, la nostalgie de l’enfance et des vacances épiques avec parents, frère et soeur, lui souffle l’envie de partir à la découverte des souvenirs de ladite enfance et surtout de son pays. 

 

Empruntant la vieille voiture de sa mère et ayant bien tracé son parcours sur une carte, il va redécouvrir une partie de l’est et de l’ouest des USA. Récit émouvant et surtout hilarant de ce voyage aux sources de l’enfance. 

 

Première étape Pella en ce matin de septembre. Pella se situe à 60 kilomètres de Des Moines et a été fondée par des immigrants hollandais. Il s’y tient donc chaque année une grande fête des Tulipes. 

 

Deuxième étape Winfield, où chaque année, les enfants passaient des jours merveilleux avec leurs grands-parents paternels. 

 

« Je ne peux pas dire que je m’attendais vraiment à voir mes grands-parents en faction au portail, vu qu’ils sont morts tous les deux depuis de nombreuses années. Mais je suppose que j’avais vaguement espéré y trouver un autre couple de charmants petits vieux qui m’auraient invité à entrer et à partager mes souvenirs. Peut-être m’auraient-ils même autorisé à devenir leur petit fils. Ce ne fut pas le cas. »

 

En route pour Hannibal, la ville d’origine de Samuel Clemens dit Mark Twain, début d’un périple pour se rendre ensuite à New Salem village de naissance d’Abraham Lincoln, la maison d’Elvis Presley à Tupelo…etc; passage d’un Etat à l’autre 

 

« Le paysage devenait de plus en plus vallonné, bien que désespérément dépourvu de précipices, à mesure qu’on entamait la descente vers Warm Springs. Depuis des années je nourrissais le projet d’y aller, je ne sais pas trop pourquoi. Je ne savais rien de l’endroit sauf que Franklin Roosevelt y était mort »

 

« J’étais aux anges. Dans mon enfance, on n’allait jamais visiter des endroits comme Gatlinburg. Mon père aurait préféré se faire trépaner à la foreuse Black et Decker plutôt que de passer une heure dans un lieu pareil »

 

Je ne vais pas vous narrer toutes les étapes du voyage de Bill Bryson. Il nous décrit l’Amérique dans toute sa laideur autant que dans sa beauté. Un superbe guide de voyage car tout en rigolant des frasques de Bill, ils nous enseigne l’histoire des villes qu’il traverse et l’on imagine….

 

« Je roulais-je roulais-c’est ce qu’on fait dans l’Ouest : on roule, on roule. On passe d’une ville isolée à une autre en se traînant dans un paysage digne de la planète Neptune. »

 

Il a été soufflé comme dans son enfance par le Grand Canyon, déçu par le parc de Yellowstone et n’a pas pu passer sous le grand séquoia en voiture, vision enfantine via le View Master telle que je l’ai admirée également étant enfant. Emu, par le champ de bataille où Custer est mort, etc….

 

« J’ai fini par trouver ce que je cherchais : Winterset patrie de John Wayne. J’ai fait le tour de la bourgade pour trouver sa maison- Winterset est si petit que ça m’a seulement pris une minute- et j’ai ralenti pour la regarder sans descendre de voiture »

 

 

Bon bref, Bill Bryson a beaucoup voyagé et en est revenu enchanté, ce qui ne l’a pas empêché de retourner en Angleterre….

« Et je me suis retrouvé en Iowa. Sans exagérer, j’ai vraiment senti mon coeur battre plus vite. J’étais chez moi. C’était mon pays. Mon auto portait la même plaque d’immatriculation que les autres. Personne ne me regarderait plus comme pour dire « Qu’est-ce que tu fiches dans ce coin-ci? ». J’en faisais partie »