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Tristan Talberg s’est retiré de tout plaisir depuis la mort de sa femme Yseult, survenue il y a cinq années. Il a décidé de ne plus écrire, vit comme un reclus et porte un regard aigri sur les humains.

Alors quand il est choisi comme prix Nobel, il décide de fuir. 

 

Pour échapper aux journalistes qui sont à sa recherche, il demande à un couple d’amis de le cacher mais la venue d’un journaliste le décide à prendre vraiment le large.

 

Il se coupe cheveux et barbe et en avant pour la grande aventure.

 

Il décide de se rendre à Puy-en Velay mais la rencontre avec un soeur dans le train va le conduire à Monastier-sur-Gazeille. Il se rappelle que Louis Stevenson a commence son voyage dans les Cévennes à partir de ce village et emporte le livre dudit écrivain. 

 

 

« Le temps était clair et en cette fin de matinée, il flottait encore dans l’air une agréable odeur de foyer éteint. Le seul vrai choix que Talberg faisait, se laissant mener aux hasard des sentiers, était d’obliquer vers le sud, pour la clémence du temps, de s’affranchir le plus possible du monde et, surtout de ne point acheter de carte, susceptible d’entraver le destin »

 

Il se sent heureux de repartir sur les sentiers et de marcher tout comme il le faisait avec sa femme Yseult avant sa maladie. 

 

Ses détours vont le mener vers Conques. A la recherche d’un logement, il croise un jeune couple Jean et Anne. Ils vont partager l’abri d’une grange pour la nuit.

 

« En s’endormant cette nuit là, bercé par les rafales de vent qui faisaient chanter la charpente à sa verticale, Tristan se remémora sa journée, si douce, si lumineuse, qu’il en sentait comme un assentiment d’Yseult, une sorte de blanc-seing sur ces chemins détournés qu’il n’avait pas imaginé prendre »..

 

 

Le trio va poursuivre la route ensemble durant quelques jours mais le couple étant pressé par le temps, Tristan continue sa route seul sur le chemin vers Compostelle.

 

Il ne sait pas qu’une nouvelle rencontre va bouleverser sa vie à 765 kilomètres de Compostelle.

 

Durant tout son voyage, Tristan va écrire des lettres à sa femme, et l’on apprend petit à petit que sa femme Yseult qui rêvait d’être danseuse étoile était atteinte de la maladie de Huntington. 

 

 

« Je te voyais chaque matin t ‘astreindre à de longues séances de gym dont tu sortais exténuée, en larmes, mais heureuse. Ton corps répondait encore aux sollicitations les plus extrêmes et tu te prenais à rêver. Peut-être au fond te sentais-tu encore capable de décrocher ce statut si  envié de danseuse étoile auquel tu avais aspiré toute ta vie »

 

Le roman se partage entre la fiction du roman et les lettres écrites tout aussi fictives, ce qui permet d’avoir deux approches de qui est réellement Tristan.

 

La marche et ces lettres sont en fait essentiels  pour que Tristan puisse enfin revivre et ne plus se complaire dans son chagrin révolté. 

 

Ne vous attendez pas avoir un énième récit du chemin vers Compostelle, c’est un roman . Un très beau roman d’amour qui se délie entre humour et tendresse.