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Hugo Boch, fils de ladite famille très connue, quitte la Belgique pour se consacrer à sa passion la peinture. Il emmène avec lui un appareil photographique, là bas à Pont Aven. Il veut découvrir la communauté d'artistes peintres qui y résident.

Des peintres, il y en a certainement mais le plus omniprésent c'est ce Goge l'appelle certains, c'est àdire Gauguin. 

De peinture, il n'en est plus vite question, il va s'adonner à la photographie dont son père préconise la fin car ce n'est qu'une mode. 

Aidé par sa famille au début, c'est la cassure quand son père comprend qu'Hugo ne reviendra pas travailler à la faiencerie ni ne s'incrira, s'il aime vraiment la peinture, à une académie.

C'est à travers des lettres qu'il décrit sa vie à sa cousine Hazel qui a quitté la Belgique pour Paris, peintre elle aussi. Tobias son ami de jeunesse, lui écrit également. Ils partagent le même amour de la peinture mais malheureusement le jeune homme souffre d'atroces migraines qui le rendent, au moment des crises, totalement instable. Leur amitié date du temps de leur convalescence dans un sanatorium. 

A Pont Aven, trop de monde, alors Hugo se réfugie dans un autre village : Le Pouldu. Il tombe amoureux de l'hotellière Marie mais ne se déclarant pas, elle choisit un autre peintre. C'est grâce à la photo qu'il vivote en créant des cartes postales et en devenant portraitiste. Il deviendra l'Ankou, celui qui portraitise les morts. 

Mais il y a surtout  Van Gogh dont on parle tant, dont Gauguin est l'ami et qu'on ne voit jamais.

Une autre cousine Ana Boch, vivant à Bruxelles et faisant partie d'un groupe d'artistes nommés les XX, organise de petites expositions, étant peintre elle-même, est une fan inconditionnelle de Van Gogh. Elle lui achètera même un tableau, le seul qu'il vendra de son vivant.

 

A travers les lettres des personnages de fiction et réels pour certains, c'est une période artistique intense qui prend vie. Une nouvelle époque qui voit fleurir des peintres qui ne veulent plus des Monet, des Manet...Il faut peindre ce que l'on voit, la réalité telle que le regard la suprend et ne veux pas oser voir. Gauguin en est le plus parfait exemple ainsi que Van Gogh, trop en avance pour leur temps malheureusement.

 Hazel maniant l'humour, est un personnage charnière, nous démontrant toutes les difficultés auxquelles se heurtaient les femmes pour vivre leur liberté. Même si l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles s'ouvre aux femmes, elle rate le concours. 

 

Un merveilleux roman, d'une grande sensibilité,  qui nous entraine dans le ressenti de l'être qui se voue à l'art. Voir, comprendre et tenter de partager son oeuvre : le plus difficile. 

 

Et en ombre chinoise, Van Gogh, toujours évoqué par les autres ainsi que le colérique Gauguin.

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 La vigne rouge, tableau acheté du vivant de Van Gogh, par Anna Boch.

 

Falaise à Sanary d'Anna Boch

 

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 "Tu sais voir comme moi. Nous le savons tous les deux. Nous courons le monde d'un côté et de l'autre pour exercer notre secret"