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Capital Rouge peut être lu de trois manières : comme un conte, historiquement et romancé.

 

Le livre s’étend durant les années soixante, après la mort de Staline, Khroutchev devient le maître de l’URSS, et n’a qu’un rêve : battre l’arrogance des USA économiquement . Les Russes doivent être les meilleurs. L’avenir est radieux, les atrocités staliniennes se délitent. Le roman se termine avec la destitution du chef qui sera remplacé par Brejnev.

 

Un livre passionnant car l’auteur nous décortique la manière dont l’économie de l’URSS était planifiée selon les vertus du socialisme. Le PIB n’était pas calculé selon les ressources humaines mais selon la production de biens. Cette production se faisait au début sans apport financier de pays extérieurs, un marché unique derrière les frontières. Ce sont les mathématiciens qui établissaient le plan en calculant une économie de plus en plus positive.  Bien entendu, au début tout est magnifique et au fur et à mesure des années, on connait le résultat…. l’URSS a du se résoudre à importer.

 

Dans la partie romancée, on croise des femmes et des hommes qui évoluent durant cette décennie. Certains resteront dans la course, d’autres perdront.

 

Il est bien entendu question de corruption car socialiste ou capitaliste, dès que l’argent brille, l’humain est identique.

 

Le chapitre romancé de la visite des Russes lors d’une exposition universelle est édifiant. Cette expo se déroule à Moscou, la population découvre le stand des USA  qui représente le rêve américain. Celui auxquels beaucoup rêvent encore à notre époque. Le rêve américain du passé car ce rêve ne reviendra jamais, le monde a tellement changé. L’auteur souligne quand même que ce rêve est entaché par la ségrégation raciale.  

 

Pas besoin de lire le Capital de Marx, tout y est expliqué mais le problème c’est que les Russes l’ont suivi à la lettre à une époque dont Marx ne parlait pas et pour une population qui n’était pas concernée : la majorité en URSS était paysanne et Marx s’adressait aux ouvriers. De plus, les idées de Marx se positionnent dans un monde tel que le nôtre, apparemment c’est dès aujourd’hui que nous aurions du faire la révolution selon Marx bien entendu.