fanny

 

 

 

Maison une petite ville comm tant d’autres que l’on pourrait situer dans le nord ou dans le sud pourquoi pas ? mais j’opterais plutôt pour le nord . Une rue qui porte le nom de Canard Bouée, une autre les Neuf Lobules. Petite ville traversée par le canal Divan dans lequel on jette choses et humains. Canal qui faillit être racheté par une multinationale mais les habitants s’y sont opposés. 

 

En ce mois de juillet la ville est calme trop calme et chacun vaque à l’ennui de sa vie. Certains écrivent, d’autres déambulent comme Simone qui claque les pieds du déambulateur sur le sol.  Sergio aimerait retrouver son amour tout en préparant un grand seau de Sangria. Douze personnages en tout dont une Sylvette Dix-Sept qui connait l’avenir de Maison le 26 juillet.

 

Petit à petit une ombre commence à planer aux dessus des toits. Un énorme zeppelin glisse tout en silence et s’étend comme pour englober la ville. Certains se jettent pour adorer ce monstre volant jusqu’au moment ou comble de malheur un poulet plumé  jeté du haut de cet engin vient percuter Sue Hug qui venait de se faire voler son sac.

 

Ni une ni deux, la populace se rue sur l’ennemi. On les attaque, ils ripostent et c’est une guerre civile qui se déclenche. 

 

Et si on allait boire un verre au bar de l' Observatoire ? 

 

 

"Leurs hurlements ont quelque chose de primitif : si les hommes préhistoriques avaient pu graver des sons dans les parois des cavernes, sans doute auraient-ils ressemblé à ceci. Il n’y a ni Dieu ni science dans ceci mais seulement la terreur barbare de ce qui n’est pas soi, une terreur viscérale pour mettre une ville à feu et à sang. Une petite main dans la mienne me rappelle que partir est de toute façon la seule chose qu’il y ait jamais eu à faire dans cette ville »

 

« Je prends un café au bar des Lobes et j’écoute mugir les cerveaux sous les nappes de la musique et des conversations. Dans ce bistrot, il y a toujours deux ou trois artistes qui gribouillent; ils écrivent ou dessinent, dans des carnets de tous formats, avec des stylos de toute nature et qualité qui me permettent de deviner à distance s’il s’agit d’adeptes de l’épure ou du graffiti, du sonnet classique ou de l’écriture automatique »

 

« Je suis en train de me promener dans le jardin des plantes quand l’ombre du zeppelin caresse ma nuque. Gaspard patine dans les graviers jusque sur les moirures brûlantes du bitume et je le lance dans l’axe du dirigeable. je traverse la passerelle de l’observatoire, déboulant dans la rue Canard-Bouée, slalome entre les grappes des résidents prosternés, hagards puis je dérape jusque dans la rue de Neuf Lobes »

 

« Je n’ai jamais compris, moi non plus, réveil bleu, mon compagnon d’infortune, et mon coeur aussi s’essouffle doucement sur le balcon du passé »

 

 

J’ai eu le coup de foudre pour l’écriture de Fanny Chiarrello dès les premières lignes de son roman « Une Faiblesse de Carlotta Delmont ».

 

C’est une écrivain atypique. Son style c’est le style Fanny Chiarello et j’adore.

 

Elle mêle la dérision au malheur, elle mélange intellectualisme et légèreté ainsi que le non sens dans ce nouveau roman.

Au détour d'un mot, d'une ligne, on ressent une bribe de notre propre petite vie et on se surprend à sourire. 

 

Fanny Chiarrello a fermé sa page Facebook mais à ouvert un blog