carole

 

Une mère telle que Charlène, il faut du cran pour la supporter. La soixantaine, seule dans la vie, elle ne cesse de téléphoner à sa fille. A toute heure. 

 

Pour lui annoncer qu’elle s’est inscrite à Meetic, se plaindre de tout et de rien. Un jour son fils l’énerve, l’autre jour il a toutes les qualités. Et puis elle l’écrivain, il faut y mettre du sien pour connaitre le succès, d’ailleurs elle a quelques idées de romans en tête. Bref, la mère super envahissante. 

 

Même quand elle on lui annonce son cancer, pas de perte d’énergie. Elle se rase la tête avant que les cheveux ne tombent et hop un perruque blonde. Elle n’arrête pas de fumer, pourquoi ? elle a déjà ce foutu cancer, on ne vas pas encore la chicaner  sur ça. 

 

Elle passe son temps à raconter au téléphone tout ce qui se déroule à l’hôpital. 

Quand elle retrouve sa maison, elle décide de peindre à tout vent. Mais oui j’ai peint du Matisse, comment cela pas du Matisse ! Picasso peut-être. 

 

Et zou, embarquée à l’hôpital psychiatrique. Sus à sa bipolarité. Et re appel téléphonique pour démontrer à quel point les gens sont bizarres dans ce genre d’endroit mais qu’on y est si bien. 

 

 

Re retour à la maison. La fille de son frère est insupportable. Sa belle fille enfin bref c’est sa belle fille. 

 

Et à nouveau recherche sur le net dans les sites de rencontre après l’homme , enfin l’homme car ma petite après cinquante ans il faut ramer.

 

 

Sans oublier la copine Colette qui parfois n’en peut plus et c’est la rupture très brève il faut bien l’avouer. 

 

Et voilà que sa fille, l’auteur, attend famille.  Tricoti tricotons.

 

« Allo, tu ne dors pas au moins ? Ca y est ils sont repartis, oh là là, quelles histoire. Qu’ils ne reviennent pas ici avec leurs gamins. Ca gueule, ça débranche les perfusions, ça saute sur le lit, ça se met des piqûres  dans le nez….Mais je suis calme, je suis calme, je tricote. Je termine ton pull, au moins si je meurs tu pourras porter quelque chose que je t’ai fait, il ne me reste que l’encolure et les finitions ». 

 

« C’est à quelle heure déjà ? Il faut vraiment que ça soit toi pour qu’on mette France Culture ! Tu stresses parce que tu passes à la radio ? Mais il n’y a pas de quoi. Tu te fais un monde avec ça alors que personne n’écoute. C’est pas RTL tout de même »

 

Un livre tragico comique qui amène le rire mais on n’ose imaginer ce que ressent la fille au bout de la ligne :   la colère, de l’angoisse et de la colère suivant les réponses de la mère. 

 

Et ce fond de tendresse  qui traverse l’humour. La mère raconte son enfance qui n’a pas été aussi heureuse que celle de ses petits enfants. Une mère qu’elle détestait. La séparation d’avec le père qu’elle adorait. Et cette solitude quand les enfants sont partis et qu’ils ne viennent pas vous voir assez souvent. 

 

Faut s’accrocher quand on  a une mère de cet acabit. 

 

A lire de toute urgence si vous êtes en perte de moral.

 L'avis de Cathulu