milly

 

 

L’immeuble Christodora édifié en 1928 et ayant connu due nombreux aléas mobiliers est réhabilité dans les années quatre vingts. Le père de Jared y achète un appartement, y établi un bureau et son fils durant ses études y vient régulièrement adorant New York. 

 

Jared va rencontrer Milly . Après une rupture, ils se retrouvent et se marient. Bien entendu ils intègrent l’appartement du Christodora pour y vivre pleinement leur amour ainsi que celui de l’art qui les uni car ils sont tous deux artistes.

 

Milly  est une angoissée. Sa mère Ava grande défenderesse de la recherche contre le sida souffre de dépression et de bipolarité. Missy en a souffert toute son enfance des changements d’humeur de sa mère. Elle même étant dépressive, elle ne veut absolument pas mettre au monde un enfant de peur que lui aussi souffre de la même maladie.

 

Dans l’immeuble vit également un homosexuel Hector qui est devenu quelqu’un d’agressif, après avoir perdu l’homme de sa vie Ricky qui ne voulait pas se faire soigner même si malade du sida. Il est tombé dans la spirale de la drogue et n’est pas fort aimé. 

 

Milly et Jared adoptent  un enfant Mateo. Milly est tombée sous son charme lors d’une visite à un orphelinat dont sa mère s’occupe. C’est un enfant qui aime dessiner, créer.

 

Les premières années se déroulent dans le bonheur mais à l’âge de quinze ans tout dégringole : Matto souffre de ne pas connaitre sa vrai mère même s’il possède une photo d’elle. La descente va commencer lorsqu’Hector l’initie à la drogue. 

 

Ce que Mateo ne sait pas et qui aurait pu le sauver, c’est qu’Hector connaissait sa mère Isabel Mendes, morte du sida contractée lors d’une relation sexuelle. Isabel Mendes après avoir été reniée par sa famille va devenir une militante pour que les femmes soient également reconnues par l’Etat comme malades du sida à égalité avec les hommes pour la couverture sociale. Si Mateo avait su tout cela, sa vie aurait été totalement différente. 

 

Ava, Milly, Jared, Hector, Isabel, Mateo. Il ne manque dans le cercle que Drew qui est la meilleure amie de Milly . La si belle Drew que Milly  a aidée à décrocher de la drogue dans leur jeunesse. 

 

 

 

Je me souviens au début de mes vingt ans de l’arrivée de cette maladie qui fut terrible. Les principaux touchés furent les homosexuels. Les homophobes de l’époque jubilaient de la mort de ces suppôts du dévergondage. La bêtise humaine était telle que des enfants étaient rejetés par les parents d’autres enfants. Certains imaginaient qu’un seul baiser pouvait vous transmettre la maladie.

 

Le livre raconte comment la communauté homosexuelle a du se battre pour que l’on arrive à trouver un remède. Il a fallu du temps pour que l’on comprenne que c’était l’association de certains médicaments qui pouvaient mener à la guérison même si le malade était toujours porteur du virus du sida. Pris séparément ces pilules aidaient quelque temps avant de trouver un autre traitement. 

 

Outre l’homosexualité, la drogue prend une part importante du roman. Un chapitre est particulièrement très dur, la descente d’un drogué vers l’overdose est totalement une descente aux enfers et rien ne vous est épargné durant ces quelques pages. 

 

Il n’y aucune haine dans le roman, des personnages auxquels on s’attache mais surtout des êtres humains qui aident les autres et dans notre société égocentrique à outrance c’est une bulle d’espoir qui nous permet de croire encore à la bonté car elle existe. Il faut s’y cogner tout simplement.

 

Et l’art, surtout l’art qui permet de créer des liens, d’échanger, de vivre….

 

« C’était différent. Ce n’était pas un besoin obligatoire pour eux de devenir artistes professionnels. J’était là pour les aider à trouver leur voie créative, et les initier à l’art et au rôle qu’il pouvait jouer dans leur vie. Surtout s’ils venaient de foyers difficiles. Avoir une feuille de papier et une boite de crayons…C’est une véritable échappatoire. »

 

Beaucoup seront peut être un peu perdus à la lecture car le roman se déroulant entre les années quatre vingt et deux mille vingt, les chapitres sont un mélange de ces années. On passe du futur au passé sans cesse. En tant que lectrice j’aime cette manière d’écrire. 

 

 

 

« Ces dernières années, il avait vu tant de couples vivre dans l’agonie permanente, à attendre que l’un ou l’autre meure, à réaliser qu’ils avaient une deuxième chance, à se réveiller au contact de la dure réalité d’une vie qui ne voulait pas les abandonner, finalement - des dettes, des factures, des emprunts, des emplois à trouver. »