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Grâce aux 68 premières fois, j’ai découvert ce premier roman de Jacques Gaubil et c’est…super méga génial. 

 

 

Le personnage principal est médecin, venu de France là bas au Canada, son diplôme n’étant pas reconnu, il a du suivre à nouveau quelques années d’études et comme tout expat, on accepte  certaines besognes telle celle de se rendre chaque mois dans le village de Grand Soleil, dans le nord du Quebec. 

 

« J’avais oublier de préciser : le village s’appelle « Grand Soleil. En  langue cree, les autochtones qui ont construit la première masure, ça donnait Kisikawi. Ca me parait bien plus raisonnable que Grand Soleil « 

 

 

Village où les maisons, au lieu d’êtres regroupées, sont disséminées. La moyenne d’âge avoisine plutôt les soixante. Leur principale occupation : distiller de l’alcool.  Le médecin aime se rendre là bas, enfin il s’en persuade. Il y soigne les bobos, les cirrhoses et écoute les palabres de chaque patient.

 

Etrangement Grand Soleil a été oublié dans les coupes budgétaires et possède toujours sa station météo.  

 

Un village de vieux dirait on sauf une  femme qui a trente cinq ans mais seul défaut : elle est laide. Enfin, d’après le médecin. 

 

 

Le reste du temps il vit à Montreal, dans le quartier d’Outremont. Il y tient un son cabinet privé.

 

« Chaque fois que je reviens, pendant quelques heures, mon existence ne m’apparait pas si terne, si mécanique, tellement anesthésiée. Le cabinet, mes patients, les séries télés, les livres, les rues de Montréal, je les considère avec un oeil nouveau. Ensuite l’habitude revient et je pense au village. J’appelle cela le choc thermique. »

 

 

Le propriétaire Monsieur Zymali, vit au rez de chaussée. Cet homme respecte le Shabbat à la perfection. Il a même collé du scotch sur les interrupteurs.. Un vrai casse tête pour cet homme qui a fini par rédiger un traité du shabbat afin que toute personne qui le visite comprenne ce qui est admis ou interdit. 

 

 

 

Julien son copain est également un être à part. Il vit de l’écriture de romans à l’eau de rose où toutes les héroïnes portent un nom en a. On pourrait s’imaginer qu’il est romantique de part ses romans et pas du tout. Julien adore aller regarder les filles dans les bars. Vous savez ceux où les partenaires de ces femmes sont une tige d’acier.

 

 

Et chaque mois, il  repart à Grand Soleil. 

 

Lors d’une de ses visites, il est appelé par la femme laide car un homme qui vit chez elle est très malade. 

 

Le médecin est étonné, de découvrir une maison parée d’une bibliothèque impressionnante. Il y a découvre les mémoires de Saint Simon ainsi qu’un livre enluminé, extraordinaire. 

 

Le nom du patient Cleophas, un homme imposant.  A partir de cette rencontre, sa vie va être bouleversée.

 

Imaginez, imaginez bien que Cleophas est un homme de Neandertal, celui qui nous a précédé dans l’histoire nous les homos sapiens. Cela fait rêver.

J’oubliais, le personnage principal c’est le Docteur Leboucher car il a un nom tout de même.

 

 

« Et puis la vie est passée, comme je l’aime, monotone. Une narcose des sentiments, un engourdissement de la pensée. Pas de guerre des alambics, pas de livres inattendus, pas de surhomme qui souffre, pas d’elle. Mais plutôt des pôlars au climat tropical, des Shabbat avec des minuteries, des patients croyants et vulnérables, des gens qui courent dans des parcs et du Trump, beaucoup de Trump ! Du trump à gogo ! Une vie telle qu’elle devrait se dérouler. Le temps qui passe sans faire mal, une grisaille qui anesthésie, la vie, la vrai. »

 

 

 

J’ai dévoré l’homme de Grand Soleil avec avidité. Avec humour Jacques Gaubil nous démontre ce qu’est devenu notre société mais quel humour ! Il décape avec le sourire qui grince.

 

Et pourtant il y a tellement d’humanité dans ce roman. Grand Soleil, le village, c’est le contraire de cette société consommatrice, on se retrouve face à l’homme qui protège la bonté dans ses mains. 

 

 

« Nous sommes aujourd’hui près de sept milliards, c’est une période de grande disette. Certains ne recevront pas leur part de vérité, d’autres seront privés de beauté et il n’y aura pas assez de bonté pour tous »

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