La-petite-voleuse-de-perles

 

 

J’avais eu un coup de foudre pour l’écriture de Michele Plomer en découvrant Etincelle. Et reboum pour ce nouveau roman. 

 

On se retrouve à nouveau en Chine où la narratrice s’est envolée du Canada pour un job dans une organisation internationale. Arrivée depuis peu, rentrant à Canton par le train, elle va faire  la première rencontre qui va changer sa vie : une jeune chinoise assise près d’elle. Elles vont échanger quelques mots. Le train arrivant à Canton, la jeune fille Wang Xia lui confie une lettre. Lettre adressée à sa mère qui a été déplacée et dont elle n’a plus de nouvelles.

 

La canadienne apprendra en parcourant les mots de la lettre, que la jeune fille travaillait chez une femme riche excessivement méchante. Elle est tombée amoureuse alors pour recouvrir la liberté, elle a volé un collier de perles est s’est enfuie avec son amoureux.

 

La narratrice, elle avait aussi un amoureux H là bas au Québec. Ils s’aimaient entre amour et haine car H pouvait être très mélancolique jusqu’au jour où il ne revint pas, décidant seul de la fin de sa vie. 

 

Est-ce pour oublier  qu’elle était partie en Chine ? Très vite…

 

 

Quelques temps après la rencontre dans le train, en se promenant dans le quartier de Hong Kong où sont établis les marchands de poissons, qu’elle va faire sa deuxième rencontre sous la forme d’un poisson. Subjuguée par cet animal étrange, qui semble lui lancer un SOS. Elle l’achète et la ramène dans son petit appartement. Elle va l’appeler poissonne. 

 

Elle ne sait pas encore que ce poisson vaut une fortune en Chine. 

 

 

« J’ai placé le gros bac turquoise sur ma table de cuisine, du côté de la fenêtre, afin que Poissonne puisse voir le ciel en levant les yeux. Je ne prévoyais pas recevoir à souper cette décennie, alors pas d’inquiétude pour l’encombrement de la table. Lorsque j’étais chez moi, je vivais dans cette pièce, la plus ensoleillée des deux. La fenêtre de l’autre pièce donnâit sur le béton de l’édifice adjacent; l’espace entre les immeubles formait un couloir vertical de trente-deux étages, où résonnaient les actes les plus privés de locataires. Dans les étroits appartements hongkongais, nous avions besoin d’air  et de fenêtres ouvertes même au prix de notre intimité dévoilée aux voisins.  L’appartement que me fournissait mon organisation ne devait pas faire plus de quatre cents pieds carrés. C’est amplement suffisant. Avoir plus grand aurait été obscène, vu le manque d’espace endémique de la ville. »

 

 

Ce qui est merveilleux dans les romans de Michele Plomer c’est cette bienveillance qu’elle a dans la description de la pensée des chinois. Pas toujours facile pour un occidental de s’y adapter mais accepter l’autre, surtout si on y a vécu  Michele Plomer, c’est s’ancrer en partie dans le pays. Sans oublier ses descriptions de quartiers, de restaurants.  A travers l’écriture, on se retrouve comme la narratrice là bas. On respire les parfums. On pénère dans le magasin de poissons.  On regarde, on écoute.  C’est magique.

 

C’est l’histoire d’une femme qui ne sait pas qu’elle va retrouver la liberté petit à petit. Une renaissance. 

 

 

Et puis, il y a cette poésie indéfinissable , et puis…c’est si beau. J’en redemande.