10 juillet 2018

Le jardin arc-en-ciel d'Ogawa Ito

jardin

 

Tout commence par la main d’un petit garçon glissée dans celle d’une jeune fille. 

 

Tout débute par le regard d’une femme qui remarque une jeune fille sur le quai de la gare. Elle comprend très vite que cette jeune fille attend l’arrivée du prochain train pour mettre fin à ses jours. 

 

Izumi décide d’aller lui parler et l’invite chez elle. 

 

Elles se revoient et Izumi lui montre son paradis sur le toit de l’immeuble : un petit carré de gazon artificiel. 

 

Et ce qui devait arriver, arrive, elles tombent amoureuses.

 

Et décident de fuguer avec Sosuke, le fils d’Izumi.

 

Chiyoko déclare  qu’ à partir de ce jour, ils  se nommeront la famille Takashima.

 

Et dans les montagnes , elles vont acheter une maison, y dresser un drapeau arc-en-ciel et décider d’en faire une maison d’hôtes.

 

La famille s’agrandit par une petite Takara, car Chiyoko était enceinte.

 

A quatre, ils vont décider que leur vie ne sera faite que de bonheur. et portera les couleurs de l’ar-en-ciel. 

 

 

Un roman qui parle du chemin escarpé contre l’intolérance mais surtout nous démontre que l’amour nous mène vers les sommets colorés malgré les chutes. 

 

 

« Mais Takara est tombée à pic. Même si au début j’ai été déconcertée par ce coup porté par une vie sans contrainte, Takara à coups de pieds et de poings, a ouvert des trous d’aération dans l’espace confiné de notre famille, où elle a fait circuler l’air, c’est indubitable. Takara, c’est le poumon de la famille Takashima. »

 

« Elle avait donné au coin le surnom affectueux du Machu Picchu. Le spectacle des rizières en terrasses  étagées à l’infini ressemblait comme deux gouttes d’eau, parait-il aux vestiges du Machu Piccu sur une carte postale envoyée un jour par sa cousine. L’écolière qu’elle était alors avait rêvé d’aller voir le Machu Picchu. Elle se réjouissait de voir ce voeu exaucé sous une forme inattendue »

 

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02 juillet 2018

Des nuages plein la tête de Brice Delsouiller

Des-nuages-plein-la-tete

 

« Je ne crois en aucun Dieu, aucune religion. Les religions m’inspirent et j’ai en commun avec toutes cette quête d’absolu. Mais être agnostique est la seule manière pour moi de ne pas être esclave d’un groupe, de textes, de préceptes. J’aurais aimé croire, tout aurait été plus simple. Se laisser guider par une vérité qui structure le quotidien et justifie notre existence. J’aurais aimé croire pour avoir une vie sensée. »

 

 

 

J’avais regardé le reportage qui lui avait été consacré, lui l’homme atypique, qui passe cinq mois de l’année là haut avec le troupeau. L’homme qui a ce besoin de liberté, de marcher, de courir surtout et de hurler au ciel son bonheur ou son désespoir.

 

« Je regarde les montagnes se transformer, les touristes envahir cette terre, les chemins devenir des autoroutes, et, de loin, j’observe et continue de les parcourir en marge, en compagnie de mon cheptel et des animaux sauvages. »

 

Si vous le croisez dans les estives, vous pourriez le prendre pour un fou, un mendiant parfois. Pourtant cet homme n’est pas un idiot. Il est né de l’amour d’un père fermier et d’une mère qui adorait l’art et qui enseignait l’amour de l’art qui la guidait. Il est le maelström des deux. 

Il tient toujours la ferme familiale avec l’aide de sa compagne Catherine mais il lui faut absolument monter vers les sommets, il en a besoin. Il ne saurait pas vivre toute l’année dans cette société de consommation. Il l’apprécie mais parfois cela lui fait trop mal alors il s’évade. 

 

« Quand je suis en estive, les gens pensent que je suis vacher, donc que j’ai fait des études courtes. Mais lorsqu’ils m’entendent parler anglais ou espagnol, ils ont des yeux rond comme des billes. C’est ce contraste qui les frappe. Ma mère me disait toujours qu’il fallait être capable de passer de l’état de vagabond à celui de prince sans la moindre difficulté. La nécessité d’avoir la classe et d’être capable de s’adapter à tous les milieux. J’ai écouté. »

 

 

Là haut, il lorgne tous les travers de notre société. Il rit, il pleure. Certains s’imaginent surement que le métier de pâtre est de tout repos. Il en est loin. Mener un troupeau et les surveiller constamment durant cinq mois est épuisant. Aidé de ses deux chiens,  il fait une tournante au niveau des paquages. Pour ne pas s’isoler totalement car les ondes réseaux ne passant pas, il écoute la radio dans sa cabane. 

 

Il constate à quel point le métier de fermier en montagne se dégrade petit à petit. 

Il regarde la horde de randonneurs qui passent près de lui. Certains sympas et d’autres sans gêne. 

Il tente de survivre dans ses contradictions. 

 

« Perpétuel insatisfait, je cherche quelque chose d’introuvable. Je n’arrive pas à me contenter de ce que j’ai. Sous des abords souriants et agréables, je suis complètement sécoué. Ma vie est en équilibre sur un déséquilibre fondamental. Tout ne tient qu’à un fil. Les gens pensent que je suis un paysan mais je ne me sens pas paysan. Les gens pensent que je suis vacher, mais je ne me sens pas vacher. Les gens pensent que je suis coureur en montagne, mais je ne me sens pas coureur en montagne. Je joue un rôle, j’endosse une posture. Je n’ai ma place nulle part. Je n’arrive pas à croire. J’essaie de me mettre des oeillères, mais cela ne fonctionne pas. Je suis fatigué de vivre dans le doute, de n’avoir aucune certitude; »

 

 

« Il faut garder la foi même dans les moments les plus épuisants et être capable de se rémotiver jour et après jour.Les vaches, elles, sont dans leur élément et ne connaissent pas les coups de blues. Elles vivent dans leur vie sans se soucier de mes états d’âme ou de mes grosses fatigues. Inexorablement, elles cherchent la meilleure herbe pour la manger et marchent vers des pentes 

les plus appétissantes. »

 

 

Un livre qui va se rajouter à la pile de mes trésors. 

 

L'avis de Cathulu la terrible tentatrice

 

Posté par winniethepooh à 10:04 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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