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Partir sur les chemins de transhumance, découvrir, comprendre. 

 

D’abord scruter les cartes,  déchiffrer les traits, les hachures et se laisser emporter par cette envie grâce à l’aide des amis de la transhumance. 

 

Partir non pas seule mais en duo car Marie, la meilleure amie de sa fille, en a les yeux qui brillent. Elle sera le guide cartographique. 

 

Point de départ Arles , traversée de la Provence et aboutir à Le Laverq, longue route que beaucoup de troupeaux laineux a gravi durant des années. 

 

Les amis de la transhumance rêvent de défricher la totalité de cette « routo » mythique. Certains n’ont jamais parcouru les kilomètres que les deux femmes vont arpenter. 

 

Point de départ Arles et grande découverte de la Camargue avant de faire avancer ses pieds. 

 

Durant ces kilomètres, de grandes rencontres, point de ralliement, de personnes qui vivent ou ont vécu de cette transhumance. Une analyse de ce qu’est et était le métier de berger. A présent, ils sont formés dans une école.

 

Malheureusement ce chemin que l’auteur va découvrir, n’est plus parcouru à pied bien souvent. Les bêtes sont bien souvent montées en bétallaire. 

 

 

Outre, la description des paysages traversés, de l’écoute des oiseaux, de la poésie de l’instant, de la dureté de certains chemins, Anne Vallaeys nous invite à comprendre l’histoire liée à la transhumance de certaines villes traversées : du temps où la fontaine d’Aix en Provence abreuvait le troupeau qui n’avait pas encore terminé le voyage. 

 

Légendes, rêves, songeries, tout se mêle dans le ciel mais quel beau voyage. 

 

Le sac contient « Histoire naturelle de la Provence (1784) du naturaliste Michel Darluc.  Mélangé le passé et le présent pour décrypter les lieux que l’on traverse. 

 

« André demeure immobile, il a tout le temps, sont troupeau se gouverne seul. Il réapparait justement, paisible, il surgit des taillis, les brebis se répandent alors, elles se groupent, ruissellent dans la pente. La marche reprend dans le velours du soir, homme et bêtes mêlés, le rythme est si doux que les cloches de bêliers ne tintent plus. »

 

 

Sans oublier l’évocation du loup qui a refait surface et qui inquiète bon nombre de bergers. 

 

 

Adoratrice de tout ce qui bêle, je me suis régalée de cette lecture mais tout un chacun qui aime la nature ne peut qu’apprécier ce beau voyage. Vous sentirez le parfum des mélèzes, entendrez le les pierres qui roulent sous les pas, écouterez le chant du peuple du ciel, imaginerez l’ombre des brebis. 

 

Un nouveau trésor dans ma bibliothèque. 

 

«Une fourmilière grouillante à mes pieds. Un lièvre-on dit Lèbre- ici se carapate, des lichens translucides sont rougis de fraises des bois. Des grappes de cytises bleu tendre frissonnent sur notre passage, le chant d’un oiseau inconnu dans un fourré de pétales jaunes et bleus miniatures, lys nains, narcisses et primevères, touffes d’aspic rare, grandes digitales pourpres, spirées à barbe de chèvre, mélisses aux feuilles énormes. Tout percevoir, tout ressentir. »