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Comme lectrice, je suis indéniablement amoureuse de l’écriture de Carole Zalberg. 

 

Mais son premier roman en était-il déjà le reflet ? Dès les premiers mots, j’ai été bluffée par cette écriture qui était déjà si belle. Comme l’arbre, elle a changé bien évidement au cours des années, ses bourgeons se sont développés mais quelle maturité déjà.

 

Ce roman a été édité il y a 17 ans. Carole Zalberg pensait déjà à l’arbre comme un être vivant, ce qui est devenu évident de nos jours. Son futur de l’humanité est tellement visionnaire. Je suis admirative.

 

A travers les mémoires d’un arbre, on découvre outre la vie de cet arbre, le regard qu’il porte sur ce qui l’entoure mais surtout des humains qui viennent s’abriter contre lui avec leurs joies, leurs peines, leur désir.

 

Agé de vingt siècles, il a assisté tout petit à la cupidité des hommes, à ce désir d’avoir toujours plus et la destruction que cela implique,. Il a affronté la colère, il a été  le témoin de jeux d’amour entre deux poètes, il a laissé tomber l’un de ces fruits pour qu’un savant comprenne. Certains on gravé des mots dans son écorce, d’autre y ont sculpté un corps. Il est là toujours droit. Des musiciens se sont installés sous son ombrage. 

 

En tant qu’arbre, sa vie n’a pas été facile. Il fut l’un des rares rescapés d’une tempête. Il a vu le béton, les villes grandir. Il a frissonné en écoutant la musique Il s’est retrouvé tout seul sur une place. 

 

Il a entendu raconter ces trains qui arrivaient nulle part avec les humains à bord. Il a vu l’humanité se détruire.

 

Au fil des siècles, bien sur qu’il a vieilli, Il ne produit plus de fruits, ou si peu. Ses branches ressemblent à des bras décharnés mais il tient bon. Il sait que l’homme se relèvera toujours. 

 

« Malgré tout je tenais encore droit. Mes racines continuaient à fouiller le sol aussi profondément pour y puiser les sucs nécessaires à ma substance. Elles étaient aussi l’ancre  enfoncée loin dans la terre pour m’y arrimer solidement »

 

J’ai lu ce roman sous les arbres. Je l’ai terminé dans le train et j’ai regardé les arbres derrières les vitres. Souvent je me demande ce que le chêne en face de ma maison a bien pu voir en tant d’années. Donc je ne pouvais qu’aimer ce livre. 

 

Bref un coup de coeur. Entre ce roman et "où vivre", le chemin de l’écriture a changé bien évidement mais les pousses étaient déjà si belles.