10 juillet 2018

Le jardin arc-en-ciel d'Ogawa Ito

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Tout commence par la main d’un petit garçon glissée dans celle d’une jeune fille. 

 

Tout débute par le regard d’une femme qui remarque une jeune fille sur le quai de la gare. Elle comprend très vite que cette jeune fille attend l’arrivée du prochain train pour mettre fin à ses jours. 

 

Izumi décide d’aller lui parler et l’invite chez elle. 

 

Elles se revoient et Izumi lui montre son paradis sur le toit de l’immeuble : un petit carré de gazon artificiel. 

 

Et ce qui devait arriver, arrive, elles tombent amoureuses.

 

Et décident de fuguer avec Sosuke, le fils d’Izumi.

 

Chiyoko déclare  qu’ à partir de ce jour, ils  se nommeront la famille Takashima.

 

Et dans les montagnes , elles vont acheter une maison, y dresser un drapeau arc-en-ciel et décider d’en faire une maison d’hôtes.

 

La famille s’agrandit par une petite Takara, car Chiyoko était enceinte.

 

A quatre, ils vont décider que leur vie ne sera faite que de bonheur. et portera les couleurs de l’ar-en-ciel. 

 

 

Un roman qui parle du chemin escarpé contre l’intolérance mais surtout nous démontre que l’amour nous mène vers les sommets colorés malgré les chutes. 

 

 

« Mais Takara est tombée à pic. Même si au début j’ai été déconcertée par ce coup porté par une vie sans contrainte, Takara à coups de pieds et de poings, a ouvert des trous d’aération dans l’espace confiné de notre famille, où elle a fait circuler l’air, c’est indubitable. Takara, c’est le poumon de la famille Takashima. »

 

« Elle avait donné au coin le surnom affectueux du Machu Picchu. Le spectacle des rizières en terrasses  étagées à l’infini ressemblait comme deux gouttes d’eau, parait-il aux vestiges du Machu Piccu sur une carte postale envoyée un jour par sa cousine. L’écolière qu’elle était alors avait rêvé d’aller voir le Machu Picchu. Elle se réjouissait de voir ce voeu exaucé sous une forme inattendue »

 

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02 juillet 2018

Des nuages plein la tête de Brice Delsouiller

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« Je ne crois en aucun Dieu, aucune religion. Les religions m’inspirent et j’ai en commun avec toutes cette quête d’absolu. Mais être agnostique est la seule manière pour moi de ne pas être esclave d’un groupe, de textes, de préceptes. J’aurais aimé croire, tout aurait été plus simple. Se laisser guider par une vérité qui structure le quotidien et justifie notre existence. J’aurais aimé croire pour avoir une vie sensée. »

 

 

 

J’avais regardé le reportage qui lui avait été consacré, lui l’homme atypique, qui passe cinq mois de l’année là haut avec le troupeau. L’homme qui a ce besoin de liberté, de marcher, de courir surtout et de hurler au ciel son bonheur ou son désespoir.

 

« Je regarde les montagnes se transformer, les touristes envahir cette terre, les chemins devenir des autoroutes, et, de loin, j’observe et continue de les parcourir en marge, en compagnie de mon cheptel et des animaux sauvages. »

 

Si vous le croisez dans les estives, vous pourriez le prendre pour un fou, un mendiant parfois. Pourtant cet homme n’est pas un idiot. Il est né de l’amour d’un père fermier et d’une mère qui adorait l’art et qui enseignait l’amour de l’art qui la guidait. Il est le maelström des deux. 

Il tient toujours la ferme familiale avec l’aide de sa compagne Catherine mais il lui faut absolument monter vers les sommets, il en a besoin. Il ne saurait pas vivre toute l’année dans cette société de consommation. Il l’apprécie mais parfois cela lui fait trop mal alors il s’évade. 

 

« Quand je suis en estive, les gens pensent que je suis vacher, donc que j’ai fait des études courtes. Mais lorsqu’ils m’entendent parler anglais ou espagnol, ils ont des yeux rond comme des billes. C’est ce contraste qui les frappe. Ma mère me disait toujours qu’il fallait être capable de passer de l’état de vagabond à celui de prince sans la moindre difficulté. La nécessité d’avoir la classe et d’être capable de s’adapter à tous les milieux. J’ai écouté. »

 

 

Là haut, il lorgne tous les travers de notre société. Il rit, il pleure. Certains s’imaginent surement que le métier de pâtre est de tout repos. Il en est loin. Mener un troupeau et les surveiller constamment durant cinq mois est épuisant. Aidé de ses deux chiens,  il fait une tournante au niveau des paquages. Pour ne pas s’isoler totalement car les ondes réseaux ne passant pas, il écoute la radio dans sa cabane. 

 

Il constate à quel point le métier de fermier en montagne se dégrade petit à petit. 

Il regarde la horde de randonneurs qui passent près de lui. Certains sympas et d’autres sans gêne. 

Il tente de survivre dans ses contradictions. 

 

« Perpétuel insatisfait, je cherche quelque chose d’introuvable. Je n’arrive pas à me contenter de ce que j’ai. Sous des abords souriants et agréables, je suis complètement sécoué. Ma vie est en équilibre sur un déséquilibre fondamental. Tout ne tient qu’à un fil. Les gens pensent que je suis un paysan mais je ne me sens pas paysan. Les gens pensent que je suis vacher, mais je ne me sens pas vacher. Les gens pensent que je suis coureur en montagne, mais je ne me sens pas coureur en montagne. Je joue un rôle, j’endosse une posture. Je n’ai ma place nulle part. Je n’arrive pas à croire. J’essaie de me mettre des oeillères, mais cela ne fonctionne pas. Je suis fatigué de vivre dans le doute, de n’avoir aucune certitude; »

 

 

« Il faut garder la foi même dans les moments les plus épuisants et être capable de se rémotiver jour et après jour.Les vaches, elles, sont dans leur élément et ne connaissent pas les coups de blues. Elles vivent dans leur vie sans se soucier de mes états d’âme ou de mes grosses fatigues. Inexorablement, elles cherchent la meilleure herbe pour la manger et marchent vers des pentes 

les plus appétissantes. »

 

 

Un livre qui va se rajouter à la pile de mes trésors. 

 

L'avis de Cathulu la terrible tentatrice

 

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25 juin 2018

Viens ici que je t'embrasse de Griet Op de Beeck

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Deuxième roman de Griet Op de Beeck, auteur néerlandophone de mon petit pays. Deuxième coup de coeur. 

 

Mona est orpheline de mère à l’âge de 10 ans. De cette dernière, elle retient beaucoup de sa dureté et des moments où elle l’enfermait dans la cave. Elle ne verse aucune larme lors de son enterrement.

 

Leur père Louis, dentiste et travaillant d’arrache pied n’apporte aucun soutien à la petite fille ainsi qu’à son frère Alexandre. Un père taiseux qui ne montre pas ses sentiments. Donc c’est mamie qui va les entourer durant quelques mois.

 

Une nouvelle femme va entrer dans leur vie. Louis compte sur sa petite fille pour que tout se passe bien. Mona la si sage Mona. 

 

Mariage, nouvelle mère, nouveau bébé qui se nommera Anne Sophie et dont Mona s’occupera beaucoup car Marie, qui veut absolument se faire appeler maman, est prise de crises bien souvent. Tout est reproche pour expliquer qu’on ne l’aime pas alors Mona arrondit les angles et petit à petit apprend les mots à ne pas dire, les excuses faussées pour avoir la paix. Et Louis qui ne réagit pas comme avant. 

 

Mona et Alexandre grandissent et très vite, ils fuient la maison afin d’échapper à cette chape de sentiments qui entoure Marie ainsi que ses reproches à tout instant. Ce désir d'être aimée et de clamer ses sacrifices sont pesants. Trop pesants.

 

Mona devient une grande dramaturge. Elle est engagé par le grand metteur en scène Marcus. Et continue même dans son métier à arrondir les angles. Surtout ne pas froisser. Ne jamais donner son avis négatif ou si peu.

 

Elle vit avec un écrivain plus âgé. Egoiste notoire. Et Mona se tait la plupart du temps. Louis l’aime tellement qu’elle oublie.

 

Alexandre de son côté va devenir papa. Sa compagne Charlie est plus âgée que lui mais ils sont si heureux que peu importe. Il a abandonné ses études de médecine et à été embauche dans un musée. 

 

Marie est à nouveau vexée quand elle comprend que Charlie était connue de tous sauf d’elle et toujours les mêmes récriminations. 

 

Anne Sophie a disparu après une grande dispute avec sa mère. Elle parcourt le monde et donne des nouvelles quand elle peut.

 

La vie continue et Louis est hospitalisé.

 

Le chemin de Mona va être complètement bouleversé car son père lui avoue qu’il a aimé une femme par dessus tout Johanna mais qu’il a fait le choix de rester avec Marie et surtout eux ses enfants.  Il n’aurait peut être pas du épouser Marie mais il se sentait seul et des enfants sans mère c'est dur. Une grave erreur.

 

Louis démontre à Mona qu’il ne faut pas créer sa  vie selon le regard des autres.  Il est temps qu’elle décide de ce qu’elle veut et ne pas faire la même faute que lui. Ou alors ce seront les regrets jusqu’à la fin.

 

Petit à petit, alors que la mort entraine Louis, Mona va enfin comprendre pourquoi sa mère était si dure avec elle petite. Quand le voile se déchire, tout devient plus facile. 

 

Par amour pour son père, elle va retrouver son ancien amour Johanna. Une dernier rayon de soleil pour cet homme condamné. 

 

Mona comprend qu’elle peut vivre autrement. Enfin !

 

 

« Nous continuons de marcher sous la pluie et j’aimerais que ce moment dure toujours. Que nous poursuivions notre chemin jusqu’au bout du monde, en passant par tous les pays, sans jamais nous sentir fatigués, sans jamais devoir dormir ou manger autre chose que des frites ou aller à l’école ou travailler, sans jamais écrire de rédaction sur la nourriture. En continuant simplement d’avancer tout le temps. Papa et moi. »

 

 

Très très beau roman dont on ne peut se détacher. Inondée de tendresse. On le referme apaisée, comme si les mots vous transperçaient. Un roman sur ce qu’on tait et qui étouffe, un roman sur la prise de liberté. Un roman qui vous prouve que tout est possible. Un roman d’espoir. Un roman trésor.

 

 

« J’ai le sentiment, comme je l’ai eu toute ma vie, de tomber par la fenêtre. Est-ce que d’autres personnes ont ça aussi ? »

 

 

 

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11 juin 2018

La maison à droite de celle de ma grand-mère de Michael Uras

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Que vous dire de ce roman pour vous persuader de le lire ? Qu’il est parsemé de couleurs, de senteurs, de soleil, de bonheur, de tristesse, de poésie, d’humour….je pourrais tellement en rajouter. Lisez-le vous comprendrez ce que peut être un bonheur de lecture. 

 

 

« Il n’y avait toujours personne dans la rue quand j’arrivai devant la porte d’entrée. Le village fantôme dormait encore. La serrure était difficile, je ne l’avais jamais connue autrement, comme si la maison demandait un effort particulier à celui qui désirait entrer. Mes parents n’étaient pas présents, ils étaient partis en vacances à l’autre bout de l’île. Ils me laissaient toujours une clé pour me permettre d’y retourner quand j’en ressentais le besoin. Et ce besoin se faisait de plus en plus rare. Les parents pensent savoir mieux que personne ce que désirent leurs enfants. Ils se trompent parfois. La maison était froide, les volets fermés depuis leur départ, avaient empêché l’intrusion du soleil. »

 

 

Giacomo vivant à Marseille, traducteur de romans, est sommé de revenir dans le village de Sardaigne où il a grandit. Sa NoNNa va mourir. 

 

Il prend le bateau où un musicien engagé pour combler le silence des voyageurs, ne chante que du Phil Collins. Mais diable quelle idée d’avoir choisit ces chansons là. Giacomo est peut être le seul à l’écouter.  Enfin, le bateau arrive à destination.

 

Son village où les portes des maisons sont colorées. Où les murs sont recouverts de peinture. On le nomme d’ailleurs le village aux murs peints. Retrouvailles un peu forcées. 

 

Il compte rester jusqu’au décès de sa grand-mère qu’il adore. Il a emmené avec lui ce manuscrit inédit découvert par l’éditeur Carlo : un nouveau Moby Dick. Carlo le presse de terminer au plus vite cette traduction qui va les rendre célèbres. 

 

Après le calme à son arrivée, la tempête familiale est de retour. Ses parents, oui ses parents. Son père qui se tait,  et sa mère qui cherche à chaque fois le mot qu’il ne fallait pas dire, le regard qu’il ne fallait pas montrer. Giacomo a toujours connu sa mère et sa valise, prête de toute façon, repartant dans la maison d’en face chez sa propre mère. Ses parents s’aiment ainsi. 

Mais surtout, sa mère oublie qu’il a trente six ans que diable !

 

Comme NonNa ne meurt pas mais reste les yeux fermés, il redécouvre son village où rien ne change. Fabrizio, son ami d’enfance, atteint d’une maladie de peau qui l’a vieilli prématurément, tient toujours le kiosque à journaux. Le Capitaine, appelé ainsi car décoré de la guerre. Héros en son temps et qui du faire fortune bon coeur en emmenant les gamins à la mer via le car. Son oncle Gavino qui se contente de ne pas travailler et se promener à vélo mais qui se mêle de tout. .  La librairie où les livres sentent toujours le pecorrino puisqu’installée dans une ancienne fromagerie. Manuella, l’épicière du coin dont il fut éperdument amoureux enfant, qui a présent porte bien son âge. 

 

Les souvenirs d’enfance affluent dans la mémoire. Et NOnna est toujours vivante.

 

Comme il affectionne particulièrement sa grand-mère et qu’il parait que parler aux gens dans le coma, c’est une très bonne idée, il lui raconte ses pensées et ….Nonna qui prononce un mot. A t-il rêvé ? 

 

La vieille dame n’a rien du tout en fait mais comme elle adore également son petit fils, elle lui avoue qu’elle fait semblant mais que les autres ne doivent pas savoir. Elle a décider de se reposer.  Cela fait du bien à son âge.

 

Naturellement, l’oncle Gavino n’est pas dupe et déjoue le complot de NONna.

 

 

 

Ce que Giacomo, ne sait pas encore c’est que l, île va le transformer pour qu’il se déleste de ce poids (mais dont je ne dirai rien) qui lui vrille le coeur. Qu’il emmènera également avec lui le Capitaine et que Rimbaud sera son antidote. 

 

« Le projet de Maurizio était merveilleux, apporter les livres à la campagne. Apporter la culture là, où d’ordinaire, elle manquait cruellement. Le Ministère de la Culture, justement pensait que nous, petits villageois égarés dans la montagne, rien ne nous intéressait que les brebis et les cochons. C’était une vision radicale et dangereuse. En réalité, ne jamais abreuver culturellement une population, c’est forcément l’abêtir. On voulait nous garder idiots parce que les idiots ne se plaignent jamais. Je dois dire qu’à force d’habitude une librairie ne manquait à personne, dans notre village. On faisait sans. »

 

 

Je vous répète donc, lisez-le. Un petit bijou de bonheur concentré au gout Sarde. 

 

 

 

 

 

 

 

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05 juin 2018

La petite voleuse de perles de Michèle Plomer

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J’avais eu un coup de foudre pour l’écriture de Michele Plomer en découvrant Etincelle. Et reboum pour ce nouveau roman. 

 

On se retrouve à nouveau en Chine où la narratrice s’est envolée du Canada pour un job dans une organisation internationale. Arrivée depuis peu, rentrant à Canton par le train, elle va faire  la première rencontre qui va changer sa vie : une jeune chinoise assise près d’elle. Elles vont échanger quelques mots. Le train arrivant à Canton, la jeune fille Wang Xia lui confie une lettre. Lettre adressée à sa mère qui a été déplacée et dont elle n’a plus de nouvelles.

 

La canadienne apprendra en parcourant les mots de la lettre, que la jeune fille travaillait chez une femme riche excessivement méchante. Elle est tombée amoureuse alors pour recouvrir la liberté, elle a volé un collier de perles est s’est enfuie avec son amoureux.

 

La narratrice, elle avait aussi un amoureux H là bas au Québec. Ils s’aimaient entre amour et haine car H pouvait être très mélancolique jusqu’au jour où il ne revint pas, décidant seul de la fin de sa vie. 

 

Est-ce pour oublier  qu’elle était partie en Chine ? Très vite…

 

 

Quelques temps après la rencontre dans le train, en se promenant dans le quartier de Hong Kong où sont établis les marchands de poissons, qu’elle va faire sa deuxième rencontre sous la forme d’un poisson. Subjuguée par cet animal étrange, qui semble lui lancer un SOS. Elle l’achète et la ramène dans son petit appartement. Elle va l’appeler poissonne. 

 

Elle ne sait pas encore que ce poisson vaut une fortune en Chine. 

 

 

« J’ai placé le gros bac turquoise sur ma table de cuisine, du côté de la fenêtre, afin que Poissonne puisse voir le ciel en levant les yeux. Je ne prévoyais pas recevoir à souper cette décennie, alors pas d’inquiétude pour l’encombrement de la table. Lorsque j’étais chez moi, je vivais dans cette pièce, la plus ensoleillée des deux. La fenêtre de l’autre pièce donnâit sur le béton de l’édifice adjacent; l’espace entre les immeubles formait un couloir vertical de trente-deux étages, où résonnaient les actes les plus privés de locataires. Dans les étroits appartements hongkongais, nous avions besoin d’air  et de fenêtres ouvertes même au prix de notre intimité dévoilée aux voisins.  L’appartement que me fournissait mon organisation ne devait pas faire plus de quatre cents pieds carrés. C’est amplement suffisant. Avoir plus grand aurait été obscène, vu le manque d’espace endémique de la ville. »

 

 

Ce qui est merveilleux dans les romans de Michele Plomer c’est cette bienveillance qu’elle a dans la description de la pensée des chinois. Pas toujours facile pour un occidental de s’y adapter mais accepter l’autre, surtout si on y a vécu  Michele Plomer, c’est s’ancrer en partie dans le pays. Sans oublier ses descriptions de quartiers, de restaurants.  A travers l’écriture, on se retrouve comme la narratrice là bas. On respire les parfums. On pénère dans le magasin de poissons.  On regarde, on écoute.  C’est magique.

 

C’est l’histoire d’une femme qui ne sait pas qu’elle va retrouver la liberté petit à petit. Une renaissance. 

 

 

Et puis, il y a cette poésie indéfinissable , et puis…c’est si beau. J’en redemande. 

 

 

 

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29 mai 2018

La vie effaçant toutes choses de Fanny Chiarello

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Lire Fanny Chiarello est toujours un pur moment de bonheur.  Et ce dernier roman n’échappe pas à la règle.

 

Dans la vie effaçant toute chose, elle nous raconte la révolte qui gronde dans la tête de neuf femmes. Marre de vivre comme une femme, comme on doit percevoir les femmes. Marre d’être dans le carcan de ces jours qui passent selon les règles établies parce qu’elles sont femmes.

 

 

Elles ne se connaissent pas. Pourtant tout le long du livre, elles vont se croiser sans connaitre la révolte de l’autre. Neuf femmes qui sentent qu’il y a ce quelque chose qui pourraient les rendre enfin totalement heureuses. Et selon leurs désirs à elles.  Pas celui de la famille, des enfants, des hommes….

 

Atteindront-elles le but ultime ? Au bout de la plume de Fanny Chiarello, rien n’est moins certain. 

 

 

Le roman est parcouru de titres de musique, de poésie et des paysages du nord que Fanny Chiarrello connait si bien, de visions étranges de la mort, d’une chambre au chiffre 127, d’une émission de radio. 

 

 

 

Portrait de dix femmes, pourrait-on dire en fait car Rita la sdf va croiser leur route également. On ne sait pas grand chose de Rita. Est -elle folle ou non ? Peu importe. 

 

 

« Janice considère avoir en commun  avec Rita de ne pas  entrer dans la case cubique qui lui est réservée. Certes Rita rêve  d’en avoir une où se ranger à l’abri du vent, des abrutis de tarés de malades mentaux, de la gale et des araignées, tandis que  Janice rêve de dynamiter celle qui lui a été attribuée, certes Rita aspire à ce que Janice abhorre, mais de fait elles sont deux dans fantômes dans la ville, immobiles au coin des rues, le regard fixe et une révélation au bord de la conscience. Les vrais adultes, ne vivent pas cela, les citoyens équilibrés, bien intégrés n’ont pas ces occupations. Les citoyens ordinaires ne se rendent pas malades à l’idée que d’autres êtres humains doivent subir la pluie, les citoyens ordinaires ne pleurent pas en mettant le chauffage. »

 

« Les gens au sommeil régulier n’imaginent pas qu’à toute heure de la nuite, même dans une ville si petite et si dévitalisée qu’elle mérite à peine le nom de ville, il se trouve quelqu’un pour promener un chien, fumer une cigarette ou se cogner aux réverbères comme un moustique prisonnier d’un abat-jour, esseyant de se rappeler où il habite. Il est quatre et demie les jeunes d’en face  rentrent tout juste  sans un bruit; Millie les observe avec sympathie. »

 

Si la révolte gronde en vous, lisez ce roman. 

 

 

 

 

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24 mai 2018

Le bruit du monde de Stephanie Chaillou

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Il y a quelque temps, j’ai regardé le reportage sur le combat des mineurs après la guerre. 

J’ai été révoltée par l’exhortation à l’époque de Maurice Thorez qui leur disait qu’ils devaient absolument aider au redressement du pays, que c’était le devoir de leur condition de mineur. Je ne saurais vous reproduire ses propos mais c’était de caser les gens, que de toute façon leur vie c’était celle-là que j’en ai été choquée. Classifier les gens en catégories. 

 

Et la révolte de Marilène rejoint la mienne. 

 

 

« Sans le décider, elle le refuse. Sans le décider et sans le savoir, elle oppose son refus au réel. Au réel qui lui dit où elle est et d’où elle vient, elle dit non »

 

Marie Hélène Coulanges nait fin des années soixante.  La maison familiale  perdue dans un hameau nomme Brigneau abrite outre son père et sa mère, également frère et soeur.

Ils sont ce que l’on appelle des gens pauvres. Mais à la naissance Marie-Helène ne sait pas cela. 

 

 

Elle grandit à côté d’une mère dépressive et d’un père travaillant aux champs. Petite elle s’imprègne des champs blancs, de la nature ne réalisant pas encore  que ses parents sont désespérés.  La pauvreté qui vous colle de jour en jour.

 

Et puis ce sont les huissiers, la vente de la ferme et la famille s’installe à 20 kms . Le père va travailler dans un abattoir. La mère quelques ménages. 

 

Marilène est ce qu’on peut appeler une enfant heureuse jusqu’au jour où excellente élève, on lui propose d’accéder à une classe préparatoire pour préparer son avenir. On lui donne sa chance. 

 

Et là tout va changer.

 

« Il n’y a pas de bibliothèque chez ses parents. Pas de livres. Pas de disques non plus. Ce n’est pas une chose que Marilène découvre. Mais elle le voit soudain. Cela la frappe. Il n’y a dans la pièce de vie de ses parents que la table où ils mangent, quatre chaises, un fauteuil et un meuble en bois sur lequel est posée la télévision ». 

 

Marilène c’est une révolte intérieure contre la pauvreté qui vous conditionne à un état de vie qui vous imprégne. jour et nuit. C’est un refus de suivre ce que l’on décide pour vous. C’est une révolte sourde, muette, incompréhensible au début mais qui se faufile dans chaque grain de peau. 

 

Une révolte qui gronde. La pauvreté n’est pas un défaut, c’est un état de vie. Pour s’en délivrer, elle va l’écrire.

 

 

 

« Marilène se rappelle aussi avoir pendant longtemps hésité. Avoir pendant longtemps eu comme un scrupule à suivre la pente d’exister. Vouloir comme les autres, avoir une vie et respirer. Mais ça avait été plus fort qu’elle. Elle avait pris son tour. Finalement elle n’avait pas laissé passer son tour. Comme tout le monde, elle s’est mise elle aussi à batailler pour exister. »

 

 

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22 mai 2018

La vie parfaite de Silvia Avallone

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Ecrire sur un roman qui vous a percuté le coeur, tâche ô combien malaisée. 

Bon je me lance.

 

 

Aux confins de Bologne se dressent les tours dans le quartier Labriola. Ces tours où l’on parque ceux que l’on considère comme pure perte dans les villes. Autant les parquer dans un endroit bétonné, de taille gigantesque. 

 

Adèle, de sa fenêtre, ne voit que d’autres femmes sur leurs balcons, d’autres mères. Gris couleur des façades. L’horizon des antennes paraboliques. 

 

Elle vit dans ce minuscule appartement avec sa soeur Jessica et sa mère Rosaria  qui les élève comme elle peut depuis que le père a disparu, envolé, en prison il paraitrait.  Adèle se souvient de la belle maison que sa famille habitait mais il y a de cela si longtemps. 

 

Adèle, dix huit ans. Enceinte. Mère fille puisque le père Manuel est en prison. Depuis l’enfance, elle n’a aimé que lui dès leur arrivée dans ce lieu où le bonheur ne pousse que de travers.

 

Elle décide de partir seule à la maternité. Elle veut accoucher seule et abandonner son enfant seule. 

 

Au même instant, Dora, la prof de littérature, sait qu’elle va enfin pouvoir adopter un bébé. Cela fait des années qu’avec son mari Fabio, elle se bat contre sa douleur de ne pouvoir enfanter. Elle la femme dont une jambe n’est qu’une prothèse. Sa douleur est telle qu’elle ne supporte plus ces femmes enceintes. Elle les tuerait.

Elle avait si mal qu’elle aurait aimé n’importe quel enfant même un rom qui a tué, même un handicapé. Avoir un enfant, n’importe quel enfant.

 

Elle a même été si hystérique qu’elle a hurlé sur son meilleur élève Zeno. Elle l’a aperçu en compagnie d’une jeune fille enceinte, sûrement de celles qui vivent dans le même quartier que Zeno et l’a insulté. Zeno lui a tourné le dos. 

 

Zeno qui s’occupe seul de sa mère, le père ayant lui aussi pris la poudre d’escampette. Zeno qui observe depuis longtemps Adèle par la fenêtre. Il écrit même le livre de ces instants magiques. 

Zeno le meilleur ami de Manuel. Eux qui voulaient devenir quelque chose d’extraordinaire mais Manuel a sombré vers la facilité du dealer et Zeno continuant sa route dans un lycée classique. 

 

Il n’est pas prêt Manuel pour prendre le manteau du père. Il l’a dit à Adèle. 

 

Adèle accouche donc seule. Elle sait que c’est une petite fille, elle qui avait imaginé que ce serait un garçon. Le garçon, elle l’aurait gardé mais une fille, non. Une fille dans ce quartier, cela se crève pour ses enfants car les pères abdiquent tous. Le seul souvenir de cette mère qui l’abandonnera, elle désire pour Bianca que ce soit cette petite grenouillère rose. 

 

 

« Je suis née avec une jambe en moins, c’est vrai. Ma mère fumait pendant sa grossesse, ou bien un gène n’a pas fonctionné, allez savoir, ça ne m’intéresse pas. Mais je vous assure que ce manque a le plus compté que la jambe que j’aurais pu avoir. Que c’est grâce à ce manque que je suis ici et que je ne cède pas.  Et je veux pouvoir un jour prendre mon enfant dans mes bras., et l’aider à faire face à tous les manques qu’il rencontrera dans sa vie, et à tous les manques qu’il a déjà connus » Elle repris le roman sur la table de nuit, le serra fort. « J’ai mis vingt ans à comprendre ça, que ce n’est pas une faute. »

 

« Prendre une décision »

« Adèle restait immobile, de l’autre côté de la vitre, fixant ces mamans et ces papas en chaussettes qui souriaient et discutaient entre eux. Si grands, si adultes, qu’ils paraissaient hors d’atteinte. Elle pensa : Voilà, c’est ça une famille. Pendant ce temps, leurs enfants faisaient des culbutes au milieu des livres sonores et des fables venues de tous les pays du monde, les portaient à la bouche, mordaient dedans.

Elle était de l’autre côté de la barrière, enfermée dehors »

 

 

« Les façades des blocs d’immeubles formaient un zigzag, comme dans un dessin d’enfant. On s’épiait en coulisse depuis les balcons et les fenêtres des mêmes étages, par la fenêtre de la salle de bains ou celle de la cuisine. Sans compter la multiplicité des points de vue, depuis les tours en face ou à côté, les bancs et les murets de la cour, où il y avait toujours quelqu’un pour regarder. Le concepteur de ce quartier devait avoir eu des visées littéraires. Zeno, d’ailleurs n’était ni un espion ni ou fouineur.

Il écrivait ».

 

 

Des personnages qui s’imbriquent les uns les autres, par hasard. Ils se croisent et font parfois partie une seconde du regard de l’autre car ils vont tous se rencontrer à un moment à un autre. 

 

Des jeunes qui ne voient que leur vie de misère et qui rêvent à un ciel qui pourrait parfois ressembler à l’arc-en-ciel.

 

Les livres, oui les livres qui aident à se comprendre, la porte vers d’autres horizons mais qui ne sont pas assez forts pour briser ces tours de pauvreté. Non les livres ne peuvent pas tout changer. 

 

La souffrance de se sentir diminuée sans enfant. 

 

La souffrance de donner  la vie à celui qu’on ne verra pas grandir.

 

Un roman lumineux d’humanité. Un roman parsemé de larmes, de cris mais également de coins de bonheur.

Un roman inoubliable. 

 

 

 

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24 avril 2018

Ta vie ou la mienne de Guillaume Para

mienne

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Premier gros coup de coeur dans cette série de premier roman des 68 premières fois. 

Même plus un uppercut d’émotions.

 

 

La mère de Hamed est morte en lui donnant naissance. Il se retrouve dans cette cité de Sevran au milieu de la grisaille qui engendre trafic et violence en tout genre. Son frère d’ailleurs y perd la vie et son père alcoolique le bat. Orphelin à 13 ans, il est pris sous la tutelle de son oncle et sa tante. Eux vivent à Saint-Cloud entourés de leurs filles. Tarek est d’abord méfiant face à cette vie plus colorée. 

 

Sa passion c’est le foot. Il est le meilleur dans l’équipe du club de la ville et c’est là qu’il fait l’une des premières belles rencontres de sa vie : François. Hamed un jour le défend contre tous les autres qui veulent lui chercher des noises et le tabasser. A partir de ce moment, ils ne se quitteront plus.

 

Dans la famille de François, il découvre Pierre le père, ancien jouer de foot, qui va le mener très loin dans une carrière footbalistique.

 

Au bahut,  que les deux jeunes hommes fréquentent, François est tombé amoureux de Léa. Hamed a bien remarqué que la jeune fille le suit des yeux mais ne veut faire aucune peine à son ami. Mais l’amour étant l’amour, Hamed et Léa tombent éperdument amoureux et François l’accepte. 

 

La vie est belle. Elle peut avoir un gout de rose, de soleil. Les parents de Léa bien que faisant partie de la haute, acceptent la lubie amoureuse de leur fille. Le père moins, lui qui semble si solaire à Hamed. 

 

Il y a de quoi car Hamed aura les aveux de Léa un jour, quand il vivront à deux. 

 

 Ce père si merveilleux la viole. 

 

Tout va basculer.

 

Hamed accusé d’avoir voulu tuer le père de Léa va découvrir la moisissure carcérale.

 

 

En prison, Hamed coupe les ponts avec tous ceux qu’il aime. Même Léa qui porte leur enfant, doit l’oublier. 

 

C’est grâce à Jean-Louis, son compagnon de cellule, qui se passionne pour les fleurs, qu’il ne sombrera pas. Il se tiendra au bord du gouffre. 

 

 

J’aurais regardé la quatrième de couV en librairie, j’aurais pensé bof, encore les mêmes histoires, le gamin né dans la pauvreté, qui se colle à la bourgeoisie et puis qui sombre etc etc.

 

Comme quoi les apparences peuvent être trompeuses même en littérature. Quel roman ! Ils sont rares ceux qui me donnent cette envie de laisser couler les flots d’émotions.

 

L’univers carcéral raconté d’une manière si forte. La vérité de ce monde que beaucoup désirent ignorer. 

 

L’amour d’une fille entre deux garçons. L’un qui se sacrifie pour l’autre, facile me direz vous.

 

Ensuite, la main tendue, l’autre qui est à l’écoute tel ce personnage de Jean-Louis pour lequel j’ai une grosse affection. 

 

Un roman où la liberté est à portée des doigts , il suffit d’y croire.

 

Bonté, amour, sagesse, lumière des mots qui voltigent et qui illuminent.

 

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19 avril 2018

Ligne et Fils trilogie des rives 1 d'Emmanuelle Pagano

Ligne-et-fils

 

 

Ligne et Fils est le premier roman dans cette trilogie des rives dont le troisième va bientôt apparaitre dans les librairies.

 

C’est un roman qui se dévide bout à bout. On dénoue les noeuds avec patience. On parcourt la trame apaisante de l’écriture. On suit goutte à goutte cette eau qui descend. Ce goutte à goutte devient plus puissant et l’eau se gorge de sédiments, creuse les roches, les cogne. C’est une course qu’elle ne peut que gagner et enfin arriver avec force contre les murs de la Fabrique. 

 

« Chante-Merle, depuis le siècle avant-dernier, c’est le nom officieux de la fabrique, c’est aussi le surnom de ma famille maternelle. »

 

L’arrière grand-père est arrivé on ne sait d’où, on ne sait de qui, réfugié ? abandonné ? Il a vite été indispensable, courant entre les murs où les jeunes filles s’ébouillantent les doigts afin de laisser filer ce qui deviendra cette soie qui pare les corps. 

 

« Mon arrière grand-père n’avait pas de mémoire, au-delà de l’eau, il avait égaré jusqu’aux mots de sa langue »

 

Il tombe amoureux d’une ouvrière. La fille du patron, décide que c’est elle qui l’aura.  Grâce à lui elle s’affranchira de l’autorité paternelle. Elle sera la Fabrique. L’ouvrière décidant qu’elle n’a aucun avenir avec ce jeune homme, Alex va donc devenir le mari de cette femme aux ambitions. Comme il ne vient de nulle part, on donnera un nom à cette lignée, Ligne comme cette rivière qui se tapit contre la roche. Ligne et Fils. Assemblage de mots qui content la lignée et les fils de soie.

 

Ils auront un fils qui ne sera aucunement aimé par sa mère, impuissant devant la férocité de cette femme.  Ce fils sera détesté par sa fille. Comment exprimer de l’amour quand soi même enfant  des bras maternels ne l’ont jamais serré. 

 

La fille n’aura de cesse de fuir en entendant les pas de cet être pervers qui par facilité s’envoie la bonne. 

 

Elle partira ailleurs, dans une autre vallée.  Vie en communauté toujours au bord d’une rivière. 

 

A présent, c’est sa fille qui ondule sur les mots de la rivière. 

 

Est-ce parce que l’eau les inondait et les cernait à chaque seconde, ses ascendants, que la femme qui raconte a laisser se déshydrater son fils ? Elle n’a jamais compris. Elle croyait que son bébé ne désirait pas plus de liquide maternel.

 

Pour son ex mari, elle est le monstre qui n’a pas su s’occuper de son enfant. Pourtant c’est elle qui est prévenue quand l’enfant adolescent est hospitalisé suite à une trop grosse prise d’alcool. Aurait-il eu envie de combler sa soif enfin ? Cet enfant qui aime non l’eau mais les sons. 

 

Elle va remonter le courant  qui emporte les souvenirs familiaux pour comprendre, se comprendre.  

 

 

Ligne et Fils est le roman d’une association familiale avec l’eau, essentielle pour leur vie industrielle. C’est l’histoire d’une maman qui apprivoise l’amour qu’elle ressent pour son fils, elle qui ne sait s’exprimer qu’à travers ses photos.

 

Tout se mélange entre les pages : le bruit de l’eau, le regard qui décèle les roches au fond de la rivière, les fils qui voyagent dans le vent, le désarroi, la poésie d’un moment, l’horizon des paysages, les tourbières, les chrysalides.

 

Regarder et aimer la fragilité tout autant que la force. 

 

 

 

« Il m’arrive de me dire qu’un jour dans mon objectif je découvrirai, grignotant les tendres repousses, un lapin de coton blanc. »

 

Posté par winniethepooh à 09:24 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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