09 novembre 2017

Questions de caractère de Tom Hanks

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Autant vous le déclarer. Ce livre est génial, Tom hanks écrivain c’est du pur bonheur.

 

Collections de caractères vous invite à découvrir la vie passée de citoyens et citoyennes qui peuplent l’Amérique.

 

D’une nouvelle à l’autre, on valse sans connaitre le dénouement de chaque nouvelle. 

 

On suit les traces d’un homme inactif qui tombe amoureux d’une femme hyperactive, un jeune surfeur,  une star du bowling, un groupe d’amis qui construit une fusée, un homme qui voyage dans le temps, un enfant et sa mère. etc etc.

 

Sans oublier la gazette de notre ville  et toutes ces vieilles machines à écrire qui font tac tac tac, dring. 

 

 

Si Tom Hanks est le reflet de son écriture, cet homme doit être d’une gentillesse… indéniablement. 

 

Certaines nouvelles ressemblent à un scénario de cinéma, forcément, l’acteur réapparait de temps en temps.

 

Je ne sais pas s’il y  aura une suite à ce reflet d’écrivain mais je suis déjà preneuse.

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Il n'y a pas d'internet au paradis de Gaelle Pingault

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Comment parler d’un premier roman que vous avez tellement aimé ? Comment transmettre ce bonheur de lecture porté au bord du coeur ? Les mots sont si futiles , dérisoires pour transmettre l’émotion. 

 

Le théme en est tragique et pourtant Gaelle Pingault nous pousse dans le dos et nous chuchote avance, avance, tu peux atteindre non pas le bonheur mais ramasser ces petits éclats qui font partie de la vie. 

 

Prendre de la distance face à cette société qui broie, aveuglée et démesurée. Alex a essayé mais la ligne d’arrivée lui a semblé si lointaine qu’il a préféré s’immoler par le feu, laissant la silhouette d’Aliénor s’éloigner de son regard.

 

Ils avaient tant de projets : aller voir l’expo Monet, acheter cette ferme dans l’Eure, peut -être un enfant. Mais l’entreprise avec un grand E est impitoyable. Vos rêves, elle s’en fout.  Votre humanité, elle s’en contrefout. Vous êtes un simple pion que l’on fait disparaitre dans le pli d’une manche.  Peu importe vos états d’âme, vous êtes le serviteur de leur désir d’argent. 

 

Suicide ! Derrière leur bureau, les chefs bourreaux s’en contrefichent. 

 

Aliénor n’a pas désiré que cette Entreprise soit présente à l’enterrement d’Alex. Alors elle reçoit une lettre avec tous ces mots qui suintent l’hypocrisie. Eux coupables : jamais !!!! Un pion qui s’est désolidarisé, tant mieux.

 

Alex était informaticien. Aliénor travaille dans sa boite d’architectes. Une couple heureux.

 

Comment continuer à vivre sans l’autre ? Comment ? Comment ?

 

Aliénor a décidé qu’elle y arriverait. Une sacrée bonne femme. S’isoler des autres ce serait l’idéal. S’enfermer dans sa douleur et en vouloir quand même à Alex qui n’a pas eu le courage de lui parler ou elle, si elle l’avait écouté. Peu importe, il a fait son choix. Aliénor doit s’en sortir. Un petit pas, puis un autre pour atteindre la résilience. 

 

 

A travers Alex et Aliénor, Gaelle Pingault décortique cette société devenue égocentrique à l’extrême, cette course de l’humanité vers sa perte qu’elle tente de freiner mais les freins sont déjà si usés…. et entre chaque page, il y a  cet petit éclat caché dans les mots  qui vous emporte.

 

« Je l’ai peut-être dit : un jour je ferai la liste de tout ce que dois à la beauté de l’art. De toutes les fois où elle m’a sauvée du désespoir. Il se pourrait que la liste soit longue. »

 

 

 

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19 octobre 2017

Paysage perdu de Joyce Carol Oates

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C’est avec une certaine pudeur que Joyce Carol Oates évoque ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, tout en sachant que certains seront peut être déformés par le temps.

 

Ne vous attendez pas à lire une biographie exhaustive mais de moments donnés dans sa vie;

 

 

Joyce Carol Oates a grandi à Millersport, contrée très pauvre dans l’Etat de New York. Elle y vivait avec ses parents Carolina et Frederic dans une ferme qui appartenait aux beaux parents de Carolina et qui avait accueilli celle-ci quand elle était enfant abandonnée par sa mère qui en fait l’avait confiée à sa soeur.  

 

Dans la pauvreté Joyce Carol Oates a une enfance entourée d’amour même si un peu rude. 

 

Le travail à la ferme ne suffisant pas à faire vivre autant de personnes. Son père Frederic travaillait en usine et en plus de ce travail se faisait un petit pécule en calligraphiant des enseignes destinées aux magasins ou au bord des routes.

 

 

 

L’école c’était une seule classe des plus petits aux plus grands qui tourmentaient les plus jeunes. 

 

Les Oates étaient pauvres mais leurs plus proches voisins l’étaient encore plus. On se doutait que le père ivrogne pratiquait l’inceste mais sans s’en mêler. Jusqu’au jour où toute la famille disparu on ne sait où.

 

Tout était rêverie pour une petite fille dans cette campagne sauvage. Elle se perdait dans les chemins et aimait se faire peur.  Sa première copine se nomme Red Hot, un coq qui accourt vers elle dès qu’elle montre sa silhouette. De coq en fait c’était une poule. 

 

L’été, on installait un étal au bord de la route et la petite attendait les clients pour vendre les légumes et fruits de la ferme. 

 

On suit la longue transformation d’une petite fille dont le livre préféré était Alice aux Pays des merveilles vers celle d’une adolescente qui continue ses études pour atteindre l’Université où elle fera la rencontre de son futur mari.

 

Joyce Carol Oates ne fut pas fille unique. Elle évoque de temps en temps son petit frère mais le chapitre le plus émouvant est celui où nous raconte cette soeur venue au monde quand elle avait 18 ans. Ce fut un accident bienvenu dans la vie de ses parents. Ce fut même l’auteur qui décida de son prénom à la demande de ses parents Lynn Ann. Lynn Ann qui n’était pas comme les autres, une autiste. Ses parents l’elevèrent jusqu’à l’âge de 15 ans avec un amour inconditionnel. Mais lorsqu’elle frappa sa mère, ils comprirent que malheureusement il fallait la placer dans une institution.  

Elle était physiquement le double de l’auteur.  

La lecture de ce chapitre est un véritable hymne d’amour envers ses parents et cette soeur qui n’était pas pareille aux autres. 

 

 

Je pourrais vous parler également des vols en avion de Frederic Oates, de tous les vêtements que Carolina Oates a cousu pour sa fille, des morceaux de piano que jouait Frederic Oates lui qui avait appris le violon dans l’enfance. (Sa mère abandonnée par son mari, aimait lire également), des silences familiaux la famille Oates n’était pas encline à parler pour jacasser, d’une petite fille qui découvrit le pouvoir d’une bibliothèque, d’une adolescente insomniaque et timide, des différents endroits où elle et son mari vécurent. 

 

Joyce Carol Oates ne s’envole pas vers de grandes explications lyriques de son désir d’écrivain. Elle est devenue écrivain.

 

Paysage perdu évoque un univers qui a disparu restant dans la mémoire par clichés fugitifs. Quel bonheur cette lecture ...

 

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17 octobre 2017

Imago de Cyril Dion

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Enfin un vrai coup de coeur dans cette édition d’automne des 68 premières fois.  On me dira que mes coups de coeur ne sont pas très gais mais tout me plait dans ce roman, l’écriture, les personnages, le thème.   Lu sans m’arrêter dès la première ligne. 

 

 

Imago nous ramène dans notre société contemporaine à travers les enjeux palestiniens et israéliens, les calculs de probabilité du FMI, le terrorisme, l’amour que l’on recherche à tout prix, l’enfant qui manque.  Rien de très réjouissant et pourtant c’est notre réalité en ce XXIme siècle qu’on le veuille non . A nous d’effectuer notre Imago comme les personnages du roman.

 

 

Nadr et Khalil son frère vivent en Palestine. Ils ont poussé au milieu de la haine et les enfants qui naissent après eux ne connaissent également qu’un pays tenu dans une pauvreté absolue. Ce qui fait le bonheur du Hamas. Khalil en fait d’ailleurs partie car en lui il n’y a pas d’amour mais de la Haine envers l’Occident, envers les juifs etc. Nadr lui ne participe pas à tout cela, il fume ses joints, lit de la poésie, se laisse porter par les nuages. 

 

 

De l’autre côté de la planète, Amandine s’est exilée dans la forêt. Elle ne veut plus vivre au milieu de cette Société. Maman de trois enfants, elle garde les leurs d’enfants quand ils le désirent.  Bonne mère, elle ne l’a jamais été comme si ces bébés devenus grands l’emprisonnaient dans un carcan non voulu.

La blessure qu’elle porte en elle, c’est cet enfant qui lui a été enlevé à la naissance par le père et emmené en Palestine. Elle a tout fait pour le retrouver jusque, à faire le voyage là  bas où on la rejetée lui signifiant qu’elle n’était aucunement la bienvenue. 

 

Fernando travaille pour le FMI. Il aime les colonnes établies de chiffres qui déterminent  comment on peut aider tel ou tel pays avec les efforts à réaliser pour répondre à cette aide. Il ne comprend pas comment les autres qu’il croise dans le métro peuvent vivre comme des mollusques dans une petite vie minable. Son evasion, la lecture de Fernando Pesoa. L’homme qui a tout compris.

Il déteste son nouveau chef et ne veut pas entendre parler de la Palestine. Pourtant le dossier lui est dévolu. 

 

 

Khalil ne porte que la haine en lui. Il crache même à Nadr qu’il n’est qu’un renégat puisque sa vrai mère était française. L’Occident coupable de tous les maux de la Palestine  Khalil décide d’agir. Il s’en va sur cet autre continent qui tue leurs frères. 

Nadr décide de partir lui aussi pour empêcher khalil de se tuer au nom pas d’un Dieu mais des désidératas de ceux qui ont le pouvoir.

 

 

Nadr c’est la liberté, l’espoir, l’envie de changer ne fut ce qu’un moment infime la route du destin. Pour lui également j’ai eu un gros coup de coeur. Il est tour à tour enfant, naïf et pourtant aucunement dupe de l’hypocrisie sociétale qu’on nous martèle à longueur de temps. Et puis, il lit des poèmes au milieu de rien. Comment ne pas l’aimer ?

 

 

 

 

 

Cyril Dion a réalisé et écrit le film « Demain ». 

 

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12 octobre 2017

Et soudain, la liberté de Caroline Laurent et Evelyne Pisier

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Et soudain la liberté, quoi de plus beau que le mot liberté dont des milliers de femmes sont encore privées dans le Monde.

Avant de vous parler de mon ressenti à la lecture de ce roman entre guillemets, je vous avouerai que le nom de Pisier était associé pour ma part à celui d’une actrice Marie-France. Femme que j’adorais et adore toujours mais de sa soeur Evelyne j’en avais peut être entendu parler mais je n’en suis pas si sûre. 

 

Les jeunes filles de Belgique et France, imaginent-elles pour la plupart, que la génération de ma mère, née durant la guerre, était privée de beaucoup de liberté. Nos deux pays étant régi par le code Napoléon, la femme ne pouvait ouvrir un compte en banque sans l’accord de son mari, ni travailler sans le même accord. Elles étaient éduquées comme l’a été ma mère, pour être de bonnes mères de famille. 

 

Les jeunes filles savent-elles que même dans nos pays européens la liberté des femmes n’est pas la même. En Allemagne, les jeunes mères ne bénéficient pas des crèches comme dans nos deux pays. Donc si personne ne sait garder en privé les jeunes enfants, les femmes doivent arrêter de travailler jusqu’au moment où leurs enfants sont en âge de rentrer au jardin d’enfant. 

 

Cette liberté nous femmes que nous possèdons même si l’égalité n’est pas encore totale entre les deux sexes, elle nous a été offerte par le combat de femmes telle que Mona dans le roman.

 

 

Mon vit en Indochine avec son mari André, fervent admirateur de Pétain et Maurras. Leur petite fille Lucie est choyée dans ce pays. Mona mère au foyer est belle et adore son mari.

 

Est-ce le jour où elle fut enfermé dans un camp tenu par les japonais, violée par eux, répétant à Lucie qui avait faim qu’elle mange de l’herbe, que l’étincelle de la liberté à pris feu ?

 

De son viol, elle en gardera le secret et ne l’avouera jamais à son mari.

 

Une rencontre, une simple rencontre peut apporter tant de changement dans une vie. Marthe, une bibliothécaire, va lui tendre le livre « le deuxième sexe ». Mona va comprendre que sa vie est tellement régie par le désir des hommes de maintenir les femmes dans un carcan, qu’elle va décider de tout changer. Acheter un pantalon, apprendre à conduire et conduire seule sans chauffeur, prendre un amant. Scandale dans la colonie de Nouméa où ils vivent à présent avec Lucie et Pierre.

 

Elle veut le divorce. Avec rage son mari lui accorde.

 

Elle part seule avec ses deux enfants. Elle veut que Lucie vive libre, fasse des études. Pas la même vie surtout pas.

 

Quand Lucie apprend que sa mère va se remarier avec leur père, elle est interloquée, elle ne comprend pas.

 

Mona attend à nouveau famille. André n’en veut pas et l’oblige  à se faire avorter. Vengeance d’homme. 

 

Mona repart en France avec fille et fils et là sa nouvelle vie va débuter. Elle va se battre pour la liberté de toutes les femmes, pour la liberté de sa fille qui elle aussi très jeune devra avorter. 

 

 

Lucie vivra libre. Lucie qui est en fait Evelyne Pisier. Lucie qui vivra l’amour avec Fidel Castro. Lucie sera libre. 

 

Ce livre est la rencontre en premier lieu entre une jeune éditrice Caroline Laurent et Evelyne Pisier. 

Rencontre à travers le manuscrit de ce roman qui devait évoquer la vie de la mère d’Evelyne.

Malheureusement  l’auteur est décédée avant de l’avoir terminé et c’est Caroline Laurent qui a pris la relève en hommage  à cette amitié entre une jeune femme et une dame d’un certain âge. L’amitié ne connait pas de frontière. Elle se crée par une alchimie infinie. C’était toi et moi. Il n’y a pas d’explications.

 

 

Ce livre a deux facettes. Il y’a la vie romancée de la mère Mona et de Lucie la fille mais également le ressenti de cette jeune éditrice qui s’est attelée à cette tâche. A travers ses mots, elle dresse le portrait d’Evelyne Pisier et se dévoile un peu dans sa sensibilité.

 

Ce livre est un hommage à la liberté de toute femme. La liberté n’est jamais acquise dans le temps. Un livre qui vous rappelle qu’il faut toujours se battre et se battre encore pour ne rien perdre dans ce monde qui se délite. 

 

Et suprême bonheur, tout à la fin, Marie France est évoquée. Elle ne fait pas partie du roman car Evelyne Pisier en avait décidé ainsi, par respect pour sa soeur qu’elle adorait. 

 

« Reste la peur de blesser, de tomber à côté de la plaque. De ne pas réussir à dire, non pas qui était Evelyne Pisier, mais ce que mon esprit et mon coeur ont fait d’elle à travers ce roman. Cette peur, j’y réponds à la maison par une panique qui me conduit parfois, chose inquiétante, à rire et à pleurer en même temps. Oui, j’ai peur, peur du jugement, du mépris, des mauvaises interprétations. Peur surtout que le livre, ne soit pas exactement celui dont elle aurait rêvé. Elle m’aurait répondu qu’aucun ne peut l’être. Alors je continue. Je vais au bout de ma promesse »

 

 

Vous pouvez être rassurée Caroline Laurent, où qu’elle soit Evelyne Pisier est certainement fière de vous. Votre roman est de celui qu’on n’oublie pas et que l’on referme avec une petite étincelle dans le coeur.  

 

 

 

 

 

 

 

 

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09 octobre 2017

N'écrire pour personne de A.L. Snijders

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A.L. Snijders de son vrai nom Peter Cornelis Muller vit aux Pays Bas, retraité de l’enseignement, il a décidé à soixante quatre ans d’écrire des Zeer Kort Verhaal (de très petites histoires en français). 

 

Une petite histoire qui ne dépasse pas une page et qu’il envoie à ses enfants ou ses proches. Une petite histoire écrite en une demi-heure et à laquelle il ne change rien.

 

Et c’est un véritable régal. 

 

Snijders décrit avec causticité la vie des Hollandais, de sa famille. Il évoque des souvenirs de jeunesse. On apprend qu’il aime le camping. Il nous parle de ses écrivains préférés, de ces cinq livres qu’il lit en même temps qui trainent sur sa table de nuit. Il s’amuse avec tendresse des petits mots de ses petits enfants. Il nous explique les réunions de poètes.  Il y a des poèmes également. Pouchkine, Jules Renard, des peintres. 

 

 

 

Un livre à lire et relire.

 

 

« Je ratisse des feuilles dans mon jardin. Huit poules se promènent autour de moi, elles becquettent des vers et des larves. La scène n’impressionne pas. Ce qui m’impressionne, c’est de se voir tenir à la poupe d’un navire et de regarder les mouettes vous survoler et suivre votre sillon. Cependant, c’est très bien ainsi. »

 

 

« En 1968, Yasunari Kawabata est surpris de recevoir le prix Nobel de littérature. Quant tout le monde, est parti, il écrit un haïku.

 

Plaine d’automne;

Une clochette;

On ne voit pas celui qui passe. « 

 

« Quand j’étais jeune, j’allais faire de la voile sur les lacs de Hollande-Méridionale, mais je me demandais toujours pourquoi je le faisais. J’avais le pressentiment que faire de la voile n’avait aucun sens - vous n’allez nulle part. Je ne pouvais pas continuer à me mouvoir ainsi dans un monde fait simplement d’allers-retours, j’avais besoin d’une destination à atteindre. Maintenant, que je suis âgé, je fais de la voile sur le lac Ketelmeer et plus rien ne me dérange (en dehors du fait que la vie est très chère). »

 

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02 octobre 2017

L'Art de perdre de Alice Zeniter

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De l’Algérie je ne connaissais que sa date d’indépendance 1962, forcément l’année de ma naissance. Harkis, FLN, OAS etc oui j’en avais entendu parler mais sans savoir exactement qui était qui dans ces appellations.  L’Algérie ne faisant pas partie de l’histoire de mon pays la Belgique, je ne me souviens pas qu’on nous en aie parler durant mes études. Notre pays avait été le colonisateur du Congo car à l’époque c’était la mode et Leopold II n’avait pas désiré être moins que les autres.  Donc l’Algérie une inconnue. 

 

C’est ce mot Algérie qui m’a fait hésiter à lire ce roman. Bof l’Algérie. Déjà que les films genre Depardieu dans le désert ne m’ont  jamais inspirée. J’avais regardé un feuilleton dont je ne sais plus le titre mais abandonné au fil des épisodes. 

 

A lire les critiques et l’engouement pour ce roman, je devais sûrement passer à côté de quelque chose. 

 

Dès les premiers mots, je n’ai pas su m’arrêter. Ce qui m’a fracassé  c’est que tout est encore d’actualité. On traite les réfugiés de l’an 2000 tout comme on traitait les Harkis qui croyaient si fort en la bonté de cette France.

 

 

Alice Zeniter nous raconte l’histoire d’une famille dont Ali est le personnage principal.  Kabyle, né dans une région pauvre tentant d’obtenir une richesse du sol sec, il décide un jour d’aller se battre aux côtés des français en Europe. C’est là que le destin va décider de sa vie. Le maktoub comme aurait dit Ali.

 

La chance d’Ali, c’est qu’à son retour, allant se baigner avec ses frères, ils ont découvert un pressoir qui va lui permettre de changer de vie. Les voisins viendront lui confier leurs olives pour que coule ce divin nectar  doré : l’huile.

 

Il va se marier trois fois. La première femme ne lui donne que des filles. La seconde, aucun enfant donc répudiation. Et la troisième Yemna, lui donnera enfin ce fils qu’il désirait tant car son plus jeune frère est déjà père d’un garçon et il ne veut pas être floué. 

 

Son garçon portera le nom de Hamid et va débuter la vie heureux à courir dans le village et dans le collines. 

 

Malheureusement, bien souvent, d’autres invidividus décident pour vous de votre bonheur et désirent l’indépendance de leur pays l’Algérie. Le FLN descend au village pour que les habitants prêtent allégeance mais Ali ayant connu la guerre ne leur fait aucune confiance. 

 

Il va pactiser, si l’on peut appeler cela pactiser avec les français et en 1962, forcé de fuir avec femme et enfants et d’autres membres de la famille car il est menacé de mort. 

 

Il arrive en France en pensant qu’il est un citoyen comme les autres.  Pauvre Ali, il a de la chance qu’il a eu des places sur le bateau, car les Pieds Noirs passent avant eux.  D’habitation, il n’ont droit d’abord qu’à un camp de toiles à l’infini. Juste le droit d’accepter. On leur fait très vite comprendre qu’ils doivent être redevables à la France d’être aidés. 

 

Ensuite, on va les envoyer en Normandie, dans un camp de maisons. Ils vont travailler le bois, pas le choix d’un autre métier.

 

Pour se terminer dans ces HLM où on va les parquer.  Et Ali accepte. Lui le paysan devra travailler en usine et se contenter de ce petit appartement où l’on explique aux  femmes qu’elles doivent absolument le garder propre. On vous l’offre, donc vous êtes tenus d’en prendre soin. Surtout ne pas faire de vagues. Lui le Harki qui a combattu pour la France n’est aucunement considéré. 

 

Au vu de tout cela, Hamid, son fils ainé, décidera qu’il ne vivra pas comme eux à tout accepter.  Athé, il va épouser une française et deviendra le père de quatre filles. l’Algérie ne l’intéresse pas et il ne veut absolument pas en entendre parler. Là bas, avant leur fuite, il a vu des morts et ces morts il ne veut plus croiser leur chemin. 

 

Naima est l’une de ses filles. Elle travaille dans une galerie d’art, picole beaucoup, maitresse du propriétaire de la galerie. C’est ce dernier qui prononce le mot Algérie. 

 

 

« Elle ressent une  déception, brève et vive, qui se répétera souvent au long de son voyage, à la pensée que l’Algérie, en évoluant au fil des décennies, en se modernisant, s’est défaite de ce qui, pour Naima, aurait constitué un marqueur important, un des rares points de repère laissés par quelques récits élliptiques »

 

 

Elle voudrait comprendre pourquoi elle petite fille de Harki, elle est maudite par certains sur la toile.  Le silence d’Ali pèse sur ses épaules tout comme il a pesé sur celles de son père. Quel est son point d'attache avec ce pays de l'autre côté de la méditérranée ? 

 

 

 

J’arrête ici j’en en déjà trop dévoilé de ce roman.

 

 

Ce qui m’a heurtée en lisant, c’est ce mépris que la France avait pour ses anciens colonisés. Vous venez chez nous qui était chez eux également puisqu’ils avaient la nationalité française mais vous vous taisez, vous allez où on veut bien de vous. Et fermez-là.  Quelle honte ! 

 

De plus ne parlant pas le français ou si mal comment comprendre ce pays, comment communiquer ? Gràce au fils qui lui deviendra un vrai français dans vos rêves.  

 

 

Si je devais prononcer un mot après lecture du roman c’est tolérance l’un envers les autres. Derrière chaque visage se cache une histoire, des rêves. Et que les occidentaux cessent de croire que ce sont leurs rêves qui sont les plus beaux. 

 

Un roman coup de tonnerre. N'étant pas critique de livres, je ne sais que retranscrire mon ressenti. L'analyse structurelle et litteraire, est sûrement très basique mais j'ai l'espoir que vous le lisiez. 

 

« Ces colonnes qui partent venger croisent des colonnes de villageois qui partent, tout simplement, qui s’enfuient, sans but, sans rien, juste la panique. Si l’on pouvait trouver un point d’observation plus haut que les sommets des montagnes, on verrait que les versants de celles-ci sont parcourus en tous sens, on verrait des lignes mouvantes, une fourrière devenue folle »

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17 août 2017

Ce qui gît dans ses entrailles de Jennifer Haigh

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« Il a expliqué que la foi est l’enfant de la peur, une terreur primitive partagée par tous les animaux, la hantise de notre propre négation. Voulant à tout prix se croire éternel, l’homme embrassera la plus extravagante des fictions : la rédemption ultime, la justice finale, l’homme-sieur qui a parcouru la terre. La foi, finalement, est l’entêtement humain à une échelle héroïque - le déni passionné, le refus absolu et éternel de mourir. »

 

 

Bakerton, petite ville de Pennsylvanie, qui vit le jour grâce à la découverte de l’énergie fossile nommé le charbon. Les mines firent la fortune de la ville pour la plonger dans le silence lors de leur fermeture.

 

 

Pennsylvanie, l’Etat où se produisit l’incident de la centrale nucléaire Three Mile Island. Personne ne fut évacué. Juste un ordre de fermer les fenêtres. Comme si les radiations optaient pour le mot frontière. On deversa l'eau de la centrale nucléaire dans les rivières. 

 

Wesley pasteur à Bakerton vécu ce drame enfant. Le cancer l’a déjà emporté quand le roman débute. 

 

Bakerton ville morte alors quand les habitants apprennent qu’ils peuvent faire fortune en louant leur sous sol à une grosse boite qui s’occupe d’extraire le gaz de schiste et ainsi récupérer un peu d’argent et beaucoup pour certains, pourquoi hésiter ? Il y a toujours les irréductibles mais bon on se passera d’eux. 

 

La faille va porter le nom de Marcelus et la machine peut se mettre en cadence. 

 

Ils ont signé très vite pour la plupart, pas lus les petits caractères. Ils vont vite comprendre qu’ils n’ont plus aucun pouvoir sur leurs terres.  Le bruit qui ne laisse aucun répit. Tout ce qui était leur passé a été enfoui dans la terre.   

 

Il y a l’écolo de service qui vient faire un tour. L’eau qui pourrait être contaminée par le méthane.

 

Comment se battre contre un dinosaure ? Tenter …

 

Et puis c’est la banqueroute pour la société. Le big boss est lâché de toute part. Bakerton retourne au silence.

 

Pourtant la vie ne sera plus la même. Ils ne seront pas plus riches mais ils ont compris que le bonheur cela se serre dans le creux des mains. Vaille que vaille. 

 

 

 La découverte des énergies fossiles a totalement changé la vie des Hommes sur notre planète. Pour les uns ce fut l’enfer des mines pour d’autres le bonheur de s’enrichir tant et plus mais voilà il fallait que l’homme se prenne pour un Dieu et qu’il crée les centrales nucléaires dont on ne saurait se passer malheureusement  totalement malgré tout ce que l’on proclame. Et nouvelle découverte, surtout aux USA, le gaz de Schiste qui pollue les sols même si l’on prétend le contraire. Energie la déesse bienfaitrice. 

 

 

Jennifer Haigh nous a concocté un roman fabuleux sur cette Amérique qui tente dans certaines régions de revivre souvent avec désillusion après  avoir touché l’espoir. Régions soumises à la cupidité de l’homme qui veut absolument augmenter sa montagne d’argent qui entre nous n’est que virtuelle. Les fortunes actuelles sont basées sur de l’argent virtuel donc inexistant.  

 

Je n’en rajouterai pas plus. Les bases de notre société planétaire sont contenues entre les lignes du roman.

 

 

 

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06 juillet 2017

Le coeur à l'aiguille de Claire Gondor

le coeur

 

 

A peine reçu, j’ai lu les premiers mots et je savais déjà qu’il avait gagné ce roman de la sélection des 68 premières fois. 

 

 

Leila, glisse l’aiguille entre les mots d’amour. Elle surfile, elle faufile. Rien ne peut l’arrêter même cette canicule qu’elle cache derrière ses volets fermés sur son amour. 

 

Dans la boite, le paquet de lettres diminue. Elle brode sa robe de mariée de souvenirs.

 

Chaque lettre correspondra à une partie du corps. Elle épinglera ses années de bonheur pour célébrer cet amour entre elle et Dan.

 

Elle ne sait pas pourquoi elle s’accroche à ce travail de couture. Guérir ou souffrir ? Elle ne sait pas mais elle le doit.

 

Petit à petit Leila dévoile son passé. La rencontre avec Dan dans une boite de nuit. Elle portait cette robe verte pour laquelle elle avait eu le coup de foudre.

 

Dan et son regard si perçant. Dans et la fête foraine. Dan et leurs jeux d’amour. Dan et cette blessure qu’elle pique au bout de l’aiguille. 

 

Dan là bas brûlant sous le soleil. 

 

 

« La vie n’attendait pas que Leila se relève. Il fallait construire à présent, et rassembler les morceaux de son existence en miettes. Les reprendre à l’aiguille, les ramasser en fil, en suivant les courbes d’un patron de robe. Suturer la douleur pour la faire taire enfin. »

 

 

 

Comment expliquer qu’un livre et pas un autre vous lance des émotions. Impossible.

 

J’ai aimé chaque mot de ce roman. J’ai imagine la silhouette de Leila perchée sur ses talons. L’ombre de Dan bien plus grande. J’ai suivi le travail de l’aiguille, imaginé la robe penchée, ecouté le bruit du papier transpercé. 

 

Oui un véritable coup de coeur. 

 

« Lorsqu’elle relevait la tête, Leila voyait par les fenêtres grandes ouvertes les arbres malingres du square de Oiseaux-quels oiseaux, bien malin qui aurait pu le dire, elle-même n’en avait jamais vu un seul dans ce parc- et les enfants qui se brûlaient les genoux sur le métal du toboggan. Elle avait traversé l’été les ciseaux à la main, recluse dans son salon. »

 

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20 juin 2017

Bien des ciels au-dessus du septième de Griet op de Beeck

ciel

 

« J’ai trente six ans. Je me demande si les gens tirent de leur vie des enseignements. Il m’arrive de penser que je fonce chaque fois vers le même mur et que ma tête s’y heurte de plein fouet. Parfois, j’ai un autre avis. C’est ce qui s’appelle vivre d’espoir ».

 

 

 

C’est un roman qui se déroule en Belgique mais cela pourrait être à tout autre endroit.  En Flandre plus précisément mais cela pourrait être dans une autre région. Les personnages ressemblent à nous à vous dans la recherche de ce bonheur qui nous démange, parfois difficile à agripper.

 

 

Trois générations qui vivent le quotidien et qui se cognent à la joie et aussi la tristesse.

 

Eva travaille dans une prison comme aide sociale. Trentenaire, célibataire. Elle se demande pourquoi personne ne veut d’elle. Elle croit en la bonté des gens : c’est cela qui la maintient debout.

 Elle adore sa petite nièce Lou qui se confie à elle. Petite Lou en butte à la méchanceté des autres adolescents car une certaine Vanessa la snobe. 

 

Sa maman Elsie est mariée avec un médecin qui est le plus souvent absent.  En plus de Lou, elle est maman d’un garçon. Elsie grande soeur d’Eva tourne en rond dans son couple. Alors quand elle rencontre Casper un peintre qui lui est présenté par Eva, elle pense que tout peut changer. 

 

Le père JOs est un alcoolique et sa femme Jeanne ne cesse de le tancer sur cette propension à la diVe bouteille. Personne ne connait le terrible secret de JOs et cela le ronge vis à vis de son frère. 

 

 

Trois générations qui vivent leur quotidien  et il ressemble tellement au nôtre. 

 

« Je regarde dehors, j’aime les couleurs du crépuscule. Casper sait admirablement les décrire, il dissèque toutes les nuances et le formes comme seul un peintre peut en voir l’utilité. » 

 

 

Un très beau roman qui parle des petits moments qui se succèdent dans la vie et la tentation d’en extirper la poésie qui les compose. Un roman tendresse entre le rose et le gris. 

Très belle découverte.

Posté par winniethepooh à 11:02 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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