17 mars 2022

Le Musee des contradictions d'Antoine Wauters

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"De bien des manières, on ecrivait de guinguois.

Des mots ennardés.

Enforestés."

 

Douze discours qui pourraient s'emmeler. Douze discours de voix qui s'elèvent.  Douze discours pour crier ou susurrer l'envie d'autre chose. 

Cette envie d'un meilleur dont nous rêvons mais contradictoirement, la peur de perdre ci ou cela nous stoppe dans notre élan, Antoine Wauters la fait voguer sous ses mots.

Il y a de la colère mais jamais de la fureur. Chacun et chacune vous expliquent pourquoi ils n'en peuvent plus de ce systeme qui leur promettait le bonheur qui ne vient que par petites doses homéopathiques et puis s'en va. 

Ils s'échappent de l'Ephad, elles n'écrivent plus pour plaire mais dans leur propre langue, elles regrettent d'être devenues mères, ils racontent au juge comme sur une estrade, ils décident de vivre dans les arbres. Douze discours.

"Certes,nous pourrions etre contaminés par la joie, mais les temps sont ce qu'ils sont  et la douleur nous frappe. Elle frappe. Un jour, on se suprend à avoir mal aux arbres, aux oiseaux.  Le lendemain à l'avenir , aux jeux de nos enfants. On cherche le moyen de guérir.  Où espérer ?  A quoi s'accrocher ? On cherche un nom  pour les siècles à venir.Un nom décent. Un nom possible."

 

Après Mahmoud et la montée des eaux, Antoine Wauters nous offre à nouveau un cadeau d'écriture. Les mots accrochent, le gout de l'enfance nostagique au gout de fraise poétise. Et l'on se suprend à désirer ardemment à ouvrir la porte d'un autre monde. 

A chacun et chacune  d'ecrire  son discours. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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07 octobre 2021

Climax de Thomas B Reverdy.

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Climax, le point ultime  d’équilibre en écologie. Avant la fin du monde. 

 

 

Un petit village de pêcheurs en Norvège au bord de l’antarctique. Dans ce village, ils ont grandi. 

A présent adultes, ils racontent chacun à leur tour.

Le village a pris de l’expansion grâce au pétrole. Au large flotte Sigrud, la plateforme. Le pétrole coule coule tandis que le glacier fond, se fissure et provoque un accident sur ladite plateforme. 

 

Noa est appelé pour déterminer d’où provient l’accident, si le danger est réel car le pétrole est vital. 

 

Anders, qui était sur le glacier au moment du séisme a déjà la réponse. Le monde, leur monde de pécheurs est en danger, tout comme beaucoup de points sur la carte du monde. Dans ses carnets, il note le changement dans la vie animale suite au changement climatique. 

 

Noa, l’amour d’adolescence, le grand amour de sa vie, a elle Anna, la seule fille du quatuor comment va t’elle réagir son retour ?

 

Knut, a décide de vivre à l’écart, dans la foret logeant dans l’Eglise de son oncle. Ses amis sont des chiens qui ressemblent à des loups. Chaque semaine, il est visite par deux hommes car Dimitri le Russe aimerait qu’il déguerpisse de cet endroit afin de s’y installer au nom de la cupidité.

 

Le quatuor du temps de l’adolescence, avait joué durant des heures des jeux de rôles mêlant mystères et légendes norvégiennes jusqu’à la fin du monde. Mais ce n’était qu’un jeu. 

 

La fin du monde approche…ce n’est plus un jeu.

 

Dans ce roman Thomas B. Reverdy mêle fiction et légendes.  Il vous entraine dans ce monde futur que nous façonnons de jour en jour, de minutes en minutes depuis des décennies.

 

Avec ce dernier roman Thomas B Reverdy nous tient en haleine, donne envie de pleurer mais c’est sans compter sur la magie qu’un écrivain tient au bout des doigts.

 

Roman excellentissime. 

 

 

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03 septembre 2021

Mahmoud ou la montée des eaux d'Antoine Wauters

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Mahmoud n’a plus aucune illusion sur le monde qui l’entoure. Que reste t-il de son pays la Syrie ?

Il s’est réfugié dans le cabanon près du lac. 

Il se cogne à ses souvenirs enfouis sous les eaux. Son village y baigne depuis des années.

Il prend sa barque, son tuba et plonge pour retrouver un semblant de bonheur en apercevant les silhouettes de ce passé.

 

Mahmoud a décidé de vivre enclavé dans la solitude.

Ses parents, Laila, son premier et grand amour, Sarah sa seconde femme. Celle qui qui l’a épaulé dans l’écriture. Sarah et les enfants, tous ne sont plus que des fantômes dans sa mémoire.

 

Mahmoud, l’écrivain qui était lu dans le monde entier. Mais qui le lit encore ? Il imagine les lecteurs qui peuvent etre amoureux de ses poèmes. 

 

Mahmoud qui n’en pouvait plus de ces mensonges proférés par la famille du lion. Pour quelques bribes de poèmes, ils l’ont puni durant trois ans suite à sa désertion.

Il pensait comme ses enfants, que la révolution du printemps allait embellir leur pays. Et tout redevint pire. 

 

Mahmoud observe la désintégration du monde tout en rêvant devant un brin d’herbe. 

 

Il entend la guerre de plus en plus proche.

 

Il ne sait ce qu’est cette blessure qui grossit sur sa joue. Il est seul près du lac.

A ses cotes, l’âme de Sarah veille.

  

Les romans d’Antoine Wauters sont tous si beaux mais celui ci vous emporte sur un chemin d’une poésie infinie. Un coup de coeur inoubliable.

 

 

 

 

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22 avril 2021

Apeirogon de Colum McCann

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Smadar fillette israelienne fut tuée à l’âge de 13 ans durant un attentat en 1997. Cette meme année Abir, petite fille palestinienne vint au monde et perdit la vie à l’âge de 10 ans le crâne fracassé par une balle de caoutchouc tirée par un jeune soldat israélien.

 

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De la colère de deux pères que tout opposait, de leur douleur est née une incroyable amitié. Tellement improbable. Bassam, palestinien né dans une famille pauvre, emprisonné pour terrorisme, humilié dans les prisons et Rami israélien dont la shoah fait partie de sa vie, ancien soldat sont devenus les meilleurs amis du monde. Au nom de leurs filles, au nom de la paix. 

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Vous faire un résumé de ce livre est mission impossible.

 

Un roman qui vous mène vers de multiples chemins. Le plus important à gravir est celui de l’amitié qui vous mènera vers des sentiers philosophiques, historiques, musicaux et tant d’autres. En bas de ce chemin, le plus gros qui se nomme conflit entre deux peuples.

 

Un roman qui débute par la migration des oiseaux qui envahissent le ciel de ces lointaines régions. Ces oiseaux vous guideront sur les pas de deux fillettes que leurs pères aimaient tant et plus. 

Colum McCann nous offre une symphonie d’émotions, de bonté, de paix. Il nous raconte deux pères qui ont tenté de comprendre et pas seulement juger. Il leur a suffit de s’écouter, de se regarder et de tendre la main. Imaginez qu’un palestinien aie désiré étudier l’holocauste, impensable et pourtant…

Beaucoup ne les comprennent pas, les injurient mais pour leurs filles, ils continuent.

 

Je ne remercierai jamais assez C.Z. de m’avoir donné cette envie de le lire. 

 

C’est plus qu’un coup de coeur, c’est une tempête de lecture. Lisez-le, lisez-le.

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04 mars 2021

Le parfum des fleurs la nuit de Leila Slimani

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Je n'ai jamais lu de romans de Leila Slimani. C'est à travers l'art que j'ai désiré esquisser cette rencontre. Rencontre inoubliable avec cette auteur en suivant ses mots dans lesquels elle se dévoile.

Leila Slimani qui est une solitaire  aime se réfugier dans son bureau pour tracer son écriture, rideaux fermés, n'est pas très enthousiaste quand on lui propose une nuit au musée. Mais elle accepte après tout de vivre cette expérience dans la Douane de mer à Venise.

'Je sonne à la porte du musée. J'attends longtemps, je songe qu'on m'a peut etre oubliée, que je suis en retard. Je m'apprete à rebrousser chemin quand un homme ouvre la porte."Je suis Leila.Je suis l'écrivain qui doit dormir ici."

Leila Slimane doit passer sa nuit face à une expo d'art contemporain"Lieux et signes" qui developpe le rapport de l'homme avec la nature. En réalité, elle se demande ce qu'elle doit faire de sa nuit face à ces oeuvres. Ce qui la ramène à ses souvenirs face à l'art en arrivant en France. N'ayant pas grandi dans la culture de cet art, elle ne savait que faire lors de sa première visite dans un musée. Imiter les autres. Regarder religieusement ce que les autres regardent. Pencher la tete comme les autres jusqu'au jour où un ami à Florence lui a fait comprendre que l'art cela se ressent. C'est une rencontre entre votre regard et le regard du peintre ou de l'artiste. 

"Le musée reste pour moi une émanation de la culture occidentale, un espace élitiste dont je n'ai toujours pas saisi les codes".

Leila Slimane déambule, pieds nus dans le musée, tentant de comprendre ce que les artistes expriment à travers les oeuvres. Pas toujours évident de saisir l'art contemporain et l'importance que certains lui pretent. Mais ce qu'elle examine la ramène à des souvenirs de jeunesse, de sa relation avec son père et la barrière d'amour entre eux. Cette impossibilite de mots dans les relations pere fille. Le desarroi de ce père avant sa mort. Sa rehabilitation. Ses mots qui auraient pu etre dits mais qui sont vains à présent.

Durant sa promenade, elle se confronte à un parfum d'enfance. Un arbre fait partie de l'expo. Un galant de nuit. 

"A Rabat, il y avait un galant de nuit  près de la porte d'entrée de ma maison. En été, quand le soir tombait, nous gardions la fenetre ouverte pour provoquer des courants d'air et mon père disait :" Vous sentez ? C'est le galant de nuit !" Année après année cela ne cessait de l'émerveiller. Il suffit que je ferme les yeux pour me souvenir  de ce parfum entêtant et sucré. Les larmes me montent aux paupieres. Les voilà mes revenants. La voilà, l'odeur du pays de l'enfance, disparu, englouti."

C'est ce meme parfum qui sera son dernier souvenir avant de sortir du musée le matin.

Outre ses souvenirs, Leila Slimane, décrit ce fil d'équilibre de tout enfant parti de son pays pour grandir dans un autre. Le centre du fil est le mélange de culture. Ni d'ici ni de là. Comment faire pour ne pas perdre l'équilibre ? 

Et comme une enfant, elle va s'allumer une cigarette dans les wc du musée. Elle s'accorde cet instant interdit. 

 

Si je vous avoue que c'est un coup de coeur....

 

 

 

 

 

 

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10 décembre 2020

Au péril de la mer Dominique Fortier

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Il faut imaginer le Mont Saint Michel perdu comme une île au XVième siècle. Les seuls voyageurs qui viennent s'y abriter sont les pélerins. La grande abbatiale n'est encore qu'en construction. Oublier notre siècle pour pénétrer dans le coeur des moines qui y vivent et suivre les pas du portraitiste Eloi.

 

Eloi est tombé amoureux d'Anna qui ne lui appartient pas puisqu'elle va se marier. Ils vont devenir amants. Meme mariée, elle reviendra vers lui. Il aime quand elle lui raconte une pays de licornes et de betes merveilleuses, lui le peintre qui ne sait pas lire.  

Mais Anna meurt et Eloi complètement perdu pense qu'il va devenir fou, passe sa vie dans les tripots, couche avec les putains jusqu'au jour ou son ami Frère Robert lui tend la main. Il l'emmene au Mont Saint Michel pour le sauver.

Eloi ne veut plus peindre alors il acceptte de gratter la plume et devient copiste lui qui n'a jamais lu un livre.

A travers sont regard, on découvre l'univers de ce lieu quand aucune digue n'y aboutissait. Seule la mer y est une compagne. Il vit entouré de ces hommes qui vivent au milieu d'une terre isolée. Ils lui parlent des livres, des plantes, jamais de Dieu. 

Un beau jour, un groupe d'enfants envahit le Mont, désirant voir Saint Michel. Ils arrivent de pays étrangers et c'est une partie de cette enfance qui va sauver Eloi. 

En paralelle de la vie d'Eloi, l'auteur confie cet amour depuis l'enfance pour cet endroit. Elle  y retourne jeune maman. Elle nous conte le passé historique de cet endroit magique. Elle se pose des questions en tant qu'ecrivain.  Elle effeuille des mots latins et l'on en ressent la beauté. 

C'est le deuxième livre de Dominique Fortier que je découvre. Son ecriture voyage entre la poésie, le reve, la douceur car oui l'écriture de Dominique Fortier est faite de douceur. Et j'en redemande.

 

"Tournant avec précaution, les feuillets épais, il admirait les exquises "marginalia qui n'avaient rien perdu de leur éclat en cinq siècles. Le moine qui les avait faites était mort, effacé à jamais, mais les images continuaient de s'animer sous les yeux et les doigts d'un frère inconnu. Ce dessin sur la page était étranger à l'orgueil, il ne connaissait que la couleur."

 

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08 octobre 2020

Les villes de papier de Dominique Fortier

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C'est avec un pur bonheur que j'ai découvert l'écriture de Dominique Fortier si légère et poétique évoquant la vie d'une poétesse dont on parle très souvent.

Emily Dickinson , une personne différente, une poétesse.

C'est un chemin d'écriture des différents lieux ou Emily vecu entre Amherst lieu de naissance, Boston, le seminaire et surtout la maison fémiliale Homestead, la poésie ne la quitte jamais. En duo, Dominique Fortier évoque les différentes maisons où sa vie la porte. Car qu'on le veuille ou non, chaque endroit, chaque mur qui nous tient lieu de maison, laisse une trace et influence nos jours.

 

D'emily Dickinson, on sait peu de choses en réalité. Elle est née dans la riche famille Dickinson. Un frère et une soeur qu'elle adore. Une mère un peu dépressive et un père assez imposant mais on accepte Emily telle qu'elle est dans ses rêveries. 

Emily adore la nature. Elle observe. Elle imagine. Elle confectionne meme un herbier qui est toujours conservé à Harvard.

Emily comme un papillon, vole de mots en mots qu'elle gratte sur des petits papiers, cachés dans sa chambre.

Elle ne se mariera pas. Aucun enfant.  Plus âgée, elle décide de se vetir de blanc. Elle se récluse au long des années qui passent dans sa chambre et si visiteur il y a, elle place un paravent entre elle et lui. Ses poemes, elle ne veut pas les publier. 

Née en 1830 et morte en 1886 dans la même maison, Emily s'est évadée. 

 

"Chaque fois, qu'elle ouvre le livre saint, Emily s'attend à voir jaillir ces villes et leurs multitudes, comme dans certains volumes pour enfants des découpages s'élèvent en pliures compliquées  pour former un cabane, un château, une foret de papier."

 

"Les mots sont de fragiles creatures à épingler sur le papier. Ils volent dans la chambre comme des papillons. Ou bien ce sont des  mites échappées des lainages-des papillons à qui manquent la couleur et l'esprit d'aventure."

"Toutes les rues pour moi sont des maisons de papier."

 

Un plus que magnifique portrait, romancé, de la poétesse qui n'aurait certainement pas imaginé qu'en 2020, elle serait considérée comme un grand auteur et encore lue.

Et l'écriture de Dominique Fortier est une enfilade de portes qui nous méne dans la poésie d'Emily.

 

 

 

 

 

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24 janvier 2020

Les Testaments de Margaret Atwood

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Trente cinq ans après la servante écarlate, Margaret Atwood nous apprend enfin la naissance de l’Etat totalitaire de Galaad.

 

Tante Lydia écrit son testament et sa vie à partir du moment ou le commandant Judd prit le pouvoir dans une partie des USA. Les premières victimes furent les femmes, intellectuelles surtout. Car l’Oeil, donc Dieu de Galaad, donne le pouvoir total aux hommes. Les femmes ne sont plus rien. Elles seront confinées a être des épouses et juste bonne à assurer la descendance. Lire est une aberration pour la gent féminine car elle sont si stupides qu’elles ne pourrait comprendre le sens des livres.

 

Celle qui va devenir Tante Lydia, fine mouche, acceptera de se soumettre mais à une condition que ce soit elle et d’autres femmes qui décident de tout ce qui aura trait à la vie féminine de la communauté.  Les Tantes seront donc les seules femmes a être protégées de tout.

 

 

Mais  de tout autoritarisme, la pourriture s’étend peu à peu. Un réseau d’activistes au Canada aide les Servantes qui s’enfuient et elles sont de plus en plus nombreuses. A Gadaal, les bébés naissent en grand nombre avec des malformations. Les autres Etats voisins les tolèrent mais il en faudrait de peu que tout change.

 

Le changement va venir grâce à de deux filles. L’une est née à Galaad , et la seconde vit au Canada. 

Celle qui réside au Canada ne sait pas encore qu’elle est le bébé Nicole emmenée dans sa fuite par la servante écarlate. Bebe Nicole que Galaad réclame à haut cri mais personne même pas l’interessée ne sait qui est bébé Nicole.

La première née dans une famille au pouvoir est destinée au mariage par sa belle-mère. Mais elle ne veut pas épouser le Commandant Judd qui n’aime que les jeunes filles, très jeunes d’ailleurs. 

Elle va rejoindre son amie Beka dans l’antre des Tantes. Et va devenir une Perle, jeune novice.

  

Tante Lydia, pose ses pions afin que Galaad soit détruit.  La réunion des deux jeunes filles est inscrit dans ses plans. 

 

Roman percutant car il aborde tant de thèmes. La condition féminine en est le point central qui nous rappelle qu’à notre époque beaucoup de nos soeurs féminines sont encore plongées et ce par le pouvoir patriarcal dans état qui n’en fait que des servantes. Unique monnaie marchande pour des mariages et ce à peine sortie de la puberté.

 

On pourrait également le pouvoir aveugle de la Foi. La manipulation de toute éducation de l’écriture et de la lecture.

 

Mais surtout se rappeler que toute démocratie n’est jamais à l’abri. 

 

Le livre se termine par un chapitre romancé de l’historique de Galaad, de sa mémoire. Et cela nous rappelle que la transmission mémorielle est essentielle.

 

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20 janvier 2020

Après le monde d'Antoinette Rychner

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En 2022, la côte ouest des USA est dévastée par un cyclone. Les montants que devraient débourser les assurances suite à ce cataclysme sont astronomiques. Ces assurances tentent d’obtenir des crédits. En vain. La bourse tourbillonne. La Chine réclame le remboursement des crédits accordes. Les USA s’effondrent. 

 

En Europe, tout continue a tourner pour quelques mois car dans le monde hypermondialisé lorsqu’un domino tombe, les autres chutent également. D’autant que le dollar était la valeur référence mondiale.

 

Petit à petit les effets vont se faire ressentir. Licenciements, fermetures d’usines exportatrices de pétrole, jusqu’au jour où la carte plastique sésame de la société est refusée. Les  banques ferment et les épargnants sont refoulés.

 

Les gouvernements tentent vaillent que vaillent de trouver des solutions mais peine perdue et c’est la révolte qui éclate. 

 

Pendant ce temps, les femmes ont compris qu’il fallait compter l’une sur l’autre pour échanger, aider mais encore à petite échelle.

 

Le pays qui est la Suisse est jetée en pâtures à tous les profiteurs de toute sorte. Il faut se cacher. Ne pas dire qu’on a travaillé dans une banque. Se méfier de tout le monde. 

Plus personne pour s’occuper des personnes âgées, plus de médicaments. La société connue n’existe plus.

 

Viols, vols, tout est bon pour se sentir puissant.

 

Peu après, des milices « les Helvètes » prennent le pouvoir. Milices au gout de nazisme. Vous devez prouver que vous êtes  né ici si vous avez la peau claire. Si votre peau est noire, vous êtes parqués dans des camps de travail ou expulsés du pays.

 

Barbara et Christelle ont été expulsées. Christelle accompagnée de son mari et de leur fils Marco. Ils vont devenir les immigrés des autres à leur tour.

 

Quelques années plus tard, le quatuor revient dans la maison que Christelle avait du quitter. Marco n’est plus là mais une petite Jana est née.

 

Barbara et Christelle n’ont qu’un désir transmettre.  Elles écrivent et Christelle devient le chant guttural de ce récit du temps d’avant. Ne pas oublier surtout. Christelle aime se penser en barderesse. 

 

Le pays n’est plus gouverné par les Helvetes mais il faut continuer à se méfier de tout le monde. 

Vaille que vaille les femmes et hommes tentent de rétablir une société qui n’est plus celle d’avant mais ce n’est pas toujours évident. Plus de machines agricoles, ce sont les animaux qui tirent les charrues. Chacune et chacun tente d’apporter son expérience passée pour s’en sortir. Plus de réseau bien entendu.

 

Dans certaines communautes, l’électricité est revenue grace aux éoliennes mais tout doit être partagé entre chacun et chacune. Un sursaut de réseau est rétabli mais très faible

Les communautés acceptent tout arrivant du moment que le partage peut continuer à être équitable. Si un problème arrive qui distord ce partage, l’assemblée décidera de qui peut rester ou non. Le quatuor va en faire les frais, suite à la grêle qui a détruit toutes les récoltes. 

 

Barbara et Christelle n’ont qu’un désir transmettre.  Elles écrivent et Christelle devient le chant guttural de ce récit du temps d’avant. Ne pas oublier surtout. Christelle aime se penser en barderesse. 

 

Et en 2049, le changement climatique est devenu terrible. 

 

 

« Nous contemplons de loin de ce qu’il est advenu de nos paysages aimés. Les couleurs n’y sont plus, ni les textures : les flancs autrefois boisés sont nus, des étendues galeuses ont remplacé les champs et nul mouvement ne fait plus scintiller le lit des rivières »

Mais le relief de fond, les courbes ancestrales sous le ciel se laissent reconnaitras, en langue maternelle traversant le malheur. Voilà ce qui subsiste pour nous faire comprendre la Terre comme seule patrie possible »

 

 

 

Dans ce roman, on découvre le nous qui est le monde racontant ce qui est arrivé. Et des femmes que Barbara et Christelle ainsi que la famille croisent durant leur errance. 

Il y a ces écrits que Barbara conserve précieusement car dit-elle elle a difficile à les mémoriser. Christelle les chante si divinement. 

 

Que dire de ce roman qui invente ce qui pourrait être notre futur ? Qu’il est terrible, qu’il est beau, qu’il est féminin, qu’il est chant, qu’il est souffrance, qu’il est poésie, qu’il est espoir, surtout espoir. S’oublier c’est oublier l’humanité. 

 

Ce n’est qu’un roman me dira t-on mais malheureusement, ce roman est la vision du future qui pourrait être un jour. 

 

 

Un coup de coeur même plus qu’un coup de coeur, une prise de conscience.

 

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24 juin 2019

Les mémoires d'un arbre de Carole Zalberg

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Comme lectrice, je suis indéniablement amoureuse de l’écriture de Carole Zalberg. 

 

Mais son premier roman en était-il déjà le reflet ? Dès les premiers mots, j’ai été bluffée par cette écriture qui était déjà si belle. Comme l’arbre, elle a changé bien évidement au cours des années, ses bourgeons se sont développés mais quelle maturité déjà.

 

Ce roman a été édité il y a 17 ans. Carole Zalberg pensait déjà à l’arbre comme un être vivant, ce qui est devenu évident de nos jours. Son futur de l’humanité est tellement visionnaire. Je suis admirative.

 

A travers les mémoires d’un arbre, on découvre outre la vie de cet arbre, le regard qu’il porte sur ce qui l’entoure mais surtout des humains qui viennent s’abriter contre lui avec leurs joies, leurs peines, leur désir.

 

Agé de vingt siècles, il a assisté tout petit à la cupidité des hommes, à ce désir d’avoir toujours plus et la destruction que cela implique,. Il a affronté la colère, il a été  le témoin de jeux d’amour entre deux poètes, il a laissé tomber l’un de ces fruits pour qu’un savant comprenne. Certains on gravé des mots dans son écorce, d’autre y ont sculpté un corps. Il est là toujours droit. Des musiciens se sont installés sous son ombrage. 

 

En tant qu’arbre, sa vie n’a pas été facile. Il fut l’un des rares rescapés d’une tempête. Il a vu le béton, les villes grandir. Il a frissonné en écoutant la musique Il s’est retrouvé tout seul sur une place. 

 

Il a entendu raconter ces trains qui arrivaient nulle part avec les humains à bord. Il a vu l’humanité se détruire.

 

Au fil des siècles, bien sur qu’il a vieilli, Il ne produit plus de fruits, ou si peu. Ses branches ressemblent à des bras décharnés mais il tient bon. Il sait que l’homme se relèvera toujours. 

 

« Malgré tout je tenais encore droit. Mes racines continuaient à fouiller le sol aussi profondément pour y puiser les sucs nécessaires à ma substance. Elles étaient aussi l’ancre  enfoncée loin dans la terre pour m’y arrimer solidement »

 

J’ai lu ce roman sous les arbres. Je l’ai terminé dans le train et j’ai regardé les arbres derrières les vitres. Souvent je me demande ce que le chêne en face de ma maison a bien pu voir en tant d’années. Donc je ne pouvais qu’aimer ce livre. 

 

Bref un coup de coeur. Entre ce roman et "où vivre", le chemin de l’écriture a changé bien évidement mais les pousses étaient déjà si belles. 

 

 

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