20 septembre 2016

Les Singuliers d'Anne Percin

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Hugo Boch, fils de ladite famille très connue, quitte la Belgique pour se consacrer à sa passion la peinture. Il emmène avec lui un appareil photographique, là bas à Pont Aven. Il veut découvrir la communauté d'artistes peintres qui y résident.

Des peintres, il y en a certainement mais le plus omniprésent c'est ce Goge l'appelle certains, c'est àdire Gauguin. 

De peinture, il n'en est plus vite question, il va s'adonner à la photographie dont son père préconise la fin car ce n'est qu'une mode. 

Aidé par sa famille au début, c'est la cassure quand son père comprend qu'Hugo ne reviendra pas travailler à la faiencerie ni ne s'incrira, s'il aime vraiment la peinture, à une académie.

C'est à travers des lettres qu'il décrit sa vie à sa cousine Hazel qui a quitté la Belgique pour Paris, peintre elle aussi. Tobias son ami de jeunesse, lui écrit également. Ils partagent le même amour de la peinture mais malheureusement le jeune homme souffre d'atroces migraines qui le rendent, au moment des crises, totalement instable. Leur amitié date du temps de leur convalescence dans un sanatorium. 

A Pont Aven, trop de monde, alors Hugo se réfugie dans un autre village : Le Pouldu. Il tombe amoureux de l'hotellière Marie mais ne se déclarant pas, elle choisit un autre peintre. C'est grâce à la photo qu'il vivote en créant des cartes postales et en devenant portraitiste. Il deviendra l'Ankou, celui qui portraitise les morts. 

Mais il y a surtout  Van Gogh dont on parle tant, dont Gauguin est l'ami et qu'on ne voit jamais.

Une autre cousine Ana Boch, vivant à Bruxelles et faisant partie d'un groupe d'artistes nommés les XX, organise de petites expositions, étant peintre elle-même, est une fan inconditionnelle de Van Gogh. Elle lui achètera même un tableau, le seul qu'il vendra de son vivant.

 

A travers les lettres des personnages de fiction et réels pour certains, c'est une période artistique intense qui prend vie. Une nouvelle époque qui voit fleurir des peintres qui ne veulent plus des Monet, des Manet...Il faut peindre ce que l'on voit, la réalité telle que le regard la suprend et ne veux pas oser voir. Gauguin en est le plus parfait exemple ainsi que Van Gogh, trop en avance pour leur temps malheureusement.

 Hazel maniant l'humour, est un personnage charnière, nous démontrant toutes les difficultés auxquelles se heurtaient les femmes pour vivre leur liberté. Même si l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles s'ouvre aux femmes, elle rate le concours. 

 

Un merveilleux roman, d'une grande sensibilité,  qui nous entraine dans le ressenti de l'être qui se voue à l'art. Voir, comprendre et tenter de partager son oeuvre : le plus difficile. 

 

Et en ombre chinoise, Van Gogh, toujours évoqué par les autres ainsi que le colérique Gauguin.

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 La vigne rouge, tableau acheté du vivant de Van Gogh, par Anna Boch.

 

Falaise à Sanary d'Anna Boch

 

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 "Tu sais voir comme moi. Nous le savons tous les deux. Nous courons le monde d'un côté et de l'autre pour exercer notre secret"

 

 

 

 

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05 septembre 2016

Le monde est mon langage d'Alain Mabanckou

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Comment vous parler de ce merveilleux livre qui nous transporte dans divers endroits de la planète ? Ne me targuant pas d'être critique  de livres, je ne saurais analyser la sémantique, ni le pourquoi, ni le comment. J'aime parler des livres qui m'ont rendue heureuse. Les abandonnés, les non aimés je les oublie immédiatement.

Alain Mabanckou à travers son langage nous emmène à la rencontre de personnages suprenants parfois, attendrissants aussi. Il nous confie ses rencontres avec J.M Le Clézio, sa rencontre avec un clochard qui s'entoure d'un trait de craie bleue, de son tailleur ah son tailleur quel personnage etc.. mais avant tout à travers ses voyages il nous dévoile des écrivains que pour ma part je ne connais pas du tout. De part son langage, il nous fait percervoir d'autres langages autour du monde car la littérature permet cette ouverture. C'est une ronde de mots qui passe d'un continent à un autre. On la happe en passant et la frontière s'ouvre pour tendre la main aux rêves de l'écrivain. 

Alain Mabanckou nous dévoile les trois livres qu'il emmènerait sur une île déserte mais je n'en dévoile rien.

 

Il nous dévoile ses pensées sur le post-colionalisme littéraire, la négritude, la croélitude. Il confronte ses idées à celles d'autres écrivains sur le sujet. Sans oublier la place de la poésie dans notre société : où est-elle ? Disparait-elle ? Vaste sujet.

Comme Alain Mabanckou l'écrit, il faut lire ses lignes comme une autobiographie à travers les regards qu'il porte sur les autres et le renvoi de leur regard. Regarder, écouter, s'intéresser à l'autre quel qu'il soit. 

Livre de partage entre l'écrivain et son lecteur, magique d'humanité. 

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03 septembre 2016

Bad girl classes de littérature de Nancy Huston

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Certains livres peuvent vous percuter et Bad Girl en fait partie.

Comment devient-on Nancy Huston l'écrivain en étant née dans une famille un peu dépareillée ? Comment s'accepte t-on alors qu'on aurait pu ne pas ouvrir les yeux, n'étant pas désirée ? On s'accroche le plus fort que l'on peut.

Nancy Huston nous raconte sont enfance et ses ancêtres non par le je mais par le tu qu'elle adresse au foetus Doriss qui a décidé de grandir dans le ventre de sa mère Allisson. 

 

Kenneth et Allisson ses parents se sont mariés car un autre bébé était déjà en gestation. Nancy sera la deuxième malgré les sautsde sa mère  pour la décoller de la vie. Grossesse avouée après quelque temps au père qui reçoit l'annonce sans plaisir car les jeunes parents sont pauvres. Inconcevable pour leurs familles qui ont montés les échelons de la société. 

 

Elle va grandir entre un père dépressif qui ne cesse de faire déménager sa famille et une mère par moments hystérique qui ne rêve que de liberté. D'ailleurs, les enfants sont souvent confiés à d'autres personnes car les parents décident de continuer leurs études. De plus, la religion tient un rôle important car l'un des grands-pères est pasteur, une tante missionnaire à l'étranger. 

Ce sont la lecture et la musique qui permettront l'évasion car dans la musique volent également les mots. Se sentir détachée et décider de partir à Paris, voyager, tenter de trouver son équilibre. Comprendre très vite qu'étant fille on peut plaire et faire de rencontres non pas toujours d'amour mais des rencontres pour écouter.

Trouver sa place sur le fil déséquilibré du couple que forme ses parents et qui se soldera par un échec qui est le divorce. Une belle-mère allemande et une maman qu'elle ne verra plus qu'épisodiquement.

Et pourtant, ses parents lui ont offert, le peu qu'ils savaient donné dans leur conflit personnel. Nous sommes toujours la somme de tous ceux qui nous précédé.

 

A travers cette autobiographie, Nancy Huston nous parle des femmes, de ces ventres qui doivent enfanter car c'est ce qu'on voit encore et toujours en nous malgré les siècles qui défilent. 

A travers la personnalité de sa mère, elle dévoile ces femmes qui désirent  et qui ont une soif d'apprendre encore et encore mais ce qui est accepté pour l'homme ne l'est pas bien souvent pour la femme.

Un livre qui nous pousse à nous interroger sur nous-même et surtout sur la condition de la femme avant et après le XXième siècle.

 

Epoustouflant, revigorant, énergisant... Un livre à lire et relire....

Cathulu en parle si bien 

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06 août 2016

En suivant la mer de Marie Magdeleine Lessana.

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Tel Pier Paolo Pasolini qui avait écrit La longue route de sable en 1959, arpentant les villages de bord de mer, Marie Magdeleine Lessana décide l'été 2015 de le passer non plus en famille mais seule à la rencontre de la mer, et désirant découvrir la manière dont les hommes et femmes se comportent durant leurs vacances. Elle débute son voyage en compagnie d'une amie photographe par le nord. Calais, Dunkerke, Malo les Bains .... La Baie de la Somme pour se rendre jusqu'à Dieppe.

"De ma fenêtre, je distingue une série de lignes horizontales, sable gris marron, virant rosé près de l'eau à son écume, ligne verte de plus en plus intense, puis bleue. Horizon net,. Et le ciel est immense. Je regarde la mer du Nord, le soleil va se coucher à ma gauche. Je ne m'y fais pas"

"Sur la route, on ne se lasse pas d'observer les champs à perte de vue, de blé, d'avoine, de lin, les patrurages des vaches, agriculture de plateau  en apesanteur jusqu'à l'horizon bleu sans transition. Aujourd'hui il y a beaucoup de vent. Je voudrais m'envoler en m'élançant dans les champs"

Elle décide de continuer le voyage seule vers la Normandie car être à deux ne donnent pas toujours l'unisson dans les émotions.

Direction Rouen en train et ensuite voiture de location Fécamp, Etretat, Le Havre chaque endroit amène son lot de sensations avec cette culpabilité d'être seule face à ces familles en vacances. 

Ensuite la Basse Normandie Trouville, Houlgate, Cabourg. Grand Camp Maisy 

"Au matin, j'entends le bruit des vagues sous la fenêtre avec l'impression étrange  que quelqu'un, pas loin m'accompagne.Je suis seule pourtant, avec une certaine joie dès le matin. J'ouvre le store, il pleut, l'air est gris et brumeux. La mer à mes pieds est haute, bien vivante. De rares preomeneurs de chiens encapuchonnés longent le rue lèchée par les vagues. La ligne d'horizon est estompée par la vapeur"

Arromanches, Le Mont Saint Michel pour rejoinde la Bretagne. Le long de ce voyage à certains endroits, elle repense au moment où elle y était, adolescente, maman, avec des amis. 

Granville

"De ma fenêtre, j'observe les gens sur le quai au réveil. Ce qui domine à mes yeux est la normalisation de la vie, une sorte de morale sociale partout.Les réjouissances des vacances ou du week end à la mer sont très conformes. . En profiter, c'est se promener, se baigner. , s'occuper de faire jouer les enfants, les gâter avec des jeux, des attractions, des sucreries et des objets,  le tout avec un un discours banal standardisé"

La Bretagne, Paimpol, Brest, les Côtes d'Armor, Douarnenez, Carnac, Quiberon et ensuite passer à Saint Nazaire. l'ïle de Bréhat

 

l'Ile de Ré où elle loge dans l'ancienne maison de Lacan

"Comme c'est agréable cette sensation d'être dans une grande maison où rien n'est neuf , avec juste des livres qui ont été choisis et lus.

Elle y retrouve Charlotte une amie atteinte du cancer. 

Royan, Arcachon. Sa route la mène jusqu'à la frontière espagnole. Apprécier la jovialité des espagnols et repasser la frontière Saint Jean de Luz, Biarritz, 

 

Et la Méditérranée, là d'où elle vient. Elle remonte jusqu'à la Camargue pour ensuite joindre Marseille . La pPresqu'île de Giens c'est chez elle.

Mais le voyage continue vers Saint Raphael Sainte Maxime pour rejoindre Menton

 

"Je resterais bien à Menton parmi les vieux, les lents, les enfants  en poussette, les gentils. J'écrirais, je regarderais  la mer longtemps, je déambulerais, j'achèteraisun savon au citron et de l'eau de Menton. Jusqu'à ne plus sentir le temps passer et m'y fondre.

Enfin, non, qu'est qui me prend ? Ca évoque une mort lente. Certainement pas !"

L'italie et ses réfugiés. Impuissance de pouvoir les aider. Retour à la presqu'île de Giens où les vacances se terminent avec sa petite fille.

Tout le long du voyage, une inquiètude ne l'a pas quittée. C'était la mort de Charlotte qu'elle apréhendait.

 

Ce livre fait partie des trésors que je lirai et relirai. Découvrir à travers l'écriture d'une autre personne des lieux que l'on a connus et d'autres qu'on aimerait voir. Et cette émotion palpable....

A l'arrière plan, la mer, encore et toujours la mer. On perçoit le bruit des vagues, le rire des enfants, les silhouettes le long des plages, l'ennui, la joie, des moments de vacances tout simplement.

Je n'ai évoqué bien entendu qu'une partie des lieux du voyage...

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05 août 2016

Les rues d'hier de Silvia Tennenbaum

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"Il les attendait.Il était désormais clair dans son esprit que l'Allemagne était sur le point d'être purgée de ses juifs".

 

La famille Wertheim habite Francfort et ce depuis quelques générations. Moritz, le père possède une entreprise de textile qui fonctionne très bien.

La famille réside dans un quartier bourgeois. Elle se considère comme assimilée par l'Allemagne et ne pratique aucunement le judaisme. De plus, un arbre de Noel se dresse chaque décembre dans le salon. Que peut-il leur arriver ?

Moritz est père de quatre fils dont lui et sa femme sont fiers . Nathan dirige un cabinet d'avocats, est l'époux de Caroline dont il a eu quatre enfants, deux filles et des jumeaux.Les trois autres  enfants de Moritz sont Gottfried qui sera envoyé en Amérique après une faute que l'on ne pardonnera jamais. Jacob tient une librairie et n'aspire à rien d'autre. Pour terminer, Eduard, le fils prodigue qui fera tourner la maison mère au décès de Moritz.

Tout ce petit monde vit selon des conventions bourgeoises. On doit tenir son rang. Les petits enfants ne manquent de rien, tout est réalisé pour leur bonheur. 

Surtout qu'on ne les compare pas avec ces exilés juifs venant de Pologne. Eux ils sont allemands !

Malheureusement la bataille de Sedan ayant été perdue par français, ces derniers désirent une revanche que les allemands ne dédaignent pas. Eduard va s'y engager dans cette première guerre mondiale car il est patriote. 

Après la défaite allemande de cette guerre, peu à peu tout va se modifier pour cette famille bourgeoise. Insidieusement le National Socialisme va s'infiltrer dans les foyers et l'inflation est terrible. Malgré tout une partie de la famille garde toujours ce rang exigé et que peut-il leur arriver ?

Après avoir éliminé les communistes, les vexations envers les juifs vont débuter.

Chacun dans la famille, réagit différement. Certains resteront là bas et d'autres vont s'exiler en France, en Suisse ou en Amérique, en Palestine.

Même lors des purges, parce qu'ils sont là depuis des générations, ceux qui  seront restés s'imaginent qu'eux seront épargnés...

Et un jour, le destin frappe à la porte. 

Les rues étaient jonchées de mendiants et d'enfants sales aux visages vieillis et décharnés. Des femmes étaient assises sur les perrons et tenaient des bébés apathiques dans de vieux chiffons. Des voitures à cheval se frayaient un chemin à travers la foule. Andreas avait l'impression d'avoir laissé le vingtième siècle derrière lui, d'avoir été abandonné de la civilisation"

 

A la fin du livre, nous comprenons que Silvia Tennebaum a écrit ce roman pour que l'on n'oublie et que ne recommence pas les mêmes erreurs. Combien de fois ne prononce t-on pas cette phrase et pourtant des horreurs ses perpétuent de par le monde.

Ce qu'on perçoit très bien à la lecture c'est l'infiltration qui a pris quand même quelques années, des nazis dans la vie civile et ce bourrage de crâne insinuant que les juifs étaient responsables de tous les maux des allemands. 

La fin du roman est bouleversante. C'est Claire, l'arrière-petite fille de Moritz qui va porter le poids de l'horreur tout en incarnant l'espoir du futur.

"Deux heures plus tard, le train démarra brusquement. Les valeureux citoyens francfortois s'étaient assis et ils dinaient en écoutant la radio ou en lisant le journal. Le bulletin météo annonçait une grande vague de froid, une masse d'air arctique arrivait tout droit du pôle. Le train cahotait vers l'est. Il mit plusieurs jours à atteindre sa destination"

 

"Vous êtes juive ? demande la femme. Eva la regarda médusée. Elle imaginait qu'on pouvait désormais l'admettre, n'est-ce pas ? Elle acquiesca timidement. "Et vous avez survécu ? continut-elle. C'est un miracle. Je les ai vus emmener les Juifs au Vélodrome d'Hiver il y a deux ans. C'était horrible"

Eva sècha ses larmes . "Et vous qu'avez vous fait ?  demanda t'elle dans dans son français haché teinté d'accent francfortois.

"Qu'est ce que j'ai fait ? demanda elle. Que pouvais je faire ? Que pouvions  nous faire ? " Elle s'écarta discrètement pour laisser un père et son fils  prendre sa place.  L'homme avait perdu un bras".

 

 

 

 

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02 août 2016

Retour à Oakpine de Ron Carlson

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Ils se sont quittés il y a plus de trente ans. Jimmy est parti à New York et devenu un écrivain célèbre.

Frank et Graig sont restés au pays tandis que Mason a lui aussi disparu d’Oakpine.

 

Jimmy revient dans sa ville car malade il a décidé d’y mourir. Sa mère demande à Graig de s’occuper de rénover le garage pour y loger son fils car le père de Jimmy ne veut pas de sa présence dans la maison depuis la mort de leur autre fils Matt. Il y trente ans. 

 

Mason est également de retour mais par pur hasard. Il divorce et décide de retaper la maison de ses parents afin de la vendre.

 

Trente ans après, les quatre hommes qui avaient fondé leur propre groupe de rock et connu un petit succès sont à nouveau dans la ville de l’enfance. 

 

Ils ont la cinquantaine, la vie les a cabossés. Leur amitié qui était juste endormie va reprendre vigueur. Leur amitié va leur permettre d’effacer tout ce dont ils avaient peur. 

 

Et les femmes les y aideront  

 

« Jimmy sentait l’odeur de la terre ici, le musc puissant qui montait de toutes les plantes. Avec les abeilles qui bourdonnaient partout dans le jardin, on avait l’impression de voir les choses pousser. La carotte était sucrée. Il se leva, heureux de s’extraire de la chaise rigide, et un instant il se sentit dangereusement grand, puis alla à pas prudents jusqu’aux tiges de courge entremêlées. Il se pencha sans ressentir d’étourdissement et souleva les grandes feuilles pour apercevoir les courges et les melons dans l’ombre verte vacillante. »

 

« De retour sur la route, toujours perdu, il pensa que, à l’image de ce qu’il avait vécu dans sa vie, cela durerait deux minutes. Mais une heure plus tard le paysage s’était transformé en collines ondoyantes couvertes d’armoise »

 

 

En refermant le livre, j’ai ressenti un véritable bonheur. Il n’y a pas de haine, ni de violence qui traversent les pages juste une part d’humanité mais tellement forte.

 

Et cette nature si bien décrite…

 

Magnifique roman…..

 

Lire l'avis d'Aifelle

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12 avril 2016

Chronique de la dérive douce de Dany Laferrière

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Que peut bien ressentir une jeune homme de 23 ans arrivant de Haiti à Montréal ? Ses amis, sa famille, tous sont restés à Port au Prince. Seul dans cette grande ville en 1976, il doit apprendre. 

 

 

C’est sous forme de chroniques que Dany Laferrière nous décrit la nouvelle vie de ce jeune homme. Les chambres glauques, la solitude, la découverte d’une autre société, la faim, le manque d’argent, la pluie, la neige, le travail en usine, l’alcool mais surtout les livres, les filles et une petite souris. 

 

Que va t-il faire de sa vie après cette année qui s'est déroulée ? Il achète une Remingtom et décide de devenir écrivain.

 

J’ai mis du temps à ouvrir ces chroniques et c’est tout simplement génial. On y croise, le désespoir, l’humour, la poésie, la vie d’un homme exilé . On se régale.

 

« Je ne serai pas d’ici tant 

que je n’aurai pas connu

les quatre saisons. Ce 

passé, que j’ignore, est si récent qu’il talonne

encore le présent.

Et se mêle parfois à la 

conversation. Quand 

cela arrive, je retrouve

instantanément ma

condition d’étranger; »

 

« Ce n’est que vers la fin d’octobre

que j’ai appris cette vieille règle.

Ne jamais se plaindre du racisme

si tu ne veux pas être perçu comme

un être inférieur. »

 

« Je retourne à la fenêtre.

Ma première tempête de neige

à vingt-trois ans.

C’est plus impressionnant 

que la mer

mais moins émouvant. »

 

« Il est plus difficile de travailler

quand on sait que dehors, 

il fait un soleil éclatant, 

que les filles

sont pratiquement nues

et que la glace se vend 

à 90 centimes au coin des rues 

Saint-Laurent et Sainte-Catherine »

 

« Je ne peux pas dire

quand exactement

cette ville 

a cessé d’être pour moi, 

une ville étrangère

Peut-être quand

j’ai arrêté de la regarder. »

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08 avril 2016

Etre ici est une splendeur de Marie Darrieussecq

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Marie Darrieussecq fait partie de ces personnes que j’aime sans raison, je les aime tout simplement. Je ne possède même pas tous ses romans et je ne les ai pas tous lus. 

Si l’incroyable Cathulu n’avait pas posté sur son dernier livre, je serais peut-être passée sans le voir. 

Ensuite, j’ai écouté Marie Darrieussecq et comment  résister au destin de Paula M. Becker dont je connaissais les tableaux sans pouvoir les relier au nom du peintre. 

 

On retrouve l’écriture de Marie Darrieussecq qui vous emmène à chaque fois dans un marathon d’émotions. 

 

Paula M. Becker est née en Allemagne, à la fin du 19ième siècle en Allemagne. Morte à l’âge de 31 ans après un accouchement, elle n’a jamais su qu’elle ferait partie dans le futur pour les nazis de cette peinture décadente. Paula était tout simplement en avance, elle était moderne avant bien d’autres. 

 

 

Paula n’avait qu’une envie : peindre. Son oxygène, peindre. 

 

Ses parents ne s’y sont pas opposés et lui ont permis de partir à Paris avec son amie Clara pour apprendre cet art. La seule condition, apprendre un métier qui sera celui d’institutrice qu’elle ne sera jamais.

 

Elle fut amie avec Rainer Maria Rilke qui était amoureux d’elle tout en étant amoureux de son amie Clara, bon bref Rilke aimait toutes les femmes. 

 

Mais elle épousera le peintre Modersohn qui est bien plus classique dans son oeuvre picturale. Elle l’aime avant que sa première épouse Helene ne décède le laissant seul avec une petite fille Elsbeth. que Paula aime et qu'elle transpose dans ses peintures. 

 

Conditions de sa mère pour épouser Modersohn : apprendre à cuisiner

 

Rilke lui va épouser la meilleure amie Clara. 

 

Même mariée, Paula va se rendre à Paris avec l’accord de son mari. 

 

Son dernier voyage s’effectuera  dans le désir de ne plus revenir car elle veut rompre ce mariage. Malgré tout, elle va retourner près de lui, attendre famille mais en avait t-elle tellement envie ? , donner naissance très difficilement à une petite fille, obligée de rester au lit. 

 

Le jour où elle se lève pour la première fois, elle tombe. Morte d’une embolie. 

 

 

A travers ce récit, Marie Darrieussecq, nous fait découvrir une femme qui aimait la vie, gourmande,adorant la peinture de Cézanne, n’aimant pas cuisiner car cela l’empêchait de peindre, naturiste, Paris, son village, écrivant des lettres à son ami Rilke. Le portrait d’une femme qui a sûrement du se battre contre les préjugés de l’époque. 

 

Un coup de coeur, un coup de foudre, un coup de tonnerre pour ce récit….

 

Une exposition des oeuvres de Paula M. Becker se tient au Musée d'Art Moderne à Paris. Si je vais m'y rendre ? Quelle question !! 

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Paula et son mari

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Peinture du mari de Paula Otto Menderhson 

 

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29 mars 2016

Les vrais durs de T.C. Boyle

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Tout débute par les vacances croisière de Sten et Caroleen. Durant une visité prévue dans un parc national, le groupe de personnes âgées qu'ils forment avec leurs compagnons de voyage, ils sont agressés par une bande de petits malfrats. Sten ayant fait la guerre du Vietnam, tout remonte dans son cerveau. Il en empoigne et malgré lui le tue. Légitime défense. Sten n'a plus qu'une envie, rentrer dans son cher pays bien à l'abri. 

Nous pouvons à présent faire connaissance avec les autres protagonistes du roman dès le retour de Sten et Carolee en Californie. 

Leur fils Adam a avouons une case en moins. Il a décidé de ne plus se nommer Adam mais il est Colter le trappeur (si vous voulez connaitre le vie de Colter, lisez le livre). Il vit donc dans les bois. Il a érigé un mur de 2,50 mètres sans aucune ouverture autour de la maison de sa grand-mère décédée. Il est en guerre contre les hostiles, c'est-à-dire les Aliens. Il faut avouer qu'il consomme des substances plutôt illicites, et boit énormément. 

La femme qui va tomber amoureuse d'Adam se nomme Sarah, Elle fait partie de ces américains qui ont décidé que le gouvernement des USA est illégitime selon le 14ième amendement. Donc elle ne porte pas de ceinture de sécurité et pas de bol pour elle, un flic l'a repérée.  Son chien porte des dreadlocks et c'est pour l'aidér à sauver ledit chien du chenil suite à son altercation avec une autre flic, ce que ces deux déjantés vont se croiser. 

Petit détail Sarah à 15 ans de plus qu'Adam mais ce n'est qu'un détail. 

Adam  va petit à petit perdre conscience de la réalité et sombrer dans une véritable paranoia qui va se terminer par la mort d'homme.

 

Je n'avais jamais lu un seul roman de T.C Boyle, en un claquement de doigt, je suis devenue addict.

T.C. Boyle nous entraine sur les chemins contemporains d'une certaine folie chez quelques  individus aux USA et soulève le problème du port d'armes et des tueries qui en découlent sans oublier ceux qui tiennent absolument à survivre tel leur pays, plier mais ne pas rompre,  et ce ne sont pas les mexicanos qui vont imposer leurs lois. 

Le tout est écrit dans un humour décapant. Géniaal

 

 

 

 

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27 mars 2016

Les portes du néant de Samar Yazbek

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C'est dans "La grande Librairie" que j'ai découvert le visage de cette femme. Emue par ses paroles, j'avais décidé de lire son livre. Depuis l'enfance, j'aime comprendre, découvrir. Cette guerre se déroule à des milliers de kilomètres  comme si elle ne nous concernait pas. Et pourtant...

Samara Yazbek fait partie du clan Alaouites de Bachar al-Assad. Lors du printemps arabe, comme beaucoup d'autres, elle rêve de changement. Elle prend part aux manifestations pacifisteset se retrouve en prison. C'est contre son gré, qu'elle décide de s'enfuir avec sa fille et de vivre en exil en France. 

La force qui la pousse à témoigner ne la quitte pas et elle décide de revenir en Syrie, pour revoir son pays, aider des femmes. Elle va franchir la première porte en 2012 et c'est un pays méconnaissable qu'elle retrouve. Bachar el-Assad après la révolte a décidé de punir son peuple et déverse sa colère.

Samara Yazbek est accueillie dans une famille où elle découvre le courage des femmes qui doivent à présent vivre dans des maisons éventrés, trouver de la nourriture. Elle écoute les hommes qui font partie des rebelles syriens et qui tentent de combattre avec le peu de moyens qu'ils possèdent.

La deuxième porte à peine franchie, en 2013, elle réalise que de nouvelles silhouettes se dessinent à l'horizon de la Syrie, les partisans de l'El, et d'autres tout aussi sectaires. La famille qui l'avait accueillie est partie en sécurite à Antioche, femme et enfant. 

La Syrie est encore plus dévastée qu'auparavant, l'armée syrienne continue de tuer les civils. Samara Yazbek croise des femmes et des enfants qui sont dans un dénuement total. 

Les rebelles sont à présent face à des soldats  qui veulent rétablir la charia dans toute la Syrie. Certains populations sont tombés dans leurs bras n'ayant plus que cette solution pour survivre. 

Des enfants sont laissés à l'abandon vendant de l'essence au bord de la route, d'autres ont perdu des membres. Ils vivent en bande, seuls dans cette guerre.

La troisième porte est celle de l'enfer, à six mois d'intervalle. Il faut se méfier de tout le monde surtout de l'Etat Islamique qui en fait n'est pas constitué de Syriens mais de musulmans d'autres pays. Le peuple syrien doit se protéger des barils lancés par les soldats syriens mais également obéir aux ordres d'hommes qui ne sont même pas leurs compatriotes. 

Durant ce séjour, un journaliste va être enlevé qui accompagnait Samara Yazbek lors des combats. 

Tout est détruit. La Syrie, quelle Syrie ? Celle qu'elle a connu n'existe plus. Les femmes n'ont plus aucun droit dans certaines régions. Les jeunes veulent combattre mais pas avec les rebelles, non ils rejoignent les djihadistes. 

Et ces enfants estropiés à vie...

Au milieu de cet enfer, certains continuent à combattre pour libérer la Syrie car c'est leur patrie et ils y croient. D'autres tentent de continuer une classe avec un bus. Une goutte d'eau mais une goutte d'eau parfois peut libérer la pensée.

Des filles à peine pubères sont vendues par leur famille à de vieux hommes car ils n'ont plus rien. La Syrie de Samar Yazbek s'envole petit à petit dans les fumées d'une guerre que l'Occident regarde d'un air apitoyé bien à l'abri.

Quand elle referme cette troisième porte Samar Yazbek comprend qu'elle n'aura peut être plus l'opportunité de revenir. Elle est en exil.

Ecrire pour qu'on n'oublie pas ces hommes et ces femmes qui rêvent de libérer leur pays, écrire pour témoigner. Tout de suite non, elle n'en a pas le courage. Ensuite les mots s'accrocheront au papier.

"L'impossibilité de rester m'arrachait avec violence à mon rêve d'un retour. il me fallait accepter une bonne fois pour toutes que je partais en exil, que je quittais une terre vouée à la dévastation, souillée par les secrets et les complots, saccagées par les tafkiris. Les terres que les Syriens avaient libérées au prix de leur sang, les villes et village du nord, se retrouvaient occupés de nouveau. Ils n'étaient plus même syriens.  Nos rêves de révolution avaient été détournés. Les grandes puissances livraient leurs propres batailles dans mon pays, déplaçant les bataillons comme des pions, finançant et approvisionnant des fronts inexistants. La frontière turque était une grande passoire par laquelle transitait armes et combattants de toutes origines"

 

Par ces mots, Samar Yazbek nous fait comprendre à quel point son pays était culturellement important, que l'hospitalité était une priorité, que le peuple aurait tant voulu enfin vivre dans une démocratie. Il ne reste rien à part dans le fief de Bachar. 

Et nous n'avons rien fait, aucune révolte de notre part dans nos pays tellement civilisés. C'est si loin et puis après tout ce sont leurs problèmes...

Où a disparu notre part d'humanité ?

Oui certains livres changent la vie....

 

Posté par winniethepooh à 05:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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