29 août 2015

2084 de Boualem Sansal

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Orwell avait imaginé le monde en 1984. Nous sommes transportés en 2084, date aléatoire quand on parcourt le livre.

 

Ati vit dans un monde mais est ce un monde ? où chacun doit penser selon la voix du prophète Abi, qui parle au nom de Dieu Yolah. La foi ne peut qu'apporter le bonheur au peuple. 

Abi surveille son peuple, son image est partout dans le pays d'Ati : l'Ubistan.

Ati est tuberculeux et est soigné depuis deux ans dans un sanatorium qui fut une forteresse du temps où l'Ubistan n'existait pas. Petit clin d'oeil à Orwell, sur l'un des frontons de la forteresse, on devine les chiffres 1984.

Là-bas, loin de toute surveillance comme il en connait dans sa ville, il se prend à penser, il se prend à imaginer. Mais il ne faut pas imaginer, la garde d'Ubi va deviner que ses pensées ne sont pas pures.  Il tente de se raisonner mais trop tard.

 

Lorsque son traitement se termine, il rentre chez lui et n'a de cesse de comprendre si derrière la frontière, si frontière il y a, un autre monde existe. 

En compagnie d'un autre homme Koa, il va découvrir le camp des rénégats, ceux qui ne croient pas, parqués dans un ghetto...

 

Sous forme de fable futuriste, Boualem Sansal, combat l'idée de tout radicalisme religieux qui peut entrainer la perte de la démocratie. On sourit, on rêve, on tente de comprendre, on réfléchit. Fiction ou prédiction ? A méditer. 

 

"Son coeur battait si fort qu'il avait mal. Etrange sensation : plus la peur l'envahissait et lui tordait le ventre, plus il était fort. Il se sentait si brave. Quelque chose cristalissait au fond de son coeur, un petit grain de vrai courage, un diamant. Il découvrait, sans savoir comment le dire autrement que par un paradoxe, que la vie méritait qu'on meure pour elle, ca sans elle nous sommes des morts qui n'ont jamais été que des morts. Avant de mourir, il voulait la vivre, cette vie qui émerge dans le noir, fût-ce le temps d'un éclair"

 

Premier livre que je découvre de cete écrivain et cela ne sera pas le dernier. Un coup de coeur

 

 

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11 août 2015

La petite lumière d'Antonio Moresco

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Il s’est isolé là haut dans un hameau abandonné. On n’en connait pas les raisons ni son âge. 

Il observe la nature dans sa splendeur mais également dans sa cruauté. 

 

La nuit, les bruits de la maison l’apeurent.

 

Le sol tremble à certains moment.

 

Il est entouré de sa solitude

 

L'avis d'Aifelle

 

Il descend au hameau le plus proche encore habité, pour faire ses courses.

 

Il médite.

 

Il parle aux plantes, aux animaux mais seules les hirondelles lui répondent.

 

Mais quand l’obscurité s’épaissit, il s’assied sur une chaise en fer et de l’autre côté de la gorge, une petite lumière s’allume tous les soirs.

 

Personne d’autre que lui n’a aperçu cette lumière. Il décide d’aller à la rencontre de cette lueur dans la nuit.

 

 

Un roman lu d’une traite durant mon voyage vers le travail et qui vous prend au coeur.

 

C’est une interrogation sur le pourquoi de la vie, de toute chose terrestre. C’est un roman, une fable, un conte, chacun peut y puiser ce qu’il désire. 

 

Il est des livres qui vous parlent si fort. 

 

A lire absolument…..

 

L'avis d'Aifelle

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10 août 2015

Lettres pour le monde sauvage de Wallace Stegner

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Wallace Stegner est né en 1909 de l’union entre sa mère qui avait fuit sa famille pour enfin vivre libre en épousant un homme aventurier qui ne cessât de balloter sa famille selon les avoirs du moment.

 

Au début du livre, il écrit une lettre à sa mère cinquante après pour qu’elle lui pardonne,  qu’il lui a fallu du temps pour qu’il réalise qu’elle méritait une toute autre vie que celle qu’elle avait menée. Lettre admirable.

 

« Tu croyais en la beauté des relations humaines et en leur force; mon père ne croyait qu’au mouvement. Tu croyais au don, il croyait à la conquête. Quand Cecil est mort à l'âge de vint-trois ans, tu n’avais pas une seule amie à qui parler, pas de famille, pas de voisins ou de compagnons pour t’aider à supporter la perte de la moitié de ce que tu chérissais dans ta vie »

 

C’est dans l’ouest que Wallace Stegner a grandit au milieu de nulle part parfois ou dans la ville dans une maison. Peu importe pour leur père, il fallait bouger et chercher l’argent où il était. Peu importe pour le reste de sa famille.

 

« Mais j’étais un sédentaire dans l’âme, comme ma mère. J’aimais les lieux que j’étais en train de perdre, des lieux polis par des années de notre vie »

 

C’est de cet ouest qui l’a façonné que Stegner nous parle à travers son enfance. Ouest qui ne le quitta jamais même adulte. Il était de là bas…

 

Retour vers les paysages d’enfance sans nostalgie, plaidoyer pour sauvegarder cette nature qu’il a traversé tant de fois malgré sa dureté.

 

Le monde change mais certains s'emploient à ce qu'il perdure dans sa beauté naturelle. Il faut y croire....

 

 

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11 juin 2015

Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle

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Le roman de Jean Luc Seigle retrace la vie de celle qui fut considérée comme un monstre 

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Née entre les deux guerres, elle grandit avec une admiration  incroyable pour son père. Entourée de ses trois frères, elle vit une enfance heureuse. Mais la seconde guerre mondiale va changer tout. Deux de ses frères sont tués. 

 

Elle entre comme infirmière à l’hôpital de Dunkerke où elle va séduire le commandant chef allemand. Ce qui lui vaudra d’être arrêtée, tondue et couverte de croix gammées. Son père arrive à la libérer et s’enfuit avec elle.

 

 

En 1947, elle commence des études de médecine à Lille où elle va rencontrer Felix. Les jeunes gens sont amoureux fous. Felix la demande en mariage, elle refuse. Le jeune homme rompt, part à Paris et se fiance à une autre jeune fille.

 

De dépit, Pauline décide d’avoir des explications et tue son ex amant avant d’essayer de se suicidér.

 

Son père après ce crime lui ne ratera pas son suicide.

 

Jugée, la peine de mort est réclamée à grands cris mais elle obtient la perpétuité. Après neuf années de prison, elle est libérée pour bonne conduite et vit avec sa mère.

 

En 1961, Clouzot, sans demander l’avis de la famille réalise le film « La vérité » avec Brigitte Bardot. Après l’avoir vu au cinéma, Pauline réalise comment les autres la jugent et décide de partir au Maroc où elle obtient une place d’interne. 

 

Là-bas, elle rencontre un homme dont elle tombe amoureuse mais qui, lorsqu’il apprend qui elle est en réalité, ne veux plus en entendre parler. 

 

Pauline se suicide et est enterrée dans une fosse commune au Maroc comme elle l’avait désiré. 

 

 

Un véritable coup de coeur. Jean Luc Seigle s’est imprégné de la personnalité de Pauline Dubuisson si fort que l’on ne s’imagine pas que c’est un homme qui écrit. Une véritable prouesse. 

 

Jean Luc Seigle ne juge pas un seul instant et il nous permet également de ne pas juger cette femme. C’est Pauline qui explique à travers ses cahiers ce que fut sa vie.

 

Que Pauline repose en paix.

 

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08 juin 2015

Enterrez vos mort de Louise Penny

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J’attendais avec impatience le retour de l’inspecteur Armand Gamache et quel bonheur de le retrouver enfin.

 

Les romans précédents se déroulaient tous dans le village de Three Pines. Par contre Three Pines est secondaire dans ce roman car l’histoire se déroule principalement dans la ville de Quebec. 

 

Armand Gamache a trouvé refuge chez un vieil ami Emile. Il tente de se reconstruire après une opération policière qui s’est mal terminée. Dans le Vieux Quebec en compagnie d’Henri, son berger allemand, il retrouve du réconfort dans une vieille bibliothèque « Literary and Historical Society » en se replongeant dans l’histoire de la ville qui l'abrite.

 

Pendant ce temps, Beauvoir, lui se retrouve à Tree Pines. Il est chargé par Gamache de découvrir si Olivier est coupable du crime dont il  l’a accusé (voir roman précédent pour comprendre)

Ce sont les lettres incessantes de Gabri, compagnon d’Olivier, qui ont persuadé Gamache de reprendre l’enquête en secret bien entendu.

 

Gamache va être mêlé très vite, de son côté,  à une nouvelle enquête car un cadavre est découvert dans la cave de la bibliothèque qu’il fréquente. Le corps est celui d’Augustin Renaud, archéologue amateur, qui depuis des années est à la recherche du corps de Samuel de Champlain le fondateur du Québec. 

 

Avec l’acceptation de l’inspecteur Langlois chargé de l’enquête, Gamache va faire ses recherches personnelles pour découvrir le nom du coupable. Et pendant ce temps, il ne cesse d’entendre la voix du jeune inspecteur Morin qu’il n’a pas réussi à sauver.

 

Beauvoir lui tente de démêler le noeud qui entoure Three Pines.

 

 

 

Si vous ne connaissez pas encore la rigueur des hivers canadiens, partez sur les traces de Gamache et de Beauvoir car tout se déroule sur fond de neige, de glace, de très grand froid.

 

Si vous ne connaissez pas très bien l’histoire du Québec, Louise Penny vous en retrace les grandes lignes dont le conflit anglophone et francophone et c’est passionnant car elle vous décrit la ville d’une telle façon que vous n’avez qu’une envie : vous y rendre pour découvrir les Grandes Plaines d’Abraham. 

 

 

Gamache est pareil à lui même tel que je l’apprécie à travers ses aventures, un peu plus meurtri par les événements récents mais bon bref même s’il n’est qu’un personnage de fiction, j’aime le flegme et l'humanisme qu’il arbore. Mais pour enterrer ses morts, il faudra le temps d’un roman. 

 

 

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30 avril 2015

D'argile et de feu d'Océane Madelaine

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Cahier blanc et cahier rouge, tous deux content la vie d’une Marie.

 

Marie du cahier blanc c’est l’instant présent, sa fuite du nord pour retrouver la garrigue, là d’où elle vient. Elle a tourné le dos à Pierre qui l’avait pourtant sauvée. Elle veut l’enfance entourée de frères et soeurs, la mère qui petit à petit s’étiole et le feu qui détruit tout. Elle ancre ses pieds dans le sol pour s’y retrouver. 

 

Mais avant d’atteindre ce sud, elle parcourt les kilomètres droit devant, ses pieds la portent dans sa vie d’errance vers son but. Le point est juste devant le regard.

 

Durant cette fuite d’avant, une petite bulle gonfle et elle stoppe son parcours dans une cabane, au milieu de la forêt comme si c’était son antre. 

 

Elle aime la terre, l’argile va soigner sa blessure à la cheville. Son coeur battant croise les yeux du géomètre qui va lui apprendre que la maison en bois appartenait à Samuel Prat, l’enfant de l’autre Marie, celle qui donnait vie à sa poterie grâce au feu. 

 

Cette Marie, ce sera le carnet rouge. Cette Marie d’un autre temps, dont les os se sont mélangés à l’argile et à la terre, va lui réapprendre à regarder le feu.

 

Quand les pieds se remettront en marche, il n’y aura plus de ligne de fuite. Elle peut enfin retrouver la garrigue….

 

"Je marche et je suis seule. Il n’y a aucune femme pour me montrer le chemin, aucun homme. Ni père, ni mère. Ni frère, ni soeur. Je ne veux pas y penser. Parfois je chiale de solitude quand l’enchevêtrement des ronces rend impossible le passage et quand me manque une caresse sur la nuque, mais je ne fais pas demi tour. Ma cravache est d’orgueil"

 

Ce roman a reçu le premier prix première rtbf 2015, prix hautement mérité.

Céramiste, l'auteur s'est inspirée de la vie de la potière Marie Talbot pour créé Marie Prat

 

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Que dire quand un livre est si beau ? 

 

 

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17 mars 2015

Chez eux de Carole Zalberg

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Elle n'a que six ans et doit fuir son pays la Pologne avec sa famille. Elle n'a que six ans mais elle a déjà compris que ceux qui parlent allemand sont les méchants. En zone libre de France, elle va retrouver une partie de sa famille, des cousins, dont Adriel qu'elle aimait déjà en regardant sa photo.

Mais la zone libre n'est pas signe de liberté et durant deux ans la petite Anna Wajimski va être hébergée par des paysans en Haute Loire : les Poulange. 

Elle se nomme à présent Anne Serre de Roanne. 

Adriel servira de lien intermédiaire entre la maman d'Anna, Ethel, et la petite fille.

D'une vie choyée, l'enfant va découvrir la rudesse. La rudesse d'époux paysans qui ne savent pas, car on ne leur peut-être pas appris, donner des gestes de tendresse. Pourtant, il faut sacrément être fort pour oser accueillir une petite juive. 

D'une vie de petite fille aimée, elle va se transformer comme les enfants du village avec une couche de crasse sur le corps.

Anna se retrouve avec Lisette sa cousine mais qui dépérit. Adriel vient la rechercher mais imaginer ce qu'à du ressentir Anna quand elle a compris qu'elle elle devait rester.

Anna aide un peu à la ferme et par chance le pasteur va s'enquérir du fait qu'elle ne va pas à l'école. Il en est hors de question. Elle ne parle pas bien le français : qu'importe ...

Seconde chance pour Anna, l'institutrice Cécile Tournon va prendre en main la fillette. Elle veut qu'elle aie un avenir. Elle en a le droit et les capacités. Pour Anna, le soleil peut encore briller.

 

Un jour on viendra la rechercher. Il y a aura des morceaux de famille disparus dans le néant. Anna aura vécu une parenthèse de deux ans qui ne s'effacera jamais.

Un tout petit livre, tout petit, mais si grand d'écriture, d'amour dans lequel Carole Zalberg nous dévoile une partie de l'histoire de sa maman.

Un petit livre qui vous presse le coeur, pour ne pas oublier que des humains ont décidé d'aider des enfants car ils n'acceptaient pas tandis que d'autres fermaient les yeux.

Un petit livre que je vais garder précieusement. 

Lisez-le surtout. Lisez les mots de  Carole Zalberg, ils sont si beaux....

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03 mars 2015

Une vie après l'autre de Kate Atkinson

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Hugues et Sylvie ont choisi la maison de leur rêve. A la campagne loin de Londres où les enfants pourront grandir. Fox Corner, Sylvie en a décidé ainsi, elle se nommera  leur nouvelle chaumière. Pourquoi pas après tout ? une renarde passe souvent dans le jardin.

Ils sont parents de deux enfants déjà  Paméla et Maurice.  

Le 10 février 2010, une nouvelle naissance s'annonce. Ce qui est sur et certain, c'est qu'il neige très fort cette nuit là. Ce qui est moins certain, c'est de l'avenir de ce bébé qui décide de naitre : Ursula. Elle va mourir étranglée par son cordon mais si... le docteur était arrivé à temps, pour le couper..

Ursula se souvient d'un lièvre, de feuilles vertes, du vent, des cris de son frère et de sa soeur. Pourtant encore petite, elle va se noyer dans la mer mais..si le peintre qui avait planté son chevalet sur la plage l'avait sauvée...

Ursula continue à grandir; elle n'est plus la petite dernière, encore deux frères après elle. Maurice va la faire enrager et jeter son jouet par la fenêtre, elle va tenter de le ratrapper et glisser vers les ténèbres et si....

La vie d'Ursula va dépendre de petits événéments qui font bifurquer d'un point à un autre d'une vie. Rien n'est définit dans l'existence...

Le roman débute par l'assasinat de Hitler alors qu'il n'est pas encore au pouvoir. Ursula pense changer les lignes d'un passé. Pourtant, elle va connaitre la guerre, donc si...

Kate Atkinson nous entraine dans la ronde des vies d'Ursula et de sa famille Todd. Elle nous convie aux possibilités infinies de l'existence, de petits événements qui peuvent tout changer mais que l'on ne perçoit pas toujours.

Elle nous entraine dans la ronde de la seconde guerre mondiale, dans une réalité terrifiante. 

J'avais il y a cela des années, découvert du même auteur "dans les coulisses du musée" qui m'avait bluffé et puis...plus rien. Je l'ai redécouverte dans ce roman qui est tout simplement Génial, bluffant, amusant.

Et si... vous décidiez de le lire....

Un tout grand merci à Cathulu qui m'a donné cette envie de rédécouvrir Kate Atkinson

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08 février 2015

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

Unknown

 

Ifemelu laisse sa famille et son amour Obinze au Nigéria. Il est décidé qu'Obinze la réjoindra là bas aux USA lui qui admire tant ce pays.  Elle a l'opportunité d'y poursuivre ses études, elle doit y aller. 

Mais l'Amérique ne correpond pas du tout à dont elle rêvait. Très vite, elle va réaliser que la couleur de peau est très importante. Elle fait partie de la race dite noire. Même dans cette race dite noire, il existe des sous-classes et le noir descendant des esclaves ne peut que se maintenir sur la marche la plus inférieure.

Elle peine à trouver du travail pour payer ses études et en désespoir de cause, elle se décide à commettre un acte dont elle répugne et qui va l'obliger par honte à couper les ponts avec Obinze. Elle tombe dans la dépression.

Petit à petit, elle va réussir à gravir des échelons tout en se demandant si elle arrivera un jour à se considérer comme américaine. Doit-elle prendre l'accent américain ? Pourquoi sa tante Uju a tellement changé depuis qu'elle vit dans ce pays ? 

Elle va créer un blog dans lequel, elle dévoile son regard sur ce pays qui l'a accueilli mais surtout de ce problème de discrimination qu'elle remarque chaque jour. Blog qui va lui faire connaitre la notoriété.

Quinze années vont passer jusqu'au jour où Ifemelu décide de retourner au pays, dans son pays le Nigeria.

Durant ces années, Obinze a quitté également le Nigéria mais pour se rendre en Angleterre où il va connaitre une toute autre destinée.

Travailleur clandestin sous une autre identité que la sienne, il va connaitre la peur, et se faire arrêter alors qu'il a allait contracter un mariage blanc. Retour vers le Nigéria. 

 

Quinze ans, changent-ils les êtres ? 

C'est avec beaucoup d'humour que l'auteur nous emmène dans une critique sévère de l'Amérique si belle de loin mais parfois bien laide pour certains surtout selon la couleur de votre peau, de votre ethnie.

Si vous n'avez jamais lu cette auteur, je vous conseille "L'autre moitié du soleil" qui est tout aussi magnifique. 

 

 

 

 

 

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20 novembre 2014

Charlotte de David Foenkinos

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Charlotte Salomon ne sait rien des suicides qui entourent la famille de sa grand-mère. Sa tante Charlotte dont elle porte le prénom car sa mère adorait sa soeur s'est donné la mort ainsi que tant d'autres de ce côté familial. Sa mère elle même se suicide mais Charlotte étant enfant, on le lui cache et c'est son grand-père lorsqu'elle sera devenue adulte qui lui crachera la vérité après la tentative  suicidaire de sa grand-mère. 

Charlotte mourra dans une chambre à gaz avec l'enfant qu'elle portait. 

Charlotte n'aura vécu que 26 ans mais combien d'années de bonheur durant ce petit nombre d'années ?

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Charlotte vit à Berlin. Elle n'est qu'une enfant lors de la mort de sa mère. Elle est d'abord confiée à ses grands-parents Son père éminent chirurgien  va engager une nounou qu'elle adore. 

Son père se remarie avec une chanteuse d'opéra Paula que Charlotte aime dès le premier instant.

Le désir de la jeune fille est d'intégrer l'école des Beaux Arts. Elle est acceptée car son professeur perçoit un véritable talent mais avec la haine qui monte contre les juifs elle est priée de se faire la plus silencieuse possible. Etrangement sa meilleure amie sera une pure aryenne. 

Un homme va transformer la vie de Charlotte, Alfred. Il donne des cours de chant à sa belle-mère. Elle en tombe éperdument amoureuse. Elle n'en parle à personne. Il parle de sa liberté, il l'écoute, il aime ses peintures...Il croit en elle.

Un autre événement va bouleverser sa vie. Elle gagne le concours organisé par les Beaux Arts mais 1938 n'augure rien de bon pour les juifs. C'est son amie Barbara qui recevra le prix à sa place ainsi l'honneur est sauf. Usurpation de peintre tout simplement. 

Le père de Charlotte va connaitre l'emprisonnement dans les camps. Sa belle-mère va se battre pour qu'il soit libéré. 

A son retour affaibli, il n'a qu'une idée : Charlotte doit retrouver ses grands-parents en France. Là-bas elle sera sauve. Charlotte amoureuse d'Alfred refuse mais son père insiste et la jeune fille part pour Villefranche sur mer. Elle ne reverra jamais Alfred.

En France, elle affrontera la mort de sa grand-mère, un grand-père qui leur repproche leur malheur. Ils vont être internés dans un camp. Ensuite relâchés

C'est un médecin qui va la prendre sous son aile et l'empêcher de sombrer dans la dépression : le Docteur Moridis. Charlotte va comprendre que sa seule échappatoire est de peindre et encore peindre toute sa vie pour effacer la folie.

C'est au docteur Moridis qu'elle confiera toutes ses oeuvres pressentant le malheur qui commence à l'encercler.

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Charlotte c'est la rencontre entre un écrivain et une femme peintre. Partir sur ses pas, tenter de comprendre, détricoter l'ouvrage. 

L'écriture de David Foenkinos est faite de petites phrases, pas de temps mort. Les événements se succèdent, l'écriture file car 26 années c'est tellement peu dans une vie. De temps en temps l'écrivain s'immisce dans la vie de Charlotte pour que l'on puisse comprendre ce choc qu'il a ressenti en découvrant les tableaux lors d'une exposition. 

Il n'y a pas de temps à perdre, raconter, encore raconter comme si le malheur n'avait pas de sens, pour ne jamais oublier Charlotte. Les mots s'enchainent et la fin est inéluctable. 

Magnifique, émotionnel. Premier roman de David Foenkinos que je découvre. Jamais je n'oublierai Charlotte.

 

"Quelque chose la retient.

C'est une force derrière elle.

Elle a presque l'impression qu'on l'appelle

Happée, elle se retourne.

Et découvre l'éclat majestueux de la Méditérranée.

Charlotte n'a jamais rien vu d'aussi beau"

 

 

 

 

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