10 janvier 2016

Guerre et Thérébenthine de Stefan Hertmans

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"Pendant plus de trente ans,, j'ai conservé sans les ouvrir les cahiers où soigneusement, de son écriture incomparable d'avant-guerre, il a consigné ses souvenirs; il me les donnés quelques mois avant sa mort en 1981. Il avait alors quatre-vingt-dix ans. Il était né en 1891, sa vie semblait se résumer à l'inversion de deux chiffres dans une date."

 

En 1891, Emile Claus exposait ce tableau 

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Tout débute par un souvenir d'enfance de l'auteur se déroulant à la mer. Son grand-père remontant le bas de son pantalon en compagnie de sa grand-mère, assis dans le sable sur la plage. 

Tout en nous retraçant l'enfance et la jeunesse de son grand-père, il nous ramène sur les lieux dans la ville qui ont un goût d'enfance aussi bien pour l'auteur que pour son grand-père. 

Les parents de son grand-père s'étaient mariés suite à un coup de foudre. Celine la fille de marchand qui avait étudié, voulait absolument faire sa vie avec Franciscus, peintre dans les Eglises. Celine qui portaient de belles bottines aux pieds du les échanger contre les sabots des pauvres.

Ils furent parents de cinq enfants dont Martien. Si l'on tend l'oreille, on pourrait percevoir le claquement dans les rues de Gand d'un gamin qui court pour trouver de la nourriture et ainsi aider sa mère qu'il adore. Son père, il l'aime tout aussi fort.

Quand on est pauvre, on n'a pas le choix et dès que l'on peut on part travailler, pour Martien ce sera la fonderie où il doit absolument maintenir en équilibre l'immense cuve dans laquelle bout le liquide. 

Il adore accompagner son père dans les Eglises, lui donner ses pigments et rester en silence ensemble.

Son père est amené à partir un an en Angleterre pour son métier malgré le désespoir de Celine. Elle s'inquiète car il est asthmatique et le climat de là bas ne lui conviendra pas mais surtout être séparée de lui pendant une longue année.

Martien désire appreindre à peindre également, le soir après le travail, il se rend à l'école des Beaux Arts mais tracer des lignes à n'en plus finir il abandonne. Alors il va apprendre par lui même petit à petit. 

Son père revient d'Angleterre affaibli et meurt. Celine devient comme folle, elle ne s'occuppe plus de ses enfants jusq'au jour où elle se réveille. Les prétendants se présentent. Celine acceptte la proposition de Henri mais selon un accord, elle l'épouse mais il ne pourra jamais la toucher. 

Martien déteste son beau-père qui se permet de s'asseoir dans le fauteuil  de son père.

Etant pauvre, il n'a que deux solutions, la prêtrise ou l'armée. Il choisit l'armée dans laquelle il va servir quatre ans. 

1914, Martien part à la guerre.

Les écrits du petit carnet sont un témoignage bouleversant de cette guerre qui fut une boucherie. Martien a participé à la bataille de l'Yser. Entre les lignes, on découvre un pan d'histoire de mon pays. L'arrogance des officiers qui parlaient français comme ce l'était à l'époque dans les milieux huppés, et ce mépris qu'ils avaient pour les flamands. Les soldats wallons s'en excusaient même auprès de Martien car entre soldats, ne se posait aucun problème.

La guerre entre francophones et flamands date en partie de cette époque.

Blessé trois fois, convalescence en France et en Angleterre, il va monter de grade, recevoir des médailles. Et enfin la libération tant attendue.

A son retour à Gand, il découvre son beau-père qui s'est mis à boire, sa mère dont les cheveux sont devenus gris, ses soeurs si jolies et la voisine du marchand de grains à l'arrière de leur maison. Maria, comme il va l'aimer, ils sont prêts à se marier mais la grippe espagnole en décide tout autrement.

Alors après la mort de Maria, son futur beau-père lui demande de ne pas quitter la famille. Martien comprend et après reflexion, il épouse la soeur de Maria, Gabrielle.  

Dans la dernière partie du livre, Stefan Hertmans par à la recherche des traces du passé de la grande guerre, sur les traces laissées par son grand-père. Naturellement, les paysages de l'époque sont modifiés, les monuments sont pour la plupart laissés à l'abandon sur un bord de route mais l'Yser lui, est tel que son grand-père l'a décrit lors des embuscades. 

"Tout cela remonte à si longtemps, cela fait un siècle, je marche ici en portant ses gênes dans mon corps, plus seul que solitaire et en retard pour tout. Et, voilà encore le coucou, cette fois proche, fort comme dans un rêve, ce qui me fait sursauter. Il vole au-dessus des arbustes dans la fraicher du printemps, lançant son appel comme certains jours de mon enfance. Il imite la pendule à coucou dans la pièce sombre du milieu, c'est mon grand-père qui relève les poids de cuivre et dit quelque chose d'indisinct à ma mère à propros du temps"

Martien n'a jamais cessé de peindre. Même durant la guerre, il esquissait les croquis de moment de repos, il faisait le portrait de ses camarades. De ces croquis, il n'en reste rien.

Il n'a jamais peint pour gagner sa vie. Il peignait comme s'il était le relais de son père. Il fut l'ami du peintre Baeyens. Il était daltonien mais ne le comprit que plus tard. Il était un excellent copiste et même plus âgé quand ses doigts étaient déformés, qu'il ne voyait plus rien, il persévérait. 

 

Comment expliquer, l'inexplicable. Pourquoi certains livres vous bouleversent et d'autres pas ? Je flotte encore au milieu de ses pages, le coeur encore ébahi. 

Le récit d'un autre monde qui s'évanouit en 1918, les souvenirs d'un enfant accompagnant son grand-père, mais surtout cette envie de le comprendre en parcourant le même chemin, un vrai coup de coeur. 

Sans oublier la description de la ville de Gand où j'ai été en voyage scolaire en primaire et que je n'ai jamais oubliée. 

 

 

 

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06 janvier 2016

Il était une ville de Thomas B Reverdy

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Détroit agonise. Sa robe ne sera bientôt plus que poussière. Elle se noie sous les dettes. Le maire a démissionné. Ceux qui pouvaient sont déjà partis, certains attendent encore un peu et les autres...ils n'ont pas le choix, ils resteront là.

Des quartiers entiers abandonnés, les maisons ne valant plus rien, des quartiers fantômes sans electricité.

Les chiens errent dans les rues, les enfants disparaissent, les demeures brûlent : 200 en une nuit. 

Les pompiers et la police résistent mais pour combien de temps ? 

Detroit n'est plus qu'un squelette dont les plus pauvres s'arrachent les os. 

Catastrophe, catastrophe. Subrprime. Catastrophe. Faillite. Catastrophe

"Charlie, mon petit n'ouvre pas les yeux, c'est plus facile de te raconter ça quand je crois que tu dors. Tu voudrais que je te le dise, mais je ne sais pas à qui la faute. Il y a eu le Paradis et puis il y a eu la pomme, et je ne sais pas qui a décidé de la croquer le premier. Il y a eu un moment où l'on s'est détourné de Dieu, voilà ce que je crois. Il a fallu rêver d'une plus grosse voiture, d'une plus jolie maison, ou rêver de ne pas respirer le même air que tout le monde. C'était notre faute. Pas individuellement, mais ça nous est arrivé à nous, c'est comme ça. On n'a plus parlé la même langue, et c'est cela la guerre."

Eugène arrive à Détroit au milieu de tout ce cahot. Il est envoyé par son Entreprise afin de racheter le désastre qui s'est déroulé en Chine. Une manière de rebondir en somme, enfin c'est ce qu'il pense....

Gloria élève son petit fils Charlie. Son mari a été tué dans la grande emeute qui s'est déroulée il y a tellement longtemps. Sa fille lui a laissé le bébé et s'en est allée on ne sait où. Charlie a douze ans à présent et traine avec ses amis dans son quartier. Lorsque Charlie disparait à son tour, elle va le chercher dans toute la ville et au delà.

"Dehors, quelque part en ville, il y avait Charlie. Il était si jeune. Il avait encore besoin d'elle."

L'inspecteur Brown avec ses années de service derrière lui, travaille cahin caha dans des conditions plus que sordides. Il se questionne sur les disparitions d'enfants. Où sont-ils ?

Et puis, il y a Candice, serveuse au Dive In dont Eugène a un jour poussé la porte, attiré par la lumière. Candice aux lèvres rouges, Candice au si beau sourire. 

A travers ce roman Thomas B Reverdy nous entraine dans les méandres de notre société dite libérale dont Detroit est un exemple.  Dans cette société qu'on nous a concoctée avec soin, il y a encore des humains qui n'ont qu'une envie aimer et être aimés malgré les échecs, malgré la pauvreté, malgré l'abandon. 

Thoma B Reverdy nous le conte si poétiquement...

Magnifique....

"Et c'est ce qui se joue aussi entre les sociétés humaines. Courir, on ne sait faire que ça. Quand ça se met à aller mal, on accèlère. -que faire d'autre ?"

 

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02 octobre 2015

Sable mouvant de Henning Mankell

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En janvier 2014, ce qui ressemblait à un torticolis, s'avère en fait un cancer du poumon. Henning Mankell décide de tenir un journal durant son traitement de chimiothérapie. 

Il n'évoque qu'une seule fois Wallander mais par contre il nous entraine dans le sable mouvant qui constitue une vie et plus particulièrement celle de l'humanité. A travers ses fragments de vie, il nous dévoile un peu de lui. Le départ de sa mère du domicile quant il était petit le laissant seul avec son père qui était juge. Sa décision à 16 ans d'arrêter l'école et de partir à Paris où il découvre ce qu'est la misère.

De ces fragments de vie, il nous fait partager ses pensées sur l'humanité à travers l'art dans les grottes ainsi que le futur que nous ne connaitrons pas puisque lui-même ne sait pas combien d'années il va encore vivre, de ces rencontres qu'il a manquées, de la mort, de la vie, de lecture, de peinturede la perception du temps, de philosophie, du coeur...et bien entendu du cancer mais en toute lucidité.

Nous voyageons à travers le temps, à travers des souvenirs qui l'on marqués. Il nous parle de la jalousie, de la misère, de l'homme, de ses expériences théâtrales, de l'Afrique.

Mais surtout, il nous enseigne que si l'on considère que l'on doit changer sa vie, c'est à nous de prendre la décision tout en sachant que d'autres humains n'ont pas ce choix suite à la misère et à la faim. 

Il nous lance cette joie de vivre qui doit nous tenir debout. Il parle de ce que nous  les humains avons, pouvons et créerons  de pire autant que de bien.

A la fin de ce journal, la maladie avait régressé. Henning Mankell est en sursis de vie. Un répit dont il ne connait pas la durée mais durant ce laps de temps, il compte profiter de la joie.

Je pense que Wallander doit sourire en lisant ce magnifique livre. Henning Mankel s'est hissé hors du sable mouvant. 

Un livre que je vais garder précieusement.

"C'est là une des injustices les plus flagrantes du monde dans lequel nous vivons. Que certains aient le temps de réflechir alors que d'autres n'en ont pas le loisir. Chercher le sens de la vie, cela devrait être inscrit dans les droits fondamentaux de l'homme"

 

 

 

  

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01 octobre 2015

Retour à Little Wing de Nikolas Butler

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Depuis leur enfance, leur amitié était indéfectible et avait grandi à Little Wing.. Hans, Kip, Ronny et Lee. Sans oublier Beth, la plus belle fille de la ville.

 

Ils ont tenté de réaliser leurs rêves : Hank a repris la ferme familiale et s’est marié avec Beth. Kip est parti à Chicago et est devenu courtier en bourse en récoltant une manne d’argent, Ronny champion de rodéo a eu un accident suite à son alcoolisme et survit grâce à l’argent de Lee qui est devenu un chanteur reconnu internationalement.

 

Trentenaires, leur vie est-elle un rêve ou le bonheur leur échappe t-il ? 

 

Hank est heureux dans la ville de son enfance malgré que la vie à la ferme est de plus en plus dure , Kip lui quitte Chicago et va restaurer l’ancienne fabrique de la ville, Lee a toujours gardé un pied à terre rien qu’à lui car Little Wing c’est chez lui.

 

Seul Ronny fugue de temps en temps, il rêve d’un ailleurs.

 

Ils sont tous invités au mariage de Kip à Little Wing bien entendu.

 

 

C’est le récit tout simple d’une amitié entre gars du Wisconsin comme cela pourrait se dérouler dans un tout autre village dans un tout autre pays.

 

Des enfants qui ont grandit ensemble, vécus leur adolescence en groupe et puis qui se sont envolés dans la vie adulte. 

 

On me rétorquera que bof, on en a déjà lu des centaines de livres qui traitent d’amitié mais celui-ci a un quelque chose en plus qui donne envie de s’asseoir aux côtés de Hank et Beth dans leur cuisine, de rire des blagues de Ronny, d’écouter chanter Lee et de demander à Kip d’être moins égocentrique. 

 

Ensuite, on comprend très vite que c’est un livre écrit avec amour par Nikolas Butler. Ils les aime ces quatre gars de l’ouest, sans oublier Beth bien entendu car les femmes ont également un très beau rôle dans le roman. 

 

Premier roman mais quelle merveille….

 

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17 septembre 2015

Les gens dans l'enveloppe d'Isabelle Monnin

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Au départ, il y a le lot de photos acheté à un brocanteur via internet. Des polaroids, silhouettes figées dans l’instant, des hommes, des femmes mais surtout cette petite fille.

Imaginer leur histoire, leur donner les prénoms. La petite se nommera Laurence.

Isabelle Monnin imagine que la maman de Laurence, Michelle est partie, comme cela un beau matin. Elle est partie vers l’Argentine avec son amant laissant le père Serge en tête à tête avec sa petite fille.

Laurence est solitaire, elle ne pense qu’au retour de sa maman et le père sombre dans la tristesse.

Les étés au camping, les séjours chez les grands-parents à la campagne. 

Laurence grandit et décide de prendre son envol, là bas, à la recherche de sa mère.

Dans cette partie roman, la vie de trois générations de femme Simonne, Michelle, Laurence. Les récits s’entremêlent entre rêve et poésie. 

 

Ensuite, l’enquête pour retrouver ou découvrir ce que sont devenus ces visages, sous forme de journal.

Grâce au recensement d’un clocher sur internet qui se recoupe avec celui qui se profile sur une photo, Isabelle Monnin découvre que ce ne peut-être qu’à Clerval. 

 

Elle va interroger les vieilles personnes du village. Les broussailles deviennent sentier et le sentier se transforme en chemin qui la mène vers cette petite fille et qui se nomme réellement Laurence.

 

Etrangement, dans le roman Michelle a quitté Serge car elle s’ennuyait, elle ne voulait pas de cette vie dont chaque instant ressemble à l’autre. La maman de Laurence a quitté également Michel par ennui. A travers les visages Isabelle Monnin a décelé des failles pas totalement réinventées.

 

Pour clore, un cd imaginé par Alex Beaupin pour que les gens de l’enveloppe ne se perdent pas dans le temps, que leur vie ne s’arrête pas au bord usé des polaroids. 

 

Et derrière les lignes, l’ombre de la soeur disparue d’Isabelle Monnin.

 

 

Il y a l’écriture d’Isabelle Monnin qui est si belle, si émotive. Les vies imaginées et les vraies vies qui se répondent. 

Pas de voyeurisme, juste un désir de tendre le regard vers les autres. 

 

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07 septembre 2015

Otages intimes de Jeanne Benameur

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Les mots de Jeanne Benameur ont mis du temps à m’apprivoiser. Avec ce roman, ils m’ont agrippée dans leur filet de voyelles et de syllabes formant des phrases magnifiques.

 

Etienne, photographe de guerre, a été enlevé. Il s’est arrête juste un instant pour regarder une femme qui tentait de sauver ses enfants. Une minute d’immobilisme contre la liberté.

 

Relâché par ses ravisseurs, en échange de quoi ?, il retourne dans son village d’enfance pour tenter d’oublier et se reconstruire. 

 

Là-bas, il y a l’amour de sa mère Irène, ainsi que l’amitié , de son ami d’enfance Enzo le taiseux qui aime travailler le bois. 

 

 

Mais pour se comprendre et enfin avoir la force de repartir, il lui manque un chainon : Jofranka. A trois, ils formaient un trio d’amis ainsi qu’un trio de musique. Etienne au piano, Enzo au violoncelle et Jofranka à la flute. 

 

Jofranka, avocate défendant les femmes victimes de sévice durant la guerre, savait qu’Etienne l’appellerait.

 

Là-bas dans le village entouré de forêts, ils vont se retrouver avec leurs souvenirs, leurs peurs, leurs questions.  

 

« Dormez, dormez encore, c’est juste l’aube, moi je veille. Pour chacun de vous. Pour nos enfances. Pour la part à l’intérieur de nous que nous n’atteignons jamais. Notre part d’otage »

 

 

 

De cette lecture, je conserverai le souvenir d’un bruissement d’ailes de ce rouge gorge qui me regardait plongée dans les pages. 

 

Lisez-le, il vous parlera j’en suis certaine…

 

 

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29 août 2015

2084 de Boualem Sansal

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Orwell avait imaginé le monde en 1984. Nous sommes transportés en 2084, date aléatoire quand on parcourt le livre.

 

Ati vit dans un monde mais est ce un monde ? où chacun doit penser selon la voix du prophète Abi, qui parle au nom de Dieu Yolah. La foi ne peut qu'apporter le bonheur au peuple. 

Abi surveille son peuple, son image est partout dans le pays d'Ati : l'Ubistan.

Ati est tuberculeux et est soigné depuis deux ans dans un sanatorium qui fut une forteresse du temps où l'Ubistan n'existait pas. Petit clin d'oeil à Orwell, sur l'un des frontons de la forteresse, on devine les chiffres 1984.

Là-bas, loin de toute surveillance comme il en connait dans sa ville, il se prend à penser, il se prend à imaginer. Mais il ne faut pas imaginer, la garde d'Ubi va deviner que ses pensées ne sont pas pures.  Il tente de se raisonner mais trop tard.

 

Lorsque son traitement se termine, il rentre chez lui et n'a de cesse de comprendre si derrière la frontière, si frontière il y a, un autre monde existe. 

En compagnie d'un autre homme Koa, il va découvrir le camp des rénégats, ceux qui ne croient pas, parqués dans un ghetto...

 

Sous forme de fable futuriste, Boualem Sansal, combat l'idée de tout radicalisme religieux qui peut entrainer la perte de la démocratie. On sourit, on rêve, on tente de comprendre, on réfléchit. Fiction ou prédiction ? A méditer. 

 

"Son coeur battait si fort qu'il avait mal. Etrange sensation : plus la peur l'envahissait et lui tordait le ventre, plus il était fort. Il se sentait si brave. Quelque chose cristalissait au fond de son coeur, un petit grain de vrai courage, un diamant. Il découvrait, sans savoir comment le dire autrement que par un paradoxe, que la vie méritait qu'on meure pour elle, ca sans elle nous sommes des morts qui n'ont jamais été que des morts. Avant de mourir, il voulait la vivre, cette vie qui émerge dans le noir, fût-ce le temps d'un éclair"

 

Premier livre que je découvre de cete écrivain et cela ne sera pas le dernier. Un coup de coeur

 

 

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11 août 2015

La petite lumière d'Antonio Moresco

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Il s’est isolé là haut dans un hameau abandonné. On n’en connait pas les raisons ni son âge. 

Il observe la nature dans sa splendeur mais également dans sa cruauté. 

 

La nuit, les bruits de la maison l’apeurent.

 

Le sol tremble à certains moment.

 

Il est entouré de sa solitude

 

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Il descend au hameau le plus proche encore habité, pour faire ses courses.

 

Il médite.

 

Il parle aux plantes, aux animaux mais seules les hirondelles lui répondent.

 

Mais quand l’obscurité s’épaissit, il s’assied sur une chaise en fer et de l’autre côté de la gorge, une petite lumière s’allume tous les soirs.

 

Personne d’autre que lui n’a aperçu cette lumière. Il décide d’aller à la rencontre de cette lueur dans la nuit.

 

 

Un roman lu d’une traite durant mon voyage vers le travail et qui vous prend au coeur.

 

C’est une interrogation sur le pourquoi de la vie, de toute chose terrestre. C’est un roman, une fable, un conte, chacun peut y puiser ce qu’il désire. 

 

Il est des livres qui vous parlent si fort. 

 

A lire absolument…..

 

L'avis d'Aifelle

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10 août 2015

Lettres pour le monde sauvage de Wallace Stegner

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Wallace Stegner est né en 1909 de l’union entre sa mère qui avait fuit sa famille pour enfin vivre libre en épousant un homme aventurier qui ne cessât de balloter sa famille selon les avoirs du moment.

 

Au début du livre, il écrit une lettre à sa mère cinquante après pour qu’elle lui pardonne,  qu’il lui a fallu du temps pour qu’il réalise qu’elle méritait une toute autre vie que celle qu’elle avait menée. Lettre admirable.

 

« Tu croyais en la beauté des relations humaines et en leur force; mon père ne croyait qu’au mouvement. Tu croyais au don, il croyait à la conquête. Quand Cecil est mort à l'âge de vint-trois ans, tu n’avais pas une seule amie à qui parler, pas de famille, pas de voisins ou de compagnons pour t’aider à supporter la perte de la moitié de ce que tu chérissais dans ta vie »

 

C’est dans l’ouest que Wallace Stegner a grandit au milieu de nulle part parfois ou dans la ville dans une maison. Peu importe pour leur père, il fallait bouger et chercher l’argent où il était. Peu importe pour le reste de sa famille.

 

« Mais j’étais un sédentaire dans l’âme, comme ma mère. J’aimais les lieux que j’étais en train de perdre, des lieux polis par des années de notre vie »

 

C’est de cet ouest qui l’a façonné que Stegner nous parle à travers son enfance. Ouest qui ne le quitta jamais même adulte. Il était de là bas…

 

Retour vers les paysages d’enfance sans nostalgie, plaidoyer pour sauvegarder cette nature qu’il a traversé tant de fois malgré sa dureté.

 

Le monde change mais certains s'emploient à ce qu'il perdure dans sa beauté naturelle. Il faut y croire....

 

 

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11 juin 2015

Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle

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Le roman de Jean Luc Seigle retrace la vie de celle qui fut considérée comme un monstre 

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Née entre les deux guerres, elle grandit avec une admiration  incroyable pour son père. Entourée de ses trois frères, elle vit une enfance heureuse. Mais la seconde guerre mondiale va changer tout. Deux de ses frères sont tués. 

 

Elle entre comme infirmière à l’hôpital de Dunkerke où elle va séduire le commandant chef allemand. Ce qui lui vaudra d’être arrêtée, tondue et couverte de croix gammées. Son père arrive à la libérer et s’enfuit avec elle.

 

 

En 1947, elle commence des études de médecine à Lille où elle va rencontrer Felix. Les jeunes gens sont amoureux fous. Felix la demande en mariage, elle refuse. Le jeune homme rompt, part à Paris et se fiance à une autre jeune fille.

 

De dépit, Pauline décide d’avoir des explications et tue son ex amant avant d’essayer de se suicidér.

 

Son père après ce crime lui ne ratera pas son suicide.

 

Jugée, la peine de mort est réclamée à grands cris mais elle obtient la perpétuité. Après neuf années de prison, elle est libérée pour bonne conduite et vit avec sa mère.

 

En 1961, Clouzot, sans demander l’avis de la famille réalise le film « La vérité » avec Brigitte Bardot. Après l’avoir vu au cinéma, Pauline réalise comment les autres la jugent et décide de partir au Maroc où elle obtient une place d’interne. 

 

Là-bas, elle rencontre un homme dont elle tombe amoureuse mais qui, lorsqu’il apprend qui elle est en réalité, ne veux plus en entendre parler. 

 

Pauline se suicide et est enterrée dans une fosse commune au Maroc comme elle l’avait désiré. 

 

 

Un véritable coup de coeur. Jean Luc Seigle s’est imprégné de la personnalité de Pauline Dubuisson si fort que l’on ne s’imagine pas que c’est un homme qui écrit. Une véritable prouesse. 

 

Jean Luc Seigle ne juge pas un seul instant et il nous permet également de ne pas juger cette femme. C’est Pauline qui explique à travers ses cahiers ce que fut sa vie.

 

Que Pauline repose en paix.

 

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