20 novembre 2014

Charlotte de David Foenkinos

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Charlotte Salomon ne sait rien des suicides qui entourent la famille de sa grand-mère. Sa tante Charlotte dont elle porte le prénom car sa mère adorait sa soeur s'est donné la mort ainsi que tant d'autres de ce côté familial. Sa mère elle même se suicide mais Charlotte étant enfant, on le lui cache et c'est son grand-père lorsqu'elle sera devenue adulte qui lui crachera la vérité après la tentative  suicidaire de sa grand-mère. 

Charlotte mourra dans une chambre à gaz avec l'enfant qu'elle portait. 

Charlotte n'aura vécu que 26 ans mais combien d'années de bonheur durant ce petit nombre d'années ?

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Charlotte vit à Berlin. Elle n'est qu'une enfant lors de la mort de sa mère. Elle est d'abord confiée à ses grands-parents Son père éminent chirurgien  va engager une nounou qu'elle adore. 

Son père se remarie avec une chanteuse d'opéra Paula que Charlotte aime dès le premier instant.

Le désir de la jeune fille est d'intégrer l'école des Beaux Arts. Elle est acceptée car son professeur perçoit un véritable talent mais avec la haine qui monte contre les juifs elle est priée de se faire la plus silencieuse possible. Etrangement sa meilleure amie sera une pure aryenne. 

Un homme va transformer la vie de Charlotte, Alfred. Il donne des cours de chant à sa belle-mère. Elle en tombe éperdument amoureuse. Elle n'en parle à personne. Il parle de sa liberté, il l'écoute, il aime ses peintures...Il croit en elle.

Un autre événement va bouleverser sa vie. Elle gagne le concours organisé par les Beaux Arts mais 1938 n'augure rien de bon pour les juifs. C'est son amie Barbara qui recevra le prix à sa place ainsi l'honneur est sauf. Usurpation de peintre tout simplement. 

Le père de Charlotte va connaitre l'emprisonnement dans les camps. Sa belle-mère va se battre pour qu'il soit libéré. 

A son retour affaibli, il n'a qu'une idée : Charlotte doit retrouver ses grands-parents en France. Là-bas elle sera sauve. Charlotte amoureuse d'Alfred refuse mais son père insiste et la jeune fille part pour Villefranche sur mer. Elle ne reverra jamais Alfred.

En France, elle affrontera la mort de sa grand-mère, un grand-père qui leur repproche leur malheur. Ils vont être internés dans un camp. Ensuite relâchés

C'est un médecin qui va la prendre sous son aile et l'empêcher de sombrer dans la dépression : le Docteur Moridis. Charlotte va comprendre que sa seule échappatoire est de peindre et encore peindre toute sa vie pour effacer la folie.

C'est au docteur Moridis qu'elle confiera toutes ses oeuvres pressentant le malheur qui commence à l'encercler.

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Charlotte c'est la rencontre entre un écrivain et une femme peintre. Partir sur ses pas, tenter de comprendre, détricoter l'ouvrage. 

L'écriture de David Foenkinos est faite de petites phrases, pas de temps mort. Les événements se succèdent, l'écriture file car 26 années c'est tellement peu dans une vie. De temps en temps l'écrivain s'immisce dans la vie de Charlotte pour que l'on puisse comprendre ce choc qu'il a ressenti en découvrant les tableaux lors d'une exposition. 

Il n'y a pas de temps à perdre, raconter, encore raconter comme si le malheur n'avait pas de sens, pour ne jamais oublier Charlotte. Les mots s'enchainent et la fin est inéluctable. 

Magnifique, émotionnel. Premier roman de David Foenkinos que je découvre. Jamais je n'oublierai Charlotte.

 

"Quelque chose la retient.

C'est une force derrière elle.

Elle a presque l'impression qu'on l'appelle

Happée, elle se retourne.

Et découvre l'éclat majestueux de la Méditérranée.

Charlotte n'a jamais rien vu d'aussi beau"

 

 

 

 

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30 septembre 2014

La langue des oiseaux de Claudie Hunzinger

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Sitôt terminé le récit de Colin Thubron « En Sibérie », il était évident que la langue des Oiseaux de Claudie Hunzinger ferait suite à ce voyage. Les lectures se lient parfois d’un fil ténu, presque invisible.

 

La découverte de Claudie Hunzinger je la dois a une très grande lectrice Aifelle. Ce fut la joie de lire de Survivance. 

 

Suivre les chemins de Claudie Hunzinger, vous entraine au milieu de la nature, parfois ensoleillée, parfois troublante par ses peurs et ses dangers. Les livres ne sont jamais loin, perdus dans une clairière et la poésie sème ses petits cailloux en toute légèreté.

 

SzaSza, nouvelle romancière, ne sent plus en accord avec la vie qu’elle mène. Elle décide de s’isoler dans une forêt, dans une cabane bien étrange. Isolée pas tout à fait car elle emporte avec elle son ordinateur, la poésie d’Emily Dickinson et une paire de jumelles pour observer les oiseaux car elle veut enfin comprendre leur langue. 

Là-bas, elle écrira son deuxième roman et se consacrera à la traduction de textes chinois. C'est ce dont elle est persuadée...

 

La première nuit dans la cabane, elle découvre une étrange annonce de vente de vêtements d’occasion par la magie de l’écran.

 

« Comme des Garçons Blouson noir »

Il est en laine noire pour le torse très menu. 

En velours de coton noir pour les épaules matelassées, incroyablement larges et comme musclées.

Il renverse l’ordre ordinaire des choses : une femme adorable en homme costaud…

Grâce à lui, j’ai fait fuir des molosses. 

Peur de rien.

Il se ferme d’un zip. »

 

Le pseudo de cette annonce est Kat-Epado.

 

Au fil des jours, la narratrice et la jeune fille qui on va l’apprendre est Japonaise et vit au Havre, vont tissé des liens parfois ambigus de part et d’autre. Qu’attendent-elles l’une de l’autre ? 

 

Comment décrire ce que l’on ressent en lisant Claudie Hunzinger ? Du bonheur oui mais également ce petit quelque chose qui vous emporte indéfinissable…

 

« Il se remit à neiger. J’avais choisi mon année pour vivre l’aventure : la pire des années. Disons une année historique. Même au Havre il neigea. Et chez moi, ce n’était plus  de simples flocons qui tombaient, mais des flocons exagérés, sortis de Li Bai, aussi larges que des mains, et qui se précipitaient au-devant de vous pour vous entrainer »

 Voir l'avis d'Aifelle ainsi que celui d'Antigone et bien évidemment Cathulu

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11 septembre 2014

Chroniques de l'oiseau à ressort de Haruki Murakami.

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Attendant avec impatience dans cette rentrée litteraire, le dernier roman de Murakami, j'ai réfréné ladite impatience en lisant un autre de ses livres.

Toru Okada est un homme qui mène une vie toute simple. Il a perdu son travail mais ne recherche pas vraiment une autre place car sa femme Kumiko lui dit qu'il prenne son temps, qu'il reste à la maison, vu qu'elle gagne assez pour les faire vivre tous deux.

Les jours s'écoulent jusqu'au jour où le chat de la maison disparait et Kumiko y tient beaucoup. Elle demande à son mari d'aller voir dans la ruelle derrière leur maison. Ruelle bouchée des deux côtés par un mur et par une maison étrange. 

Toru y fait la rencontre d'une jeune fille May Kasahara. Jeune fille n'allant plus à l'école depuis qu'elle a eu un accident de moto qui a couté la vie à son ami. Elle lui affirme que le chat est déjà passé dans son jardin. 

Toru revient bredouille. Les jours continuent à s'écouler. Toru commence à faire des rêves étranges. La maison du bout de la ruelle l'intrigue.Komiko revient de plus en plus tard à la maison.

Un matin Toru se réveille seul, sa femme a disparu.

Dans ces chroniques Murakami nous entraine dans le réel et l'irréel, Il est impossible de résumer le livre. Tout se mélange : le bien et le mal, la poésie de la nature, la vie, la mort, la guerre, la violence, la douceur.tout au long des pages, nous sommes entrainés dans un maelstrom d'émotions, le tout signalé par le chant de l'oiseau à ressort.

 

La description de la famille canard m'a donné le sourire. Je ne serais donc pas la seule à les aimer.

En résumé, l'univers de Murakami, me happe à chaque fois.

 

 

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04 septembre 2014

Tristesse de la terre d'Eric Vuillard

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Buffalo Bill, l'évocation de ce nom m'évoque mon  enfance où prenant parti pour les indiens quand je regardais un western à la Tv, je ne pouvais qu'aimer celui qui avait été l'ami de Sitting Bull. 

Balayé tous les mensonges à la lecture de ce livre.

Buffalo Bill dont un ne connait pas grand chose en réalité fut happé par une légende qu'il avait propagée en racontant ses aventures dans les bars. Quelle était la part de vérité dans ses récits ? Le vrai et le faux se mélangeaient et il finissait par y croire. Son nom de Buffalo Bill lui avait été donné par ses collègues lorsqu'il travaillait aux chemins de fer.

Alors pour glorifier sa légende, il créa avec le Major Burke son associé, le grand spectacle le Wild West Show. Ses compatriotes avait besoin de ce grand spectacle pour leur rappeler l'ouest du début. Les indiens, les cow boys toute leur Histoire...

Sitting Bull fut engagé par contrat et non par amitié pour Bufallo. Et lorsqu'il apparaissait sur la piste, lui le grand chef, que devait-il ressentir ?

"C'est alors que fusent les sifflets, les huées. Sitting Bull reste impassible."

"La foule hurle, l'insulte, On crache"

Sitting Bull a tenu Un an. Ensuite il est retourné près des siens.

Le Wild West Show est acclamé partout...et c'est en France que Buffalo apprend ce qui se passe au Dakota. Les indiens se seraient soulevés alors ni une ni deux il abandonne ses indiens là bas en France et part au galop à la rencontre à la rencontre de ce qui sera la dernière tuerie d'indiens : le massacre de Wounded Knee.

Les indiens dans le Dakota gênaient tout le monde. Les éleveurs voyaient les fermiers empiéter sur leurs paturages alors dans ce cas, autant se débarasser de ces peaux rouges. Le général Miles se chargea d'arrêter Sitting Bull mais cela se passa très mal; le ton montant, il y a eu des tueries. Les indiens décidèrent de s'enfuir vers le campement de Big Foot et partirent plus loin encore. Fuite de moribonds, de femmes, d'enfants, de vieillards c'était l'hiver, ils avaient froid, faim. Ils levèrent le drapeau blanc. On leur promit de leur donner des vivres à Wounded Knee. C'était la mort qui les attendait. Ils furent massacrés. On les jeta dans une fosse commune l'un sur l'autre, comme des chiens le 02 janvier 1891

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Buffalo Bill vit le charnier

 

dans lequel on retrouva un bébé qui malheureusement n'eut pas une vie bien jolie.

Le comble c'est que dans son show il ne parla pas de massacre mais de bataille de Wounde Knee où les indiens et les blancs combattaient pour terminer par la victoire des blancs bien entendu. 

C'est également lui qui inventa dans son spectacle les whou whou que nous poussions enfants quand nous jouions aux indiens car ces derniers n'ont jamais poussé ce cri de leur vivant. Encore un mythe qui s'effondre. 

"Après le massacre de Wounde Knee, les indiens trainèrent une vie de misère sur des terres morcelées et incultes. Ceux qui avaient travaillé pour le Wild West Show revinrent après quelques années et n'eurent pas davantage de chance. Les Peaux Rouges étaient considérés comme les débris d'un monde ancien, et le mot d'ordre était désormais qu'ils devaient s'assimiler"

 

Buffalo Bill termina sa vie dans la misère. 

Loin du show de Buffalo un autre homme allait également rentrer dans l'histoire. Ce fut lui qui créa la première photographie de la neige Wilson Alwyn Bentley. 

 

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Un simple fermier qui n'avait qu'un désir, prendre la nature en photo...Il rêvat même de prendre le vent sur ses clichés.

Le livre d'Eric Vuillard fait partie de la collection un endroit où aller que j'affectionne particulièrement.

Quelques photos agrémentent le récit nous rappelant ce passé qui nous ratrappe car combien de peuples ne perdent-ils pas encore dans ce siècle qui devrait avoir apporté le bonheur à tout humain, tout ce qu'ils possèdent.

Les indiens sont encore parmi nous ....dans nos cités.  

 

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26 août 2014

Peine perdue de Olivier Adam

J’entends déjà les voix s’élever à la lecture de ce roman. Certains vous diront que c’est du Olivier Adam, qu’il se répète. Mais Balzac a écrit du Balzac toute sa vie que je sache. D’autres et j’en fait partie vous diront que ce livre est à lire absolument.

 

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414 pages qui dressent un kaléidoscope de personnages qui sont liés les uns aux autres soit par un fil très fin, soit par un fil très dur

 

Le personnage principal, le centre du cercle, est Antoine. Pas très fiable dans la vie qu’il n’arrive pas à aimer. Quand sa mère est morte, c’est Louise sa soeur qui a pris soin de lui. Le père il a fait ce qu’il pouvait avec ses deux enfants. 

Antoine picole beaucoup et additionné avec les joints, cela le rend peu crédible aux yeux des autres. Il aurait pu devenir une étoile en football, il est doué mais vu son instabilité, personne ne l’a choisi pour une grande équipe. Son père lui avait trouvé une place dans un garage mais toujours cette instabilité. Alors il vit dans une caravane pour l’instant car il est chargé de repeindre les mobil homes. 

Son gosse Nino, il l’adore mais Marion

 l’a quittée et c’est un autre homme qui vit près de son fils. 

Il a lui a promis d’aller à Marineland au petit. 

Pour le moment il peint tandis que le ciel s’assombrit, une tempête s’annonce sur la cote d’azur. 

Il entend du bruit, il se retourne et deux hommes commencent à le tabasser. 

 

On va le retrouver étendu sur un banc près de l’hôpital…

 

Les vies peuvent commencer à défiler.

 

« Il le regarde et cela le mord à l’intérieur. Et il s’en veut. Même s’il n’y est pour rien. Mais tous les parents sont comme ça, il suppose. Même quand ils n’en disent rien. Ne montrent rien. Toujours à s’imaginer, responsables des souffrances qu’éprouvent leurs gosses. Même quand ils ont fait du mieux qu’ils ont pu avec les moyens du bord »

 

 

Portrait de 22 personnages qui s’interrogent sur leur vie, ce qu’elle aurait pu être, de ces rêves qu’on laisse au bord du chemin on ne sait pourquoi,, des choix, des déceptions. 

 

22 personnages, femmes et hommes confondus : paumés, parents, écrivain, voyou à la petite semaine, fou, jeune fille, vieux couple, malhonnête, policier…

 

Le monde change si vite, la vie il faut la saisir et tant pis si vous ratez l’arrêt, personne ne se retournera sur vous ou si peu…Peine perdue…

 

Ne vous cachez pas les yeux, nous évoluons dans ce monde. Olivier Adam en fait un excellent travelling que j’ai adoré.

 

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22 août 2014

La part des nuages de Thomas Vinau

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Joseph, vit comme tout le monde, il se lève, part travailler, rentre et c'est  l'heure de se coucher tout en s'occupant de Noé dont il a la garde alternée. 

Sa vie c'est bof mais quand ce sont les vacances en compagnie de Noé, c'est comme redevenir l'enfant qu'il voudrait qu'il reste, que la vie ne le cogne pas trop vite son petit. S'allonger dans l'herbe et regarder les nuages, s'imaginer des visages, des décors, instant délicieux.

Mais bon Noé part en vacances chez sa maman et Joseph se trouve bien seul. Qu'il en soit ainsi, il va grimper dans le cerisier et vivre dans la cabane de Noé. Un mètre cinquante plus haut tout est est différent. Il aperçoit même la jeune fille qui joue de la flute. Et oh les chiens qui se soulagent tout en gardant cet air si niais. 

Joseph va vivre ses vacances comme bon lui semble, s'acheter tout ce qui est dégueulasse, ne plus se laver quelques jours, dans son cerisier la vie prend des allures de campagne.

Il va découvrir la vie, la ville qu'il ne connait pas puisqu'à cette heure là, il est déjà endormi. Dans son sac il emporte la tortue de Noé, Odile, elle peut bien voir l'horizon elle aussi.

Il sera temps de tout ranger pour le retour de Noé...

Les livres de Thomas Vinau sont un délice que je déguste comme un dessert enrobé de sucre. Les ingrédients ont sont la poésie, le rêve, l'humour le tout saupoudré de légèreté.

C'est le bonheur en poche, c'est l'envie de sauter dans les flaques, c'est être adulte mais pas encore tout à fait. 

Regardez les nuages et imaginez...

"Il en faut peu parfois pour se sentir libre"

 

 

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06 août 2014

Les oies des neiges William Fiennes

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Durant un séjour dans un hotel, William Fiennes redécouvre un livre de son enfance, que leur maître Monsieur Faulkner leur lisait durant la classe : The Snow Goose. Etant en convalescence chez ses parents suite à une maladie, ce livre est un déclic pour le jeune homme qui perd le gout de vivre. 

Là bas, dans leur maison en Angleterre, leur père avait toujours été un amoureux des oiseaux, guettant le retour des martinets à la fin de leur migration. Mais le petit William ne partageait pas cette passion. De retour de son séjour à l'hotel, il va se munir des jumelles de son père, lire des livres d'ornithologie. Petit à petit, une idée folle s'ancre en lui. Suivre la migration des oies des neiges d'Austin jusqu'au Canada dans la Péninsule de Foxe. 

"Le premier signe a été un vague tintement au loin, qui n'arrivait d'aucune direction particulière : le bruit d'une marina, de drisses claquant contre les mâts métalliques" Des amoncellements de points ont paru au-dessus de la courbe de l'horizon. Chaque point est devenu une oie. Des volées entières convergaient vers l'étant depuis toutes les directions de la boussole, c'était l'inverse d'une dispora, les oies des neiges volant en V et W espacés ou en longs écheveaux qui ondulaient comme des rubans d'algues, chaque oiseau concentré sur le plan d'eau au centre de la circonférence d'eau". 

On pourrait s'imaginer que ce magnifique livre n'explique que la migration des oies, ce n'en est pas le cas. Tout en suivant les oies qui migrent vers leur lieu de naissance, William Fiennes opère également une migration, un retour vers la vie, vers la maison de son enfance tout en désirant s'en détacher pour repartir. 

Un traité d'ornithologie, de portraits humains si beaux, de description de lieu de vie, de voyages en bus, l'évocation de la nostalgie des siens à l'étranger, le bonheur tout simplement face à la nature.

Pour tous ceux qui frémissent les yeux levés vers les nuages en apercevant les oies partant vers un long voyage. 

 

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24 mai 2014

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce de Lola Lafon.

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Elles se sont rencontrées à ces séances du mardi, victimes toutes deux d'être femme. L'engagée et la danseuse se sont reconnues. 

Emilie, dit Emile vit en ville et se dépense pour tous les autres, ceux que la société délaisse, La danseuse s'est exilée dans son île, avec pour toute habitation un camion. 

La vie coule et s'affole car Emilie est morte, morte le temps d'être ranimée. La danseuse ne peut admettre que son amie ne puisse plus rire alors elle attend que le corps d'Emilie se réchauffe vers la vie, sans les machines. Pour vaince la douleur, elle écrit leur rencontre... Elle cherche les mots qui pourraient lui rendre son regard. 

La danseuse durant ces quelques jours va faire connaissance avec une jeune femme croisée à la cinémathèque. Une perdue, une paumée de la vie. Il parait qu'elle est malade mais ses médicaments elle n'en veut pas. La danseuse va lui donner le nom de la petite fille au bout du chemin.

La petite fille au bout du chemin va apprendre à la danseuse de ne pas accepter les événements tels que les autres le désire. Elles vont s'envoler tels des oiseaux dans d'étranges chemins de révolte.

Pendant ce temps Emilie réapprend peu à peu à se retrouver. Elle fut morte et à présent vivante avec un coeur géré par ordinateur.

La danseuse et la petite fille au bout du chemin virevoltent dans une danse qui ne peut s'arrêter.

Dès les premières lignes, l'écriture de Lola Lafon vous entraine dans un voyage de non retour. Les mots sont ciselés, choisis avec finesse et vous ne pouvez vous échapper. 

Trois portraits de femmes à qui l'on a coupé les ailes et qui vont réapprendre à les redéployer vers la liberté d'être femme. 

Les mains qui se tendent et qui s'entraident car l'amitié est si forte.

 

J'aimerais vous en dire plus mais les mots ne sont pas assez forts pour decrypter ce que le coeur ressent.

Une émotion lecture sans commune mesure.

 

 Voir l'avis de Cath http://www.cathulu.com/archive/2014/05/16/nous-sommes-les-oiseaux-de-la-tempete-qui-s-annonce-5370268.html

 

 

 

 

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22 mai 2014

1Q84 livre 1 de Haruki Murakami

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1Q84 est le premier roman de Haruki Murakami que je découvre. Emportée par ses mots, son univers, je sais d’emblée que je lirai tous ses autres livres.

 Dans le premier livre de 1084 Murakami nous emporte dès les premières pages dans le monde réel qui peut faire face à un autre monde. 

« Il ne faut pas se laisser abuser  par les apparences, il n’y a qu’une réalité »

 

Aomamé est une tueuse mais pas n’importe quelle tueuse, elle assassine des hommes qui font violence sur leurs femmes. Des hommes qui ne pourront plus nuire à d’autres après leur disparition. 

Jusqu’à l’âge de dix ans, elle a fait partie des témoins de Jéhovah dont ses parents étaient adeptes. Pour sauver ce qui lui restait de vie, elle s’est enfuie de chez elle. 

A 29 ans, elle donne des cours de self défense. Sa seule amie s’est suicidée car elle était battue par son mari. Ce fut le premier meurtre d’Aomamé envers un homme. Le suicide de son amie reste comme une cicatrice qu’elle ne peut panser, une plaie à vif.

Lors de ses séances de défense, elle fait la connaissance d’une vieille dame qui l’invite à venir lui donner des cours chez elle et qui petit à petit lui parle de sa fille qui s’est également suicidée. Les meurtres commis par Aomamé sont commandités par cette délicieuse vieille dame qui a créé un refuge pour femmes battues. 

 

Tengo 29 ans également est écrivain. Il donne aussi des cours de mathématiques, science qui lui procure un bonheur absolu.

 Ses dimanches d’enfance, il les passait à suivre son père qui devait réclamer des rédevances aux citoyens qui ne payaient pas. Des dimanches gachés par un père qui pour Tengo n’est pas son père. Il en est certain. Il garde un souvenir fugace de sa mère assez étrange. 

Son éditeur emballé par un roman veut absolument qu’il le réécrive. Ce roman obtiendra le premier  prix du concours jeune romancier, c’est une bombe. Très réticent au début, il accepte de rencontrer la jeune prodigue Fukaéri, une jeune fille de 17 ans. Fukaéri est très étrange mais Tengo tombe sous son charme.

La jeune fille lui apprend que ce n’est pas elle qui écrit le livre « La chrysalide de l’air » et pour le réécrire, il faut l’accord du maitre. Tengo accepte de le rencontrer. 

Le maitre qui est un scientifique éminemment connu  à une époque lui révèle que Fukaéri était la fille d’un de ses amis qui a un jour crée une communauté vivant en autarcie car il croyait au marxisme «  les précurseurs » La jeune fille s’est enfuie de la communauté agricole qui est devenue une communauté religieuse mais dont l’apport en argent est étrange car vendre des légumes bios ne peut pas rapporter autant de richesse. Depuis sept ans, le maitre et la jeune fille n’ont plus aucune nouvelle des parents. Vivent-ils encore.? De cet endroit, Fukaéri en a rapporté l’histoire des Little Poeple et de la chrysalide de l’air.

 

 

1Q94 bien entendu fait référence au roman de Orwell 1984. Le livre 1 se déroule cette année là. 

En 2014, ce roman précurseur prend une autre dimension. le Big Brother qui nous domine n’est-il pas plus insidieux ? Toutes nos connections sont analysées, nos données se retrouvent sur des puces électroniques. Quelle est notre part de liberté réelle dans ce monde de réseaux interconnectés ? 

 

Aomamé perçoit un changement dans le monde où nous vivons. Elle aperçoit deux lunes que d’autres ne voient pas. La question se pose de savoir si le monde dans lequel nous vivons est tel qu’on nous l’impose ou pouvons nous en créer une autre vision par la pensée. Tout à l’air illusoire mais bien réel.

 

Un livre où la littérature tient également une grande place ce qui n’est pas pour déplaire.

 

Etrangement, longtemps j’ai refusé de lire les romans japonais et est ce l’âge, je commence à les apprécier. Répondent-ils à la vision de la vie que je porte ? 

Dès les premières lignes de ce roman, je sais pourquoi depuis que je sais décrypter les lettres pour en former des mots, j’aime lire. La magie de la lecture est irremplaçable, impossible à comprendre et pourtant elle apporte tellement…

 

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05 mai 2014

Détails d'Opalka de Claudie Gallay

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Vers l’âge de dix ans, Claudie Gallay s’est amusée a remplir des pages de cahier de chiffres en débutant par le chiffre 0 tout en continuant une série l’une après l’autre.

 

En 1965, Opalka décide de commencer sa série de chiffres par le numéro 1. Début de son oeuvre.

 

Il va peindre sur un fond noir, les listes de nombres mais eux à la peinture blanche et au fur et à mesure de l’avancée de son oeuvre, il va diluer le fond noir afin qu’il devienne de plus en plus blanc et que les chiffres se fondent dans la toile.

 

Par ce procécédé, il veut expliquer la fuite du temps.

 

Trois ans plus tard, il décide de réaliser des auto-portraits après chaque séance de travail. Visage impassible et qui tout au long des années se transforme.

 

Il va également commencé à enregistrer sa voix qui décline le nombre qu’il peint. 

 

 

La véritable rencontre entre l’écrivain et l’artiste, se fera via une toile, dans un musée. Choc, émotion. Compréhension de cette oeuvre 

 

« J’ai emporté cette rencontre avec moi, partout, jusque dans mes romans écrits »

 

Claudie Gallay a failli, je dis bien failli rencontrer l’artiste mais parfois deux êtres qui pourraient se comprendre, ne se croisent jamais. 

 

« J’ai longtemps cru que la peinture, c’étaient des pinceaux, un chevalet, des couleurs et un homme debout devant une toile. Opalka m’a appris que c’était bien plus, que c’était aussi une pensée, il m’a ouvert un espace plus vaste, m’a ancrée plus loin, là où regarder ne suffit pas, quand l’émotion picturale passe par la réflexion, quand le plaisir et le savoir sont mêlés »

 

Opalka est mort à Venise en 2011, son oeuvre étant inachevée mais est-elle si inachevée puisqu’elle a suivi le cours de sa vie ?

 

 

« C’est de cela que nous parle l’oeuvre d’Opalka. Son travail est une causerie du temps qui passe et de l’âge qui nous conditionne, nous impose une façon d’agir, une attitude de vie avec des permissions et des renoncements »

 

 

Dans chaque roman de Claudie Gallay, un de ses personnages peut se référer à l’oeuvre d’Opalka. 

 

« On a tous quelque chose à faire sur cette terre. Opalka a choisi sa vie à représenter  le temps. 

 

« Mes romans sont de la vie qui passe. En apparence, peu de chose, j’écris, une page, et puis une autre, un livre et son suivant. C’est dans leur quotidien que je tiens mes personnages, je cultive cette illusion de répétition pour donner à voir le mouvement profond de ce qui les relie. Je n’écris pas pour laisser ma trace mais pour donner de l’épaisseur au temps que j’ai à vivre »

 

 

Claudie Gallay est une personne qui se dévoile très peu, ce livre ouvre une petite porte et oh combien surprenante et je l’en aime d’autant plus. Comment ne pas changer son regard sur ses romans après avoir perçu son amour pour l’oeuvre d’Opalka ?

 

Comment ne pas être émue en découvrant la manière très particulière qu’elle avait à enseigner les constellations à ses jeunes élèves. Magique tout simplement et cela ne tient qu’à une page mais cette page est inoubliable.

 

Ce livre plaira t-il à toutes et tous ? Certainement à ceux qui aiment et qui sont intéressés par toute forme d’art même abstrait. Les autres lecteurs, s’ils savent lire entre les lignes, dépasser le parcours d’une oeuvre…y seront également sensibles car ce récit est totalement différent des romans de ladite auteur. C’est une lecture passage dans le temps. Un tempo de vie.

 

 

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