07 novembre 2013

L'ïle aux Grues de Jean O'Neil

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"Or il y eut un matin où les oies tombèrent du ciel dans un vacarme assourdissant. Je me sortis la tête par la fenêtre du grenier; où je couchais, et je les vis s'abattre comme de la neige sur la batture.

Je m'habillai en vitesse et descendis, un peu énervé pour commenter le grand événement.

Mon père était assis à table, raide comme une statue dans sa chaise,. Il avait le sourire triomphant et figé comme s'il m'avait prépraré cette surprise depuis longtemps.

Ma mère se promenait  avec une cafetière, sans dire un mot.

-Tu parles d'un vacarme.

Mon pètre était radieux.

-Elles sont arrivées cette nuit."

 

Divorcé, ses enfants lui manquant, il décide de prendre une année pour voyager vers l'Europe. Avant son départ, il va passer quelques jours près de ses parents sur l'île aux grues. 

Il ne partira jamais en Europe. 

C'est par un pur hasard que j'ai choisi ce livre en librairie, le titre me faisait un clin d'oeil et c'est un coup de foudre pour le récit de cet auteur canadien.

Jean O'Neil nous entraine sur le chemins de l'île. Il nous conte les gens, les animaux, la nature, la mer, tout ce qui fait partie de cet petit monde ilien.

Quel bonheur...

Je lorgne déjà vers l'île aux oies.

 

 

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08 octobre 2013

Ailleurs de Richard Russo

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Richard Russon est né à la fin des années quarantes. Il a vecu dans une petite ville de l'Etat de New York, Gloversville, durant son enfance et son adolescence.

Sa mère séparée de son mari, joueur invétéré, travaillait chez General Electric dans une ville voisine. Ne devant compter que sur son salaire, Richard et sa mère vivaient dans la même maison que les grands parents maternels. Son grand-père gantier de son métier, avait travaillé dans la tannerie de la ville et avait eu la bonne idée de s'acheter une petite maison. L'enfant et la mère occupaient l'appartement du dessus.

Enfant Richard Russo réalisait parfois que sa mère était bizarre dans ses réactions et ses colères mais quand on est enfant, cela vous apparait comme un détail.

Le jour où Richard Russo décide de s'inscrire dans une université, il le fait loin du domicile. Sa mère a l'air d'accord mais ce qu'il ne réalise pas tout de suite, c'est qu'elle est d'accord car elle va suivre son fils. Les grands-parents tentent de la dissuader car ils savent qu'elle reviendra. La mère de Richard Russo va enfin vivre sa vie, elle le clame haut et fort. Elle veut être indépendante. 

 

Disputes s'ensuivent mais le jour J Richard et sa mère partent avec tous leurs bagages dans une voiture en très mauvais état, et l'argent juste nécessaire Suprème folie, Richard apprend à leur arrivée que sa mère n'a même pas de place en vue dans cette nouvelle ville alors qu'elle prétendait qu'elle était déjà engagée. Naturellement, ce qui était prédit par les grands parents s'ensuit, ils reviennent au bercail.

Durant les 35 ans qui vont suivre, Richard et sa mère ne se sépareront jamais car cette femme qui l'a mis au monde souffre d'un problème psychique. Certains disaient qu'elle était cinglée. Elle souffre de TOC, elle fait des crises qui la laisse epuisée.

Le jour où il décide d'épouser Barbara, son beau père lui préduit que prendre sa mère avec eux est une regrettable erreur.

Cette femme que Richard va soutenir toute sa vie est à la recherche d'un ailleurs qu'elle entrevoit dans sa tête mais qu'elle n'arrive pas à trouver. Elle s'imagine que son fils est capable de lui découvrir cet ailleurs, ce qu'il n'arrivera jamais à réaliser.

Richard Russo va enseigner, devenir écrivain, papa. Durant trente cinq ans son ménage va subir les lubies de sa mère, durant trente cinq ans Richard Russo tendra toujours la main à sa mère même épuisé par cette femme qui ne trouvait pas la paix.

Elle desirait être indépendante et malheureusement a dépendu des autres toute sa vie.

Très émouvante évocation de ce couple mère fils.  Beaucoup de moment de la vie de Richard Russo se retrouvent dans ses romans, On s'en rend compte en découvrant ce si bel hommage. 

Je souhaite à tout homme de vivre avec une femme aussi admirable que celle de Richard Russo qui a vécu également durant toutes ces années au grè des folies de sa belle-mère.

Après la lecture de ce livre, il est impossible de ne pas avoir une autre ouverture en parcourant les romans de ce grand écrivain.

 

 

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12 septembre 2013

Immortelles de Laure Adler

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Judith, Florence et Suzanne. Trois prénoms qui chantent. Elles furent les amies de la narratrice qui nous raconte leur vie.

Trois petites filles en manque de père qui ont essayé de se construire de manière différente.

"Toutes trois ont souffert de l'absence de père. Toutes trois n'ont pas vraiment compris qu'elles étaient des filles et ont découvert tardivement leur féminité. Toutes trois, sans le savoir, ont eu peur de leur force, de leur énergie."


Florence grandit entre sa soeur et sa mère. Son père travaille la plupart du temps à l'étranger. Une mère qui n'en est pas une et qui sombre peu à peu au fil du temps dans la folie.Florence et ses fugues, Florence et les drogues.

"Phèdre l'avait sauvée. Elle reprenait confiance. Elle ressentait cette langue, jugée parfois précieuse, et lointaine, comme naturelle, proche d'elle même, sinon protectrice. Elle savait comment s'y ébrouer et y trouvait une manière de respirer. Elle prit appui sur ce plaisir intense, cette jouissance inconnue d'elle, pour sauter, ainsi qu'à la marelle lorsqu'on atteint le paradis, tous les autres obstacles, devenus tout à coup dérisoires à ses yeux"

Suzanne vit chez sa grand-mère, mère absente, père inconnu. Sa mère infirmière à l'étranger toujours à la recherche du médecin avec lequel elle a eu une aventure. Mais il faut tourner la page et la mère revient prendre possession de Suzanne. Cohabitation toujours pas évidente d'autant que la mère repart encore une fois. 

"C'est moi qui l'ai abordée. Je n'en menais pas large, mais j'étais si désireurse de connaître le nom de l'auteur et le titre du livre qui la captivait tant, que j'ai réussi à briser ce cercle qu'elle fermait autour d'elle. Elle a levé les yeux tout doucement. Elle avait les yeux bleus très foncés, de longs cils et des sourcils brousailleux qu'elle n'avait jamais dû épiler. D'une voie enrouée et grave, elle m'a dit : Je lis les Nourritures terrestres d'André Gide, tu connais"

Judith est l'enfant de juifs qui ont n'ont pas voulu subir le nazime en Pologne  pour se retrouver en Argentine. Des parents qui suivent les préceptes de leur religion. Et un jour elle se retrouve en France d'où ses parents avaient déja fuis. La boucle est bouclée.

"Un livre peut changer l'orientation d'une existence. C'est ce qui est arrivé à Judith à la lecture des Tristes Tropiques"

 


La narratrice nous entraine sur le chemin de la vie de ses amies. Chacune va s'évader dans d'étranges méandres pour se sentir libre et enfin grandir. Comment devient on heureuse ? 

Très touchée par ce livre car oh combien certaines amitiés féminines de jeunesse ont construit notre propre vie. Arrivée à un certain âge, parfois on y repense aux sourires de ces amies qui ont disparu de notre regard. Que sont-elles devenues ? Souvenirs chéris des instants passés en leur compagnie comme un brin de nostalgie.

L'amitié féminine est indissociable de nous les femmes. Laure Adler l'écrit avec une telle tendresse sans oublier au bout de sa plume, le féminisme qui pointe.

Très très beau roman 

 

 

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10 septembre 2013

Kinderzimmer de Valentine Goby

Tu n’y es pas ! Etre vivant, elle dit, c’est se lever, se nourrir, se laver, laver sa gamelle, c’est faire les gestes qui préservent, et puis pleurer l’absence, la coudre à sa propre existence. Me parle pas de boulangerie, de robe, de baisers, de musique ! Vivre c’est ne pas devancer la mort, se tenir debout dans l’intervalle mince entre le jour et la nuit, et, personne ne sait quand elle viendra. Le travail d’humain est le même partout, à Paris, à Cracovie, à Tombouctou, depuis la nuit des temps, et jusqu’à Ravensbruck. Il n’y a pas de différence.

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Suzanne a été donnée, elle la résistante. Embarquée dans un train avec sa cousine Lisette, elle ne sait pas quelle est leur destination. Elle ne s’appelle plus Suzanne mais Mila. Mila sait qu’elle est enceinte dès le départ.  

Comment pourrait-elle savoir que ce camp où elles débarquent porte le nom de Ravensbruck.  

Les françaises sont toutes logées dans le même baraquement. Elles porteront l’étoile rouge, celle des déportées politiques.  

Ici c’est l’enfer sur terre, coups, cris, faim, froid, au fil des mois les femmes se transforment en des êtres cadavériques qui marchent sur des jambes qui ne ressemblent plus qu’à des bout de bois, couvertes de pustules. 

Il ne faut pas qu’on sache qu’elle est enceinte, surtout pas. On ne sait pas ce que deviennent les femmes enceintes et leurs bébés. Avant, on les tuait alors surtout se taire. 

Les seuls enfants du camp ressemblent à des vieillards dont la tête est trop grosse mais ce sont déjà des enfants. 

Lors de la première consultation gynécologique, elle nie quand le médecin déclare qu’elle attend famille. Nein, Nein. Il la laisse repartir.

 

Comment arrive t-il à grandir dans son ventre avec le peu de nourriture qu’elle absorbe.

 

Lisette, sa soeur, sa cousine meurt. A quoi bon vivre, se laisser aller est tellement plus simple. 

Teresa, la polonaise, va lui insuffler l’énergie, la secouer. Mila doit vivre, pour elle, pour le bébé et pour toutes les autres.  

Mila se jette un défi. Elle va brouter l’herbe et si le chien ne la mord pas. Oui elle décide que le bébé, que sa vie, vaut la peine.

 

Le chien ne la mord pas.

 

Perte des eaux, conduite à l’infirmerie où l’infirmière lui interdit de crier lors de l’accouchement pour ne pas déranger le docteur. Petit être contre sa peau, couvert de sang. Elle le lave avec un peu de café. 

Mon bébé, Mon James où est-il ?

Stupéfaction ! Kinderzimmer, il existe une kinderzimmer dans le camp et James n’est pas unique.

 

On ne peut pas pénétrer dans la Kinderzimmer. Sabine en interdit la porte. Les mères doivent allaiter dans une autre salle. Silencieuses, elles viennent chacune à leur tour.

 

Mila se faufile, elle découvre des bébés couchés par rang. Certains ressemblent à de petites vieilleries. Sabine lui avoue que les bébés ne vivent que trois mois. Impossible de les nourrir. Quand l’un d’entre eux meurt, sa ration est donnée immédiatement aux survivants qui ont encore l’espoir de vivre.

 

James son James doit vivre. Plus de lait qui coule des seins. C’est une mère russe qui a perdu son bébé qui va nourrir James. Mila assiste à chaque tetée. 

 

Entre prisonnières, c’est une entraide pour que James puisse vivre. Vol de tissu, un peu de pain, du charbon pour chauffer la Kinderzimmer. Mais James, son James n’a plus la force.

Alors ce sera Sacha. Mila il faut que tu les prennes celui là, sa mère est morte. James n’est plus mais Sacha lui ne demande qu’à grandir....

 

Mila et Sacha-James, elle se battra pour lui, pour toutes les autres, pour la vie.

 

 

Mais Lisette est morte.

Georgette est morte.

Violette est morte.

La mère de Louise est morte.

James est mort.

Marianne est morte.

Cili est morte.

La mère de Sacha est morte.

Les juives hongroises de la tente ont disparu.

Adèle meurt, et toutes celles qui n’ont pas de nom : l’Allemagne n’aura jamais perdu.

Qu’est-ce que ça veut dire, gagner ou perdre ?

Térésé répondrait : tu perds seulement quand tu abandonnes.

 

 

Si vous vous décidez à ouvrir les pages de ce livre, préparer vous à un choc. Vous ne serez pas épargné par les cris, la peur en un seul mot l’horreur. 

 

Magnifique roman qui dépouille les humains de leur physique tout en ne réussissant pas à fondre leur pensée. Un hymne à la vie, à la survie.

 

La Kinderzimmer a bel et bien existé à Ravensbruck à la fin de la guerre. Pourquoi les nazis décidaient-ils de laisser vivre les bébés tout en sachant qu’ils étaient de toute façon condamnés par la faim et la diarrhée ? Impossible à comprendre. On peut compter sur les doigts d’une main, ceux qui survécurent

 

Un roman inoubliable.

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31 août 2013

Une part du ciel de Claudie Gallay

Elle revient dans sa vallée. C'est par la poste que la  boule de neige est arrivée. Message du père : le dénommé Curtil.

Là haut elle retrouve Philippe et Gaby,ses  frère et soeur. Eux aussi, ont reçu leur boule de neige mais pour chacun un univers différent sur lequel tombent les flocons.

Dans le Val elle s'y rendait quelquefois avec son mari et les filles mais le mari s'est envolé, besoin de liberté et les filles vivent en Australie alors pourquoi pas répondre à l'appel du père.

Quand ils étaient petits, la mère recevait aussi sa boule, Le père revenait d'on ne sait où. La mère confectionnait alors un gâteau par jour d'attente et se peignait les ongles de rouge.

Dans son village d'enfance, peu de monde, le frère est garde forestier et il rêve de retracer le chemin d'Hannibal à travers les Alpes, Son fils Ludo rêve d'être cinéaste, sa femme Emma est infirmière 

 Gaby, la soeur, vit dans un bungalow composé de bric et de broc. Elle y vit avec la Môme : gamine trouvée un jour et dont Gaby à la tutelle. Elle la considère comme sa fille, donc pas touche. Elle travaille à l'hôtel et son homme c'est Ludo qui purge une peine de prison.

Francky tient le bar, aidé par la serveuse dont une des jambes est estropiée, Guido ,en cuisine, passe son tempslibre a assembler les pièces de puzzle dont il ne veut absolument pas la photo. Il découvre par lui même.

Le vieux Sam tient la boutique du village, un vieux philosophe. C'est le père de Jean 

 

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Il y a aussi la Baronne et son refuge de chiens abandonnés et Jean qui tient la scierie, le si beau Jean.

A côte de chez Gaby, l'oncle et ses vauriens de fils. L'oncle et la fratrie ne se parlents plus depuis l'incendie. Dans les vauriens, seul Marius semble différent, plus fragile. 

Pour terminer, il y a la tante et les quatre cousines qu'on ne voit presque jamais et heureusement. 

C'est dans cet univers que Carole revient pour quelques jours. Philippe et Gaby sont restés là haut, Carole est partie et cette différence plane au-dessus de leurs paroles.

Carole porte une culpabilité en elle et des questions qui ennuient tout le monde. C'est elle qui ressemble le plus au père en fin de compte.

On parle de transformer le village en une belle station de ski : certains sont pour et d'autres n'en veulent pas. 

Mais quand Curtil daignera t-il se montrer ?

 

Si vous avez aimé "Les déferlantes, il est impossible que vous ne succombiez pas à ce nouveau roman.

On y retrouve ces silences qui entourent les personnages, les non dits, les peurs, les souvenirs, la vie qui ne fait pas de cadeau.

Il faut parfois pousser la porte des mots pour se comprendre car le silence n'est pas le plus fidèle ami. Il faut parfois accepter de pleurer.

La poésie de Claudie Gallay vous emporte là haut, tout là haut et il est très difficile d'en redescendre.

 

"Philippe dit qu'un chemin sans homme n'est rien. Qu'il existe seulement si des hommes l'empruntent. De même, une maison vide. De même encore, les choses ne sont réelles qu'à partir du moment où on les nomme"


"J'ai tourné la boule. La neige a tourbillonné autour du cheval à bascule. Un cheval qui semblait me dire des choses, adoucir mon dedans pierreux. Un flocon s'est déposé sur l'un de ses yeux, transformant le regard en clin d'oeil.

J'avais promis au vieux Sam de faire des jours à venir de purs moments de grâce"

 

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30 août 2013

La route du retour Jim Harrison

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Ne faisant pas partie des lectrices dont le ventre se tord lors d'une lecture, dont les larmes coulent en fusion totale avec le livre, il est très rare quand un livre me prend le coeur, ce dernier fait partie de ces lectures émotions.

J'ai débuté le voyage avec cet auteur en lisant "Les légendes d'automne", ensuite "Dalva". La route du retour est en fait la suite de Dalva tout en n'étant pas la suite, c'est une continuité tout simplement.

Roman divisé en quatres parties : le chemin du grand-père de Dalva vers la mort car il sait que c'est la fin de sa vie. La route parcourue par Nelse le fils que Dalva avait du abandonné et la piste permet au jeune homme de retrouver sa mère. Naomi, mère de Dalva ainsi que Paul, oncle de Dalva, mais beau frère de Naomi (vous me suivez ?) cheminent l'un vers l'autre et se décident à vivre ensemble et pour terminer Dalva qui lance de cailloux sur la route de son fils retrouvé, elle le regarde, l'aime et malheureusement leur route devra se séparer. Un livre qui débute par la mort et se termine par la mort.

Un roman qui magnifie la nature, revient sur l'histoire des USA avec cette non acceptation de ce que l'on a fait subir aux indiens, un tout grand Jim Harrison. Un roman d'amour de la vie, un roman qui donne envie de se poser un instant et regarder ...tout simplement regarder le temps qui passe.

Ne me demandez pas d'être objective, Jim Harrison fait partie des écrivains que je porte au pinacle littéraire

 

 

 

 

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14 août 2013

Les trois soeurs Andreas deEleanor Brown

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Trois soeurs qui portent un prénom tiré des héroînes de Shakespaere, leur père ne vivant et ne respirant que par cet auteur.

Rose, Bean et Cordy, toutes les trois si dissemblables. Cordy a roulé sa bosse, gouté à des rencontres. Bean est partie à New York et s'est bien amusée en séduisant les hommes. Rose quant à elle est restée près des ses parents.

Leur mère étant atteinte d'un cancer, les deux fugitives reviennent dans la petite ville de leur naissance mais portant un secret sur leurs épaules.

Rose ne voit pas cette arrivée d'un bon oeil, elle qui aime s'occuper de tout et qui pense que sans sa présence la maison de ses parents s'écroulerait.

Fiancée à Jonathan, elle ne désire pas se rendre en Angleterre où il l'attend. Sans elle, rien ne pourrait plus fonctionner.

Bean cache qu'elle a été prise au fait de voler ses patrons et de sitot mise à la porte, Cordy quant à elle est enceinte d'un peintre rencontré lors de ses périgrinations.

Les trois soeurs sont à nouveau réunies. 

J'ai adoré ce livre que l'on pourrait au premier abord traiter  comme un livre à l'eau de rose, pourtant il recèle un petit quelque chose, une étincelle qui parle de bonheur.

Le thème de ce roman serait tout simplement : peut-on changer sa vie malgré son passé ? La réponse se développe tout au long des pages.

Qu'il est bon de s'évader dans une histoire qui vous enveloppe de douceur.

 

 

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18 juin 2013

Promenons nous dans les bois de Bill Bryson

Bill Bryson ayant posé ses valises avec sa famille dans le New Hampshire découvre non loin de chez lui le début d’un sentier, ce n’est autre que que le sentier des Appalaches ou AT. qui s’étend sur plus de 3500 kilomètres et longe la côte est des USA tout en traversant 14 Etats.

 Bon sang, mais c’est bien sur, cette randonnée est faite pour lui.

Alors j’ai pris ma décision. Un peu étourdiment, j’ai fait part de mes intentions autour de moi : j’en ai informé mes amis, mes voisins, j’en ai parlé avec assurance à mon éditeur; bref, j’ai divulgué la nouvelle parmi tous ceux qui me connaissaient. Puis j’ai acheté des livres et discuté avec des gens qui avaient déjà vécu l’expérience, en totalité ou en partie. Progressivement, je prenais conscience que ce projet dépassait- et de loin- tout ce que j’avais entrepris auparavant.

 Première étape: acheter le matériel adéquat. 

Deuxième étape : lire tous les dangers qui vous guettent durant ce périple : attaque des ours en grand nombre surtout.

 Troisième étape : trouver un compagnon pour ce long voyage.  Un seul répond à l’appel : Katz qu’il n’a plus vu depuis 25 ans.

 Le jour du départ, rendez vous est pris avec Katz.

 «C’était une vision saisissante : il avait incroyablement grossi depuis notre précédente rencontre. Il avait toujours été plutôt rondelet, mais maintenant, il ressemblait à Orson Welles après une nuit agitée»

 Et le 09 mars c’est parti. 

Katz étant à la traine, Bill le distance peu à peu et ce sera ainsi tout le long du trajet, se réjoignant de toute façon à un moment ou a un autre. 

 Mais Katz pour alléger son sac, va balancer la plupart de ses affaires

 La grande randonnée peut enfin vraiment débuter durant de longs kilomètres dans les forêts.

 «Même si vous vous dites que c’est ridicule, vous ne pouvez jamais vous débarasser de l’impression d’être surveillé. Vous vous exhortez à rester serein - ce n’est qu’une forêt, enfin-mais en vérité vous êtes plus nerveux que Lucky Luke avec un six coups à la main»

 Durant leur voyage, ils vont croiser quelques randonneurs comme eux mais la pire ce fut Mary Ellen.

 « Je sais depuis longtemps, qu’il est dans les desseins de Dieu de m’obliger à passer un moment avec chacune des personnes les plus crétines de la planète : Mary Ellen était la preuve que même dans les Appalaches, je ne serais pas épargné»

 Ils prendront vite la fuite pour ne plus la supporter. 

 

De sentiers en sentiers, de sommet en sommet, de refuge en refuge, (certains ouverts à tout vent) de campement en campement, ils cheminent jusqu’au moment où la neige va faire son apparition

 Repli avec d’autres randonneurs vers une bourgage ennuyante au plus haut point pour repartir de plus belle.

 

Je ne vais pas faire le résumé de tout le livre car vous n’auriez plus rien à découvrir.

Après le premier périple avec Katz, Bill Bryson, a parcouru d’autres kilomètres seul car la marche lui manquait. 

 

«L’ascension s’est avérée dure suffocante, interminable mais elle en valait la peine. La cime dégagée, fraîche, ensoleillée, était coiffée d’une grande bâtisse construite dans les années 1930 par les infatigables et non moins incontournables ingénieurs du Civilian Conservation Corps. 

 Deuxième rendez vous était pris avec Katz pour une nouvelle étape dans le Maine

 «Randonner sur le sentier des Appalaches est la chose plus dure que j’aie jamais faite de ma vie et la section du Maine est sans conteste la portion la plus dure de l’AT a un degré que je n’aurais jamais pu imaginer.

 Rochers, rivières, arbres, chaleur rien ne leur est épargné durant le second duo. La plus belle rencontre fut celle d’un orignal qui est venu s’abreuver en même temps que Bill. 

 «Tu veux rentrer? ai-je demandé

Il a réfléchi un moment

«Ouais, je veux rentrer»

«-Mois aussi-»

C’est ainsi que nous avons décidé de quitter ce sentier sans fin et de ne plus faire semblant d’être des hommes de montagne»

 

Byll Brison peut dire : oui moi j’ai fait le grand AT

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Bill Bryson est irrésistible dans ses récits teintés d’humour.

Tout en nous faisant rire ou sourire, il nous explique l’historique du sentier des Appalaches

ainsi que des bourgades qu’il découvre.

Si vous aimez la nature, les randonnées et surtout l’humour, à lire absolument.

 

 

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30 mai 2013

Dalva Jim Harrison

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Dalva, a du sang sioux qui coule dans ses veines de par son arrière-grand-mère. 

N'ayant pu supporter qu'un jeune se fasse abuser par son oncle, elle est obligée de fuir dans la ferme familiale afin de se soustraire aux menaces de cet homme. 

Dalva a perdu son père, elle en garde de beaux souvenirs liés à sa petite enfance. Adolescente, elle tombe amoureuse d'un indien Duane, très sauvage de caractère. Amour très mal vu par Naomi sa mère, car elle apprend par la bouche de son grand-père que Duane est le fruit de l'adultère entre son père et une indienne mais Naomi sa maman n'en sait rien. De cet amour impossible, va naitre un bébé que Duane abandonne sous la pression de la famille dès la naissance. 

Elle poursuit ses études, travaille dans le social et n'a qu'une idée en tête, retrouver Duane. 15 ans plus tard, elle le piste et tous deux se marient mais Duane revenant du Vietnam et malade, décide de se suicider avec son cheval en partant en haute mer.

Dalva a un mal qui la ronge : avoir abandonné son fils. Elle espère tant un jour découvrir son visage, lui parler et l'aimer.

Pendant que Dalava se bat contre son mal être, Michael, prof d'université, a accès aux archives de l'arrière grand père de Dalva, ce dernier a vécu près des sioux et derrrière la façade de cette famille riche et bien pensante, se cache un très lourd secret que le journal va dévoiler.

 

Jim Harrison fait partie des écrivains américains que j'adore. Après Légendes d'automne, ce deuxième roman est tout aussi beau.

En paralèlle à la vie de Dalva, ils nous retrace ce que fut la vie des sioux à partir de l'arrivée des blancs et leur extermination voulue et pensée.

En arrière plan, la nature que Jim Harrisson sait si bien décrire. 

J'aime les romans de Jim Harrison parce que certains écrivains vous parlent plus que d'autres tout simplement.....

 

 

 

 

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25 avril 2013

Des nuages et des tours de Dominique Fabre

Durant cinq années, Dominique Fabre ecrivit des chroniques dans le Matricule des Anges et c'est un pur délice.

"En plus du beau temps, on a des oiseaux dans les arbres.Je les entends en prenant le PC2, à sept heures et demie du matin, le soir aussi quelquefois.J'aime quand le monde vous donne l'envie de le regarder en face. Des ouvriers ont taille le grand peuplier qui faisait de l'ombre  chez moi, harnaches comme des alpinistes, en se marrant. Sur les platanes géants en face du foyer pour migrants du boulevard, j'ai vu déjà deux-trois bourgeons. Les gens regardent parfois les platanes incrédules, est-ce que ça va tenir, est-que c'est parti pour de bon ? Aimer les arbres."

 

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Dominique Fabre parcourt son quartier dans le XIIIème. Tour d'Ivry, rue du Château des Rentiers. La population y est cosmopolite : chinois, roumains, maliens, des humains qui tentent de s'en sortir. Les expulsions qui surviennent certains jours. Des femmes et des hommes qui vont et viennent, La misère rode également sur les trottoirs et prend des allures de danseuse.

A travers les vitres,on cotoie la vie de ses voisins. Le couple de naturistes, la jeune fille qui allume des bougies dans tout son appartement.

Parler avec les autres, les regarder, les rêver. Comment imaginer qu'un jardinier fasse grandir ses plants uniquement pour les voir crôitre, il ne les mange même pas. Le gardien qui vit par procuration virtuelle. 

 

"Tous ces endroits qui nous attendent et qui ne demandent qu'à nous parler, jour et nuit.Je suis rentré en partie à pied et, comme si j'avais déjà fini ma journée. à 7 heures du matin, j'ai pris un tramway bondé, avec des tronches de cake et mal lunées. Paris ne se réveille jamais de la même façon"

 

Parfois, les souvenirs se font plus forts, retour dans le quartier de son enfance, retour sur les lieux de l'enfance de ses fils. Et c'est le bourdon. 

Dans ce passé, il y a le Chili et ses amis japonais. Les vacances en famille, les rires, les rencontres littéraires.

"Souvent, on ne voit bien que dans ses souvenirs. Nous n'allons pas disparaitre de si tôt, mais nous habiterons dans une grande ville conçue comme une société anonyme, avec des soldes deux fois par an"

Dominique Fabre aime les êtres qui l'entourent, ils les racontent avec tellement d'amour, qu'on ne peut résister. 

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