23 avril 2013

Immortelle randonnée de Jean Christophe Rufin

Encore un livre sur Compostelle, me direz vous. Mais racontée par Rufin, je ne pouvais qu'être tentée. 

Ayant dévoré quelques années auparavant Globalia du même auteur, je savais que je serais conquise.

C'est par le chemin du nord, en partant d'Hendaye que le pélérinage débute. Chemin moins fréquenté donc plus apte à plaire au pélerin qu'est Rufin.

Il préfère dormir dans sa petite tente que de se fondre dans la promiscuité entre pélerins dans les relais mais surtout il fuit le ronfleur qui l'empêchera de se réposer.

On pourrait penser au début,  que le récit sera humoristique, point n'en faut, c'est le cheminement du pélerin et sa transformation que l'on découvre.

Paysages, portraits d'autres pélerins, enthousiasme, découragement, obsession de tout ce qui se rapporte à la foi, état Boudhique, le marcheur se transforme au fil des kilomètres et nous entraine dans un voyage surprenant. Transformation physique autant que de la pensée. Le marcheur passe d'ailleurs par un état boudhique. 

"Délivré de cette ultime dernière enveloppe protectrice, le pélerin que j'étais à l'orée de cette troisième semaines, était enfin nu, prêt à accueillir la vérité du chemin. J'avais repoussée, les rêves, les pensées, enfin la foi. Que me restait-il après ses mues successives ?J'allais bientôt le découvrir tandis que la pente se faisait plus rude et l'air plus vif"

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 Aifelle en parle bien mieux que moi.

Etonnement, après avoir refermé le livre, j'ai eu une envie terrible de relire les déferlantes. Les chemins de Compostelle nous ramènent-ils à nos bonheurs ?

 

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21 mars 2013

22/11/1963 de Stephen King

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Si l’on vous proposait d’empêcher l’assassinat de Kennedy en retournant dans le passé, cela vous tenterait-il ? Imaginez que l’on peut modifier le futur, cela vous fait-il rêver ? 

Mais changer un événement du passé sera t-il positif ou négatif pour le futur ? A chacun son opinion selon ses rêves....Sans oublier l'effet présupposé papillon...

 

 

 

J’avoue que depuis longtemps j’avais abandonné les romans de Stephen King : les héroines style Carrie, les voitures appelées Christine, les fous de Shining oui quand j’avais 20 ans mais peu à peu je me suis intéressée à d’autres nourritures livresques.

Si j’ai saisi ce roman, c’est pour mon amour éhonté de la famille Kennedy malgré ses turpitudes et un amour inconditionnel envers Jackie. Bien m’en a pris, je n’ai pas lâché ce pavé avant de l’avoir terminé. 

 

En résumé, Jack vit avec ses chats, il est séparé de sa femme Christie qui était alcoolique. Il gagne sa vie comme professeur en donnant des cours pour adulte. 

 

Il a l’habitude en 2011 d’aller se nourrir de hamburger chez Al qui tient un établissement pas très sélect mais qui lui plait.

 

Un soir, Al lui téléphone et lui demande de venir absolument chez lui. 

 

Jack découvre un homme malade qui commence à lui parler d’un voyage dans le passé. Incrédule d’abord, Jack curieux se laisse tenter et passe par ce que Al appelle le terrier.

 

Il parait qu’un homme l’attend à la sortie de ce terrier et Jack doit absolument lui donner un demi dollar pour avoir la paix. Cet homme port une carte jaune.

 

Jack pose ses pieds sur ce qui ressemble à des marches, sent une chaleur et il arrive dans sa ville en 1958. 

 

Lorqu’il fait le voyage inverse, Al lui explique que peu importe le temps qui passe dans le passé, dans le présent, il ne dure que deux minutes. Mais que surtout, s’il retourne, il rencontrera les mêmes gens, vivra les mêmes scènes car le compteur se remet à zéro à chaque fois.

 

Al persuade petit à petit Jack d’empêcher le meurtre de Kennedy. Jack a d’abord un autre projet : sauver la famille du concierge de l’école Harry.  Ce dernier suit des cours adulte pour décrocher son certificat, ce qu’il obtiendra, mais dans une rédaction, il raconte le massacre de toute sa famille par leur père le soir d’Halloween.  Jack veut absolument les sauver et donc décide de repartir dans le passé. 

 

Sa mission réalisée, il revient en 2011 mais pour constater qu’Harry va mourir au Vietnam. Un échec pour Jack. 

 

Un soir, il retrouve Al suicidé alors il décide de repartir vers 1958 pour à nouveau sauver Harry, mais surtout suivre les pas de Lee Harvey Oswald. Al lui a laissé de l’argent de l’époque, des notes sur le meurtrier de Kennedy.

 

Jack s’en va pour de longues années dans le passé. Il ne sait pas encore qu’il va y rencontrer le plus grand amour de sa vie.....sous forme d'une jolie bibliothécaire

 

Je ne vous en dira pas plus de ce magnifique voyage dans USA made in 1958 du temps ou les Ipod, les Epad et tuti quanti n'existaient pas..ce roman vaut un grand détour ....

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 février 2013

Nouilles froides à Pyongyang Jean Luc Coatalem

Il était une fois, un pays où régnait la dynastie des féroces Kim Jung. Pour assouvir leur soif de pouvoir, ils avaient décidé que le peuple devait leur obéir en tout car seuls les Kim Jung savaient ce qui était bon. Pour ce faire, ils décidèrent que les téléphones portables, internet ainsi que les programmes tv occidentaux devaient être interdits. 

Il était une fois un  pays, où l'on plantait des fleurs en plastique et en tissu, où le marathon était roi mais surtout pratiqué à l'envers. 

Il était une fois un  pays, où le peuple était divisé en trois catégories : les bons maîtres et leurs vassaux sur le premier échelon, les moutons de panurge sur le deuxième et tout en bas les mauvais, ceux qui n'écoutaient pas ou qui désobéissaient.

Il était une fois un pays, où l'on avait inventé un nouveau tissu, le vinilon.

Il était une fois un pays où l'engrais chimique n'existait pas mais bien celui des humains. Un pays sans voiture ou alors très peu. Un pays où le peuple mourait de faim.

Il était une fois mais malheureusement ce n'est pas un conte. Il était la Corée du Nord.

 

 lPour pénétrer dansce  pays ultra fermé par crainte d'épidémie occidentale, Jean-Luc Coatalem s'est fait passé pour un agent touristique muni d'un faux passeport. En sa compagnie, Clorinde, dandy de surcroit, qui n'a jamais été plus loin que le Languedoc mais un petit voyage le tente. Il n'oublie pas d'emporter ses tomes de la pléiade. On est dandy jusqu'au bout de lecture.

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A l'arrivée à l'aéroport, les gsm sont mis sous un plastic. Un autre touriste voit son I pod dévissé car il pourrait contenir une bombe. Mais ce qui frappe le plus Jean-Luc Coatalem c'est le silence dans la rue : pas de trafic car pas d'auto. Rien comme horizon, pas de café, pas de librairie, rien, le vide intégral.

Affublés de trois guides que l'auteur nomme Kim 1, Kim 2 et Kim 3, ils sont obligés de suivre le parcours de visites que leur offre leurs guides et qui ne ressemble en rienà celui  décidé par l"agence de voyage au départ.

Ils logent dans des hotels où la nourriture est plus partiate, les toilettes débordent ou ne fonctionnent pas. Ils sont parfois les seuls voyageurs dans ces étranges endroits Prendre un bain tient de la gageure et l'électricité est coupée trés tôt en République.

Le peuple, ils ne le verront que très peu. Tout est organisé pour qu'ils ne communiquent pas. Et si d'aventure, Jean Luc Coatalem tente une approche, on s'éloigne très vite. La terreur règne en maitre dans ce pays. 

Le récit du voyage est décrit d'une manière humoristique car il en faut pour tenir le coup dans ce pays où beaucoup survivent. 

La Corée du Nord est refermée sur elle même depuis plus de soixante ans. Le trente huitème paralèlle est le no mans land entre son voisin et frère du Sud. Pour combien de temps encore ? Car malgré la vigilence des Kim Jung, certains ont accès à ce qui se passé à l'extérieur de la bulle qu'on a forgée autour d'eux. Malheureusement la Corée du Sud verrait d'un très mauvais oeil cette horde de millions d'êtres humains déferlés dans leur pays. Qu'en ferait-il ? 

En attendant, la majorité du peuple survit grâce au marché noir, ne sachant pas ce qui déroule derrière leur frontière car là bas ce sont des mauvais qui ne leur veulent que du mal. Un peuple abandonné du reste du monde.

 

Si vous aimez la peinture, il faut lire absolument "Je suis dans les mers du Sud" qui relate la vie de Gauguin.

 

 

 

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22 février 2013

Le dernier d'entre nous Neil Gordon

En 1996, Izzy, dite Isabel, est abandonnée dans une chambre d'hotel par son père. Il n'a que ce moyen pour éviter que la maman de la fillette n'obtienne sa garde. 

Jim Grant; avocat brillant gauchiste, ouvre la porte laissant sa petite fille au milieu de ses rêves. La porte refermée, il redevient ce qu'il a été depuis sa naissance. / Jason Sinai, activiste de The Waether Underground quand il ne voulait pas de cette société où les jeunes étaient envoyés au Vietnam pour défendre des valeurs mensongères.

Il n'y a qu'une femme qui peut lui permettre de pouvoir  'élever sa petite fille. Il doit la retrouver.

Isabel va grandir aux côtés de sa tante. Dix ans, plus tard, elle reçoit des mails, de son père, de ses amis, des femmes qui ont compté dans la vie de son père ainsii que d'un journaliste. Au fil des mails, toute l'histoire de ces femmes et de ces hommes lui est dévoilée.

Isabel est la seule à pouvoir sauver .cete femme que son père avait retrouvée dix ans plus tôt.

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J'ai longtemps hésité à choisir ce livre. Mon désir de lecture s'est réveillé quand j'ai lu que Robert Redford avait adapté ce roman au cinéma. Il devait y avoir une raison.

Personne ne sait dans ma famille de qui je tiens cet esprit de révolte depuis mon tendre âge. Un ancêtre sûrement m'a transmis cette vision du monde tel que je le vois. 

Neil Gordon nous entraine sur les pas d'anciens révoltés faisant partie de comite révolutionnaire durant les années 1969, c"était le temps des hippies et des jeunes partant vers la boucherie du Vietnam. 

Croyez-vous que le monde a changé, non il s'est empiré et les mêmes mensonges sortent de la bouche de tous les dirigeants près de cinquante plus tard avec encore plus d'outrecouidance 

 Ce livre ne contient pas que de la révolte mais de magnifiques histoires d'amour. Il n'y a aucune haine, il n'y a que de l'espoir parce que vous pouvez décider du monde dans lequel vous voulez vivre, tel qu'on veut nous l'offrir ou tel que vous désirez qu'il soit. C'est à vous de faire le choix. N'écoutez pas les belles voix des sirènes, écouter votre propre coeur et respirez la nature, 

Un véritable coup de coeur....

 

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05 janvier 2013

J'ai réussi à rester en vie Joyce Carol Oates

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Quarante huit ans d'une vie, à deux et tout l'univers se fracture. Un rhume qui se transforme en pneumonie, en une semaine l'infection se propage. Ray Smith époux de Joyce Carol Oates meurt à l'hopital. Elle ne sera pas là durant ces derniers instants. Elle ne voudra pas le voir au funérarium. 

Seule, elle rentre seule dans leur maison. Chaque jour lui semble lourd : les lettres de condoléances, les cadeaux de condoléances, les appels des amis, tout lui semble trop lourd.  Ce journal qui arrive chaque matin et que Ray commençait à lire bien avant d'arriver à la maison, elle n'en veut plus. Elle résilie l'abonnement. Se sentir coupable d'être encore là sans lui.

Mais il faut tenter de continuer comme avant, quand il était là. Continuer à donner ses cours, donner des conférences. Ne pas comprendre d'arriver à mettre un pas devant l'autre. 

Tenter de trouver le sommeil mais s'abandonner aux somnifères et plus tard aux antidépresseurs même si on ne le désire pas. Imaginer le suicide mais combattre ce monstre qui se profile à certains instants.

Repenser à leur vie, lui l"éditeur, elle l'écrivain. Repenser à eux, et continuer à vivre. 

Lire le premier jet d'un roman qu'il avait voulu écrire avant d'être éditeur et comprendre qu'elle ne connaissait pas tout de lui.

Un jour, réaliser que l'on s'est endormie sans l'aide de somnifère.

La veuve a réussit à rester en vie.

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photos prises sur le net de Ray Smith et son épouse Joyce Carol Oates

 

Un véritable livre coup de coeur. Malgré la tristesse qui parfois s'en échappe, j'ai été accrochée . 

Tout en décrivant son état d'âme de veuve, Joyce Carol oates nous entraine sur le chemin de l'éditeur ainsi que de celle de l''écrivain.  Sa vie, leur vie faites d'instant de création, de rires et de respect l'un envers l'autre. 

Il aimait l'art, la poésie, son jardin.  Il était le mari de Joyce Carol Smith. Il s'appelait Ray Smith.

"Il y a les chaises de jardin que nous y avions apportées pour nous asseoir et déjeuner au soleil. Ray avait été touché quand j'avais fait cette suggestion-le jardin avait toujours été son territoire- il avait été heureux que je vienne l'y rejoindre.

Et les chats aussi- quand ils voyaient que j'étis dans le jardin avec ay et que nous bavardions ensemble, Reynard et Cherie y venaient à leur tour, comme indépendamment ll'un de l'autre.

Je veux penser que Ray était très heureux dans ces moments-là. Qu'ill ne pensait pas à la revue ni à la maison d'édition; qu'il ne pensait pas à des question financières, aux impôts ni à l'entretien de la maison ou du terrain, une occupation à plein temps.

Si l'espri de Ray est quelque part-il est ici."

 

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17 novembre 2012

Home Toni Morrison

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"Confiès à ses soins, les haricots verts se courbaient, puis se redressaient pour faire savoir qu'ils étaient prêts. Les stolons de fraisiers vagabondaient, leurs baies rouge impérial luisant la pluie du matin. Les abeilles se rassemblaient pour sakuer l'Illicium et en boire le suc. Son jardin n'était pas l'Eden : il était bien plus que cela. Pour elle le monde, des prédateurs tout entier menaçait son jardin en rivalisant avec son alimentation, sa beauté, ses produits et ses exigences. Et elle l'aimait."

 


Frank s'enfuit de l'hopital où il est retenu malg'ré lui. Démobilisé de la guerre de Corée, il tente de retrouver ses repères.

Ayant reçu une lettre d'une certaine Sarah lui demandant de venir chercher sa soeur Cee, il ne peut que s'enfuir; Il faut absolument qu'il la retrouve, .rejoigne pour continuer à la protéger. . Sa petite soeur qu'il a abandonné pour aller se battre en Corée avec les copains.

Cee se meurt mais avant de la rejoindrer, il doit accomplir un long voyage avec ses frantômes. Dans les années 50, il n'est pas bon d'être noir. 

Frank sauvera Cee et la ramènera à la maison. 

 

C'est à travers ce merveilleux livre, que je découvre cette écrivain. Un véritable coup de foudre. 

Je pourrais vous en parler pendant des heures mais comment faire passer des émotions à travers des lignes. Une vrai gageure impossible à réaliser.

Lisez le tout simplement et vous serez emportée ....

 

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07 octobre 2012

Nature morte Louise Penny

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Imaginez un petit village quebecquois durant la saison d'automne qui se nomme Three Pines. On peut y croiser une poétesse, un couple de gays tenant bistrot, antiquités et gîte, un couple d'artistes, une libraire seule noire du village. Tout ce petit monde vit en harmonie...enfin le pense car un meurtrier se cache parmi eux. 

C'est Jeanne qui va tout déclencher en décidant de montrer pour la première fois un de ses tableaux, Elle désire le présenter lors de l'exposition annuelle. 

Deux jours après, elle est assassinée. On pense d'abord que c'est un accident de chasse. Transpercée par une flèche.

L'inspecteur Gamache est dépêché sur les lieux. Aidé de son adjoint Beauvoir, il va démèler le noeud de l'affaire...

Coup de coeur pour ce roman. Une atmosphère d'automne, des personnages tous plus sympas les uns que les autres mais surtout comment ne pas résister à un inspecteur qui s'assied sur un banc et qui contemple le paysage ?

 

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25 septembre 2012

Avancer de Marie Pourchet

Marie Laure, Agathe, Victoria peu importe son prénom attend. Elle passe son temps à
ne rien faire, la vie ne lui pas encore indiquér sa voie.
Cette disons feignasse vit aux crochets d'un sociologue, son ancien professeur, qui
n'arrive pas à trouver de nouvelles idées afin de produire un nouvel ouvrage. Bourdieu
est déjà passé par là alors que faire pour le supplanter ?
Cet homme très passif est le père de jumeaux fille garçon. Le Petit tel qu'il se nomme
est un intello de dix ans, portant noeud pap et prononçant ces sentences tel le
schroumpf à lunettes. La Soeur quant à elle n'a pas du tout la même intelligence,
banale en somme.Bien qu'elle se demande pourquoi on ne mange par la queue des pommes ?
Grand événement dans le paysage : un trou en face de l'immeuble. Marie Laure aperçoit
de son balcon deux personnages singuliers : les Dupont. Dupont le Jeune et Dupont le Vieux
 qui sont en fait des SDF qui ont  éli domicile dans la cabane des ouvriers.
Marie Laure tente une approche mais sans grand succès au départ.
Marie Laure, Agathe, Victoria a décidé d'avancer dans la vie. Le chemin sera chaotique
mais surtout ne jamais désespérer....

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"Après quoi, à croire que le trou appartient à une autre sphère temporelle, il n'est
jamais que 10 heures du matin. Victoria n'est pas très à l'aise. Hormis dans les
aéroports, elle n'a jamais tellement vécu à 10 heures du matin.Victoria s'animerait
plutôt sur le coup de midi, midi et demi, et ce pour des raisons fondées, sans rapport
avec la simple paresse. C'est toujours le matin que l'on s'indigne par exemple, à cause
des journaux de la première heure avec photos de la misère. Si vous êtes au lit, vous
n'êtes pas au courant, et demeurez optimiste.  En outre, les emmerdeurs, téléphonent
le matin, en priorité ceux qui comptent sur vous dans la journée, et il est plus poli
d'être injoignable que de formuler un refus. A midi, c'est nettement plus vivable.
Les choses sont déjà bien organisées, chacun est à sa place et n'en bougera pas avant
le 20 heures, la société debout vous ignore, voire vous méprise. A ce moment précis,
le monde vous appartient. Plus qu'un état, c'est un état d'esprit, une forme de
morale, assez difficile à exprimer du reste et mieux vaut en rester là."



Si je devais m'exprimer comme Marie Laure, je dirais que ce premier roman est génial.
L'histoire en elle même comporte de grands moments un peu tragiques dirions nous mais
pimentés d'un humour, ils nous paraissent dérisoires.
Le Petit est un personnage bien à part et je vous avoue que j'en ai connu un de ces
Petit diffusant leur science à tout vent, noeud pap en prime également.
Autour de cette belle famille recomposée, se déploie d'autres personnages qui sont
croqués férocement mais toujours humoristiquement.
Ce n'est pas du Flaubert mais que c'est bon pour le moral....

L'avis de Cathulu

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15 septembre 2012

Un héros Félicité Herzog

Comment construit-on son enfance lorsque votre père est un héros, vainqueur d'Annapurna, ayant risqué sa vie et amputé des doigts? Comment construit-on son enfance si votre mère est férue de philosophie et y trouve son exutoire ? Certains s'élèvent et d'autres succombent jusqu'à la mort.

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"Mais plus nous étions athlétiques, plus nous étions violents. Plus nous étions violents, plus nous étions désespérés"


May, la grand-mère de Félicité et de Laurent était le fruit d'un amour adultérin. Antoinette, femme d'Eugène Schneider, industriel du Creusot, s'ennuyant un peu près de ce mari austère avait eu une aventure dont May était le souvenir.

May était fière d'appartenir à cette riche famille, fière de ses origines et Marie Pierre sa fille devait absolument répondre à son idéologie.

Marie Pierre, ne l'entendant pas de cette oreille, se sentant libérée, grâce la philosophie, épouse Simon Nora, gauchiste. Ses parents ne veulent plus entendre parler d'elle. Marie Pierre va découvrir par son premier mariage, une vie qui n'est pas celle du luxe mais tendant plutôt vers la pauvreté. Le mariage n'y survit pas. Retour au bercail. May lui fait rencontrer Maurice Herzog, le héros mythique aventurier de l'après guerre.

"jamais, étrangement, il n'emmena l'un de nous, ses enfants, au camp de base de l'Annapurna, nous montrer le lieu de naissance de son épopée"


Maurice Herzog est conquis par la jeune intellectuelle. Mariage. Mais Marie Pierre ne sait pas que son mari est un coureur impénitent de jupons. Et.. qu'une autre femme attend son heure. Leur premier enfant est un garçon Laurent. Félicité sera conçue dans l'idée maternelle que ce premier enfant ne soit pas seul. Maurice Herzog se lasse de cette intellectuelle.

Divorce, le premier à l'amiable dans cette France des années soixantes.

Marie Pierre et ses enfants vont habiter un appartement haussmanien.

Seuls trop seuls, entre un père qui ne s'intérèsse à eux que quand il faut les exhiber une mère très libérée ayant de nombreux amants.

Pour Félicité, les été sont merveilleux dans le château de leurs grands parents. Mais là aussi tout est étrange comme si le monde s'était arrêté au temps des grands industriels.

Pour juguler leur violence, on conseille le sport, toujours le sport mais chez Laurent cette violence ne se jugule pas.

Toujours considéré comme différent, dans son monde, personne ne s'étonne de ses accès de fureur. On fait comme si on ne le remarquait pas.

"La mégalomanie du fils renvoyait à la mégalomanie du père, qui n'hésitait pas à rapport dans l'un de ses livres :"D'égal à égal, je dialoguais avec les 8000, les géants qui m'entouraient".Il y avait entre mon père et mon frère, dans cette inconscience, un écho : l'ignorance des réalités, d'eux mêmes et des autres"


Durant certaines de ses colères, il s'en prend à sa soeur et la frappe.

Laurent va tenter d'être le meilleur en tout autant au point de vue études que métier, être le meilleur comme son père mais son déséquilibre mental lui en barre le chemin.

"Il était intolérable à notre univers, dans lequel tout ne devait être que réussite, puissance, filiation superbe, séduction et légende, d'avoir un malade, mental de surcroit"


Laurent va sombrer au fil des années. Suicide, hopitaux psychiatriques, délires. Il était trop tard pour le soigner, la mal l'avait rongé dès l'enfance.

"La seule marque de vie dans ses yeux était la tristesse et la rage envers ceux et celles qui ne l'aidaient pas ou qui le désiraient mais en étaient incapables. Comment le monde  avait-il pu le lacher ainsi ?"


"Le drame de Laurent, auquel j'assistais années après année, était l'incompréhension viscérale de son entourage pour ce qui l'affectait. Pour les uns, il était un illuminé, un vicieux, un ayatollah, un pervers, un diabolique. Pour les autres un enfant gâté, un vaurien, un fainéant, un profiteur du système, un pauvre type. Mon père n'avait de cesse de répéter avec mépris :"Il doit reconnaitre sa maladie!", considérant que son fils étant en somme un lâche, responsable se son propre mal, l'intimant d'abattre ses cartes"

Félicité est à Londres travaillant pour la finance. C'est par un coup de téléphone de la concierge à Paris, qu'elle apprend que son frère est mort.

 

En parcourant ce livre, j'ai revu en mémoire le livre que l'on m'avait offert dont l'auteur était Maurice Herzog, Au contraire des livres de Roger Frison Roche, je ne l'ai jamais lu. Maurice Herzog n'est donc pas devenu un héros pour l'enfant que j'étais et ne devra donc pas descendre de son pédiestal dans ma mémoire.

Le personnage central du récit n'est pas le grand héros qui apparait en filigrane mais bien Laurent, ce frère avec lequel Félicité a partagé tant de moments.

Une véritable sensibilité se dégage à travers les mots pour ce frère qu'on aurait du protégér et l'on ressent toute la détresse de Laurent.

Un récit magnifique...

 

 

 

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06 septembre 2012

Ici ça va Thomas Vinau

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C'est comme une image du bonheur, un couple qui redonne vie à une vieille batisse.

Petit à petit, au milieu des mots, on comprend que cette maison fut celle de l'enfance de l'homme. Les souvenirs matériels qu'il y retrouve, lui semblent étrangers.

On devine que cette maison est associée à une souffrance que sa compagne lui a permis d'éloigner.

Pourtant c'est là qu'ils ont décidé d'une renaissance.

"devant moi, une petite fille racontait l'histoire d'un lapin à lunettes qui ne veut pas aller se coucher. Je ne suis pas entré dans la pharmacie. Je le ai suivis tranquillement jusqu'à la fin de l'histoire. Du coup je me suis retrouvé à la boulangerie. J'y ai acheté des tartes au citron. Emma adore les tartes au citron."

"Son rire, Je vois presque son rire.Non, je me mens un peu. Un souvenir comme un nuage d'abeilles. Leur présence me rassure"

L'écriture de Thomas Vinau est légère et sérieurse à la fois, le soleil brille même si la pluie s'annonce au loin.

C'est pur comme l'eau qui coule entre nos doigts.  Si simple et pourtant si profond.

Merci Antigone qui m'avait donne envie de lire le premier roman de cet auteur et qui m'a permis de découvrir le deuxième tout aussi merveilleux.

 

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