20 juin 2018

La chorale des dames de Chilbury de Jennifer Ryan

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La guerre est aux portes de l’Angleterre. 

 

A Chilbury, tous les hommes sont partis et de ce fait la chorale est n’a plus lieu d’être. 

Une chorale sans homme impossible.

 

C’est compter sans les femmes qui remplacent les hommes dans tous le village donc une chorale de femmes est totalement réalisable. C’est une nouvelle venue Primrose Trent, professeur de chant, qui va insufflé le courage aux habitantes de persévérer  et de reformer la chorale.

 

Dans cette chorale, on peut découvrir Mrs Tilling, veuve dont le fils est parti pour cette maudite guerre.  Infirmière, elle ne supporte pas la nouvelle sage femme qui tente de prendre sa place dans la village.La dame timorée va se transformer en une personne qui décide de prendre des décisions. 

 

Les filles du châtelain du coin Venetia et Kytty. Chatelain qui ayant perdu son fils va combiner un horrible plan pour garder l’héritage dans la famille. Son fils ainé étant décédé et étant donné que seuls les mâles gardent la fortune, il faut absolument que sa femme, enceinte, mette un autre fils au monde. 

 

Venetia est une allumeuse et se pense la plus belle du village. Elle a décidé de faire craquer ce peintre qui habite à côté de son amie Hattie, institutrice du village et qui va devenir maman.

Sa jeune soeur Kitty rêve de devenir chanteuse. Elle écrit dans son journal tout ce qui se déroule à Chilbury.  

 

 

Un livre très agréable à lire et bourré de tendresse pour toutes ces femmes qui ont lutté durant la seconde guerre mondiale. Les hommes étant partis, il fallait que la vie continue. L'auteur s'est inspirée des récits de sa grand-mère qui a vécu dans un petit village du Kent. 

 

On découvre les petits secrets, les amours, les tristesses des habitantes. 

 

 Une organisation encourageait même tout un chacun à écrire un journal et l’organisation en publiait des extraits. J’ignorais tout à fait ce fait.

 

 

 

 

 

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14 juin 2018

Brandebourg de Juli Zeh

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« L’Unteurluten de Kathrin ne lisait pas le journal, ne regardait pas la télé, n’utilisait pas internet, ne s’intéressait pas à Berlin, n’appelait jamais la police et évitait tout contact avec le monde extérieur. Pour une raison simple : parce que le village aimait la liberté. Au cours des décennies de dictature socialiste, les gens s’étaient rendu compte que le pouvoir s’exerçait dans l’abstrait et l’irréel. Par conséquent, ils préféraient s’en tenir au réel et au concret. Ils n’offraient aucune prise à l’intimidation globale qui tenait l’ensemble de la planète sous sa coupe. Quand on ne lisait pas, ne regardait pas, ne cliquait et n’écoutait pas, on n’était pas gouverne, que ce soit par les politiques, par les informations, par la peur- ou par une combinaison de ce tout. »

 

Unterleuten, petit village dans la région de Brandebourg. Tout pourrait être paisible mais la haine entre deux hommes l’air depuis toujours.

 

Gombrowski dont la famille possédait les terres du village n’a jamais oublié le visage de Kon, lorsque tout a changé après la guerre. Le sol a été envahi par les russes et le socialisme s’est emparé de tout. Partage des terres, c’est ce que réclamait KOn lorsqu’il est venu un soir avec d’autres incidier leur grange. 

 

 

Gombrowski n’a jamais accepté de devoir se laisser piller de ces terres. Il est parti du village pour suivre des études et de retour, il a vite supplanté KOn à la coopérative. Il a tout repris en main et redonné vie au village. Ils leur sont tous redevables. Même Arne le maire.

 

Il n’y a plus de socialisme depuis longtemps, le mur étant tombé mais KOn ne l’a jamais accepté. 

 

Ces deux hommes âges se haissent.

 

 

Deux couples urbains sont arrivés depuis peu. Un ancien professeur et sa jeune femme. Parents d’une petite fille. Lui s’est entiché d’ornithologie et il fait partie de la société qui préserve la nature. Heureux au début, ils ont vite déchanté, le nouveau voisin ne cesse de brûler de pneus. Leur vie est un enfer.

 

Linda, elle n’a qu’une idée en tête. Faire venir son cheval dans un terrain proche de leur maison mais pour cela il faut ériger un mur de deux mètres et elle attend la décision. D’ailleurs sa vie n’est que décision selon le programme d’un haut gourou de la pensée dont elle dévore le livre. Ne jamais flancher, décrypter les autres. Etre la meilleure. 

Son compagnon Frederik est concepteur de jeux vidéos avec son frère. Unteurluten ne l’intéresse pas vraiment.

 

 

Meiler ne vit pas au village mais sur un coup d’envie à acheté pratiquement toutes les terres. Donc gros propriétaire.

 

 

Tout va basculer, lors d’une réunion pour l’affection du sol concernant des éoliennes. Les habitants comprennent très vite qu’ils n’ont pas le choix et que malgré leur désaccord, c’est l’Etat qui décide de tout. Mais à quel emplacement va t-on les dresser dans ce paysage campagnard ?

Là est tout l’enjeu.

 

Au lieu de s’unir, les habitants vont faire place à leur haine et les nouveaux couples  ainsi que Meiler vont former un élément perturbateur.

 

« Peut-être que Linda avait raison, songea Frederik : un foyer, ce n’était pas des immeubles de rapport et des tramways, mais une terre et un horizon ».

 

 

 

Roman très prenant d’un petit village perdu au fin fond de l’Allemagne. C’est avec allégresse que mur de Berlin est tombé en 1989 mais combien de drames se sont-ils déroulés suite à la réunification ? C’est essentiellement le thème de ce roman qui est excellent dans son suspense ainsi que dans son écriture.

 

A découvrir.

 

 

 

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24 avril 2018

Le Pays de Marie Darrieussecq

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Après avoir émigré à Paris où elle fondé une famille avec Diego sous la forme de leur Tiot, elle décide de rentrer au pays. Ses parents y vivent toujours. Sa mère est une artiste internationale et son père vit dans une roulotte. Même divorcés, ils vivent l’un près de l’autre.

 

Avant son départ, elle va rendre visite à son frère adoptif, celui qui a pris la place de celui qui est mort, Paul. Pablo vit dans un hôpital psychiatrique. Pourquoi est-il devenu fou ? Impossible à comprendre. Il se prend pour le Général de Gaulle. Pourquoi ? Nul ne le sait. 

 

Donc la petite famille se rend dans le petit Pays où l’on parle encore l’ancienne langue, bordé par la mer.

 

Après l’euphorie du début, elle réalise que ce n’est pas facile de revenir. Elle se sent même chez elle, comme une exilée.

 

Elle ne comprend plus l’ancienne langue, ou si peu. 

 

Mais c’est là qu’elle désire que sa petite fille vienne au monde. Elle sait que ce sera une fille : Epiphanie. Elle se laisse porter par cette vie qui grandit dans son corps. 

 

 

Elle l’écrivain, veut écrire ce nouveau roman. 

 

 

Roman à deux voix. La sienne et celle qui raconte en parallèle.

 

Le petit Pays, c’est bien entendu le pays basque 

 

Marie Darrieussecq nous emmène encore et toujours pas de nombreux chemins qui se mêlent et s’entremêlent : de l’humour, de la poésie, de la science, de la métaphysique …etc. 

 

On aime ou pas. Tant pis, j’aime.

 

"Ici, on peut lire et travailler en n'ayant que les pierres, les arbre et l'eau autour de soi. Et du grand salon, on plonge dans le rectangle total de la mer. Ma mère dit qu'il faut un côté coeur quand on vit face à la mer, que la mer toute la journée rend fou. Son atelier donne sur le parc. Verre et métal. La maison miroite dans la maison, et ma mère toute la journée vit dans ce lieu qui semble fait pour des habitants mythologiques ("pour des parvenus" dit mon mari, qui n'a jamais vu maison maison plus prétentieuse."

 

Lu dans le cadre de

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21 février 2018

Maria d'Angélique Villeneuve

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C’est à travers ce très beau roman, que je découvre l’écriture si poétique d’Angelique Villeneuve.

Conquise je suis.

 

C’est donc par un roman bien étrange que j’aborde cette écrivain. 

 

Maria  a perdu son mari assez jeune, elle a élevé sa fille seule et ensuite avec son nouveau compagnon William.

 

Tout va bien, elle est la grand-mère d’un petit Marcus. Elle lui a appris à aimer les oiseaux. Le petit est aussi passionné qu’elle.  Son travail : schampouiner et coloriser des têtes dans le salon de coiffure de Bernadette.

 

Tout va bien.  Oui mais.  

 

Sa fille et son gendre ont décidé que Marcus devait avoir le choix  de ce qu’il voulait être. Il veut porter des robes, pas de souci. Il veut poser du vernis à ongle, pas de problème. Il se nomme Pomme, la vie est belle. 

 

Maria encaisse car c’est son petit fils, donc Pomme ou Marcus elle l’aime de toutes les manières.

 

Quand le deuxième enfant vient au monde, les parents ont toujours l’idée de ce choix dans le futur pour l’enfant, donc ce sera le bébé. Fille ou garçon personne ne doit savoir.

 

William la quitte car lui ne supporte pas.

 

 

 

Un roman qui nous entraine dans le questionnement. Nous sommes dans une période où certains aimeraientt gommer la masculinité autant que la féminité. Pas d’inégalité. Et je m’interroge. Maria réagit selon son coeur de grand-mère.  Tant pis si elle n’est pas d’accord avec sa fille, ses petits enfants sont son trésor. 

 

Etre différent dans notre société complètement formatée n’est pas aisée. J’avoue que petite je rêvais d’être un garçon donc je grimpais aux arbres, je jouais aux autos mais j’étais une fille donc j’adorais les poupées. J’avais libre choix mais jamais je n’imaginerais que je puisse être un homme. A 55 ans, je ne me sens vraiment pas amoindrie par le masculin. Je suis leur égale un point c’est tout. 

 

Oui un livre qui questionne mais l’écriture est si belle ….et les oiseaux volent si haut, qu’on peut imaginer….

 

 

 

 

 

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18 décembre 2017

La voix de Cabo de Catherine Baldisseri

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C’est à Cabo, village au bord de mer, où survivent quelques familles de pêcheurs, que Teresa emménage  suivant son mari Damaso, télégraphiste et gardien du phare où ils vont vivre.

 

 

 

Teresa aurait pu rester la Reine d’une brasserie de Montevideo, celle que son père Dario a créée mais l’amour change parfois le cours du destin.

 

Dès le premier jour, elle décide d’enseigner aux enfants de ce coin reculé.  

 

Quand Machado, inculte, analphabète décide de tenter sa chance. Il n’est qu’un chasseur de loup de mer mais il veut autre chose et il sait que Teresa le lui offrira. Apprendre à lire pour comprendre mais surtout pour que les enfants puisse avoir encore un gardien de phare. 

 

Dans le reste du pays, la révolte des Tupumaros commence à grandir.

 

Malheureusement, un soir, l’enfant de Teresa et Damaso, décède. Damaso habile de ses doigts pour les messages a perdu pied. Il devient fou et se tue.

 

Teresa pour ne pas complètement sombrer également dans la folie quitte Cabo. Elle désire que Machado la suive à Montevideo. Faire des études. Il en est capable.

 

Machado lui offrira un cadeau encore plus beau mais elle ne le saura que quelques années plus tard. 

 

 

Un très beau premier roman qui nous entraine aux extrêmes de la nature tout autant que de la vie.

 

Roman qui se lit très vite tant l’écriture est fluide mais petit bémol, aucun des antagonistes ne se détache plus que l'autre.. Ils font partie d’un tout. 

 

Roman de révolte, d’espoir et surtout d’amour pour les livres. Portrait d'une femme libre.

 

Une belle lecture

 

 

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23 novembre 2017

Sauver les Meubles de Céline Zufferey

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Que dire de ce premier roman « Sauver les meubles » de Celine Zufferey ?  Qu’on peut le lire en une heure et qu’on le termine sans état d’âme. Plaisant sans plus. 

 

Roman d’une solitude vite oubliée. 

 

Il rêvait d’être un photographe reconnu mais il n’en est rien.

Il dialogue imaginaire avec son père qui est placé en maison de retraite.

Il passe ses soirées à chatter sur des sites à caractère sexuel. 

 

 

En entrant dans l’entreprise, il imagine combler un vide. Il devient le photographe qui donne envie aux consommateurs d’acheter les meubles figés sur papier glacé. Frustration.

 

Il repère Nathalie qui pose comme mannequin sur les photos. 

 

Il rencontre durant une super soirée entreprise Christophe

 

Il va monter un site porno avec ledit Christophe 

 

Qui n’a jamais rêvé de changer sa vie ?

 

 

Fin du résumé. Rien à dire de plus.

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21 novembre 2017

L'empreinte du passé de Patricia Wentworth

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James Hardwick a le coup de foudre pour la jeune Carmona Leigh en l’apercevant dans une loge de théâtre.  

Le colonel Trevor , ex tuteur de la jeune fille, apprend à James que Carmona est amoureuse d’un homme pas vraiment fréquentable : Alan Field.

 

James part un an à l’étranger sans avoir revu la jeune fille et par un hasard extraordinaire, lors de son retrour, il l’aperçoit dans un wagon dans le train parallèle au sien. La jeune fille pétillante dont il était tombé amoureux, ne porte plus que la tristesse sur son visage. Il sait qu’il doit l’épouser mais c’est Alan Field qui va lui passer bientôt la bague au doigt.

 

Et l’on retrouve Carmona à Cliff Hedge au coeur de l’été. Elle est devenue la femme de James après avoir été abandonnée par Alan le jour de leur mariage puisqu’il n’est jamais venu.

 

Dans la demeure de l’oncle de son mari, elle reçoit des amis. Tout se déroule bien jusqu’à l’arrivée d’Alan Field qui joue de son charme. Comme à son habitude, il a besoin d’argent et va jouer au chantage avec quelques membres.

 

Et ce qui devait arriver, arrive : il est assassiné.

 

 

Miss Silver n’est jamais loin, tricotant encore et toujours.

 

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Parmi les miens de Charlotte Pons

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Dans le cadre des 68 premières fois, Charlotte Pons nous renvoie à ce qui est le plus déchirant pour grand nombre d’humains : la perte de ses parents. La déchéance, l’euthanasie, les ressentiments, tout y est évoqué.

 

 

Manon est jeune maman, ainée des trois enfants. Quand lui annonce que sa mère a eu un accident de voiture et qu’elle est dans le coma, elle abandonne mari et enfant pour retrouver sa soeur, son frère ainsi que son père.

 

 

Leur mère est maintenue est en vie mais dans un état qu’elle ne quittera surement jamais. Les entend t-elle ? Les perçoit-elle ? Pour les médecins, il faut patienter. Manon ne comprend pas cet acharnement. Elle ne sera plus la mère qu’elle a connue alors pourquoi attendre ? Elle n’a qu’à mourir. 

 

Adèle sa petite soeur et Gabriel le frère bourré de médicaments, sont offusqués.  Elle pense déjà à la mort de leur mère !!! Une soeur sans coeur décidément.

 

Manon reste près de son père qui reste dans un mutisme absolu. 

 

Manon qui se débat contre le rejet de son enfant. Aucune sensation d’être mère. Elle voudrait mais n’y arrive pas.

 

Et puis que savent-ils les enfants du passé de ce corps qui reste cloué au lit, qui ne parle plus, qui  

reste dans son état végétatif ?

 

Très peu car de la jeunesse de leurs parents, les enfants n’en connaissent que des bribes.

 

La fratrie sait que leur mère était suédoise. Langue que leur mère ne leur a jamais appris. Elle a repris ses études d’anthropologue après la naissance de ses trois enfants, souffrant souvent de mélancolie. Une mère dépressive dont Manon s’est toujours sentie dépossédée. 

 

Elle se souvient de cette grand-mère suédoise qui est apparue un jour à la porte de leur maison. Maison d’enfance que les parents ont revendue pour venir se loger dans un horrible pavillon sans âme. 

 

Elle n’oubliera jamais le jour, où Peter, pris d’un accès de folie a voulu la jeter par la fenêtre pour la tuer. C’est sa mère qui l’a sauvée. 

 

Mais malgré cela, leur mère reste un mystère.  Adèle la benjamine semble à Manon celle qui lui fait le plus de reproches  d’être là. 

 

Les jours passent. Le corps maternel se dégrade et l’hôpital lui signifie son congé. A la famille de la prendre en charge.

 

Manon n'arrive toujours pas à devenir mère à son tour.  

 

 

Un premier roman qui m’a beaucoup touchée car il pointe  ce qu’il y a de plus profond en nous : le lien qui nous rattache toujours et encore à notre enfance que sont nos parents.  Ce lien qui se déchire au moment de leur décès, comment l’accepter ? Ce lien que les enfants doivent parfois couper malgré leur volonté  en décidant de donner la mort. 

 

Le personnage de Manon en résume toute la complexité.

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20 novembre 2017

La symphonie du hasard de Douglas Kennedy

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Alice est éditrice à New York. Personne ne sait dans sa maison d’édition qu’elle rend visite régulièrement à son frère Adam, emprisonné. 

 

Elle se rend donc à la prison munie des Oreo que son frère aime tant. Il prétend qu’il a changé mais quand il lui raconte son plus mauvais secret, Alice est complètement perturbée.

 

Cet aveu l’oblige à repenser à  son passé. 

 

Et c’est l’image des USA des années soixante et septante qu’elle nous dévoile : ses parents qui ne cessaient de disputer,  sa mère attendant le moindre prétexte pour le faire. Son frère Adam qui était promis à un bel avenir sportif et qui suite à un accident d’auto, a complètement changé d’option et s’est tourné vers le commerce. Le second frère parcourt le monde afin d’aider les autres, en réponse à l’hermétisme de leur père raciste, antisémite en partie malgré qu’il a épousé une femme juive. 

 

Alice décide d’intégrer une université artistique. Elle suit un cursus d’histoire. Elle participe à une revue littéraire mais durant ces années Nixon tout est source de conflit.  L’intégration des noirs est mal perçue par certains, l’homosexualité n’en parlons pas , la guerre au Vietnam est toujours de mise. Les jeunes fument des joints, ce qui est strictement interdit par la loi, boivent tentant d’échapper à cette chape de plomb sur leur jeunesse.

 

Des événements vont transformer la vie d’Alice : son professeur tuteur se suicide. Ce dernier lui avait avoué qu’il avait un cancer et elle apprend qu’il n’en en rien. Bob, le garçon qu’elle aime, a participé à une sale histoire et son père qui partait sans cesse au Chili pour surveiller sa mine, est en fait impliqué dans la destitution de Allende et l’arrivée au pouvoir de Pinochet.

 

Adam est là bas pour aider son père. Peter décide de s’y rendre et Alice part en Irlande continuer son cursus car elle veut fuir absolument tous ces tristes événements mais surtout tous ces secrets que vous inflige votre famille. Porter le fardeau des autres, elle veut tenter de les oublier. 

 

 

La symphonie du hasard est le genre de roman que j’adore, c’est politique, intellectuel, intéressant historiquement.  Un roman fluide construit autour d’une famille qui se mêle les pieds dans les non dits. Bref du Douglas Kennedy en super forme.

 

J’attends la suite au mois de mars. 

 

 

 

 

 

 

 

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14 novembre 2017

N'oublie rien en chemin de Anne-Sophie Moszkowicz

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Sandra vit heureuse à Lyon, mariée, deux enfants.  

 

Sa grand-mère qu’elle adorait meurt. Cette dernière lui a légué ses petits carnets en moleskine où elle décrit tout ce qu’elle a vécu sous l’occupation : les rafles, la terreur, le retour à l’appartement familial dont une autre famille avait pris possession. De son vivant, elle n’avait jamais rien raconté. 

 

Mais il y a un secret derrière ces petits carnets. Sa grand-mère lui délègue une mission.

 

Sandra a peur de retourner à Paris où elle a laissé une partie de sa jeunesse. Paris où elle était si amoureuse d’un garçon qui l’a rejetée et elle n’a jamais compris le pourquoi. 

 

Elle vivait en même temps une autre d’histoire d’amour, avec Paul, qui est devenu son mari.

 

Elle part, inquiète. Va t-elle avoir le courage de comprendre ?  D’affronter ?

 

 

 

J’ai beaucoup aimé ce premier roman dans le cadre des 68 premières fois. Très belle écriture, fluide. 

 

Mais surtout il y a ce passage qui pose la question de l’oubli

 

Arrivera-t-il un jour où le monde aura oublié définitivement cette période trouble, lorsque ma génération n’existera plus et qu’elle aura cédé la place aux autres ? Que fera la jeunesse de nos pires souvenirs ? Les enterrera-t-elle pour « renouveler la mémoire collective », comme je l’ai entendu aujourd’hui même de la bouche de ce jeune sociologue qui soutenait que nous pouvions rien souhaiter de mieux pour une société apaisée. « Quand tous les survivants de cette époque auront disparu, l’air sera plus léger, plus respirable, a t-il conclu »

 

 

Très souvent, je me pose la même question. Et quand le dernier survivant aura disparu ? Aurons-t-il l’ignominie de prétendre que tout cela était faux ? Malheureusement, je le pense car nous vivons dans un siècle qui balaie tout, qui dénonce tout. C’est si facile d’oublier, c’est si loin. 

 

Certains et certaines diront qu’on a tellement écrit sur la question. Et moi je répondrai qu’on n’a pas encore assez écrit et qu’envers tous ceux qui sont morts, il faut encore écrire et écrire.Ne jamais oublier au vu de la montée des extrêmes qui se tapissent dans les coins, attendant leur heure. 

 

 

 

 

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