21 février 2018

Maria d'Angélique Villeneuve

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C’est à travers ce très beau roman, que je découvre l’écriture si poétique d’Angelique Villeneuve.

Conquise je suis.

 

C’est donc par un roman bien étrange que j’aborde cette écrivain. 

 

Maria  a perdu son mari assez jeune, elle a élevé sa fille seule et ensuite avec son nouveau compagnon William.

 

Tout va bien, elle est la grand-mère d’un petit Marcus. Elle lui a appris à aimer les oiseaux. Le petit est aussi passionné qu’elle.  Son travail : schampouiner et coloriser des têtes dans le salon de coiffure de Bernadette.

 

Tout va bien.  Oui mais.  

 

Sa fille et son gendre ont décidé que Marcus devait avoir le choix  de ce qu’il voulait être. Il veut porter des robes, pas de souci. Il veut poser du vernis à ongle, pas de problème. Il se nomme Pomme, la vie est belle. 

 

Maria encaisse car c’est son petit fils, donc Pomme ou Marcus elle l’aime de toutes les manières.

 

Quand le deuxième enfant vient au monde, les parents ont toujours l’idée de ce choix dans le futur pour l’enfant, donc ce sera le bébé. Fille ou garçon personne ne doit savoir.

 

William la quitte car lui ne supporte pas.

 

 

 

Un roman qui nous entraine dans le questionnement. Nous sommes dans une période où certains aimeraientt gommer la masculinité autant que la féminité. Pas d’inégalité. Et je m’interroge. Maria réagit selon son coeur de grand-mère.  Tant pis si elle n’est pas d’accord avec sa fille, ses petits enfants sont son trésor. 

 

Etre différent dans notre société complètement formatée n’est pas aisée. J’avoue que petite je rêvais d’être un garçon donc je grimpais aux arbres, je jouais aux autos mais j’étais une fille donc j’adorais les poupées. J’avais libre choix mais jamais je n’imaginerais que je puisse être un homme. A 55 ans, je ne me sens vraiment pas amoindrie par le masculin. Je suis leur égale un point c’est tout. 

 

Oui un livre qui questionne mais l’écriture est si belle ….et les oiseaux volent si haut, qu’on peut imaginer….

 

 

 

 

 

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18 décembre 2017

La voix de Cabo de Catherine Baldisseri

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C’est à Cabo, village au bord de mer, où survivent quelques familles de pêcheurs, que Teresa emménage  suivant son mari Damaso, télégraphiste et gardien du phare où ils vont vivre.

 

 

 

Teresa aurait pu rester la Reine d’une brasserie de Montevideo, celle que son père Dario a créée mais l’amour change parfois le cours du destin.

 

Dès le premier jour, elle décide d’enseigner aux enfants de ce coin reculé.  

 

Quand Machado, inculte, analphabète décide de tenter sa chance. Il n’est qu’un chasseur de loup de mer mais il veut autre chose et il sait que Teresa le lui offrira. Apprendre à lire pour comprendre mais surtout pour que les enfants puisse avoir encore un gardien de phare. 

 

Dans le reste du pays, la révolte des Tupumaros commence à grandir.

 

Malheureusement, un soir, l’enfant de Teresa et Damaso, décède. Damaso habile de ses doigts pour les messages a perdu pied. Il devient fou et se tue.

 

Teresa pour ne pas complètement sombrer également dans la folie quitte Cabo. Elle désire que Machado la suive à Montevideo. Faire des études. Il en est capable.

 

Machado lui offrira un cadeau encore plus beau mais elle ne le saura que quelques années plus tard. 

 

 

Un très beau premier roman qui nous entraine aux extrêmes de la nature tout autant que de la vie.

 

Roman qui se lit très vite tant l’écriture est fluide mais petit bémol, aucun des antagonistes ne se détache plus que l'autre.. Ils font partie d’un tout. 

 

Roman de révolte, d’espoir et surtout d’amour pour les livres. Portrait d'une femme libre.

 

Une belle lecture

 

 

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23 novembre 2017

Sauver les Meubles de Céline Zufferey

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Que dire de ce premier roman « Sauver les meubles » de Celine Zufferey ?  Qu’on peut le lire en une heure et qu’on le termine sans état d’âme. Plaisant sans plus. 

 

Roman d’une solitude vite oubliée. 

 

Il rêvait d’être un photographe reconnu mais il n’en est rien.

Il dialogue imaginaire avec son père qui est placé en maison de retraite.

Il passe ses soirées à chatter sur des sites à caractère sexuel. 

 

 

En entrant dans l’entreprise, il imagine combler un vide. Il devient le photographe qui donne envie aux consommateurs d’acheter les meubles figés sur papier glacé. Frustration.

 

Il repère Nathalie qui pose comme mannequin sur les photos. 

 

Il rencontre durant une super soirée entreprise Christophe

 

Il va monter un site porno avec ledit Christophe 

 

Qui n’a jamais rêvé de changer sa vie ?

 

 

Fin du résumé. Rien à dire de plus.

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21 novembre 2017

L'empreinte du passé de Patricia Wentworth

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James Hardwick a le coup de foudre pour la jeune Carmona Leigh en l’apercevant dans une loge de théâtre.  

Le colonel Trevor , ex tuteur de la jeune fille, apprend à James que Carmona est amoureuse d’un homme pas vraiment fréquentable : Alan Field.

 

James part un an à l’étranger sans avoir revu la jeune fille et par un hasard extraordinaire, lors de son retrour, il l’aperçoit dans un wagon dans le train parallèle au sien. La jeune fille pétillante dont il était tombé amoureux, ne porte plus que la tristesse sur son visage. Il sait qu’il doit l’épouser mais c’est Alan Field qui va lui passer bientôt la bague au doigt.

 

Et l’on retrouve Carmona à Cliff Hedge au coeur de l’été. Elle est devenue la femme de James après avoir été abandonnée par Alan le jour de leur mariage puisqu’il n’est jamais venu.

 

Dans la demeure de l’oncle de son mari, elle reçoit des amis. Tout se déroule bien jusqu’à l’arrivée d’Alan Field qui joue de son charme. Comme à son habitude, il a besoin d’argent et va jouer au chantage avec quelques membres.

 

Et ce qui devait arriver, arrive : il est assassiné.

 

 

Miss Silver n’est jamais loin, tricotant encore et toujours.

 

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Parmi les miens de Charlotte Pons

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68

 

 

Dans le cadre des 68 premières fois, Charlotte Pons nous renvoie à ce qui est le plus déchirant pour grand nombre d’humains : la perte de ses parents. La déchéance, l’euthanasie, les ressentiments, tout y est évoqué.

 

 

Manon est jeune maman, ainée des trois enfants. Quand lui annonce que sa mère a eu un accident de voiture et qu’elle est dans le coma, elle abandonne mari et enfant pour retrouver sa soeur, son frère ainsi que son père.

 

 

Leur mère est maintenue est en vie mais dans un état qu’elle ne quittera surement jamais. Les entend t-elle ? Les perçoit-elle ? Pour les médecins, il faut patienter. Manon ne comprend pas cet acharnement. Elle ne sera plus la mère qu’elle a connue alors pourquoi attendre ? Elle n’a qu’à mourir. 

 

Adèle sa petite soeur et Gabriel le frère bourré de médicaments, sont offusqués.  Elle pense déjà à la mort de leur mère !!! Une soeur sans coeur décidément.

 

Manon reste près de son père qui reste dans un mutisme absolu. 

 

Manon qui se débat contre le rejet de son enfant. Aucune sensation d’être mère. Elle voudrait mais n’y arrive pas.

 

Et puis que savent-ils les enfants du passé de ce corps qui reste cloué au lit, qui ne parle plus, qui  

reste dans son état végétatif ?

 

Très peu car de la jeunesse de leurs parents, les enfants n’en connaissent que des bribes.

 

La fratrie sait que leur mère était suédoise. Langue que leur mère ne leur a jamais appris. Elle a repris ses études d’anthropologue après la naissance de ses trois enfants, souffrant souvent de mélancolie. Une mère dépressive dont Manon s’est toujours sentie dépossédée. 

 

Elle se souvient de cette grand-mère suédoise qui est apparue un jour à la porte de leur maison. Maison d’enfance que les parents ont revendue pour venir se loger dans un horrible pavillon sans âme. 

 

Elle n’oubliera jamais le jour, où Peter, pris d’un accès de folie a voulu la jeter par la fenêtre pour la tuer. C’est sa mère qui l’a sauvée. 

 

Mais malgré cela, leur mère reste un mystère.  Adèle la benjamine semble à Manon celle qui lui fait le plus de reproches  d’être là. 

 

Les jours passent. Le corps maternel se dégrade et l’hôpital lui signifie son congé. A la famille de la prendre en charge.

 

Manon n'arrive toujours pas à devenir mère à son tour.  

 

 

Un premier roman qui m’a beaucoup touchée car il pointe  ce qu’il y a de plus profond en nous : le lien qui nous rattache toujours et encore à notre enfance que sont nos parents.  Ce lien qui se déchire au moment de leur décès, comment l’accepter ? Ce lien que les enfants doivent parfois couper malgré leur volonté  en décidant de donner la mort. 

 

Le personnage de Manon en résume toute la complexité.

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20 novembre 2017

La symphonie du hasard de Douglas Kennedy

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Alice est éditrice à New York. Personne ne sait dans sa maison d’édition qu’elle rend visite régulièrement à son frère Adam, emprisonné. 

 

Elle se rend donc à la prison munie des Oreo que son frère aime tant. Il prétend qu’il a changé mais quand il lui raconte son plus mauvais secret, Alice est complètement perturbée.

 

Cet aveu l’oblige à repenser à  son passé. 

 

Et c’est l’image des USA des années soixante et septante qu’elle nous dévoile : ses parents qui ne cessaient de disputer,  sa mère attendant le moindre prétexte pour le faire. Son frère Adam qui était promis à un bel avenir sportif et qui suite à un accident d’auto, a complètement changé d’option et s’est tourné vers le commerce. Le second frère parcourt le monde afin d’aider les autres, en réponse à l’hermétisme de leur père raciste, antisémite en partie malgré qu’il a épousé une femme juive. 

 

Alice décide d’intégrer une université artistique. Elle suit un cursus d’histoire. Elle participe à une revue littéraire mais durant ces années Nixon tout est source de conflit.  L’intégration des noirs est mal perçue par certains, l’homosexualité n’en parlons pas , la guerre au Vietnam est toujours de mise. Les jeunes fument des joints, ce qui est strictement interdit par la loi, boivent tentant d’échapper à cette chape de plomb sur leur jeunesse.

 

Des événements vont transformer la vie d’Alice : son professeur tuteur se suicide. Ce dernier lui avait avoué qu’il avait un cancer et elle apprend qu’il n’en en rien. Bob, le garçon qu’elle aime, a participé à une sale histoire et son père qui partait sans cesse au Chili pour surveiller sa mine, est en fait impliqué dans la destitution de Allende et l’arrivée au pouvoir de Pinochet.

 

Adam est là bas pour aider son père. Peter décide de s’y rendre et Alice part en Irlande continuer son cursus car elle veut fuir absolument tous ces tristes événements mais surtout tous ces secrets que vous inflige votre famille. Porter le fardeau des autres, elle veut tenter de les oublier. 

 

 

La symphonie du hasard est le genre de roman que j’adore, c’est politique, intellectuel, intéressant historiquement.  Un roman fluide construit autour d’une famille qui se mêle les pieds dans les non dits. Bref du Douglas Kennedy en super forme.

 

J’attends la suite au mois de mars. 

 

 

 

 

 

 

 

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14 novembre 2017

N'oublie rien en chemin de Anne-Sophie Moszkowicz

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Sandra vit heureuse à Lyon, mariée, deux enfants.  

 

Sa grand-mère qu’elle adorait meurt. Cette dernière lui a légué ses petits carnets en moleskine où elle décrit tout ce qu’elle a vécu sous l’occupation : les rafles, la terreur, le retour à l’appartement familial dont une autre famille avait pris possession. De son vivant, elle n’avait jamais rien raconté. 

 

Mais il y a un secret derrière ces petits carnets. Sa grand-mère lui délègue une mission.

 

Sandra a peur de retourner à Paris où elle a laissé une partie de sa jeunesse. Paris où elle était si amoureuse d’un garçon qui l’a rejetée et elle n’a jamais compris le pourquoi. 

 

Elle vivait en même temps une autre d’histoire d’amour, avec Paul, qui est devenu son mari.

 

Elle part, inquiète. Va t-elle avoir le courage de comprendre ?  D’affronter ?

 

 

 

J’ai beaucoup aimé ce premier roman dans le cadre des 68 premières fois. Très belle écriture, fluide. 

 

Mais surtout il y a ce passage qui pose la question de l’oubli

 

Arrivera-t-il un jour où le monde aura oublié définitivement cette période trouble, lorsque ma génération n’existera plus et qu’elle aura cédé la place aux autres ? Que fera la jeunesse de nos pires souvenirs ? Les enterrera-t-elle pour « renouveler la mémoire collective », comme je l’ai entendu aujourd’hui même de la bouche de ce jeune sociologue qui soutenait que nous pouvions rien souhaiter de mieux pour une société apaisée. « Quand tous les survivants de cette époque auront disparu, l’air sera plus léger, plus respirable, a t-il conclu »

 

 

Très souvent, je me pose la même question. Et quand le dernier survivant aura disparu ? Aurons-t-il l’ignominie de prétendre que tout cela était faux ? Malheureusement, je le pense car nous vivons dans un siècle qui balaie tout, qui dénonce tout. C’est si facile d’oublier, c’est si loin. 

 

Certains et certaines diront qu’on a tellement écrit sur la question. Et moi je répondrai qu’on n’a pas encore assez écrit et qu’envers tous ceux qui sont morts, il faut encore écrire et écrire.Ne jamais oublier au vu de la montée des extrêmes qui se tapissent dans les coins, attendant leur heure. 

 

 

 

 

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06 novembre 2017

A la claire fontaine et coiffeur pour dames de M.C. Beaton

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Dès que je vois qu’un nouvel Agatha Raisin, deux devrais je dire car ces enquêtes sont éditées en deux tomes, je fonce.

 

Et j’avoue que j’y prends goût.

 

Pauvre Agatha, elle tente de se persuader qu’elle n’aime plus James. D’ailleurs il la fuit. 

 

Même lorsque Robert Struthers, président du conseil municipal, est assassiné à la source d’eau douce du village de Bascombe, elle espère reprendre leur duo d'enquêteurs mais peine perdue.

 

Une société aimerait exploiter cette source  à la grande colère des habitants. Le conseil municipal se composent des pour et des contre. 

 

Agathe débute donc son enquête avec grande tristesse sans James.

 

Roy son ancien employé lui propose de réaliser la com de la société qui veut exploiter la source. 

 

Agatha fonce et tombe dans les bras d’un des frères associés qui est plus jeune qu’elle. 

 

Le village jase…. Et James est scandalisé. 

 

 

 

 

Dans la suite de ses aventures, James s’étant envolé vers d’autres cieux, Agatha déprime. 

La femme du pasteur lui propose, lorsqu’Agatha horrifiée découvre qu’elle a des cheveux blancs, le salon de coiffure dont le patron se nomme John.

 

Elle se rend donc à Avesham et est comblée par le talent du coiffeur mais également par la prestance de ce bel homme. 

 

Bizarrement, elle constate que certaines femmes sont horrifiées quand elle évoque son nom durant la réunion des femmes de la paroisse. 

 

Bizarre d’autant que cet homme est charmant. Si charmant qu’elle accepté d’aller au restaurant en sa compagnie mais petit à petit, l’enquêteuse reprend le dessus, et James étant aux abonnés absents, elle va conspirer avec le baronnet Charles, rencontré à Chypre, pour coincer Monsieur John. 

 

Peine perdue, le triste sire meurt dans les toilettes de son salon de coiffure, empoisonné par du 

ricin.

 

 

 

J’avoue qu’Agatha m’énerve. Si elle tendait un peu plus la main aux autres, on ne ferait pas sans cesse allusion à son âge, ce qui entraine une déprime certaine mais bon elle va peut être s’améliorer dans les prochains épisodes.

Une bonne série dont je ne me lasse aucunement.

 

 

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Le courage qu'il faut aux rivières Emmanuelle Favier

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Premier roman lu dans le cadre des 68 premières fois. Il évoque la question de l’avenir et de la place de la femme dans certaines sociétés. Ici l’Albanie, pays pas très lointain de nos frontières et pourtant la femme y est toujours soumise aux désirs et aux décisions des hommes.  Quelle solution pour échapper à ce carcan ? Renoncer à être une femme et prendre la place des hommes.

 

 

Manushe pour échapper à un mariage non choisi va décider de devenir une vierge jurée. Elle aura une certaine liberté  due à son choix mais l’amour elle peut l’oublier. 

 

 

Adrian, c’est son père qui à décidé que cette xième fille serait un garçon. Personne de son village ne doit savoir. Mais certains ne sont pas dupes et lors d’une partie de chasse, un homme du village la viole. Adrian s’enfuit

 

Le destin voulait que Manushe et Adrian se rencontrent  pour fusionner leur solitude.

 

 

J’ai mis du temps à écrire cette chronique car cette lecture m’a laissée totalement indifférente. Je l’ai lu avec plaisir mais il m’a laissé de marbre émotionnellement ce premier roman.

 

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24 octobre 2017

Faux départ de Marion Messina

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Premier roman de Marion Messina dans cette longue et merveilleuse série des 68 premières fois. 

 

Premier roman qui décrit, dans une écriture rapide, de façon vitriolée, cette société qu’est devenue la nôtre mais surtout celle des jeunes qui tentent de s’en sortir sans trop de casse.

 

 

Aurélie a obtenu son bac à la satisfaction de ses parents. Une nouvelle vie peut commencer : la fac ouvre ses portes. Issue d’un milieu ouvrier, l’avenir semble radieux pour ses parents. Elle part donc vers Grenoble.

 

Malheureusement Aurélie est une fille très solitaire, sans amis et dès le premier jour, elle comprend qu’à la fac, il y  a des castes.  Ceux qui savent qu’ils seront l’élite, et les autres qui se répartissent en sous-groupes. 

 

Ayant obtenu une bourse qui n’est pas assez conséquente, elle décide de travailler en nettoyant les chambres de la cité universitaire. Elle y rencontre Alejandro, étudiant colombien. Grâce à l’argent de son oncle, il est venu en France pour étudier la littérature. Elle lui plait, il lui plait. Aurelie ne quitte plus Alejandro qui commence à s’ennuyer à Grenoble. Il décide de partir à Lyon pour poursuivre son cursus. D’Aurélie, il n’en est pas question ; sa liberté d’homme avant tout.

 

Détestant Grenoble, Aurélie plaque tout et part à Paris. 

 

 

Sincèrement, j’ai cru en lisant les premières lignes que ce roman allait m’ennuyer. Grave erreur car je l’ai lu d’une traite. D’ailleurs Marion Messina ne nous en laisse pas le temps, on court derrière Aurélie, on dévore sa vie. 

 

Aucun ruban rose à ouvrir dans le portrait de cette jeune file du XXIème siècle et ce futur si improbable. Elle aimerait être différente de ses parents sans qu’on lui en laisse l’occasion. 

 

Aucun pathos dans cette lucidité de l’écrivain.  Notre société est malade, c’est un fait.

 

Sans oublier Paris qui prend une bonne claque sur son visage de ville idyllique. 

 

Une très bonne lecture qui vaut le détour. 

 

« La vie nous a semblé difficile parce qu’on essayait d’imiter nos parents, dans une époque qui avait trop changé pour qu’on y parvienne.

On a lutté, étudié, envisagé de passer des concours, on a bêtement voulu faire comme eux…Et on s’est plantés. Il faut inventer autre chose, chercher une place ailleurs, dans d’autres lieux, d’autres corps de métier, d’autres décors. Il faut tout recommencer, Aurélie. Tout. On ne va pas rester ici à s’emmerdre pour une avoir une pâle copie de la vie au rabais de nos vieux. Il va falloir qu’on trouve notre place quand eux avait un parcours tout désigné. Il faut arrêter de se lamenter de vivre moins bien que nos parents. Ils ont connu une époque de plein emploi, tu rentrais dans un magasin acheter de savates et t’étais vendeur de savates le lendemain, tu pouvais devenir VPR sans un seul diplôme…A quoi ça les a menés ce cirque ? Finalement, il n’y a rien à leur envier. Il faut faire le deuil de l’opulence, le deuil de Paris, le deuil de la France, le deuil du plein emploi. Et, surtout, il ne faut plus jamais se laisser marcher sur les pieds. »

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