16 mai 2017

L'ordre du jour de Eric Vuillard

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Après la lecture de ce récit, on ne peut établir le constat que tout peuple n’est qu’un jouet aux mains des oligarques et des industriels de tout bord. 

 

Eric Vuillard nous décortique la montée de ce que fut le nazisme sous la bienveillance de 24 industriels dont les marques font encore partie de notre vie bien longtemps après. Ils ont contribué, grâce à leur argent, à l’instauration du fascisme et ont profité pleinement de cette guerre. Ce qui me heurte et me heurtera toujours c’est que ces gens là qui ont profité de la main d’oeuvre fournie par les camps de concentration, n’ont jamais été inquiétés : Krupp, Siemens et j’en passe. Ces 24 sont morts mais les industries fondées existent toujours. Ils sont à mes yeux aussi criminels que ceux qui furent jugés à Nuremberg.  Ils ont permis à HItler d’arriver au pouvoir juste pour satisfaire leur cupidité. 

 

Ne parlons pas de la lâcheté des dirigeants tel Chamberlain et DAladier. Ils savaient mais ils n’ont rien fait pour empêcher la folie d’Hitler.

 

Sans oublier Schuschnigg petit dictateur sans verGure, adepte du oui oui, remplace par un pur nazi à la tête de l’Autriche. 

 

Et puis il y a l’annexion de l’Autriche racontée comme une grande épopée selon les archives. Le triomphe allemand. Rigolons bien car ce fut un fiasco total. Les images sont là pour tenter de distiller des vérités dans le crâne du peuple. Les chars allemands ne fonctionnaient pas. C’était la cohue. Hitler furax. Elle est belle l’annexion de l’Autriche. On en rirait si on oubliait les juifs qui furent humiliés, battus. On en rirait si on oubliait tous ceux qui se sont suicidés en 1938 car ils ne voulaient pas vivre sous ce régime. 

 

« Je les ai revu ces films. Certes, il ne faut pas s’y tromper, on a fait venir des militants nazis de l’Autriche entière, on a arrête les opposants, les juifs, c’est une foule triée, purgée; mais ils sont bel et bien là, les Autrichiens, ce n’est pas seulement une foule de cinéma »

 

 

On en rirait si l’on ne pouvait imaginer qu’on avait coupé le gaz aux juifs, normal ils ne payaient pas leurs factures. Quelle idée de se suicider. 

 

 

« L’horoscope du 12 mars fut merveilleux pour les Balance, les Cancer et les Scorpion. Le ciel était en revanche néfaste  au reste des hommes. Les démocraties européennes opposèrent à l’invasion, une résignation fascinée. Les Anglais, qui étaient au courant de son imminence, avaient averti Schschnigg. C’est tout ce qu’ils firent. Les Français, eux, n’avaient pas de gouvernement, la crise ministérielle tombait à point. »

 

Les livres d’Eric Vuillard ne sont jamais de gros pavés mais il ne faut parfois que peu de mots pour asséner les vérités.

 

On nous parle de la paix européenne et pourtant la montée du fascisme dans certains pays de l’Est n’est pas un leurre. Les autres dirigeants montent parfois le ton mais pas trop. On laisse faire comme on a laissé faire en 1938. Et je suis sûre que cela arrange bien d’autres 24 industriels. 

 

 

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27 mars 2017

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon

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Dans cette série de premiers romans, c’était celui que j’attendais avec le plus d’impatience.

Satie  me laisse un gout d’enfance lorsque les gymnopédies voletait dans le bureau paternel. 

Sa musique c’est une note suivie d’un envol du silence et la note qui reprend sa place. Pour nous du XXIième siècle sa musique nous est acquise mais pour lui, à l’aube du XXième siècle ce fut une révolution très mal comprise.

 

« Quand les gens vous oublient sans raison , c’est indescriptible. Cela devrait être interdit par la démocratie. ils vous laissent une fuite dans le coeur, comme un sifflement. On appelle ça les acouphènes. Pour les musiciens pas de chance. »

 

 

Erik Satie est heureux jusqu’au jour où sa mère, écossaise, meurt après le décès de son dernier enfant, de tristesse.  Est ce elle qui lui a transmis cette excentricité ? Ou était-il né pour être différent des autres ?

 

Il aime la musique. A 21 ans, il entre au conservatoire mais la musique telle qu’elle est conçue avec ses règles ne lui convient pas. Il  veut créer un autre style car la musique ne doit pas être figée. Rebelle, on le renvoie. Il y sera réintégré grâce à son père et cette fois c’est lui qui quitte ce lieu imprégné de notes poussiéreuses. 

 

 

Son père s’étant remarié avec une femme qui ne l’aime pas. Adieu famille, je suis un créateur qui montrera au monde le génie que je suis. 

 

Mais avant que le génie ne soit acclamé, il faut vivre et pour vivre il faut manger. Grâce à un ami Contamine, il va découvrir le  Chat Noir, là où enfin son être ne sera plus regardé comme folie, enfin par certains. 

 

« Erik Satie : gymnopédiste  !

En un instant, il a un nom, il est engagé. 

La vie, la vrai, commence. »

 

 

Malheureusement pour Satie, il y a les nuits saoules et ce sale caractère qui l’oblige à se refermer sur la solitude. Quand on ne le comprend pas et qu’il n’est pas reconnu comme un avant-gardiste, il se fâche. Colérique dans sa création, colérique dans ses amitiés. 

 

Pourtant, il va se prendre d’une tendresse amicale pour un autre musicien Claude Debussy qui très finaud lui piquera une de ses idées musicales. Debussy aura le succès et lui Satie, n’en parlons pas. 

 

A trente quatre ans, au début du nouveau siècle, il décide de s’isoler dans la banlieue à Arcueil. Il y vivra de nombreuses années sans y inviter aucun ami. 

 

« Il y a une couleur Satie. Le gris. Et un mystère Satie : sa chambre finale, à Arcueil, rue Cauchy. Un lieu apocalyptique, comme l’envers de sa vie. »

 

Le jour de sa mort, ses amis ont découvert un lieu à la mesure de cette solitude qu’ils n’avaient pas perçue. Une couche de poussière, deux pianos, des petits papiers, des partitions et sans énumérer le  tout, quatorze parapluies.

 

 

Très très beau premier roman de Stéphanie Kalfon qui à travers son récit  poétique nous donne rendez-vous avec un homme qui malheureusement n’aurait pas du naître à l’époque où il a vécu. 

Stéphanie Kalfon nous en trace un portrait qui est de toute beauté. Chaque page est un enchantement.  

 Ce n'est pas un coup de coeur mais un coup de tendresse. Tendresse que Stéphanie Kalfon transmet comme une partition. 

 

 

 

 

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21 mars 2017

Nous les passeurs de Marie Barraud

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Quatrième premier roman découvert dans le cadre des 68 premières fois et second abandon.

 

A un moment, je me suis décidée à le refermer suite à l’ennui que je ressentais.

 

En résumé, Marie Barraud décide de comprendre le silence qui pèse dans sa famille sur la personnalité de son grand-père Albert Barraud, arrêté durant la guerre et jamais revenu.

 

Même son père qui a vécu cette arrestation n’en parle jamais comme si cela n’en valait pas la peine. Il avait 8 ans ce jour là.

 

Même face aux questions de sa fille, il se tait mais il donne un carton rempli de papiers que sa mère avait laissé comme souvenirs après sa mort. Il ne sait pas ce que contient ce carton. Il n’a jamais eu le courage de comprendre.

 

Marie va rencontrer l’ami compagnon d'infortune  lors du transfert  de son grand-père vers un camp : Serge Joly. Il va raconter. Marie comprend que son grand-père fut un résistant au coeur noble, soignant du mieux qu’il pouvait les blessés du camp et en sauvant d’autres. 

 

La quête d’une femme sur le passé qui alourdi la vie d’une famille, et tente d’en délivrer son père. 

 

 La raison pour laquelle je n’ai pas aimé ce roman qui en fait pourrait être un récit, c’est un manque d’étincelle. Cette étincelle qui vous fait penser « mince alors, quel roman ! ».

 

Bien écrit, lecture facile mais pour que l’émotion prenne, il faut plus que cela. 

 

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03 mars 2017

La libraire de la place aux Herbes de Eric de Kermel

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Nathalie quand elle découvre que la librairie de la place aux Herbes est en vente n’a plus qu’une idée : l’acheter. Son mari Nathan architecte est d’accord. Elle quitte donc son métier d’enseignante et change tout à fait de vie.

 

Elle va devenir Passeuse de livres et former des liens entre elle et ses différents clients.

 

Que dire de ce livre ? Qu’il est gentil tout simplement. Un monde de bisounours où la libraire raccommode des personnes qui ne se voient plus, elle aide une cliente à accepter sa grossesse, elle tombe même amoureuse mais en rêve bien sur….

 

 

Le roman est basé sur l’affectif que les lecteurs ont par rapport aux livres ainsi que le relationnel entre une libraire et ses clients. Et l’on tombe dans un roman style Jeannine Boissard. Auteur que j’apprécie mais dans ce cas ci c’est un échelon en dessous.

 

Il n’y a qu’une ombre au tableau : Nathalie est en conflit avec sa fille qui ne veut plus la voir mais rassurez vous, tout finira bien.

 

Si vous avez envie de découvrir Uzes, vous serez charmé par la description de cette petite ville du sud. 

 

J’ai abandonné en cours de lecture. 

 

Par contre, chaque chapitre est précédé par une illustration de Camille Penchinat et là c’est un point positif. 

 

 

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31 janvier 2017

Sur les chemins noirs de Sylvain tesson

Que fait-on quand on valse dans le vertige et que l’on se réveille à l’hôpital la gueule de travers, le dos brisé ? On décide de se reconstruire. Pas question de partir vers une destination lointaine mais découvrir le pays où l’on est né, aller à la rencontre de sa mère décédée dans l’année. 

 

tesson

Découvrir oui mais à la manière Sylvain Tesson. 

 

« Ces tracés en étoile et ces lignes piquetées étaient des sentiers ruraux, des pistes pastorales fixées par le cadastre, des accès pour les services forestiers, des appuis de lisière, des vide antiques à peine entretenues, parfois privées, souvent laissées à la circulation des bêtes. La carte entière se  veinait de ces artères. C’étaient mes chemins noirs. Ils ouvraient sur l’échappée, ils étaient oublies, le silence y régnait, on n’y croisait personne et parfois la broussaille se refermait aussitôt après le passage. Certains hommes espéraient encore dans l’Histoire. Nous étions quelques-uns à préférer disparaitre dans la géographie »

 

Et voilà le marcheur prêt à parcourir entre fin aout jusque début novembre les kilomètres qui séparent le Mercantour à la pointe de la France La Hague.

 

Petit détail : il lui est interdit de boire une goutte d’alcool, s’étant perdu durant des années dans ses volutes. 

 

Egal à lui même, Sylvain Tesson s’en va loin de la foule. Se sentir en communion avec la nature. Coucher à la dure, marcher, marcher. Croiser quelques paysans dans ces chemins inempruntés. 

 

Faire l’état du monde. Quelques kilomètres avec un ami, puis un autre et une étape en compagnie de sa soeur. Passage épique du livre. Se sentir en parfaite harmonie avec la nature n’est pas donné à tout le monde.

 

« Chaque matin, le soleil escaladait une barrière de nuages et peinait à passer la herse. A midi c’était l’explosion. L’Aubrac, cravache de rayons, me projetait en souvenir dans les steppes mongoles. C’était une terre rêvée pour les marches d’ivresse. »

 

Et malheureusement, il y a d’autres chemins noirs, ceux qui vous donnent envie tout à coup de mourir mais heureusement la solitude n’est pas de mise ce jour là. Heureusement. 

 

 

Ceux qui me connaissent à travers mes lectures savent que j’adore les récits de voyage de Sylvain Tesson. J’ai eu du mal à entrer dans ces chemins noirs car d’autres me traversaient l’esprit. Petit à petit j’ai pénétré dans les broussailles, franchi les monts et chanté sur les plateaux.

Un très beau livre où l’on découvre un homme qui veut se reconstruire, qui sait que sa vie ne sera plus jamais pareille à avant,  suite à son accident. Un combat contre les trous noirs qui nous happent parfois. Je le garde précieusement.

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19 janvier 2017

Briser la glace de Julien Blanc-Gras

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Aah le Groenland, la neige, les glaciers, les fjords, les aventuriers, le lichen, les bœufs musqués, les phoques, ses esquimaux vivant dans des igloos eh la ! cela date un peu, on ne dit plus esquimaux mais inuits et ils habitent dans des maisons, faut pas rêver. Bon bref, l’ours polaire que l’on va pouvoir affronter de face….surtout sous forme de carte postale.

 

Pour parvenir sur cette terre de rêve, il vous faudra attendre au milieu de nulle part sur l’aéroport de Kangerlussuaq (ancienne base militaire américaine à l’origine durant la seconde guerre mondiale, noeud stratégique pour le ravitaillement des bombardiers). Vous devrez patienter quelques heures tout en observant les humains déambulant et attendant patiemment comme vous. Trois groupes se distinguent : les locaux, les Scandinaves et les touristes.

 

Avant d’entamer le voyage : juste une petite note historique. Groenland vient de Gronland nom que donnèrent les Vikings à cette terre qu’ils découvrirent. Gron car ne vous y trompez pas, l’herbe pousse aussi là bas et quelle est sa couleur ? Verte donc Gron, Groen. 

 

Beaucoup de siècles ont passé et depuis le Groenland appartient encore en partie au Danemark, en partie car économiquement ils sont indépendants de leurs colonisateurs. Pas vraiment dirons nous car le Danemark consacre encore la moitié de son budget annuel à cette contrée. 

 

Mais comme tout convoiteur capitaliste repère toujours l’aubaine avec le changement climatique, le Groenland est convoité de toute part  : les groenlandais sont prêts à laisser tout ce que l’on désire extraire de leur sous-sol. Money is money. 

 

« Le Groenland est une île, c’est même la plus étendue du monde. J’ai plus de deux millions de kilomètres carrés sous les pieds. Ce pays qui n’en est pas vraiment un pourrait contenir quatre fois la surface de la France et il est moins peuplé que l’agglomération de Bourg-en-Bresse. Toute sa population pourrait tenir dans un stade. Elle se concentre sur cette étroite bande de terre escarpée se faufilant entre l’eau solide et l’eau liquide ». 

 

Première escale, Nuuk déclarée comme métropole arctique. Juste le temps de faire connaissance avec les autochtones dans un bar, visiter le musée National du Groenland désertifié par les visiteurs, une bonne nuit et direction le point de ralliement le Sermeq Kujalleq près d’Ilulissat capitale touristique du Groenland. 

 

« on se presse pour admirer la beauté d’un monde qui part en morceaux, avec le frisson qu’offre le spectacle des apocalypses en cours » 

 

et là, Jack London n’est pas qui veut, ce ne sera pas moi qui serai le capitaine du voilier, je n’y connais rien en navigation. J’embarque avec trois bretons : le capitaine, son second et un peintre. Camarades qui se révèleront supers sympas durant tout le voyage. 

 

Toute voile Atka, nom donné au voilier.

 

Durant le magnifique voyage, je vais découvrir les icebergs et devoir les apprivoiser afin qu’ils ne buttent pas contre le voilier, manger du foie de phoque peu après la pèche, admirer une aurore boréale, avoir un manque d’internet après un certain temps, faire un tour en zodiac, parler, penser, rêver, admirer …etc.

 

 

« Ici comme ailleurs, la tentation est grande d’opposer  le grandiose de la nature , même si elle est cruelle, à la bassesse dont les humains sont capables. Je ne cède pas à cette tentation, je préfère garde un peu de confiance  en l’humanité, égoistement , parce que j’en fais partie »

 

 

Si vous avez besoin de vous remonter le moral, si le rire manque à votre vie, dévorez avec gourmandise le récit de Julien Blanc-Gras. Outre la nature qu’il décrit avec poésie, vous comprendrez l’historique de cette terre très lointaine. Très beau récit d’un voyage au milieu des icebergs. 

 

 

 

 

 

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12 janvier 2017

Sibir de Daniele Sallenave

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« La perception de l’immensité qui nous entoure se fait de plus en prenante, jamais je ne l’avais encore ressentie à ce point, sauf parfois dans des lieux chargés d’une histoire profonde ou tragique, la place Saint-Pierre, la Place Rouge, . Mais jamais dans l’espace.L’immense comme source inépuisable. »

 

 

 

 

En 2010, entre mai et juin, Daniele Sallenave part en voyage avec d’autres écrivains français à bord du transsibérien. Ils vont partir de Moscou et traverser la Sibérie pour arriver à la mer du Japon. Ce voyage est comme une résidence d’auteur, rencontres entre lecteurs et écrivains, lectures de poésie….etc

 

Ce n’est pas la première fois qu’elle se rend dans ce pays. Elle a connu l’ère communiste, l’ère Gorbatchev, l’ère incertaine d’Eltsine et enfin cette nouvelle Russie tout à a fait différente point de vue économique mais le peuple lui a t-il changé ?

 

Une question taraude l’écrivain : est ce encore l’Europe là bas dans les confins de Sibérie ?. Sibérie qui fut annexée par la Russie il y a bien des siècles, colonisée ensuite mais le mélange de différents peuples est toujours présent.

 

Entre Moscou et Vladivostok, Danielle Sallenave va entrecroiser ses souvenirs d’anciens voyages avec le présent. Parfois un peu décontenancée mais enthousiaste, elle nous raconte divers écrivains qui vinrent dans les  villes qu’elle découvre. 

 

Découverte des Bouriates, qui sont boudhistes pour certains, proches de Mongolie au bord du Lac Baikal. De l’autre côté du lac d’autres Bouriates Chamanistes. Difficile de croire que ce peuple fait partie de la fédération de la Russie. Bien loin de cette Europe qu’est la nôtre. 

 

 

bouriates

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A Irkoutsk, plane l’ombre des décembristes déportés en 1825 et dont les femmes les accompagneront. La vie du être très rude et triste pour tous ces révoltés car la Sibérie est sauvage, âpre et l’hiver y est si terrible. Quel courage fut celui de ces révolutionnaires qui survécurent à toutes ces années. Un musée leur est dédié. 

 

 

 

Birobidjan qui est une région autonome juive, créée sous l’égide de Staline. Une forme de déportation d’un peuple déguisée sous l’offre d’une terre. A l’ouverture des frontières dans les années nonante, beaucoup se sont empressés de partir vers Israel. Un Etat juif en Russie. Tout est étonnant dans ce pays. 

 

L’ère du communisme est révolue et pourtant on ne peut échapper aux statues de Lenine. Le fondateur de l’Urss est là et bien présent. Les jeunes sont pareils à tous les autres jeunes dans le monde et pourtant le passé n’a pas encore été tout à fait balayé. 

 

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Que va devenir la Sibérie, elle qui renferme tant de richesses dans son sol, surtout du pétrole. Quel va être l’avenir de ces ethnies ? En 2010 Daniele Sallenave se questionne et en 2017 qu’en est-il ? 

 

A la fin du voyage, force est de constater le nombre de travailleurs chinois et coréens du nord qui travaillent dans ces contrées. Des anciennes amitiés communistes qui fonctionnent toujours. 

 

La Russie qui devint ensuite l’URSS pour redevenir la Russie avec ses fédérations, me fait rêver depuis mon enfance. J’ai parcouru à travers les mots des kilomètres dans des contrées magnifiques, rencontré des peuples dont je ne connaissais même pas l’existence.La Sibérie est synonyme de Goulag pour nous, pourtant là bas, il y  aussi des sourires….

(photos prises sur le net) 

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05 janvier 2017

Une bobine de fil bleu d'Anne Tyler

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C’est Abby qui a décidé que Red serait l’homme de sa vie, Red quant à lui le savait depuis longtemps. 

Ils vivent depuis des années dans la maison qui fut celle des parents de Red. La maison que son père avait construite, qu’il considérait comme l’idéale. Il n'en avait pas été le premier propriétaire mais il était arrivé par ruse à l'obtenir. 

 

Deux filles, toutes deux mariées à un Hugues, Stem en fait Douglass qui a été recueilli par la famille à la mort de son père et Denny, l’inclassable Denny qui est doué pour changer sans arrêt de boulot, quitter la maison et ne plus donner signe de vie, le caractériel de la famille.

 

Red a repris l’entreprise de construction de son père Junior. L’une de ses filles et Stem y travaillent également.

 

Abby était assistante sociale et au grand désespoir et honte de ses enfants, elle ramenait les paumés de la terre chez eux. Abby c’est l’empathie incarnée, elle trouve toujours une excuse même à Denny. 

 

Les vacances ensemble au bord de la mer dans une vieille maison mais si pratique. Les enfants qui deviennent parents à leur tour.

 

Abby qui commence à perdre la tête. Au tour des enfants de prendre soin de leurs parents. 

 

La famille Whitshank se voudrait différente des autres mais elle ne l’est en aucune façon. 

 

«  Quant aux enfants d’Abby, ils l’aimaient, naturellement,. Même Denny, présumait-on…à sa manière. Mais elle leur faisait terriblement honte. Lorsque leurs amis venaient chez eux par exemple, il lui arrivait d’arriver en trombe  dans la pièce  où ils se trouvaient pour déclamer un poème  quelle venait d’écrire. Elle était capable de retenir le facteur pour expliquer pourquoi elle croyait en la réincarnation »

 

 

Au début vous vous demandez ce que ce roman a d’extraordinaire et petit à petit débobinant le fil de la vie de cette famille, vous vous surprenez à sourire. Une famille unie, aimante comme tant d’autres dont le centre se nomme Abby même si elle en exaspère plus d’un de ses enfants. 

 

On retrouve de l’amour, de la tendresse, de la colère également. Les rancoeurs d’enfance entre les enfants qui se dévoilent à l’âge adulte mais sans amertume. Une vie qui défile et on redemande. 

 

Une écriture fluide, très belle écriture de plus et quel apaisement quand on lit cet écrivain. Oui j’en redemande encore. 

 

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14 décembre 2016

Paris je t'aime de Colette

2013-07-11

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29 novembre 2016

Le Zeppelin de Fanny Chiarello.

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Maison une petite ville comm tant d’autres que l’on pourrait situer dans le nord ou dans le sud pourquoi pas ? mais j’opterais plutôt pour le nord . Une rue qui porte le nom de Canard Bouée, une autre les Neuf Lobules. Petite ville traversée par le canal Divan dans lequel on jette choses et humains. Canal qui faillit être racheté par une multinationale mais les habitants s’y sont opposés. 

 

En ce mois de juillet la ville est calme trop calme et chacun vaque à l’ennui de sa vie. Certains écrivent, d’autres déambulent comme Simone qui claque les pieds du déambulateur sur le sol.  Sergio aimerait retrouver son amour tout en préparant un grand seau de Sangria. Douze personnages en tout dont une Sylvette Dix-Sept qui connait l’avenir de Maison le 26 juillet.

 

Petit à petit une ombre commence à planer aux dessus des toits. Un énorme zeppelin glisse tout en silence et s’étend comme pour englober la ville. Certains se jettent pour adorer ce monstre volant jusqu’au moment ou comble de malheur un poulet plumé  jeté du haut de cet engin vient percuter Sue Hug qui venait de se faire voler son sac.

 

Ni une ni deux, la populace se rue sur l’ennemi. On les attaque, ils ripostent et c’est une guerre civile qui se déclenche. 

 

Et si on allait boire un verre au bar de l' Observatoire ? 

 

 

"Leurs hurlements ont quelque chose de primitif : si les hommes préhistoriques avaient pu graver des sons dans les parois des cavernes, sans doute auraient-ils ressemblé à ceci. Il n’y a ni Dieu ni science dans ceci mais seulement la terreur barbare de ce qui n’est pas soi, une terreur viscérale pour mettre une ville à feu et à sang. Une petite main dans la mienne me rappelle que partir est de toute façon la seule chose qu’il y ait jamais eu à faire dans cette ville »

 

« Je prends un café au bar des Lobes et j’écoute mugir les cerveaux sous les nappes de la musique et des conversations. Dans ce bistrot, il y a toujours deux ou trois artistes qui gribouillent; ils écrivent ou dessinent, dans des carnets de tous formats, avec des stylos de toute nature et qualité qui me permettent de deviner à distance s’il s’agit d’adeptes de l’épure ou du graffiti, du sonnet classique ou de l’écriture automatique »

 

« Je suis en train de me promener dans le jardin des plantes quand l’ombre du zeppelin caresse ma nuque. Gaspard patine dans les graviers jusque sur les moirures brûlantes du bitume et je le lance dans l’axe du dirigeable. je traverse la passerelle de l’observatoire, déboulant dans la rue Canard-Bouée, slalome entre les grappes des résidents prosternés, hagards puis je dérape jusque dans la rue de Neuf Lobes »

 

« Je n’ai jamais compris, moi non plus, réveil bleu, mon compagnon d’infortune, et mon coeur aussi s’essouffle doucement sur le balcon du passé »

 

 

J’ai eu le coup de foudre pour l’écriture de Fanny Chiarrello dès les premières lignes de son roman « Une Faiblesse de Carlotta Delmont ».

 

C’est une écrivain atypique. Son style c’est le style Fanny Chiarello et j’adore.

 

Elle mêle la dérision au malheur, elle mélange intellectualisme et légèreté ainsi que le non sens dans ce nouveau roman.

Au détour d'un mot, d'une ligne, on ressent une bribe de notre propre petite vie et on se surprend à sourire. 

 

Fanny Chiarrello a fermé sa page Facebook mais à ouvert un blog 

 

 

 

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