10 août 2017

Leçons de conduite de Anne Tyler

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Maggie et Ira doivent se rendre aux obsèques  du mari de la meilleure amie de Maggie , Serena. Mais tout va être chamboulé lorsque Maggie croit reconnaitre la voix de son ex belle fille Fiona à la radio déclarant qu’elle va se remarier.

 

Ni une ni deux, Maggie décide qu’ils iront à l’enterrement chez Serena et qu’ensuite ils feront un détour pour revoir Fiona et leur petite Leroy. Enfin, c'est Maggie qui décide et Ira bon gré mal gré obtempère.

 

Maggie la fofolle qui ne cesse de jacasser et Ira vont vivre de drôles de moments qui va bien souvent les ramener à leurs souvenirs.

 

Maggie et Ira sont parents de deux enfants adultes : Jesse, le raté selon son père mais l’étoile selon sa mère est un rockeur. Il s’est marié il y a quelques années à Fiona car elle était enceinte. La jeune fille ne voulait pas garder l’enfant : Jesse oui et donc Maggie s’en en mêlé.  La petite famille a vécu chez eux durant des mois jusqu’au jour où Fiona est partie avec son enfant.  Il s’en est suivi un divorce.

 

La fille elle ne veut absolument pas ressembler à ses parents et va quitter le nid familial pour suivre des études universitaires.

 

Durant cette journée mémorable,  Serena va les chasser de sa maison, la rencontre d’un vieux noir que Maggie veut absolument aider, le retour de Fiona à la maison et son départ presqu’immédiat quand la jeune femme comprend que Maggie a encore tout inventer pour l'emmener chez eux. 

 

Maggie travaille dans une maison de repos. Elle aurait pu exercer un tout autre métier car quand même intelligente mais ce fut son choix. Elle adore le contact avec les autres c'est peu dire.

 

Ira rêvait de devenir médecin mais ayant charge de famille en plus de la sienne en la personne de son père et de ses deux soeurs, il a repris le magasin d’encadrement familial. Il réalise qu’il s’est sacrifié pour les autres et c’est trop tard pour changer le destin mais est-il vraiment si malheureux après tout ? Le tout est de stopper net parfois les lubies de Maggie.

 

 

Les livres d’Anne Tyler apportent toujours une pincée de bonheur. Un mélange de drame et d’humour rien de tel que pour passer un agréable moment. J’en redemande.

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07 août 2017

Dérapages de Martine Magnin

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Le début du roman commence par la découverte d'une cassette où un homme avoue qu'à cause de sa bêtise, il a perdu sa femme, son chien et que s'il avait su dans quelle histoire il s'embarquait. Il explique même où est cachée une grosse somme d'argent. L'homme, Raymond,  possédait un garage detruit dans un incendie. Il s'appelait Raymond. 

 

 

Regis  qui visionne l'enregistrement n'est autre que le nouveau propriétaire du garage mais que va t-il faire ? Il y a tant d'argent ...Il doit en aviser sa Coco. Elle saura prendre la bonne décision. 

 

Ne se doutant de rien Hortense, s'occuppe vaille que vaille de sa famille élargie. Après la mort de son beau-frère, c'est elle qui a pris soin des enfants de sa soeur Mathilde.  Pas toujours évident Hortense parfois n'en peut plus à certains moments. 

 

Je ne vous en raconte pas plus. Je vous invite à découvrir cet très bon roman de Martigne Magnin. Roman qui se découpe comme une intrigue aussi bien policière que familiale.

J'avoue mon petit faible pour Hortense qui porte l'énergie et la tendresse en vrac. 

Sans oublier la recette du pain perdu aux fraises et des haikus que l'on retrouve comme des petits cailloux entre les pages. Et ce humour ! car Martine Magnin en possède indubitablement.

 

Enfiler vos tongs et empressez vous de suivre Hortense, Regis, Fernand et Henri ainsi que tous les autres. 

 

 

 

 

 

 

 

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18 juillet 2017

Mr Bridge de Evan S. Connell

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Monsieur Bridge est heureux d’avoir épousé Mrs Bridge. Il travaille énormément pour le bonheur de sa famille. 

 

Tellement obsédé par son travail qu’il passe à côté de merveilleux instants qu’il ne conçoit même pas. 

 

Mr Bridge ne comprend pas le pourquoi des pleurs de sa femme pas plus qu’il ne comprend cette oisiveté qu’elle a à certains moments. On a l’impression qu’elle part dans des rêves qu’il n’imagine même pas.

 

Mr Bridge ramène toujours tout à l’argent même les cadeaux pour les enfants et son épouse.

 

Mr Bridge travaille très dur et ne conçoit pas que certains vivent aux crochets de l’Etat. A t-on idée d’être pauvre ?

 

Mr Bridge a des idées très soutenues sur les noirs et les juifs. Bref il est raciste.

 

 

Mr Bridge s’interroge le jour où l’une de ses filles le traite de puritain. Puritain lui ? Certainement Mr Bridge. Pensez vous que tous les pères jettent des regards de désir sur leurs filles qui sont devenues des femmes ? 

 

Mr Bridge a toujours raison même s’il a tort. 

 

Mr Bridge repense parfois à sa jeunesse dans la campagne et en ressent du bonheur. 

 

Mr Bridge emmène sa femme en Europe comme il lui y avait promis au début du mariage. Mieux vaux tard que jamais. 

 

Mr Bridge cela l’ennuie ces visites au Musée. Il laisse sa femme toute seule terminer la visite au Louvre. Malheureusement avec l’annexion de la Pologne par Hitler, le voyage est écourté.

 

Mr Bridge est anti Roosevelt donc anti socialiste. Mr Bridge est de droite bien évidemment.

 

Mr Bridge adore ne rien faire le week end, lire de policiers et des revues de tourisme au lit, c’est 

tellement bon. 

 

Mr Bridge est un être totalement ennuyeux en fait. Mrs Bridge aurait mérité mieux.

 

 

 

Mr Bridge est dans la même veine que Mrs Bridge. Des petits chapitres très courts où l’on retrouve bien souvent l’avis de Mr Bridge par rapport à celui de son épouse dans des moments racontés dans le premier roman.  

 

Mr Bridge est le portrait typique de l’américain qui travaille énormément pour le paraitre en fait car il faut tenir son rang par rapport aux amis.  Il vit dans un voisinage de personnes aisées.  

Il est puritain mais ne va pas à l’Eglise et cela ne l’empêche pas de lorgner ses filles en petite tenue. Monsieur Bridge est tout simplement coincé dans ses convictions. Incapable d’offrir réellement ce que sa famille attend de lui. 

 

 

« Mr Bridge ne posa plus de question. Il estima, d’après l’attitude de sa fille envers le Nègre, qu’ils n’avaient pas eu de rapports intimes. Du fait de leur goût commun pour les expositions d’art, le théâtre et manifestations du même genre, ils étaient sortis une ou deux fois ensemble. Mais cela n’avait pas été plus loin. Cependant, ils avaient fait le chemin ensemble, ils s’étaient montrés ensemble, et probablement avaient-ils déjeuné ou diné ensemble. Un tel brassage des races était sans doute inévitable. Peut-Être qu’au cours des siècles à venir cela serait considéré comme acceptable. Mais, aujourd’hui, ce n’était pas encore le cas. »

 

Tout aussi excellent que Mrs Bridge, meilleur je dirais même. 

 

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17 juillet 2017

Mrs Bridge de Evan S.Connell

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Mrs Bridge a une vie de rêve. Un mari qui travaille, une magnifique maison, trois enfants, une cuisinière. Elle ne doit s’occuper de rien et de ce rien nait l’ennui. 

 

Elle regrette parfois le temps où jeune mariée, elle était débordée par le ménage et les enfants mais Mr Bridge, avocat d’affaires, ayant progressé financièrement, il a été décidé qu’elle resterait dorénavant à la maison et que plus aucune tache ménagère ne devrait être effectuée de sa part.

 

Oui Mrs Bridge a tout pour être heureuse mais le bonheur a un prix, son mari passant de longues journées au bureau. Il revient très tard le soir. 

 

Mrs Bridge n’est pas compliquée du moment que toute sa famille va bien. On vit selon des conventions apprises par ses parents et elle a très difficile de constater que ses enfants ne veulent pas les respecter. 

 

Sa fille Carolyn est plus ou moins dans la lignée mais Ruth impossible de la comprendre. Douglass n’en parlons pas, il est extravagant au possible. Mrs Bridge doit s’en accomoder. 

 

Mrs Bridge a des amies et ensemble elles font partie d’un cercle bien entendu : les cercle des auxiliaires. 

 

Mrs Bridge n’est pas une intellectuelle. Lors de conversations sur l’art ou la littérature, elle est vite un peu perdue. Elle tente de s’initier mais abandonne très vite. Mr Bridge ne l’encourageant en rien.

 

Mrs Bridge se demande parfois si son mari l’aime encore. Il ne lui dit jamais.

 

Mrs Bridge entend parler de temps en temps entre deux conversations, de la guerre qui se prépare en Europe. 

 

Mrs Bridge est parfois tellement désoeuvrée qu’elle reste une heure à regarder les moineaux.

 

Mrs Bridge vote comme son mari. Mme Bridge s’appuie toujours sur ses conseils.

 

Mrs Bridge mène la vie que la bonne société américaine a décidé de lui attribuer. Quand ses amies se révoltent, elle ne comprend pas le pourquoi. De temps en temps, elle réalisé que quelque chose ne va pas mais elle se réfugie vite dans la vie tracée.

 

Le jour où les enfants de Mrs Bridge découvrent qu’elle ne sait pas ce qu’est un un homosexuel, quelle stupeur !  

 

 

 

 

 

« Il ne vint pas à l’idée de Mrs Bridge d’abandonner son mari et de courir au sous-sol. Elle avait été élevée dans l’idée qu’une femme mariée l’est pour le restant de ses jours et doit rester avec son mari partout où il se trouve et en toutes circonstances, à moins bien entendu qu’il ne lui enjoigne de d’agir autrement. Sans doute aurait-elle aimé que son mari fût moins têtu, qu’il se comportât comme toute le monde, mais elle n’avait pas particulièrement peu. Depuis près d’un quart de siècle, elle faisait ce que son marie lui disait de faire, et elle savait que s’il disait qu’une chose arriverait elle arriverait et que s’il disait qu’elle n’arriverait pas elle n’arriverait pas. Pourquoi en serait il autrement ? »

 

 

 

Evan S. Connell a écrit ce premier roman suivi de Mr Bridge  après guerre. Etrangement, on a l’impression qu’il se déroule dans les  années cinquante alors que pas du tout, nous sommes dans les années trente. 

Portrait d’une femme dans la middle class américaine très réussi. La vie de Mrs Bridge se scinde entre 117 petits chapitres mais combien savoureux.

 

A découvrir absolument. 

 

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13 juillet 2017

La plume de Virginie Roels

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La Plume de Virginie Roels sera la  dernière lecture dans le cadre de cette session des 68 premières fois. 

 

Que dire de ce premier roman ? Je l’ai lu sans ennui mais sans être séduite. 

 

 

En résumé, une journaliste doit assister au débat entre l’ex président et son concurrent au deuxième tour de la présidentielle. Cet ex président devient bleme et perd toute contenance subitement. La journaliste comprend que c’est un jeune assis dans le public qui désarçonne l’ex président.

 

Donc elle va mener son enquête journalistique. Interrogeant les anciens collaborateurs de ce président déchu. 

 

 

Il est question d’une plume celle du jeune Julien Ledantec dont un énarque a piqué des devoirs de fac faisant croire que c’est un discours qu’il a composé. Discours lu publiquement. Le jeune va comprendre l'imposture et en tirer parti. 

 

Ce mêle Julien Ledantec va être aspiré par les idées jihadistes.

 

Le président ayant des accointances avec le Maroc, mais cela on le sait depuis longtemps, va être roulé dans la farine suite à une affaire de pédophilie dans lequel est impliqué un homme d’affaires français. Chantage, il décide de se taire et préfère banquer pour que cela ne s’ébruite.

 

Je ne vais pas tout vous résumé mais bref, le monde politique n’est que manipulation et mensonges envers la population si on s’en réfère au roman.

 

Le personnage  de la journaliste de plus n’est pas vraiment développé et c’est bien dommage.

 

 

 

Un bon premier roman vite lu, vite oublié.

 

 

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16 mai 2017

L'ordre du jour de Eric Vuillard

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Après la lecture de ce récit, on ne peut établir le constat que tout peuple n’est qu’un jouet aux mains des oligarques et des industriels de tout bord. 

 

Eric Vuillard nous décortique la montée de ce que fut le nazisme sous la bienveillance de 24 industriels dont les marques font encore partie de notre vie bien longtemps après. Ils ont contribué, grâce à leur argent, à l’instauration du fascisme et ont profité pleinement de cette guerre. Ce qui me heurte et me heurtera toujours c’est que ces gens là qui ont profité de la main d’oeuvre fournie par les camps de concentration, n’ont jamais été inquiétés : Krupp, Siemens et j’en passe. Ces 24 sont morts mais les industries fondées existent toujours. Ils sont à mes yeux aussi criminels que ceux qui furent jugés à Nuremberg.  Ils ont permis à HItler d’arriver au pouvoir juste pour satisfaire leur cupidité. 

 

Ne parlons pas de la lâcheté des dirigeants tel Chamberlain et DAladier. Ils savaient mais ils n’ont rien fait pour empêcher la folie d’Hitler.

 

Sans oublier Schuschnigg petit dictateur sans verGure, adepte du oui oui, remplace par un pur nazi à la tête de l’Autriche. 

 

Et puis il y a l’annexion de l’Autriche racontée comme une grande épopée selon les archives. Le triomphe allemand. Rigolons bien car ce fut un fiasco total. Les images sont là pour tenter de distiller des vérités dans le crâne du peuple. Les chars allemands ne fonctionnaient pas. C’était la cohue. Hitler furax. Elle est belle l’annexion de l’Autriche. On en rirait si on oubliait les juifs qui furent humiliés, battus. On en rirait si on oubliait tous ceux qui se sont suicidés en 1938 car ils ne voulaient pas vivre sous ce régime. 

 

« Je les ai revu ces films. Certes, il ne faut pas s’y tromper, on a fait venir des militants nazis de l’Autriche entière, on a arrête les opposants, les juifs, c’est une foule triée, purgée; mais ils sont bel et bien là, les Autrichiens, ce n’est pas seulement une foule de cinéma »

 

 

On en rirait si l’on ne pouvait imaginer qu’on avait coupé le gaz aux juifs, normal ils ne payaient pas leurs factures. Quelle idée de se suicider. 

 

 

« L’horoscope du 12 mars fut merveilleux pour les Balance, les Cancer et les Scorpion. Le ciel était en revanche néfaste  au reste des hommes. Les démocraties européennes opposèrent à l’invasion, une résignation fascinée. Les Anglais, qui étaient au courant de son imminence, avaient averti Schschnigg. C’est tout ce qu’ils firent. Les Français, eux, n’avaient pas de gouvernement, la crise ministérielle tombait à point. »

 

Les livres d’Eric Vuillard ne sont jamais de gros pavés mais il ne faut parfois que peu de mots pour asséner les vérités.

 

On nous parle de la paix européenne et pourtant la montée du fascisme dans certains pays de l’Est n’est pas un leurre. Les autres dirigeants montent parfois le ton mais pas trop. On laisse faire comme on a laissé faire en 1938. Et je suis sûre que cela arrange bien d’autres 24 industriels. 

 

 

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27 mars 2017

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon

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Dans cette série de premiers romans, c’était celui que j’attendais avec le plus d’impatience.

Satie  me laisse un gout d’enfance lorsque les gymnopédies voletait dans le bureau paternel. 

Sa musique c’est une note suivie d’un envol du silence et la note qui reprend sa place. Pour nous du XXIième siècle sa musique nous est acquise mais pour lui, à l’aube du XXième siècle ce fut une révolution très mal comprise.

 

« Quand les gens vous oublient sans raison , c’est indescriptible. Cela devrait être interdit par la démocratie. ils vous laissent une fuite dans le coeur, comme un sifflement. On appelle ça les acouphènes. Pour les musiciens pas de chance. »

 

 

Erik Satie est heureux jusqu’au jour où sa mère, écossaise, meurt après le décès de son dernier enfant, de tristesse.  Est ce elle qui lui a transmis cette excentricité ? Ou était-il né pour être différent des autres ?

 

Il aime la musique. A 21 ans, il entre au conservatoire mais la musique telle qu’elle est conçue avec ses règles ne lui convient pas. Il  veut créer un autre style car la musique ne doit pas être figée. Rebelle, on le renvoie. Il y sera réintégré grâce à son père et cette fois c’est lui qui quitte ce lieu imprégné de notes poussiéreuses. 

 

 

Son père s’étant remarié avec une femme qui ne l’aime pas. Adieu famille, je suis un créateur qui montrera au monde le génie que je suis. 

 

Mais avant que le génie ne soit acclamé, il faut vivre et pour vivre il faut manger. Grâce à un ami Contamine, il va découvrir le  Chat Noir, là où enfin son être ne sera plus regardé comme folie, enfin par certains. 

 

« Erik Satie : gymnopédiste  !

En un instant, il a un nom, il est engagé. 

La vie, la vrai, commence. »

 

 

Malheureusement pour Satie, il y a les nuits saoules et ce sale caractère qui l’oblige à se refermer sur la solitude. Quand on ne le comprend pas et qu’il n’est pas reconnu comme un avant-gardiste, il se fâche. Colérique dans sa création, colérique dans ses amitiés. 

 

Pourtant, il va se prendre d’une tendresse amicale pour un autre musicien Claude Debussy qui très finaud lui piquera une de ses idées musicales. Debussy aura le succès et lui Satie, n’en parlons pas. 

 

A trente quatre ans, au début du nouveau siècle, il décide de s’isoler dans la banlieue à Arcueil. Il y vivra de nombreuses années sans y inviter aucun ami. 

 

« Il y a une couleur Satie. Le gris. Et un mystère Satie : sa chambre finale, à Arcueil, rue Cauchy. Un lieu apocalyptique, comme l’envers de sa vie. »

 

Le jour de sa mort, ses amis ont découvert un lieu à la mesure de cette solitude qu’ils n’avaient pas perçue. Une couche de poussière, deux pianos, des petits papiers, des partitions et sans énumérer le  tout, quatorze parapluies.

 

 

Très très beau premier roman de Stéphanie Kalfon qui à travers son récit  poétique nous donne rendez-vous avec un homme qui malheureusement n’aurait pas du naître à l’époque où il a vécu. 

Stéphanie Kalfon nous en trace un portrait qui est de toute beauté. Chaque page est un enchantement.  

 Ce n'est pas un coup de coeur mais un coup de tendresse. Tendresse que Stéphanie Kalfon transmet comme une partition. 

 

 

 

 

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21 mars 2017

Nous les passeurs de Marie Barraud

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Quatrième premier roman découvert dans le cadre des 68 premières fois et second abandon.

 

A un moment, je me suis décidée à le refermer suite à l’ennui que je ressentais.

 

En résumé, Marie Barraud décide de comprendre le silence qui pèse dans sa famille sur la personnalité de son grand-père Albert Barraud, arrêté durant la guerre et jamais revenu.

 

Même son père qui a vécu cette arrestation n’en parle jamais comme si cela n’en valait pas la peine. Il avait 8 ans ce jour là.

 

Même face aux questions de sa fille, il se tait mais il donne un carton rempli de papiers que sa mère avait laissé comme souvenirs après sa mort. Il ne sait pas ce que contient ce carton. Il n’a jamais eu le courage de comprendre.

 

Marie va rencontrer l’ami compagnon d'infortune  lors du transfert  de son grand-père vers un camp : Serge Joly. Il va raconter. Marie comprend que son grand-père fut un résistant au coeur noble, soignant du mieux qu’il pouvait les blessés du camp et en sauvant d’autres. 

 

La quête d’une femme sur le passé qui alourdi la vie d’une famille, et tente d’en délivrer son père. 

 

 La raison pour laquelle je n’ai pas aimé ce roman qui en fait pourrait être un récit, c’est un manque d’étincelle. Cette étincelle qui vous fait penser « mince alors, quel roman ! ».

 

Bien écrit, lecture facile mais pour que l’émotion prenne, il faut plus que cela. 

 

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03 mars 2017

La libraire de la place aux Herbes de Eric de Kermel

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Nathalie quand elle découvre que la librairie de la place aux Herbes est en vente n’a plus qu’une idée : l’acheter. Son mari Nathan architecte est d’accord. Elle quitte donc son métier d’enseignante et change tout à fait de vie.

 

Elle va devenir Passeuse de livres et former des liens entre elle et ses différents clients.

 

Que dire de ce livre ? Qu’il est gentil tout simplement. Un monde de bisounours où la libraire raccommode des personnes qui ne se voient plus, elle aide une cliente à accepter sa grossesse, elle tombe même amoureuse mais en rêve bien sur….

 

 

Le roman est basé sur l’affectif que les lecteurs ont par rapport aux livres ainsi que le relationnel entre une libraire et ses clients. Et l’on tombe dans un roman style Jeannine Boissard. Auteur que j’apprécie mais dans ce cas ci c’est un échelon en dessous.

 

Il n’y a qu’une ombre au tableau : Nathalie est en conflit avec sa fille qui ne veut plus la voir mais rassurez vous, tout finira bien.

 

Si vous avez envie de découvrir Uzes, vous serez charmé par la description de cette petite ville du sud. 

 

J’ai abandonné en cours de lecture. 

 

Par contre, chaque chapitre est précédé par une illustration de Camille Penchinat et là c’est un point positif. 

 

 

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31 janvier 2017

Sur les chemins noirs de Sylvain tesson

Que fait-on quand on valse dans le vertige et que l’on se réveille à l’hôpital la gueule de travers, le dos brisé ? On décide de se reconstruire. Pas question de partir vers une destination lointaine mais découvrir le pays où l’on est né, aller à la rencontre de sa mère décédée dans l’année. 

 

tesson

Découvrir oui mais à la manière Sylvain Tesson. 

 

« Ces tracés en étoile et ces lignes piquetées étaient des sentiers ruraux, des pistes pastorales fixées par le cadastre, des accès pour les services forestiers, des appuis de lisière, des vide antiques à peine entretenues, parfois privées, souvent laissées à la circulation des bêtes. La carte entière se  veinait de ces artères. C’étaient mes chemins noirs. Ils ouvraient sur l’échappée, ils étaient oublies, le silence y régnait, on n’y croisait personne et parfois la broussaille se refermait aussitôt après le passage. Certains hommes espéraient encore dans l’Histoire. Nous étions quelques-uns à préférer disparaitre dans la géographie »

 

Et voilà le marcheur prêt à parcourir entre fin aout jusque début novembre les kilomètres qui séparent le Mercantour à la pointe de la France La Hague.

 

Petit détail : il lui est interdit de boire une goutte d’alcool, s’étant perdu durant des années dans ses volutes. 

 

Egal à lui même, Sylvain Tesson s’en va loin de la foule. Se sentir en communion avec la nature. Coucher à la dure, marcher, marcher. Croiser quelques paysans dans ces chemins inempruntés. 

 

Faire l’état du monde. Quelques kilomètres avec un ami, puis un autre et une étape en compagnie de sa soeur. Passage épique du livre. Se sentir en parfaite harmonie avec la nature n’est pas donné à tout le monde.

 

« Chaque matin, le soleil escaladait une barrière de nuages et peinait à passer la herse. A midi c’était l’explosion. L’Aubrac, cravache de rayons, me projetait en souvenir dans les steppes mongoles. C’était une terre rêvée pour les marches d’ivresse. »

 

Et malheureusement, il y a d’autres chemins noirs, ceux qui vous donnent envie tout à coup de mourir mais heureusement la solitude n’est pas de mise ce jour là. Heureusement. 

 

 

Ceux qui me connaissent à travers mes lectures savent que j’adore les récits de voyage de Sylvain Tesson. J’ai eu du mal à entrer dans ces chemins noirs car d’autres me traversaient l’esprit. Petit à petit j’ai pénétré dans les broussailles, franchi les monts et chanté sur les plateaux.

Un très beau livre où l’on découvre un homme qui veut se reconstruire, qui sait que sa vie ne sera plus jamais pareille à avant,  suite à son accident. Un combat contre les trous noirs qui nous happent parfois. Je le garde précieusement.

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