03 septembre 2018

Chien Loup de Serge Joncour

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Un petit village dans le Lot, le tocsin sonne, la guerre est déclarée. Les hommes doivent partir. Pourtant un ennemi, un allemand, désire rester. Dompteur, il veut sauver ses lions et ses tigres. 

Le maire est d’accord mais il devra vivre tout là haut. là ou on cultivait la vigne, isolé de tout. 

Une maison entourée de foret ce sera son gîte. 

 

Un siècle plus tard, Lise, ancienne actrice, choisit des vacances à la nature. Grâce à l’ère du numérique, elle a pu découvrir ce ilot de paix, coupé du monde car aucun réseau ne passe là haut. Frank son mari, producteur, l’accompagne mais en grommelant. 

Quand ils arrivent dans ce lieu totalement isolé, Lise est ravie, c’est que ce qu’elle voulait. Etre loin des autres.

Frank lui, quand il constate qu’il n’y a pas de réseau meme Wi Fi, devient opressé. D’autant qu’il a des problèmes avec ses jeunes associés donc il doit absolument les joindre. 

Le couple s’installe mais Frank au contraire de Lise ne peut dormir. La foret dans les ténébres cela l’angoisse. Les bruits de bêtes l’inquietent. 

 

Et dans la nuit, il rencontre le chien-loup, qui va tout changer. 

 

 

« Les fenêtres étaient toujours ouvertes, mais le dehors désormais ne produisait plus le moindre bruit. Dans cette paix revenue, il s’assoupit, c’était une révélation pour lui de sentir cette chambre communier avec les grands espaces dans le même éther, c’était aussi troublant et doux que de s’endormir à la belle étoile »

 

 

Dans ce roman, Serge Joncour, rend hommage à toutes les femmes qui ont du continuer à vivre sans les maris en temps de guerre.  Elles ont du prendre en main toute la destinée de la communauté. Effectuer le travail des hommes. Elles n’avaient pas le choix.  Quelle admiration ! Quel amour à travers les mots où il les fait revivre. 

 

« Rien ne les effrayait, travailler quinze heures de rang ou ne pas dormir, passer les sangles pour tracter, laver le linge, cuisiner et semer, ici au village rien ne leur paraissait insurmontable à ces femmes. Sinon d’entendre gronder les lions, avec la hantise de devoir un jour les affronter. »

 

Et puis, la nature, qui nous semble si hostile nous les humains. La peur de la vie sauvage.  La crainte des animaux . Serions nous prêt à redevenir sauvage nous même. C’est là tout le sujet du roman. Quelle est la frontière entre l’homme et l’animal ? A quel moment, cela peut il basculer ?

 

Serge Joncour, nous emmène là ou il veut. Il nous trace des chemins hostiles. On appréhende la fin et elle tout autre à ce que l’on imaginait. 

 

« Il comprit deux choses, premièrement qu’il était possible de mystifier ce chien, tout observateur qu’il soit, cet animal gardait une once de crédulité dont on pouvait abuser. Mais surtout, il comprit que ce chien attendait de lui quelque chose, et ce n’était absolument pas de jouer ensemble. »

 

 

Un excellent roman qu’il faut je le répète absolument lire.

 

 

 

 

 

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30 août 2018

Un monde à portée de main de Maylis de Kerangal

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« Chêne, pin eucalyptus, palissandre, acajou moucheté, loupe de thuya, tulipier de Virginie ou catalpa, octobre passe et s’en tire, elle est confuse, suante, échevelée, rêve un nuit que sa peau est devenue ligneuse, mais produit des images, même si son panneau se distingue des autres, laborieux, toujours un peu faiblard. Jusqu’au jour où elle entend pour la première fois parler de la vitesse du frêne, de la mélancolie de l’orme ou de la paresse du saule blanc, elle est submergée par l’émotion : tout est vivant. »

 

 

Ce nouveau roman de Maylis de Kerangal, je l’attendais avec impatience. Impatience de redécouvrir son style rapide, impatience de redécouvrir ses descriptions dans lequel évolue son écriture. 

Maylis de Kerangal dans ce roman, vous entraine dans ce qu’on appelle le trompe l’oeil au point de vue artistique. Elle vous décortique les gestes, les émotions, et cogne ses mots contre le végétal et le minéral. 

Copier, rendre vivant ce que la nature nous transmet, ce que le monde nous renvoie au centre de notre iris, c’est que ce que Paula est venue apprendre dans cette école d’art Bruxelloise. Mais au début elle ne sait rien.

 

 

Paula en fait ne sait pas ce qu’elle veut de la vie. Pas celle de ses parents assurément. Alors, elle choisit l’art mais dans une école qui vous apprend à reproduire : le trompe l’oeil.

 

Elle loue un petit appartement dans une rue voisine de l’école avec un co-loc Jonas qu’elle aperçoit très rarement. De toute façon, au début, elle n’a pas besoin des autres, elle ne les voit pas. Sous l’immense verrière de la salle de cours, elle sue, elle s’enivre sous les vapeurs de thérébentine : comment arriver à copier à l’exacte tout en y introduisant son émotion ?

 

Un soir, alors qu’elle tente de reproduire un marbre, Jonas rentre et va lui expliquer cette matière minérale. Il faut connaitre son origine, les couches qui la forme. Il faut l’ingurgiter, la comprendre et alors tout coulera de source.

 

Avec une autre élève, Kate. Ils vont former un trio dans cette salle ne comptant que peu d’élèves. Lors de la création de leur travail de fin d'études, ils s'osmosent dans l'appartement de Kate. 

 

Diplome en poche , ils s’envolent tous trois sous d’autre lieux. Leur carrière débute. 

 

 

Paula découvrira l’Italie, Cineccita la capitale du cinéma, la Russie. Kate voyage beaucoup et Jonas est devenu un peintre célèbre allant même jusqu’à Dubai.

 

Quelques années plus tard, ils se retrouvent lors d’une soirée. Se reséparent. 

 

Et le plus beau cadeau de Jonas à Paule, est de lui proposer cette place qu’il a refusée concernant le projet VII de Lascaux. La reproduction de certaines peintures découvertes dans la grotte. 

 

Paula touche enfin le monde.

 

« Paula et Jonas étaient devant le temps. Le poisson au-dessus de leur tête révélait la mémoire accumulée au fond des océans, l’érosion des calcaires, le déplacement des rivières, la migration des hommes, des durées qui coexistaient avec l’état de choc du pays, la colère, la tristesse, les longueurs de journée pendant que les deux terroristes poursuivaient leur cavale mortifère ; il connectait l’histoire du monde et leur vie humaine. »

 

 

Inutile de vous dire que j’ai dévoré ce roman. 

 

Les trois moments les plus beaux selon mon avis de lectrice sont la visite de la carrière, l’éblouissement de Kate lors de sa rencontre avec la baleine et Lascaux. En découvrant un instant la grotte, Paula comprend que les peintures de la préhistoire et ces artistes qui les ont produites ne font qu’un avec notre monde présent. Ils sont nous, nous sommes eux, leurs émotions furent les mêmes, le monde du passé est notre présent et on l’oublie bien trop souvent. On n’y pense même pas. Fi du passé et pourtant tout ce que nous entreprenons dans notre présent nous a été légué par cet ancien monde. 

 

Une grande partie du roman se déroule dans un périmètre de quartier de Bruxelles.  La carrière visitée est a quelques kilomètres de ma ville. Donc vous pouvez en déduire que j’irai capter par le regard ces endroits. Bientôt pour Bruxelles en tout cas.

 

Je ne sais pas si je suis arrivée à vous faire percevoir que ce livre est tout simplement merveilleux. Qu’il faut le lire bien évidemment.

 

Je pense qu’après le succès de réparer les vivants, certains lecteurs et lectrices s’attendent à retrouver la même perception émotionnelle mais ici c’est un tout autre domaine que l’auteur explore, la vision de l’artiste, la difficulté de créer, de reproduire la sensualité, la vie. Les deux romans sont totalement différents. Il y aura de la déception pour certaines et certaines à la lecture d’un monde à portée de main et il y a aura de la jubilation pour d’autres. A vous de percevoir la beauté derrière tous ces mots.  Les deux romans sont différents  mais ils sont une continuité émotionnelle. 

 

De mon côté, j’attends avec impatience le 11 septembre pour écouter Maylis de Kerangal à Namur. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 août 2018

Grandes Plaines de Ian Frazier

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 "La beauté des plaines tient dans leur ciel, dans ce à quoi elles vous font penser lorsque vous les contemplez, et dans ce qu’elles ne sont pas »

 

 

Les grandes plaines qui s’étendent sur quatre mille kilomètres de long et mille de largeurs, on peut les observer à travers les hublots des avions qui les survolent.  Un territoire sans limites sans âme qui vive ou si peu. Bref pas de quoi fouetter un chat sauf emporter Ian Frazier qui lui est amoureux de cet immense horizon qui se traine des Usa jusqu’à l’intérieur du Canada. 

 

 

Qui sait ? vous apercerrez peut être les silhouettes fantomatiques des bisons et des indiens les chassant, les colons pleurant sur cette terre, des villes fantômes, des fermes à l’abandon. Beaucoup sont venus mais sont repartis car les plaines ne vous offrent rien. Elles n’ont besoin de personne. 

 

Ian Frazier repart dans les passé en arpentant ces vastes territoires. Il raconte les migrants à qui la compagnie de chemin de fer qui s’installait, leur offrait ou vendait pour une bouchée de pain des parcelles. Parcelles qu’il était impossible de cultiver. Ils peinaient, ils suaient et pour finir ils s’en allaient pour ne pas mourir de faim.

 

 

Il raconte, les troupeaux de bisons, les indiens et l’arrivée de l’homme blanc qui fit le commerce de la fourrure de ces bisons. Les hommes riches qui s’y installèrent pour faire fortune et chasser sans gloire juste pour le plaisir. La chute du cours de cette fourrure remplacée par une autre sur le marché. Ils partirent tous. Ne plus faire d’argent, c’est impensable.

 

Il raconte, le grand Crazy Horse, les réserves indiennes et la mort du guerrier. Libre jusqu’au bout. 

 

Il raconte cette ville qui fut fondée. par des noirs, oui des noirs rendus libres par la fin de l’esclavage mais qu’on persuada d’abandonner leur vie dans cette ville et d’aller ailleurs. Pourtant chaque année, une fête rassemble les deux communautés pour l’anniversaire de la fondation de la ville. 

 

Il raconte, la plus grande catastrophe écologique.

 

« Une grande partie des plaines resta sèche à cause des précipitations irrégulières, dans les années 1920. 1931 fut humide, et fut une bonne année pour la production de blé, mais mauvaise côté prix.  Puis en 1932, la pluie cessa. Les gens cultivaient les plaines depuis assez longtemps pour savoir que la sécheresse était cyclique. Mais cette fois, une grande partie des mottes d’herbe et de racines naissantes qui avaient maintenu le sol en place depuis la dernière période glaciaire disparurent »

 

 

Il raconte la tempête de sable de 1934 dans le Colorado, dans le Kansas partant vers le sud. La poussière se déposait partout même dans les rues de Chicago. Les fermiers partirent par milliers et ne revinrent jamais. Leurs propriétés furent racheter par de plus gros fermiers  mais personne ne voulut leur racheter. Le seul acheteur fut l’Etat qui laissa l’herbe y reprendre forme. 

On découvrit après la seconde guerre qu’une partie était au dessus d’une nappe phréatique qui lorsqu’elle sera complètement vidée, laissera à nouveau un paysage de désert. 

 

Il raconte, tous les missiles qui y sont plantés, pointés vers la Russie alors que ce sont les migrants russes, emportant leur blé du pays, qui ont réussi à en faire pousser. A présent, les missiles  ennemis se font face et patientent de jour en jour. 

 

 

Ce livre est passionnant outre le fait que Ian Frazier raccroche le passé à l’instant mais également par son humour surtout quand il décrit les personnages qu’il croise durant son périple. 

 

Un très beau voyage. 

 

 

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27 août 2018

Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman

 

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Deuxième volet de la série des enquêteurs Simon et Dalilah. Et je commence vraiment à apprécier le duo.

 

Madame Alice Shepherd craint pour sa vie. Elle le confie à Simon. Mais voilà Madame Shepherd vit dans cette résidence pour seniors en compagnie du père de Simon et de bien d’autres. Madame Shepherd perd un peu la mémoire alors de là à imaginer qu’on la suit, Simon est sceptique.

 

 

Dalilah elle apprend par mail que son ex mari veut lui reprendre la garde de Calimero leur chien et ce à partir de janvier. Elle n’en parle à personne pas même à Simon que le chien adore.

 

 

Après les aveux de persécution d’Alice, un fermier vient trouver Simon. Il faut absolument retrouver Ralph. Non Ralph n’est pas le père du fermier mais un belier reproducteur. 

 

 

Simon avec l’aide de son amie de jeunesse va mener les deux enquêtes. 

 

D’autant qu’à Fellside Court, Alice est décédée mais elle était cardiaque alors quoi de plus naturel à cet âge.

 

Peu après, c’est un autre homme qui manque de mourir privé de son oxygène.  Toujours pas étrange aux yeux de Simon.

 

Mais Arty, un des pensionnaires,  lui commence à se méfier. Il a peur surtout de l’ombre aux cheveux blonds.

 

 

 

 

Une bonne série qu’on lit avec un réel plaisir.  Troisième enquête pas avant novembre donc on patientera.

 

 

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23 août 2018

Hautes solitudes de Anne Vallaeys

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Partir sur les chemins de transhumance, découvrir, comprendre. 

 

D’abord scruter les cartes,  déchiffrer les traits, les hachures et se laisser emporter par cette envie grâce à l’aide des amis de la transhumance. 

 

Partir non pas seule mais en duo car Marie, la meilleure amie de sa fille, en a les yeux qui brillent. Elle sera le guide cartographique. 

 

Point de départ Arles , traversée de la Provence et aboutir à Le Laverq, longue route que beaucoup de troupeaux laineux a gravi durant des années. 

 

Les amis de la transhumance rêvent de défricher la totalité de cette « routo » mythique. Certains n’ont jamais parcouru les kilomètres que les deux femmes vont arpenter. 

 

Point de départ Arles et grande découverte de la Camargue avant de faire avancer ses pieds. 

 

Durant ces kilomètres, de grandes rencontres, point de ralliement, de personnes qui vivent ou ont vécu de cette transhumance. Une analyse de ce qu’est et était le métier de berger. A présent, ils sont formés dans une école.

 

Malheureusement ce chemin que l’auteur va découvrir, n’est plus parcouru à pied bien souvent. Les bêtes sont bien souvent montées en bétallaire. 

 

 

Outre, la description des paysages traversés, de l’écoute des oiseaux, de la poésie de l’instant, de la dureté de certains chemins, Anne Vallaeys nous invite à comprendre l’histoire liée à la transhumance de certaines villes traversées : du temps où la fontaine d’Aix en Provence abreuvait le troupeau qui n’avait pas encore terminé le voyage. 

 

Légendes, rêves, songeries, tout se mêle dans le ciel mais quel beau voyage. 

 

Le sac contient « Histoire naturelle de la Provence (1784) du naturaliste Michel Darluc.  Mélangé le passé et le présent pour décrypter les lieux que l’on traverse. 

 

« André demeure immobile, il a tout le temps, sont troupeau se gouverne seul. Il réapparait justement, paisible, il surgit des taillis, les brebis se répandent alors, elles se groupent, ruissellent dans la pente. La marche reprend dans le velours du soir, homme et bêtes mêlés, le rythme est si doux que les cloches de bêliers ne tintent plus. »

 

 

Sans oublier l’évocation du loup qui a refait surface et qui inquiète bon nombre de bergers. 

 

 

Adoratrice de tout ce qui bêle, je me suis régalée de cette lecture mais tout un chacun qui aime la nature ne peut qu’apprécier ce beau voyage. Vous sentirez le parfum des mélèzes, entendrez le les pierres qui roulent sous les pas, écouterez le chant du peuple du ciel, imaginerez l’ombre des brebis. 

 

Un nouveau trésor dans ma bibliothèque. 

 

«Une fourmilière grouillante à mes pieds. Un lièvre-on dit Lèbre- ici se carapate, des lichens translucides sont rougis de fraises des bois. Des grappes de cytises bleu tendre frissonnent sur notre passage, le chant d’un oiseau inconnu dans un fourré de pétales jaunes et bleus miniatures, lys nains, narcisses et primevères, touffes d’aspic rare, grandes digitales pourpres, spirées à barbe de chèvre, mélisses aux feuilles énormes. Tout percevoir, tout ressentir. »

 

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21 août 2018

Meurtres sur la Madison de Keith McCafferty

 

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Meurtres sur la Madison signe le départ d’une nouvelle série policière aux éditions Gallmeister.

 

 

 

Dans le Montana, la Madison River est le paradis des pêcheurs à la mouche de truites.  Mais quand y pêche un cadavre, la joie est moins grande. D’autant que plantée dans sa lèvre, on retrouve la mouche de la Royal Wulff. Il est évident qu’on assassiné le jeune homme . 

 

Martha est chargée de l’enquête. Une femme à caractère fort qui n’a jamais épousé que des mauvais garçons. Une sauvage dans une région sauvage. 

 

Son chemin va croiser Sean Stranahan qui s’est isolé dans les Rocheuses après son divorce.  Il fut détective privé avant d’être le peintre qu’il était sans le savoir. Sa rencontre avec l’énigmatique Velvet Lafayette va l’entrainer dans la même enquête. Cette dernière charge Sean de retrouver son frère disparu en prenant le prétexte qu’il doit retrouver les truites que pêchait leur père avant qu’il ne succombe à une crise cardiaque. 

 

Martha et Sean vont donc enquêter en parallèle et ensuite en duo sur une affaire qui mènera à une sordide affaire de gros sous. 

 

 

Inutile de vous préciser que j’attends déjà avec impatience la parution du prochain roman de cet auteur.

La nature, la rivière, la rudesse, les personnages attachants, les descriptions des paysages. Un vrai dépaysement. 

De plus, nous apprenons que la truite du Montana est victime d’une maladie le Tournis. Cela ne changera pas la face du monde de le savoir mais les explications sont intéressantes. 

 

 

En conclusion : un pur régal. 

 

 

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14 août 2018

Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman.

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Samson a quitté Bruncliffe il y a de cela 14ans. Ayant des ennuis avec la police dans laquelle il est engagé et dont il va surement être radié, il décide de se mettre au vert dans sa ville d’enfance.

Il revient sur la moto rouge de son père.

 

 

Samson ne revient pas avec joie. Il retourne à la ferme familiale qui est complètement à l’abandon. Son père alcoolique n’est plus là. Il loue un appartement dans une résidence de personnes âgees. 

 

Quand les villageois, l’aperçoivent et le reconnaissent c’est avec une certaine méfiance. 

 

D’autant que beaucoup sont en colère contre lui, de ne pas être venu à l’enterrement de son meilleur ami Ryan. 

 

Delilah Metcalfe, comprend que c’est à Samson qu’elle à loué l’étage au-dessus de son agence de rencontre, elle est plutôt furieuse mais elle n’a pas le choix, la banque la serre de près.

D’autant que cet abruti a fait poser les mêmes lettres que celles de sa devanture .A.R.V mais Samson lui veut s’occuper d’enquêtes et s’installer comme détective privé.

 

Delilah a un autre souci. L’un de ses clients d’agence qui avait participé à une speed dating est mort sous un train et un deuxième est parti également dans l’au delà.  Lorsque la mère le Richard demande à Samson de découvrir pourquoi son fils est mort et s’il s’est bien suicidé, elle se tait. 

 

Mais quand il y a une troisième victime, là elle commence sérieusement à se tracasser mais se tait toujours.

 

Samson fine mouche, va vite comprendre que ces morts sont liées à l’agence  de son amie de jeunesse.

 

 

Premier tome d’une série qui est hyperelaxante entre deux lectures plus sérieuses.

 

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09 août 2018

La nuit du chasseur de Davis Grubb

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En cet été 2018, j’ai regardé émerveillée le film tiré du roman et réalisé par le grand acteur Charles Laughton en 1955. Un chef d’oeuvre qui vu sa modernité  fut boudé par le public. Et pourtant ce film est une pure merveille.

 

Dès lors, j’ai eu cette envie de lire le roman. Le film en est la pure copie.

 

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Dans l’Ohio, sévit la crise. Ben Harper gagnant chichement sa vie et n’en pouvant plus de cette misère, décide, sur un coup de folie, de braquer la caisse de la banque. Il s’empare de 10 000 dollars après avoir tué.  

En attendant la police qui va venir le chercher à son domicile, il confie l’argent à son gamin de 9 ans John. Surtout, surtout garder l’argent qu’il va cacher. Un lourd secret sur les épaules d’un enfant. Il lui confie également qu’il doit veiller sur Pearl, sa petite soeur.

 

En prison, Ben est enfermé avec un homme qui se prétend prédicateur. A qui il raconte tout, et jusqu'au bout,, son compagnon de cellule, n’aura de cesse de lui faire avouer où est l’argent. Peine perdue Ben, emporte avec lui son secret, même pendu au bout de la corde.

 

Le prédicateur a été arrêté pour un simple vol de voiture. Personne ne se doute qu’il est un psychopathe qui a déjà assassiné 25 veuves pour leur argent. Sur les doigts de sa main gauche, on peut remarquer le tatouage qui forme les lettres haine et sur la main droite les lettres qui forment le mot amour.

 

Remis en liberté, il va rôder autour de la veuve de Ben Harper Willia qui se laisse petit à petit séduire. Jeune maman avec deux enfants, cet homme pourrait être sa sécurité. Et elle rachèterait ses pêchés du temps de Ben. Elle est rassurée que l'argent volé soit disparu dans la rivière, enfin, c'est ce qu'elle veut croire. 

John, dès qu’il aperçoit cet homme sait qu’il représente le mal.

 

Mais son secret est si lourd et Pearl ne doit absolument pas parler. Le prédicateur tisse sa toile.  

 

Le prédicateur épouse la veuve de Ben Harper et ne cesse de torturer de questions John. Il le fait apparaitre comme un mauvais garçon aux yeux de sa mère. Pearl elle l’adore. 

 

Après la disparition de leur mère, John sait qu’il faut absolument fuir.  Les enfants réussissent à échapper à l’assassin et se laissent voguer sur la rivière jusqu’au jour où leur chemin croise Madame Cooper. 

 

Outre le fait que ce soit un très bon thriller, ce livre est bourré d'amour pour les enfants qui subissent les violences de la vie engendrées par les adultes. Heureusement que de part le monde, il existe d'autres Madame Cooper. Car il en existe et il en existera toujours.

 

 

 

 

 

 

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10 juillet 2018

Le jardin arc-en-ciel d'Ogawa Ito

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Tout commence par la main d’un petit garçon glissée dans celle d’une jeune fille. 

 

Tout débute par le regard d’une femme qui remarque une jeune fille sur le quai de la gare. Elle comprend très vite que cette jeune fille attend l’arrivée du prochain train pour mettre fin à ses jours. 

 

Izumi décide d’aller lui parler et l’invite chez elle. 

 

Elles se revoient et Izumi lui montre son paradis sur le toit de l’immeuble : un petit carré de gazon artificiel. 

 

Et ce qui devait arriver, arrive, elles tombent amoureuses.

 

Et décident de fuguer avec Sosuke, le fils d’Izumi.

 

Chiyoko déclare  qu’ à partir de ce jour, ils  se nommeront la famille Takashima.

 

Et dans les montagnes , elles vont acheter une maison, y dresser un drapeau arc-en-ciel et décider d’en faire une maison d’hôtes.

 

La famille s’agrandit par une petite Takara, car Chiyoko était enceinte.

 

A quatre, ils vont décider que leur vie ne sera faite que de bonheur. et portera les couleurs de l’ar-en-ciel. 

 

 

Un roman qui parle du chemin escarpé contre l’intolérance mais surtout nous démontre que l’amour nous mène vers les sommets colorés malgré les chutes. 

 

 

« Mais Takara est tombée à pic. Même si au début j’ai été déconcertée par ce coup porté par une vie sans contrainte, Takara à coups de pieds et de poings, a ouvert des trous d’aération dans l’espace confiné de notre famille, où elle a fait circuler l’air, c’est indubitable. Takara, c’est le poumon de la famille Takashima. »

 

« Elle avait donné au coin le surnom affectueux du Machu Picchu. Le spectacle des rizières en terrasses  étagées à l’infini ressemblait comme deux gouttes d’eau, parait-il aux vestiges du Machu Piccu sur une carte postale envoyée un jour par sa cousine. L’écolière qu’elle était alors avait rêvé d’aller voir le Machu Picchu. Elle se réjouissait de voir ce voeu exaucé sous une forme inattendue »

 

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02 juillet 2018

Des nuages plein la tête de Brice Delsouiller

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« Je ne crois en aucun Dieu, aucune religion. Les religions m’inspirent et j’ai en commun avec toutes cette quête d’absolu. Mais être agnostique est la seule manière pour moi de ne pas être esclave d’un groupe, de textes, de préceptes. J’aurais aimé croire, tout aurait été plus simple. Se laisser guider par une vérité qui structure le quotidien et justifie notre existence. J’aurais aimé croire pour avoir une vie sensée. »

 

 

 

J’avais regardé le reportage qui lui avait été consacré, lui l’homme atypique, qui passe cinq mois de l’année là haut avec le troupeau. L’homme qui a ce besoin de liberté, de marcher, de courir surtout et de hurler au ciel son bonheur ou son désespoir.

 

« Je regarde les montagnes se transformer, les touristes envahir cette terre, les chemins devenir des autoroutes, et, de loin, j’observe et continue de les parcourir en marge, en compagnie de mon cheptel et des animaux sauvages. »

 

Si vous le croisez dans les estives, vous pourriez le prendre pour un fou, un mendiant parfois. Pourtant cet homme n’est pas un idiot. Il est né de l’amour d’un père fermier et d’une mère qui adorait l’art et qui enseignait l’amour de l’art qui la guidait. Il est le maelström des deux. 

Il tient toujours la ferme familiale avec l’aide de sa compagne Catherine mais il lui faut absolument monter vers les sommets, il en a besoin. Il ne saurait pas vivre toute l’année dans cette société de consommation. Il l’apprécie mais parfois cela lui fait trop mal alors il s’évade. 

 

« Quand je suis en estive, les gens pensent que je suis vacher, donc que j’ai fait des études courtes. Mais lorsqu’ils m’entendent parler anglais ou espagnol, ils ont des yeux rond comme des billes. C’est ce contraste qui les frappe. Ma mère me disait toujours qu’il fallait être capable de passer de l’état de vagabond à celui de prince sans la moindre difficulté. La nécessité d’avoir la classe et d’être capable de s’adapter à tous les milieux. J’ai écouté. »

 

 

Là haut, il lorgne tous les travers de notre société. Il rit, il pleure. Certains s’imaginent surement que le métier de pâtre est de tout repos. Il en est loin. Mener un troupeau et les surveiller constamment durant cinq mois est épuisant. Aidé de ses deux chiens,  il fait une tournante au niveau des paquages. Pour ne pas s’isoler totalement car les ondes réseaux ne passant pas, il écoute la radio dans sa cabane. 

 

Il constate à quel point le métier de fermier en montagne se dégrade petit à petit. 

Il regarde la horde de randonneurs qui passent près de lui. Certains sympas et d’autres sans gêne. 

Il tente de survivre dans ses contradictions. 

 

« Perpétuel insatisfait, je cherche quelque chose d’introuvable. Je n’arrive pas à me contenter de ce que j’ai. Sous des abords souriants et agréables, je suis complètement sécoué. Ma vie est en équilibre sur un déséquilibre fondamental. Tout ne tient qu’à un fil. Les gens pensent que je suis un paysan mais je ne me sens pas paysan. Les gens pensent que je suis vacher, mais je ne me sens pas vacher. Les gens pensent que je suis coureur en montagne, mais je ne me sens pas coureur en montagne. Je joue un rôle, j’endosse une posture. Je n’ai ma place nulle part. Je n’arrive pas à croire. J’essaie de me mettre des oeillères, mais cela ne fonctionne pas. Je suis fatigué de vivre dans le doute, de n’avoir aucune certitude; »

 

 

« Il faut garder la foi même dans les moments les plus épuisants et être capable de se rémotiver jour et après jour.Les vaches, elles, sont dans leur élément et ne connaissent pas les coups de blues. Elles vivent dans leur vie sans se soucier de mes états d’âme ou de mes grosses fatigues. Inexorablement, elles cherchent la meilleure herbe pour la manger et marchent vers des pentes 

les plus appétissantes. »

 

 

Un livre qui va se rajouter à la pile de mes trésors. 

 

L'avis de Cathulu la terrible tentatrice

 

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