01 juin 2017

Une enfance américaine de Annie Dillard

« Vous aussi vous vous le demandez parfois, comme moi, mais cela n’a pas d’importance. Car l’essentiel n’est ni vous ni moi, ni ce que nous aurions pu être, ni ce que nous aurions pu devenir.  Ce qui compte, c’est que nous prenions conscience de ce qui nous entoure, que nous découvrions un lieu, que nous trouvions un globe en orbite, sur lequel nous pencher, réfléchir et sauter. Ce qui importe, c’est le moment où une vie s’ouvre, où nous sentons qu’elle touche - avec un sifflement électrique et un cri- notre monde actuel, cette sphère minérale, ocellée »

 

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J’ai longtemps tourné autour des livres d’Annie Dillard dans la librairie, hésitation. Ils chuchotaient : on est là oui on est là. Pour me décider à choisir une enfance américaine. Flute, j’aurais du m’emparer de tous car quelle rencontre ! 

 

 

Annie Dillard a vécu à Pittsburgh durant son enfance et adolescence dans les années cinquante. Née dans une famille très aisée, son père étant fils d’industriel, mais élevée d’une façon très moderne pour l’époque. 

 

Son père adorait le jazz et un jour il décide de descendre en bateau vers la Nouvelle Orléans. Il n’y est jamais arrivé, s’arrêtant trop souvent en chemin et sa femme lui signifiant qu’elle en avait un peu assez d’être seule. Cela vous situe la figure paternelle. 

 

Sa mère, elle, femme au foyer, adore les beaux objets tel un mobile de Calder. Dans les années cinquante cela devait être peu courant. De plus, cette dernière aimait les calembours et jeux de mots et aménager les pièces de sa maison continuellement.

 

Elle sera l'ainée d'un trio de filles. 

 

De ses vacances d’enfant, elle nous raconte, le lac où son oma faisait la planche avec délice, ses grands-parents y possédant une maison. 

 

Sa mère lui laissant une grande liberté, ce qui est incroyable pour l’époque, elle explorait la ville juchée sur son vélo. Chaque grain de poussière pour elle, lui permet d’essayer de comprendre la vie. 

 

Ses premières lectures furent des livres naturalistes doublées de ceux traitant la société américaine. Née après la guerre, étonnement les enfants lisaient énormément de récits sur le nazisme et les combats. De plus, ils étaient soumis à des fausses alertes comme exercice. 

Ce n’est qu’à l’adolescence qu’elle s’intéresse  à la poésie et les romans venus d’Europe. 

 

Gamine de curiosité insatiable, elle collectionne les minéraux, joue au baseball. Toute petite, elle découvre qu’en tirant la peau du bras de ses parents, cela forme un cône. Elle dessine les détails que son regard à croisé. Et n’échappant pas à la société où elle est née, elle suit des cours de danse et participe à des rallyes à l’adolescence. 

 

 Elle aurait pu accepter de vivre comme ses compagnes une vie bien établie mais dès le départ, ses parents ont considéré que c’était elle qui devait la composer bien qu’à l’adolescence, ils se demandaient ce qu’ils allaient faire d’elle. 

 

Lire Annie Dillard c’est comme une ouverture. Un souffle de liberté. C'est inexplicable. 

 

Le livre qui a changé ma vie ? Maintenant je possède la réponse. 

 

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16 mai 2017

L'ordre du jour de Eric Vuillard

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Après la lecture de ce récit, on ne peut établir le constat que tout peuple n’est qu’un jouet aux mains des oligarques et des industriels de tout bord. 

 

Eric Vuillard nous décortique la montée de ce que fut le nazisme sous la bienveillance de 24 industriels dont les marques font encore partie de notre vie bien longtemps après. Ils ont contribué, grâce à leur argent, à l’instauration du fascisme et ont profité pleinement de cette guerre. Ce qui me heurte et me heurtera toujours c’est que ces gens là qui ont profité de la main d’oeuvre fournie par les camps de concentration, n’ont jamais été inquiétés : Krupp, Siemens et j’en passe. Ces 24 sont morts mais les industries fondées existent toujours. Ils sont à mes yeux aussi criminels que ceux qui furent jugés à Nuremberg.  Ils ont permis à HItler d’arriver au pouvoir juste pour satisfaire leur cupidité. 

 

Ne parlons pas de la lâcheté des dirigeants tel Chamberlain et DAladier. Ils savaient mais ils n’ont rien fait pour empêcher la folie d’Hitler.

 

Sans oublier Schuschnigg petit dictateur sans verGure, adepte du oui oui, remplace par un pur nazi à la tête de l’Autriche. 

 

Et puis il y a l’annexion de l’Autriche racontée comme une grande épopée selon les archives. Le triomphe allemand. Rigolons bien car ce fut un fiasco total. Les images sont là pour tenter de distiller des vérités dans le crâne du peuple. Les chars allemands ne fonctionnaient pas. C’était la cohue. Hitler furax. Elle est belle l’annexion de l’Autriche. On en rirait si on oubliait les juifs qui furent humiliés, battus. On en rirait si on oubliait tous ceux qui se sont suicidés en 1938 car ils ne voulaient pas vivre sous ce régime. 

 

« Je les ai revu ces films. Certes, il ne faut pas s’y tromper, on a fait venir des militants nazis de l’Autriche entière, on a arrête les opposants, les juifs, c’est une foule triée, purgée; mais ils sont bel et bien là, les Autrichiens, ce n’est pas seulement une foule de cinéma »

 

 

On en rirait si l’on ne pouvait imaginer qu’on avait coupé le gaz aux juifs, normal ils ne payaient pas leurs factures. Quelle idée de se suicider. 

 

 

« L’horoscope du 12 mars fut merveilleux pour les Balance, les Cancer et les Scorpion. Le ciel était en revanche néfaste  au reste des hommes. Les démocraties européennes opposèrent à l’invasion, une résignation fascinée. Les Anglais, qui étaient au courant de son imminence, avaient averti Schschnigg. C’est tout ce qu’ils firent. Les Français, eux, n’avaient pas de gouvernement, la crise ministérielle tombait à point. »

 

Les livres d’Eric Vuillard ne sont jamais de gros pavés mais il ne faut parfois que peu de mots pour asséner les vérités.

 

On nous parle de la paix européenne et pourtant la montée du fascisme dans certains pays de l’Est n’est pas un leurre. Les autres dirigeants montent parfois le ton mais pas trop. On laisse faire comme on a laissé faire en 1938. Et je suis sûre que cela arrange bien d’autres 24 industriels. 

 

 

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15 mai 2017

Quand sort la recluse de Fred Vargas

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Adamsberg est resté figé en Islande. De plus son GSM a été écrasé dans la boue par une bête à laine.  Paris il s’en fout mais un appel va bientôt changer la donne. Il est prié de revenir de toute urgence dans la brigade. On a absolument besoin de lui.

 

Il revient pour le meurtre d’une femme provoquée par un 4X4. On avait absolument besoin de sa présence ? C’est surtout Danglar qui en a eu l’idée. 

 

Adamsberg est à peine intéressé par l’enquête mais quand il voit l’image d’une araignée « La recluse » sur l’écran d’un de ses co-équipiers, cela le gratte, l’épouvante. 

 

Voir l'avis de Cathulu

 

D’autant plus que le co-équipier lui raconte que deux vieillards sont morts suite à la morsure d’une recluse. Ce qui est totalement impossible. 

 

Adamsberg mene l’enquête mais en secret car comment expliquer à sa brigade qu’il veut absolument arrêter une araignée tueuse. 

 

Avant de découvrir la vérité, il fera la connaissance d’une certaine Irène, va devoir affronter Danglar et s’enfouir dans son passé où la recluse était déjà tapie.

 

 

Inutile de vous dire que les enquêtes d’Adamsberg, je les attends avec impatience.

Ce dernier opus est tout simplement génial. 

Maintenant il faut attendre le suivant…..

 

Voir l'avis de Cathulu

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24 avril 2017

Bruxelles à contrejour de Catherine Deschepper (nouvelles) et Martine Henry (photo)

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Si vous soufflez doucement sur les pages de ce magnifique livre, quelque poussière d’or volera peut-être vers le ciel. 

 

Travail remarquable associatif entre une photographe  Martine Henry et une écrivain Catherine Deschepper.

 

 

D’un cliché noir et blanc il n’y a qu’un pas vers la magie des mots qui nous fait valser au milieu de la piste de vie de femmes et d’hommes que l’on pourrait croiser dans le Parc Royal., sur le bord d’un trottoir, dans le quartier africain etc. 

 

Malheur, bonheur se mélangent et les fées ou farfadets ne sont jamais loin. Il y a même des chaises qui pensent. Je vous le disais que c’était magique.

 

 

J’adore ce livre car il raconte Bruxelles et ceux qui arpentent ses pavés. J’adore ce livre à travers ses photos. J’adore….

 

 

Prenez une pause, respirez doucement, regardez les gens qui déambulent. Bruxelles vous semblera toute autre. Mais chuuut, ne réveillez pas les démons. 

 

 

« « Je suis un farfadet égaré. Dans un parc. 

Domestiqué ? En tous cas, échoué au pied d’une haie bien taillée., par des êtres orage fluorescent, qui piétinent machinalement  leurs mégots sur les feuilles coupées.

Ici, les gens passent, vite, courent ou s’arrêtent devant des bois qui poussent étrangement à l’horizontale. Des bancs. Publics. Sur lesquels ils s’installent. A leur rythme. 

J’écoute. »

 

 

« Zinneke, je suis. En Bruxellois : un chien bâtard, un sans-race, un mélange à caniveaux. La richesse présupposée de la multiculturalité. »

 

 

 

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20 avril 2017

Le Saut oblique de la truite de Jérôme Magnier-Moreno

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Un livre où s’éparpillent les couleurs. Un livre qui pétille de malice et de poésie. Un livre merveille.

 

 

Jérôme Magnier-Moreno, peintre de son état,  a mis dix années pour écrire ce premier roman qui je l’espère  ne sera pas le dernier.

 

Un jeune homme qui part pêcher la truite en Corse, plus particulièrement le long du GR20. Il a rendez-vous avec Olivier qu’il avait rencontre à l’école d’architecture. Olivier qui était anxyogène à l’enseignement et qui préférait mener ses tongs sur d’autres chemins.

 

 

« C’est lui que je dois rencontrer près de Corte, car énergumène pour qui j’ai la plus grande affection parce qu’il y a, sous le tissu de névroses qui l’enserre, quelque chose de vaste, de beau et de bleu. Comme une aspiration non négociable à la liberté ».

 

 

D’Olivier, il n’en rencontrera pas le regard car il n’est pas là le jour dit. Alors tant pis, le jeune homme s’en va à la rencontre de la truite. Olivier arrivera peut-être.

 

« A milieu du paysage corse, soudain mon long fil vert fluorescent de pêcheur à la mouche se courbe et se contre-courbe, danse, se pose quelques instants sur l’onde avant de s’agiter dans les airs à nouveau. »

 

Le jeune homme quittera la Corse sans avoir vu l’ombre de son ami. 

 

 

Ce petit roman contient tout le temps qui passe, les paysages de la Corse où les yeux du peintre découvre le détail coloré, le senteurs, les rencontres, l’amitié, un peu de tout, un peu de rien. 

 

Le saut oblique de la truite titre du roman a été puisée dans les eaux d’une nouvelle de Hemingway « La grande rivière au coeur double ».

 

« D’ailleurs, il n’y a qu’à l’écouter, la Rivière, Elle me parle, je l’entends par l’éloquence de son discours fleuve. »

 

 

Un livre qui offre le bonheur et l’ivresse de la liberté. 

 

 

 

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18 avril 2017

Un clafoutis aux tomates cerises de Veronique De Bure

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« Pourquoi est-ce que j’écris tout ça, au soir de ma longue vie, déroulant, le fil d’une existence banale ? Est-ce le besoin de ne pas m’éteindre complètement après que l’on m’aura fermé les yeux ? Ce n’est pas de mon âge de me pencher comme ça sur moi, d’écrire ma vieille tête et mon coeur usé. Ce sont les jeunes filles qui tiennent un journal, pas les vieilles dames. Je n’ai plus d’histoires de coeur à y coucher, je ne fais qu’y radoter, que pourrais-je faire d’autre. Ils vont bien se moquer ceux qui trouveront ce cacher après ma mort ». 

 

 

 

Jeanne a 90 ans et décide de décrire les jours qui passent durant quatre saisons. 

 

Elle se souvient de la jeune parisienne qu’elle était qui devien l’épouse de René originaire de la région de Vichy. Ils y vécurent quelques années avant de retourner dans la maison familiale , à Liernolles,  où ils vécurent avec leurs deux enfants et la satanée belle-mère qui critiquait tout de sa belle fille mais qui ne levait pas le petit doigt pour l’aider. 

 

 

Elle est veuve à présent et vit toujours dans cette maison isolée à la campagne dont les plus proches voisins sont des fermiers Fernand et Marcelle. Ils n’ont jamais quitté leur bout de terre sauf pour aller dans une ville voisine jouer à la belote partant dans la deux chevaux, Marcelle au volant. Elle sourit en repensant à la rencontre de Fernand et Marcelle. Ils se contaient fleurette dans une autre deux chevaux sous l’oeil sévère de la mère de Fernand. 

 

 

Jeanne regarde le temps qui passe. Rejoint quelques amies pour jouer au bridge mais elle appréhende de plus en plus de prendre le volant. La nuit elle ne veut absolument plus conduire. 

 

 

Tous les gadgets électroniques ou autre, il ne faut pas lui en parler. Elle n’y comprend rien et d’ailleurs, cela ne l’intéresse pas. Le temps où le facteur déposait des lettres attendues avec impatience est bien périmé. A présent, on s’écrit en SMS déjà qu’elle ne sait pas comment son GSM fonctionne. 

 

Une fois par semaine, Angèle vient faire le ménage car elle n’en est plus capable. Mais cuisiner, cela reste essentiel surtout quand les enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants débarquent. 

Quand ils repartent, elle se sent mieux car vivre à leur rythme, c’est épuisant. D’autant plus que sa fille amène son chien qui fouille les poubelles. 

 

Elle ne marche plus allègrement Jeanne, elle s’aide d’une cane pour parcourir son jardin, humer le parfum des fleurs, découvrir que les lapins lui ont bousillé ses parterres. Elle prépare une soupe pour midi, fait ses mots croisés, s’endort dans le fauteuil et sa mémoire défaille parfois mais si peu comme le jour où elle avait préparé son fameux clafoutis pour recevoir ses amies. Mais Jeanne avait confondu les tomates cerises avec les cerises. Quelle surprise lors de la dégustation.

 

 

Le printemps s’est éveillé, l’été fut chaud et orageux, l’automne et ses belles couleurs, l’hiver accompagné de froidure, le printemps peut renaitre. 

 

 

Un clafoutis aux tomates cerises ressemble à un gros Gâteau dont on savoure chaque part sans en vouloir la fin.

 

Très beau portrait si doux de Jeanne. On aimerait s’asseoir à ses côtés et regarder passer le temps et ne pas avoir peur de vieillir.  

 

 

 

 

« Apparemment, c’est devenu à la mode de se faire brûler. Eh bien tant pis, je ne serai pas à la mode. D’abord, je veux une belle messe. Ensuite, je veux qu’on me mette en terre, pas sur un bûcher. Qu’on m’allonge doucement dans une boîte en bois et qu’on m’y laisse reposer en paix le temps qu’il faudra, auprès de René. Je ne veux pas qu’on me réduise en cendres pour me fourrer dans une urne qui ne ressemble à rien ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 avril 2017

La spectaculaire histoire des Rois des Belges de Patrick Roegiers

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Après la défaite de Napoléon en 1815, les grands manitous du Congrès de Vienne décident de créer la Belgique , enfin pas tout à fait : les Provinces Belges sont offertes au Royaume des Pays Bas pour faire tampon entre l’Angleterre et la France. Mais comme le peuple belge à horreur qu’on lui dicte ce qu’il a à faire surtout que les Hollandais sont calvinistes, c’est la révolte attisée par la Muette de Portici, opéra qui passe au théâtre de la Monnaie. On jette les vendeurs de fromage hors du territoire et la Belgique peut clamer son indépendance.  République ou Royauté ? On choisi la Royauté. Mais qui dit Royauté dit Roi. Qui donc ? 

Premier choix le Duc de Nemours, fils du Roi de France  Louis Philippe. On le proclame mais  l’Angleterre n’est pas d’accord. Déjà que les Français lorgnent vers ce petit pays. Deuxième choix : Léopold,d’origine allemande, vivant en Angleterre. Ce dernier veuf d’une femme qu’il adulait Charlotte, et voyant un règne anglais lui échapper fait contre mauvaise fortune bon coeur et le premier Roi des Belges sera Léopold Ier. 

 

« On dit en effet Roi des Belges et non pas Roi de Belgique, car celui-ci l’est par la volonté des belges Ces derniers ne sont pas ses sujets , à l’inverse des Brittaniqes  qui le sont de sa gracieuse Majesté. Les Belges, qui se sont séparés du joug Batave, précèdent leur souverain.  Ce sont eux qui l’ont choisi, Leopold vient à eux et non l’inverse. »

 

Il y a tout à faire dans ce nouveau Royaume. d’autant que les Hollandais tentent de reprendre le territoire et force est à Léopold de faire appel aux autres Nations dont la France qui guigne encore, décidément, de l’oeil ce petit territoire.  Les Hollandais vaincus, Léopold devant assurer la succession dynastique décide d’épouser une Princesse française, ainsi la France n’aura aucune raison de tenter de grappiller du terrain chez nous. La première Reine sera donc Marie-Louise. 

 

Leopold 1er le fondateur auquel succède Léopold II le Roi qui va glorifier la Belgique et la glorifier  encore plus.  

 

Leopold II est habillé comme un as de pique mais à de grandes idées d’expansion, la Belgique lui semble si étroite. Il va se payer, car l’Etat ne veut pas y mettre un kopeck, une partie d’Afrique qui deviendra le Congo Belge. Plus tard, il lèguera ce bout de colonie à l’Etat Belge, futur cadeau empoisonné. 

 

Bruxelles va se transformer. Il nous en reste l’avenue de Tervueren, le Cinquantenaire, le monstrueux Palais de Justice orné de sa couronne royale. 

 

Sans successeur puisque le seul héritier est mort, ce sera le neveu Bauduin qui devrait devenir Roi mais patatras lui aussi meurt et Albert second neveu le jour de sa prestation de Serment se demande s’il veut vraiment devenir Roi. L’un des Rois les plus adulés car il soutiendra sans faille le pays lors de la première guerre mondiale. Sa femme Elisabeth férue de musique, est toujours dans les mémoires grâce au concours Reine Elisabeth.

Albert Ier le Roi chevalier, lui qui détestait monter à cheval. 

 

Après Albert 1er se tuant lors d’une escalade au rocher de Marches les Dames, Léopold III entre en lice. 

 

Léopold III fut aimé au début de son règne, épousant la suédoise Astrid. Mariage d’amour et non arrangé. Malheureusement, Astrid décède dans un accident de voiture laissant son mari ainsi que ses trois enfants. 

 

Léopold III va faire le mauvais choix durant la seconde guerre mondiale, se laissant devenir prisonnier des allemands, emmené en Allemagne avec ses enfants et celle qu’il a épousée en secret sans l’accord du gouvernement Liliane de Rethy, l’ange noir. 

 

Durant la guerre son frère Charles va assurer la régence. Ils se détestent cordialement. Et grosse erreur après ladite guerre Léopold n’a vraiment pas envie de revenir au pays. Il est bien installé en Suisse mais bon il est temps de montrer au cadet que c’est lui le Roi. Il revient donc mais décide que le Peuple décidera s’il veut encore de lui vu la situation de guerre civile latente au pays. Les flamands sont monarchiques, les wallons socialistes ne veulent plus du Roi.

 

Il abdique donc en faveur de son fils Bauduin dont la photo ornait les salles de classe de mon enfance. 

 

Bauduin n’eut aucun héritier car malheureusement sa femme Fabiola, l’espagnole, fit fausses couches successives. Très bigots tous les deux, ils décidèrent que leurs enfants ce serait ceux qui constituent le peuple belge. Sa mort fut un véritable choc. 

 

Et pour lui succéder, son frère Albert II, bon vivant, amateur de motos, époux de la dolce Paola dont il fut séparé durant dix huit ans et comme Bauduin ne voulait pas entendre parler de divorce, surtout qu’il avait non régné durant 36 heures car n’approuvant pas la loi sur l’avortement, les époux se sont rabibochés. 

 

Le livre se termine durant le règne d’Albert II mais à l’heure où je chronique, son fils Philippe porte le nom de Roi des Belges. 

 

 

Un livre bourré d’humour dans le sens belge du terme. Outre l’histoire de Belgique qui défile et les problèmes linguistiques qui en découleront, Patrick  Roegiers nous dévoile les aléas de la vie de Roi à la Belge, les mariages arranges, les maitresses, les enfants naturels etc etc….Nos Rois successifs ne sont pas très intellectuels, non enclins à s'instruier et souffrant inexorablement de problème de sciatique et de coeur. Enfin bref une histoire à la Belge comme tout ce qui se déroule chez nous petits Belges au coeur vaillant. Ce qui nous sauve, ben voyons, notre humour bien sûr. Il suffit de lire la spectaculaire histoire des Rois Belges pour le comprendre.

 

 

objectif

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10 avril 2017

Maigret à l'école de Simenon

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Le printemps pousse son bout de nez dans le ciel de Paris. Maigret adore l’arrivée des beaux jours.

 

Dans le purgatoire, une seule personne qui selon Maigret peut-être classée dans les tête de rat : un homme banal en somme. Il veut absolument parler au commissaire.

 

Il s’agit de Joseph Gastin, instituteur et secrétaire de Mairie à Saint André sur Mer. L’homme raconte qu’il est parti de son village en catimini. Léonie Birard la mauvaise langue du village a été tuée d’un coup de carabine. Il sait déjà qu’on va l’accuser du crime. Il demande l’aide de Maigret.

 

 

Le printemps, la mer, les huitres. On peut rêver. Le duo part donc vers ce village qui doit sentir l’air marin. A sa descente du train, l’homme est arrêté jusqu’à ce que vérité s’ensuive.

 

Maigret descend à l’hotel du  village où les tapeurs de carte l’examinent. 

 

L’enquête va lui rappeler son village d’enfance. La mégère, le boucher, l’instituteur, le facteur. Comme si chaque village était interchangeable.

 

Et les enfants, eux, ont l’air si taiseux, comme s’ils cachaient un secret. 

 

De la mer, il n’en verra qu’une ombre. 

 

 

 

Deuxième Maigret dans ce mois belge. Il fait partie de cette série où Simenon nous décrit si bien la vie d’un village, l’enfance et la poésie du printemps. Non je ne lirai pas que des Maigret rassurez vous.

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06 avril 2017

Maigret se défend de Simenon

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mina

 

Le mois d’avril c’est le mois belge d’Anne  et Mina. Cette année je vais me régaler car on nous laisse libre choix. Pur bonheur pour  la lectrice que je suis qui aime vagabonder à son rythme.

 

Je replonge un peu dans quelques Maigret car étonnamment de Simenon je n’aime que l’homme à la pipe. Je n’ai jamais su terminer ses autres romans. 

 

 

Maigret, la cinquantaine bien tassée, pourra prendre sa retraite dans trois ans. Sa vie est constituée d’habitudes. Un jour par mois, il va passer la soirée chez le Docteur Pardon et son épouse  accompagné deMadame Maigret. Etonnemment, durant leur dernier diner, Pardon demande si au long de sa carrière, il n’a pas rencontré le crime qui constitue le mal pour le mal.  Maigret qui est très humain n’en a aucun exemple. 

 

Malheureusement, il va devoir face à ce mal. Une nuit, il est réveillé à son domicile par un appel téléphonique. Une jeune fille lui demande son aide. Maigret tu aurais mieux fait de continuer à dormir.

 

Le lendemain, il est convoqué par le préfet. Ce jeune blanc bec est au courant qu’il a rencontré Nicole Prieur mais la jeune fille a une toute autre version que celle vécue par Maigret. Le  préfet lui explique qu’il va y avoir enquête, qu’il doit se tenir loin de la demoiselle et que peut être si cela ne lui convient pas qu’il pourrait prendre sa retraite plus tôt. 

 

Maigret se tait, même si la colère gronde intérieurement. En parcourant la déposition de la demoiselle, Maigret apprend qu’il aurait désiré abuser d’elle. 

 

Bon sang, vous connaissez Maigret, sa petite enquête il va la mener à sa manière puisque l’on signifie qu’il est en congé jusqu’à la preuve de son innocence.

 

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04 avril 2017

Outre-Mère de Dominique Costermans

outre mère

 

 

Nul n'est prophète en son pays, l'adage est bien connu. Depuis toujours je freine quand il s'agit de lire des auteurs de mon pays comme si la belgitude diminuait leur talent littéraire. C'est idiot je sais. Alors comme ce roman était dans la liste des 68 premières fois, j'ai plongé et touché, j'ai adoré. 

Donc je partage ce bonheur de lecture dans le cadre du mois belge d'Anne et de Mina.

 

Lucie est à l'âge de faire sa communion. Son père comme de bien entendu lui présente des images pour illustrer cet événement. Elle doit choisir celles qu'elle préfère afin de les offrir. Curieusement derrière l'une d'entre elles un nom et prénom : Hélène comme sa maman mais le nom n'est pas Lambert mais Morgenstern. Intriguée, elle questionne sa mère qui lui répond évasivement. A sa réponse Lucie voit bien qu'Hélène est troublée. 

 

En 1996, coup de téléphone d'Hélène annonçant à Lucie que sa mère est morte. Point final. Lucie va se rendre dans la maison de retraire non loin de chez elle et comprendre que Suzy sa grand-mère vivait là depuis vingt cinq ans sans qu'elle le sache. 

Dès lors Lucie va vouloir comprendre malgré les silences de sa mère sur son passé.

Petit à petit elle va dérouler le fil.

Charles Morgenstern était un juif, collabo durant la guerre. Avec sa femme Suzy, ils ont deux enfants : Helène et Misha. Charles oblige Suzy a abandonner ses enfants et de se rendre en Allemagne ou alors il dénonce les juifs de sa famille. Misha ne survivra pas à cet abandon. Helène va être confiée à une tante Ines qui a également élevé Suzy. 

Charles s'installe chez sa maitresse dont il aura  une fille. Et le vent tournant mauvais pour lui il s'enfuit en Allemagne.

Hélène va perdre son nom de Morgenstern pour Lambert car Ines et son mari vont adopter la petite fille. 

Durant les vacances, Lucie et ses parents se rendent en Savoie chez Sitelle. Lucie adore Sitelle mais elle va vite comprendre lors de son enquête qu'elle n'est autre qu'une troisième femme de Charles dont elle a eu aussi une fille. 

Et comble de tout, Charles vit non loin de là avec une quatrième femme qui a eu bingo décidément une fille. Ses convictions sont toujours les mêmes : fasciste, admirateur de Degrelle etc etc. 

Lucie plonge dans les peurs  de sa mère. Sa quête de la vérité est dictée pour délivrer Helène mais y arrivera t'elle ? et se délivrer elle -meme.

 

Admirable récit de ces secrets qui ont plombé la vie de femmes et d'hommes durant toute leur vie car il fallait se taire sur la honte d'avoir des parents collabos ou se taire sur la honte d'avoir réchappé des camps et d'être vivant. Les secrets de famille  il n'y a rien de pire. 

Lucie va puiser dans les archives, dans le quelques souvenirs maternels et dans la transcription du procès de Charles Morgenstern condamné mais sans être la puisque bien planqué. 

Une auteur a découvrir ...

 

 

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