05 juin 2018

La petite voleuse de perles de Michèle Plomer

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J’avais eu un coup de foudre pour l’écriture de Michele Plomer en découvrant Etincelle. Et reboum pour ce nouveau roman. 

 

On se retrouve à nouveau en Chine où la narratrice s’est envolée du Canada pour un job dans une organisation internationale. Arrivée depuis peu, rentrant à Canton par le train, elle va faire  la première rencontre qui va changer sa vie : une jeune chinoise assise près d’elle. Elles vont échanger quelques mots. Le train arrivant à Canton, la jeune fille Wang Xia lui confie une lettre. Lettre adressée à sa mère qui a été déplacée et dont elle n’a plus de nouvelles.

 

La canadienne apprendra en parcourant les mots de la lettre, que la jeune fille travaillait chez une femme riche excessivement méchante. Elle est tombée amoureuse alors pour recouvrir la liberté, elle a volé un collier de perles est s’est enfuie avec son amoureux.

 

La narratrice, elle avait aussi un amoureux H là bas au Québec. Ils s’aimaient entre amour et haine car H pouvait être très mélancolique jusqu’au jour où il ne revint pas, décidant seul de la fin de sa vie. 

 

Est-ce pour oublier  qu’elle était partie en Chine ? Très vite…

 

 

Quelques temps après la rencontre dans le train, en se promenant dans le quartier de Hong Kong où sont établis les marchands de poissons, qu’elle va faire sa deuxième rencontre sous la forme d’un poisson. Subjuguée par cet animal étrange, qui semble lui lancer un SOS. Elle l’achète et la ramène dans son petit appartement. Elle va l’appeler poissonne. 

 

Elle ne sait pas encore que ce poisson vaut une fortune en Chine. 

 

 

« J’ai placé le gros bac turquoise sur ma table de cuisine, du côté de la fenêtre, afin que Poissonne puisse voir le ciel en levant les yeux. Je ne prévoyais pas recevoir à souper cette décennie, alors pas d’inquiétude pour l’encombrement de la table. Lorsque j’étais chez moi, je vivais dans cette pièce, la plus ensoleillée des deux. La fenêtre de l’autre pièce donnâit sur le béton de l’édifice adjacent; l’espace entre les immeubles formait un couloir vertical de trente-deux étages, où résonnaient les actes les plus privés de locataires. Dans les étroits appartements hongkongais, nous avions besoin d’air  et de fenêtres ouvertes même au prix de notre intimité dévoilée aux voisins.  L’appartement que me fournissait mon organisation ne devait pas faire plus de quatre cents pieds carrés. C’est amplement suffisant. Avoir plus grand aurait été obscène, vu le manque d’espace endémique de la ville. »

 

 

Ce qui est merveilleux dans les romans de Michele Plomer c’est cette bienveillance qu’elle a dans la description de la pensée des chinois. Pas toujours facile pour un occidental de s’y adapter mais accepter l’autre, surtout si on y a vécu  Michele Plomer, c’est s’ancrer en partie dans le pays. Sans oublier ses descriptions de quartiers, de restaurants.  A travers l’écriture, on se retrouve comme la narratrice là bas. On respire les parfums. On pénère dans le magasin de poissons.  On regarde, on écoute.  C’est magique.

 

C’est l’histoire d’une femme qui ne sait pas qu’elle va retrouver la liberté petit à petit. Une renaissance. 

 

 

Et puis, il y a cette poésie indéfinissable , et puis…c’est si beau. J’en redemande. 

 

 

 

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29 mai 2018

La vie effaçant toutes choses de Fanny Chiarello

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Lire Fanny Chiarello est toujours un pur moment de bonheur.  Et ce dernier roman n’échappe pas à la règle.

 

Dans la vie effaçant toute chose, elle nous raconte la révolte qui gronde dans la tête de neuf femmes. Marre de vivre comme une femme, comme on doit percevoir les femmes. Marre d’être dans le carcan de ces jours qui passent selon les règles établies parce qu’elles sont femmes.

 

 

Elles ne se connaissent pas. Pourtant tout le long du livre, elles vont se croiser sans connaitre la révolte de l’autre. Neuf femmes qui sentent qu’il y a ce quelque chose qui pourraient les rendre enfin totalement heureuses. Et selon leurs désirs à elles.  Pas celui de la famille, des enfants, des hommes….

 

Atteindront-elles le but ultime ? Au bout de la plume de Fanny Chiarello, rien n’est moins certain. 

 

 

Le roman est parcouru de titres de musique, de poésie et des paysages du nord que Fanny Chiarrello connait si bien, de visions étranges de la mort, d’une chambre au chiffre 127, d’une émission de radio. 

 

 

 

Portrait de dix femmes, pourrait-on dire en fait car Rita la sdf va croiser leur route également. On ne sait pas grand chose de Rita. Est -elle folle ou non ? Peu importe. 

 

 

« Janice considère avoir en commun  avec Rita de ne pas  entrer dans la case cubique qui lui est réservée. Certes Rita rêve  d’en avoir une où se ranger à l’abri du vent, des abrutis de tarés de malades mentaux, de la gale et des araignées, tandis que  Janice rêve de dynamiter celle qui lui a été attribuée, certes Rita aspire à ce que Janice abhorre, mais de fait elles sont deux dans fantômes dans la ville, immobiles au coin des rues, le regard fixe et une révélation au bord de la conscience. Les vrais adultes, ne vivent pas cela, les citoyens équilibrés, bien intégrés n’ont pas ces occupations. Les citoyens ordinaires ne se rendent pas malades à l’idée que d’autres êtres humains doivent subir la pluie, les citoyens ordinaires ne pleurent pas en mettant le chauffage. »

 

« Les gens au sommeil régulier n’imaginent pas qu’à toute heure de la nuite, même dans une ville si petite et si dévitalisée qu’elle mérite à peine le nom de ville, il se trouve quelqu’un pour promener un chien, fumer une cigarette ou se cogner aux réverbères comme un moustique prisonnier d’un abat-jour, esseyant de se rappeler où il habite. Il est quatre et demie les jeunes d’en face  rentrent tout juste  sans un bruit; Millie les observe avec sympathie. »

 

Si la révolte gronde en vous, lisez ce roman. 

 

 

 

 

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24 mai 2018

Le bruit du monde de Stephanie Chaillou

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Il y a quelque temps, j’ai regardé le reportage sur le combat des mineurs après la guerre. 

J’ai été révoltée par l’exhortation à l’époque de Maurice Thorez qui leur disait qu’ils devaient absolument aider au redressement du pays, que c’était le devoir de leur condition de mineur. Je ne saurais vous reproduire ses propos mais c’était de caser les gens, que de toute façon leur vie c’était celle-là que j’en ai été choquée. Classifier les gens en catégories. 

 

Et la révolte de Marilène rejoint la mienne. 

 

 

« Sans le décider, elle le refuse. Sans le décider et sans le savoir, elle oppose son refus au réel. Au réel qui lui dit où elle est et d’où elle vient, elle dit non »

 

Marie Hélène Coulanges nait fin des années soixante.  La maison familiale  perdue dans un hameau nomme Brigneau abrite outre son père et sa mère, également frère et soeur.

Ils sont ce que l’on appelle des gens pauvres. Mais à la naissance Marie-Helène ne sait pas cela. 

 

 

Elle grandit à côté d’une mère dépressive et d’un père travaillant aux champs. Petite elle s’imprègne des champs blancs, de la nature ne réalisant pas encore  que ses parents sont désespérés.  La pauvreté qui vous colle de jour en jour.

 

Et puis ce sont les huissiers, la vente de la ferme et la famille s’installe à 20 kms . Le père va travailler dans un abattoir. La mère quelques ménages. 

 

Marilène est ce qu’on peut appeler une enfant heureuse jusqu’au jour où excellente élève, on lui propose d’accéder à une classe préparatoire pour préparer son avenir. On lui donne sa chance. 

 

Et là tout va changer.

 

« Il n’y a pas de bibliothèque chez ses parents. Pas de livres. Pas de disques non plus. Ce n’est pas une chose que Marilène découvre. Mais elle le voit soudain. Cela la frappe. Il n’y a dans la pièce de vie de ses parents que la table où ils mangent, quatre chaises, un fauteuil et un meuble en bois sur lequel est posée la télévision ». 

 

Marilène c’est une révolte intérieure contre la pauvreté qui vous conditionne à un état de vie qui vous imprégne. jour et nuit. C’est un refus de suivre ce que l’on décide pour vous. C’est une révolte sourde, muette, incompréhensible au début mais qui se faufile dans chaque grain de peau. 

 

Une révolte qui gronde. La pauvreté n’est pas un défaut, c’est un état de vie. Pour s’en délivrer, elle va l’écrire.

 

 

 

« Marilène se rappelle aussi avoir pendant longtemps hésité. Avoir pendant longtemps eu comme un scrupule à suivre la pente d’exister. Vouloir comme les autres, avoir une vie et respirer. Mais ça avait été plus fort qu’elle. Elle avait pris son tour. Finalement elle n’avait pas laissé passer son tour. Comme tout le monde, elle s’est mise elle aussi à batailler pour exister. »

 

 

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22 mai 2018

La vie parfaite de Silvia Avallone

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Ecrire sur un roman qui vous a percuté le coeur, tâche ô combien malaisée. 

Bon je me lance.

 

 

Aux confins de Bologne se dressent les tours dans le quartier Labriola. Ces tours où l’on parque ceux que l’on considère comme pure perte dans les villes. Autant les parquer dans un endroit bétonné, de taille gigantesque. 

 

Adèle, de sa fenêtre, ne voit que d’autres femmes sur leurs balcons, d’autres mères. Gris couleur des façades. L’horizon des antennes paraboliques. 

 

Elle vit dans ce minuscule appartement avec sa soeur Jessica et sa mère Rosaria  qui les élève comme elle peut depuis que le père a disparu, envolé, en prison il paraitrait.  Adèle se souvient de la belle maison que sa famille habitait mais il y a de cela si longtemps. 

 

Adèle, dix huit ans. Enceinte. Mère fille puisque le père Manuel est en prison. Depuis l’enfance, elle n’a aimé que lui dès leur arrivée dans ce lieu où le bonheur ne pousse que de travers.

 

Elle décide de partir seule à la maternité. Elle veut accoucher seule et abandonner son enfant seule. 

 

Au même instant, Dora, la prof de littérature, sait qu’elle va enfin pouvoir adopter un bébé. Cela fait des années qu’avec son mari Fabio, elle se bat contre sa douleur de ne pouvoir enfanter. Elle la femme dont une jambe n’est qu’une prothèse. Sa douleur est telle qu’elle ne supporte plus ces femmes enceintes. Elle les tuerait.

Elle avait si mal qu’elle aurait aimé n’importe quel enfant même un rom qui a tué, même un handicapé. Avoir un enfant, n’importe quel enfant.

 

Elle a même été si hystérique qu’elle a hurlé sur son meilleur élève Zeno. Elle l’a aperçu en compagnie d’une jeune fille enceinte, sûrement de celles qui vivent dans le même quartier que Zeno et l’a insulté. Zeno lui a tourné le dos. 

 

Zeno qui s’occupe seul de sa mère, le père ayant lui aussi pris la poudre d’escampette. Zeno qui observe depuis longtemps Adèle par la fenêtre. Il écrit même le livre de ces instants magiques. 

Zeno le meilleur ami de Manuel. Eux qui voulaient devenir quelque chose d’extraordinaire mais Manuel a sombré vers la facilité du dealer et Zeno continuant sa route dans un lycée classique. 

 

Il n’est pas prêt Manuel pour prendre le manteau du père. Il l’a dit à Adèle. 

 

Adèle accouche donc seule. Elle sait que c’est une petite fille, elle qui avait imaginé que ce serait un garçon. Le garçon, elle l’aurait gardé mais une fille, non. Une fille dans ce quartier, cela se crève pour ses enfants car les pères abdiquent tous. Le seul souvenir de cette mère qui l’abandonnera, elle désire pour Bianca que ce soit cette petite grenouillère rose. 

 

 

« Je suis née avec une jambe en moins, c’est vrai. Ma mère fumait pendant sa grossesse, ou bien un gène n’a pas fonctionné, allez savoir, ça ne m’intéresse pas. Mais je vous assure que ce manque a le plus compté que la jambe que j’aurais pu avoir. Que c’est grâce à ce manque que je suis ici et que je ne cède pas.  Et je veux pouvoir un jour prendre mon enfant dans mes bras., et l’aider à faire face à tous les manques qu’il rencontrera dans sa vie, et à tous les manques qu’il a déjà connus » Elle repris le roman sur la table de nuit, le serra fort. « J’ai mis vingt ans à comprendre ça, que ce n’est pas une faute. »

 

« Prendre une décision »

« Adèle restait immobile, de l’autre côté de la vitre, fixant ces mamans et ces papas en chaussettes qui souriaient et discutaient entre eux. Si grands, si adultes, qu’ils paraissaient hors d’atteinte. Elle pensa : Voilà, c’est ça une famille. Pendant ce temps, leurs enfants faisaient des culbutes au milieu des livres sonores et des fables venues de tous les pays du monde, les portaient à la bouche, mordaient dedans.

Elle était de l’autre côté de la barrière, enfermée dehors »

 

 

« Les façades des blocs d’immeubles formaient un zigzag, comme dans un dessin d’enfant. On s’épiait en coulisse depuis les balcons et les fenêtres des mêmes étages, par la fenêtre de la salle de bains ou celle de la cuisine. Sans compter la multiplicité des points de vue, depuis les tours en face ou à côté, les bancs et les murets de la cour, où il y avait toujours quelqu’un pour regarder. Le concepteur de ce quartier devait avoir eu des visées littéraires. Zeno, d’ailleurs n’était ni un espion ni ou fouineur.

Il écrivait ».

 

 

Des personnages qui s’imbriquent les uns les autres, par hasard. Ils se croisent et font parfois partie une seconde du regard de l’autre car ils vont tous se rencontrer à un moment à un autre. 

 

Des jeunes qui ne voient que leur vie de misère et qui rêvent à un ciel qui pourrait parfois ressembler à l’arc-en-ciel.

 

Les livres, oui les livres qui aident à se comprendre, la porte vers d’autres horizons mais qui ne sont pas assez forts pour briser ces tours de pauvreté. Non les livres ne peuvent pas tout changer. 

 

La souffrance de se sentir diminuée sans enfant. 

 

La souffrance de donner  la vie à celui qu’on ne verra pas grandir.

 

Un roman lumineux d’humanité. Un roman parsemé de larmes, de cris mais également de coins de bonheur.

Un roman inoubliable. 

 

 

 

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08 mai 2018

La faille en toute chose de Louise Penny

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La période de Noel est proche au Quebec mais Gamache n’a vraiment pas le coeur à y penser.

Reine Marie son épouse est à Paris et il doit l’y rejoindre.

De son ancienne équipe, il ne reste plus que la fidèle Lacoste, tous les autres ont été éloignés par son supérieur Francoeur qui n’attend qu’une chose, que Gamache s’effondre. 

 

Son second, Beauvoir est entre les mains dudit Francoeur, devenu drogué par les médicaments qu’on lui offre, Annie, la fille de Gamache l’a mis à la porte de son appartement.

 

Gamache est triste et inquiet pour Beauvoir car il a très vite compris qu’on veut l’atteindre à travers la détresse du jeune homme. 

 

 

Bien tristes jours précédant Noel mais interrompus par un appel de Myrna, la libraire de Three Pines. Son amie Constance n’est pas revenue au village et elle très inquiète.

 

Gamache s’empresse de partir avec Henri le chien pour oublier tout ce qui le détruit. Bonheur de retrouver ce petit village et tous ceux qui y vivent.

 

Malheureusement, force est de constater que Constance a été assassinée. Et c’est en se rendant au domicile de cette dernière, que Gamache et Lacoste voient un corps près de la berge du Saint Laurent. Une femme qui s’est suicidée. Oui triste vie que pour certains.

 

De retour au village, Myrna est bien obligée d’avouer que Constance faisait partie des quintuplées Ouellet. Cellles qui furent adulées par le monde entier  dans les années trente.  Celles qui furent retirées à leurs parents. Celles qui furent exploitées par le Canada. Constance était la dernière et la seule survivante des cinq filles. 

 

Tout en menant l’enquête sur ce meurtre, Gamache va mener une seconde enquête sur les agissements au sein même des hautes sommités policières. Il sait que c’est un monstre qui dirige ses tentacules sur toute chose mais comment comprendre le pourquoi et le comment ?

 

Il va prendre possession de l’ancienne maison d’Emilie à Three PInes et aller recherche l’agente Nichols dans les sous-sols de la police.

 

Avec l’aide de cette recrue ainsi que celle d’une autre de ses collège dont le mari est un as de l’informatique et qui tente de comprendre en grand secret ce qui se trame,  Gamache va découvrir les desseins de FrancOeur encore plus terribles  qu’il ne le pensait.

 

Pendant ce temps Beauvoir sombre de plus en plus. 

Et Gamache tente de retracer la vie des quintuples et les mensonges que l’on a pu dresser sur leur vie. 

 

 

 

Excellent roman de Louise Penny.  Bonheur de retrouver les habitants de Three Pines et Gamache nous dévoile qu’il peut être machiavélique tout en étant d’une si grande humanité. 

 

Le titre du roman est tiré du premier vers d’un poème de Léonard Cohen et Louise Penny nous avoue que le chanteur, lorsqu’elle lui a demandé d’utiliser de sa poésie dans ses romans, n’a jamais réclamé un centime. Cadeau de Léonard Cohen.  La classe….

 

L’histoire des quintuplées est inspirée par les quintuples Dionne nées en Ontario.  Pas joli, joli l’exploitation de ces fillettes.

 

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Les soeurs Dionne.  

 

 

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24 avril 2018

Le Pays de Marie Darrieussecq

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Après avoir émigré à Paris où elle fondé une famille avec Diego sous la forme de leur Tiot, elle décide de rentrer au pays. Ses parents y vivent toujours. Sa mère est une artiste internationale et son père vit dans une roulotte. Même divorcés, ils vivent l’un près de l’autre.

 

Avant son départ, elle va rendre visite à son frère adoptif, celui qui a pris la place de celui qui est mort, Paul. Pablo vit dans un hôpital psychiatrique. Pourquoi est-il devenu fou ? Impossible à comprendre. Il se prend pour le Général de Gaulle. Pourquoi ? Nul ne le sait. 

 

Donc la petite famille se rend dans le petit Pays où l’on parle encore l’ancienne langue, bordé par la mer.

 

Après l’euphorie du début, elle réalise que ce n’est pas facile de revenir. Elle se sent même chez elle, comme une exilée.

 

Elle ne comprend plus l’ancienne langue, ou si peu. 

 

Mais c’est là qu’elle désire que sa petite fille vienne au monde. Elle sait que ce sera une fille : Epiphanie. Elle se laisse porter par cette vie qui grandit dans son corps. 

 

 

Elle l’écrivain, veut écrire ce nouveau roman. 

 

 

Roman à deux voix. La sienne et celle qui raconte en parallèle.

 

Le petit Pays, c’est bien entendu le pays basque 

 

Marie Darrieussecq nous emmène encore et toujours pas de nombreux chemins qui se mêlent et s’entremêlent : de l’humour, de la poésie, de la science, de la métaphysique …etc. 

 

On aime ou pas. Tant pis, j’aime.

 

"Ici, on peut lire et travailler en n'ayant que les pierres, les arbre et l'eau autour de soi. Et du grand salon, on plonge dans le rectangle total de la mer. Ma mère dit qu'il faut un côté coeur quand on vit face à la mer, que la mer toute la journée rend fou. Son atelier donne sur le parc. Verre et métal. La maison miroite dans la maison, et ma mère toute la journée vit dans ce lieu qui semble fait pour des habitants mythologiques ("pour des parvenus" dit mon mari, qui n'a jamais vu maison maison plus prétentieuse."

 

Lu dans le cadre de

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Ta vie ou la mienne de Guillaume Para

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Premier gros coup de coeur dans cette série de premier roman des 68 premières fois. 

Même plus un uppercut d’émotions.

 

 

La mère de Hamed est morte en lui donnant naissance. Il se retrouve dans cette cité de Sevran au milieu de la grisaille qui engendre trafic et violence en tout genre. Son frère d’ailleurs y perd la vie et son père alcoolique le bat. Orphelin à 13 ans, il est pris sous la tutelle de son oncle et sa tante. Eux vivent à Saint-Cloud entourés de leurs filles. Tarek est d’abord méfiant face à cette vie plus colorée. 

 

Sa passion c’est le foot. Il est le meilleur dans l’équipe du club de la ville et c’est là qu’il fait l’une des premières belles rencontres de sa vie : François. Hamed un jour le défend contre tous les autres qui veulent lui chercher des noises et le tabasser. A partir de ce moment, ils ne se quitteront plus.

 

Dans la famille de François, il découvre Pierre le père, ancien jouer de foot, qui va le mener très loin dans une carrière footbalistique.

 

Au bahut,  que les deux jeunes hommes fréquentent, François est tombé amoureux de Léa. Hamed a bien remarqué que la jeune fille le suit des yeux mais ne veut faire aucune peine à son ami. Mais l’amour étant l’amour, Hamed et Léa tombent éperdument amoureux et François l’accepte. 

 

La vie est belle. Elle peut avoir un gout de rose, de soleil. Les parents de Léa bien que faisant partie de la haute, acceptent la lubie amoureuse de leur fille. Le père moins, lui qui semble si solaire à Hamed. 

 

Il y a de quoi car Hamed aura les aveux de Léa un jour, quand il vivront à deux. 

 

 Ce père si merveilleux la viole. 

 

Tout va basculer.

 

Hamed accusé d’avoir voulu tuer le père de Léa va découvrir la moisissure carcérale.

 

 

En prison, Hamed coupe les ponts avec tous ceux qu’il aime. Même Léa qui porte leur enfant, doit l’oublier. 

 

C’est grâce à Jean-Louis, son compagnon de cellule, qui se passionne pour les fleurs, qu’il ne sombrera pas. Il se tiendra au bord du gouffre. 

 

 

J’aurais regardé la quatrième de couV en librairie, j’aurais pensé bof, encore les mêmes histoires, le gamin né dans la pauvreté, qui se colle à la bourgeoisie et puis qui sombre etc etc.

 

Comme quoi les apparences peuvent être trompeuses même en littérature. Quel roman ! Ils sont rares ceux qui me donnent cette envie de laisser couler les flots d’émotions.

 

L’univers carcéral raconté d’une manière si forte. La vérité de ce monde que beaucoup désirent ignorer. 

 

L’amour d’une fille entre deux garçons. L’un qui se sacrifie pour l’autre, facile me direz vous.

 

Ensuite, la main tendue, l’autre qui est à l’écoute tel ce personnage de Jean-Louis pour lequel j’ai une grosse affection. 

 

Un roman où la liberté est à portée des doigts , il suffit d’y croire.

 

Bonté, amour, sagesse, lumière des mots qui voltigent et qui illuminent.

 

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19 avril 2018

Ligne et Fils trilogie des rives 1 d'Emmanuelle Pagano

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Ligne et Fils est le premier roman dans cette trilogie des rives dont le troisième va bientôt apparaitre dans les librairies.

 

C’est un roman qui se dévide bout à bout. On dénoue les noeuds avec patience. On parcourt la trame apaisante de l’écriture. On suit goutte à goutte cette eau qui descend. Ce goutte à goutte devient plus puissant et l’eau se gorge de sédiments, creuse les roches, les cogne. C’est une course qu’elle ne peut que gagner et enfin arriver avec force contre les murs de la Fabrique. 

 

« Chante-Merle, depuis le siècle avant-dernier, c’est le nom officieux de la fabrique, c’est aussi le surnom de ma famille maternelle. »

 

L’arrière grand-père est arrivé on ne sait d’où, on ne sait de qui, réfugié ? abandonné ? Il a vite été indispensable, courant entre les murs où les jeunes filles s’ébouillantent les doigts afin de laisser filer ce qui deviendra cette soie qui pare les corps. 

 

« Mon arrière grand-père n’avait pas de mémoire, au-delà de l’eau, il avait égaré jusqu’aux mots de sa langue »

 

Il tombe amoureux d’une ouvrière. La fille du patron, décide que c’est elle qui l’aura.  Grâce à lui elle s’affranchira de l’autorité paternelle. Elle sera la Fabrique. L’ouvrière décidant qu’elle n’a aucun avenir avec ce jeune homme, Alex va donc devenir le mari de cette femme aux ambitions. Comme il ne vient de nulle part, on donnera un nom à cette lignée, Ligne comme cette rivière qui se tapit contre la roche. Ligne et Fils. Assemblage de mots qui content la lignée et les fils de soie.

 

Ils auront un fils qui ne sera aucunement aimé par sa mère, impuissant devant la férocité de cette femme.  Ce fils sera détesté par sa fille. Comment exprimer de l’amour quand soi même enfant  des bras maternels ne l’ont jamais serré. 

 

La fille n’aura de cesse de fuir en entendant les pas de cet être pervers qui par facilité s’envoie la bonne. 

 

Elle partira ailleurs, dans une autre vallée.  Vie en communauté toujours au bord d’une rivière. 

 

A présent, c’est sa fille qui ondule sur les mots de la rivière. 

 

Est-ce parce que l’eau les inondait et les cernait à chaque seconde, ses ascendants, que la femme qui raconte a laisser se déshydrater son fils ? Elle n’a jamais compris. Elle croyait que son bébé ne désirait pas plus de liquide maternel.

 

Pour son ex mari, elle est le monstre qui n’a pas su s’occuper de son enfant. Pourtant c’est elle qui est prévenue quand l’enfant adolescent est hospitalisé suite à une trop grosse prise d’alcool. Aurait-il eu envie de combler sa soif enfin ? Cet enfant qui aime non l’eau mais les sons. 

 

Elle va remonter le courant  qui emporte les souvenirs familiaux pour comprendre, se comprendre.  

 

 

Ligne et Fils est le roman d’une association familiale avec l’eau, essentielle pour leur vie industrielle. C’est l’histoire d’une maman qui apprivoise l’amour qu’elle ressent pour son fils, elle qui ne sait s’exprimer qu’à travers ses photos.

 

Tout se mélange entre les pages : le bruit de l’eau, le regard qui décèle les roches au fond de la rivière, les fils qui voyagent dans le vent, le désarroi, la poésie d’un moment, l’horizon des paysages, les tourbières, les chrysalides.

 

Regarder et aimer la fragilité tout autant que la force. 

 

 

 

« Il m’arrive de me dire qu’un jour dans mon objectif je découvrirai, grignotant les tendres repousses, un lapin de coton blanc. »

 

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17 avril 2018

La croix des veuves (tome2) de Jean Failler

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Dans le premier tome, Mary Lester arrive à découvrir qui est l’assassin qui a égorgé trois personnes. Mais en s’enfuyant il se tue, donc impossible de découvrir la vérité. Fortin a failli y laisser sa vie également.

 

 

Mary est donc chargée de retrouver à présent le Docteur Gaillard et ses enfants. Ses soupçons se portent sur une île au large de Paimpol. On y restaure parait il une ancienne abbaye et qui la restaure ? le patron de la firme pharmaceutique contre laquelle Gaillard était en guerre.

 

Mary mène donc son enquête. Elle est très vite persuadée que la barge qui reste près de l’île a causé la perte du bateau de Gaillard.

 

Mary fera connaissance d’un vieillard démoniaque que l’argent a complètement rendu amoral et malheureusement comprendra que le bateau de Gaillard à coulé dans la fosse des Casquets.

 

 

Mary peut enfin se reposer.

 

 

Et j’ai appris avec horreur que dans la fosse des Casquets, on a immergé après la seconde guerre mondiale, des munitions, des pesticides et entre 1950 et 1963 l’Angleterre ainsi que mon pays la Belgique y ont déverse des déchets provenant des centrales nucléaires. 

 

Comme quoi toute lecture est instructive.

 

 

 

 

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Celui qui disait non de Adeline Baldacchino

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Le 13 juin 1936 sur les quais de Hambourg, aux chantiers de Blohm et Voss, des hommes sont groupés faisant le salut nazi. Ils saluent Hitler qui est venu assister à la mise à eau  du navire école  le Horst Wessel. Un photographe prend un cliché en surplomb de  la masse et au milieu un homme croise les bras. 

Cet homme sera reconnu comme étant August Landmesser par l’une de ses filles Irène.

Mais une autre famille le reconnaitra également comme étant Gustav, ce qui est plus plausible si l’on se référe au visage. De toute façon August ou Gustav, peu importe, c’est  l’homme qui a osé défier ce qu’on lui imposait qui est admirable.

D’autant plus qu’il n’est pas le seul sur la photo. Si l’on regarde bien, ils étaient deux ce jour là à ne pas obéir aveuglement. 

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Adeline Baldacchino a choisi de nous raconter la vie d’August à travers ce premier roman. 

 

L’image du couple d’August et d’Irma c’est toute l’horreur nazie et son absurdité haineuse qui en font les victimes. 

 

Irma d’origine juive mais dont le beau père est protestant, elle même étant baptisée, rencontre Gustav en octobre 1934.

Ils décident de se marier l’année suivant mais un fonctionnaire très zélé refuse laissant passer de quelques mois à l’avance les lois de Nuremberg incluant que Aryens et non Aryens ne peuvent s’unir. 

 

Une petite fille nait de cet union Ingrid qui aura la chance d’être née avant le 31 juillet 1936 considérant qu’un enfant née d’une relation sexuelle avec un juif ou une juive, serait automatiquement considéré comme juif. Sa soeur Irène n’aura pas cette chance là si l’on peut appeler cela la chance. 

 

Avant de connaitre Irma, August avait adhéré au parti nazi non pas par conviction mais pour la facilité qu’il en aurait à trouver du travail.

 

Comme de bien entendu, le parti l’exclu suite à sa vie amoureuse et au fait qu’il ne s’y rend plus. 

 

Se rendant compte, que tout devient dangereux pour eux, August décide de s’enfuir vers le Danemark afin que la famille puisse vivre libre. Il est arrêté. Emprisonné et libre sous condition de ne pas revoir Irma. Il n’obéit pas aux injonctions et veut absolument la revoir.

 

Il est à nouveau arrêté et envoyé dans un camp de travaux forcés pour trois ans et demi. La raison : souillure raciale. Il va y travailler dans les marais et c’est dans ce camp qu’est né le chant des partisans repris plus tard dans d’autres pays. 

 

Irma elle est arrêtée en juillet 1938. Elle va passer de prisons en prisons pour terminer à Ravensbruk où elle sera assassinée comme tant d’autres par les tortionnaires en 1942.

 

August lui sera relâché. Il va aimer une autre femme et ensuite envoyé dans une bataillon en 1944 pour mourir en Croatie. 

 

En 1951, leur union sera légalisée.

 

Ingrid leur première fille sera élevée par ses grands parents. Irène née en prison n’aura pas cette chance, elle sera expédiée dans un orphelinat où elle va subir des sévices corporels jusqu’à être défenestrée. Elle passera d’une famille à une autre qui lui sauveront la vie. Echappera à la déportation.

 

 

 

 

C’est en 1990 qu’elles renoueront vraiment des liens. 

 

 

 

Très beau roman dans cette série des 68 premières fois.  Il n’y aura jamais assez d’écrits pour rappeler ce que fut l’horreur nazie jamais atteinte aussi fort aussi bien contre les juifs, les témoins de Jéhovah, les lesbiennes, les handicapés etc etc  mais ce furent les juifs qui furent exterminés en plus grand nombre, juste pour une question raciale.  L’autre, le mauvais. Pourquoi l’autre ? telle est la question.

 

Et à l’heure, où l’antisimétisme renait de ses cendres jamais éteintes en réalité, il est bon de rappeler que la Palestine fut un Etat crée par les Romains afin d’humilier les juifs après un pogrom. Que si les juifs sont devenus banquiers, ce sont les Romains qui ont crée cet état de fait car le seul métier que ce peuple pouvait exercer sous leur joug, était celui de percepteur d’impôts. 

Mais bon, l’autre sera toujours le mauvais, l’homme ne change pas.

 

C’était une petite parenthèse.

 

Un premier roman qui nous démontre qu’à sa façon on peut toujours dire non et ne pas obéir aveuglement, au risque de sa vie, il est vrai mais dire NON tout simplement.

 

Un roman très dur mais qui  donne envie de croire encore et encore à la bonté humaine.

 

bras

 "Huit mille Juifs d'origine polonaire se retrouvent pris au piege d'un no man's land entre l'Allemagne qui les pousse dehors et la Pologne qui se refuse à les recevoir. La Suisse exige que l'Allemagne distribue des cartes d'identité afin de pouvoir répérer  celles marqués d'un J...pour les refouler. L'Australies argue du fait qu'elle ne veut pas d'antésimitisme sur son territoire : pour cela, le mieux est encore de ne pas avoir de Juifs. Logique implacable.  Le Canada rechigne. Les services de Roosevelt ne sont pas plus allants. La souricière se referme."

 

 

 

Posté par winniethepooh à 09:50 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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