20 avril 2017

Le Saut oblique de la truite de Jérôme Magnier-Moreno

truite

 

 

Un livre où s’éparpillent les couleurs. Un livre qui pétille de malice et de poésie. Un livre merveille.

 

 

Jérôme Magnier-Moreno, peintre de son état,  a mis dix années pour écrire ce premier roman qui je l’espère  ne sera pas le dernier.

 

Un jeune homme qui part pêcher la truite en Corse, plus particulièrement le long du GR20. Il a rendez-vous avec Olivier qu’il avait rencontre à l’école d’architecture. Olivier qui était anxyogène à l’enseignement et qui préférait mener ses tongs sur d’autres chemins.

 

 

« C’est lui que je dois rencontrer près de Corte, car énergumène pour qui j’ai la plus grande affection parce qu’il y a, sous le tissu de névroses qui l’enserre, quelque chose de vaste, de beau et de bleu. Comme une aspiration non négociable à la liberté ».

 

 

D’Olivier, il n’en rencontrera pas le regard car il n’est pas là le jour dit. Alors tant pis, le jeune homme s’en va à la rencontre de la truite. Olivier arrivera peut-être.

 

« A milieu du paysage corse, soudain mon long fil vert fluorescent de pêcheur à la mouche se courbe et se contre-courbe, danse, se pose quelques instants sur l’onde avant de s’agiter dans les airs à nouveau. »

 

Le jeune homme quittera la Corse sans avoir vu l’ombre de son ami. 

 

 

Ce petit roman contient tout le temps qui passe, les paysages de la Corse où les yeux du peintre découvre le détail coloré, le senteurs, les rencontres, l’amitié, un peu de tout, un peu de rien. 

 

Le saut oblique de la truite titre du roman a été puisée dans les eaux d’une nouvelle de Hemingway « La grande rivière au coeur double ».

 

« D’ailleurs, il n’y a qu’à l’écouter, la Rivière, Elle me parle, je l’entends par l’éloquence de son discours fleuve. »

 

 

Un livre qui offre le bonheur et l’ivresse de la liberté. 

 

 

 

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18 avril 2017

Un clafoutis aux tomates cerises de Veronique De Bure

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« Pourquoi est-ce que j’écris tout ça, au soir de ma longue vie, déroulant, le fil d’une existence banale ? Est-ce le besoin de ne pas m’éteindre complètement après que l’on m’aura fermé les yeux ? Ce n’est pas de mon âge de me pencher comme ça sur moi, d’écrire ma vieille tête et mon coeur usé. Ce sont les jeunes filles qui tiennent un journal, pas les vieilles dames. Je n’ai plus d’histoires de coeur à y coucher, je ne fais qu’y radoter, que pourrais-je faire d’autre. Ils vont bien se moquer ceux qui trouveront ce cacher après ma mort ». 

 

 

 

Jeanne a 90 ans et décide de décrire les jours qui passent durant quatre saisons. 

 

Elle se souvient de la jeune parisienne qu’elle était qui devien l’épouse de René originaire de la région de Vichy. Ils y vécurent quelques années avant de retourner dans la maison familiale , à Liernolles,  où ils vécurent avec leurs deux enfants et la satanée belle-mère qui critiquait tout de sa belle fille mais qui ne levait pas le petit doigt pour l’aider. 

 

 

Elle est veuve à présent et vit toujours dans cette maison isolée à la campagne dont les plus proches voisins sont des fermiers Fernand et Marcelle. Ils n’ont jamais quitté leur bout de terre sauf pour aller dans une ville voisine jouer à la belote partant dans la deux chevaux, Marcelle au volant. Elle sourit en repensant à la rencontre de Fernand et Marcelle. Ils se contaient fleurette dans une autre deux chevaux sous l’oeil sévère de la mère de Fernand. 

 

 

Jeanne regarde le temps qui passe. Rejoint quelques amies pour jouer au bridge mais elle appréhende de plus en plus de prendre le volant. La nuit elle ne veut absolument plus conduire. 

 

 

Tous les gadgets électroniques ou autre, il ne faut pas lui en parler. Elle n’y comprend rien et d’ailleurs, cela ne l’intéresse pas. Le temps où le facteur déposait des lettres attendues avec impatience est bien périmé. A présent, on s’écrit en SMS déjà qu’elle ne sait pas comment son GSM fonctionne. 

 

Une fois par semaine, Angèle vient faire le ménage car elle n’en est plus capable. Mais cuisiner, cela reste essentiel surtout quand les enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants débarquent. 

Quand ils repartent, elle se sent mieux car vivre à leur rythme, c’est épuisant. D’autant plus que sa fille amène son chien qui fouille les poubelles. 

 

Elle ne marche plus allègrement Jeanne, elle s’aide d’une cane pour parcourir son jardin, humer le parfum des fleurs, découvrir que les lapins lui ont bousillé ses parterres. Elle prépare une soupe pour midi, fait ses mots croisés, s’endort dans le fauteuil et sa mémoire défaille parfois mais si peu comme le jour où elle avait préparé son fameux clafoutis pour recevoir ses amies. Mais Jeanne avait confondu les tomates cerises avec les cerises. Quelle surprise lors de la dégustation.

 

 

Le printemps s’est éveillé, l’été fut chaud et orageux, l’automne et ses belles couleurs, l’hiver accompagné de froidure, le printemps peut renaitre. 

 

 

Un clafoutis aux tomates cerises ressemble à un gros Gâteau dont on savoure chaque part sans en vouloir la fin.

 

Très beau portrait si doux de Jeanne. On aimerait s’asseoir à ses côtés et regarder passer le temps et ne pas avoir peur de vieillir.  

 

 

 

 

« Apparemment, c’est devenu à la mode de se faire brûler. Eh bien tant pis, je ne serai pas à la mode. D’abord, je veux une belle messe. Ensuite, je veux qu’on me mette en terre, pas sur un bûcher. Qu’on m’allonge doucement dans une boîte en bois et qu’on m’y laisse reposer en paix le temps qu’il faudra, auprès de René. Je ne veux pas qu’on me réduise en cendres pour me fourrer dans une urne qui ne ressemble à rien ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 avril 2017

La spectaculaire histoire des Rois des Belges de Patrick Roegiers

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Après la défaite de Napoléon en 1815, les grands manitous du Congrès de Vienne décident de créer la Belgique , enfin pas tout à fait : les Provinces Belges sont offertes au Royaume des Pays Bas pour faire tampon entre l’Angleterre et la France. Mais comme le peuple belge à horreur qu’on lui dicte ce qu’il a à faire surtout que les Hollandais sont calvinistes, c’est la révolte attisée par la Muette de Portici, opéra qui passe au théâtre de la Monnaie. On jette les vendeurs de fromage hors du territoire et la Belgique peut clamer son indépendance.  République ou Royauté ? On choisi la Royauté. Mais qui dit Royauté dit Roi. Qui donc ? 

Premier choix le Duc de Nemours, fils du Roi de France  Louis Philippe. On le proclame mais  l’Angleterre n’est pas d’accord. Déjà que les Français lorgnent vers ce petit pays. Deuxième choix : Léopold,d’origine allemande, vivant en Angleterre. Ce dernier veuf d’une femme qu’il adulait Charlotte, et voyant un règne anglais lui échapper fait contre mauvaise fortune bon coeur et le premier Roi des Belges sera Léopold Ier. 

 

« On dit en effet Roi des Belges et non pas Roi de Belgique, car celui-ci l’est par la volonté des belges Ces derniers ne sont pas ses sujets , à l’inverse des Brittaniqes  qui le sont de sa gracieuse Majesté. Les Belges, qui se sont séparés du joug Batave, précèdent leur souverain.  Ce sont eux qui l’ont choisi, Leopold vient à eux et non l’inverse. »

 

Il y a tout à faire dans ce nouveau Royaume. d’autant que les Hollandais tentent de reprendre le territoire et force est à Léopold de faire appel aux autres Nations dont la France qui guigne encore, décidément, de l’oeil ce petit territoire.  Les Hollandais vaincus, Léopold devant assurer la succession dynastique décide d’épouser une Princesse française, ainsi la France n’aura aucune raison de tenter de grappiller du terrain chez nous. La première Reine sera donc Marie-Louise. 

 

Leopold 1er le fondateur auquel succède Léopold II le Roi qui va glorifier la Belgique et la glorifier  encore plus.  

 

Leopold II est habillé comme un as de pique mais à de grandes idées d’expansion, la Belgique lui semble si étroite. Il va se payer, car l’Etat ne veut pas y mettre un kopeck, une partie d’Afrique qui deviendra le Congo Belge. Plus tard, il lèguera ce bout de colonie à l’Etat Belge, futur cadeau empoisonné. 

 

Bruxelles va se transformer. Il nous en reste l’avenue de Tervueren, le Cinquantenaire, le monstrueux Palais de Justice orné de sa couronne royale. 

 

Sans successeur puisque le seul héritier est mort, ce sera le neveu Bauduin qui devrait devenir Roi mais patatras lui aussi meurt et Albert second neveu le jour de sa prestation de Serment se demande s’il veut vraiment devenir Roi. L’un des Rois les plus adulés car il soutiendra sans faille le pays lors de la première guerre mondiale. Sa femme Elisabeth férue de musique, est toujours dans les mémoires grâce au concours Reine Elisabeth.

Albert Ier le Roi chevalier, lui qui détestait monter à cheval. 

 

Après Albert 1er se tuant lors d’une escalade au rocher de Marches les Dames, Léopold III entre en lice. 

 

Léopold III fut aimé au début de son règne, épousant la suédoise Astrid. Mariage d’amour et non arrangé. Malheureusement, Astrid décède dans un accident de voiture laissant son mari ainsi que ses trois enfants. 

 

Léopold III va faire le mauvais choix durant la seconde guerre mondiale, se laissant devenir prisonnier des allemands, emmené en Allemagne avec ses enfants et celle qu’il a épousée en secret sans l’accord du gouvernement Liliane de Rethy, l’ange noir. 

 

Durant la guerre son frère Charles va assurer la régence. Ils se détestent cordialement. Et grosse erreur après ladite guerre Léopold n’a vraiment pas envie de revenir au pays. Il est bien installé en Suisse mais bon il est temps de montrer au cadet que c’est lui le Roi. Il revient donc mais décide que le Peuple décidera s’il veut encore de lui vu la situation de guerre civile latente au pays. Les flamands sont monarchiques, les wallons socialistes ne veulent plus du Roi.

 

Il abdique donc en faveur de son fils Bauduin dont la photo ornait les salles de classe de mon enfance. 

 

Bauduin n’eut aucun héritier car malheureusement sa femme Fabiola, l’espagnole, fit fausses couches successives. Très bigots tous les deux, ils décidèrent que leurs enfants ce serait ceux qui constituent le peuple belge. Sa mort fut un véritable choc. 

 

Et pour lui succéder, son frère Albert II, bon vivant, amateur de motos, époux de la dolce Paola dont il fut séparé durant dix huit ans et comme Bauduin ne voulait pas entendre parler de divorce, surtout qu’il avait non régné durant 36 heures car n’approuvant pas la loi sur l’avortement, les époux se sont rabibochés. 

 

Le livre se termine durant le règne d’Albert II mais à l’heure où je chronique, son fils Philippe porte le nom de Roi des Belges. 

 

 

Un livre bourré d’humour dans le sens belge du terme. Outre l’histoire de Belgique qui défile et les problèmes linguistiques qui en découleront, Patrick  Roegiers nous dévoile les aléas de la vie de Roi à la Belge, les mariages arranges, les maitresses, les enfants naturels etc etc….Nos Rois successifs ne sont pas très intellectuels, non enclins à s'instruier et souffrant inexorablement de problème de sciatique et de coeur. Enfin bref une histoire à la Belge comme tout ce qui se déroule chez nous petits Belges au coeur vaillant. Ce qui nous sauve, ben voyons, notre humour bien sûr. Il suffit de lire la spectaculaire histoire des Rois Belges pour le comprendre.

 

 

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10 avril 2017

Maigret à l'école de Simenon

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Le printemps pousse son bout de nez dans le ciel de Paris. Maigret adore l’arrivée des beaux jours.

 

Dans le purgatoire, une seule personne qui selon Maigret peut-être classée dans les tête de rat : un homme banal en somme. Il veut absolument parler au commissaire.

 

Il s’agit de Joseph Gastin, instituteur et secrétaire de Mairie à Saint André sur Mer. L’homme raconte qu’il est parti de son village en catimini. Léonie Birard la mauvaise langue du village a été tuée d’un coup de carabine. Il sait déjà qu’on va l’accuser du crime. Il demande l’aide de Maigret.

 

 

Le printemps, la mer, les huitres. On peut rêver. Le duo part donc vers ce village qui doit sentir l’air marin. A sa descente du train, l’homme est arrêté jusqu’à ce que vérité s’ensuive.

 

Maigret descend à l’hotel du  village où les tapeurs de carte l’examinent. 

 

L’enquête va lui rappeler son village d’enfance. La mégère, le boucher, l’instituteur, le facteur. Comme si chaque village était interchangeable.

 

Et les enfants, eux, ont l’air si taiseux, comme s’ils cachaient un secret. 

 

De la mer, il n’en verra qu’une ombre. 

 

 

 

Deuxième Maigret dans ce mois belge. Il fait partie de cette série où Simenon nous décrit si bien la vie d’un village, l’enfance et la poésie du printemps. Non je ne lirai pas que des Maigret rassurez vous.

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06 avril 2017

Maigret se défend de Simenon

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Le mois d’avril c’est le mois belge d’Anne  et Mina. Cette année je vais me régaler car on nous laisse libre choix. Pur bonheur pour  la lectrice que je suis qui aime vagabonder à son rythme.

 

Je replonge un peu dans quelques Maigret car étonnamment de Simenon je n’aime que l’homme à la pipe. Je n’ai jamais su terminer ses autres romans. 

 

 

Maigret, la cinquantaine bien tassée, pourra prendre sa retraite dans trois ans. Sa vie est constituée d’habitudes. Un jour par mois, il va passer la soirée chez le Docteur Pardon et son épouse  accompagné deMadame Maigret. Etonnemment, durant leur dernier diner, Pardon demande si au long de sa carrière, il n’a pas rencontré le crime qui constitue le mal pour le mal.  Maigret qui est très humain n’en a aucun exemple. 

 

Malheureusement, il va devoir face à ce mal. Une nuit, il est réveillé à son domicile par un appel téléphonique. Une jeune fille lui demande son aide. Maigret tu aurais mieux fait de continuer à dormir.

 

Le lendemain, il est convoqué par le préfet. Ce jeune blanc bec est au courant qu’il a rencontré Nicole Prieur mais la jeune fille a une toute autre version que celle vécue par Maigret. Le  préfet lui explique qu’il va y avoir enquête, qu’il doit se tenir loin de la demoiselle et que peut être si cela ne lui convient pas qu’il pourrait prendre sa retraite plus tôt. 

 

Maigret se tait, même si la colère gronde intérieurement. En parcourant la déposition de la demoiselle, Maigret apprend qu’il aurait désiré abuser d’elle. 

 

Bon sang, vous connaissez Maigret, sa petite enquête il va la mener à sa manière puisque l’on signifie qu’il est en congé jusqu’à la preuve de son innocence.

 

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04 avril 2017

Outre-Mère de Dominique Costermans

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Nul n'est prophète en son pays, l'adage est bien connu. Depuis toujours je freine quand il s'agit de lire des auteurs de mon pays comme si la belgitude diminuait leur talent littéraire. C'est idiot je sais. Alors comme ce roman était dans la liste des 68 premières fois, j'ai plongé et touché, j'ai adoré. 

Donc je partage ce bonheur de lecture dans le cadre du mois belge d'Anne et de Mina.

 

Lucie est à l'âge de faire sa communion. Son père comme de bien entendu lui présente des images pour illustrer cet événement. Elle doit choisir celles qu'elle préfère afin de les offrir. Curieusement derrière l'une d'entre elles un nom et prénom : Hélène comme sa maman mais le nom n'est pas Lambert mais Morgenstern. Intriguée, elle questionne sa mère qui lui répond évasivement. A sa réponse Lucie voit bien qu'Hélène est troublée. 

 

En 1996, coup de téléphone d'Hélène annonçant à Lucie que sa mère est morte. Point final. Lucie va se rendre dans la maison de retraire non loin de chez elle et comprendre que Suzy sa grand-mère vivait là depuis vingt cinq ans sans qu'elle le sache. 

Dès lors Lucie va vouloir comprendre malgré les silences de sa mère sur son passé.

Petit à petit elle va dérouler le fil.

Charles Morgenstern était un juif, collabo durant la guerre. Avec sa femme Suzy, ils ont deux enfants : Helène et Misha. Charles oblige Suzy a abandonner ses enfants et de se rendre en Allemagne ou alors il dénonce les juifs de sa famille. Misha ne survivra pas à cet abandon. Helène va être confiée à une tante Ines qui a également élevé Suzy. 

Charles s'installe chez sa maitresse dont il aura  une fille. Et le vent tournant mauvais pour lui il s'enfuit en Allemagne.

Hélène va perdre son nom de Morgenstern pour Lambert car Ines et son mari vont adopter la petite fille. 

Durant les vacances, Lucie et ses parents se rendent en Savoie chez Sitelle. Lucie adore Sitelle mais elle va vite comprendre lors de son enquête qu'elle n'est autre qu'une troisième femme de Charles dont elle a eu aussi une fille. 

Et comble de tout, Charles vit non loin de là avec une quatrième femme qui a eu bingo décidément une fille. Ses convictions sont toujours les mêmes : fasciste, admirateur de Degrelle etc etc. 

Lucie plonge dans les peurs  de sa mère. Sa quête de la vérité est dictée pour délivrer Helène mais y arrivera t'elle ? et se délivrer elle -meme.

 

Admirable récit de ces secrets qui ont plombé la vie de femmes et d'hommes durant toute leur vie car il fallait se taire sur la honte d'avoir des parents collabos ou se taire sur la honte d'avoir réchappé des camps et d'être vivant. Les secrets de famille  il n'y a rien de pire. 

Lucie va puiser dans les archives, dans le quelques souvenirs maternels et dans la transcription du procès de Charles Morgenstern condamné mais sans être la puisque bien planqué. 

Une auteur a découvrir ...

 

 

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27 mars 2017

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon

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Dans cette série de premiers romans, c’était celui que j’attendais avec le plus d’impatience.

Satie  me laisse un gout d’enfance lorsque les gymnopédies voletait dans le bureau paternel. 

Sa musique c’est une note suivie d’un envol du silence et la note qui reprend sa place. Pour nous du XXIième siècle sa musique nous est acquise mais pour lui, à l’aube du XXième siècle ce fut une révolution très mal comprise.

 

« Quand les gens vous oublient sans raison , c’est indescriptible. Cela devrait être interdit par la démocratie. ils vous laissent une fuite dans le coeur, comme un sifflement. On appelle ça les acouphènes. Pour les musiciens pas de chance. »

 

 

Erik Satie est heureux jusqu’au jour où sa mère, écossaise, meurt après le décès de son dernier enfant, de tristesse.  Est ce elle qui lui a transmis cette excentricité ? Ou était-il né pour être différent des autres ?

 

Il aime la musique. A 21 ans, il entre au conservatoire mais la musique telle qu’elle est conçue avec ses règles ne lui convient pas. Il  veut créer un autre style car la musique ne doit pas être figée. Rebelle, on le renvoie. Il y sera réintégré grâce à son père et cette fois c’est lui qui quitte ce lieu imprégné de notes poussiéreuses. 

 

 

Son père s’étant remarié avec une femme qui ne l’aime pas. Adieu famille, je suis un créateur qui montrera au monde le génie que je suis. 

 

Mais avant que le génie ne soit acclamé, il faut vivre et pour vivre il faut manger. Grâce à un ami Contamine, il va découvrir le  Chat Noir, là où enfin son être ne sera plus regardé comme folie, enfin par certains. 

 

« Erik Satie : gymnopédiste  !

En un instant, il a un nom, il est engagé. 

La vie, la vrai, commence. »

 

 

Malheureusement pour Satie, il y a les nuits saoules et ce sale caractère qui l’oblige à se refermer sur la solitude. Quand on ne le comprend pas et qu’il n’est pas reconnu comme un avant-gardiste, il se fâche. Colérique dans sa création, colérique dans ses amitiés. 

 

Pourtant, il va se prendre d’une tendresse amicale pour un autre musicien Claude Debussy qui très finaud lui piquera une de ses idées musicales. Debussy aura le succès et lui Satie, n’en parlons pas. 

 

A trente quatre ans, au début du nouveau siècle, il décide de s’isoler dans la banlieue à Arcueil. Il y vivra de nombreuses années sans y inviter aucun ami. 

 

« Il y a une couleur Satie. Le gris. Et un mystère Satie : sa chambre finale, à Arcueil, rue Cauchy. Un lieu apocalyptique, comme l’envers de sa vie. »

 

Le jour de sa mort, ses amis ont découvert un lieu à la mesure de cette solitude qu’ils n’avaient pas perçue. Une couche de poussière, deux pianos, des petits papiers, des partitions et sans énumérer le  tout, quatorze parapluies.

 

 

Très très beau premier roman de Stéphanie Kalfon qui à travers son récit  poétique nous donne rendez-vous avec un homme qui malheureusement n’aurait pas du naître à l’époque où il a vécu. 

Stéphanie Kalfon nous en trace un portrait qui est de toute beauté. Chaque page est un enchantement.  

 Ce n'est pas un coup de coeur mais un coup de tendresse. Tendresse que Stéphanie Kalfon transmet comme une partition. 

 

 

 

 

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23 mars 2017

Coeur-Naufrage de Delphine Bertholon

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Comment vous décrire l’émotion ressentie en lisant ce plus que merveilleux roman ? Mission impossible car je devrais vous raconter ma vie et tous les pleurs qui se sont déversés dans le coeur à sa lecture. Ce roman que l’on espère à chaque fois, ce roman qui va vous faire comprendre. Il a fait cling. Mais là n’est pas le propos. Tout commence par un jour d’été. 

 

« Si notre relation me protège, me masque, m’évite de prendre le risque d’aimer réellement, je tiens pourtant à lui de diverses manières. J’ai pleuré pour lui, plusieurs fois. A une époque, j’ai même pensé qu’il plaquerait tout pour moi, qu’ensemble nous bâtirions un monde rien qu’à nous, sur les vestiges fumants de son couple disparu. Mais depuis l’origine, je suis amoureuse de N que par intermittence et, au fil du temps, les phases de désamour deviennent plus longues. »

 

Si la chaine de son vélo n’avait pas déraillé, si elle n’avait pas pris le chemin de la plage, Lyla n’aurait peut être jamais rencontré Joris le surfeur.

 

Deux êtres perdus qui se croisent. La mère de LYLA, est photographe, genre mère toxique. Elle ne pense qu’à plaire et prend sa fille en otage pour réaliser ses clichés, une véritable intrusion dans la vie privée de sa fille de 16 ans qu'elle expose dans les galeries.

Joris n’a plus de mère, renversée par une voiture lui a t-on expliqué. Son père l’a élevé à coup de cris et de baston mais il a appris à se taire et à vivre seul dans la maison quand l’alcoolique disparait pour quelque temps. 

 

« J’ai une vie, d’accord; mais cette vie m’a toujours semblé hors-sol, comme un jardin artificiel. D’abord j’ai grandi sans mère, ce qui constitue en soi une aberration. Depuis la nuit des temps, grandir sans père est une chose commune. A l’école, j’avais beaucoup de copains qui n’avaient pas de père. Les pères sont pareils aux oiseaux : ils migrent. Mais comment simplement exister quand on n’a pas de mère ?

J’ai été élevé par le plus grand de tous les migrateurs ». 

 

L’amour prend Lyla sous son aile, Joris peut être un peu moins mais le résultat est que  Lyla est enceinte. Elle va écrire une lettre à Joris dont elle recevra  une réponse qu’elle voulait toute autre. Elle va supporter les cris de sa mère qui ne veut pas devenir grand-mère  because fuite de la jeunesse. Elle portera ce bébé et accouchera d’un garçon qui sera né sous X. Elle lui laissera une lettre pour lui expliquer quand il sera en âge de comprendre. Juste une petite trace d’elle sa maman biologique. 

 

« Je ne l’ai pas vu, l’enfant. Pas vraiment. Je l’ai seulement entendu crier. Je me suis évanouie après » 

 

Dix sept ans plus tard, Lyla est traductrice dans l’édition, maitresse d’un homme marié. Elle flotte dans sa vie. Elle promet à son père qui a une nouvelle compagne  de venir mais elle ne se décide à rien. Sa meilleure amie se nomme ZOé, énergique en diable. 

 

« Je réalise aujourd’hui que j’ai quitté des gens qui m’aimaient trop pour des gens qui ne m’aimaient pas assez, sans jamais rencontrer celui qui m’aimerait comme il faut. Sans doute est ce ma faute, mais je ne sais pas pourquoi"

 

Joris est devenu Kiné. Amoureux fou de sa femme Camille et de leur petite Violette. Son père vient de mourir, il doit se rendre près de la plage pour mettre de l’ordre dans son ancienne maison. Il va retrouver la lettre de LYla. Lui envoyer  un texto  et…..

 

 

Le roman est un duo entre Lyla et Joris arrivés à l’âge adulte et les souvenirs de leur jeunesse, de leur rencontre, de leur vie. Le présent peut il transformer le passé ? Vaste question...

 

Je n’ai qu’un souhait, que vous le lisiez. Ce n’est pas une pépite, c’est une perle.

 

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21 mars 2017

Nous les passeurs de Marie Barraud

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Quatrième premier roman découvert dans le cadre des 68 premières fois et second abandon.

 

A un moment, je me suis décidée à le refermer suite à l’ennui que je ressentais.

 

En résumé, Marie Barraud décide de comprendre le silence qui pèse dans sa famille sur la personnalité de son grand-père Albert Barraud, arrêté durant la guerre et jamais revenu.

 

Même son père qui a vécu cette arrestation n’en parle jamais comme si cela n’en valait pas la peine. Il avait 8 ans ce jour là.

 

Même face aux questions de sa fille, il se tait mais il donne un carton rempli de papiers que sa mère avait laissé comme souvenirs après sa mort. Il ne sait pas ce que contient ce carton. Il n’a jamais eu le courage de comprendre.

 

Marie va rencontrer l’ami compagnon d'infortune  lors du transfert  de son grand-père vers un camp : Serge Joly. Il va raconter. Marie comprend que son grand-père fut un résistant au coeur noble, soignant du mieux qu’il pouvait les blessés du camp et en sauvant d’autres. 

 

La quête d’une femme sur le passé qui alourdi la vie d’une famille, et tente d’en délivrer son père. 

 

 La raison pour laquelle je n’ai pas aimé ce roman qui en fait pourrait être un récit, c’est un manque d’étincelle. Cette étincelle qui vous fait penser « mince alors, quel roman ! ».

 

Bien écrit, lecture facile mais pour que l’émotion prenne, il faut plus que cela. 

 

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20 mars 2017

Les carnets de Montréal de Catherine Pont-Humbert

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« C’est le portrait d’une ville qui est ici proposé; portrait dessiné par le prisme de la vie culturelle et c’est un carnet de voyage, au sens où le voyage est un déplacement  de l’esprit et une initiation. »

 

 

Catherine Pont-Humbert n’est pas canadienne mais française. Etudiante à la Sorbonne, elle prend un vol pour Montréal rejoindre son amoureux et découvre le Quebec à l’arrière d’une Harley Davidson.  Elle se prend d’amour pour  la littérature québéquoise. 

 

Quelques années plus tard, munie d’une bourse, elle y repart pour un séjour de deux ans. 

 

Elle a voulu partager son amour pour cette ville à travers ce livre non pas en racontant sa vie à Montreal   mais celle de personnalités Montréalaises qui font toutes parties du monde des arts et de la culture qu’elles soient canadiennes ou non, Montréalaises ou non, francophones ou non. 

 

Découvrir Montréal à travers leur vécu et leur regard. Ils l’emmènent dans un lieu de Montréal qui leur est propre. A travers ce lieu, ils s’identifient à Montréal.

 

Etonnement, elle choisi l’hiver pour les rencontrer et les écouter.

 

Le carnet est composé des pensées de l’auteur, de ses rencontres avec les personnalités telles Dany Laferrière, Michel Dallaire, Michel Goulet, Louise Forestier, Ariane Moffat, Denise Desautels, Carole Laure etc vingt témoignages de cet amour qu’ils portent à Montréal. Les lieux sont photographiés par Richard Marx-Tremblay et Alex Tran. Le livre contient en prime les cartes de ces lieux au milieu de Montréal. 

 

« Désormais, lorsque je refais ce chemin- je ne m’en lasse pas, sans doute parce que cette marche est l’une des premières que j’aie faites à Montréal lors de mon lointain premier séjour- je n’oublie jamais d’agrandir le regard encore un peu plus afin d’intégrer dans mon champ de vision la croix qui brille au loin comme un joyau au sommet du Mont Royal ». 

 

Il est beaucoup question du clivage qui a existé entre francophones et anglophones chacun vivant séparés, ce qui a l’heure actuelle n’est plus le cas sauf un quartier d’irréductibles anglophones qui ont décidé de ne jamais parler français car Montréal est une ville composée de quartiers, de villages pourrait-on dire. 

 

La chappe de plomb imposée par l’Eglise durant des années est également évoquée. Ce temps est révolu heureusement où les femmes n’avaient comme mission que de mettre de nouveaux canadiens au monde. Cette pression sur les femmes a entrainé un très grand mouvement féministe. Les Montréalaises sont perçues comme très indépendantes.

 

« Quand ils ne sont pas à l’étranger, Denis Marleau et Stéphanie Jasmin quittent Montréal à la fin de la semaine, traversent le fleuve par le pont Champlain et partent à la campagne. Depuis plusieurs années, faire cette traversée, est devenu une nécessité. Ils ont la chance d’avoir une vraie campagne, un autre champ vide aussi important que la ville et qui les plonge dans un tout autre paysage. Il y a, d’un côté une campagne très champêtre (une des qualités de Montréal, est d’être proche de la campagne) et, de l’autre une urbanité assumée et forte ». 

 

Montréal est une ville considérée européenne et nord-américaine. Elle vit dans sa mixité visuelle tout autant qu’humaine car Montréal est ville de migrants. On y parle soixante langues différentes. 

Le français devra-t-il résister ? Impossible à dire. 

 

« Emile Nelligan, le poète, en avait fait « une ville d’argent au collier de neige ». Mais quand Montréal plonge dans la neige, prise dans le froid et la glace, elle retourne à la sauvagerie des grands espaces et oublie les hommes. »

 

Lors de la conclusion de ces carnets, l’auteur se fait la réflexion que personne n’a évoque les Amérindiens. 

« L’existence des Améridiens était une plaie dans l’imaginaire collectif. Et pourtant avant que Montréal, n’existe, le village d’Hochelaga-découvert par Jacques Cartier  en 1535-était bien occupé par des autochtones. »

 

Mais les temps change et après avoir durant des décénnies tenté de gommer la culture indienne au profit de la canadienne, on réactive la mémoire collective.

 

Autre sujet très peu abordé : l’indépendance du Québec.

 

« J’ignore s’il faut intérpréter le silence  sur le sujet de l’indépendance  comme le signe d’un renoncement, mais je sais qu’il y a peu encore, il était impossible de séjourner une semaine à Montréal sans qu’une conversation l’aborde »

 

 

Si vous aimez la culture sous toutes ses formes, que Montréal vous fait rêver, les carnets vous emporteront sur des chemins de toutes formes. Au contraire de nos villes européennes l’art n’est pas cloisonné. Un artiste peut être tout aussi bien être peintre qu’acteur de cinéma. Il n’y a pas la rigidité européenne qui tend à placer chacun dans une case bien établie. 

 

 

 

Montréal mélange de passé et de futur avec ses contradictions. Montréal traversée par le Saint Laurent et dominée par le Mont Royal. Montréal qui longtemps fut léthargique mais qui bouge en ce XXième siècle. 

 

Montréal. 

 

Posté par winniethepooh à 09:17 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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