20 mars 2018

Panique au manoir de M.C. Beaton

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James ne voulant vraiment plus croiser le chemin d’Agatha. Rebelle, elle décide de vendre sa maison et  de partir à Fryfam dans le Norfolk. Une diseuse de bonne aventure lui a  proclamé qu’elle trouverait l’amour dans cette région.

 

Vendre la maison oui mais la tronche des acheteurs ne lui plaisant pas, elle la garde et la voilà partie à la rencontre de l’amour.

 

Elle découvre sa location meublée pas vraiment design mais genre plutôt vieille Angleterre.  Et stupéfaction des lumières qui clignotent au fond du jardin. Des lucioles ? Impossible.

 

Sur ce, elle se rend au pub du coin et autre stupéfaction : la propriétaire dudit pub est une beauté sans nom. Elle offre même gratuitement le repas à Agatha.

 

Comme de bien entendu, elle fait connaissance du groupe de femmes du village. Elles l’invitent à leur soirée patchwork. Pauvre Agatha. 

 

Ce qui est surprenant, c’est le silence qui plane quand elle évoque les lumières clignotantes. Il parait que cela pourrait être des fées.

 

Se tenant au courant avec la femme du pasteur via le téléphone, elle sait que James n’est toujours pas revenu dans sa maison et qu’une sylphide y habite durant l’absence de l’homme. 

 

Bon que faire dans ce trou perdu. Ecrire un roman policier ben voyons.

 

Et aller visiter les gros propriétaires du coin : des parvenus surtout.

 

D’ailleurs, le châtelain feint de dormir dans le fauteuil durant la visite d’Agatha et la châtelaine ne la raccompagne même pas.  Elle trouvera bien le chemin.

 

Et Charles pointe son nez à nouveau avant que le châtelain ne se fasse assassiner.

 

 

Toujours aussi ruminante et déjantée la chère Agatha.  Les deux prochains paraissent en juin. On attendra.

 

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Avant de quitter la rame de Gaelle Pingault

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C’est le morceau de sucre dans le café. Le quartier de lune qu’on croque. La plume qui voyage. La poésie que l’on vole. Il est tout petit le livre de Gaelle Pingault, tout petit mais renfermant tant de bonheur.  Encore un qui fera partie de mes trésors.

 

 

Alice n’aime pas Paris, elle supporte le métro mais la poésie dans les rames, pff. Nadya c’est une cabossée qui chaque jour tente de trouver un équilibre, la poésie elle la guette comme une bouée.

Un jour, il y a un sourire, un papier échangé. Un geste et le monde peut devenir  un peu mieux.

 

Entre les voyages d’Alice et Nadya, on quitte la rame pour découvrir un homme qui s’enfuit vers la mer, une bébé né sous x, un souvenir d’enfance, un dépistage… Des petits instants de cherche vie.  

 

Entre les mots, on aperçoit les couleurs arc-en-ciel d'un matin si gris.

 

« Pour la première fois de ma vie, j’ai lu dans le métro un peu de poésie que j’ai trouvée belle ».

 

 

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19 mars 2018

Le collectionneur d'herbe de Francisco Jose Viegas

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Pour débuter le challenge Portugal que Cristie nous propose, j’ai choisi un roman policier.

 

Il y avait Wallander et Gamache. Le trio sera complet avec Jaime Ramos.

 

 

Jaime Ramos est chef de la brigade criminelle. Assez taiseux, il est bienveillant avec ses collaborateurs. Peu d’entre eux connaissent sa vie, sauf Isaltino qui note tout, Isaltino son bras droit qui râle sur son chef de temps en temps.

 

Même nous lecteur, percevons peu de choses. Il a été communiste via l’amour qu’il porte à une femme Rosa mais qui ne vit pas avec lui. Plus très jeune, il a emmené dans chaque bureau qu’il investissait, le poster d’un joueur de football. Il aime déambuler dans les rues de Porto et une fois l’an se rend au marché pour réaliser sa fameuse recette aux sardines.  Il aime lire surtout l’hiver et n’est pas insensible aux peintures de Turner.  

 

Des corps sont découverts dans une pinède. Enfin d’abord un corps dont la grande partie du corps a été carbonisée car le deuxième corps est découvert peu après dans la voiture où le premier corps est assis. 

 

 

Deux hommes vite identifiés : des russes  qui travaillaient pour l’armée dont l’un était ingénieur.

A la chute du communisme, ils sont venus s’installer au Portugal. 

 

Le troisième corps découvert  peu après est celui d’une femme noire. Tuée par balles comme les deux hommes. 

 

En parallèle à cette enquête, Jaime Ramos est chargé non officiellement de retrouver la fille d’une riche famille. Elle est partie, envolée, de son plein gré et personne ne sait où elle vit.

 

 

Je vous préviens, cela virevolte d’une chapitre à l’autre. On part du Portugal vers l’Angola, le Brésil, le Cap vert,  c’est un certain Gomez qui en est la cause. Engagé par le frère de la jeune fille disparue, pour découvrir dans le monde, les meilleurs plantes hallucinogènes.

 

 Un quatrième corps sera découvert. 

 

 

 

Excellent roman. L’intrigue est excellente. Mais il faut bien s’accrocher car l’auteur passe d’un personnage à l’autre, tout s’imbrique mais il faut être attentif.

 

La scène où Jaimes Ramos cuit son plat annuel, est d’une épreuve gustative. On se retrouve au soleil d’un claquement de ligne. 

 

« Alors Ramos, se mettait à penser à son âge, le regard tourné vers le calendrier figée posé sur son bureau, ou vers l’affiche de Teofilo Cubillas qui le suivait depuis toujours, de cabinet en cabinet. Lorsque nous étions plus jeunes, les après-midi s’étiraient doucement : le soleil se décomposait lentement, on retournait à la maison, on accrochait nos vestes et on s’asseyait devant la télévision. Depuis, quelque chose s’était brisé, quelque chose qui n’apparaissait plus dans les colonnes crédit-débit de l’innocente comptabilité nos vies. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 mars 2018

Paysage à l'infini gare du midi

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Sale temps pour les sorcières de M.C. Beaton

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Agatha ayant subi la colère d’une coiffeuse, elle se retrouve avec une chevelure ravagée par un shampoing dépilatoire. La seule solution fuir sur la côte, n’importe où.

 

Son lieu de chute « Garden hotel » à Wyckhadden. Un lieu où les clients sont à l’âge du lifting.  Pour combler l’ennui, elle pratique de longues marches sur la digue.  Ses cheveux étant cachés par un foulard. 

 

 

Dans un pub, elle fait la connaissance de Jimmy Jessop, le flic du coin.   Tout fonctionne bien entre eux jusqu’au moment où elle commence à raconter ses aventures de détective.

 

 

Pauvre Agatha, ses cheveux ne repoussent pas et on la rejette encore une fois. 

 

Voyant la détresse d’Agatha, une des clientes lui conseille d’aller voir Francie, la sorcière du coin. Il parait qu’elle fait des miracles.

 

Ni une ni deux,  Agatha se laisse tenter. Bon la sorcière est un peu revêche. Elle lui prédit un avenir sans sexe. Agatha fulmine.  Elle repart avec une lotion pour ses cheveux et un philtre d’amour.

 

Qui sait ? Cela fonctionnerait peut-être sur Jimmy.

 

Le lendemain patatras, la sorcière a été assassinée.  Heureusement elle jouait au scrablle avec les vieux de l’hôtel au moment du crime.

 

Non James ne viendra pas à la rescousse. Par ses apartés téléphoniques avec la femme du pasteur, elle prend des nouvelles de son ex.   Mais sa vision est celle de devenir la femme de Jimmy. Au diable James.

 

Cette fois ci, elle va mener l’enquête avec Charles, le noble qui ne paie jamais ses notes de restaurant.

 

 

Toujours aussi loufoque ce nouvel épisode de cette Agatha qui mérité une bonne paire de gifles.

Elle est agaçante mais on en redemande à chaque fois.

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13 mars 2018

Sentinelle de pluie de Tatiana de Rosnay

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Je me décide enfin de faire la chronique du merveilleux roman de Tatiana de Rosnay. Est-ce la pluie qui tombe qui m’y a incitée ? 

 

 

Linden  qui est photographe fashion se rend à Paris où il pleut depuis déjà 15 jours. Il vit à New York avec son compagnon Sacha. A la demande de sa mère il se rend dans la capitale afin d’y fêter avec ses parent et sa soeur Tilia, l’anniversaire de leur père Paul Malegarde, le sauveur des arbres mondialement connu,ainsi que l’anniversaire de mariage des parents.

 

Linden ayant quitté la maison familiale à l’âge de 16 ans pour vivre à Paris avec sa tante Candice, est heureux chaque fois qu’il revient aux bords de Seine. Mais comment va être leur père ? Ils ne se parlent plus depuis si longtemps. Il n’a jamais osé lui parler de son homosexualité.

 

Sa soeur Tilia est la rescapée d’un accident de voiture dans lequel toutes ses amies sont mortes. Elle ne s’en est jamais remise moralement. Son second mari est un alcoolique notoire. Comment Tilia acceptte cela ?

 

Aux infos, on ne parle que de la crue de la Seine qui apparemment va atteindre une ampleur catastrophique. Les berges se cachent sous l’eau petit à petit.

 

Linden accueille ses parents à leur arrivée à l’hôtel. Paul, le roc, semble si fragile aux yeux de de son fils.

 

Paul amoureux des arbres, qui passe sa vie à parcourir le monde pour les défendre. Linden et Tlia portent d’ailleurs le nom des arbres que Paul préfère : les tilleuls.

 

La réunion familiale va virer au cauchemar car Paul est victime d’un AVC.

 

Transporté à l’hopital, il sombre dans le coma. 

 

Imperturbable, la Seine continue à s’insinuer dans les rues de Paris. Des quartiers sont évacués. 

Lors de la grande crue du siècle Paris ne comptait que 1 million d’habitants. A présent dix : une véritable tragédie. Le fleuve n’en a cure : il poursuit son voyage envahissant les stations de métro, charriant les tout immondice. 

 

Et Paul est toujours dans le coma tandis que la Seine envahit le sous-sol de l’établissement hospitalier.

 

 

Je l’attendais depuis si longtemps  ce nouveau roman.  Et quel bonheur ! 

En le lisant, vous avez l’impression de sentir l’humidité entre les lignes, d’être submergée par les gouttes de pluie.  L’arc-en-ciel se dessine par instants quand les arbres prennent la vedette.  Tout vaScille entre pluie et soleil, ville et nature. 

Un roman très émouvant qui raconte sous fond de crue, la souffrance qui se cache derrière les secrets familiaux.  Le silence sur ce que l’on cache qui peut gâcher la vie familiale. Ne pas parler surtout.

 

Les tilleuls sont les détenteurs du secret.  Mais chuUUt, pour le moment ils font danser leurs feuilles. 

 

 

 

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08 mars 2018

L'homme de Grand Soleil de Jacques Gaubil

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Grâce aux 68 premières fois, j’ai découvert ce premier roman de Jacques Gaubil et c’est…super méga génial. 

 

 

Le personnage principal est médecin, venu de France là bas au Canada, son diplôme n’étant pas reconnu, il a du suivre à nouveau quelques années d’études et comme tout expat, on accepte  certaines besognes telle celle de se rendre chaque mois dans le village de Grand Soleil, dans le nord du Quebec. 

 

« J’avais oublier de préciser : le village s’appelle « Grand Soleil. En  langue cree, les autochtones qui ont construit la première masure, ça donnait Kisikawi. Ca me parait bien plus raisonnable que Grand Soleil « 

 

 

Village où les maisons, au lieu d’êtres regroupées, sont disséminées. La moyenne d’âge avoisine plutôt les soixante. Leur principale occupation : distiller de l’alcool.  Le médecin aime se rendre là bas, enfin il s’en persuade. Il y soigne les bobos, les cirrhoses et écoute les palabres de chaque patient.

 

Etrangement Grand Soleil a été oublié dans les coupes budgétaires et possède toujours sa station météo.  

 

Un village de vieux dirait on sauf une  femme qui a trente cinq ans mais seul défaut : elle est laide. Enfin, d’après le médecin. 

 

 

Le reste du temps il vit à Montreal, dans le quartier d’Outremont. Il y tient un son cabinet privé.

 

« Chaque fois que je reviens, pendant quelques heures, mon existence ne m’apparait pas si terne, si mécanique, tellement anesthésiée. Le cabinet, mes patients, les séries télés, les livres, les rues de Montréal, je les considère avec un oeil nouveau. Ensuite l’habitude revient et je pense au village. J’appelle cela le choc thermique. »

 

 

Le propriétaire Monsieur Zymali, vit au rez de chaussée. Cet homme respecte le Shabbat à la perfection. Il a même collé du scotch sur les interrupteurs.. Un vrai casse tête pour cet homme qui a fini par rédiger un traité du shabbat afin que toute personne qui le visite comprenne ce qui est admis ou interdit. 

 

 

 

Julien son copain est également un être à part. Il vit de l’écriture de romans à l’eau de rose où toutes les héroïnes portent un nom en a. On pourrait s’imaginer qu’il est romantique de part ses romans et pas du tout. Julien adore aller regarder les filles dans les bars. Vous savez ceux où les partenaires de ces femmes sont une tige d’acier.

 

 

Et chaque mois, il  repart à Grand Soleil. 

 

Lors d’une de ses visites, il est appelé par la femme laide car un homme qui vit chez elle est très malade. 

 

Le médecin est étonné, de découvrir une maison parée d’une bibliothèque impressionnante. Il y a découvre les mémoires de Saint Simon ainsi qu’un livre enluminé, extraordinaire. 

 

Le nom du patient Cleophas, un homme imposant.  A partir de cette rencontre, sa vie va être bouleversée.

 

Imaginez, imaginez bien que Cleophas est un homme de Neandertal, celui qui nous a précédé dans l’histoire nous les homos sapiens. Cela fait rêver.

J’oubliais, le personnage principal c’est le Docteur Leboucher car il a un nom tout de même.

 

 

« Et puis la vie est passée, comme je l’aime, monotone. Une narcose des sentiments, un engourdissement de la pensée. Pas de guerre des alambics, pas de livres inattendus, pas de surhomme qui souffre, pas d’elle. Mais plutôt des pôlars au climat tropical, des Shabbat avec des minuteries, des patients croyants et vulnérables, des gens qui courent dans des parcs et du Trump, beaucoup de Trump ! Du trump à gogo ! Une vie telle qu’elle devrait se dérouler. Le temps qui passe sans faire mal, une grisaille qui anesthésie, la vie, la vrai. »

 

 

 

J’ai dévoré l’homme de Grand Soleil avec avidité. Avec humour Jacques Gaubil nous démontre ce qu’est devenu notre société mais quel humour ! Il décape avec le sourire qui grince.

 

Et pourtant il y a tellement d’humanité dans ce roman. Grand Soleil, le village, c’est le contraire de cette société consommatrice, on se retrouve face à l’homme qui protège la bonté dans ses mains. 

 

 

« Nous sommes aujourd’hui près de sept milliards, c’est une période de grande disette. Certains ne recevront pas leur part de vérité, d’autres seront privés de beauté et il n’y aura pas assez de bonté pour tous »

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06 mars 2018

Seuls les enfants savent aimer de Cali

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Avant tout, sachez que je ne suis aucunement fan de Cali donc je ne savais à quoi m’attendre en ouvrant ce roman autobiographique et ce fut une belle surprise.

 

Dans ce roman, Cali à travers les mots du petit Bruno qu’il était à six ans, nous dévoile sa plus grande blessure : le décès de sa maman Mireille alors qu’il n’avait que six ans.

 

 

Du jour de l’enterrement, il n’a qu’un souvenir, le volet mal fermé, le soleil, les pleurs de la famille. Il assiste au chagrin des siens sans pouvoir y participer.  Il est trop petit pour cela. 

 

Il faut retourner à l’école avec les regards des autres. 

 

Il faut assister à tout le reste de la famille qui fait un grand feu de tout ce qui rappelle maman. 

Mireille ne cesse de mourir dans le coeur de Bruno.

 

« Tu brûles. Je te vois derrière les volets te défaire en flammes et en cendres, et je n’y comprends rien.

J’ai six ans. Et une famille a décidé de creuser  plus encore ce trou béant laissé depuis ton départ. »

 

 Il y a papa qui pleure en cachette dans sa chambre. Aldo, Gina, Sandra les plus grands. Comment font-ils pour survivre ? Bruno n’y arrive pas.

 

 

Et un jour Alec, un nouveau à l’école. Il sera son meilleur ami. La maison est si triste qu’il préfère passer son temps chez ce dernier d’autant que papa s’est mis à boire.

 

Sans oublier Carole dont il est fou. Elle est si belle. A la fête de l’école, il attend le moment où dans la danse, il va lui donner un baiser. Le paradis. Le lendemain, dans la cour, elle fait semblant de ne pas le connaitre.

 

Je ferai toujours partie des perdants maman. 

 

Un soir avec Frank, un copain, ils sont allés regarder leurs deux pères attablés au comptoir. Bruno a ramené papa à la maison.

 

Maman ne cesse de mourir. Bruno pousse des crises d’agressivité et on lui pardonne. 

 

Cet été là, papa, l’emmène avec une de ses soeurs à la colonie. Pourquoi l’abandonne t-on ainsi ? Il décide qu’il ne parlera pas. Il s’en fout des autres. Il veut être avec Alec, se blottir contre lui. Il ne participe à rien. Comment les autres peuvent -ils s’amuser ?  La vie sans toi maman c’est impossible.

 

« Tu n’es juste pas là quand je voudrais que tu sois là. Tu te tiens dans l’ombre du jour, et je ne peux être avec toi. La mort n’existe pas? C’est ça maman ? La mort n’existe pas. Maman ? »

 

Bruno ne demande qu’à aimer aimer aimer…

 

 

Un très beau roman mais quelle tristesse ressentie quand on le referme.  Une année de la vie d’un petit garçon qui veut survivre à la disparition de sa maman. A six ans on pense que les mamans ne meurent jamais.

 

Premier roman lu dans le cadre des 68 premières fois. Une magnifique découverte.

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02 mars 2018

Petites chroniques d'une maison d'hôtes de Veronique Cambier

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Veronique Cambier parisienne jusqu’au bout des talons et quiche en cuisine de ce fait a franchi le pas en totale adhésion avec son mari et changer de vie. 

 

Tenir une maison d’hôtes, y louer des chambres : une véritable gageure. 

 

« Un jour enfin, nous sommes arrivés dans le village de Bilhères pour visiter une propriété et en repartant nous sommes tombés sur un panneau en bois marqué terrain à vendre.

Et là, coup de foudre ! Pour le village, son exposition bien ensoleillée, l’emplacement du terrain et la vue : fabuleuse et imprenable! »

 

Ils voulaient acheter une maison. Ils en firent construire une. Et les voilà partis pour une belle aventure en famille car Véronique et Hervé sont les parents d’un garçon et d’une fille.

Le chapitre où elle évoque la désinvolture de son fils au début m’a bien fait rire. 

 

 

Depuis douze ans, Veronique court dans tous les sens, nettoyage, repassage, pâtissière (j’en rêve de ses pâtisseries). Se lever avant ses clients pour préparer le petit déjeuner même si elle avoue qu’elle n’est pas du matin.  Une véritable fourmi  qui se doit d’être impeccable.

 

Douze ans après l’ouverture de la maison, elle nous raconte sans langue de bois ses déboires et ses bonheurs d’hôtesse. Je ne sais pas comment elle fait pour ne pas hurler sur certains clients. Je suppose que tous les autres compensent par leur gentillesse et leur amitié car oui certains sont devenus des amis.

 

Des chroniques à lire si vous avez le blues. Des chroniques à lire si vous désirez ouvrir une maison d’hôte car ce n’est pas vraiment de tout repos. Veronique vous explique avec un humour décapant, car je pense qu’il en faut parfois de l’humour face à certains grossiers personnages, dans quel monde vous allez plonger.

 

 

« Par jeu on n’avait d’ailleurs soulevé l’idée de ne plus faire maison d’^hotes QUE pour les gentils habitués, en mode club privé. »

 

 

Non je n’oublie pas qu’Hervé, le mari de Véronique, est un fin cuisinier et s’occupe de tout quand ils font table d’^hotes également.  Derrière la femme se cache toujours le mari. 

 

 

 

J’avoue qu’avec mes deux chiens, je ne loge jamais chez l’hôte car j’aime être comme chez moi en vacances et j’ai surtout horreur de déranger les autres . Cela ne m’a pas empêchée de rencontrer des propriétaires de locations de vacances super généreux.  

 

Véronique laisserait sous entendre qu’elle et son mari pensent  parfois à arrêter. Vous êtes certains ? 

 

Alors précipiter vous chez eux  http://www.arrajou.com dans ce village des Pyrénées. 

Vous pouvez également les suivre sur facebook. Je rêve quand j’y découvre ses photos de transhumance moutonnière. 

 

A oui j’oubliais, Véronique est une addict lectrice. Et je rajouterai une excellente chroniqueuse. 

 

 

 

 

 

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01 mars 2018

Marcher à Kerguelen de François Garde

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« Les trésors de Kerguelen ne sont ni monétisantes ni exploitables. Cette île n’a jamais enrichi personne. Tout ce que la nature donne à profusion reste sur place. Un seul produit d’exportation, le rêve-le rêve décliné en souvenirs, en désirs, en timbres, en nostalgies, en images, en contemplations…De ce fret là, je me revendique négociant. »

 

 

La première fois que j’ai découvert le nom de Kerguelen ce fut à travers le livre de Jean-Paul Kauffmann « l’archipel de Kerguelen ». Une terre sauvage au bout du monde de quoi me plaire.

 

 

Cette île porte le nom du navigateur qui  la découvrit. Une terre aride où les vents ne cessent de souffler, une terre qui ne désire accueillir aucun humain. Au fil des siècles l’homme a tente de la conquérir, peine perdue. Paradis des manchots, des éléphants de mer, des oiseaux tels les pétrels, les rennes y sont un produit importé humainement ainsi que d’autres formes de vie.

Très peu de flore : du lichen semblable à l’île, des plantes singulières et des pissenlits. Même les couleurs sont différentes comme ternies. 

 

« L’intérieur reste superbement inutile . Seuls les mammifères introduits transgressent malgré eux cette loi d’airain. Pour eux seuls, Kerguelen est une prison. L’illégitimité de leur présence leur colle à la peau-tout autant que pour nous »

 

 

François Garde fut un temps administrateur de ces terres. Il s’y rend plusieurs fois puis déchu, il niche sa tristesse dans la découverte d’autres endroits  jusqu’au jour où il décide d’y retourner pour un voyage de 25 jours. Traverser l’île comme pour redécouvrir une amante délaissée.

 

Pour ce voyage, il est accompagné de trois compagnons, deux photographes et un médecin qui eux aussi connaissent bien cet endroit. 

 

Quelle est la motivation de François Garde : écrire ? Lui qui a endossé le Fagnard de cette profession grâce à ses romans. En fait il ne connait aucun sens à sa motivation et il ne demandera  pas à ses compagnons quelle est la leur. A chacun son monde intérieur. 

 

Les voilà partis du 23 novembre au 17 décembre 2015. Un hélicoptère les dépose. Il n’y a plus de recul possible. La peur et la joie se mêlent. Il faut faire le premier pas. 

« Je m’assieds par terre un moment. Je ne bouge plus. Après toutes ces journées dans les montagnes désertes, je savoure cette éruption de vie, cette faune qui ne connait pas l’homme et ne le craint pas. Adultes, juvéniles, tous sont occupés par leur projet, la continuation du cycle, et m’oublient. Des papous retournent à  la colonie, affairés. De jeunes manchots royaux errent çà et là, tels des adolescents un peu rebelles mais un peu perdus. Des poussins se dandinent en marchant sur la carcasse d’un parent. Un éléphant de mer dort dans la rivière. Un pétrel géant tourne au-dessus et cherche une proie. Ils ne sont dans aucun temps. Moi seul connais les horloges et les calendriers. Ils sont l’éternité et je la contemple par effraction ».

 

 

Bardés de leurs sacs pesant 25 kilos, les quatre hommes vont arpenter cette terre où les lacs disparaissent et réapparaissent, où le vent souffle à tout moment, où la pluie peut « tomber à l’horizontale ». Leurs nuits de bivouac, ils vont les passer dans une tente de trois bien qu’ils soient au nombre de quatre. L’humidité est omniprésente. Ils n’ont qu’un choix marcher pour atteindre chaque maison qui leur permettra de se reposer et découvrir des vivres en suffisance afin de repartir. Ces maisons sont en fait le lieu où des scientifiques cohabitent durant leurs missions. Maisons en métal avec le minimum vital mais dans cette terre tout semble plus luxueux dès lors qu’on est l’abri de cette froidure. A côté de chaque maison, des bacs qui contiennent toutes sortes de conserves pour les futurs arrivants.

 

« Je ne sais toujours pas si ces paysages sont beaux, je ne suis plus trop sûr de ce que la beauté signifie. Les philosophes en débattent depuis l’Antiquité. Comment percevoir une beauté qui ne serait jamais regardée, ou si peu et si furtivement ? Une beauté qui serait sans aucun lien avec l’homme ? Ici je ne vois pas la beauté mais la force. »

 

 

Il n’y a pas d’alternative dans ce voyage. Chacun doit être solidaire de l’autre perdus dans cette nature valonnée, sauvage où l’on traverse  les rivières à mi cuisse, où les pieds s’enfoncent dans la souille. 

 

Le monde s’est arrêté. Pas de nouvelles de l’autre monde dit civilisé. Les pensées volent vers les attentats perpétrés avant leur départ. Le nouveau roman qui passe par le comité de lecture.  Pas le temps de s’apitoyer sous le ciel qui parfois montre un coin de ciel bleu.  

 

« Partout ailleurs, aux pays où vivent les hommes, au commencement était le Verbe ». Ici, au sud du jardin d’Eden, au commencement était le Vent »

 

 

 

Kerguelen ne s’apprivoise pas , elle n’a  aucunement besoin de l’homme. Elle est la nature et se suffit à elle même. Pourtant François Garde aura difficile à la quitter. Elle ne sera plus qu’un souvenir. Des mots, des phrases pour expliquer aux autres. Même son journal ne retranscrira que des impressions déjà  perdues dans le passé. 

 

 

François Garde va découvrir un seul livre sur cette île. Perdu dans un des refuges, un roman de Le Clezio, le cadeau d’une mère à son fils. Cadeau resté là bas sur ces terres. 

 

 

Et cette émotion quand il s’imagine qu’il n’y a plus de bébés manchots.

 

« J’avance, j’avance dans ce paysage immobile et je m’ennuie, pour la première fois depuis le départ. Je m’ennuie dans cet espace sans enjeu. Je m’ennuie dans la plaine Ampère ? Tout d’un coup, à cette assertion saugrenue, j’éclate de rire »

 

 

 

« Un cairn sur une terrasse confirme que des hommes sont passés par là avant nous. Ce très modeste monument d’abord me réjouit, en me reliant aux précédents marcheurs; il m’amuse par son inutilité, tant le trajet est évident; il m’inquiète aussi, par tout ce dont il symbolise les prémices : les marques de peinture des deux couleurs vives sur les rochers; les poteaux indicateurs; les sentiers aménagés à la pelle et à la pioche; les groupes randonnant en sens inverses; les refuges gardés; les buvettes et les offices du tourisme. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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