26 juillet 2016

Les ingénieurs du bout du monde de Jan Guillou

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Leur père marin pêcheur ayant sombré en mer, les trois frères doivent aider leur mère. 

Lauritz, Oscar et Sverre sont donc envoyés loin de leur île, dans la ville de Bergen, pour y travailler.

 

Logés par leur oncle et tante, ils travaillent à la cordonnerie du port jusqu’au jour où le fils du propriétaire constate qu’on a renvoyé les trois gamins dans leur île. C’est avec grand étonnement qu’il constate le motif du délit : les trois gamins ont construit la réplique à plus petite échelle d’un bateau viking. Le fait qu’ils aient employé des matériaux de rebut mais bel et bien des matériaux de l’entreprise explique leur renvoi.

 

Une idée germe : pourquoi ne pas les aider à réaliser des études vu leur intelligence. Comme la Norvège ne compte pas beaucoup d’ingénieur pour construire le futur chemin de fer, c’est à Dresde qu’ils pourront acquérir le diplôme.

 

 

Le jour de la remise de leur diplôme, ils reçoivent également une somme d’argent mais tout ne va pas de se dérouler comme prévu. Lauritz constate que ses deux frères sont partis le laissant seul. Lui qui rêvait enfin de pouvoir épouser la femme qu’il aime voit tous ses rêves anéantis. Oscar et Sverre sont partis. Il sera le seul à remplir la mission qui leur était confiée : construire cette future ligne de chemin de fer dans la montagne.

 

 

Ce premier tome commence au début du XXième siècle, siècle qui a vu un changement total dans l’’évolution du monde suite aux techniques tant industrielles et médicales que nous connaissons. 

 

Lauritz nous transporte dans l’épopée du chemin de fer en Norvège durant laquelle les ouvriers durent vivre dans de terribles conditions climatiques.

 

Oscar participe également à l’édification du chemin de fer mais en Afrique, dans la colonie allemande.  

 

Une saga  qui nous raconte le changement radical que connu le Monde durant le siècle dernier. 

 

 

On ne peut que constater à quel point les hommes ne comprendront jamais les erreurs du passé. 

 

 

 

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13 juillet 2016

Du sang sur la Baltique de Viveca Sten

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C’est une nouvelle période estivale qui s’ouvre sur l’île de Sandham.

 

Le soleil est au zénith. C’est le départ pour tous les bateaux alignés pour la coupe du Tour du Gotland. 

Oscar Juliaender, le vice-président du yacht club royal est prêt à bord de son Swan. Cette année il l’aura sa coupe. 

 

Prêt au départ mais malheureusement Oscar est tué par une balle qui s’avérera d’après l’enquête correspondre à  celle d’un fusil de chasse par surcroit.

 

Thomas Andreasson est bien entendu chargé de l’enquête avec son équipe. Cela fait un an qu’il vit une aventure avec Carina et ne sait comment lui annoncer qu’il n’a pas envie de continuer plus loin avec elle dans la vie. 

 

Nora est à nouveau sur l’île pendant les vacances. Elle a hérité de la maison voisine et ne veut absolument pas la vendre même si son mari Hendrik le désire. D’ailleurs ce dernier a bien changé… 

 

Beaucoup de secrets ont être dévoilés durant l’enquête sur le bel Oscar : infidèle, cocaïnomane et très riche ce qui titille les inspecteurs.

 

Thomas et Margit sa collègue sont très intrigués par le compte à l’étranger. C’est Nora avec ses capacités de juriste qui va lever un coin du voile.

 

Un deuxième assassinat est commis malheureusement, à nouveau avec un fusil de chasse.

 

 

Toujours aussi emballée par la série, je suis déjà plongée dans le troisième volume paru en poche. 

 

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11 juillet 2016

La reine de la Baltique de Viveca Sten

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Nora Lindle est heureuse d’être en vacances su l’île de sa jeunesse : Sandham. C’est sur cette île au large de Stockholm qu’elle a grandi et qu’elle a partagé tant de moments avec son ami Thomas Andreasson qui est devenu policier.

 

Nora a épousé un radiologue Henrik, maman de deux petits garçons Simon et Adam, est vraiment heureuse de ces moments en famille même si son mari passe trop de moments sur son bateau car c’est une période de régates. De plus, elle ne supporte pas ses beaux parents qui sont assurément très snobs, surtout sa belle mère. Juriste dans une grande banque, elle savoure ces heures de farniente malgré qu’elle doive  se lever tôt pour conduire ses fils à la piscine chaque matin.

 

Thomas quant à lui se noie dans le travail et ne pense qu’aux vacances qu’il va pouvoir enfin prendre sur l’île de Farjo, là il se sent enfin face à lui même dans sa petite maison.Thomas vit seul car son couple a été détruit face à la mort subite de sa petite Emilie à l’âge de 3 mois. Il s’en sent responsable. Pour survivre il préfère rester dans sa solitude.

 

Solitude que sa jeune collègue Carina aimerait rompre mais il ne voit même pas la jeune fille.

 

Ce sont les vacances et pourtant le cadavre d’un homme s’échoue sur une plage, enroulé dans un filet de pêche. Thomas pense d’abord à un suicide.

 

Le suicide est exclu lorsque la cousine du noyé est retrouvée morte dans une chambre d’hôtel. Apparemment elle aurait subi des violences mais elles ne sont pas la cause de la mort. Elle aurait avalé de la mort aux rats…

 

L’été s’annonce pesant sur l’île de Sandham.  Quel sera le suivant ? 

 

 

J’ai longtemps hésité avant de lire ce premier roman de cette série. Vantée comme la nouvelle Camilla Lakberg d’où mon hésitation.

 

Les personnages sont très réussis, voire même  très sympas. Une  belle description des paysages. Le suspense est excellent même si j’avais vite compris le nom de l’assassin.

 

Une très très bonne lecture. Je me réjouis de commencer ce soir la seconde enquête « Du sang sur la Baltique »

 

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09 juillet 2016

Terreur sur les vignes de Peter

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Un critique provoquant aussi bien la haine que le bonheur chez les vignerons selon les notes qu'il attribue à chaque cuvée, a disparu il y a de cela une année. 

Un soir de vendange, il est retrouvé dans le vignoble de Gaillac, dressé sur une croix et revêtu de la robe de la confrèrie de la Dive bouteille. Gil Petty est apparemment mort dans une cuve vu son aspect rougeâtre causé par le vin rouge. 

Mac Loed, ancien médecin légiste, enseignant la biologie à la faculté de Toulouse décide qu'il va tenter de découvrir ce qui se cache derrière cet assassinat. Il rencontre en premier lieu, le policier qui a mené l'enquête sur la disparition de Gil Petty, David Roussel, qui prend Mac Loed un peu de haut mais consent à répondre à quelques questions.

Pourquoi il ne s'est pas inquiété de la disparition de Petty, il ressort les vieux dossiers de personnes disparues dont son ami Serge Coste, jamais retrouvé depuis quatre ans alors Petty disparition aussi.

Mac Loed va loger dans le gîte dans lequel le critique séjournait. Il fait la rencontre de Michelle Petty, fille de la victime qui ne veut pas entendre parler d'enquête au début.

On va tenter d'assassiner Mac Loed au milieu des vignes. Peu après, Serge Coste est découvert lui aussi imbibé de vin rouge. Deuxième cadavre. Cela se corse.

D'autant plus que Nicole, son étudiante qui l'aide dans ses enquêtes arrive, Charlotte l'insaisissable apparait et pour fermer le cercle sa fille Sophie s'invite avec son copain Bernard. Bien entouré Mac Loed.

L'enquête il la mènera que l'on veuille ou non.

Si vous avez adoré le trilogie écossaise de Peter May dont l'île aux oiseaux, vous serez un peu déçu. Roman policier oui mais d'un autre style, beaucoup moins mystérieux. On se balade entre les ceps, on apprend tout de la fermentation des raisins, du danger du gaz carbonique qui en découle ainsi que de la cueillette réalisée la nuit tout en découvrant les péripéties de l'enquête. 

Mac Loed est très sympathique, écossais naturellement, tenace très tenace. 

Un cru moyen.  May

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08 juillet 2016

Des cornflakes dans le porridge de Bill Bryson

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Bill Bryson et toute sa famille sont prêts à repartir aux USA en cette année 1994 mais avant le départ, Bill aimerait refaire le tour de la Grande Bretagne. Et surtout repartir de Douvres, son point d'arrivée lorsque jeune, non encore terminé ses études, il avait atterri en Angleterre. Sa première nuit, il l'avait passée sur un  banc face à la mer ayant coiffé sa tête d'un caleçon afin de lutter contre le froid. 

Je ne vous ferai pas la liste des villes où Bill Bryson va s'arrêter, ce serait lassant. Je notifierai celles qui furent importantes dans sa vie. Donc notre américain arrive à Douvres. J'avais oublié qu'il a décidé de faire le voyage en train plus particulièrement même s'il fera quelques entorses en voiture. Donc à Douvres, il retrouve le banc, un peu déglingué où il avait passé la nuit  début des années septantes. Et comme de bien entendu, beaucoup de choses ont changé mais bref, direction Londres où il avait travaillé au Times et son plus grand cauchemar se nommait Vince, mangeur de pizza et refusant de donner les derniers cours de la bourse. 

En retournant à Virginia Walter, il nous raconte son expérience d'infirmier dans un hopital de fous. Il était assez pépère car ceux dont il devait s'occuper n'étaient pas dangereux et avaient diverses occupations. Mais bon ils étaient quand même fous. Et c'est là, qu'il fit la connaissance de celle qui devint sa femme. Stupeur, là où se dressait l'hopital, des maisons ont été construites dont une maison témoin. 

De Virginia Walter à Egham, il n'y a qu'une enjambée et retrouver sa belle-mère qu'il adore ainsi que le lit qu'elle a préparé à son intention. 

L'étape suivante est Burnemouth, petit rappel de son premier vrai travail en Grande Bretagne à l'Echo car après le mariage, lui et sa femme étaient partis aux USA afin qu'il y termine ses deux années d'études. 

Stutland, Oxford, Weston-Super-Mare etc. Arrivé dans le Yorkshire, près de chez lui, ce serait idiot de ne pas dormir dans son lit près de sa famille. Il fera un petit tour de la région avec un ami. 

Retour via les trains pour la suite du périple vers le Pays de Galles, l'Ecosse et petit à petit le voyage se termine à son grand désarroi. Entre les deux, il fera une randonnée qui le mènera sur un mont avec des amis où suprise, il n'y a que les anglais pour monter dans la brume et piqueniquer tout là haut..

Ce qui est génial dans les livres de Bill Bryson c'est avant tout son humour bien entendu mais également son approche de chaque lieu, il vous narre l'histoire du village ou de la ville, les personnages les plus importants qui y sont nés et pour couronner le tout, il observe tellement bien les gens dans leurs travers que dans leur bonté qu'on en redemande. 

Bien sur que la Grande Bretagne a changé. Beaucoup de villes qui avaient été baties à l'ère victorienne selon la modernité changent radicalement : les belles batisses sont démolies au profit d'immeubles hideux bien souvent. On retrouve les mêmes enseignes de magasin dans chaque ville, vive la mondialisation mais tout n'est pas à jeter car Bill Bryson vous criera "allez à Durham" il en est tombé amoureux. 

Les voyages en train sont épiques avec des gares fermées quand il y arrive, un bus dont l'horaire ne correspond pas avec celui du train qu'il doit prendre, des admirateurs de locomotives. L'homme furieux car il se tient à sa place sur le bord du quai....Les voyages en train dans toute leur splendeur....

En conclusion, Bill Bryson adresse un grand discours amoureux à la Grande Bretagne car il aime par dessus tout ce pays même si certains prétendent que ce sont eux les anglais qui ont inventé le cornflakes. 

Petit détail, ne lui parlez pas de Béatrix Potter !

Une belle vision de ce que fut la Grande Bretagne et ce qu'elle est devenue dont les habitants ne sont comparables à aucune autre nation. 

Si vous avez le moral plus bas que le zénith, lisez Bill Bryson antidote à toute tristesse.

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07 juillet 2016

Le châpiteau vert de Ludmila Oulitskaîa

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Le début d'une amitié débute parfois par un événement tellement anodin. En l'occurence dans cette histoire, c'est un petit chat qui a permis la réunion des trois garçons : Ilya le pauvre, Sania qui aime la musique et fragile comme les notes ainsi que Micha, d'origine juive. 

A l'école ils sont les souffre douleur de leurs camarades mais leur amitié est indéfectible. Tous trois sont élevés par des fémmes, Micha est orphelin et vit chez sa tante, ilya est le fruit d'un amour de jeunesse mais son père lui donne le gout de la photographie et Sania aimé tendrement pas sa grand-mère et sa mère. Tellement différents.

 

Leur vie va changer à l'arrivée d'un professeur de littérature  qui entre en classe en récitant de la poésie et qui les emmène dans les rues de Moscou avec d'autres camarades, sur les traces d'écrivains célèbres.

Peu à peu leur vie va tourner vers la dissidence. Ils ne désirent pas vivre tel que les dirigeants le décident. Pourtant la Russie est leur terre et ils veulent que l'Occident sache que chez eux le rêve n'existe pas.

Ylia et Micha vont chacun se battre à leur manière. Ilya par la prise de photos et Micha par le samizdat, ces petites feuilles de papier où l'on retranscrivait les romans des auteurs maudits tel Solyenistine et qui passaient en Occident. Ils vont également créer une revue sous l'oeil malveillant des agents de l'Etat. Sania lui pense musique, musique. Ce qui ne l'empêche pas d'aider ses amis surtout quand la femme de Micha,emprisonné, mettra au monde une petite fille. Ils prendra soin d'elles jusqu'au retour de son ami.

Micha risquant d'être à nouveau incarcéré, ne le supportant pas, se suicidera.

Ylia mourra hors de Russie et Sania aux USA pourra enfin s'adonner à la musique comme il le désirait. 

Merveilleux roman tant par l'écriture que par l'histoire. Ludmila Oulitskaia nous retrace la période de l'Union Soviétique à partir de la mort de Staline jusqu'en 1996. Période que les jeunes de maintenant auraient difficile à imaginer. Pourtant le courage des trois garçons, la pauvreté, la dissidence, l'enfermement furent la loi durant des années. Il en fallut du cran pour s'opposer.

Des noms ont été changés, d'autres nous ramènent à ce passé tel Sakharov, Solyenistine....tellement loin et encore si proche dans nos mémoires.

Si vous aimez les auteurs russes, à lire absolument car la littérature vous entraine sur des chemins impétueux. 

 

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04 juillet 2016

Les oiseaux de Christophe Colomb d'Adrien Goetz

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Alina, 13 ans,  a été envoyée d'Espagne à Paris pour perfectionner son français dans sa famille. Elle réside dans le quartier de la tour Eifel sans savoir qu'à deux pas, se dresse un magnifique musée. 

A l'école on lui parle de Christophe Colomb. Christophe comme Cristobal en espagnol, prénom que porte son meilleur ami dans son pays. Son père lui a appris à connaitre la véritable histoire de Christophe Colomb. Une autre vision de l'histoire.

Alina aimerait faire découvrir cet autre facette de Christophe Colomb à ses camarades d'école. Conter l'histoire à l'envers en leur faisant découvrir les premiers insulaires  que Christophe Colomb a rencontrés : les Taînos. 

Sur les conseils de son oncle Juan, Alina se rend dans le jardin sauvage et découvre un musée. 

Elle va le parcourir avec émerveillement : L'Amérique, l'Afrique, tout se mélange dans ce bateau des civilisations.

Arrivée devant la vitrine des Tainos, elle constate que celle-ci est vide. 

 

Pour les dix ans du musée du Quai Branly, Adrien Goetz a écrit une très belle histoire. En compagnie d'Alina, nous nous émerveillons et parcourons les différentes salles. L'historique de ce dit musée nous est expliqué. De plus, Alina, réussit à nous emmenez sur les pas de Christophe Colomb mais d'une manière toute autre à celle enseignée dans les manuels scolaires. Le tout parsemé de quelques photos.

 

Je connais le rideau de verdure à l'entrée du quai Branly mais jamais je n'ai été plus loin. L'écriture d'Adrien Goetz ne nous donne qu'une envie : y pénétrer et surtout découvrir cette civilisation des Tainos dont je n'avais jamais entendu parler. 

Histoire, poésie, rêve, roman, enfance, tout est y est condensé  sous les ailes des oiseaux de Christophe Colomb. Embarquez! Vous ne serez pas déçu de l'exploration. 

 

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 photo prise sur le net.

 

 

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30 juin 2016

La pluie de l'aube de Guan Jian

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Dans ce livre qui peut être lu autant comme nouvelles que comme roman, on découvre Shan Shan qui va quitter son père pour entamer des études de médecine à Lyon.  Wiang Q. est amoureux de la jeune fille. Malheureusement pour lui elle aime en secret Chen Lai qui accueille les étudiants là bas en France 

 

Shan Shan et Wiang Q. finissent par se marier et deviennent parents d’un petit Julien. Ils vont passer la guerre en Europe et ensuite à la demande de Chen Lai retourner au pays car ils n’ont qu’un désir : aider le peuple chinois. 

 

Suite aux purges et aux décisions de Mao, leur vie va dégringoler : Wiang Q et son fils seront emprisonnés et Chan Chan terminera sa vie comme balayeuse de rue. 

 

Nous retrouverons les petits enfants dans la Chine mondialiste que nous connaissons à présent.

 

 

Durant la lecture de ces magnifiques nouvelles, on oscille entre le passé et le présent avec la France comme lien entre tous les personnages

 

Un mélange d’amour, de tendresse, de désespoir, de folie, de poésie s’alignent sous nos yeux de lecteur et c’est un régal.

 

« Dans la chambre voisine, un enfant dormait , confiant en son avenir. A cette de son lit, une maquette d’avion en construction reposait par terre. Sur la table de chevet, un dictionnaire ouvert,  comme une porte prête à accueillir son visiteur. Sur le ventre de l’enfant , « L’appel de la forêt » attendait le réveil de son lecteur.  Devant la Fenêtre, quelques crayons  à dessins étalés sur le bureau, prêts à raconter les rêves de leurs propriétaires : avion, bateau montagne, forêt, aigle, dauphin, océan. »

 

 

Durant ma jeunesse, j’ai dévoré tous les livres de Han Suyin qui traitaient de la Chine. Autre période, autre genre d’écrivain. 

 

Dans les livres de Guan Jian, les mots sont épurés. On vogue calmement dans le sillage des personnages même si le malheur est au rendez-vous dans leur vie. 

 

Très très belle découverte. 

 

 Lire l'avis de Cathulu qui l'a autant aimé que moi 

 

 

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28 juin 2016

Ce qui nous sépare de Anne Collongues

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Ils sont au nombre de sept dans la rame de RER qui les éloigne petit à petit de Paris.

Chacune et chacun plongés dans leur quotidien. 

Marie a décidé de fuir, n’importe où mais fuir. Cigarette, doit à nouveau aider ses parents dans leur bar PMU. Alain est tout au bonheur de retrouver sa fille dont il est séparé puisqu’il vit à présent à Paris.Frank rentre à la maison, là bas en banlieue où on le méprise. LiaD est venu d’Israël après son service militaire, il a choisi Paris. Laura se rend au même endroit tous les mardis et Chérif a terminé son travail et rentre dans sa cité avec appréhension. 

 

 

Ils font tous le même voyage sans se connaitre, ruminant leurs regrets, décortiquant leur vie actuelle. C’est l’hiver, tout est gris. Il fait froid. 

 

« On ralentit. Une boulangerie, un Lavomatique, deux bars, sur un mur la peinture écaillée annonce SNACK Venise, sur lequel chaque mardi, ses yeux se posent, et au retour, sur le mur d’en face, tout aussi usé et tenace, Gérard Chanel-Jambon. Les lumières éclairent le béton délavé des murs, les vieux volets des maison alignées face à la voie. Cela doit être horrible de vivre là, avec le passage continu des RER, combien par jour, cent, deux-cents, un cauchemar, est-ce qu’à force on s’habitue ? Il paraît qu’on s’habitue à tout »

 

 

Anne Collongues nous emmène dans la rame de gens comme vous et moi, un peu cabossés par la vie, qui auraient voulu mais qui n’ont pas osé, qui ont connu le bonheur qui s’est effiloché, qui ont commis des gestes qu’ils regrettent. La rame de gens que l’ont peut croisé chaque jour dans la rue, dans le train, dans le métro. Chacun de nous à une histoire que l’autre ne connait pas. 

 

Elle entre dans la psychologie de chaque personnage séparément, par moments la mélange quand les pensées s’accélèrent. 

Séparés par un couloir ou un siège mais tellement proches dans les secrets de leur vie. 

 

« Elle pense rarement au passé, à l’avenir jamais., demain est un autre jour, cette phrase de la mère lui est restée. Voilà, comme elle vit, entre l’ajournement et l’espoir, sans y croire vraiment, et chaque journée est balayée dès le matin. »

 

Un excellent premier roman. Au fond nous sommes tous pareils et l’auteur nous l’explique si bien avec poésie et bienveillance. 

 

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27 juin 2016

Sa Majesté Maman de Anne B. Rodge

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"Elle était très cultivée et avait un appétit vorace pour tout ce qui se passait ; elle lisait tout les jours trois journaux, surfait sur le Net, était active sur Facebook, cherchait tout sur Google dès qu'elle avait le moindre doute. Je l'utilisais souvent comme assistante pour mes recherches, car elle n'abandonnait jamais avant d'avoir trouvé ce qu'il me fallait. Elle était poussée par la curiosité, avec une soif de connaissance inextinguible"

 

Dans ce magnifique récit, oui magnifique, Anne B. Radge nous raconte sa maman, celle de sa jeunesse, celle avec qui elle se confrontat à l'âge adulte et la maman qui suite à la maladie terminat sa vie dans le système sans humanité des soins en Norvège.

 

Elle n'était pas Norvégienne mais immigrée de Suède comme elle le répétait. Non aimée par sa mère qu'elle appelait la Sorcière, elle fut ce qu'on appelle une enfant battue. Est-ce suite à ce manque d'amour qu'elle ne prodiguat pas de câlins à la petite Anne ? ou trouvait-telle cela inutile. ? 

Le père d'Anne ainsi que de sa soeur, est parti vivre avec une autre femme quand elle était petite. Sans explications en signifiant que sa femme le chassait de chez lui. Dès lors, la mère d'Anne a du élever ses filles toute seule. Les jours ne sont pas toujours faciles jusqu'à ce qu'elle déniche une place de machiniste dans une usine de sacs plastiques. 

Anne B Radge ne garde aucune rancoeur de cette pauvreté. Elle même fut pauvre lors de son premier mariage. 

Même dans cette difficulté de la vie, la maman d'Anne considérait que l'essentiel était de préparer de merveilleux plats, Elle gardait même un bol de pâte à gauffres dans son frigo, au cas où. Que les gens se nourrissent quand ils venaient chez elle, c'était essentiel.

Elle lisait, elle aimait l'art et surtout Chagall mais n'eut jamais l'occasion d'aller voir une de ses expositions. 

Elle apprit l'Arabe en échange de nourriture à un étudiant. Tout l'intéressait, tout.

Une femme étonnante qui devait vous glacer parfois par ses paroles.

Malheureusement, la maladie est arrivée lors d'un voyage à Vienne, voyage que sa fille pouvait enfin lui offrir. Et au retour en Norvège dans le système sociétal médical, Anne B Radge et sa soeur, ont été confrontées à cette inhumanité qui s'installe dans notre société. 

Peu avant de mourir, elle ne lisait plus. Elle avait assez emmagasiner, il était temps de parler. 

C'est Anne B Radge qui lui a permis de parler à travers ce récit. 

Récit qui oscille entre colère parfois et amour, surtout amour. 

 

 

 

 

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