19 janvier 2017

Briser la glace de Julien Blanc-Gras

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Aah le Groenland, la neige, les glaciers, les fjords, les aventuriers, le lichen, les bœufs musqués, les phoques, ses esquimaux vivant dans des igloos eh la ! cela date un peu, on ne dit plus esquimaux mais inuits et ils habitent dans des maisons, faut pas rêver. Bon bref, l’ours polaire que l’on va pouvoir affronter de face….surtout sous forme de carte postale.

 

Pour parvenir sur cette terre de rêve, il vous faudra attendre au milieu de nulle part sur l’aéroport de Kangerlussuaq (ancienne base militaire américaine à l’origine durant la seconde guerre mondiale, noeud stratégique pour le ravitaillement des bombardiers). Vous devrez patienter quelques heures tout en observant les humains déambulant et attendant patiemment comme vous. Trois groupes se distinguent : les locaux, les Scandinaves et les touristes.

 

Avant d’entamer le voyage : juste une petite note historique. Groenland vient de Gronland nom que donnèrent les Vikings à cette terre qu’ils découvrirent. Gron car ne vous y trompez pas, l’herbe pousse aussi là bas et quelle est sa couleur ? Verte donc Gron, Groen. 

 

Beaucoup de siècles ont passé et depuis le Groenland appartient encore en partie au Danemark, en partie car économiquement ils sont indépendants de leurs colonisateurs. Pas vraiment dirons nous car le Danemark consacre encore la moitié de son budget annuel à cette contrée. 

 

Mais comme tout convoiteur capitaliste repère toujours l’aubaine avec le changement climatique, le Groenland est convoité de toute part  : les groenlandais sont prêts à laisser tout ce que l’on désire extraire de leur sous-sol. Money is money. 

 

« Le Groenland est une île, c’est même la plus étendue du monde. J’ai plus de deux millions de kilomètres carrés sous les pieds. Ce pays qui n’en est pas vraiment un pourrait contenir quatre fois la surface de la France et il est moins peuplé que l’agglomération de Bourg-en-Bresse. Toute sa population pourrait tenir dans un stade. Elle se concentre sur cette étroite bande de terre escarpée se faufilant entre l’eau solide et l’eau liquide ». 

 

Première escale, Nuuk déclarée comme métropole arctique. Juste le temps de faire connaissance avec les autochtones dans un bar, visiter le musée National du Groenland désertifié par les visiteurs, une bonne nuit et direction le point de ralliement le Sermeq Kujalleq près d’Ilulissat capitale touristique du Groenland. 

 

« on se presse pour admirer la beauté d’un monde qui part en morceaux, avec le frisson qu’offre le spectacle des apocalypses en cours » 

 

et là, Jack London n’est pas qui veut, ce ne sera pas moi qui serai le capitaine du voilier, je n’y connais rien en navigation. J’embarque avec trois bretons : le capitaine, son second et un peintre. Camarades qui se révèleront supers sympas durant tout le voyage. 

 

Toute voile Atka, nom donné au voilier.

 

Durant le magnifique voyage, je vais découvrir les icebergs et devoir les apprivoiser afin qu’ils ne buttent pas contre le voilier, manger du foie de phoque peu après la pèche, admirer une aurore boréale, avoir un manque d’internet après un certain temps, faire un tour en zodiac, parler, penser, rêver, admirer …etc.

 

 

« Ici comme ailleurs, la tentation est grande d’opposer  le grandiose de la nature , même si elle est cruelle, à la bassesse dont les humains sont capables. Je ne cède pas à cette tentation, je préfère garde un peu de confiance  en l’humanité, égoistement , parce que j’en fais partie »

 

 

Si vous avez besoin de vous remonter le moral, si le rire manque à votre vie, dévorez avec gourmandise le récit de Julien Blanc-Gras. Outre la nature qu’il décrit avec poésie, vous comprendrez l’historique de cette terre très lointaine. Très beau récit d’un voyage au milieu des icebergs. 

 

 

 

 

 

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17 janvier 2017

Je dansais de Carole Zalberg

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C’est la rage au coeur que j’ai refermé ce magnifique roman de Carole Zalberg.  Rage contre ces hommes qui au nom de qui au nom de quoi ? s’arrogent  le droit de prendre possession du corps des femmes, de ces hommes qui interdisent aux femmes leur droit à la liberté, de ces hommes qui ne voient dans de jeunes enfants uniquement l’image d’un jouet qui répondra à leur désir sexuel. 

 

Je l’ai lu d’une traite, les mâchoires serrées, les mots se noyant dans cette rage. 

 

Marie adore danser, Marie est heureuse mais elle signe son destin en regardant bien en face le garçon qui a le visage monstrueux suite à des brûlures. Il décide qu’elle sera sa princesse. Il va la suivre et attendra son heure.

 

Une cave sera l’habitacle de Marie durant quelques années.  Il ne veut pas lui faire du mal mais son désir étant trop grand, Marie subit le viol. Elle ne parle plus sauf pour lui lancer des injures. 

Seuls les livres qu’il lui apporte ouvrent cette cage dont elle n’essaye même plus de s’échapper.

 

 

Au fur et à mesure des pages, Marie raconte, Edouard le monstre se justifie de son acte. A travers son amour pour Marie, il tente de nous faire comprendre qu’il demande juste à être aimé lui aussi. Il a été détruit et comme réponse, il détruit à son tour, il saccage le corps de Marie. Un corps de son sans émotion. 

 

En écho, répondent la douleur d’une mère et d’un père qui pensent encore, qui espèrent encore, qui s’engluent dans cette douleur qui les noient. Ils avaient promis une vie si belle à leur petite fille : imaginer si elle est encore en vie, s’il est possible de l’imaginer cette souffrance qui entoure Marie.  

 

 

 

Cette douleur est décuplée à travers les voix de toutes celles qui souffrent dans le monde par le seul fait d’être née femme et de posséder ce corps qui attire les hommes. 

 

De cette douleur nait une force que les hommes ne peuvent dompter : la survie. 

 

 

J’ai retrouvé avec bonheur l’écriture de Carole Zalberg. Ses mots qui vous percutent, qui vous broient, qui ne laissent pas indifférents. 

 

Feu pour Feu m’avait émotionnellement conquise. 

 

 

Je dansais est un cri d’amour pour toutes les femmes qui subissent la violence.  Je dansais est un plaidoyer contre la maltraitance et l'enfermement tant physique que moral. 

 

Que vous dire Carole Zalberg ? Que votre livre est magnifique ? Il est plus que cela.

 

 

« Les premières fois, je chercherai à empêcher l’assaut. Mais j’ai appris. Très vite j’ai appris.  Mieux vaut l’immobilité.  Quand il se consume, mieux vaut la pierre. Attendre au fond de soi. Ensuite, il me lavera, soignera les traces de sa brutalité, mendiera un pardon que je n’accorderai jamais. Et c’est lui qu’il punira. Je le sais  : d’abord à coup sûr , il s’endort , mais plus tard, beaucoup plus tard , je l’entends hurler »

 

 

La date de parution du roman est prévue le 01 février dans toute bonne librairie.
Vous pouvez également vous le procurer au salon Lire c'est libre à la mairie du 7ième Paris ce 28 janvier.

 

 

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Lettre à ma fille de Maya Angelou

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« Je suis convaincue que la plupart d’entre nous ne grandissent pas. On apprend à se garer, à rembourser ses cartes de crédit, on se marie, on ose avoir des enfants et on appelle cela grandir. Or, nous nous contentons de vieillir. Nous accumulons les années dans notre corps, sur notre visage, mais, au vrai, dans notre chair demeure l’enfant que nous étions, innocent et timide comme un soupir.

 

 

Maya Angelou, décédée en 2014, fut  ce que l’on peut nommer une grande dame. Elle fut décorée par le Président Obama. Poète écrivain, activiste pour les droits civiques américains, proche de Martin Luther King, chanteuse, danseuse. Pourtant, et avec grande honte, en choisissant ce livre en librairie je ne n’avais entendu son nom ou je n’avais pas fait attention quand on en parlait dans les médias.

 

Dans ce petit livre, elle nous ouvre le chemin de ce que fut sa vie. 

 

Lettre à ma fille est adressée à toutes les femmes qui pourraient ou auraient pu être sa fille, de n’importe quel continent, n’importe quelle nation car en réalité Maya Angelou n’a jamais eu de fille mais un garçon qu’elle a adoré. 

 

Maya Angelou est née à Saint Louis. A l’âge de trois ans, elle déménage avec sa famille  à Stamps chez sa grand mère paternelle MAMA. Sa grand-mère mesurait 1 m80 tout comme Maya plus tard. 

C’est durant cette enfance à Stamps qu’elle sera confrontée à cette différence entre les noirs et les blancs qui est présente dans le Sud mais qui n’affectera pas l’écrivain car elle ne s’est jamais sentie inférieure aux autres.

 

Dans cette longue lettre, divisée en plusieurs chapitres, elle nous raconte des épisodes de sa vie parfois violents, d’autres plus humoristiques. Très américaine, l’esprit patriotique et fustige en quelques mots les hommes politiques. Ce qu'elle doit à sa mère qui lui a appris l'indépendance.

Des poèmes : les siens et d’autres tel celui de Mari Evans

 

Je suis une femme noire

 

Je

Suis une femme noire

Haute comme un cyprès. Forte au delà de toute mesure

Défiant l’espace

Et le temps

Et les situations

Assaillie

Insensible

Indestructible

Regarde-moi

Et sois

Renouvelée

 

 

Une longue lettre écrite avec bonté et tolérance.Une lettre qu'elle clot avec le portrait de sa grand-mère. Une lettre d’amour à nous qui aurions pu être ses filles. Magnifique…

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16 janvier 2017

Vie de ma voisine de Geneviève Brisac

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Si la romancière n’avait pas emménagé dans un nouvel appartement, aurait-elle croisé Jenny ? Possible. Le destin est parfois singulier.

 

La vieille dame va l’aborder timidement. Charlotte Delbo : la romancière en a parlé et Jenny était son amie. 

 

Charlotte Delbo, elles vont en parler des heures durant. 

 

Et en hiver, un petit papier plié en quatre qui évoquent la mort de ceux qu’on aimait glissé dans une enveloppe. Jenny est prête à raconter ses morts. 

 

Eugenie, dite NIni commence: sa mère Ruvka qui quitte son village de Pologne afin de gouter à la liberté. Elle veut vivre comme elle l’entend. 

 

Elle va adhérer au Bund, l’Union des travailleurs juifs de Lituanie, Pologne et Russie. Espoir de voit naître une nouvelle société.

 

En 1924, elle rejoint Nuchim Plocki en France. Un bébé est annoncé. Ils se marient. Ce sera Jenny qui est considérée par ce nouveau pays comme française. 

 

Ils ne vivent pas dans le grand luxe. Tous deux travaillent à l’usine Menier la chocolaterie mais Ruvka n’aime pas cela et persuade Nuchim d’entreprendre autre chose. Ils deviennent commerçants et vendent des chaussettes sur le marché à Aubervilliers.

 

Ensuite, ce sera un nouvel appartement à Vincennes. Une partie de leur famille les rejoint et va vivre dans la même rue. 

C’est dans le bois tout proche que Nuchim emmène sa petite fille. Ils  discutent longuement. C’est avec lui qu’elle fera partie de toutes les manifestations socialistes. Jamais il ne parle de ce frère qui croyait en un autre avenir et qui fut assassiné en Russie. Russie où beaucoup d’autres événements tragiques se déroulent. 

 

Une petite vie bien tranquille, l’arrivée d’un petit frère, Monique sa meilleure amie, elles sont inséparables. La vie est belle jusqu’au jour où l’on décrété que les juifs sont indésirables : premier octobre 1940 peu après la défaite, avis signé par Pétain à Vichy. 

Sur le stand de ses parents, au marché, il est indiqué qu’ils sont juifs, les gens n’achètent plus et un gérant est nommé pour arganier ce commerce. 

Jenny ne portera jamais l’étoile juive sur ses vêtements, elle la coudra sur son écharpe. Monique reste envers tout son amie.

Tout devient de plus en plus sombre. Son père a du trouver un autre travail. 

 

Et le 16 juillet  1942, date cerclée de honte dans l’histoire, rafle des juifs dans Paris. La famille de Jenny est emmenée dans une villa et là un commissaire déclare que tous les enfants de nationalité française peuvent rester. Les parents de Jenny vont prendre la décision qui leur brisera sûrement le coeur à jamais. Ils décident que les enfants ne partiront pas avec eux. Rivka donne toutes ses recommandations à la jeune fille de 14 ans. Elle doit payer le loyer, s’occuper de son frère…etc Vite très vite, car les instants sont comptés. Ils seront les seuls enfants survivants. 

 

Jenny ne reverra jamais ses parents. Dans le wagon qui l’emmène son père écrit sur un petit bout de papier qu’il jette à l’extérieur. Le billet arrivera longtemps après chez Jenny mais elle mettra quarante ans à avoir le courage de le faire traduire. Mais quel magnifique message d’un père à ses enfants. 

 

Je ne continue pas à vous décrire la vie de Jenny; C’est à vous de la découvrir..

 

Entre Jenny et la romancière se tissent  des liens  et le récit est entrecoupé par un voyage en bus pour retrouver la maison d’enfance de Jenny, des conseils de jardinerie, assister à la représentation d’Aida au théâtre, promenades…

 

Personne ne sait ce qu’est devenue Rivka mais elle peut être fière d’avoir insufflé cette envie de vivre à sa fille. Liberté, c’est ce qu’elle lui a dit dans ses dernières recommandations.

 

« Rivka qui à appris à sa fille à ne pas croire au Père Noel, ni à la petite souris, ni à Dieu ni au diable, mais seulement à l’amour, à la lutte et à la liberté, lui apprend en deux heures à être une femme libre, une femme indépendante. »

 

 

Vous aurez compris que pour ma part, ce livre est un vrai coup de coeur et qui est écrit avec le coeur. Lire c’est essentiel, apprendre encore et encore. Cela vous ouvre des portes insoupçonnables. 

 

C’est une véritable leçon d’humanité à travers le récit de Jenny. Faites partie de ceux qui comprennent, tendez la main. Peu importe si vous ne recevez rien en retour mais tendez là. 

 

Lire c’est essentiel, apprendre encore et encore. Cela vous ouvre des portes insoupçonnables. 

Liberté et lire commencent par la même syllabe. 

 

 

 

« Il lui transmet son humanisme indestructible. Il a toujours été socialiste. Toute sa vie. Un militant ouvrier. Un intellectuel révolutionnaire. Un homme qui n’avait peur de rien, ayant déjà tout vu.

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12 janvier 2017

Sibir de Daniele Sallenave

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« La perception de l’immensité qui nous entoure se fait de plus en prenante, jamais je ne l’avais encore ressentie à ce point, sauf parfois dans des lieux chargés d’une histoire profonde ou tragique, la place Saint-Pierre, la Place Rouge, . Mais jamais dans l’espace.L’immense comme source inépuisable. »

 

 

 

 

En 2010, entre mai et juin, Daniele Sallenave part en voyage avec d’autres écrivains français à bord du transsibérien. Ils vont partir de Moscou et traverser la Sibérie pour arriver à la mer du Japon. Ce voyage est comme une résidence d’auteur, rencontres entre lecteurs et écrivains, lectures de poésie….etc

 

Ce n’est pas la première fois qu’elle se rend dans ce pays. Elle a connu l’ère communiste, l’ère Gorbatchev, l’ère incertaine d’Eltsine et enfin cette nouvelle Russie tout à a fait différente point de vue économique mais le peuple lui a t-il changé ?

 

Une question taraude l’écrivain : est ce encore l’Europe là bas dans les confins de Sibérie ?. Sibérie qui fut annexée par la Russie il y a bien des siècles, colonisée ensuite mais le mélange de différents peuples est toujours présent.

 

Entre Moscou et Vladivostok, Danielle Sallenave va entrecroiser ses souvenirs d’anciens voyages avec le présent. Parfois un peu décontenancée mais enthousiaste, elle nous raconte divers écrivains qui vinrent dans les  villes qu’elle découvre. 

 

Découverte des Bouriates, qui sont boudhistes pour certains, proches de Mongolie au bord du Lac Baikal. De l’autre côté du lac d’autres Bouriates Chamanistes. Difficile de croire que ce peuple fait partie de la fédération de la Russie. Bien loin de cette Europe qu’est la nôtre. 

 

 

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A Irkoutsk, plane l’ombre des décembristes déportés en 1825 et dont les femmes les accompagneront. La vie du être très rude et triste pour tous ces révoltés car la Sibérie est sauvage, âpre et l’hiver y est si terrible. Quel courage fut celui de ces révolutionnaires qui survécurent à toutes ces années. Un musée leur est dédié. 

 

 

 

Birobidjan qui est une région autonome juive, créée sous l’égide de Staline. Une forme de déportation d’un peuple déguisée sous l’offre d’une terre. A l’ouverture des frontières dans les années nonante, beaucoup se sont empressés de partir vers Israel. Un Etat juif en Russie. Tout est étonnant dans ce pays. 

 

L’ère du communisme est révolue et pourtant on ne peut échapper aux statues de Lenine. Le fondateur de l’Urss est là et bien présent. Les jeunes sont pareils à tous les autres jeunes dans le monde et pourtant le passé n’a pas encore été tout à fait balayé. 

 

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Que va devenir la Sibérie, elle qui renferme tant de richesses dans son sol, surtout du pétrole. Quel va être l’avenir de ces ethnies ? En 2010 Daniele Sallenave se questionne et en 2017 qu’en est-il ? 

 

A la fin du voyage, force est de constater le nombre de travailleurs chinois et coréens du nord qui travaillent dans ces contrées. Des anciennes amitiés communistes qui fonctionnent toujours. 

 

La Russie qui devint ensuite l’URSS pour redevenir la Russie avec ses fédérations, me fait rêver depuis mon enfance. J’ai parcouru à travers les mots des kilomètres dans des contrées magnifiques, rencontré des peuples dont je ne connaissais même pas l’existence.La Sibérie est synonyme de Goulag pour nous, pourtant là bas, il y  aussi des sourires….

(photos prises sur le net) 

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05 janvier 2017

Une bobine de fil bleu d'Anne Tyler

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C’est Abby qui a décidé que Red serait l’homme de sa vie, Red quant à lui le savait depuis longtemps. 

Ils vivent depuis des années dans la maison qui fut celle des parents de Red. La maison que son père avait construite, qu’il considérait comme l’idéale. Il n'en avait pas été le premier propriétaire mais il était arrivé par ruse à l'obtenir. 

 

Deux filles, toutes deux mariées à un Hugues, Stem en fait Douglass qui a été recueilli par la famille à la mort de son père et Denny, l’inclassable Denny qui est doué pour changer sans arrêt de boulot, quitter la maison et ne plus donner signe de vie, le caractériel de la famille.

 

Red a repris l’entreprise de construction de son père Junior. L’une de ses filles et Stem y travaillent également.

 

Abby était assistante sociale et au grand désespoir et honte de ses enfants, elle ramenait les paumés de la terre chez eux. Abby c’est l’empathie incarnée, elle trouve toujours une excuse même à Denny. 

 

Les vacances ensemble au bord de la mer dans une vieille maison mais si pratique. Les enfants qui deviennent parents à leur tour.

 

Abby qui commence à perdre la tête. Au tour des enfants de prendre soin de leurs parents. 

 

La famille Whitshank se voudrait différente des autres mais elle ne l’est en aucune façon. 

 

«  Quant aux enfants d’Abby, ils l’aimaient, naturellement,. Même Denny, présumait-on…à sa manière. Mais elle leur faisait terriblement honte. Lorsque leurs amis venaient chez eux par exemple, il lui arrivait d’arriver en trombe  dans la pièce  où ils se trouvaient pour déclamer un poème  quelle venait d’écrire. Elle était capable de retenir le facteur pour expliquer pourquoi elle croyait en la réincarnation »

 

 

Au début vous vous demandez ce que ce roman a d’extraordinaire et petit à petit débobinant le fil de la vie de cette famille, vous vous surprenez à sourire. Une famille unie, aimante comme tant d’autres dont le centre se nomme Abby même si elle en exaspère plus d’un de ses enfants. 

 

On retrouve de l’amour, de la tendresse, de la colère également. Les rancoeurs d’enfance entre les enfants qui se dévoilent à l’âge adulte mais sans amertume. Une vie qui défile et on redemande. 

 

Une écriture fluide, très belle écriture de plus et quel apaisement quand on lit cet écrivain. Oui j’en redemande encore. 

 

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01 janvier 2017

Bonne année

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25 décembre 2016

Il Est Né le Divin Enfant

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14 décembre 2016

Paris je t'aime de Colette

2013-07-11

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13 décembre 2016

Quoiqu'il arrive de Laura Barnett

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1938. Miriam qui attend famille rencontre un homme dans une gare qui se nomme Jakob. Il va prendre soin d'elle et élver Eva comme sa fille.

Au même moment, Vivian dont le mari est un peintre célèbre met au monde un garçon qui se nommera Jim.

 

Quelques années plus tard, sur une route qui mène à Cambridge Eva à vélo, evite un chien mais le clou qui pourrait crever un pneu, lui va t-elle l'éviter ?

Trois versions différentes de ce que pourrait être la vie de Marian et de Jim car Jim se trouve sur cette route. 

Jim aide Marian après la crevaison. L'autre possibilité est que Marian évite le clou. 

Ce qui est indéniable c'est que Eva est amoureuse d'une jeune acteur David Kantz. Quittera t-elle cet homme qu'elle aime pour un autre suite à une simple rencontre ou fera t-elle sa vie avec lui ?

Jim aime l'art mais réussira-t-il ou pas dans sa passion d'autant que sa mère Vivian lui bousille la vie. 

Eva elle désire écrire mais qu'en sera-t-il dans chacune des versions ? 

Livre extraordinaire qui nous livre trois possibilités de vie selon les décisions que les protagonistes prennent. Trois couples différents mais dont le centre est cet amour qu'il y aura entre Jim et Eva même si leur direction n'est pas toujours la même. 

Qui ne s'est jamais demandé ce qu'aurait été sa vie si l'on avait fait tel geste, pris telle décision ? On peut imaginer plusieurs vies comme Laura Barnett. 

Le livre se déroule de 1958 aux années 2000. Le début est le même ainsi que la fin. C'est le film des années qui se déroulent  qui est différent selon ce que chacun fait ou ne fait pas. 

Un roman que j'ai lu tout doucement pour ne pas quitter Eva et Jim trop rapidement. 

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