21 novembre 2017

Parmi les miens de Charlotte Pons

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68

 

 

Dans le cadre des 68 premières fois, Charlotte Pons nous renvoie à ce qui est le plus déchirant pour grand nombre d’humains : la perte de ses parents. La déchéance, l’euthanasie, les ressentiments, tout y est évoqué.

 

 

Manon est jeune maman, ainée des trois enfants. Quand lui annonce que sa mère a eu un accident de voiture et qu’elle est dans le coma, elle abandonne mari et enfant pour retrouver sa soeur, son frère ainsi que son père.

 

 

Leur mère est maintenue est en vie mais dans un état qu’elle ne quittera surement jamais. Les entend t-elle ? Les perçoit-elle ? Pour les médecins, il faut patienter. Manon ne comprend pas cet acharnement. Elle ne sera plus la mère qu’elle a connue alors pourquoi attendre ? Elle n’a qu’à mourir. 

 

Adèle sa petite soeur et Gabriel le frère bourré de médicaments, sont offusqués.  Elle pense déjà à la mort de leur mère !!! Une soeur sans coeur décidément.

 

Manon reste près de son père qui reste dans un mutisme absolu. 

 

Manon qui se débat contre le rejet de son enfant. Aucune sensation d’être mère. Elle voudrait mais n’y arrive pas.

 

Et puis que savent-ils les enfants du passé de ce corps qui reste cloué au lit, qui ne parle plus, qui  

reste dans son état végétatif ?

 

Très peu car de la jeunesse de leurs parents, les enfants n’en connaissent que des bribes.

 

La fratrie sait que leur mère était suédoise. Langue que leur mère ne leur a jamais appris. Elle a repris ses études d’anthropologue après la naissance de ses trois enfants, souffrant souvent de mélancolie. Une mère dépressive dont Manon s’est toujours sentie dépossédée. 

 

Elle se souvient de cette grand-mère suédoise qui est apparue un jour à la porte de leur maison. Maison d’enfance que les parents ont revendue pour venir se loger dans un horrible pavillon sans âme. 

 

Elle n’oubliera jamais le jour, où Peter, pris d’un accès de folie a voulu la jeter par la fenêtre pour la tuer. C’est sa mère qui l’a sauvée. 

 

Mais malgré cela, leur mère reste un mystère.  Adèle la benjamine semble à Manon celle qui lui fait le plus de reproches  d’être là. 

 

Les jours passent. Le corps maternel se dégrade et l’hôpital lui signifie son congé. A la famille de la prendre en charge.

 

Manon n'arrive toujours pas à devenir mère à son tour.  

 

 

Un premier roman qui m’a beaucoup touchée car il pointe  ce qu’il y a de plus profond en nous : le lien qui nous rattache toujours et encore à notre enfance que sont nos parents.  Ce lien qui se déchire au moment de leur décès, comment l’accepter ? Ce lien que les enfants doivent parfois couper malgré leur volonté  en décidant de donner la mort. 

 

Le personnage de Manon en résume toute la complexité.

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20 novembre 2017

La symphonie du hasard de Douglas Kennedy

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Alice est éditrice à New York. Personne ne sait dans sa maison d’édition qu’elle rend visite régulièrement à son frère Adam, emprisonné. 

 

Elle se rend donc à la prison munie des Oreo que son frère aime tant. Il prétend qu’il a changé mais quand il lui raconte son plus mauvais secret, Alice est complètement perturbée.

 

Cet aveu l’oblige à repenser à  son passé. 

 

Et c’est l’image des USA des années soixante et septante qu’elle nous dévoile : ses parents qui ne cessaient de disputer,  sa mère attendant le moindre prétexte pour le faire. Son frère Adam qui était promis à un bel avenir sportif et qui suite à un accident d’auto, a complètement changé d’option et s’est tourné vers le commerce. Le second frère parcourt le monde afin d’aider les autres, en réponse à l’hermétisme de leur père raciste, antisémite en partie malgré qu’il a épousé une femme juive. 

 

Alice décide d’intégrer une université artistique. Elle suit un cursus d’histoire. Elle participe à une revue littéraire mais durant ces années Nixon tout est source de conflit.  L’intégration des noirs est mal perçue par certains, l’homosexualité n’en parlons pas , la guerre au Vietnam est toujours de mise. Les jeunes fument des joints, ce qui est strictement interdit par la loi, boivent tentant d’échapper à cette chape de plomb sur leur jeunesse.

 

Des événements vont transformer la vie d’Alice : son professeur tuteur se suicide. Ce dernier lui avait avoué qu’il avait un cancer et elle apprend qu’il n’en en rien. Bob, le garçon qu’elle aime, a participé à une sale histoire et son père qui partait sans cesse au Chili pour surveiller sa mine, est en fait impliqué dans la destitution de Allende et l’arrivée au pouvoir de Pinochet.

 

Adam est là bas pour aider son père. Peter décide de s’y rendre et Alice part en Irlande continuer son cursus car elle veut fuir absolument tous ces tristes événements mais surtout tous ces secrets que vous inflige votre famille. Porter le fardeau des autres, elle veut tenter de les oublier. 

 

 

La symphonie du hasard est le genre de roman que j’adore, c’est politique, intellectuel, intéressant historiquement.  Un roman fluide construit autour d’une famille qui se mêle les pieds dans les non dits. Bref du Douglas Kennedy en super forme.

 

J’attends la suite au mois de mars. 

 

 

 

 

 

 

 

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14 novembre 2017

N'oublie rien en chemin de Anne-Sophie Moszkowicz

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68

 

Sandra vit heureuse à Lyon, mariée, deux enfants.  

 

Sa grand-mère qu’elle adorait meurt. Cette dernière lui a légué ses petits carnets en moleskine où elle décrit tout ce qu’elle a vécu sous l’occupation : les rafles, la terreur, le retour à l’appartement familial dont une autre famille avait pris possession. De son vivant, elle n’avait jamais rien raconté. 

 

Mais il y a un secret derrière ces petits carnets. Sa grand-mère lui délègue une mission.

 

Sandra a peur de retourner à Paris où elle a laissé une partie de sa jeunesse. Paris où elle était si amoureuse d’un garçon qui l’a rejetée et elle n’a jamais compris le pourquoi. 

 

Elle vivait en même temps une autre d’histoire d’amour, avec Paul, qui est devenu son mari.

 

Elle part, inquiète. Va t-elle avoir le courage de comprendre ?  D’affronter ?

 

 

 

J’ai beaucoup aimé ce premier roman dans le cadre des 68 premières fois. Très belle écriture, fluide. 

 

Mais surtout il y a ce passage qui pose la question de l’oubli

 

Arrivera-t-il un jour où le monde aura oublié définitivement cette période trouble, lorsque ma génération n’existera plus et qu’elle aura cédé la place aux autres ? Que fera la jeunesse de nos pires souvenirs ? Les enterrera-t-elle pour « renouveler la mémoire collective », comme je l’ai entendu aujourd’hui même de la bouche de ce jeune sociologue qui soutenait que nous pouvions rien souhaiter de mieux pour une société apaisée. « Quand tous les survivants de cette époque auront disparu, l’air sera plus léger, plus respirable, a t-il conclu »

 

 

Très souvent, je me pose la même question. Et quand le dernier survivant aura disparu ? Aurons-t-il l’ignominie de prétendre que tout cela était faux ? Malheureusement, je le pense car nous vivons dans un siècle qui balaie tout, qui dénonce tout. C’est si facile d’oublier, c’est si loin. 

 

Certains et certaines diront qu’on a tellement écrit sur la question. Et moi je répondrai qu’on n’a pas encore assez écrit et qu’envers tous ceux qui sont morts, il faut encore écrire et écrire.Ne jamais oublier au vu de la montée des extrêmes qui se tapissent dans les coins, attendant leur heure. 

 

 

 

 

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09 novembre 2017

Questions de caractère de Tom Hanks

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Autant vous le déclarer. Ce livre est génial, Tom hanks écrivain c’est du pur bonheur.

 

Collections de caractères vous invite à découvrir la vie passée de citoyens et citoyennes qui peuplent l’Amérique.

 

D’une nouvelle à l’autre, on valse sans connaitre le dénouement de chaque nouvelle. 

 

On suit les traces d’un homme inactif qui tombe amoureux d’une femme hyperactive, un jeune surfeur,  une star du bowling, un groupe d’amis qui construit une fusée, un homme qui voyage dans le temps, un enfant et sa mère. etc etc.

 

Sans oublier la gazette de notre ville  et toutes ces vieilles machines à écrire qui font tac tac tac, dring. 

 

 

Si Tom Hanks est le reflet de son écriture, cet homme doit être d’une gentillesse… indéniablement. 

 

Certaines nouvelles ressemblent à un scénario de cinéma, forcément, l’acteur réapparait de temps en temps.

 

Je ne sais pas s’il y  aura une suite à ce reflet d’écrivain mais je suis déjà preneuse.

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Il n'y a pas d'internet au paradis de Gaelle Pingault

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Comment parler d’un premier roman que vous avez tellement aimé ? Comment transmettre ce bonheur de lecture porté au bord du coeur ? Les mots sont si futiles , dérisoires pour transmettre l’émotion. 

 

Le théme en est tragique et pourtant Gaelle Pingault nous pousse dans le dos et nous chuchote avance, avance, tu peux atteindre non pas le bonheur mais ramasser ces petits éclats qui font partie de la vie. 

 

Prendre de la distance face à cette société qui broie, aveuglée et démesurée. Alex a essayé mais la ligne d’arrivée lui a semblé si lointaine qu’il a préféré s’immoler par le feu, laissant la silhouette d’Aliénor s’éloigner de son regard.

 

Ils avaient tant de projets : aller voir l’expo Monet, acheter cette ferme dans l’Eure, peut -être un enfant. Mais l’entreprise avec un grand E est impitoyable. Vos rêves, elle s’en fout.  Votre humanité, elle s’en contrefout. Vous êtes un simple pion que l’on fait disparaitre dans le pli d’une manche.  Peu importe vos états d’âme, vous êtes le serviteur de leur désir d’argent. 

 

Suicide ! Derrière leur bureau, les chefs bourreaux s’en contrefichent. 

 

Aliénor n’a pas désiré que cette Entreprise soit présente à l’enterrement d’Alex. Alors elle reçoit une lettre avec tous ces mots qui suintent l’hypocrisie. Eux coupables : jamais !!!! Un pion qui s’est désolidarisé, tant mieux.

 

Alex était informaticien. Aliénor travaille dans sa boite d’architectes. Une couple heureux.

 

Comment continuer à vivre sans l’autre ? Comment ? Comment ?

 

Aliénor a décidé qu’elle y arriverait. Une sacrée bonne femme. S’isoler des autres ce serait l’idéal. S’enfermer dans sa douleur et en vouloir quand même à Alex qui n’a pas eu le courage de lui parler ou elle, si elle l’avait écouté. Peu importe, il a fait son choix. Aliénor doit s’en sortir. Un petit pas, puis un autre pour atteindre la résilience. 

 

 

A travers Alex et Aliénor, Gaelle Pingault décortique cette société devenue égocentrique à l’extrême, cette course de l’humanité vers sa perte qu’elle tente de freiner mais les freins sont déjà si usés…. et entre chaque page, il y a  cet petit éclat caché dans les mots  qui vous emporte.

 

« Je l’ai peut-être dit : un jour je ferai la liste de tout ce que dois à la beauté de l’art. De toutes les fois où elle m’a sauvée du désespoir. Il se pourrait que la liste soit longue. »

 

 

 

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06 novembre 2017

A la claire fontaine et coiffeur pour dames de M.C. Beaton

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Dès que je vois qu’un nouvel Agatha Raisin, deux devrais je dire car ces enquêtes sont éditées en deux tomes, je fonce.

 

Et j’avoue que j’y prends goût.

 

Pauvre Agatha, elle tente de se persuader qu’elle n’aime plus James. D’ailleurs il la fuit. 

 

Même lorsque Robert Struthers, président du conseil municipal, est assassiné à la source d’eau douce du village de Bascombe, elle espère reprendre leur duo d'enquêteurs mais peine perdue.

 

Une société aimerait exploiter cette source  à la grande colère des habitants. Le conseil municipal se composent des pour et des contre. 

 

Agathe débute donc son enquête avec grande tristesse sans James.

 

Roy son ancien employé lui propose de réaliser la com de la société qui veut exploiter la source. 

 

Agatha fonce et tombe dans les bras d’un des frères associés qui est plus jeune qu’elle. 

 

Le village jase…. Et James est scandalisé. 

 

 

 

 

Dans la suite de ses aventures, James s’étant envolé vers d’autres cieux, Agatha déprime. 

La femme du pasteur lui propose, lorsqu’Agatha horrifiée découvre qu’elle a des cheveux blancs, le salon de coiffure dont le patron se nomme John.

 

Elle se rend donc à Avesham et est comblée par le talent du coiffeur mais également par la prestance de ce bel homme. 

 

Bizarrement, elle constate que certaines femmes sont horrifiées quand elle évoque son nom durant la réunion des femmes de la paroisse. 

 

Bizarre d’autant que cet homme est charmant. Si charmant qu’elle accepté d’aller au restaurant en sa compagnie mais petit à petit, l’enquêteuse reprend le dessus, et James étant aux abonnés absents, elle va conspirer avec le baronnet Charles, rencontré à Chypre, pour coincer Monsieur John. 

 

Peine perdue, le triste sire meurt dans les toilettes de son salon de coiffure, empoisonné par du 

ricin.

 

 

 

J’avoue qu’Agatha m’énerve. Si elle tendait un peu plus la main aux autres, on ne ferait pas sans cesse allusion à son âge, ce qui entraine une déprime certaine mais bon elle va peut être s’améliorer dans les prochains épisodes.

Une bonne série dont je ne me lasse aucunement.

 

 

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Le courage qu'il faut aux rivières Emmanuelle Favier

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68

 

Premier roman lu dans le cadre des 68 premières fois. Il évoque la question de l’avenir et de la place de la femme dans certaines sociétés. Ici l’Albanie, pays pas très lointain de nos frontières et pourtant la femme y est toujours soumise aux désirs et aux décisions des hommes.  Quelle solution pour échapper à ce carcan ? Renoncer à être une femme et prendre la place des hommes.

 

 

Manushe pour échapper à un mariage non choisi va décider de devenir une vierge jurée. Elle aura une certaine liberté  due à son choix mais l’amour elle peut l’oublier. 

 

 

Adrian, c’est son père qui à décidé que cette xième fille serait un garçon. Personne de son village ne doit savoir. Mais certains ne sont pas dupes et lors d’une partie de chasse, un homme du village la viole. Adrian s’enfuit

 

Le destin voulait que Manushe et Adrian se rencontrent  pour fusionner leur solitude.

 

 

J’ai mis du temps à écrire cette chronique car cette lecture m’a laissée totalement indifférente. Je l’ai lu avec plaisir mais il m’a laissé de marbre émotionnellement ce premier roman.

 

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24 octobre 2017

Faux départ de Marion Messina

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Premier roman de Marion Messina dans cette longue et merveilleuse série des 68 premières fois. 

 

Premier roman qui décrit, dans une écriture rapide, de façon vitriolée, cette société qu’est devenue la nôtre mais surtout celle des jeunes qui tentent de s’en sortir sans trop de casse.

 

 

Aurélie a obtenu son bac à la satisfaction de ses parents. Une nouvelle vie peut commencer : la fac ouvre ses portes. Issue d’un milieu ouvrier, l’avenir semble radieux pour ses parents. Elle part donc vers Grenoble.

 

Malheureusement Aurélie est une fille très solitaire, sans amis et dès le premier jour, elle comprend qu’à la fac, il y  a des castes.  Ceux qui savent qu’ils seront l’élite, et les autres qui se répartissent en sous-groupes. 

 

Ayant obtenu une bourse qui n’est pas assez conséquente, elle décide de travailler en nettoyant les chambres de la cité universitaire. Elle y rencontre Alejandro, étudiant colombien. Grâce à l’argent de son oncle, il est venu en France pour étudier la littérature. Elle lui plait, il lui plait. Aurelie ne quitte plus Alejandro qui commence à s’ennuyer à Grenoble. Il décide de partir à Lyon pour poursuivre son cursus. D’Aurélie, il n’en est pas question ; sa liberté d’homme avant tout.

 

Détestant Grenoble, Aurélie plaque tout et part à Paris. 

 

 

Sincèrement, j’ai cru en lisant les premières lignes que ce roman allait m’ennuyer. Grave erreur car je l’ai lu d’une traite. D’ailleurs Marion Messina ne nous en laisse pas le temps, on court derrière Aurélie, on dévore sa vie. 

 

Aucun ruban rose à ouvrir dans le portrait de cette jeune file du XXIème siècle et ce futur si improbable. Elle aimerait être différente de ses parents sans qu’on lui en laisse l’occasion. 

 

Aucun pathos dans cette lucidité de l’écrivain.  Notre société est malade, c’est un fait.

 

Sans oublier Paris qui prend une bonne claque sur son visage de ville idyllique. 

 

Une très bonne lecture qui vaut le détour. 

 

« La vie nous a semblé difficile parce qu’on essayait d’imiter nos parents, dans une époque qui avait trop changé pour qu’on y parvienne.

On a lutté, étudié, envisagé de passer des concours, on a bêtement voulu faire comme eux…Et on s’est plantés. Il faut inventer autre chose, chercher une place ailleurs, dans d’autres lieux, d’autres corps de métier, d’autres décors. Il faut tout recommencer, Aurélie. Tout. On ne va pas rester ici à s’emmerdre pour une avoir une pâle copie de la vie au rabais de nos vieux. Il va falloir qu’on trouve notre place quand eux avait un parcours tout désigné. Il faut arrêter de se lamenter de vivre moins bien que nos parents. Ils ont connu une époque de plein emploi, tu rentrais dans un magasin acheter de savates et t’étais vendeur de savates le lendemain, tu pouvais devenir VPR sans un seul diplôme…A quoi ça les a menés ce cirque ? Finalement, il n’y a rien à leur envier. Il faut faire le deuil de l’opulence, le deuil de Paris, le deuil de la France, le deuil du plein emploi. Et, surtout, il ne faut plus jamais se laisser marcher sur les pieds. »

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19 octobre 2017

Paysage perdu de Joyce Carol Oates

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C’est avec une certaine pudeur que Joyce Carol Oates évoque ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, tout en sachant que certains seront peut être déformés par le temps.

 

Ne vous attendez pas à lire une biographie exhaustive mais de moments donnés dans sa vie;

 

 

Joyce Carol Oates a grandi à Millersport, contrée très pauvre dans l’Etat de New York. Elle y vivait avec ses parents Carolina et Frederic dans une ferme qui appartenait aux beaux parents de Carolina et qui avait accueilli celle-ci quand elle était enfant abandonnée par sa mère qui en fait l’avait confiée à sa soeur.  

 

Dans la pauvreté Joyce Carol Oates a une enfance entourée d’amour même si un peu rude. 

 

Le travail à la ferme ne suffisant pas à faire vivre autant de personnes. Son père Frederic travaillait en usine et en plus de ce travail se faisait un petit pécule en calligraphiant des enseignes destinées aux magasins ou au bord des routes.

 

 

 

L’école c’était une seule classe des plus petits aux plus grands qui tourmentaient les plus jeunes. 

 

Les Oates étaient pauvres mais leurs plus proches voisins l’étaient encore plus. On se doutait que le père ivrogne pratiquait l’inceste mais sans s’en mêler. Jusqu’au jour où toute la famille disparu on ne sait où.

 

Tout était rêverie pour une petite fille dans cette campagne sauvage. Elle se perdait dans les chemins et aimait se faire peur.  Sa première copine se nomme Red Hot, un coq qui accourt vers elle dès qu’elle montre sa silhouette. De coq en fait c’était une poule. 

 

L’été, on installait un étal au bord de la route et la petite attendait les clients pour vendre les légumes et fruits de la ferme. 

 

On suit la longue transformation d’une petite fille dont le livre préféré était Alice aux Pays des merveilles vers celle d’une adolescente qui continue ses études pour atteindre l’Université où elle fera la rencontre de son futur mari.

 

Joyce Carol Oates ne fut pas fille unique. Elle évoque de temps en temps son petit frère mais le chapitre le plus émouvant est celui où nous raconte cette soeur venue au monde quand elle avait 18 ans. Ce fut un accident bienvenu dans la vie de ses parents. Ce fut même l’auteur qui décida de son prénom à la demande de ses parents Lynn Ann. Lynn Ann qui n’était pas comme les autres, une autiste. Ses parents l’elevèrent jusqu’à l’âge de 15 ans avec un amour inconditionnel. Mais lorsqu’elle frappa sa mère, ils comprirent que malheureusement il fallait la placer dans une institution.  

Elle était physiquement le double de l’auteur.  

La lecture de ce chapitre est un véritable hymne d’amour envers ses parents et cette soeur qui n’était pas pareille aux autres. 

 

 

Je pourrais vous parler également des vols en avion de Frederic Oates, de tous les vêtements que Carolina Oates a cousu pour sa fille, des morceaux de piano que jouait Frederic Oates lui qui avait appris le violon dans l’enfance. (Sa mère abandonnée par son mari, aimait lire également), des silences familiaux la famille Oates n’était pas encline à parler pour jacasser, d’une petite fille qui découvrit le pouvoir d’une bibliothèque, d’une adolescente insomniaque et timide, des différents endroits où elle et son mari vécurent. 

 

Joyce Carol Oates ne s’envole pas vers de grandes explications lyriques de son désir d’écrivain. Elle est devenue écrivain.

 

Paysage perdu évoque un univers qui a disparu restant dans la mémoire par clichés fugitifs. Quel bonheur cette lecture ...

 

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17 octobre 2017

Imago de Cyril Dion

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Enfin un vrai coup de coeur dans cette édition d’automne des 68 premières fois.  On me dira que mes coups de coeur ne sont pas très gais mais tout me plait dans ce roman, l’écriture, les personnages, le thème.   Lu sans m’arrêter dès la première ligne. 

 

 

Imago nous ramène dans notre société contemporaine à travers les enjeux palestiniens et israéliens, les calculs de probabilité du FMI, le terrorisme, l’amour que l’on recherche à tout prix, l’enfant qui manque.  Rien de très réjouissant et pourtant c’est notre réalité en ce XXIme siècle qu’on le veuille non . A nous d’effectuer notre Imago comme les personnages du roman.

 

 

Nadr et Khalil son frère vivent en Palestine. Ils ont poussé au milieu de la haine et les enfants qui naissent après eux ne connaissent également qu’un pays tenu dans une pauvreté absolue. Ce qui fait le bonheur du Hamas. Khalil en fait d’ailleurs partie car en lui il n’y a pas d’amour mais de la Haine envers l’Occident, envers les juifs etc. Nadr lui ne participe pas à tout cela, il fume ses joints, lit de la poésie, se laisse porter par les nuages. 

 

 

De l’autre côté de la planète, Amandine s’est exilée dans la forêt. Elle ne veut plus vivre au milieu de cette Société. Maman de trois enfants, elle garde les leurs d’enfants quand ils le désirent.  Bonne mère, elle ne l’a jamais été comme si ces bébés devenus grands l’emprisonnaient dans un carcan non voulu.

La blessure qu’elle porte en elle, c’est cet enfant qui lui a été enlevé à la naissance par le père et emmené en Palestine. Elle a tout fait pour le retrouver jusque, à faire le voyage là  bas où on la rejetée lui signifiant qu’elle n’était aucunement la bienvenue. 

 

Fernando travaille pour le FMI. Il aime les colonnes établies de chiffres qui déterminent  comment on peut aider tel ou tel pays avec les efforts à réaliser pour répondre à cette aide. Il ne comprend pas comment les autres qu’il croise dans le métro peuvent vivre comme des mollusques dans une petite vie minable. Son evasion, la lecture de Fernando Pesoa. L’homme qui a tout compris.

Il déteste son nouveau chef et ne veut pas entendre parler de la Palestine. Pourtant le dossier lui est dévolu. 

 

 

Khalil ne porte que la haine en lui. Il crache même à Nadr qu’il n’est qu’un renégat puisque sa vrai mère était française. L’Occident coupable de tous les maux de la Palestine  Khalil décide d’agir. Il s’en va sur cet autre continent qui tue leurs frères. 

Nadr décide de partir lui aussi pour empêcher khalil de se tuer au nom pas d’un Dieu mais des désidératas de ceux qui ont le pouvoir.

 

 

Nadr c’est la liberté, l’espoir, l’envie de changer ne fut ce qu’un moment infime la route du destin. Pour lui également j’ai eu un gros coup de coeur. Il est tour à tour enfant, naïf et pourtant aucunement dupe de l’hypocrisie sociétale qu’on nous martèle à longueur de temps. Et puis, il lit des poèmes au milieu de rien. Comment ne pas l’aimer ?

 

 

 

 

 

Cyril Dion a réalisé et écrit le film « Demain ». 

 

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