12 décembre 2016

Chroniques Bob Dylan

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A tous les détracteurs du  prix Nobel que Bob Dylan a reçu, lisez ses chroniques et vous comprendrez à quel point ce titre est mérité. Dylan qu’en pense t-il ? s’en moque ou pas peu importe, il reste fidèle à lui-même. 

 

Je ne suis pas fan de Bob Dylan. Je ne possède aucun de ses disques. En fait, je ne le connaissais pas beaucoup à part quelques-unes de ses chansons.

 

Dans ces chroniques, il parle de lui à travers ses chansons , des autres, surtout de ceux qui gravitent dans le monde de la musique, un peu, très peu de ses parents. Vous n’aurez aucune révélation croustillante, ce n’est pas son style.

 

Il est né en 1941. Durant la guerre donc. Son père ayant des séquelles de polio a été réformé mais tous ses oncles y ont participé. Tous sont revenus. 

 

Une petite ville du Midwest où les étés sont très chauds et les hivers très durs. Les hommes travaillant essentiellement dans les mines. Et cette appréhension de la bombe atomique d’après guerre. Robert voulait autre chose, surtout pas la vie ennuyeuse alors il écoute des chansons à la radio et il tombe en admiration devant le style folk. S’il n’y avait pas eu Woody Gutthrie pour lequel il avait une vénération, aurait-il choisi la voie de la musique ? Sûrement car il rêvait d’être autre. 

 

Alors, il décide de tout quitter pour New York. C’est dans les bars et les cafés de Greenwich Village qu’il va faire ses premières écoles. Il va rencontrer des personnes étonnantes, lire, écouter, regarder car Bob Dylan est une éponge. 

 

Ces chroniques sont un mélange de cette époque au début des années soixante et de moments quand sa carrière était déjà bien lancée. Etonnement, quand tout flambait autour de lui dans le monde, du temps de Woodstok, qu’on lui reprochait de ne pas prendre parti lui le révolutionnaire, il ne rêvait que d’une chose : vivre tranquille avec sa femme et ses enfants. En réalité, c’est bien malgré lui qu’on a fait de sa personne, une proue de contestation. Il se considère comme chanteur folk et ceux qui ont cru déceler de la révolte à travers ses paroles, se trompent. 

 

Bob Dylan est une excellent écrivain : ses descriptions de la nature, de la rue sont sublimes de poésie. Il happe le détail qui va vous toucher. 

 

« J’ai refermé la porte derrière-moi, longé le couleur, descendu l’escalier en hélice, traversé le rez-de-chaussée en marbre. Les murs sentaient la Javel. J’ai poussé gentiment la porte de la petite cour, puis le portail à losanges avant de me retrouver sur le trottoir. Mon écharpe autour de la tête, j’ai pris la direction de Van Dam Street. Il y avait une calèche au coin de la rue, couverte de fleurs, toutes protégées par un film en plastique, mais pas de cocher en vue. New York était pleine de ce genre de trucs. »

 

« Allongé, j’ai écouté les criquets, et toute une faune derrière la Fenêtre, dans un noir effrayant. Cette nuit me plaisait. Les choses grandissent la nuit, mon imagination ouvre ses portes, les idées préconçues s’évanouissent. On cherche parfois le paradis aux mauvais endroits. Alors, qu’on l’a à ses pieds. Ou dans son lit. »

 

 

Woody Guthrie

 

 

 

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06 décembre 2016

Mortelle randonné de M.C. Beaton

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Après avoir passé six mois à Londres, Agatha se sent tellement heureuse de retrouver sa petite maison dans la campagne anglaise mais surtout son voisin James Lacey.

 

Comble de malheur, ce dernier semble tout à fait indifférent à son retour.

 

Par hasard, elle apprend qu’il fait partie d’une troupe de marcheurs. Durant ces marches, il apprend à ses concitoyens à admirer les fleurs et les plantes.Ni une, ni deux Agatha s’inscrit.

 

Un autre groupe de marcheurs mené par une Jessica hargneuse en puissance contre les riches du Royaume, a vu le jour également. Jessica recherche dans des archives les droits de passage sur chaque propriété aux mains d’un capitaliste.

 

Elle a jeté son dévolu sur le domaine de Sir Charles Fraith. Elle demande à une de ses condisciples marcheuse, Deborah, d’aller parler du problème à cet odieux capitaliste, qui est de devoir marcher dans une partie d’un champ de colza pour suivre le chemin de passage.

 

Deborah, petite femme frêle, s’y rend et tombe amoureuse de Sir Charles. Lui non plus n’est pas insensible aux charmes de la jeune femme mais pour d’autres raisons.

 

Lors de la réunion où Jessica expose encore ses griefs malgré la lettre conciliatrice de Sir Charles elle se met à dos tous les autres marcheurs. Son petit ami, l’expulse de chez lui et passant une nuit chez l’un et chez l’autre, elle se fait chasser par tous. Elle décide donc de braver ce Sir toute seule. Et elle se fait assassiner. 

 

Le corps est retrouvé par le groupe de marcheurs qui avait décidé de pouvoir enfin s’adonner à la marche sans entendre les récriminations de Jessica. 

 

Deborah ayant entendu parler d’Agatha, lui demande de mener l’enquête.Ils devront se faire accepter par le groupe de marcheurs en se faisant passer pour mari et femme, ce qui ne déplait pas à Agatha bien entendu. 

 

Tout se termine bien et oh surprise James demande Agatha en mariage mais il y a un hic, Monsieur Raisin dont elle n’a jamais divorcé vit-il encore ? 

 

La suite au prochain roman.

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04 décembre 2016

Pas de pot pour la jardinière de M.C. Beaton

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Agatha Raisin après de longues vacances rejoint son village d'adoption Carsely. Ses vacances en solitaire n'ont pas été des meilleures mais elle fera semblant que c'était super.

A son grand désarroi, elle constate qu'une nouvelle femme  Mary Flore a su apparemment conquérir le coeur de James son voisin. 

Agatha la combattante, lorsqu'elle apprend que ladite Mary est une magicienne pour faire pousser les fleurs, décide de devenir membre de la Société d'Horticulture du village. 

La première manche est de remporter le concours de la plus belle fleur. Agatha achète une serre et s'y met. Etrangement quelques jours avant la date fatidique du concours des fleurs sont saccagées, des poissons rouge empoisonnés. Quel est l'être malfaisant qui attaque le village ?

Beaucoup pense à Mary Flore , étrange femme qui passe de la gentillesse au persiflage. 

Le soir du concours, Agatha et James sont surpis  de ne pas avoir aperçu Mary Flore. Ils se rendent chez elle et découvrent dans la serre chaude son cadavre, la tête plantée dans un pot de fleurs.

Même si l'inspecteur Bill Wilson lui a interdit d'enquêter, Agatha repart sur le sentier des enquêtes avec James bien entendu.

 

Si vous voulez un bon moment de lecture, joyeux, pas compliqué rien de tel qu'un Agatha Raisin. Et de ce pas, je vais entamer le suivant. 

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29 novembre 2016

Le Zeppelin de Fanny Chiarello.

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Maison une petite ville comm tant d’autres que l’on pourrait situer dans le nord ou dans le sud pourquoi pas ? mais j’opterais plutôt pour le nord . Une rue qui porte le nom de Canard Bouée, une autre les Neuf Lobules. Petite ville traversée par le canal Divan dans lequel on jette choses et humains. Canal qui faillit être racheté par une multinationale mais les habitants s’y sont opposés. 

 

En ce mois de juillet la ville est calme trop calme et chacun vaque à l’ennui de sa vie. Certains écrivent, d’autres déambulent comme Simone qui claque les pieds du déambulateur sur le sol.  Sergio aimerait retrouver son amour tout en préparant un grand seau de Sangria. Douze personnages en tout dont une Sylvette Dix-Sept qui connait l’avenir de Maison le 26 juillet.

 

Petit à petit une ombre commence à planer aux dessus des toits. Un énorme zeppelin glisse tout en silence et s’étend comme pour englober la ville. Certains se jettent pour adorer ce monstre volant jusqu’au moment ou comble de malheur un poulet plumé  jeté du haut de cet engin vient percuter Sue Hug qui venait de se faire voler son sac.

 

Ni une ni deux, la populace se rue sur l’ennemi. On les attaque, ils ripostent et c’est une guerre civile qui se déclenche. 

 

Et si on allait boire un verre au bar de l' Observatoire ? 

 

 

"Leurs hurlements ont quelque chose de primitif : si les hommes préhistoriques avaient pu graver des sons dans les parois des cavernes, sans doute auraient-ils ressemblé à ceci. Il n’y a ni Dieu ni science dans ceci mais seulement la terreur barbare de ce qui n’est pas soi, une terreur viscérale pour mettre une ville à feu et à sang. Une petite main dans la mienne me rappelle que partir est de toute façon la seule chose qu’il y ait jamais eu à faire dans cette ville »

 

« Je prends un café au bar des Lobes et j’écoute mugir les cerveaux sous les nappes de la musique et des conversations. Dans ce bistrot, il y a toujours deux ou trois artistes qui gribouillent; ils écrivent ou dessinent, dans des carnets de tous formats, avec des stylos de toute nature et qualité qui me permettent de deviner à distance s’il s’agit d’adeptes de l’épure ou du graffiti, du sonnet classique ou de l’écriture automatique »

 

« Je suis en train de me promener dans le jardin des plantes quand l’ombre du zeppelin caresse ma nuque. Gaspard patine dans les graviers jusque sur les moirures brûlantes du bitume et je le lance dans l’axe du dirigeable. je traverse la passerelle de l’observatoire, déboulant dans la rue Canard-Bouée, slalome entre les grappes des résidents prosternés, hagards puis je dérape jusque dans la rue de Neuf Lobes »

 

« Je n’ai jamais compris, moi non plus, réveil bleu, mon compagnon d’infortune, et mon coeur aussi s’essouffle doucement sur le balcon du passé »

 

 

J’ai eu le coup de foudre pour l’écriture de Fanny Chiarrello dès les premières lignes de son roman « Une Faiblesse de Carlotta Delmont ».

 

C’est une écrivain atypique. Son style c’est le style Fanny Chiarello et j’adore.

 

Elle mêle la dérision au malheur, elle mélange intellectualisme et légèreté ainsi que le non sens dans ce nouveau roman.

Au détour d'un mot, d'une ligne, on ressent une bribe de notre propre petite vie et on se surprend à sourire. 

 

Fanny Chiarrello a fermé sa page Facebook mais à ouvert un blog 

 

 

 

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15 novembre 2016

Une autre femme d'Anne Tyler

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Delia Grinstead épouse du docteur qui a pris la succession de son père, maman de deux garçons et une fille, ne sait pas qu'en rencontrant un jeune homme dans un supermarché, sa vie va changer de direction.

Elle commence à réaliser qu'en fin de compte, mari et enfants ne se préoccuppent aucunement d'elle. Un meuble qui fait partie de cette maison où elle a grandi.

Comme chaque année, ils partent en vacances au bord de mer en compagnie des deux soeurs de Delia et de ses nièces jumelles.

En partant marcher sur la plage, elle décide de ne pas rebrousser chemin et s'en va s'installer dans une petite ville non loin de Baltimore. Elle se recompose une nouvelle identité en achetant des vêtements qu'elle n'aurait jamais portés. Elle sera Miss Grinstead, résidant dans une chambre chez Belle et secrétaire pour l'avocat de la ville.

Quand elle découvre l'avis de sa disparition dans le journal, elle est furieuse de découvrir la manière dont sa famille la décrit. 

Elle s'installe dans sa nouvelle vie....

 

J'avais débuté la lecture de ce roman il y a quelques années et abandonné. Serais-je plus réceptive à présent ? Un roman très agréable, un portrait de femme qu'on aimerait secouer par moments. Pas un roman bonbon mais un roman cellophane que l'on déplie avec douceur. 

Une auteur dont je vais lire d'autres romans c'est certain. 

 

 

 

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10 novembre 2016

Capital Rouge un conte soviétique de Francis Spufford

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Capital Rouge peut être lu de trois manières : comme un conte, historiquement et romancé.

 

Le livre s’étend durant les années soixante, après la mort de Staline, Khroutchev devient le maître de l’URSS, et n’a qu’un rêve : battre l’arrogance des USA économiquement . Les Russes doivent être les meilleurs. L’avenir est radieux, les atrocités staliniennes se délitent. Le roman se termine avec la destitution du chef qui sera remplacé par Brejnev.

 

Un livre passionnant car l’auteur nous décortique la manière dont l’économie de l’URSS était planifiée selon les vertus du socialisme. Le PIB n’était pas calculé selon les ressources humaines mais selon la production de biens. Cette production se faisait au début sans apport financier de pays extérieurs, un marché unique derrière les frontières. Ce sont les mathématiciens qui établissaient le plan en calculant une économie de plus en plus positive.  Bien entendu, au début tout est magnifique et au fur et à mesure des années, on connait le résultat…. l’URSS a du se résoudre à importer.

 

Dans la partie romancée, on croise des femmes et des hommes qui évoluent durant cette décennie. Certains resteront dans la course, d’autres perdront.

 

Il est bien entendu question de corruption car socialiste ou capitaliste, dès que l’argent brille, l’humain est identique.

 

Le chapitre romancé de la visite des Russes lors d’une exposition universelle est édifiant. Cette expo se déroule à Moscou, la population découvre le stand des USA  qui représente le rêve américain. Celui auxquels beaucoup rêvent encore à notre époque. Le rêve américain du passé car ce rêve ne reviendra jamais, le monde a tellement changé. L’auteur souligne quand même que ce rêve est entaché par la ségrégation raciale.  

 

Pas besoin de lire le Capital de Marx, tout y est expliqué mais le problème c’est que les Russes l’ont suivi à la lettre à une époque dont Marx ne parlait pas et pour une population qui n’était pas concernée : la majorité en URSS était paysanne et Marx s’adressait aux ouvriers. De plus, les idées de Marx se positionnent dans un monde tel que le nôtre, apparemment c’est dès aujourd’hui que nous aurions du faire la révolution selon Marx bien entendu.

 

 

 

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07 novembre 2016

Une illusion d'optique de Louise Penny

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C’est le plus beau jour de la vie de Clara Morrow, enfin cela devrait l’être mais elle angoisse en vue de l’exposition de ses tableaux au MAC de Montréal. Vont-ils tous se moquer d’elle ? ou applaudir ?

 

Ils sont nombreux : ses amis de Three Pines, Gamache, Beauvoir ainsi que des galeristes, des critiques d’art, des artistes également.

 

Le lendemain, après avoir terminé la soirée chez elle et Peter avec tous leurs invités, Clara attend avec anxiété ce que vont  révéler les critiques dans les journaux. 

 

Malheureusement, le bonheur est très vite perturbé par le corps d’une femme retrouvée la nuque brisée dans un de ses plate bandes. 

 

Gamache  arrive sur les lieux accompagné de Beauvoir bien entendu et de Lacoste. L’enquête peut commencer.

 

Il s’avère que la femme assassinée est une ancienne critique d’art dont les propos étaient souvent très mal ressentis par les artistes. De plus, Clara leur avoue que ce fut sa meilleure amie durant des années jusqu’au jour où elle compris qu’elle était néfaste pour elle.

 

Gamache va découvrir le monde qui gravite autour des artistes. Un monde assez perfide surtout entre galeristes.  

 

 

Chaque année, j’attends avec impatience le retour d’Olivier et Gabri patrons du bistrot et du gite de Three Pines, de Myrna la libraire bibliothécaire, de Clara et Peter les artistes ainsi que de Ruth la poétesse damnée. Sans oublier naturellement le voyage vers Three Pines, cet village que l’on ne trouve sur aucune carte mais si vous avez de la chance….

 

Mais surtout Gamache, l’homme au regard bienveillant sur les êtres et les choses. 

 

Dans ce dernier roman, il est confronté au désarroi de Beauvoir depuis qu’ils ont tous failli être tués. Olivier lui pardonnera t-il de l’avoir envoyé en prison ? Et que penser de ces alcooliques anonymes durant son enquête ?

 

Pour retrouver la sérénité, il se lève quand tout le monde est enfoui dans son lit et parcourt le village de Three Pines dans la solitude de la nuit. 

 

A l’année prochaine Monsieur Gamache.

 

 

 

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21 octobre 2016

La jungle d'Upton Sinclair

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En ce début du XXième siècle Jurgis quitte la Lituanie  pour fuir la pauvreté. Il part avec la femme qu'il aime Ona ainsi qu'une partie des deux familles. Ils rêvent d'une vie meilleure en Amérique, là bas à Chicago.

Ils se font arnaqués durant le voyage et arrivés à Chicago sont complètement déboussolés. Leur chemin les conduits vers un endroit qui pue cerné par le bruit. Le quartier des abattoirs.

Jurgis jeune et plein de force va être engagé dans cette usine car ils découvrent tous que oui il y a plus de liberté mais c'est un oeuphémisme.  la vie y est plus chère que dans leur pays. Ils vivent entassés dans un appartement jusqu'au jour où ils découvrent une publicité vantant les mérites d'êtres propriétaire.

Ignorants, ne parlant pas l'anglais, ils se font arnaquer en achetant cette maison qui en fait est un taudis. Pour rembourser la maison chaque mois, Jurgis doit absolument travailler encore et encore. Les femmes également ainsi qu'un des enfants. Usine de conserverie, usine de phosphates....travailler, travailler pour un salaire qui leur donne à peine de quoi manger.

Malgré leur bonne volonté, ils vont s'enfoncer et le jour où Jurgis est jeté en prison , c'est la descente aux enfers...

Lorsqu'il sort, c'est une autre famille qui vit dans leur maison. 

Il n'a plus rien à perdre, que se perdre lui même dans la malhonnêté. Il aura de l'argent mais perdra tout. A nouveau la prison, la mendicité, le vol à l'étalage jusqu'au jour où il retrouve une partie de la famille et qu'il pousse la porte d'une assemblée et va découvrir le socialisme. 

 

Upton Sinclair était journaliste. Lors de la parution du livre en 1906, ce fut le scandale  parce qu'il dénonçait les conditions ouvrières misérables mais également pour  sa description des abattoirs. Chicago comme toute l'Amérique était aux mains des Trusts qui offraient les pots de vin aux politiques et truquaient les élections. 

Ce qui est édifiant c'est que les ouvriers travaillaient sans protection aucune. Les dépeceurs étaient couverts de sang, les ateliers l'hiver n'étaient pas chauffés, aucune aération. Les contrôles de la viande étaient factices : on mélangeait aussi bien les carcasses avariées que celles de bonne qualité. 

Les tricheries des multinationales actuelles concernant la viande sont exactement les mêmes en grande partie qu'à l'époque.  Et comme aujourd'hui tout cela au nom de l'argent avec un grand A. 

Grâce à Upton Sinclair qui fut reçu par le président Roosevelt, des amélioriations furent décidées pour que les ouvriers ne subissent plus journellement cette horreur. 

 

"Pourtant ni Ona, ni les siens n'étaient devenus insensibles. Leurs âmes n'étaient qu'assoupies. Quand elles se réveillaient, la porte de leur mémoire s'ouvrait en grand. Quel moment terribe c'était alors pour nos amis ! Les joies, les espoirs et les rêves d'autrefois leur tendaient les bras et leur parlaient. Ils ressentaient sur les épaules le poids infini de leur fardeau et savaient qu'ils ne s'en libéreraient jamais. Ils n'avaient même plus le courage de protester. L'angoisse les saisissait, plus terrible que s'ils avaient vu la mort en face. C'était une terreur indicible, inexprimable et qui ne lâcherait jamais prise."

Nous sommes au XXIième et en renfermant ce roman, on réalise que rien n'a vraiment changé. Le pouvoir de l'argent profite de la pauvreté de milliers d'êtres par le monde. Le capitalisme n'a jamais cessé d'exister entrainant sa voracité  dans une main d'oeuvre inépuisable et renouvelable à satiété. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 octobre 2016

Le côté gauche de la plage de Catherine Cusset

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nutile de chercher sur une carte, Catherine Cusset ne vous dévoilera pas le nom de sa plage. Pour y accéder, il vous faudra marcher un kilomètre en évitant les griffures des ronces. 

 

Sur cette plage, elle a couru sur les pas de l’enfance, elle y a emmené sa fille à peine née et a rencontré Jean.

 

C’est sa plage de l’été, elle ne manquerait leur rendez vous pour rien au monde.

 

Pour la croiser, vous devez vous rendre du côté gauche, où les touristes ne vont pas. 

 

Si vous apercevez une naïade sans vêtements, c’est elle car c’est le côté de la plage où dame nature a ses droits.

 

« Cette plage est le legs de mon père. Lui qui se dit déçu de ne pas avoir réussi  à nous transmettre  sa foi m’a transmis quelque chose d’aussi fort, l’amour d’un lieu et un bonheur fou lié à cet amour. Il m’a transmis Porzcrac’h et le plaisir du bain nu »

 

C’est pour Jean qu’elle a écrit ce si beau récit de sa plage. 

 

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Aquarelle d'Alain Robet. 

 

 

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03 octobre 2016

Born to Run de Bruce Springsteen

J’avais 13 ans quand ce fut le coup de foudre pour cet rock and roll man à travers sa musique. Born to run m’emmenait sur d’autres chemins musicaux. A 15 ans, son album Darknes  Edge oft theTown (que je possède encore) scella cet amour à jamais. J’adorais cette noirceur de vie qui se dégageait dans ses chansons étant en pleine crise d’adolescence.

 

Alors bien sur que j’allais dévorer son auto bio, écrite par le Boss lui-même. 

 

Il ne nous dévoile pas toute sa vie naturellement mais une grande partie. Son enfance dans le New Jersey entouré d’une grande famille. Ils vivaient tous dans le même quartier : Irlandais et Italiens mais étrangement ne se parlaient pas. Il fut élevé par ses grands-parents jusqu’à 7 ans. Enfant roi, qui ne comprenait pas qu’il allait à présent vivre à plein temps chez ses parents. Sa maison c’était celle des grands-parents pas la paternelle. 

 

L’homme qui est devenu riche n’a jamais oublié d’où il venait et n’a de cesse d’essayer de retrouver ces années d’enfance où il était heureux malgré la pauvreté, tout en sachant que la roue tourne et que le passé ne revient jamais mais continue à imprégner l’air que l’on respire.

 

Sa plus grande fêlure est cette non compréhension entre lui et son père. Alcoolique, grand fumeur, pas causant, il restait des heures dans sa cuisine sans un mot. Est-ce son père qui lui a transmis cette dépression qui le ronge depuis des années ? Car oui on peut être un homme adulé mondialement et se sentir malheureux. Cette dépression, il n’en connait pas l’origine. Il se soigne et reconnait que sans sa femme Patty, il ne sait pas jusqu’où il serait descendu dans ce trou noir.

 

 

Sa vie change le jour où il voit Elvis Presley à la tv, lui aussi veut faire partie de la grande famille de la musique. Aidé par sa mère pécuniairement pour l’achat de sa première guitare d’occasion, il va travailler, travailler pour apprendre. Ses premièrs groupes ensuite  la formation du groupe avec E Street Band jusqu’à notre époque. La musique c’est toute sa vie et lui qui est adulé se sent encore comme un gamin face à un Mike Jagger ou d’autres. 

 

Son amour de père pour ses trois enfants où il a essayé d’avoir une autre communication que celle qu’il avait avec Doug son père.  

 

A travers ce livre Bruce Springsteen nous dévoile l’homme qu’il est : pas toujours facile à vivre mais quel artiste est facile ? Son respect des autres, sa simplicité, son humanité, ses colères. Ils se raconte, il raconte son pays les USA, sa non compréhension comme tout un chacun de cette société qui devient de pire en pire, ses envolées en moto quand il a besoin de décompresser en solitaire. 

Il est tel que je l’aimais, tel que je l’aimerai toujours le Boss qui m’a fortement émue durant cette lecture. 

 

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