03 avril 2018

Pen Duick de Marc Menu

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Avril, le mois belge d’Anne et de Mina revient en force pour une cinquième année consécutive.

 

En ce début de mois, on commence par de la poésie.

 

J’ai décidé de vous présenter le petit opuscule poétique édité par les éditions la Taupine dont l’auteur est Marc Menu, un ancien comparse estudiantin lors des mes années de bibliothécaire, années que je n’ai pas terminées mais bien Marc.

 

Si j’ai choisi Penn Duick c’est qu’il évoque tout ce que j’aime, bien que au contraire de Marc, c’est le Manureva qui me faisait rêver. 

 

A travers ce beau poème on aborde la mer. On navigue sur le bord des vagues et dans le brouillard. 

 

« glisser 

sur un rayon de lune

naviguer

au plus près du vent

se découvrir 

pêcheur d’étoiles 

et de silence »

 

Un poème de liberté, une ode au bateau de Tabarly 

 

L’amour de la mer tel que je le perçois.

 

 

« rentrer au port

sur un courant d’air

défavorable

remier voiles 

et cordages et s’échouer doucement

le temps de reprendre goût au vent »

 

 

Marc Menu  a également écrit un autre recueil 

Les murmures du chardon, poèmes, Le Taillis Pré, 2016

ainsi que des nouvelles 

Petites méchancetés sans grandes conséquences, Éditions Quadrature, 2015

 

 

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08 mars 2016

8 mars

Tous les matins me réveille la pluie
A l’ombre de ma vie étincelle
Parmi les misères de la ville

Tous les matins me raconte la fenêtre
Tes mots refoulés tes mots oubliés

Tu ne sais pas que je suis vivante 
Au gré de l’humeur du monde
Qui ignore ma peau de femme

Où es-tu dans le ciel de l’action
Que tes pas arpentent fil à fil
Depuis l’aube des temps

La pluie a son mot à dire
Même si elle n’imagine rien
Rêve la pluie au petit matin 
En lagune assassinée
Lagune aux maux profonds

Car arrose la pluie
Le marché des hommes
Assis sur un gâteau de sable
Au sommet du pouvoir
Marchant à pas de crabe

La pluie ruisselle ses souhaits 
La pluie murmure les bonheurs
Inconnus des femmes morcelées
Par l’insouciance de l’amour
Effeuillé au grand jour

 

Tanella Boni

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30 janvier 2016

La poésie du samedi

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En voyage

Quand vous m’ennuyez, je m’éclipse,
Et, loin de votre apocalypse,
Je navigue, pour visiter
La Mer de la Tranquillité.

Vous tempêtez ? Je n’entends rien.
Sans bruit, au fond du ciel je glisse.
Les étoiles sont mes complices.
Je mange un croissant. Je suis bien.

Vous pouvez toujours vous fâcher,
Je suis si loin de vos rancunes !
Inutile de me chercher :
Je suis encore dans la lune.

Jacques Charpentreau

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08 janvier 2016

La poésie du vendredi

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Je m'appelle Sampa,

Et bien que chien bâtard,

Je fais tourner la tête

A bien des pedigrees.

 

Je m'appelle Sampa,

Je suis né quelque part.

Je m'appelle Sampa

Et mon histoire est belle.

 

Je mouille des divans,

Je souille des parquets,

Je vis auprès d'un roi

Comme un chien de poubelle.

 

Je m'appelle Sampa,

Et j'ai des yeux qui parlent,

Un corps qui fait le fou,

Un cœur qui se remplit

De tant et tant de joie,

Qu'une caresse régale.

 

Je m'appelle Sampa

J'ai des maîtres fidèles.

Lui, me donne du mal

A me faire obéir,

Mais quand il n'est pas là

Je suis seul avec elle.

 

Son amour à lui,

C'est mon amour à moi.

Comme elle est jolie !

Comme elle est gentille !

Son amour à lui,

C'est ma maîtresse à moi.

 

Et, quand elle me sourit,

Moi j'ai les yeux qui brillent.

Elle m'appelle San San,

Et je l'aime, et elle m'aime.

 

La nuit, je dors près d'elle,

Et au matin je la réveille

D'un coup de patte,

Ou bien d'un coup de dent.

 

Je m'appelle Sampa

Et mon histoire est courte.

Pour aller du lit où je dormais,

Jusqu'au jardin où je repose,

Il ne m'aura pas fallu un an.

 

Toi le jardin, je te connais

Dans tes moindres recoins.

Hier encore, je t'ai prêté un os,

Aujourd'hui, je te donne les miens.

 

Je m'appelais Sampa...

Et j'étais chien bâtard.

Georges Chelon



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04 janvier 2016

Pour se consoler d'être lundi

Un jour le Grand Jardinier me confia
Une plante d'une qualité très rare, et très belle;
Je reviendrai la chercher, dit-il en souriant;
Soigne-la bien, en la gardant pour moi.

J'en ai pris soin, et la plante a grandi,
Elle a donné une fleur aux couleurs rayonnantes,
Belle et fraiche, comme l'aurore au printemps.
Mon âme était radieuse, mon bonheur sans égal.

De toutes mes fleurs, elle était la plus glorieuse,
Son parfum, son aspect étaient merveilleux;
J'aurais voulu la garder, tant mon coeur s'y était attaché
Pourtant, je savais qu'Il reviendrait la chercher.

Et voici, Il est venu un jour me demander
La jolie plante qu'Il m'avait prêtée...
Je tremblais! mais c'est vrai qu'Il m'avait dit
Qu'un jour Il reviendrait pour me la réclamer.

"C'est parfait", dit-il en respirant son parfum
Alors, en Se penchant, Il a parlé doucement:
"Si elle reste dans ce sol, elle va perdre sa splendeur,
Je veux la transplanter dans mon jardin Là-haut."

Avec tendresse, il la prit et S'envola
Pour la planter Là-haut où les fleurs ne se fânent pas:
Et un jour futur, dans ce Jardin de Gloire,
Je la retrouverai épanouie, et elle sera mienne. 

Poète inconnu

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25 décembre 2015

Joyeux Noel

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Noël

Tant l’on crie Noël,
Qu’à la fin nous vient.
Tout mon coeur appelle
Noël, Noël !
Tout mon coeur appelle
Tant il se souvient.

Dame neige est en voyage
Sur les routes de l’hiver ;
Les oiseaux du voisinage
Se sont enfuis par les airs.

Seul, le rouge-gorge appelle
Avec sa fluette voix ;
Il fait : Noël, Noël !
À tous les échos des bois.

Tant l’on crie Noël,
Noël, Noël !
Tant l’on crie Noël
Qu’enfin on le voit.

L’espérance est en voyage ;
Dans les bois flambe le houx ;
Le petit enfant bien sage
Rêve au bonhomme aux joujoux.

Tant l’on crie Noël,
Noël, Noël,
Tant l’on crie Noël
Qu’il s’en vient à nous.

Fagus ("Le sacre des innocents" - 1927)

 

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18 octobre 2015

Sunday

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Jour pluvieux d'Automne



Une feuille rousse 
que le grand vent pousse 
dans le ciel gris-bleu,
l'arbre nu qui tremble 
et dans le bois semble 
un homme frileux,

une gouttelette 
comme une fléchette 
qui tape au carreau,
une fleur jaunie
qui traîne sans vie
dans la flaque d'eau

sur toutes les choses 
des notes moroses,
des pleurs, des frissons,
des pas qui résonnent:
c'est déjà l'automne
qui marche en sifflant sa triste chanson.

                       Michel Béau 

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27 septembre 2015

Premier dimanche d'automne

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Chanson d'automne

À Charles Henry

Sur le gazon déverdi, passent - comme un troupeau d’oiseaux chimériques - les feuilles pourprées, les feuilles d’or.
Emportés par le vent qui les fait tourbillonner éperdûment. -
Sur le gazon déverdi, passent les feuilles pourprées, les feuilles d’or. -

Elles se sont parées - les tristes mortes - avec une suprême et navrante coquetterie,
Elles se sont parées avec des tons de corail, avec des tons de roses, avec des tons de lèvres ;
Elles se sont parées avec des tons d’ambre et de topaze.

Emportées par le vent qui les fait tourbillonner éperdûment,
Elles passent avec un bruit chuchoteur et plein de souvenirs.
Les platanes tendent leurs longs bras vers le soleil disparu.

Le ciel morose pleure et regrette les chansons des rossignols ;
Le ciel morose pleure et regrette les féeries des rosiers et les fiançailles des papillons ;
Le ciel morose pleure et regrette toutes les splendeurs saccagées.

Tandis que le vent, comme un épileptique, mène dans la cheminée l’hivernal orchestre,
Sonnant le glas pour les violettes mortes et pour les fougères,
Célébrant les funérailles des gardénias et des chèvrefeuilles ;

Tandis que derrière la vitre embuée les écriteaux et les contrevents dansent une fantastique sarabande,
Narguant les chères extases défuntes,
Et les serments d’amour - oubliés.

14 décembre 1882

Marie Krysinska, Rythmes pittoresques, 1890

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12 juillet 2015

Le poème du dimanche

 

A l’intérieur de mon jardin


Parmi le vert
et la floraison
de toutes les plantes les plus belles
je flâne.
Je délibère ici
Je rêve par là.
L’heure s’arrête
ou plutôt s’étend pleinement,
se déplier et s’amplifier.

Ces tournoiements et ondulations soudaines
de brises d’été,
envoient tous les parfums
dans l’air chaud.
Contempler une feuille
ou le motif sur le mur
créés par des branches les plus prés.

Ces têtes-là de fleurs dansantes
exposent délicatement
toute leur gloire.

Quelle simplicité à se perdre.
Et quelle aisance à respirer
doucement.
Et quelle aisance
à avoir des pensées profondes.

Chloe Douglas, 1995

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28 mai 2015

Poème du jeudi

ROBERT DESNOS
IL ÉTAIT UNE FEUILLE
Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de coeur
Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de coeur
Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de coeur
Coeur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.
Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie.
Vignes de chance
Vignes de coeur
Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.
 

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