20 juin 2017

Bien des ciels au-dessus du septième de Griet op de Beeck

ciel

 

« J’ai trente six ans. Je me demande si les gens tirent de leur vie des enseignements. Il m’arrive de penser que je fonce chaque fois vers le même mur et que ma tête s’y heurte de plein fouet. Parfois, j’ai un autre avis. C’est ce qui s’appelle vivre d’espoir ».

 

 

 

C’est un roman qui se déroule en Belgique mais cela pourrait être à tout autre endroit.  En Flandre plus précisément mais cela pourrait être dans une autre région. Les personnages ressemblent à nous à vous dans la recherche de ce bonheur qui nous démange, parfois difficile à agripper.

 

 

Trois générations qui vivent le quotidien et qui se cognent à la joie et aussi la tristesse.

 

Eva travaille dans une prison comme aide sociale. Trentenaire, célibataire. Elle se demande pourquoi personne ne veut d’elle. Elle croit en la bonté des gens : c’est cela qui la maintient debout.

 Elle adore sa petite nièce Lou qui se confie à elle. Petite Lou en butte à la méchanceté des autres adolescents car une certaine Vanessa la snobe. 

 

Sa maman Elsie est mariée avec un médecin qui est le plus souvent absent.  En plus de Lou, elle est maman d’un garçon. Elsie grande soeur d’Eva tourne en rond dans son couple. Alors quand elle rencontre Casper un peintre qui lui est présenté par Eva, elle pense que tout peut changer. 

 

Le père JOs est un alcoolique et sa femme Jeanne ne cesse de le tancer sur cette propension à la diVe bouteille. Personne ne connait le terrible secret de JOs et cela le ronge vis à vis de son frère. 

 

 

Trois générations qui vivent leur quotidien  et il ressemble tellement au nôtre. 

 

« Je regarde dehors, j’aime les couleurs du crépuscule. Casper sait admirablement les décrire, il dissèque toutes les nuances et le formes comme seul un peintre peut en voir l’utilité. » 

 

 

Un très beau roman qui parle des petits moments qui se succèdent dans la vie et la tentation d’en extirper la poésie qui les compose. Un roman tendresse entre le rose et le gris. 

Très belle découverte.

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20 avril 2017

Le Saut oblique de la truite de Jérôme Magnier-Moreno

truite

 

 

Un livre où s’éparpillent les couleurs. Un livre qui pétille de malice et de poésie. Un livre merveille.

 

 

Jérôme Magnier-Moreno, peintre de son état,  a mis dix années pour écrire ce premier roman qui je l’espère  ne sera pas le dernier.

 

Un jeune homme qui part pêcher la truite en Corse, plus particulièrement le long du GR20. Il a rendez-vous avec Olivier qu’il avait rencontre à l’école d’architecture. Olivier qui était anxyogène à l’enseignement et qui préférait mener ses tongs sur d’autres chemins.

 

 

« C’est lui que je dois rencontrer près de Corte, car énergumène pour qui j’ai la plus grande affection parce qu’il y a, sous le tissu de névroses qui l’enserre, quelque chose de vaste, de beau et de bleu. Comme une aspiration non négociable à la liberté ».

 

 

D’Olivier, il n’en rencontrera pas le regard car il n’est pas là le jour dit. Alors tant pis, le jeune homme s’en va à la rencontre de la truite. Olivier arrivera peut-être.

 

« A milieu du paysage corse, soudain mon long fil vert fluorescent de pêcheur à la mouche se courbe et se contre-courbe, danse, se pose quelques instants sur l’onde avant de s’agiter dans les airs à nouveau. »

 

Le jeune homme quittera la Corse sans avoir vu l’ombre de son ami. 

 

 

Ce petit roman contient tout le temps qui passe, les paysages de la Corse où les yeux du peintre découvre le détail coloré, le senteurs, les rencontres, l’amitié, un peu de tout, un peu de rien. 

 

Le saut oblique de la truite titre du roman a été puisée dans les eaux d’une nouvelle de Hemingway « La grande rivière au coeur double ».

 

« D’ailleurs, il n’y a qu’à l’écouter, la Rivière, Elle me parle, je l’entends par l’éloquence de son discours fleuve. »

 

 

Un livre qui offre le bonheur et l’ivresse de la liberté. 

 

 

 

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18 avril 2017

Un clafoutis aux tomates cerises de Veronique De Bure

clafoutis

 

« Pourquoi est-ce que j’écris tout ça, au soir de ma longue vie, déroulant, le fil d’une existence banale ? Est-ce le besoin de ne pas m’éteindre complètement après que l’on m’aura fermé les yeux ? Ce n’est pas de mon âge de me pencher comme ça sur moi, d’écrire ma vieille tête et mon coeur usé. Ce sont les jeunes filles qui tiennent un journal, pas les vieilles dames. Je n’ai plus d’histoires de coeur à y coucher, je ne fais qu’y radoter, que pourrais-je faire d’autre. Ils vont bien se moquer ceux qui trouveront ce cacher après ma mort ». 

 

 

 

Jeanne a 90 ans et décide de décrire les jours qui passent durant quatre saisons. 

 

Elle se souvient de la jeune parisienne qu’elle était qui devien l’épouse de René originaire de la région de Vichy. Ils y vécurent quelques années avant de retourner dans la maison familiale , à Liernolles,  où ils vécurent avec leurs deux enfants et la satanée belle-mère qui critiquait tout de sa belle fille mais qui ne levait pas le petit doigt pour l’aider. 

 

 

Elle est veuve à présent et vit toujours dans cette maison isolée à la campagne dont les plus proches voisins sont des fermiers Fernand et Marcelle. Ils n’ont jamais quitté leur bout de terre sauf pour aller dans une ville voisine jouer à la belote partant dans la deux chevaux, Marcelle au volant. Elle sourit en repensant à la rencontre de Fernand et Marcelle. Ils se contaient fleurette dans une autre deux chevaux sous l’oeil sévère de la mère de Fernand. 

 

 

Jeanne regarde le temps qui passe. Rejoint quelques amies pour jouer au bridge mais elle appréhende de plus en plus de prendre le volant. La nuit elle ne veut absolument plus conduire. 

 

 

Tous les gadgets électroniques ou autre, il ne faut pas lui en parler. Elle n’y comprend rien et d’ailleurs, cela ne l’intéresse pas. Le temps où le facteur déposait des lettres attendues avec impatience est bien périmé. A présent, on s’écrit en SMS déjà qu’elle ne sait pas comment son GSM fonctionne. 

 

Une fois par semaine, Angèle vient faire le ménage car elle n’en est plus capable. Mais cuisiner, cela reste essentiel surtout quand les enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants débarquent. 

Quand ils repartent, elle se sent mieux car vivre à leur rythme, c’est épuisant. D’autant plus que sa fille amène son chien qui fouille les poubelles. 

 

Elle ne marche plus allègrement Jeanne, elle s’aide d’une cane pour parcourir son jardin, humer le parfum des fleurs, découvrir que les lapins lui ont bousillé ses parterres. Elle prépare une soupe pour midi, fait ses mots croisés, s’endort dans le fauteuil et sa mémoire défaille parfois mais si peu comme le jour où elle avait préparé son fameux clafoutis pour recevoir ses amies. Mais Jeanne avait confondu les tomates cerises avec les cerises. Quelle surprise lors de la dégustation.

 

 

Le printemps s’est éveillé, l’été fut chaud et orageux, l’automne et ses belles couleurs, l’hiver accompagné de froidure, le printemps peut renaitre. 

 

 

Un clafoutis aux tomates cerises ressemble à un gros Gâteau dont on savoure chaque part sans en vouloir la fin.

 

Très beau portrait si doux de Jeanne. On aimerait s’asseoir à ses côtés et regarder passer le temps et ne pas avoir peur de vieillir.  

 

 

 

 

« Apparemment, c’est devenu à la mode de se faire brûler. Eh bien tant pis, je ne serai pas à la mode. D’abord, je veux une belle messe. Ensuite, je veux qu’on me mette en terre, pas sur un bûcher. Qu’on m’allonge doucement dans une boîte en bois et qu’on m’y laisse reposer en paix le temps qu’il faudra, auprès de René. Je ne veux pas qu’on me réduise en cendres pour me fourrer dans une urne qui ne ressemble à rien ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 mars 2017

Coeur-Naufrage de Delphine Bertholon

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Comment vous décrire l’émotion ressentie en lisant ce plus que merveilleux roman ? Mission impossible car je devrais vous raconter ma vie et tous les pleurs qui se sont déversés dans le coeur à sa lecture. Ce roman que l’on espère à chaque fois, ce roman qui va vous faire comprendre. Il a fait cling. Mais là n’est pas le propos. Tout commence par un jour d’été. 

 

« Si notre relation me protège, me masque, m’évite de prendre le risque d’aimer réellement, je tiens pourtant à lui de diverses manières. J’ai pleuré pour lui, plusieurs fois. A une époque, j’ai même pensé qu’il plaquerait tout pour moi, qu’ensemble nous bâtirions un monde rien qu’à nous, sur les vestiges fumants de son couple disparu. Mais depuis l’origine, je suis amoureuse de N que par intermittence et, au fil du temps, les phases de désamour deviennent plus longues. »

 

Si la chaine de son vélo n’avait pas déraillé, si elle n’avait pas pris le chemin de la plage, Lyla n’aurait peut être jamais rencontré Joris le surfeur.

 

Deux êtres perdus qui se croisent. La mère de LYLA, est photographe, genre mère toxique. Elle ne pense qu’à plaire et prend sa fille en otage pour réaliser ses clichés, une véritable intrusion dans la vie privée de sa fille de 16 ans qu'elle expose dans les galeries.

Joris n’a plus de mère, renversée par une voiture lui a t-on expliqué. Son père l’a élevé à coup de cris et de baston mais il a appris à se taire et à vivre seul dans la maison quand l’alcoolique disparait pour quelque temps. 

 

« J’ai une vie, d’accord; mais cette vie m’a toujours semblé hors-sol, comme un jardin artificiel. D’abord j’ai grandi sans mère, ce qui constitue en soi une aberration. Depuis la nuit des temps, grandir sans père est une chose commune. A l’école, j’avais beaucoup de copains qui n’avaient pas de père. Les pères sont pareils aux oiseaux : ils migrent. Mais comment simplement exister quand on n’a pas de mère ?

J’ai été élevé par le plus grand de tous les migrateurs ». 

 

L’amour prend Lyla sous son aile, Joris peut être un peu moins mais le résultat est que  Lyla est enceinte. Elle va écrire une lettre à Joris dont elle recevra  une réponse qu’elle voulait toute autre. Elle va supporter les cris de sa mère qui ne veut pas devenir grand-mère  because fuite de la jeunesse. Elle portera ce bébé et accouchera d’un garçon qui sera né sous X. Elle lui laissera une lettre pour lui expliquer quand il sera en âge de comprendre. Juste une petite trace d’elle sa maman biologique. 

 

« Je ne l’ai pas vu, l’enfant. Pas vraiment. Je l’ai seulement entendu crier. Je me suis évanouie après » 

 

Dix sept ans plus tard, Lyla est traductrice dans l’édition, maitresse d’un homme marié. Elle flotte dans sa vie. Elle promet à son père qui a une nouvelle compagne  de venir mais elle ne se décide à rien. Sa meilleure amie se nomme ZOé, énergique en diable. 

 

« Je réalise aujourd’hui que j’ai quitté des gens qui m’aimaient trop pour des gens qui ne m’aimaient pas assez, sans jamais rencontrer celui qui m’aimerait comme il faut. Sans doute est ce ma faute, mais je ne sais pas pourquoi"

 

Joris est devenu Kiné. Amoureux fou de sa femme Camille et de leur petite Violette. Son père vient de mourir, il doit se rendre près de la plage pour mettre de l’ordre dans son ancienne maison. Il va retrouver la lettre de LYla. Lui envoyer  un texto  et…..

 

 

Le roman est un duo entre Lyla et Joris arrivés à l’âge adulte et les souvenirs de leur jeunesse, de leur rencontre, de leur vie. Le présent peut il transformer le passé ? Vaste question...

 

Je n’ai qu’un souhait, que vous le lisiez. Ce n’est pas une pépite, c’est une perle.

 

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03 mars 2017

La libraire de la place aux Herbes de Eric de Kermel

livre

 

 

Nathalie quand elle découvre que la librairie de la place aux Herbes est en vente n’a plus qu’une idée : l’acheter. Son mari Nathan architecte est d’accord. Elle quitte donc son métier d’enseignante et change tout à fait de vie.

 

Elle va devenir Passeuse de livres et former des liens entre elle et ses différents clients.

 

Que dire de ce livre ? Qu’il est gentil tout simplement. Un monde de bisounours où la libraire raccommode des personnes qui ne se voient plus, elle aide une cliente à accepter sa grossesse, elle tombe même amoureuse mais en rêve bien sur….

 

 

Le roman est basé sur l’affectif que les lecteurs ont par rapport aux livres ainsi que le relationnel entre une libraire et ses clients. Et l’on tombe dans un roman style Jeannine Boissard. Auteur que j’apprécie mais dans ce cas ci c’est un échelon en dessous.

 

Il n’y a qu’une ombre au tableau : Nathalie est en conflit avec sa fille qui ne veut plus la voir mais rassurez vous, tout finira bien.

 

Si vous avez envie de découvrir Uzes, vous serez charmé par la description de cette petite ville du sud. 

 

J’ai abandonné en cours de lecture. 

 

Par contre, chaque chapitre est précédé par une illustration de Camille Penchinat et là c’est un point positif. 

 

 

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28 février 2017

Chère Brigande de Michele Lesbre

brigande

 

 

Attirée dans une soirée, par une femme seule à la longue chevelure rousse dont personne ne connait l’identité, le jour où elle découvre une sdf à la chevelure rousse, installée devant une boutique, l’écrivain est persuadée que c’est la même personne.  Tentative de communication mais la femme ne répond pas, comme si elle était en dehors de toute cette société qui l’entoure. Libre d’être ce qu’elle désire.

 

Un jour  la femme a disparu juste une inscription « où es tu Marion » sur le mur où elle s’adossait. Pour continuer cette rencontre , partir à la recherche de la rebelle rousse Marion du Faouët, là bas à Quimper où elle fut pendue en 1755. Marion pour s’accrocher au vent face à la pesanteur. 

 

« Puis elle a disparu. il m’a semblé qu’avec elle disparaissait cette mise en garde qu’elles représentaient, elle et toute cette humanité échouée sur les trottoirs de la ville. Nous aurions un jour des comptes à rendre ».

 

 

Suivre les traces de Marion dans les rues de Quimper, suivre les traces de ces moments du passé accompagnée du souvenir d’une histoire intime. 

 

Marion la rebelle qui ne voulait pas apprendre à lire ni écrire. Marion qui préfère s’amuser. Tu vas rencontrer Henri l’homme de ta vie. Mariage, enfants. Cela ne t’empêchera pas de créer ta bande de brigands pour venger les pauvres que le riches piétinent de leur mépris. Ta liberté on la pendra au bout d’ une corde. Tu ne rentrais pas dans les normes, pourquoi s’embarrasser d’une telle femme ? 

 

 

 

Michele Lesbre écrit une longue lettre à Marion Du Faouêt, lui rappelant la vie qu’elle a menée du temps où la Bretagne hurlait  famine. Elle lui raconte son face à face avec cette SDF qui ne peut être qu’un lien entre elles. Ces autres femmes qui ont lutté pour vivre comme elles l’entendaient. Ces femmes qui se sont insurgées contre  le rôle que les hommes désiraient les voir endosser.

 

« J’avais six ans quand les femmes ont pu voter pour la première fois, en 1945 ! Le droit à l’avortement ne sera reconnu qu’en 1975, grâce au courage de Simone VEIL qui le défendit sous les huées de nombreux parlementaires. Mais il faut sans cesse veilleur sur nos conquêtes, elles sont fragiles. »

 

Tenter de comprendre ce monde qui s’est changé en ce maelström de misères qui parsèment nos bonnes consciences. Tenter de ne pas désespérer. Tenter de serrer la liberté pour qu’elle s’envole plus haut encore et encore. Ne pas se laisser piétiner….

 

 

Première lecture de Michele Lesbre dans ma vie de lectrice et quelle lecture ! Une lettre sublime qui m’a remuée.  Trouver les mots justes, si difficiles. Un tout petit livre, une pépite. Soyez libre….

 

 Une autre avis la magnifique lettre de Sabine 

 

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27 février 2017

Presque ensemble de Marjorie Philibert

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Dans cette chronique, je vais déroger à ma synchro sainte règle de ne pas parler d’un livre que j’ai abandonné.  Mais parce qu’il fait partie des 68 premières fois, je me lance.

 

 

12 juillet 1998, finale de la coupe du monde où la France affronte le Brésil. Nicolas qui aime la foule unie dans l’amour du foot, se rend dans un bar où il va rencontrer le destin amoureux : Victoire. 

 

Première nuit et ces deux là s’embarquent dans une vie amoureuse qui ressemble à celle de deux êtres qui se sentaient seuls et puisque l’autre est là, pourquoi pas ?

 

Ils terminent leurs études. Victoire a une amie et Nicolas un ami qui vont également se mettre en couple. 

 

Etudes terminées, il faut chercher un travail mais sans grande passion.

Nicolas est sociologue et va trouver du trouver dans une société qui traite de faits de société. Victoire, quant à elle, est prise comme voyageuse dans des grands hôtels et doit en faire une critique élogieuse pour une revue de voyages. 

 Leur vie de couple est très calme.  Un petit appartement.  Une vie de couple sans grand désir et parfois cette peur en voyant la misère que cela ne leur arrive.

 

Un temps, ils adoptent un chat qui disparait vite de leur vie apparemment. Ils ne sortent presque plus, en totale symbiose. 

 

Ils commencent à s’ennuyer ferme dans leur train train. 

 

Nicolas va tromper Victoire avec une collègue et Victoire va tromper Nicolas durant l’un de ses voyages. 

 

C’est là que j’abandonne car l’ennui du couple m’a totalement envahie. 

 

 

C’est un roman très bien écrit, que j’ai apprécié au début mais ce manque de bonheur, ce manque d’émotion et ce manque de poésie qui n’illuminent pas les pages m’ont laissée sur ma faim.  Aurais- je du persister et continuer ma lecture ? C’est possible que j’y aurais trouvé ce que je cherchais. 

 

Un portrait d’une génération qui a un moment m’a fait penser aux Choses de Perec. Même genre d’analyse mais d’une autre génération. 

 

Ce roman plaira certainement à d’autres lecteurs et lectrices et tant mieux car un livre touche de façon différente chacun et chacune. 

 

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23 février 2017

La téméraire de Marine Westphal

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Dès les premiers mots, je savais que ce roman percutant avait gagné son pari.

 

Dans un pavillon qui ressemble à un cube, une pièce apparemment en désordre. Une femme avachie dans un fauteuil et le lit qui trône au milieu de la pièce de séjour. Dans le lit, le corps d’un homme victime d’un AVC. 

 

« avant c’était la pièce à vivre » 

 

Lo Meo et Sali sont mariés depuis plus de trente ans. Le couple qu’ils forment a donné naissance à une fille et un garçon. 

 

Lo Meo aime la nature. Son métier est de préserver cette nature intacte. Il maintient les sentiers en état et surveille les randonneurs. C’est en octobre que s’est arrivé. Il discutait sur les hauteurs du lac l’Oredon . Il discute avec un collègue de leur travail et en une fraction de seconde c’est la chute dans un autre monde.

 

Il va rester quelques mois à l’hopital mais il vit sans les machines donc il peut retourner  à la maison. 

 

Aidée de deux infirmières, Sali veille sur lui. Espérant jour après jour, nuit après nuit, un signe, un geste infime d’un doigt, un clignement de paupière qui lui ramène son Bartoloméo tel qu’il était avant.

 

Leurs enfants sont complètement perdus face à ce père. Maia se noie dans l’alcool et danse avec des corps inconnus. Gabin est figé dans sa peine.

 

Sali contemple son mari et peu à peu une idée germe en elle. S’il doit mourir, ce sera dans un endroit qu’il aurait aimé. Elle reprend des forces pour accomplir son magnifique geste d’amour.

 

 

Marine Westphal est infirmière et nous raconte non pas de manière chirurgicale mais poétique ce bouleversement du corps lors d’un AVC. 

 

 

« C’est une poussière  qui se perd dans l’espace et vient percuter le destin, comme une aiguille  un ballon d’anniversaire. Poc »

 

Comment vit-on l’état végétatif de l’homme qu’on aime ? Sali ne peut le supporter mais son amour est si grand qu’elle va accomplir ce que certains se refuseraient. 

 

 

Ce premier roman, je l’ai lu dans le cadre des 68 premières fois mais je l’avais déjà choisi auparavant car le thème m’intriguait.   

 

Un premier roman écrit avec des mots dans toute leur simplicité et qui nous entraine dans une danse d’émotions. Marine Westphal nous met face à face avec la maladie, en tout humanisme.

Premier roman qu’il ne faut pas manquer de lire.  

 

On le referme avec un uppercut au coeur.

 

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09 février 2017

Une femme au téléphone de Carole Fives

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Une mère telle que Charlène, il faut du cran pour la supporter. La soixantaine, seule dans la vie, elle ne cesse de téléphoner à sa fille. A toute heure. 

 

Pour lui annoncer qu’elle s’est inscrite à Meetic, se plaindre de tout et de rien. Un jour son fils l’énerve, l’autre jour il a toutes les qualités. Et puis elle l’écrivain, il faut y mettre du sien pour connaitre le succès, d’ailleurs elle a quelques idées de romans en tête. Bref, la mère super envahissante. 

 

Même quand elle on lui annonce son cancer, pas de perte d’énergie. Elle se rase la tête avant que les cheveux ne tombent et hop un perruque blonde. Elle n’arrête pas de fumer, pourquoi ? elle a déjà ce foutu cancer, on ne vas pas encore la chicaner  sur ça. 

 

Elle passe son temps à raconter au téléphone tout ce qui se déroule à l’hôpital. 

Quand elle retrouve sa maison, elle décide de peindre à tout vent. Mais oui j’ai peint du Matisse, comment cela pas du Matisse ! Picasso peut-être. 

 

Et zou, embarquée à l’hôpital psychiatrique. Sus à sa bipolarité. Et re appel téléphonique pour démontrer à quel point les gens sont bizarres dans ce genre d’endroit mais qu’on y est si bien. 

 

 

Re retour à la maison. La fille de son frère est insupportable. Sa belle fille enfin bref c’est sa belle fille. 

 

Et à nouveau recherche sur le net dans les sites de rencontre après l’homme , enfin l’homme car ma petite après cinquante ans il faut ramer.

 

 

Sans oublier la copine Colette qui parfois n’en peut plus et c’est la rupture très brève il faut bien l’avouer. 

 

Et voilà que sa fille, l’auteur, attend famille.  Tricoti tricotons.

 

« Allo, tu ne dors pas au moins ? Ca y est ils sont repartis, oh là là, quelles histoire. Qu’ils ne reviennent pas ici avec leurs gamins. Ca gueule, ça débranche les perfusions, ça saute sur le lit, ça se met des piqûres  dans le nez….Mais je suis calme, je suis calme, je tricote. Je termine ton pull, au moins si je meurs tu pourras porter quelque chose que je t’ai fait, il ne me reste que l’encolure et les finitions ». 

 

« C’est à quelle heure déjà ? Il faut vraiment que ça soit toi pour qu’on mette France Culture ! Tu stresses parce que tu passes à la radio ? Mais il n’y a pas de quoi. Tu te fais un monde avec ça alors que personne n’écoute. C’est pas RTL tout de même »

 

Un livre tragico comique qui amène le rire mais on n’ose imaginer ce que ressent la fille au bout de la ligne :   la colère, de l’angoisse et de la colère suivant les réponses de la mère. 

 

Et ce fond de tendresse  qui traverse l’humour. La mère raconte son enfance qui n’a pas été aussi heureuse que celle de ses petits enfants. Une mère qu’elle détestait. La séparation d’avec le père qu’elle adorait. Et cette solitude quand les enfants sont partis et qu’ils ne viennent pas vous voir assez souvent. 

 

Faut s’accrocher quand on  a une mère de cet acabit. 

 

A lire de toute urgence si vous êtes en perte de moral.

 L'avis de Cathulu

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07 février 2017

Ma mère du nord de Jean Louis Fournier

mère

 

« Notre mère n’a jamais eu de chauffeur. Elle a toujours été aux commandes. C’est elle toute seule qui a dû conduire sa vie, et la vie des autres. Elle n’a jamais pu compter sur son mari, il était irresponsable. C’est elle qui a tenu le volant toute la route. 

Elle a conduit prudemment. Elle devait faire attention, derrière, il y  avait quatre enfants et, dans le coffre, un mari qui ronflait. 

Elle nous a menés à bon port ».

 

La maman de Jean Louis Fournier est née de vieux parents, élevée dans l’encens. Pas très gai comme enfance certainement. Rue de la Paix à Arras. Elle y passera une grande partie de sa vie, à peine mariée, elle y reviendra avec des enfants. 

 

Elle va suivre des études de lettres et obtiendra un poste de professeur en Français à Lens.  

 

Et comme de bien entendu, elle rencontre un garçon mais ce ne sera pas celui là l’heureux élu. Non ce sera Paul le médecin. L’avenir lui semble si beau aux bras de cet homme. 

C’est à Calais que l’auteur voit le jour mais son père se sent à l’étroit. Direction l’Artois où Marie -Therèse va vite comprendre qu’elle a épousé un alcoolique. Alcoolisme connu de tous mais caché par tout le monde. 

 

Après la naissance des deux frères, installation à la case départ : rue de la Paix à Arras avec la grand mère qui y garde un appartement en compagnie d’une de ses filles.

 

La maman de Jean Louis Fournier était une rêveuse. Elle aimait jouer du piano, regarder un tableau, découvrir. Elle aurait pu être heureuse, si heureuse mais elle avait épousé la mauvaise personne. 

 

Une soeur est née 14 ans après l’auteur : Catherine. Elle n’as pas connu son père longtemps car il est mort dans la trentaine.

 

Marie Therese aurait peut-être pu refaire sa vie. Ce ne fut pas le cas. Elle aurait tellement voulu qu’on s’occupe d’elle mais les enfants ayant leur propre vie…

Elle était adorée de ses petits enfants. 

« Je pense à ma mère, à ses longues soirées d’hiver, à ses longues années de solitude.

Dans le tourbillon de la jeunesse, on ne sait pas que ça existe, on comprend plus tard. Maintenant, je sais ce que veut dire le mot solitude. J’ai de plus en plus besoin de mon chat »

 

 

Superbe portrait de la maman de l’auteur mais les fils ne reviennent-ils pas toujours chez leur maman après leurs mauvais coups  ? Et ce fut le cas de Jean Louis Fournier qui lui en a fait voir à Marie-Therese.

 

Superbe message d’amour entouré d’humour.

La mère du nord n’est pas loin de la mer du nord car chaque chapitre est bordé par une évocation des effets naturels.

 

Un portrait très émouvant.

 

L'avis de Cathulu

 

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