24 juin 2019

Les mémoires d'un arbre de Carole Zalberg

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Comme lectrice, je suis indéniablement amoureuse de l’écriture de Carole Zalberg. 

 

Mais son premier roman en était-il déjà le reflet ? Dès les premiers mots, j’ai été bluffée par cette écriture qui était déjà si belle. Comme l’arbre, elle a changé bien évidement au cours des années, ses bourgeons se sont développés mais quelle maturité déjà.

 

Ce roman a été édité il y a 17 ans. Carole Zalberg pensait déjà à l’arbre comme un être vivant, ce qui est devenu évident de nos jours. Son futur de l’humanité est tellement visionnaire. Je suis admirative.

 

A travers les mémoires d’un arbre, on découvre outre la vie de cet arbre, le regard qu’il porte sur ce qui l’entoure mais surtout des humains qui viennent s’abriter contre lui avec leurs joies, leurs peines, leur désir.

 

Agé de vingt siècles, il a assisté tout petit à la cupidité des hommes, à ce désir d’avoir toujours plus et la destruction que cela implique,. Il a affronté la colère, il a été  le témoin de jeux d’amour entre deux poètes, il a laissé tomber l’un de ces fruits pour qu’un savant comprenne. Certains on gravé des mots dans son écorce, d’autre y ont sculpté un corps. Il est là toujours droit. Des musiciens se sont installés sous son ombrage. 

 

En tant qu’arbre, sa vie n’a pas été facile. Il fut l’un des rares rescapés d’une tempête. Il a vu le béton, les villes grandir. Il a frissonné en écoutant la musique Il s’est retrouvé tout seul sur une place. 

 

Il a entendu raconter ces trains qui arrivaient nulle part avec les humains à bord. Il a vu l’humanité se détruire.

 

Au fil des siècles, bien sur qu’il a vieilli, Il ne produit plus de fruits, ou si peu. Ses branches ressemblent à des bras décharnés mais il tient bon. Il sait que l’homme se relèvera toujours. 

 

« Malgré tout je tenais encore droit. Mes racines continuaient à fouiller le sol aussi profondément pour y puiser les sucs nécessaires à ma substance. Elles étaient aussi l’ancre  enfoncée loin dans la terre pour m’y arrimer solidement »

 

J’ai lu ce roman sous les arbres. Je l’ai terminé dans le train et j’ai regardé les arbres derrières les vitres. Souvent je me demande ce que le chêne en face de ma maison a bien pu voir en tant d’années. Donc je ne pouvais qu’aimer ce livre. 

 

Bref un coup de coeur. Entre ce roman et "où vivre", le chemin de l’écriture a changé bien évidement mais les pousses étaient déjà si belles. 

 

 

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08 avril 2019

Moi, Marthe et les autres d'Antoine Wauters

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Nul ne sait dire, ce qui est arrivé. L’ancien monde n’est plus que loque. 

 

Ils vivent en groupe dans ce qu’ils nomment une grotte. Combien sont-ils ? Assez nombreux apparemment.

 

De cet ancien monde, le Vioque leur à laissé des refrains de Johnny Hollyways. Il leur a raconté les magasins bourrés d’articles, la foule mais eux ont difficile à imaginer. Le Vioque n’est plus là mais il leur quand même appris à lire et à compter.

 

Quel âge ont-ils ? De jeunes adolescents ? De jeunes adultes ? On ne sait pas. 

 

Il y a le conteur, grâce à qui on comprend leur vie. Ils cherchent à manger dans le vieilles ruines. Ils se cachent des autres. Et ils sont cannibales oui cannibales. Il faut survivre.

 

Il n’y a pas de Dieu dans ce monde. Ils enterrent les corps la tête vers le bas pour que le coeur dans la terre puisse à nouveau revivre. Et ils forniquent femmes hommes, ils forniquent. Surtout Marthe car elle prétend qu’il faut un bébé pour continuer. Un bébé c’est le renouveau.

 

Ils décident de fuir Paris car cela craint de plus en plus, voir la mer et naviguer vers une île. Car là bas, tout est peut être différent.

 

 

Ce roman est constitué de petits récits de vie, très courts mais très denses.

 

Tout ce qui compose notre monde actuel a été détruit et c’est avec humour que les mots sont déformés parce que les lettres se décomposent. 

 

On découvre des êtres qui évoquent les premiers hommes. Ne nous leurrons pas, nous descendons de gens qui ressemblaient à Marthe et les autres. 

 

Ce qui me frappe dans ce roman, c’est l’espoir, l’espoir qui reste même dans l’horreur. Car ce groupe veut vivre, désire un futur. Ils doivent continuer. 

 

Et puis cette poésie qu’Antoine Wauters distille sous la forme d’un papillon comme un conte. C’est si beau.

 

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01 avril 2019

A happy woman de Fanny Chiarello

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Fin 2017, Fanny Chiarello s’est envolée vers New York ayant obtenu une bourse de résidence littéraire. Son objectif est de rencontrer Meredith Monk, avant gardiste dans tout ce qu’elle entreprend : musique, théâtre, etc.

 

C’est le récit de rencontres. Celle qui est essentielle pour Fanny Chiarello et également chacune et chacun des êtres qui côtoient Meredith au jour le jour.

 

Alors Fanny  note dans un carnet. Elle note la manière dont l’appartement de Meredith est agence.  Et elle qui prend le métro ne peut s’imaginer que l’artiste le prend également. Quelle est le quotidien  de cette artiste en réalité ?

 

Le livre est donc composé du journal de bord de Fanny qui décrit les répétitions, cette frontière qui peut parfois se ressentir quand on ne fait pas partie d’un groupe surtout quand on parle pas parfaitement l’autre langue.  

 

Une autre partie relate les questions posées à Mérédith et qui répond aussi bien sur son activité artistique que sur sa vie un peu plus personnelle. 

 

Sans oublier les photos qui parsèment les pages.

 

 

 

On retrouve avec bonheur l’écriture de Fanny Chiarello et sa sensibilité à l’extreme. Sensibilite que l’on peut retrouver sur son blog à travers ses photos car en plus d’être écrivain, elle est une merveilleuse photographe. 

 

Meredith Monk je n’en avais jamais entendu parler comme beaucoup je pense mais Fanny Chiarello nous donne  envie de partager cette émotion qu’elle ressent en regardant et écoutant Meredith.  Car l’auteur est également fan de musiques diverses. D’ailleurs elle avoue à Meredith que certains de ses amis lui disent d’arrêter quand elle leur fait écouter cette dernière. 

 

Ce que j’ai apprécié ce sont les descriptions du travail artistique, la manière dont elle perçoit chaque personne et puis cet échange entre un auteur et une artiste concernant l’art du chant, leurs échanges sur les collaboratrices qui entourent Meredith.

A vous de le lire à votre tour...

 

 

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27 mars 2019

Doggerland de Elisabeth Filhol

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Doggerland, un nom donné par les geologues à ce morceau de continent qui reliait l’Angleterre à l’Europe il y a plus de 8000 ans et qui disparu suite à un tsunami.

 

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"Le Doggerland est une enclave mésolithique dans l'époque moderne, qu'on est quelque'uns à faire revivre, et c'est bien notre époque qui nous en donne les moyens. Notre travail ne fait que prévenir la disparition de l'information, par des relevès, des prélèvements, la collecte de certains matériels. C'est la même chose à terre. Tu construis un parking, tu perces une autoroute, un canal de grand gabarit, les travaux sont suspendus ou ralentis, le temps des études, mais  c'est une course contre la montre. Puisqu'à terme tout ou presque sera détruit."

 

 

Margaret l’étudie tant et plus. Stephen son mari lui est créateur d’un parc éolien. 

Ils vivent tous deux à Aberdeen, enfin non loin. Parent d’un fils de 20 ans David.

 

La vie coule paisible et pourtant la tempête prend son envol. Naturelle autant qu’émotionnelle.

 

Xaver enfle sur la mer du nord. Le frère de Margaret l’observe lui le météorologue. Que va t-elle détruire ?

 

Stephen et Margaret doivent se rendre à Esbjerg pour des conférences colloques entre collègues. 

 

Margaret est abasourdie d’apprendre que cet homme qu’elle a aimé Marc, le français, y sera. 

 

Marc qui suivait les mêmes études, à St Andrews,  que Ted, Stephen et elle-même, a décidé qu’il ne resterait pas. Qu’il partait au Gabon travailler pour une firme pétrolière. Marc qu’elle aimait si fort, a disparu de sa vie il y a 22 ans.

 

La tempête fait rage tandis qu’ils se rendent à ce rendez-vous. 

 

 

 

« Aujourd’hui elle est dans la gratuité et lui dans l’argent sali, noirci des milliards de tonnes d’hydrocarbures partis en fumée, elle dans le désintéressement de l’oeuvre universitaire et l’engagement pour les générations futures à consolider le lien au passé, quand l’avenir qu’il contribue à leur construire n’en tient pas compte ».

 

 

Doggerland, je n’en avais jamais entendu parler. Et pourtant ce territoire git toujours au fond de la mer du nord.  Des troncs d’arbres en témoignent. Les humains vivaient également sur ce territoire englouti.  

 

 

C’est un véritable coup de coeur. De ce roman, j’aime l’écriture, l’histoire, les personnages. Je sais déjà qu’il fera partie des livres que je relirai donc il a sa place dans mes trésors.

 

En ce temps incertain que nous vivons face au climat, c’est un hymne à la terre, à la mer du nord,  à la nature, à la non désespérance, une dénonciation des causes de cette catastrophe qui s’annonce. Mais surtout, une description du passé de la planète bleue qui nous démontre bien qu’elle n’est pas inerte mais que dans les profondeurs elle craque, se fissure, se remodèle, se régénère, et que l’homme à tendance à l’oublier. 

 

Le dernier chapitre est …je n’en dis pas plus.

 

 

 

 

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21 février 2019

L'île où rêvent les nuages de Jean-Michel Bénier

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«  Je dis à la jeune femme qu’elle est la première personne que je vois lire depuis mon départ? C’est long à expliquer le Jura, l’est de la France, la frontière Suisse, Genève, Lausanne, les montagnes enneigées, les capitales Strasbourg, Paris, Bruxelles, Edinburgh. Les Hebrides en hiver, les voyage responsable. Je m’exprime sans élégance, je baragouine, je suis ému. Elle ne comprend pas tout. Elle s’étonne. Je me permets de lui demander le titre de son livre. Elle me montre la couverture. 

Elle lit 1984 de Georges Orwell »

 

 

Partir du Jura de son enfance jusqu’à l’île de Jura où Georges Orwell se réfugiait.

Redécouvrir les montagnes que l’on a parcourues du temps de sa jeunesse pour se diriger vers un lieu hérissé de vagues.

 

Carnet de notes, jamais seul car les écrivains le suivent par delà les mots. Flaubert, Tesson, Orwell…ils sont là et décrivent également. 

 

Partir mais pas en avion, partir en train, en ferry, en car, en bateau. Partir et déjà imaginer le prochain roman.

 

Retrouver cette femme navigatrice qui fera partie du roman tout en se demandant si elle est réalité ou inventivité.

 

Partir sur les traces d’Orwell, sur cette ile où les nuages revent, où les cerfs abondent. 

 

Observer les humains qui vous entoure, constater que peu de livres sont blottis dans les mains mais que les doigts ne cessent de tapoter des mots qui n’ont pas de sens. 

 

Partir pour se fondre dans la nature.

 

 

Comment définir  ce magnifique livre ? Il oscille entre le cynisme lors des descriptions de cette société où nous vivons et la poésie offerte par l’horizon. 

Il est rempli de mots d’autres auteurs et de photos si belles.

Un beau voyage qui donne envie de manger les nuages et de relire Orwell.

 

 

« Deja, je comprends, ce ne sont pas les nuages qui fuient, c’est l’île elle-même qui cherche à l’horizon un port où accoster. »

 

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08 février 2019

Kiosque de Jean Rouaud

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Cher Monsieur Jean Rouaud,

 

 

Je vous dois des excuses oh de grandes excuses car je vous ai abandonné très vite sur le chemin des lectures.

En 1990, je tenais votre roman qui avait obtenu le prix Goncourt dans les mains, j’en vois encore la couverture blanche. J’ai mis du temps à l’ouvrir, j’en ai lu le début et puis abandonné. Où est-il ce roman à présent, surement perdu dans mes déménagements. 

1990-2018 et nos chemins se croisent à nouveau. Aurais-je honte de dire que j’ai pleuré en refermant votre nouvelle parution Kiosque. Peu m’importe que l’on me trouve stupide, votre sensibilité, votre humanité, votre manière de regarder les autres m’a tout simplement émue. 

 

Qu’auriez vous penser ou écrit sur la jeune femme que j’étais et qui aurait pu vous acheter un journal au kiosque que vous teniez tout en rêvant d’être écrivain. 

Qu’auriez vous écrit dans votre petit carnet de haïkus ? Jeune femme banale, cheveux courts, balade sa timidité. Mais qui sait, aurais-je osé vous raconter une partie de cette vie que j’ai vécue et que vous n’auriez imaginé et que personne d’ailleurs n’imagine. 

 

Dans le kiosque entre 1983 et 1990, vous avez vendu des journaux en attendant qu’on reconnaisse enfin votre talent. Vous avez croisé des vies de toutes sortes, pochardes, honiriques, artistiques, juives, truculentes, tristes, et vous les avez aimé ces vies. Sans oublier vos comparses P et M qui étaient tout un roman à eux seuls. 

 

Comment imaginer que c’est une photo passée qui a changé le cours des choses ? Une simple photo. Un fil qui se lie et tout devient possible. Oui vous êtes devenu écrivain. 

 

Entre vos pages, vous déchirez l’emballage de votre vie, vous décortiquez les raisons de votre envie d’écrire. A trente six ans vous n’avez aucun futur puisque sans travail vraiment tangible, la société vous considère comme un paumé. Paumé à travers le regard de la société oui mais tellement sensible à tout vie que vous apercevez. 

 

 

A travers ces quelques mots, je voulais vous remercier car c’est le roman d’une jeune femme qui a décidé que mon futur je le voyais tout autrement et la lecture de Kiosque m’a confortée dans ce choix. Une femme, un homme, un bon équilibre.

 

Merci Monsieur Jean Rouaud.

 

« Car la question qu’on pouvait poser aux maitres du temps qui jamais ne s’étaient confrontés au récit étaie cell-ci : comment pouvait-on ignorer le monde à ce point ? Par quel aveuglement narcissique en était-on parvenu à le réduire à un bruit de fond, à une composition de phonèmes. Or je le voyais arriver de partout, le monde, qui par vagues, et certaines lointaines, battait contre notre kiosque du 101 rue de Flandre. Un monde grouillant, multiple, souffrant, vaillant, avec ses cortèges d’histoires à n’en plus finir , et le plus souvent à pleurer <…> »

 

 

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01 octobre 2018

Un homme doit mourir de Pascal Dessaint

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Avant de vous chroniquer ce livre, sachez que chaque héron qui apparait à l’horizon est associé dans mon petit cerveau à Pascal Dessaint cet amoureux des oiseaux.

 

 

J’ai savouré ce nouveau roman c’est un fait acquis.

 

A travers le portrait de personnages principaux Pascal Dessaint nous schématise ce que notre monde est devenu.

 

Boris, naturaliste et donc aimant la nature, est pourtant employé par une société qui contre expertise l’avis de l’expert qui pourrait ne pas aller dans leur sens. Bon bref, Boris travaille pour obtenir l’aval de cette décharge dans les landes. Pourtant Boris n’est pas un mauvais bougre : il loge dans un gîte tenu par des écolos et il s’accorde du temps pour écouter Pepe qui va créer une Zad. 

 

Pepe à l’arme idéale contre la non implantation. Une petite chose qui vole. Une libellule. 

 

A l’opposé de Boris, Alexis. Il se dit forestier. En fait, il fait abattre  des forets tout en sachant la catastrophe écologique que cela peut provoquer. Il s’en fout. Il pense argent mais beaucoup moins que son ami Raphael qui lui a érigé et fait venir par hélicoptère une villa sur une dune qu’il a complètement arasée, rien que pour la vue. Villa bâtie avec l’accord de la municipalité : l’argent achète tout. 

 

Tout en survolant telle la libellule de son écriture, ce chaos mondial, Pascal Dessaint ne nous lance pas de grandes phrases : révoltez-vous, non plus calmement, il nous fait comprendre qu’il ne faut jamais perdre espoir et que chaque petit chose, meme si c’est un insecte, mérite que l’on se mobilise pour lui. Observez, regardez et résistez. 

 

Très très bon roman, je me répète.

 

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05 septembre 2018

Eden Springs de Laura Kasischke

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Benjamin Purnell, en compagnie de Cora son ancienne institutrice, va fonder une communauté religieuse à Benton Harbor. La colonie s’appellera la maison de David.

 

Enfant Benjamin a eu une révélation. Il a entendu un voix, celle de Dieu, qui lui commandait de construire un asile pour que ceux qui le suivent soit à l’abri lors de la fin du monde. Benjamin prédit même que les disciples auraient la vie éternelle et que la jeunesse ne disparaitrait jamais, donc qu’ils vieilliraient pas.

 

Les femmes sont folles de lui, de cet être charismatique qui a des cheveux longs ainsi qu’une belle barbe. 

 

Les jeunes filles de la communauté ainsi que David sont vêtus de blancs. Les hommes sont barbus et chevelus comme Benjamin. Ils sont ce qu’on appellerait à présent Vegan.

 

A côté de la propriété acquise au milieu de vergers, il va faire bâtir une parc d’attraction Eden Springs. Succès garanti.

 

Les nouveaux disciples affluent vers ce paradis, notamment d’Australie.

 

Il possède une équipe de Basket, un orchestre. Tout est dans le meilleur des mondes.

 

Et ces jeunes filles qui dansent devant lui, pourquoi s’en priver ? 

 

Mais voilà  que l’une d’entre elle décède. N’avait-il pas prévu la vie éternelle ?

 

Il sent un vent de révolte alors il décide de marier chacune d’elle à un autre membre de la communauté.

 

Benjamin Purnell va déchoir petit à petit lui qui se faisait appeler le Roi.

 

 

 

 

Ce qui m’a intéressé dans cette lecture, c’est surtout la découverte d’une secte dont je n’avais jamais entendu parler. Il faut dire qu’elle date de 1903.  Benjamin Purnell avait bâti un petit paradis il faut l’avouer mais c’était un gourou tel qu’ils le sont tous. Vivre dans la richesse et gouter aux jeunes filles, aux toutes jeunes filles. 

 

Le roman car c’est bien un roman baigne dans une poésie telle ces jeunes femmes qui vont cueillir les fruits dans le verger, au milieu des parfums et des pétales. 

 

Eden Springs porte bien son nom. 

 

Curieuse, j’ai été recherche sur internet. Benjamin Purnell a en fait fonde cette communauté en duo avec Mary. Ils avaient été chassés d’une autre communauté. Pour fonder cette nouvelle secte, ils s’allièrent à une autre.

 

 

Mary et lui vivaient dans l’opulence tandis que ses ouailles ne connaissait que la pauvreté. Et tous les vices sexuels étaient permis. L’image archiconnue du gourou des sectes.  

 

Sa déchéance commença quand on s’interrogea sur la provenue de cette richesse.,

Et le jour où on vint l’arrêter : il était au lit entouré d’un harem.

 

La communauté qui s’était déjà divisée lors de la mort de Benjamin continua  jusqu’à la mort de Mary dans les années cinquante. 

 

On peut encore découvrir les vestiges du parc d’attraction dont Walt Disney s’inspira pour son Royaume à lui.

 

L'avis de Cathulu http://www.cathulu.com/…/20…/09/05/eden-springs-6076847.html

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03 septembre 2018

Chien Loup de Serge Joncour

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Un petit village dans le Lot, le tocsin sonne, la guerre est déclarée. Les hommes doivent partir. Pourtant un ennemi, un allemand, désire rester. Dompteur, il veut sauver ses lions et ses tigres. 

Le maire est d’accord mais il devra vivre tout là haut. là ou on cultivait la vigne, isolé de tout. 

Une maison entourée de foret ce sera son gîte. 

 

Un siècle plus tard, Lise, ancienne actrice, choisit des vacances à la nature. Grâce à l’ère du numérique, elle a pu découvrir ce ilot de paix, coupé du monde car aucun réseau ne passe là haut. Frank son mari, producteur, l’accompagne mais en grommelant. 

Quand ils arrivent dans ce lieu totalement isolé, Lise est ravie, c’est que ce qu’elle voulait. Etre loin des autres.

Frank lui, quand il constate qu’il n’y a pas de réseau meme Wi Fi, devient opressé. D’autant qu’il a des problèmes avec ses jeunes associés donc il doit absolument les joindre. 

Le couple s’installe mais Frank au contraire de Lise ne peut dormir. La foret dans les ténébres cela l’angoisse. Les bruits de bêtes l’inquietent. 

 

Et dans la nuit, il rencontre le chien-loup, qui va tout changer. 

 

 

« Les fenêtres étaient toujours ouvertes, mais le dehors désormais ne produisait plus le moindre bruit. Dans cette paix revenue, il s’assoupit, c’était une révélation pour lui de sentir cette chambre communier avec les grands espaces dans le même éther, c’était aussi troublant et doux que de s’endormir à la belle étoile »

 

 

Dans ce roman, Serge Joncour, rend hommage à toutes les femmes qui ont du continuer à vivre sans les maris en temps de guerre.  Elles ont du prendre en main toute la destinée de la communauté. Effectuer le travail des hommes. Elles n’avaient pas le choix.  Quelle admiration ! Quel amour à travers les mots où il les fait revivre. 

 

« Rien ne les effrayait, travailler quinze heures de rang ou ne pas dormir, passer les sangles pour tracter, laver le linge, cuisiner et semer, ici au village rien ne leur paraissait insurmontable à ces femmes. Sinon d’entendre gronder les lions, avec la hantise de devoir un jour les affronter. »

 

Et puis, la nature, qui nous semble si hostile nous les humains. La peur de la vie sauvage.  La crainte des animaux . Serions nous prêt à redevenir sauvage nous même. C’est là tout le sujet du roman. Quelle est la frontière entre l’homme et l’animal ? A quel moment, cela peut il basculer ?

 

Serge Joncour, nous emmène là ou il veut. Il nous trace des chemins hostiles. On appréhende la fin et elle tout autre à ce que l’on imaginait. 

 

« Il comprit deux choses, premièrement qu’il était possible de mystifier ce chien, tout observateur qu’il soit, cet animal gardait une once de crédulité dont on pouvait abuser. Mais surtout, il comprit que ce chien attendait de lui quelque chose, et ce n’était absolument pas de jouer ensemble. »

 

 

Un excellent roman qu’il faut je le répète absolument lire.

 

 

 

 

 

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30 août 2018

Un monde à portée de main de Maylis de Kerangal

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« Chêne, pin eucalyptus, palissandre, acajou moucheté, loupe de thuya, tulipier de Virginie ou catalpa, octobre passe et s’en tire, elle est confuse, suante, échevelée, rêve un nuit que sa peau est devenue ligneuse, mais produit des images, même si son panneau se distingue des autres, laborieux, toujours un peu faiblard. Jusqu’au jour où elle entend pour la première fois parler de la vitesse du frêne, de la mélancolie de l’orme ou de la paresse du saule blanc, elle est submergée par l’émotion : tout est vivant. »

 

 

Ce nouveau roman de Maylis de Kerangal, je l’attendais avec impatience. Impatience de redécouvrir son style rapide, impatience de redécouvrir ses descriptions dans lequel évolue son écriture. 

Maylis de Kerangal dans ce roman, vous entraine dans ce qu’on appelle le trompe l’oeil au point de vue artistique. Elle vous décortique les gestes, les émotions, et cogne ses mots contre le végétal et le minéral. 

Copier, rendre vivant ce que la nature nous transmet, ce que le monde nous renvoie au centre de notre iris, c’est que ce que Paula est venue apprendre dans cette école d’art Bruxelloise. Mais au début elle ne sait rien.

 

 

Paula en fait ne sait pas ce qu’elle veut de la vie. Pas celle de ses parents assurément. Alors, elle choisit l’art mais dans une école qui vous apprend à reproduire : le trompe l’oeil.

 

Elle loue un petit appartement dans une rue voisine de l’école avec un co-loc Jonas qu’elle aperçoit très rarement. De toute façon, au début, elle n’a pas besoin des autres, elle ne les voit pas. Sous l’immense verrière de la salle de cours, elle sue, elle s’enivre sous les vapeurs de thérébentine : comment arriver à copier à l’exacte tout en y introduisant son émotion ?

 

Un soir, alors qu’elle tente de reproduire un marbre, Jonas rentre et va lui expliquer cette matière minérale. Il faut connaitre son origine, les couches qui la forme. Il faut l’ingurgiter, la comprendre et alors tout coulera de source.

 

Avec une autre élève, Kate. Ils vont former un trio dans cette salle ne comptant que peu d’élèves. Lors de la création de leur travail de fin d'études, ils s'osmosent dans l'appartement de Kate. 

 

Diplome en poche , ils s’envolent tous trois sous d’autre lieux. Leur carrière débute. 

 

 

Paula découvrira l’Italie, Cineccita la capitale du cinéma, la Russie. Kate voyage beaucoup et Jonas est devenu un peintre célèbre allant même jusqu’à Dubai.

 

Quelques années plus tard, ils se retrouvent lors d’une soirée. Se reséparent. 

 

Et le plus beau cadeau de Jonas à Paule, est de lui proposer cette place qu’il a refusée concernant le projet VII de Lascaux. La reproduction de certaines peintures découvertes dans la grotte. 

 

Paula touche enfin le monde.

 

« Paula et Jonas étaient devant le temps. Le poisson au-dessus de leur tête révélait la mémoire accumulée au fond des océans, l’érosion des calcaires, le déplacement des rivières, la migration des hommes, des durées qui coexistaient avec l’état de choc du pays, la colère, la tristesse, les longueurs de journée pendant que les deux terroristes poursuivaient leur cavale mortifère ; il connectait l’histoire du monde et leur vie humaine. »

 

 

Inutile de vous dire que j’ai dévoré ce roman. 

 

Les trois moments les plus beaux selon mon avis de lectrice sont la visite de la carrière, l’éblouissement de Kate lors de sa rencontre avec la baleine et Lascaux. En découvrant un instant la grotte, Paula comprend que les peintures de la préhistoire et ces artistes qui les ont produites ne font qu’un avec notre monde présent. Ils sont nous, nous sommes eux, leurs émotions furent les mêmes, le monde du passé est notre présent et on l’oublie bien trop souvent. On n’y pense même pas. Fi du passé et pourtant tout ce que nous entreprenons dans notre présent nous a été légué par cet ancien monde. 

 

Une grande partie du roman se déroule dans un périmètre de quartier de Bruxelles.  La carrière visitée est a quelques kilomètres de ma ville. Donc vous pouvez en déduire que j’irai capter par le regard ces endroits. Bientôt pour Bruxelles en tout cas.

 

Je ne sais pas si je suis arrivée à vous faire percevoir que ce livre est tout simplement merveilleux. Qu’il faut le lire bien évidemment.

 

Je pense qu’après le succès de réparer les vivants, certains lecteurs et lectrices s’attendent à retrouver la même perception émotionnelle mais ici c’est un tout autre domaine que l’auteur explore, la vision de l’artiste, la difficulté de créer, de reproduire la sensualité, la vie. Les deux romans sont totalement différents. Il y aura de la déception pour certaines et certaines à la lecture d’un monde à portée de main et il y a aura de la jubilation pour d’autres. A vous de percevoir la beauté derrière tous ces mots.  Les deux romans sont différents  mais ils sont une continuité émotionnelle. 

 

De mon côté, j’attends avec impatience le 11 septembre pour écouter Maylis de Kerangal à Namur. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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