10 juillet 2018

Le jardin arc-en-ciel d'Ogawa Ito

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Tout commence par la main d’un petit garçon glissée dans celle d’une jeune fille. 

 

Tout débute par le regard d’une femme qui remarque une jeune fille sur le quai de la gare. Elle comprend très vite que cette jeune fille attend l’arrivée du prochain train pour mettre fin à ses jours. 

 

Izumi décide d’aller lui parler et l’invite chez elle. 

 

Elles se revoient et Izumi lui montre son paradis sur le toit de l’immeuble : un petit carré de gazon artificiel. 

 

Et ce qui devait arriver, arrive, elles tombent amoureuses.

 

Et décident de fuguer avec Sosuke, le fils d’Izumi.

 

Chiyoko déclare  qu’ à partir de ce jour, ils  se nommeront la famille Takashima.

 

Et dans les montagnes , elles vont acheter une maison, y dresser un drapeau arc-en-ciel et décider d’en faire une maison d’hôtes.

 

La famille s’agrandit par une petite Takara, car Chiyoko était enceinte.

 

A quatre, ils vont décider que leur vie ne sera faite que de bonheur. et portera les couleurs de l’ar-en-ciel. 

 

 

Un roman qui parle du chemin escarpé contre l’intolérance mais surtout nous démontre que l’amour nous mène vers les sommets colorés malgré les chutes. 

 

 

« Mais Takara est tombée à pic. Même si au début j’ai été déconcertée par ce coup porté par une vie sans contrainte, Takara à coups de pieds et de poings, a ouvert des trous d’aération dans l’espace confiné de notre famille, où elle a fait circuler l’air, c’est indubitable. Takara, c’est le poumon de la famille Takashima. »

 

« Elle avait donné au coin le surnom affectueux du Machu Picchu. Le spectacle des rizières en terrasses  étagées à l’infini ressemblait comme deux gouttes d’eau, parait-il aux vestiges du Machu Piccu sur une carte postale envoyée un jour par sa cousine. L’écolière qu’elle était alors avait rêvé d’aller voir le Machu Picchu. Elle se réjouissait de voir ce voeu exaucé sous une forme inattendue »

 

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02 juillet 2018

Des nuages plein la tête de Brice Delsouiller

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« Je ne crois en aucun Dieu, aucune religion. Les religions m’inspirent et j’ai en commun avec toutes cette quête d’absolu. Mais être agnostique est la seule manière pour moi de ne pas être esclave d’un groupe, de textes, de préceptes. J’aurais aimé croire, tout aurait été plus simple. Se laisser guider par une vérité qui structure le quotidien et justifie notre existence. J’aurais aimé croire pour avoir une vie sensée. »

 

 

 

J’avais regardé le reportage qui lui avait été consacré, lui l’homme atypique, qui passe cinq mois de l’année là haut avec le troupeau. L’homme qui a ce besoin de liberté, de marcher, de courir surtout et de hurler au ciel son bonheur ou son désespoir.

 

« Je regarde les montagnes se transformer, les touristes envahir cette terre, les chemins devenir des autoroutes, et, de loin, j’observe et continue de les parcourir en marge, en compagnie de mon cheptel et des animaux sauvages. »

 

Si vous le croisez dans les estives, vous pourriez le prendre pour un fou, un mendiant parfois. Pourtant cet homme n’est pas un idiot. Il est né de l’amour d’un père fermier et d’une mère qui adorait l’art et qui enseignait l’amour de l’art qui la guidait. Il est le maelström des deux. 

Il tient toujours la ferme familiale avec l’aide de sa compagne Catherine mais il lui faut absolument monter vers les sommets, il en a besoin. Il ne saurait pas vivre toute l’année dans cette société de consommation. Il l’apprécie mais parfois cela lui fait trop mal alors il s’évade. 

 

« Quand je suis en estive, les gens pensent que je suis vacher, donc que j’ai fait des études courtes. Mais lorsqu’ils m’entendent parler anglais ou espagnol, ils ont des yeux rond comme des billes. C’est ce contraste qui les frappe. Ma mère me disait toujours qu’il fallait être capable de passer de l’état de vagabond à celui de prince sans la moindre difficulté. La nécessité d’avoir la classe et d’être capable de s’adapter à tous les milieux. J’ai écouté. »

 

 

Là haut, il lorgne tous les travers de notre société. Il rit, il pleure. Certains s’imaginent surement que le métier de pâtre est de tout repos. Il en est loin. Mener un troupeau et les surveiller constamment durant cinq mois est épuisant. Aidé de ses deux chiens,  il fait une tournante au niveau des paquages. Pour ne pas s’isoler totalement car les ondes réseaux ne passant pas, il écoute la radio dans sa cabane. 

 

Il constate à quel point le métier de fermier en montagne se dégrade petit à petit. 

Il regarde la horde de randonneurs qui passent près de lui. Certains sympas et d’autres sans gêne. 

Il tente de survivre dans ses contradictions. 

 

« Perpétuel insatisfait, je cherche quelque chose d’introuvable. Je n’arrive pas à me contenter de ce que j’ai. Sous des abords souriants et agréables, je suis complètement sécoué. Ma vie est en équilibre sur un déséquilibre fondamental. Tout ne tient qu’à un fil. Les gens pensent que je suis un paysan mais je ne me sens pas paysan. Les gens pensent que je suis vacher, mais je ne me sens pas vacher. Les gens pensent que je suis coureur en montagne, mais je ne me sens pas coureur en montagne. Je joue un rôle, j’endosse une posture. Je n’ai ma place nulle part. Je n’arrive pas à croire. J’essaie de me mettre des oeillères, mais cela ne fonctionne pas. Je suis fatigué de vivre dans le doute, de n’avoir aucune certitude; »

 

 

« Il faut garder la foi même dans les moments les plus épuisants et être capable de se rémotiver jour et après jour.Les vaches, elles, sont dans leur élément et ne connaissent pas les coups de blues. Elles vivent dans leur vie sans se soucier de mes états d’âme ou de mes grosses fatigues. Inexorablement, elles cherchent la meilleure herbe pour la manger et marchent vers des pentes 

les plus appétissantes. »

 

 

Un livre qui va se rajouter à la pile de mes trésors. 

 

L'avis de Cathulu la terrible tentatrice

 

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20 juin 2018

La chorale des dames de Chilbury de Jennifer Ryan

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La guerre est aux portes de l’Angleterre. 

 

A Chilbury, tous les hommes sont partis et de ce fait la chorale est n’a plus lieu d’être. 

Une chorale sans homme impossible.

 

C’est compter sans les femmes qui remplacent les hommes dans tous le village donc une chorale de femmes est totalement réalisable. C’est une nouvelle venue Primrose Trent, professeur de chant, qui va insufflé le courage aux habitantes de persévérer  et de reformer la chorale.

 

Dans cette chorale, on peut découvrir Mrs Tilling, veuve dont le fils est parti pour cette maudite guerre.  Infirmière, elle ne supporte pas la nouvelle sage femme qui tente de prendre sa place dans la village.La dame timorée va se transformer en une personne qui décide de prendre des décisions. 

 

Les filles du châtelain du coin Venetia et Kytty. Chatelain qui ayant perdu son fils va combiner un horrible plan pour garder l’héritage dans la famille. Son fils ainé étant décédé et étant donné que seuls les mâles gardent la fortune, il faut absolument que sa femme, enceinte, mette un autre fils au monde. 

 

Venetia est une allumeuse et se pense la plus belle du village. Elle a décidé de faire craquer ce peintre qui habite à côté de son amie Hattie, institutrice du village et qui va devenir maman.

Sa jeune soeur Kitty rêve de devenir chanteuse. Elle écrit dans son journal tout ce qui se déroule à Chilbury.  

 

 

Un livre très agréable à lire et bourré de tendresse pour toutes ces femmes qui ont lutté durant la seconde guerre mondiale. Les hommes étant partis, il fallait que la vie continue. L'auteur s'est inspirée des récits de sa grand-mère qui a vécu dans un petit village du Kent. 

 

On découvre les petits secrets, les amours, les tristesses des habitantes. 

 

 Une organisation encourageait même tout un chacun à écrire un journal et l’organisation en publiait des extraits. J’ignorais tout à fait ce fait.

 

 

 

 

 

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29 mai 2018

La vie effaçant toutes choses de Fanny Chiarello

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Lire Fanny Chiarello est toujours un pur moment de bonheur.  Et ce dernier roman n’échappe pas à la règle.

 

Dans la vie effaçant toute chose, elle nous raconte la révolte qui gronde dans la tête de neuf femmes. Marre de vivre comme une femme, comme on doit percevoir les femmes. Marre d’être dans le carcan de ces jours qui passent selon les règles établies parce qu’elles sont femmes.

 

 

Elles ne se connaissent pas. Pourtant tout le long du livre, elles vont se croiser sans connaitre la révolte de l’autre. Neuf femmes qui sentent qu’il y a ce quelque chose qui pourraient les rendre enfin totalement heureuses. Et selon leurs désirs à elles.  Pas celui de la famille, des enfants, des hommes….

 

Atteindront-elles le but ultime ? Au bout de la plume de Fanny Chiarello, rien n’est moins certain. 

 

 

Le roman est parcouru de titres de musique, de poésie et des paysages du nord que Fanny Chiarrello connait si bien, de visions étranges de la mort, d’une chambre au chiffre 127, d’une émission de radio. 

 

 

 

Portrait de dix femmes, pourrait-on dire en fait car Rita la sdf va croiser leur route également. On ne sait pas grand chose de Rita. Est -elle folle ou non ? Peu importe. 

 

 

« Janice considère avoir en commun  avec Rita de ne pas  entrer dans la case cubique qui lui est réservée. Certes Rita rêve  d’en avoir une où se ranger à l’abri du vent, des abrutis de tarés de malades mentaux, de la gale et des araignées, tandis que  Janice rêve de dynamiter celle qui lui a été attribuée, certes Rita aspire à ce que Janice abhorre, mais de fait elles sont deux dans fantômes dans la ville, immobiles au coin des rues, le regard fixe et une révélation au bord de la conscience. Les vrais adultes, ne vivent pas cela, les citoyens équilibrés, bien intégrés n’ont pas ces occupations. Les citoyens ordinaires ne se rendent pas malades à l’idée que d’autres êtres humains doivent subir la pluie, les citoyens ordinaires ne pleurent pas en mettant le chauffage. »

 

« Les gens au sommeil régulier n’imaginent pas qu’à toute heure de la nuite, même dans une ville si petite et si dévitalisée qu’elle mérite à peine le nom de ville, il se trouve quelqu’un pour promener un chien, fumer une cigarette ou se cogner aux réverbères comme un moustique prisonnier d’un abat-jour, esseyant de se rappeler où il habite. Il est quatre et demie les jeunes d’en face  rentrent tout juste  sans un bruit; Millie les observe avec sympathie. »

 

Si la révolte gronde en vous, lisez ce roman. 

 

 

 

 

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24 mai 2018

Le bruit du monde de Stephanie Chaillou

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Il y a quelque temps, j’ai regardé le reportage sur le combat des mineurs après la guerre. 

J’ai été révoltée par l’exhortation à l’époque de Maurice Thorez qui leur disait qu’ils devaient absolument aider au redressement du pays, que c’était le devoir de leur condition de mineur. Je ne saurais vous reproduire ses propos mais c’était de caser les gens, que de toute façon leur vie c’était celle-là que j’en ai été choquée. Classifier les gens en catégories. 

 

Et la révolte de Marilène rejoint la mienne. 

 

 

« Sans le décider, elle le refuse. Sans le décider et sans le savoir, elle oppose son refus au réel. Au réel qui lui dit où elle est et d’où elle vient, elle dit non »

 

Marie Hélène Coulanges nait fin des années soixante.  La maison familiale  perdue dans un hameau nomme Brigneau abrite outre son père et sa mère, également frère et soeur.

Ils sont ce que l’on appelle des gens pauvres. Mais à la naissance Marie-Helène ne sait pas cela. 

 

 

Elle grandit à côté d’une mère dépressive et d’un père travaillant aux champs. Petite elle s’imprègne des champs blancs, de la nature ne réalisant pas encore  que ses parents sont désespérés.  La pauvreté qui vous colle de jour en jour.

 

Et puis ce sont les huissiers, la vente de la ferme et la famille s’installe à 20 kms . Le père va travailler dans un abattoir. La mère quelques ménages. 

 

Marilène est ce qu’on peut appeler une enfant heureuse jusqu’au jour où excellente élève, on lui propose d’accéder à une classe préparatoire pour préparer son avenir. On lui donne sa chance. 

 

Et là tout va changer.

 

« Il n’y a pas de bibliothèque chez ses parents. Pas de livres. Pas de disques non plus. Ce n’est pas une chose que Marilène découvre. Mais elle le voit soudain. Cela la frappe. Il n’y a dans la pièce de vie de ses parents que la table où ils mangent, quatre chaises, un fauteuil et un meuble en bois sur lequel est posée la télévision ». 

 

Marilène c’est une révolte intérieure contre la pauvreté qui vous conditionne à un état de vie qui vous imprégne. jour et nuit. C’est un refus de suivre ce que l’on décide pour vous. C’est une révolte sourde, muette, incompréhensible au début mais qui se faufile dans chaque grain de peau. 

 

Une révolte qui gronde. La pauvreté n’est pas un défaut, c’est un état de vie. Pour s’en délivrer, elle va l’écrire.

 

 

 

« Marilène se rappelle aussi avoir pendant longtemps hésité. Avoir pendant longtemps eu comme un scrupule à suivre la pente d’exister. Vouloir comme les autres, avoir une vie et respirer. Mais ça avait été plus fort qu’elle. Elle avait pris son tour. Finalement elle n’avait pas laissé passer son tour. Comme tout le monde, elle s’est mise elle aussi à batailler pour exister. »

 

 

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24 avril 2018

Le Pays de Marie Darrieussecq

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Après avoir émigré à Paris où elle fondé une famille avec Diego sous la forme de leur Tiot, elle décide de rentrer au pays. Ses parents y vivent toujours. Sa mère est une artiste internationale et son père vit dans une roulotte. Même divorcés, ils vivent l’un près de l’autre.

 

Avant son départ, elle va rendre visite à son frère adoptif, celui qui a pris la place de celui qui est mort, Paul. Pablo vit dans un hôpital psychiatrique. Pourquoi est-il devenu fou ? Impossible à comprendre. Il se prend pour le Général de Gaulle. Pourquoi ? Nul ne le sait. 

 

Donc la petite famille se rend dans le petit Pays où l’on parle encore l’ancienne langue, bordé par la mer.

 

Après l’euphorie du début, elle réalise que ce n’est pas facile de revenir. Elle se sent même chez elle, comme une exilée.

 

Elle ne comprend plus l’ancienne langue, ou si peu. 

 

Mais c’est là qu’elle désire que sa petite fille vienne au monde. Elle sait que ce sera une fille : Epiphanie. Elle se laisse porter par cette vie qui grandit dans son corps. 

 

 

Elle l’écrivain, veut écrire ce nouveau roman. 

 

 

Roman à deux voix. La sienne et celle qui raconte en parallèle.

 

Le petit Pays, c’est bien entendu le pays basque 

 

Marie Darrieussecq nous emmène encore et toujours pas de nombreux chemins qui se mêlent et s’entremêlent : de l’humour, de la poésie, de la science, de la métaphysique …etc. 

 

On aime ou pas. Tant pis, j’aime.

 

"Ici, on peut lire et travailler en n'ayant que les pierres, les arbre et l'eau autour de soi. Et du grand salon, on plonge dans le rectangle total de la mer. Ma mère dit qu'il faut un côté coeur quand on vit face à la mer, que la mer toute la journée rend fou. Son atelier donne sur le parc. Verre et métal. La maison miroite dans la maison, et ma mère toute la journée vit dans ce lieu qui semble fait pour des habitants mythologiques ("pour des parvenus" dit mon mari, qui n'a jamais vu maison maison plus prétentieuse."

 

Lu dans le cadre de

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19 avril 2018

Ligne et Fils trilogie des rives 1 d'Emmanuelle Pagano

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Ligne et Fils est le premier roman dans cette trilogie des rives dont le troisième va bientôt apparaitre dans les librairies.

 

C’est un roman qui se dévide bout à bout. On dénoue les noeuds avec patience. On parcourt la trame apaisante de l’écriture. On suit goutte à goutte cette eau qui descend. Ce goutte à goutte devient plus puissant et l’eau se gorge de sédiments, creuse les roches, les cogne. C’est une course qu’elle ne peut que gagner et enfin arriver avec force contre les murs de la Fabrique. 

 

« Chante-Merle, depuis le siècle avant-dernier, c’est le nom officieux de la fabrique, c’est aussi le surnom de ma famille maternelle. »

 

L’arrière grand-père est arrivé on ne sait d’où, on ne sait de qui, réfugié ? abandonné ? Il a vite été indispensable, courant entre les murs où les jeunes filles s’ébouillantent les doigts afin de laisser filer ce qui deviendra cette soie qui pare les corps. 

 

« Mon arrière grand-père n’avait pas de mémoire, au-delà de l’eau, il avait égaré jusqu’aux mots de sa langue »

 

Il tombe amoureux d’une ouvrière. La fille du patron, décide que c’est elle qui l’aura.  Grâce à lui elle s’affranchira de l’autorité paternelle. Elle sera la Fabrique. L’ouvrière décidant qu’elle n’a aucun avenir avec ce jeune homme, Alex va donc devenir le mari de cette femme aux ambitions. Comme il ne vient de nulle part, on donnera un nom à cette lignée, Ligne comme cette rivière qui se tapit contre la roche. Ligne et Fils. Assemblage de mots qui content la lignée et les fils de soie.

 

Ils auront un fils qui ne sera aucunement aimé par sa mère, impuissant devant la férocité de cette femme.  Ce fils sera détesté par sa fille. Comment exprimer de l’amour quand soi même enfant  des bras maternels ne l’ont jamais serré. 

 

La fille n’aura de cesse de fuir en entendant les pas de cet être pervers qui par facilité s’envoie la bonne. 

 

Elle partira ailleurs, dans une autre vallée.  Vie en communauté toujours au bord d’une rivière. 

 

A présent, c’est sa fille qui ondule sur les mots de la rivière. 

 

Est-ce parce que l’eau les inondait et les cernait à chaque seconde, ses ascendants, que la femme qui raconte a laisser se déshydrater son fils ? Elle n’a jamais compris. Elle croyait que son bébé ne désirait pas plus de liquide maternel.

 

Pour son ex mari, elle est le monstre qui n’a pas su s’occuper de son enfant. Pourtant c’est elle qui est prévenue quand l’enfant adolescent est hospitalisé suite à une trop grosse prise d’alcool. Aurait-il eu envie de combler sa soif enfin ? Cet enfant qui aime non l’eau mais les sons. 

 

Elle va remonter le courant  qui emporte les souvenirs familiaux pour comprendre, se comprendre.  

 

 

Ligne et Fils est le roman d’une association familiale avec l’eau, essentielle pour leur vie industrielle. C’est l’histoire d’une maman qui apprivoise l’amour qu’elle ressent pour son fils, elle qui ne sait s’exprimer qu’à travers ses photos.

 

Tout se mélange entre les pages : le bruit de l’eau, le regard qui décèle les roches au fond de la rivière, les fils qui voyagent dans le vent, le désarroi, la poésie d’un moment, l’horizon des paysages, les tourbières, les chrysalides.

 

Regarder et aimer la fragilité tout autant que la force. 

 

 

 

« Il m’arrive de me dire qu’un jour dans mon objectif je découvrirai, grignotant les tendres repousses, un lapin de coton blanc. »

 

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21 février 2018

Maria d'Angélique Villeneuve

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C’est à travers ce très beau roman, que je découvre l’écriture si poétique d’Angelique Villeneuve.

Conquise je suis.

 

C’est donc par un roman bien étrange que j’aborde cette écrivain. 

 

Maria  a perdu son mari assez jeune, elle a élevé sa fille seule et ensuite avec son nouveau compagnon William.

 

Tout va bien, elle est la grand-mère d’un petit Marcus. Elle lui a appris à aimer les oiseaux. Le petit est aussi passionné qu’elle.  Son travail : schampouiner et coloriser des têtes dans le salon de coiffure de Bernadette.

 

Tout va bien.  Oui mais.  

 

Sa fille et son gendre ont décidé que Marcus devait avoir le choix  de ce qu’il voulait être. Il veut porter des robes, pas de souci. Il veut poser du vernis à ongle, pas de problème. Il se nomme Pomme, la vie est belle. 

 

Maria encaisse car c’est son petit fils, donc Pomme ou Marcus elle l’aime de toutes les manières.

 

Quand le deuxième enfant vient au monde, les parents ont toujours l’idée de ce choix dans le futur pour l’enfant, donc ce sera le bébé. Fille ou garçon personne ne doit savoir.

 

William la quitte car lui ne supporte pas.

 

 

 

Un roman qui nous entraine dans le questionnement. Nous sommes dans une période où certains aimeraientt gommer la masculinité autant que la féminité. Pas d’inégalité. Et je m’interroge. Maria réagit selon son coeur de grand-mère.  Tant pis si elle n’est pas d’accord avec sa fille, ses petits enfants sont son trésor. 

 

Etre différent dans notre société complètement formatée n’est pas aisée. J’avoue que petite je rêvais d’être un garçon donc je grimpais aux arbres, je jouais aux autos mais j’étais une fille donc j’adorais les poupées. J’avais libre choix mais jamais je n’imaginerais que je puisse être un homme. A 55 ans, je ne me sens vraiment pas amoindrie par le masculin. Je suis leur égale un point c’est tout. 

 

Oui un livre qui questionne mais l’écriture est si belle ….et les oiseaux volent si haut, qu’on peut imaginer….

 

 

 

 

 

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06 février 2018

Le ministère du bonheur suprême de Arundhati Roy

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Dès les premières lignes , vous plongez dans la foule, vous percevez les couleurs, entendez les cris. La poussière vole, le soleil brûle et là haut à travers le regard de Aftab vous descendez en apnée dans les rues de Delhi. 

 

 

Aftab est né garçon avec un embryon de sexe féminin. Ses parents sont musulmans.  Sa mère tente de le cacher et puis après quelques temps doit l’apprendre au père. Ils vont chez le médecin qui n’apporte aucune solution à l’angoisse des parents. Alors on tente de masquer sa féminité en masculinité jusqu’au jour où Aftab voit apparaitre un être étrange, du haut du balcon familial 

 

« Aftab aperçut une femme grande, aux hanches étroites, les lèvres peintes en rouge vif, juchée sur de hauts talons dorés et vêtue d’un salwar - kameez vert en satin chatoyant »

 

Aftab désire être cette femme. Il la suit et va découvrir un lieu où vivent les fitra. Les transgenres comme lui. Aftab décide d’aller vivre dans cette maison. Ses parents doivent l’accepter.

 

Aftab devient donc Anjum. Elle va se transformer, subir une opération « ratée », devenir célèbre, adopter une petite fille trouvée dans la rue. Jusqu’au jour ou faisant un voyage avec un ami, elle est emprisonnée car musulmane. Anjum va complètement changer, déprimée, n’arrêtant pas de lire tout bout de papier jusqu’au jour où elle décide de vivre dans un cimetière. 

 

S Tilottama est par contre fille à part entière, sa peau est noire ébène, étudiante en art. Enfant adoptées. Elle va découvrir malgré elle, l’horreur qui se perpétue au Cachemire avec ses conflits incessants entre hindouistes et musulmans et son lot de terreur et de massacre.

 

La vie d’Anjum et S Tilottama ne peuvent que se croiser et il en sera ainsi après de nombreuses souffrances. 

 

 

 

 

Que dire de ce roman ? qu’il est parsemé de personnages extraordinaires, qu’il contient du rêve, des légendes, de la poésie. Qu’il vous emmène loin de la vision de l’Inde de carte postale. Qu’il nous emporte dans la vie de miséreux que ne vous pouvez qu’aimer. Et toujours et encore ces guerres de religion bien loin dans la région du Cachemire et on en parle si peu dans nos pays. Mais surtout cet amour qui plane de page en page pour ce pays et ceux qui le peuplent. 

 

L’Inde est formée d’un entremêlement de lianes . Arundhait Roy nous permet d’entrevoir par de petites ouvertures, une partie de l’Inde actuelle ainsi que son passé. 

 

Mais surtout de garder espoir avec un grand E envers le monde, envers les autres, envers l'avenir. 

 

 

 

 

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16 janvier 2018

Couleurs de l'incendie de Pierre Lemaitre

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Si Monte Cristo avait du s’allier à une femme, cela aurait été de toute évidence avec Madeleine Péricourt. 

 

Le spectre de la guerre s’éloigne petit à petit. 

 

Madeleine, dont le mari est toujours en prison, vit heureuse avec Paul son fils dans l’hôtel de Marcel Péricourt.  Elle rejoint la nuit, le percepteur de l’enfant.  La vie suit son court. 

 

Mais la vie ayant toujours une fin, Marcel Péricourt décède. Le jour de son enterrement, son petit fils Paul se jette d’une fenêtre sur le cercueil. Madeleine est désespérée d’autant que suite à cet accident, Paul ne saura plus marcher. Elle va s’occuper de lui sans cesse, ne sachant comment lui redonner le sourire. Et c’est la musique ainsi qu’une divine bonne polonaise qui vont ramener un semblant de bonheur à l’enfant. 

 

Je n’en dirai pas plus concernant l’enfant car je dévoilerais une grande partie du roman.

 

 

Madeleine donc, hérite de la totalité de l’héritage sauf quelques broutilles pour l’un et l’autre.

Son oncle Charles enrage de ramasser les miettes. 

 

Madeleine ne comprenant rien aux affaires fait totalement confiance au fondé de pouvoir qui travaillait avec son père. Elle signe les papiers sans poser de question.

 

Ce dernier rêve d’épouser la fille du banquier. D’autant que cela avait été a deux doigts de se réaliser auparavant. Mais peine perdue, elle ne voudra jamais de lui. Seul son fils lui importe.

 

Madeleine ne réalise pas que l’on complote. Elle va tout perdre et devoir quitter l’hôtel familial appartenant à présent au fondé de pouvoir et dont la future femme n’est autre que son amie Léonce.

 

La vengeance de Madeleine sera sans limites. C’est avec l’aide d’un ancien complice de son mari Dupré qu’elle va tricoter maille par maille la déchéance de certains. 

 

 

Excellent roman de cette rentrée littéraire d’hiver. Totalement différent au vu des personnages et de l’époque de « Au revoir là haut ». Et l’on voit le spectre de la seconde guerre qui se silhouette d’autant qu’Hitler est arrivé au pouvoir. 

Oui excellent roman. 

 

 

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