12 octobre 2017

Et soudain, la liberté de Caroline Laurent et Evelyne Pisier

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Et soudain la liberté, quoi de plus beau que le mot liberté dont des milliers de femmes sont encore privées dans le Monde.

Avant de vous parler de mon ressenti à la lecture de ce roman entre guillemets, je vous avouerai que le nom de Pisier était associé pour ma part à celui d’une actrice Marie-France. Femme que j’adorais et adore toujours mais de sa soeur Evelyne j’en avais peut être entendu parler mais je n’en suis pas si sûre. 

 

Les jeunes filles de Belgique et France, imaginent-elles pour la plupart, que la génération de ma mère, née durant la guerre, était privée de beaucoup de liberté. Nos deux pays étant régi par le code Napoléon, la femme ne pouvait ouvrir un compte en banque sans l’accord de son mari, ni travailler sans le même accord. Elles étaient éduquées comme l’a été ma mère, pour être de bonnes mères de famille. 

 

Les jeunes filles savent-elles que même dans nos pays européens la liberté des femmes n’est pas la même. En Allemagne, les jeunes mères ne bénéficient pas des crèches comme dans nos deux pays. Donc si personne ne sait garder en privé les jeunes enfants, les femmes doivent arrêter de travailler jusqu’au moment où leurs enfants sont en âge de rentrer au jardin d’enfant. 

 

Cette liberté nous femmes que nous possèdons même si l’égalité n’est pas encore totale entre les deux sexes, elle nous a été offerte par le combat de femmes telle que Mona dans le roman.

 

 

Mon vit en Indochine avec son mari André, fervent admirateur de Pétain et Maurras. Leur petite fille Lucie est choyée dans ce pays. Mona mère au foyer est belle et adore son mari.

 

Est-ce le jour où elle fut enfermé dans un camp tenu par les japonais, violée par eux, répétant à Lucie qui avait faim qu’elle mange de l’herbe, que l’étincelle de la liberté à pris feu ?

 

De son viol, elle en gardera le secret et ne l’avouera jamais à son mari.

 

Une rencontre, une simple rencontre peut apporter tant de changement dans une vie. Marthe, une bibliothécaire, va lui tendre le livre « le deuxième sexe ». Mona va comprendre que sa vie est tellement régie par le désir des hommes de maintenir les femmes dans un carcan, qu’elle va décider de tout changer. Acheter un pantalon, apprendre à conduire et conduire seule sans chauffeur, prendre un amant. Scandale dans la colonie de Nouméa où ils vivent à présent avec Lucie et Pierre.

 

Elle veut le divorce. Avec rage son mari lui accorde.

 

Elle part seule avec ses deux enfants. Elle veut que Lucie vive libre, fasse des études. Pas la même vie surtout pas.

 

Quand Lucie apprend que sa mère va se remarier avec leur père, elle est interloquée, elle ne comprend pas.

 

Mona attend à nouveau famille. André n’en veut pas et l’oblige  à se faire avorter. Vengeance d’homme. 

 

Mona repart en France avec fille et fils et là sa nouvelle vie va débuter. Elle va se battre pour la liberté de toutes les femmes, pour la liberté de sa fille qui elle aussi très jeune devra avorter. 

 

 

Lucie vivra libre. Lucie qui est en fait Evelyne Pisier. Lucie qui vivra l’amour avec Fidel Castro. Lucie sera libre. 

 

Ce livre est la rencontre en premier lieu entre une jeune éditrice Caroline Laurent et Evelyne Pisier. 

Rencontre à travers le manuscrit de ce roman qui devait évoquer la vie de la mère d’Evelyne.

Malheureusement  l’auteur est décédée avant de l’avoir terminé et c’est Caroline Laurent qui a pris la relève en hommage  à cette amitié entre une jeune femme et une dame d’un certain âge. L’amitié ne connait pas de frontière. Elle se crée par une alchimie infinie. C’était toi et moi. Il n’y a pas d’explications.

 

 

Ce livre a deux facettes. Il y’a la vie romancée de la mère Mona et de Lucie la fille mais également le ressenti de cette jeune éditrice qui s’est attelée à cette tâche. A travers ses mots, elle dresse le portrait d’Evelyne Pisier et se dévoile un peu dans sa sensibilité.

 

Ce livre est un hommage à la liberté de toute femme. La liberté n’est jamais acquise dans le temps. Un livre qui vous rappelle qu’il faut toujours se battre et se battre encore pour ne rien perdre dans ce monde qui se délite. 

 

Et suprême bonheur, tout à la fin, Marie France est évoquée. Elle ne fait pas partie du roman car Evelyne Pisier en avait décidé ainsi, par respect pour sa soeur qu’elle adorait. 

 

« Reste la peur de blesser, de tomber à côté de la plaque. De ne pas réussir à dire, non pas qui était Evelyne Pisier, mais ce que mon esprit et mon coeur ont fait d’elle à travers ce roman. Cette peur, j’y réponds à la maison par une panique qui me conduit parfois, chose inquiétante, à rire et à pleurer en même temps. Oui, j’ai peur, peur du jugement, du mépris, des mauvaises interprétations. Peur surtout que le livre, ne soit pas exactement celui dont elle aurait rêvé. Elle m’aurait répondu qu’aucun ne peut l’être. Alors je continue. Je vais au bout de ma promesse »

 

 

Vous pouvez être rassurée Caroline Laurent, où qu’elle soit Evelyne Pisier est certainement fière de vous. Votre roman est de celui qu’on n’oublie pas et que l’on referme avec une petite étincelle dans le coeur.  

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 août 2017

Notre vie dans les forêts de Marie Darrieussecq

 

marie

 

Marie n’a plus le temps. Elle doit écrire, témoigner.

 

En quelle année vit-elle ? Impossible à comprendre. Dans un futur proche ou lointain ? 

 

Marie vit,  plutôt survit dans un monde où les robots prennent de plus en plus de pouvoir. Les drônes font partie des  nuages.

 

 

Marie vit dans un monde où l’on a crée des doubles  à l’image humaine mais qui ne sont que des réceptacles organitiques.  Marie appelle son double chochotte. Elle est parquée dans ce qu’on appelle le centre où elle passe son temps à dormir. Marie aime ce double. C’est sur ce double qu’on prélève un organe qui permette à Marie de survivre car avec la pollution, les OGM et les radiations, peu d’humains sont encore en bonne santé. D’où cette invention du double. 

 

Marie aime son double.  Elle aimerait la sauver, la réveiller. Même si elle doit faire trois heures de route, elle s’y rend régulièrement. Elle lui parle, la regarde, lui caresse les mains. Elle se voit comme dans un miroir.

 

Marie est psychologue. Son patient le plus étrange, elle le nomme le cliqueur. Cet homme va changer la vie de Marie mais elle ne s’en doute pas. De plus il existe un secret derrière les doubles. … c'est diaboliquement bien conçu.

 

 

 

Après la lecture de la servante écarlate, je ne pouvais que choisir de continuer dans le futur imaginé des humains et de notre planète. 

 

Marie Darrieussecq nous emmène dans un monde robotisé. Les humains doivent leur apprendre à associer des mots, Via les  circuits électriques, afin de comprendre ce que l’autre ressent. 

 

Il n’existe plus réellement de vrai nature. Des arbres oui mais les forêts sont des lieux de repaires extraordinaires. 

 

On aime ou pas l’ écriture de Marie Darrieussecq rapide et hachée. Ecriture qui se prête bien à ce roman qui apporte l’espoir ou le désespoir. A vous de choisir …

 

marie

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07 août 2017

Dérapages de Martine Magnin

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Le début du roman commence par la découverte d'une cassette où un homme avoue qu'à cause de sa bêtise, il a perdu sa femme, son chien et que s'il avait su dans quelle histoire il s'embarquait. Il explique même où est cachée une grosse somme d'argent. L'homme, Raymond,  possédait un garage detruit dans un incendie. Il s'appelait Raymond. 

 

 

Regis  qui visionne l'enregistrement n'est autre que le nouveau propriétaire du garage mais que va t-il faire ? Il y a tant d'argent ...Il doit en aviser sa Coco. Elle saura prendre la bonne décision. 

 

Ne se doutant de rien Hortense, s'occuppe vaille que vaille de sa famille élargie. Après la mort de son beau-frère, c'est elle qui a pris soin des enfants de sa soeur Mathilde.  Pas toujours évident Hortense parfois n'en peut plus à certains moments. 

 

Je ne vous en raconte pas plus. Je vous invite à découvrir cet très bon roman de Martigne Magnin. Roman qui se découpe comme une intrigue aussi bien policière que familiale.

J'avoue mon petit faible pour Hortense qui porte l'énergie et la tendresse en vrac. 

Sans oublier la recette du pain perdu aux fraises et des haikus que l'on retrouve comme des petits cailloux entre les pages. Et ce humour ! car Martine Magnin en possède indubitablement.

 

Enfiler vos tongs et empressez vous de suivre Hortense, Regis, Fernand et Henri ainsi que tous les autres. 

 

 

 

 

 

 

 

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20 juin 2017

Bien des ciels au-dessus du septième de Griet op de Beeck

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« J’ai trente six ans. Je me demande si les gens tirent de leur vie des enseignements. Il m’arrive de penser que je fonce chaque fois vers le même mur et que ma tête s’y heurte de plein fouet. Parfois, j’ai un autre avis. C’est ce qui s’appelle vivre d’espoir ».

 

 

 

C’est un roman qui se déroule en Belgique mais cela pourrait être à tout autre endroit.  En Flandre plus précisément mais cela pourrait être dans une autre région. Les personnages ressemblent à nous à vous dans la recherche de ce bonheur qui nous démange, parfois difficile à agripper.

 

 

Trois générations qui vivent le quotidien et qui se cognent à la joie et aussi la tristesse.

 

Eva travaille dans une prison comme aide sociale. Trentenaire, célibataire. Elle se demande pourquoi personne ne veut d’elle. Elle croit en la bonté des gens : c’est cela qui la maintient debout.

 Elle adore sa petite nièce Lou qui se confie à elle. Petite Lou en butte à la méchanceté des autres adolescents car une certaine Vanessa la snobe. 

 

Sa maman Elsie est mariée avec un médecin qui est le plus souvent absent.  En plus de Lou, elle est maman d’un garçon. Elsie grande soeur d’Eva tourne en rond dans son couple. Alors quand elle rencontre Casper un peintre qui lui est présenté par Eva, elle pense que tout peut changer. 

 

Le père JOs est un alcoolique et sa femme Jeanne ne cesse de le tancer sur cette propension à la diVe bouteille. Personne ne connait le terrible secret de JOs et cela le ronge vis à vis de son frère. 

 

 

Trois générations qui vivent leur quotidien  et il ressemble tellement au nôtre. 

 

« Je regarde dehors, j’aime les couleurs du crépuscule. Casper sait admirablement les décrire, il dissèque toutes les nuances et le formes comme seul un peintre peut en voir l’utilité. » 

 

 

Un très beau roman qui parle des petits moments qui se succèdent dans la vie et la tentation d’en extirper la poésie qui les compose. Un roman tendresse entre le rose et le gris. 

Très belle découverte.

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20 avril 2017

Le Saut oblique de la truite de Jérôme Magnier-Moreno

truite

 

 

Un livre où s’éparpillent les couleurs. Un livre qui pétille de malice et de poésie. Un livre merveille.

 

 

Jérôme Magnier-Moreno, peintre de son état,  a mis dix années pour écrire ce premier roman qui je l’espère  ne sera pas le dernier.

 

Un jeune homme qui part pêcher la truite en Corse, plus particulièrement le long du GR20. Il a rendez-vous avec Olivier qu’il avait rencontre à l’école d’architecture. Olivier qui était anxyogène à l’enseignement et qui préférait mener ses tongs sur d’autres chemins.

 

 

« C’est lui que je dois rencontrer près de Corte, car énergumène pour qui j’ai la plus grande affection parce qu’il y a, sous le tissu de névroses qui l’enserre, quelque chose de vaste, de beau et de bleu. Comme une aspiration non négociable à la liberté ».

 

 

D’Olivier, il n’en rencontrera pas le regard car il n’est pas là le jour dit. Alors tant pis, le jeune homme s’en va à la rencontre de la truite. Olivier arrivera peut-être.

 

« A milieu du paysage corse, soudain mon long fil vert fluorescent de pêcheur à la mouche se courbe et se contre-courbe, danse, se pose quelques instants sur l’onde avant de s’agiter dans les airs à nouveau. »

 

Le jeune homme quittera la Corse sans avoir vu l’ombre de son ami. 

 

 

Ce petit roman contient tout le temps qui passe, les paysages de la Corse où les yeux du peintre découvre le détail coloré, le senteurs, les rencontres, l’amitié, un peu de tout, un peu de rien. 

 

Le saut oblique de la truite titre du roman a été puisée dans les eaux d’une nouvelle de Hemingway « La grande rivière au coeur double ».

 

« D’ailleurs, il n’y a qu’à l’écouter, la Rivière, Elle me parle, je l’entends par l’éloquence de son discours fleuve. »

 

 

Un livre qui offre le bonheur et l’ivresse de la liberté. 

 

 

 

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18 avril 2017

Un clafoutis aux tomates cerises de Veronique De Bure

clafoutis

 

« Pourquoi est-ce que j’écris tout ça, au soir de ma longue vie, déroulant, le fil d’une existence banale ? Est-ce le besoin de ne pas m’éteindre complètement après que l’on m’aura fermé les yeux ? Ce n’est pas de mon âge de me pencher comme ça sur moi, d’écrire ma vieille tête et mon coeur usé. Ce sont les jeunes filles qui tiennent un journal, pas les vieilles dames. Je n’ai plus d’histoires de coeur à y coucher, je ne fais qu’y radoter, que pourrais-je faire d’autre. Ils vont bien se moquer ceux qui trouveront ce cacher après ma mort ». 

 

 

 

Jeanne a 90 ans et décide de décrire les jours qui passent durant quatre saisons. 

 

Elle se souvient de la jeune parisienne qu’elle était qui devien l’épouse de René originaire de la région de Vichy. Ils y vécurent quelques années avant de retourner dans la maison familiale , à Liernolles,  où ils vécurent avec leurs deux enfants et la satanée belle-mère qui critiquait tout de sa belle fille mais qui ne levait pas le petit doigt pour l’aider. 

 

 

Elle est veuve à présent et vit toujours dans cette maison isolée à la campagne dont les plus proches voisins sont des fermiers Fernand et Marcelle. Ils n’ont jamais quitté leur bout de terre sauf pour aller dans une ville voisine jouer à la belote partant dans la deux chevaux, Marcelle au volant. Elle sourit en repensant à la rencontre de Fernand et Marcelle. Ils se contaient fleurette dans une autre deux chevaux sous l’oeil sévère de la mère de Fernand. 

 

 

Jeanne regarde le temps qui passe. Rejoint quelques amies pour jouer au bridge mais elle appréhende de plus en plus de prendre le volant. La nuit elle ne veut absolument plus conduire. 

 

 

Tous les gadgets électroniques ou autre, il ne faut pas lui en parler. Elle n’y comprend rien et d’ailleurs, cela ne l’intéresse pas. Le temps où le facteur déposait des lettres attendues avec impatience est bien périmé. A présent, on s’écrit en SMS déjà qu’elle ne sait pas comment son GSM fonctionne. 

 

Une fois par semaine, Angèle vient faire le ménage car elle n’en est plus capable. Mais cuisiner, cela reste essentiel surtout quand les enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants débarquent. 

Quand ils repartent, elle se sent mieux car vivre à leur rythme, c’est épuisant. D’autant plus que sa fille amène son chien qui fouille les poubelles. 

 

Elle ne marche plus allègrement Jeanne, elle s’aide d’une cane pour parcourir son jardin, humer le parfum des fleurs, découvrir que les lapins lui ont bousillé ses parterres. Elle prépare une soupe pour midi, fait ses mots croisés, s’endort dans le fauteuil et sa mémoire défaille parfois mais si peu comme le jour où elle avait préparé son fameux clafoutis pour recevoir ses amies. Mais Jeanne avait confondu les tomates cerises avec les cerises. Quelle surprise lors de la dégustation.

 

 

Le printemps s’est éveillé, l’été fut chaud et orageux, l’automne et ses belles couleurs, l’hiver accompagné de froidure, le printemps peut renaitre. 

 

 

Un clafoutis aux tomates cerises ressemble à un gros Gâteau dont on savoure chaque part sans en vouloir la fin.

 

Très beau portrait si doux de Jeanne. On aimerait s’asseoir à ses côtés et regarder passer le temps et ne pas avoir peur de vieillir.  

 

 

 

 

« Apparemment, c’est devenu à la mode de se faire brûler. Eh bien tant pis, je ne serai pas à la mode. D’abord, je veux une belle messe. Ensuite, je veux qu’on me mette en terre, pas sur un bûcher. Qu’on m’allonge doucement dans une boîte en bois et qu’on m’y laisse reposer en paix le temps qu’il faudra, auprès de René. Je ne veux pas qu’on me réduise en cendres pour me fourrer dans une urne qui ne ressemble à rien ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 mars 2017

Coeur-Naufrage de Delphine Bertholon

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Comment vous décrire l’émotion ressentie en lisant ce plus que merveilleux roman ? Mission impossible car je devrais vous raconter ma vie et tous les pleurs qui se sont déversés dans le coeur à sa lecture. Ce roman que l’on espère à chaque fois, ce roman qui va vous faire comprendre. Il a fait cling. Mais là n’est pas le propos. Tout commence par un jour d’été. 

 

« Si notre relation me protège, me masque, m’évite de prendre le risque d’aimer réellement, je tiens pourtant à lui de diverses manières. J’ai pleuré pour lui, plusieurs fois. A une époque, j’ai même pensé qu’il plaquerait tout pour moi, qu’ensemble nous bâtirions un monde rien qu’à nous, sur les vestiges fumants de son couple disparu. Mais depuis l’origine, je suis amoureuse de N que par intermittence et, au fil du temps, les phases de désamour deviennent plus longues. »

 

Si la chaine de son vélo n’avait pas déraillé, si elle n’avait pas pris le chemin de la plage, Lyla n’aurait peut être jamais rencontré Joris le surfeur.

 

Deux êtres perdus qui se croisent. La mère de LYLA, est photographe, genre mère toxique. Elle ne pense qu’à plaire et prend sa fille en otage pour réaliser ses clichés, une véritable intrusion dans la vie privée de sa fille de 16 ans qu'elle expose dans les galeries.

Joris n’a plus de mère, renversée par une voiture lui a t-on expliqué. Son père l’a élevé à coup de cris et de baston mais il a appris à se taire et à vivre seul dans la maison quand l’alcoolique disparait pour quelque temps. 

 

« J’ai une vie, d’accord; mais cette vie m’a toujours semblé hors-sol, comme un jardin artificiel. D’abord j’ai grandi sans mère, ce qui constitue en soi une aberration. Depuis la nuit des temps, grandir sans père est une chose commune. A l’école, j’avais beaucoup de copains qui n’avaient pas de père. Les pères sont pareils aux oiseaux : ils migrent. Mais comment simplement exister quand on n’a pas de mère ?

J’ai été élevé par le plus grand de tous les migrateurs ». 

 

L’amour prend Lyla sous son aile, Joris peut être un peu moins mais le résultat est que  Lyla est enceinte. Elle va écrire une lettre à Joris dont elle recevra  une réponse qu’elle voulait toute autre. Elle va supporter les cris de sa mère qui ne veut pas devenir grand-mère  because fuite de la jeunesse. Elle portera ce bébé et accouchera d’un garçon qui sera né sous X. Elle lui laissera une lettre pour lui expliquer quand il sera en âge de comprendre. Juste une petite trace d’elle sa maman biologique. 

 

« Je ne l’ai pas vu, l’enfant. Pas vraiment. Je l’ai seulement entendu crier. Je me suis évanouie après » 

 

Dix sept ans plus tard, Lyla est traductrice dans l’édition, maitresse d’un homme marié. Elle flotte dans sa vie. Elle promet à son père qui a une nouvelle compagne  de venir mais elle ne se décide à rien. Sa meilleure amie se nomme ZOé, énergique en diable. 

 

« Je réalise aujourd’hui que j’ai quitté des gens qui m’aimaient trop pour des gens qui ne m’aimaient pas assez, sans jamais rencontrer celui qui m’aimerait comme il faut. Sans doute est ce ma faute, mais je ne sais pas pourquoi"

 

Joris est devenu Kiné. Amoureux fou de sa femme Camille et de leur petite Violette. Son père vient de mourir, il doit se rendre près de la plage pour mettre de l’ordre dans son ancienne maison. Il va retrouver la lettre de LYla. Lui envoyer  un texto  et…..

 

 

Le roman est un duo entre Lyla et Joris arrivés à l’âge adulte et les souvenirs de leur jeunesse, de leur rencontre, de leur vie. Le présent peut il transformer le passé ? Vaste question...

 

Je n’ai qu’un souhait, que vous le lisiez. Ce n’est pas une pépite, c’est une perle.

 

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03 mars 2017

La libraire de la place aux Herbes de Eric de Kermel

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Nathalie quand elle découvre que la librairie de la place aux Herbes est en vente n’a plus qu’une idée : l’acheter. Son mari Nathan architecte est d’accord. Elle quitte donc son métier d’enseignante et change tout à fait de vie.

 

Elle va devenir Passeuse de livres et former des liens entre elle et ses différents clients.

 

Que dire de ce livre ? Qu’il est gentil tout simplement. Un monde de bisounours où la libraire raccommode des personnes qui ne se voient plus, elle aide une cliente à accepter sa grossesse, elle tombe même amoureuse mais en rêve bien sur….

 

 

Le roman est basé sur l’affectif que les lecteurs ont par rapport aux livres ainsi que le relationnel entre une libraire et ses clients. Et l’on tombe dans un roman style Jeannine Boissard. Auteur que j’apprécie mais dans ce cas ci c’est un échelon en dessous.

 

Il n’y a qu’une ombre au tableau : Nathalie est en conflit avec sa fille qui ne veut plus la voir mais rassurez vous, tout finira bien.

 

Si vous avez envie de découvrir Uzes, vous serez charmé par la description de cette petite ville du sud. 

 

J’ai abandonné en cours de lecture. 

 

Par contre, chaque chapitre est précédé par une illustration de Camille Penchinat et là c’est un point positif. 

 

 

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28 février 2017

Chère Brigande de Michele Lesbre

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Attirée dans une soirée, par une femme seule à la longue chevelure rousse dont personne ne connait l’identité, le jour où elle découvre une sdf à la chevelure rousse, installée devant une boutique, l’écrivain est persuadée que c’est la même personne.  Tentative de communication mais la femme ne répond pas, comme si elle était en dehors de toute cette société qui l’entoure. Libre d’être ce qu’elle désire.

 

Un jour  la femme a disparu juste une inscription « où es tu Marion » sur le mur où elle s’adossait. Pour continuer cette rencontre , partir à la recherche de la rebelle rousse Marion du Faouët, là bas à Quimper où elle fut pendue en 1755. Marion pour s’accrocher au vent face à la pesanteur. 

 

« Puis elle a disparu. il m’a semblé qu’avec elle disparaissait cette mise en garde qu’elles représentaient, elle et toute cette humanité échouée sur les trottoirs de la ville. Nous aurions un jour des comptes à rendre ».

 

 

Suivre les traces de Marion dans les rues de Quimper, suivre les traces de ces moments du passé accompagnée du souvenir d’une histoire intime. 

 

Marion la rebelle qui ne voulait pas apprendre à lire ni écrire. Marion qui préfère s’amuser. Tu vas rencontrer Henri l’homme de ta vie. Mariage, enfants. Cela ne t’empêchera pas de créer ta bande de brigands pour venger les pauvres que le riches piétinent de leur mépris. Ta liberté on la pendra au bout d’ une corde. Tu ne rentrais pas dans les normes, pourquoi s’embarrasser d’une telle femme ? 

 

 

 

Michele Lesbre écrit une longue lettre à Marion Du Faouêt, lui rappelant la vie qu’elle a menée du temps où la Bretagne hurlait  famine. Elle lui raconte son face à face avec cette SDF qui ne peut être qu’un lien entre elles. Ces autres femmes qui ont lutté pour vivre comme elles l’entendaient. Ces femmes qui se sont insurgées contre  le rôle que les hommes désiraient les voir endosser.

 

« J’avais six ans quand les femmes ont pu voter pour la première fois, en 1945 ! Le droit à l’avortement ne sera reconnu qu’en 1975, grâce au courage de Simone VEIL qui le défendit sous les huées de nombreux parlementaires. Mais il faut sans cesse veilleur sur nos conquêtes, elles sont fragiles. »

 

Tenter de comprendre ce monde qui s’est changé en ce maelström de misères qui parsèment nos bonnes consciences. Tenter de ne pas désespérer. Tenter de serrer la liberté pour qu’elle s’envole plus haut encore et encore. Ne pas se laisser piétiner….

 

 

Première lecture de Michele Lesbre dans ma vie de lectrice et quelle lecture ! Une lettre sublime qui m’a remuée.  Trouver les mots justes, si difficiles. Un tout petit livre, une pépite. Soyez libre….

 

 Une autre avis la magnifique lettre de Sabine 

 

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27 février 2017

Presque ensemble de Marjorie Philibert

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Dans cette chronique, je vais déroger à ma synchro sainte règle de ne pas parler d’un livre que j’ai abandonné.  Mais parce qu’il fait partie des 68 premières fois, je me lance.

 

 

12 juillet 1998, finale de la coupe du monde où la France affronte le Brésil. Nicolas qui aime la foule unie dans l’amour du foot, se rend dans un bar où il va rencontrer le destin amoureux : Victoire. 

 

Première nuit et ces deux là s’embarquent dans une vie amoureuse qui ressemble à celle de deux êtres qui se sentaient seuls et puisque l’autre est là, pourquoi pas ?

 

Ils terminent leurs études. Victoire a une amie et Nicolas un ami qui vont également se mettre en couple. 

 

Etudes terminées, il faut chercher un travail mais sans grande passion.

Nicolas est sociologue et va trouver du trouver dans une société qui traite de faits de société. Victoire, quant à elle, est prise comme voyageuse dans des grands hôtels et doit en faire une critique élogieuse pour une revue de voyages. 

 Leur vie de couple est très calme.  Un petit appartement.  Une vie de couple sans grand désir et parfois cette peur en voyant la misère que cela ne leur arrive.

 

Un temps, ils adoptent un chat qui disparait vite de leur vie apparemment. Ils ne sortent presque plus, en totale symbiose. 

 

Ils commencent à s’ennuyer ferme dans leur train train. 

 

Nicolas va tromper Victoire avec une collègue et Victoire va tromper Nicolas durant l’un de ses voyages. 

 

C’est là que j’abandonne car l’ennui du couple m’a totalement envahie. 

 

 

C’est un roman très bien écrit, que j’ai apprécié au début mais ce manque de bonheur, ce manque d’émotion et ce manque de poésie qui n’illuminent pas les pages m’ont laissée sur ma faim.  Aurais- je du persister et continuer ma lecture ? C’est possible que j’y aurais trouvé ce que je cherchais. 

 

Un portrait d’une génération qui a un moment m’a fait penser aux Choses de Perec. Même genre d’analyse mais d’une autre génération. 

 

Ce roman plaira certainement à d’autres lecteurs et lectrices et tant mieux car un livre touche de façon différente chacun et chacune. 

 

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