01 juin 2017

Une enfance américaine de Annie Dillard

« Vous aussi vous vous le demandez parfois, comme moi, mais cela n’a pas d’importance. Car l’essentiel n’est ni vous ni moi, ni ce que nous aurions pu être, ni ce que nous aurions pu devenir.  Ce qui compte, c’est que nous prenions conscience de ce qui nous entoure, que nous découvrions un lieu, que nous trouvions un globe en orbite, sur lequel nous pencher, réfléchir et sauter. Ce qui importe, c’est le moment où une vie s’ouvre, où nous sentons qu’elle touche - avec un sifflement électrique et un cri- notre monde actuel, cette sphère minérale, ocellée »

 

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J’ai longtemps tourné autour des livres d’Annie Dillard dans la librairie, hésitation. Ils chuchotaient : on est là oui on est là. Pour me décider à choisir une enfance américaine. Flute, j’aurais du m’emparer de tous car quelle rencontre ! 

 

 

Annie Dillard a vécu à Pittsburgh durant son enfance et adolescence dans les années cinquante. Née dans une famille très aisée, son père étant fils d’industriel, mais élevée d’une façon très moderne pour l’époque. 

 

Son père adorait le jazz et un jour il décide de descendre en bateau vers la Nouvelle Orléans. Il n’y est jamais arrivé, s’arrêtant trop souvent en chemin et sa femme lui signifiant qu’elle en avait un peu assez d’être seule. Cela vous situe la figure paternelle. 

 

Sa mère, elle, femme au foyer, adore les beaux objets tel un mobile de Calder. Dans les années cinquante cela devait être peu courant. De plus, cette dernière aimait les calembours et jeux de mots et aménager les pièces de sa maison continuellement.

 

Elle sera l'ainée d'un trio de filles. 

 

De ses vacances d’enfant, elle nous raconte, le lac où son oma faisait la planche avec délice, ses grands-parents y possédant une maison. 

 

Sa mère lui laissant une grande liberté, ce qui est incroyable pour l’époque, elle explorait la ville juchée sur son vélo. Chaque grain de poussière pour elle, lui permet d’essayer de comprendre la vie. 

 

Ses premières lectures furent des livres naturalistes doublées de ceux traitant la société américaine. Née après la guerre, étonnement les enfants lisaient énormément de récits sur le nazisme et les combats. De plus, ils étaient soumis à des fausses alertes comme exercice. 

Ce n’est qu’à l’adolescence qu’elle s’intéresse  à la poésie et les romans venus d’Europe. 

 

Gamine de curiosité insatiable, elle collectionne les minéraux, joue au baseball. Toute petite, elle découvre qu’en tirant la peau du bras de ses parents, cela forme un cône. Elle dessine les détails que son regard à croisé. Et n’échappant pas à la société où elle est née, elle suit des cours de danse et participe à des rallyes à l’adolescence. 

 

 Elle aurait pu accepter de vivre comme ses compagnes une vie bien établie mais dès le départ, ses parents ont considéré que c’était elle qui devait la composer bien qu’à l’adolescence, ils se demandaient ce qu’ils allaient faire d’elle. 

 

Lire Annie Dillard c’est comme une ouverture. Un souffle de liberté. C'est inexplicable. 

 

Le livre qui a changé ma vie ? Maintenant je possède la réponse. 

 

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14 février 2017

L'immeuble Christodora de Tim Murphy

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L’immeuble Christodora édifié en 1928 et ayant connu due nombreux aléas mobiliers est réhabilité dans les années quatre vingts. Le père de Jared y achète un appartement, y établi un bureau et son fils durant ses études y vient régulièrement adorant New York. 

 

Jared va rencontrer Milly . Après une rupture, ils se retrouvent et se marient. Bien entendu ils intègrent l’appartement du Christodora pour y vivre pleinement leur amour ainsi que celui de l’art qui les uni car ils sont tous deux artistes.

 

Milly  est une angoissée. Sa mère Ava grande défenderesse de la recherche contre le sida souffre de dépression et de bipolarité. Missy en a souffert toute son enfance des changements d’humeur de sa mère. Elle même étant dépressive, elle ne veut absolument pas mettre au monde un enfant de peur que lui aussi souffre de la même maladie.

 

Dans l’immeuble vit également un homosexuel Hector qui est devenu quelqu’un d’agressif, après avoir perdu l’homme de sa vie Ricky qui ne voulait pas se faire soigner même si malade du sida. Il est tombé dans la spirale de la drogue et n’est pas fort aimé. 

 

Milly et Jared adoptent  un enfant Mateo. Milly est tombée sous son charme lors d’une visite à un orphelinat dont sa mère s’occupe. C’est un enfant qui aime dessiner, créer.

 

Les premières années se déroulent dans le bonheur mais à l’âge de quinze ans tout dégringole : Matto souffre de ne pas connaitre sa vrai mère même s’il possède une photo d’elle. La descente va commencer lorsqu’Hector l’initie à la drogue. 

 

Ce que Mateo ne sait pas et qui aurait pu le sauver, c’est qu’Hector connaissait sa mère Isabel Mendes, morte du sida contractée lors d’une relation sexuelle. Isabel Mendes après avoir été reniée par sa famille va devenir une militante pour que les femmes soient également reconnues par l’Etat comme malades du sida à égalité avec les hommes pour la couverture sociale. Si Mateo avait su tout cela, sa vie aurait été totalement différente. 

 

Ava, Milly, Jared, Hector, Isabel, Mateo. Il ne manque dans le cercle que Drew qui est la meilleure amie de Milly . La si belle Drew que Milly  a aidée à décrocher de la drogue dans leur jeunesse. 

 

 

 

Je me souviens au début de mes vingt ans de l’arrivée de cette maladie qui fut terrible. Les principaux touchés furent les homosexuels. Les homophobes de l’époque jubilaient de la mort de ces suppôts du dévergondage. La bêtise humaine était telle que des enfants étaient rejetés par les parents d’autres enfants. Certains imaginaient qu’un seul baiser pouvait vous transmettre la maladie.

 

Le livre raconte comment la communauté homosexuelle a du se battre pour que l’on arrive à trouver un remède. Il a fallu du temps pour que l’on comprenne que c’était l’association de certains médicaments qui pouvaient mener à la guérison même si le malade était toujours porteur du virus du sida. Pris séparément ces pilules aidaient quelque temps avant de trouver un autre traitement. 

 

Outre l’homosexualité, la drogue prend une part importante du roman. Un chapitre est particulièrement très dur, la descente d’un drogué vers l’overdose est totalement une descente aux enfers et rien ne vous est épargné durant ces quelques pages. 

 

Il n’y aucune haine dans le roman, des personnages auxquels on s’attache mais surtout des êtres humains qui aident les autres et dans notre société égocentrique à outrance c’est une bulle d’espoir qui nous permet de croire encore à la bonté car elle existe. Il faut s’y cogner tout simplement.

 

Et l’art, surtout l’art qui permet de créer des liens, d’échanger, de vivre….

 

« C’était différent. Ce n’était pas un besoin obligatoire pour eux de devenir artistes professionnels. J’était là pour les aider à trouver leur voie créative, et les initier à l’art et au rôle qu’il pouvait jouer dans leur vie. Surtout s’ils venaient de foyers difficiles. Avoir une feuille de papier et une boite de crayons…C’est une véritable échappatoire. »

 

Beaucoup seront peut être un peu perdus à la lecture car le roman se déroulant entre les années quatre vingt et deux mille vingt, les chapitres sont un mélange de ces années. On passe du futur au passé sans cesse. En tant que lectrice j’aime cette manière d’écrire. 

 

 

 

« Ces dernières années, il avait vu tant de couples vivre dans l’agonie permanente, à attendre que l’un ou l’autre meure, à réaliser qu’ils avaient une deuxième chance, à se réveiller au contact de la dure réalité d’une vie qui ne voulait pas les abandonner, finalement - des dettes, des factures, des emprunts, des emplois à trouver. »

 

 

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17 janvier 2017

Lettre à ma fille de Maya Angelou

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« Je suis convaincue que la plupart d’entre nous ne grandissent pas. On apprend à se garer, à rembourser ses cartes de crédit, on se marie, on ose avoir des enfants et on appelle cela grandir. Or, nous nous contentons de vieillir. Nous accumulons les années dans notre corps, sur notre visage, mais, au vrai, dans notre chair demeure l’enfant que nous étions, innocent et timide comme un soupir.

 

 

Maya Angelou, décédée en 2014, fut  ce que l’on peut nommer une grande dame. Elle fut décorée par le Président Obama. Poète écrivain, activiste pour les droits civiques américains, proche de Martin Luther King, chanteuse, danseuse. Pourtant, et avec grande honte, en choisissant ce livre en librairie je ne n’avais entendu son nom ou je n’avais pas fait attention quand on en parlait dans les médias.

 

Dans ce petit livre, elle nous ouvre le chemin de ce que fut sa vie. 

 

Lettre à ma fille est adressée à toutes les femmes qui pourraient ou auraient pu être sa fille, de n’importe quel continent, n’importe quelle nation car en réalité Maya Angelou n’a jamais eu de fille mais un garçon qu’elle a adoré. 

 

Maya Angelou est née à Saint Louis. A l’âge de trois ans, elle déménage avec sa famille  à Stamps chez sa grand mère paternelle MAMA. Sa grand-mère mesurait 1 m80 tout comme Maya plus tard. 

C’est durant cette enfance à Stamps qu’elle sera confrontée à cette différence entre les noirs et les blancs qui est présente dans le Sud mais qui n’affectera pas l’écrivain car elle ne s’est jamais sentie inférieure aux autres.

 

Dans cette longue lettre, divisée en plusieurs chapitres, elle nous raconte des épisodes de sa vie parfois violents, d’autres plus humoristiques. Très américaine, l’esprit patriotique et fustige en quelques mots les hommes politiques. Ce qu'elle doit à sa mère qui lui a appris l'indépendance.

Des poèmes : les siens et d’autres tel celui de Mari Evans

 

Je suis une femme noire

 

Je

Suis une femme noire

Haute comme un cyprès. Forte au delà de toute mesure

Défiant l’espace

Et le temps

Et les situations

Assaillie

Insensible

Indestructible

Regarde-moi

Et sois

Renouvelée

 

 

Une longue lettre écrite avec bonté et tolérance.Une lettre qu'elle clot avec le portrait de sa grand-mère. Une lettre d’amour à nous qui aurions pu être ses filles. Magnifique…

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21 octobre 2016

La jungle d'Upton Sinclair

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En ce début du XXième siècle Jurgis quitte la Lituanie  pour fuir la pauvreté. Il part avec la femme qu'il aime Ona ainsi qu'une partie des deux familles. Ils rêvent d'une vie meilleure en Amérique, là bas à Chicago.

Ils se font arnaqués durant le voyage et arrivés à Chicago sont complètement déboussolés. Leur chemin les conduits vers un endroit qui pue cerné par le bruit. Le quartier des abattoirs.

Jurgis jeune et plein de force va être engagé dans cette usine car ils découvrent tous que oui il y a plus de liberté mais c'est un oeuphémisme.  la vie y est plus chère que dans leur pays. Ils vivent entassés dans un appartement jusqu'au jour où ils découvrent une publicité vantant les mérites d'êtres propriétaire.

Ignorants, ne parlant pas l'anglais, ils se font arnaquer en achetant cette maison qui en fait est un taudis. Pour rembourser la maison chaque mois, Jurgis doit absolument travailler encore et encore. Les femmes également ainsi qu'un des enfants. Usine de conserverie, usine de phosphates....travailler, travailler pour un salaire qui leur donne à peine de quoi manger.

Malgré leur bonne volonté, ils vont s'enfoncer et le jour où Jurgis est jeté en prison , c'est la descente aux enfers...

Lorsqu'il sort, c'est une autre famille qui vit dans leur maison. 

Il n'a plus rien à perdre, que se perdre lui même dans la malhonnêté. Il aura de l'argent mais perdra tout. A nouveau la prison, la mendicité, le vol à l'étalage jusqu'au jour où il retrouve une partie de la famille et qu'il pousse la porte d'une assemblée et va découvrir le socialisme. 

 

Upton Sinclair était journaliste. Lors de la parution du livre en 1906, ce fut le scandale  parce qu'il dénonçait les conditions ouvrières misérables mais également pour  sa description des abattoirs. Chicago comme toute l'Amérique était aux mains des Trusts qui offraient les pots de vin aux politiques et truquaient les élections. 

Ce qui est édifiant c'est que les ouvriers travaillaient sans protection aucune. Les dépeceurs étaient couverts de sang, les ateliers l'hiver n'étaient pas chauffés, aucune aération. Les contrôles de la viande étaient factices : on mélangeait aussi bien les carcasses avariées que celles de bonne qualité. 

Les tricheries des multinationales actuelles concernant la viande sont exactement les mêmes en grande partie qu'à l'époque.  Et comme aujourd'hui tout cela au nom de l'argent avec un grand A. 

Grâce à Upton Sinclair qui fut reçu par le président Roosevelt, des amélioriations furent décidées pour que les ouvriers ne subissent plus journellement cette horreur. 

 

"Pourtant ni Ona, ni les siens n'étaient devenus insensibles. Leurs âmes n'étaient qu'assoupies. Quand elles se réveillaient, la porte de leur mémoire s'ouvrait en grand. Quel moment terribe c'était alors pour nos amis ! Les joies, les espoirs et les rêves d'autrefois leur tendaient les bras et leur parlaient. Ils ressentaient sur les épaules le poids infini de leur fardeau et savaient qu'ils ne s'en libéreraient jamais. Ils n'avaient même plus le courage de protester. L'angoisse les saisissait, plus terrible que s'ils avaient vu la mort en face. C'était une terreur indicible, inexprimable et qui ne lâcherait jamais prise."

Nous sommes au XXIième et en renfermant ce roman, on réalise que rien n'a vraiment changé. Le pouvoir de l'argent profite de la pauvreté de milliers d'êtres par le monde. Le capitalisme n'a jamais cessé d'exister entrainant sa voracité  dans une main d'oeuvre inépuisable et renouvelable à satiété. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 juin 2016

Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

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Ne supportant pas la liaison de son mari avec une femme plus jeune, Mia a d'abord sombré dans la dépression. A sa sortie de l'hopital, elle par se restructurer à Bonden la ville où sa mère, veuve, vit dans une seniorie.

 

Elle a loué une maison durant les vacances des propriétaires et va donner des cours de poésie car elle est poétesse, à un groupe d'adolescentes. 

Quant au groupe que forme sa mère avec ses trois amies, on l'appelle Les Cygnes.

 

Mia va passer l'été à s'observer elle-même en repensant à son passé, redécouvrir l'adolescence avec son groupe d'élèves et être confrontée à la vieillesse. 

 

Sans oublier, la voisine, une jeune mère Lola dont elle devient l'amie. 

 

Magnifique roman très féministe qui nous entraine dans la poésie qui vit en Mia, de son regard sur les autres pour tenter de se comprendre elle-même. Une analyse des femmes de l'enfance à la vieillesse. 

Une écrivaine qui mérite vraiment le détour. 

 

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23 avril 2016

Une colère noire de Ta-Nehisi Coates

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A travers une lettre adressée à son fils adolescent, Ta-Nehisi Coates crie sa révolte d'être de couleur noire aux USA. Il raconte la peur qu'il ressentait dans l'enfance, à travers les gestes des ses parents et grands-parents. Ne jamais se faire remarquer car le blanc n'aime pas cela.

Cette peur de traverser certains quartiers face à la violence qui y régnait. Peur des policiers qui représentent l'homme blanc qui a tout pouvoir.

Il a grandit avec cette peur qui est devenue un cri. Jusqu'au jour, où il a intégré l'université de Howard, La Mecque comme il dit de tous ceux qui ont la même couleur de peau que la sienne.

Il est conscient qu'ils n'atteindront jamais le Rêve de l'homme blanc qui se prétend le maitre de son pays. D'ailleurs, il ne veut pas de ce rêve. Certains pensent l'avoir atteint mais à quelles conditions ?

Alors à son fils, il écrit cette magnifique lettre. Il lui raconte toute sa vie, sa rencontre avec sa mère et sa naissance. Et puis ce jour, où une femme blanche a poussé son fils car il n'allait pas assez vite.

 Il lui explique que son corps de noir est lui et que personne ne peut prétendre le contraire. Son fils mènera la vie telle qu'il le veut mais il ne doit jamais oublier de lutter pour rester Lui.

 

Quel cri, quelle rage, quelles vérités ! Un livre à garder précieusement et à lire et relire. 

Pour Ta-Nehisi Coates l'imposture des blancs comme vous et moi  est de se croire la race suprême. Aux USA, ils ont importés, je dis bien importés des hommes et des femmes venues d'Afrique pour vivre leurs Rêves à eux les blancs. Les noirs sont devenus leurs esclaves afin de les enrichir eux les maîtres. 

Ensuite, quand l'esclavage a été aboli, les maîtres ont continués à considérer leurs anciens esclaves comme des inférieurs car pour l'homme blanc, les USA ce sont eux, ils les ont créés. Oui d'accord mais je rajouterai que l'homme blanc a volé le territoire des indiens, c'est mon ressenti depuis l'enfance.

Le livre commence par une lettre d'Alain Mabanckou dans lequel il explique que oui ils sont frères de peau mais qu'il sera jamais considéré tout à fait comme des leurs puisqu'il ne provient pas de la descendance des africains esclaves. On pourrait en débattre des heures. 

 

 

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19 février 2016

Tout plutôt qu'être un autre de Ned Vizzini

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Un livre qui m'a profondément émue d'autant que l'auteur souffrant de dépression s'est jeté d'un immeuble de Brooklin à 32 ans.

A travers ce roman, on se doute  qu'à travers  Graig, il raconte ce qu'il a vécu.

Graig est un enfant heureux jusqu'à l'âge de 15 ans. Peu avant de tomber dans une déprime il entend parler du syndrôme d'Ondine qui est celui de cesser de respirer et qui touche les dépressionnaires.

Graig a décidé qu'il réussirait sa vie, car si l'on ne réussit pas il est bien entendu dans notre sociée que l'on est un raté.

Il passe donc les examens d'entrée d'une école de prépasde New York, Il ne pense qu'à cela et il réussit l'examen d'entrée. Malheureusement, il réalise que dans cette école on leur demande énormément, il a peur de ne pas y arriver. Il n'en dort plus, il n'arrive plus à manger.

Il va voir un thérapeute qui l'envoie chez un psy. Contre sa dépression, il doit prendre un médicament qui l'aidera.

Il se rajoute à cela un problème sentimental car il est amoureux de Nia la copine de son meilleur ami. 

Il ne comprend pas pourquoi il souffre de cette manière. Un soir il décide de se suicider mais avant, il téléphone à SOS suicide qui lui conseille de se rendre dans un hopital pour son bien.

Il se rend donc à l'hopital à deux pas de chez lui pour entrer dans l'unité psychiatrique pour quelques jours. Ses parents et sa petite soeur qui l'entourent beaucoup et qui l'aident comprennent qu'ils veuillent s'isoler quelque temps.

Dans l'unité, Graig va rencontrer des personnages surtout adultes qui ont certains de plus gros problèmes que lui et qui l'accueillent comme un frère. 

Des personnages haut en couleur qui sont tous plus émouvants l'un que l'autre. Durant ces quelques jours, Graig va prendre conscience que son bonheur ne tient pas uniquement à la réussite de sa vie dans le contexte que notre société exige. Il est lui et il veut vivre....

"Plusieurs grappes de mes camarades malades mentaux au regard vitreux--ou, attendez, je crois que la dénomination officielle pour les gens comme nous est en fait :"patients hospitalisés pour recevoir des soins psychiatriques" émergent de leurs chambres, se frottant les yeux, titubant de sommeil, exactement comme s'ils devaient se rendre au travail et n'attendaient que leur première tasse de café pour démarrer la journée"

Un livre touchant, écrit avec humour et tendresse traitant de cette maladie qui gangrène la vie de baucoup d'humains dans notre société. 

Et cet espoir qui entoure Graig est tout simplement magnifique. 

Un livre qui m'a bouleversé pour raisons personnelles, qui m'a surtout aidée à comprendre. 

 

 L'avis d'Antigone, qui m'a donné envie de le lire.

 

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05 février 2016

42ième parallèle de John Dos Passos.

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Sartre considérait Dos Passos comme un excellent écrivain et je ne peux lui donner tort. Le 42ième parallèle est le premier tome d'une trilogie nommée USA.

USA car il y décrit la vie de femmes et d'hommes qui y grandissent au début du Vingtième siècle. Ils proviennent de toute couche sociale, le tout sur la montée du capitalisme face à la naissance du socialisme dans le pays. 

On suit donc les aventures de Mac socialiste pur et dur qui quitte sa femme et ses enfants afin de vivre la révolution mexicaine.

Wooderhouse incarne l'homme qui s'enrichit à tout prix et qui veut combattre le socialisme. Janey petite bureaucrate et vieille fille devient sténographe et est en admiration devant son patron. Et Eleanor restauratrice d'intérieur devient l'amie de coeur du magnat. 

Le tout est entrecoupé de phrases collées provenant des actualités de l'époque, de la biographie de personnages importants et d'une chambre noire qui décrit des événements comme au cinéma. 

Ce premier tome se termine avec l'annonce de la participation des USA à la première guerre mondiale.

Diviniment écrit, je lis ce volume pour la troisième fois. 

 

 

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16 janvier 2016

Un week end dans le Michigan de Richard Ford

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Le dernier roman de Richard Ford ayant comme principal personnage Frank Bascombe, j’ai décidé de revenir à la source dudit personnage. Je commence donc par Week end à Michigan où il apparait pour la première fois.

 

En résumé, frank Bascombe a 39 ans. Il est divorcé de X et père de trois enfants Ralph l’ainé est décédé.  Il habite dans le New Jersey et il aime la ville où il réside.

Avant son mariage, il a eu du succès comme écrivain grâce à un recueil de nouvelles. Dont les droits furent même acheté pour la réalisation d’un film qui n’a jamais vu le jour. 

En définitive, Frank est un écrivain raté qui a préféré devenir journaliste sportif. 

Il a également donné des cours de littérature sans jamais parler de littérature. 

 

Il fait partie d’un club de divorcés. Un certain Walter en fait partie et lui avoue qu’il a couché avec un homme. 

 

Le roman débute le jour anniversaire de la mort de Ralph et il a rendez vous au cimetière avec X devant la tombe de leur fils. 

Ensuite, il part à Détroit avec Viky, son amie du moment. Il doit interroger un ancien sportif devenu paraplégique et il en profite pour emmener sa maitresse.

 

A Détroit, la neige, tombe. L’interview de l’ancien sportif est un fiasco et avec Vicky cela se termine assez froidement.

 

Le repas Pascal dans la famille de Viky se termine par leur rupture.

Walter le divorcé se suicide.

Un Week end catastrophique....

 

Le roman se termine en Floride. Frank a tout plaqué et a retrouvé de la famille. Apparemment, il a trouvé un certain équilibre.

 

Le prochain roman nous le dira. 

 

Il faut bien l’avouer, il ne se passe rien de super méga génial dans le roman. Frank Bascombe se réjouit à l’avance de tout ce qui va se dérouler dans sa journée et plof comme une crèpe tout s’étale. Il aimerait une autre vie mais ne sait comment s’y prendre alors il réfléchit, pour réfléchir, il réfléchit. 

 

Mais même s’il ne se passe rien, j’ai savouré cette manière cynique qu’à Richard Ford à décrire la vie de tout ceux qui entoure Frank, tout simplement savoureux. 

 

Au suivant.....

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05 janvier 2016

Motel Blues de Bill Bryson

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Bill Bryson est né à Des Moines dans l’Iowa. Naître là bas, c’est soit une évidence, soit une envie d’être ailleurs. C’est la seconde option qui s’ancre dans le cerveau de Bill Bryson. Il part donc s’établir en Angleterre à l’âge adulte. 

 

Mais après la mort de son père, la nostalgie de l’enfance et des vacances épiques avec parents, frère et soeur, lui souffle l’envie de partir à la découverte des souvenirs de ladite enfance et surtout de son pays. 

 

Empruntant la vieille voiture de sa mère et ayant bien tracé son parcours sur une carte, il va redécouvrir une partie de l’est et de l’ouest des USA. Récit émouvant et surtout hilarant de ce voyage aux sources de l’enfance. 

 

Première étape Pella en ce matin de septembre. Pella se situe à 60 kilomètres de Des Moines et a été fondée par des immigrants hollandais. Il s’y tient donc chaque année une grande fête des Tulipes. 

 

Deuxième étape Winfield, où chaque année, les enfants passaient des jours merveilleux avec leurs grands-parents paternels. 

 

« Je ne peux pas dire que je m’attendais vraiment à voir mes grands-parents en faction au portail, vu qu’ils sont morts tous les deux depuis de nombreuses années. Mais je suppose que j’avais vaguement espéré y trouver un autre couple de charmants petits vieux qui m’auraient invité à entrer et à partager mes souvenirs. Peut-être m’auraient-ils même autorisé à devenir leur petit fils. Ce ne fut pas le cas. »

 

En route pour Hannibal, la ville d’origine de Samuel Clemens dit Mark Twain, début d’un périple pour se rendre ensuite à New Salem village de naissance d’Abraham Lincoln, la maison d’Elvis Presley à Tupelo…etc; passage d’un Etat à l’autre 

 

« Le paysage devenait de plus en plus vallonné, bien que désespérément dépourvu de précipices, à mesure qu’on entamait la descente vers Warm Springs. Depuis des années je nourrissais le projet d’y aller, je ne sais pas trop pourquoi. Je ne savais rien de l’endroit sauf que Franklin Roosevelt y était mort »

 

« J’étais aux anges. Dans mon enfance, on n’allait jamais visiter des endroits comme Gatlinburg. Mon père aurait préféré se faire trépaner à la foreuse Black et Decker plutôt que de passer une heure dans un lieu pareil »

 

Je ne vais pas vous narrer toutes les étapes du voyage de Bill Bryson. Il nous décrit l’Amérique dans toute sa laideur autant que dans sa beauté. Un superbe guide de voyage car tout en rigolant des frasques de Bill, ils nous enseigne l’histoire des villes qu’il traverse et l’on imagine….

 

« Je roulais-je roulais-c’est ce qu’on fait dans l’Ouest : on roule, on roule. On passe d’une ville isolée à une autre en se traînant dans un paysage digne de la planète Neptune. »

 

Il a été soufflé comme dans son enfance par le Grand Canyon, déçu par le parc de Yellowstone et n’a pas pu passer sous le grand séquoia en voiture, vision enfantine via le View Master telle que je l’ai admirée également étant enfant. Emu, par le champ de bataille où Custer est mort, etc….

 

« J’ai fini par trouver ce que je cherchais : Winterset patrie de John Wayne. J’ai fait le tour de la bourgade pour trouver sa maison- Winterset est si petit que ça m’a seulement pris une minute- et j’ai ralenti pour la regarder sans descendre de voiture »

 

 

Bon bref, Bill Bryson a beaucoup voyagé et en est revenu enchanté, ce qui ne l’a pas empêché de retourner en Angleterre….

« Et je me suis retrouvé en Iowa. Sans exagérer, j’ai vraiment senti mon coeur battre plus vite. J’étais chez moi. C’était mon pays. Mon auto portait la même plaque d’immatriculation que les autres. Personne ne me regarderait plus comme pour dire « Qu’est-ce que tu fiches dans ce coin-ci? ». J’en faisais partie »

 

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