09 novembre 2017

Questions de caractère de Tom Hanks

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Autant vous le déclarer. Ce livre est génial, Tom hanks écrivain c’est du pur bonheur.

 

Collections de caractères vous invite à découvrir la vie passée de citoyens et citoyennes qui peuplent l’Amérique.

 

D’une nouvelle à l’autre, on valse sans connaitre le dénouement de chaque nouvelle. 

 

On suit les traces d’un homme inactif qui tombe amoureux d’une femme hyperactive, un jeune surfeur,  une star du bowling, un groupe d’amis qui construit une fusée, un homme qui voyage dans le temps, un enfant et sa mère. etc etc.

 

Sans oublier la gazette de notre ville  et toutes ces vieilles machines à écrire qui font tac tac tac, dring. 

 

 

Si Tom Hanks est le reflet de son écriture, cet homme doit être d’une gentillesse… indéniablement. 

 

Certaines nouvelles ressemblent à un scénario de cinéma, forcément, l’acteur réapparait de temps en temps.

 

Je ne sais pas s’il y  aura une suite à ce reflet d’écrivain mais je suis déjà preneuse.

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03 octobre 2017

Entre eux de Richard Ford

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De nos parents, nous ne connaissons pas grand chose. Les souvenirs de leur jeunesse qu’ils éparpillent au fil des conversations. Des photos sourire classées dans des albums. Visages familiers sur le fil de la vie.  Nous faisons partie d’eux car ils nous ont légué leur ADN, une partie de leur caractère, parfois leurs angoisses ou leurs rires.  Mais leurs plus tendres pensées nous resteront toujours des inconnues même si parfois ils se confient.  

 

Richard Ford a écrit sur sa mère après son décès, il y a de cela plus de trente ans. 

Trente ans après, il réunit ses parents dans une même histoire. 

 

Edna et Parker se sont rencontrés à Hot Springs. A l’époque il était épicier pour accéder plus tard au métier de voyageur de commerce d’amidon. 

 

Edna et Parker se marièrent et vécurent pendant 15 ans à deux, sur les routes. Ils ne se quittaient jamais, logeant dans des hôtels où les menait le métier de Parker. 

 

Parker était issu d’une famille irlandaise. Frères et soeurs mais la mère protégeant son gamin n’aimât jamais sa belle fille.

 

Du côté d’Edna, elle fut la fille d’une jeune mère qui s’en débarrassa vite en la faisant grandir chez les soeurs.  Sa mère retrouva un homme et comme Edna était en âge de travailler, elle fut invitée à revenir à la maison. C’est pourtant de ces deux personnes qu’Edna et Parker reçurent le plus d’amour familial.

 

Quinze ans après le début de leur mariage, un bébé voit le jour.

 

Le couple emmène partout avec lui l’enfant mais il faut bien se rendre à l’évidence, Parker va devoir faire sa tournée seul à présent. Du lundi au vendredi mère et fils resteront en duo jusqu’à la formation du trio le vendredi soir. Richard Ford conserve le bonheur que ses parents avaient de se retrouver. Son père et sa mère souffrirent -ils de cette situation de séparation ? Surement mais jamais ils ne le montrèrent à leur enfant. Richard compris pourtant très vite qu'il y avait eux et lui mais sans en souffrir car Edna et Parker aimaient leur fils. 

 

Parker meurt malheureusement à l’âge de cinquante cinq ans d’une crise cardiaque. 

 

Richard Ford est adolescent. Edna adore son fils mais lui fait bien comprendre qu’elle sera toujours là pour lui mais qu’il doit apprendre à se prendre en charge. Elle aura sa vie et il aura la sienne. Il est hors de question qu’il continue à devenir un petit voyou.  Ils ont chacun besoin l’un de l’autre mais dans un contexte de confiance.

 

 

Ils vont donc mener leur vie tout en se voyant très souvent. Edna ayant de nombreuses amies, des sorties, des voyages. 

 

Richard lui va vivre sa vie d’étudiant. Rencontrer la femme de sa vie. Sa mère étant toujours la bienvenue chez eux.  

 

Et puis un jour le cancer fait son apparition. Edna va vivre durant quelques années avec cette épée de Damoclès jusqu’au jour où la maladie sera la plus forte. 

 

 

 

Si vous attendez à travers ce livre que Richard Ford vous explique pourquoi il est venu à l’écriture grâce à ses parents et la vie qu’il a menée, silence total. Il esquisse à peine qu’il est romancier. D’ailleurs sa mère lui demandait quand il allait enfin travailler alors qu’il avait déjà quatre livres à son actif.

 

 

Un livre tout en pudeur et tendresse de parents qui ressemblaient  aux vôtres, aux miens.

 

Très beau portrait de deux personnes dont on entend le rire entre les pages. 

 

 

« Il m’appelait « mon fils », je l’appelais « papa »;les gens disaient que je lui ressemblais. Il n’aurait pas imaginé que soixante-dix ans plus tard je ne me rappelle plus le son de sa voix. »

 

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« Bien sûr, je la voyais vieillir. Je savais que sa vie n’était guère à son goût, mais qu’elle sauvait les apparences. Parfois elle me prenait à part, le matin, lorsque nous étions seuls, entre adultes, et elle me demandait : « Tu es heureux Richard ? Et lorsque je lui répondais  que oui, elle concluait pour que je n’y trompe pas : « Il faut être heureux, c’est ce qui compte le plus! ». Non qu’elle fut malheureuse mais elle savait de quoi elle parlait ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 août 2017

Ce qui gît dans ses entrailles de Jennifer Haigh

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« Il a expliqué que la foi est l’enfant de la peur, une terreur primitive partagée par tous les animaux, la hantise de notre propre négation. Voulant à tout prix se croire éternel, l’homme embrassera la plus extravagante des fictions : la rédemption ultime, la justice finale, l’homme-sieur qui a parcouru la terre. La foi, finalement, est l’entêtement humain à une échelle héroïque - le déni passionné, le refus absolu et éternel de mourir. »

 

 

Bakerton, petite ville de Pennsylvanie, qui vit le jour grâce à la découverte de l’énergie fossile nommé le charbon. Les mines firent la fortune de la ville pour la plonger dans le silence lors de leur fermeture.

 

 

Pennsylvanie, l’Etat où se produisit l’incident de la centrale nucléaire Three Mile Island. Personne ne fut évacué. Juste un ordre de fermer les fenêtres. Comme si les radiations optaient pour le mot frontière. On deversa l'eau de la centrale nucléaire dans les rivières. 

 

Wesley pasteur à Bakerton vécu ce drame enfant. Le cancer l’a déjà emporté quand le roman débute. 

 

Bakerton ville morte alors quand les habitants apprennent qu’ils peuvent faire fortune en louant leur sous sol à une grosse boite qui s’occupe d’extraire le gaz de schiste et ainsi récupérer un peu d’argent et beaucoup pour certains, pourquoi hésiter ? Il y a toujours les irréductibles mais bon on se passera d’eux. 

 

La faille va porter le nom de Marcelus et la machine peut se mettre en cadence. 

 

Ils ont signé très vite pour la plupart, pas lus les petits caractères. Ils vont vite comprendre qu’ils n’ont plus aucun pouvoir sur leurs terres.  Le bruit qui ne laisse aucun répit. Tout ce qui était leur passé a été enfoui dans la terre.   

 

Il y a l’écolo de service qui vient faire un tour. L’eau qui pourrait être contaminée par le méthane.

 

Comment se battre contre un dinosaure ? Tenter …

 

Et puis c’est la banqueroute pour la société. Le big boss est lâché de toute part. Bakerton retourne au silence.

 

Pourtant la vie ne sera plus la même. Ils ne seront pas plus riches mais ils ont compris que le bonheur cela se serre dans le creux des mains. Vaille que vaille. 

 

 

 La découverte des énergies fossiles a totalement changé la vie des Hommes sur notre planète. Pour les uns ce fut l’enfer des mines pour d’autres le bonheur de s’enrichir tant et plus mais voilà il fallait que l’homme se prenne pour un Dieu et qu’il crée les centrales nucléaires dont on ne saurait se passer malheureusement  totalement malgré tout ce que l’on proclame. Et nouvelle découverte, surtout aux USA, le gaz de Schiste qui pollue les sols même si l’on prétend le contraire. Energie la déesse bienfaitrice. 

 

 

Jennifer Haigh nous a concocté un roman fabuleux sur cette Amérique qui tente dans certaines régions de revivre souvent avec désillusion après  avoir touché l’espoir. Régions soumises à la cupidité de l’homme qui veut absolument augmenter sa montagne d’argent qui entre nous n’est que virtuelle. Les fortunes actuelles sont basées sur de l’argent virtuel donc inexistant.  

 

Je n’en rajouterai pas plus. Les bases de notre société planétaire sont contenues entre les lignes du roman.

 

 

 

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10 août 2017

Leçons de conduite de Anne Tyler

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Maggie et Ira doivent se rendre aux obsèques  du mari de la meilleure amie de Maggie , Serena. Mais tout va être chamboulé lorsque Maggie croit reconnaitre la voix de son ex belle fille Fiona à la radio déclarant qu’elle va se remarier.

 

Ni une ni deux, Maggie décide qu’ils iront à l’enterrement chez Serena et qu’ensuite ils feront un détour pour revoir Fiona et leur petite Leroy. Enfin, c'est Maggie qui décide et Ira bon gré mal gré obtempère.

 

Maggie la fofolle qui ne cesse de jacasser et Ira vont vivre de drôles de moments qui va bien souvent les ramener à leurs souvenirs.

 

Maggie et Ira sont parents de deux enfants adultes : Jesse, le raté selon son père mais l’étoile selon sa mère est un rockeur. Il s’est marié il y a quelques années à Fiona car elle était enceinte. La jeune fille ne voulait pas garder l’enfant : Jesse oui et donc Maggie s’en en mêlé.  La petite famille a vécu chez eux durant des mois jusqu’au jour où Fiona est partie avec son enfant.  Il s’en est suivi un divorce.

 

La fille elle ne veut absolument pas ressembler à ses parents et va quitter le nid familial pour suivre des études universitaires.

 

Durant cette journée mémorable,  Serena va les chasser de sa maison, la rencontre d’un vieux noir que Maggie veut absolument aider, le retour de Fiona à la maison et son départ presqu’immédiat quand la jeune femme comprend que Maggie a encore tout inventer pour l'emmener chez eux. 

 

Maggie travaille dans une maison de repos. Elle aurait pu exercer un tout autre métier car quand même intelligente mais ce fut son choix. Elle adore le contact avec les autres c'est peu dire.

 

Ira rêvait de devenir médecin mais ayant charge de famille en plus de la sienne en la personne de son père et de ses deux soeurs, il a repris le magasin d’encadrement familial. Il réalise qu’il s’est sacrifié pour les autres et c’est trop tard pour changer le destin mais est-il vraiment si malheureux après tout ? Le tout est de stopper net parfois les lubies de Maggie.

 

 

Les livres d’Anne Tyler apportent toujours une pincée de bonheur. Un mélange de drame et d’humour rien de tel que pour passer un agréable moment. J’en redemande.

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01 juin 2017

Une enfance américaine de Annie Dillard

« Vous aussi vous vous le demandez parfois, comme moi, mais cela n’a pas d’importance. Car l’essentiel n’est ni vous ni moi, ni ce que nous aurions pu être, ni ce que nous aurions pu devenir.  Ce qui compte, c’est que nous prenions conscience de ce qui nous entoure, que nous découvrions un lieu, que nous trouvions un globe en orbite, sur lequel nous pencher, réfléchir et sauter. Ce qui importe, c’est le moment où une vie s’ouvre, où nous sentons qu’elle touche - avec un sifflement électrique et un cri- notre monde actuel, cette sphère minérale, ocellée »

 

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J’ai longtemps tourné autour des livres d’Annie Dillard dans la librairie, hésitation. Ils chuchotaient : on est là oui on est là. Pour me décider à choisir une enfance américaine. Flute, j’aurais du m’emparer de tous car quelle rencontre ! 

 

 

Annie Dillard a vécu à Pittsburgh durant son enfance et adolescence dans les années cinquante. Née dans une famille très aisée, son père étant fils d’industriel, mais élevée d’une façon très moderne pour l’époque. 

 

Son père adorait le jazz et un jour il décide de descendre en bateau vers la Nouvelle Orléans. Il n’y est jamais arrivé, s’arrêtant trop souvent en chemin et sa femme lui signifiant qu’elle en avait un peu assez d’être seule. Cela vous situe la figure paternelle. 

 

Sa mère, elle, femme au foyer, adore les beaux objets tel un mobile de Calder. Dans les années cinquante cela devait être peu courant. De plus, cette dernière aimait les calembours et jeux de mots et aménager les pièces de sa maison continuellement.

 

Elle sera l'ainée d'un trio de filles. 

 

De ses vacances d’enfant, elle nous raconte, le lac où son oma faisait la planche avec délice, ses grands-parents y possédant une maison. 

 

Sa mère lui laissant une grande liberté, ce qui est incroyable pour l’époque, elle explorait la ville juchée sur son vélo. Chaque grain de poussière pour elle, lui permet d’essayer de comprendre la vie. 

 

Ses premières lectures furent des livres naturalistes doublées de ceux traitant la société américaine. Née après la guerre, étonnement les enfants lisaient énormément de récits sur le nazisme et les combats. De plus, ils étaient soumis à des fausses alertes comme exercice. 

Ce n’est qu’à l’adolescence qu’elle s’intéresse  à la poésie et les romans venus d’Europe. 

 

Gamine de curiosité insatiable, elle collectionne les minéraux, joue au baseball. Toute petite, elle découvre qu’en tirant la peau du bras de ses parents, cela forme un cône. Elle dessine les détails que son regard à croisé. Et n’échappant pas à la société où elle est née, elle suit des cours de danse et participe à des rallyes à l’adolescence. 

 

 Elle aurait pu accepter de vivre comme ses compagnes une vie bien établie mais dès le départ, ses parents ont considéré que c’était elle qui devait la composer bien qu’à l’adolescence, ils se demandaient ce qu’ils allaient faire d’elle. 

 

Lire Annie Dillard c’est comme une ouverture. Un souffle de liberté. C'est inexplicable. 

 

Le livre qui a changé ma vie ? Maintenant je possède la réponse. 

 

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14 février 2017

L'immeuble Christodora de Tim Murphy

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L’immeuble Christodora édifié en 1928 et ayant connu due nombreux aléas mobiliers est réhabilité dans les années quatre vingts. Le père de Jared y achète un appartement, y établi un bureau et son fils durant ses études y vient régulièrement adorant New York. 

 

Jared va rencontrer Milly . Après une rupture, ils se retrouvent et se marient. Bien entendu ils intègrent l’appartement du Christodora pour y vivre pleinement leur amour ainsi que celui de l’art qui les uni car ils sont tous deux artistes.

 

Milly  est une angoissée. Sa mère Ava grande défenderesse de la recherche contre le sida souffre de dépression et de bipolarité. Missy en a souffert toute son enfance des changements d’humeur de sa mère. Elle même étant dépressive, elle ne veut absolument pas mettre au monde un enfant de peur que lui aussi souffre de la même maladie.

 

Dans l’immeuble vit également un homosexuel Hector qui est devenu quelqu’un d’agressif, après avoir perdu l’homme de sa vie Ricky qui ne voulait pas se faire soigner même si malade du sida. Il est tombé dans la spirale de la drogue et n’est pas fort aimé. 

 

Milly et Jared adoptent  un enfant Mateo. Milly est tombée sous son charme lors d’une visite à un orphelinat dont sa mère s’occupe. C’est un enfant qui aime dessiner, créer.

 

Les premières années se déroulent dans le bonheur mais à l’âge de quinze ans tout dégringole : Matto souffre de ne pas connaitre sa vrai mère même s’il possède une photo d’elle. La descente va commencer lorsqu’Hector l’initie à la drogue. 

 

Ce que Mateo ne sait pas et qui aurait pu le sauver, c’est qu’Hector connaissait sa mère Isabel Mendes, morte du sida contractée lors d’une relation sexuelle. Isabel Mendes après avoir été reniée par sa famille va devenir une militante pour que les femmes soient également reconnues par l’Etat comme malades du sida à égalité avec les hommes pour la couverture sociale. Si Mateo avait su tout cela, sa vie aurait été totalement différente. 

 

Ava, Milly, Jared, Hector, Isabel, Mateo. Il ne manque dans le cercle que Drew qui est la meilleure amie de Milly . La si belle Drew que Milly  a aidée à décrocher de la drogue dans leur jeunesse. 

 

 

 

Je me souviens au début de mes vingt ans de l’arrivée de cette maladie qui fut terrible. Les principaux touchés furent les homosexuels. Les homophobes de l’époque jubilaient de la mort de ces suppôts du dévergondage. La bêtise humaine était telle que des enfants étaient rejetés par les parents d’autres enfants. Certains imaginaient qu’un seul baiser pouvait vous transmettre la maladie.

 

Le livre raconte comment la communauté homosexuelle a du se battre pour que l’on arrive à trouver un remède. Il a fallu du temps pour que l’on comprenne que c’était l’association de certains médicaments qui pouvaient mener à la guérison même si le malade était toujours porteur du virus du sida. Pris séparément ces pilules aidaient quelque temps avant de trouver un autre traitement. 

 

Outre l’homosexualité, la drogue prend une part importante du roman. Un chapitre est particulièrement très dur, la descente d’un drogué vers l’overdose est totalement une descente aux enfers et rien ne vous est épargné durant ces quelques pages. 

 

Il n’y aucune haine dans le roman, des personnages auxquels on s’attache mais surtout des êtres humains qui aident les autres et dans notre société égocentrique à outrance c’est une bulle d’espoir qui nous permet de croire encore à la bonté car elle existe. Il faut s’y cogner tout simplement.

 

Et l’art, surtout l’art qui permet de créer des liens, d’échanger, de vivre….

 

« C’était différent. Ce n’était pas un besoin obligatoire pour eux de devenir artistes professionnels. J’était là pour les aider à trouver leur voie créative, et les initier à l’art et au rôle qu’il pouvait jouer dans leur vie. Surtout s’ils venaient de foyers difficiles. Avoir une feuille de papier et une boite de crayons…C’est une véritable échappatoire. »

 

Beaucoup seront peut être un peu perdus à la lecture car le roman se déroulant entre les années quatre vingt et deux mille vingt, les chapitres sont un mélange de ces années. On passe du futur au passé sans cesse. En tant que lectrice j’aime cette manière d’écrire. 

 

 

 

« Ces dernières années, il avait vu tant de couples vivre dans l’agonie permanente, à attendre que l’un ou l’autre meure, à réaliser qu’ils avaient une deuxième chance, à se réveiller au contact de la dure réalité d’une vie qui ne voulait pas les abandonner, finalement - des dettes, des factures, des emprunts, des emplois à trouver. »

 

 

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17 janvier 2017

Lettre à ma fille de Maya Angelou

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« Je suis convaincue que la plupart d’entre nous ne grandissent pas. On apprend à se garer, à rembourser ses cartes de crédit, on se marie, on ose avoir des enfants et on appelle cela grandir. Or, nous nous contentons de vieillir. Nous accumulons les années dans notre corps, sur notre visage, mais, au vrai, dans notre chair demeure l’enfant que nous étions, innocent et timide comme un soupir.

 

 

Maya Angelou, décédée en 2014, fut  ce que l’on peut nommer une grande dame. Elle fut décorée par le Président Obama. Poète écrivain, activiste pour les droits civiques américains, proche de Martin Luther King, chanteuse, danseuse. Pourtant, et avec grande honte, en choisissant ce livre en librairie je ne n’avais entendu son nom ou je n’avais pas fait attention quand on en parlait dans les médias.

 

Dans ce petit livre, elle nous ouvre le chemin de ce que fut sa vie. 

 

Lettre à ma fille est adressée à toutes les femmes qui pourraient ou auraient pu être sa fille, de n’importe quel continent, n’importe quelle nation car en réalité Maya Angelou n’a jamais eu de fille mais un garçon qu’elle a adoré. 

 

Maya Angelou est née à Saint Louis. A l’âge de trois ans, elle déménage avec sa famille  à Stamps chez sa grand mère paternelle MAMA. Sa grand-mère mesurait 1 m80 tout comme Maya plus tard. 

C’est durant cette enfance à Stamps qu’elle sera confrontée à cette différence entre les noirs et les blancs qui est présente dans le Sud mais qui n’affectera pas l’écrivain car elle ne s’est jamais sentie inférieure aux autres.

 

Dans cette longue lettre, divisée en plusieurs chapitres, elle nous raconte des épisodes de sa vie parfois violents, d’autres plus humoristiques. Très américaine, l’esprit patriotique et fustige en quelques mots les hommes politiques. Ce qu'elle doit à sa mère qui lui a appris l'indépendance.

Des poèmes : les siens et d’autres tel celui de Mari Evans

 

Je suis une femme noire

 

Je

Suis une femme noire

Haute comme un cyprès. Forte au delà de toute mesure

Défiant l’espace

Et le temps

Et les situations

Assaillie

Insensible

Indestructible

Regarde-moi

Et sois

Renouvelée

 

 

Une longue lettre écrite avec bonté et tolérance.Une lettre qu'elle clot avec le portrait de sa grand-mère. Une lettre d’amour à nous qui aurions pu être ses filles. Magnifique…

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21 octobre 2016

La jungle d'Upton Sinclair

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En ce début du XXième siècle Jurgis quitte la Lituanie  pour fuir la pauvreté. Il part avec la femme qu'il aime Ona ainsi qu'une partie des deux familles. Ils rêvent d'une vie meilleure en Amérique, là bas à Chicago.

Ils se font arnaqués durant le voyage et arrivés à Chicago sont complètement déboussolés. Leur chemin les conduits vers un endroit qui pue cerné par le bruit. Le quartier des abattoirs.

Jurgis jeune et plein de force va être engagé dans cette usine car ils découvrent tous que oui il y a plus de liberté mais c'est un oeuphémisme.  la vie y est plus chère que dans leur pays. Ils vivent entassés dans un appartement jusqu'au jour où ils découvrent une publicité vantant les mérites d'êtres propriétaire.

Ignorants, ne parlant pas l'anglais, ils se font arnaquer en achetant cette maison qui en fait est un taudis. Pour rembourser la maison chaque mois, Jurgis doit absolument travailler encore et encore. Les femmes également ainsi qu'un des enfants. Usine de conserverie, usine de phosphates....travailler, travailler pour un salaire qui leur donne à peine de quoi manger.

Malgré leur bonne volonté, ils vont s'enfoncer et le jour où Jurgis est jeté en prison , c'est la descente aux enfers...

Lorsqu'il sort, c'est une autre famille qui vit dans leur maison. 

Il n'a plus rien à perdre, que se perdre lui même dans la malhonnêté. Il aura de l'argent mais perdra tout. A nouveau la prison, la mendicité, le vol à l'étalage jusqu'au jour où il retrouve une partie de la famille et qu'il pousse la porte d'une assemblée et va découvrir le socialisme. 

 

Upton Sinclair était journaliste. Lors de la parution du livre en 1906, ce fut le scandale  parce qu'il dénonçait les conditions ouvrières misérables mais également pour  sa description des abattoirs. Chicago comme toute l'Amérique était aux mains des Trusts qui offraient les pots de vin aux politiques et truquaient les élections. 

Ce qui est édifiant c'est que les ouvriers travaillaient sans protection aucune. Les dépeceurs étaient couverts de sang, les ateliers l'hiver n'étaient pas chauffés, aucune aération. Les contrôles de la viande étaient factices : on mélangeait aussi bien les carcasses avariées que celles de bonne qualité. 

Les tricheries des multinationales actuelles concernant la viande sont exactement les mêmes en grande partie qu'à l'époque.  Et comme aujourd'hui tout cela au nom de l'argent avec un grand A. 

Grâce à Upton Sinclair qui fut reçu par le président Roosevelt, des amélioriations furent décidées pour que les ouvriers ne subissent plus journellement cette horreur. 

 

"Pourtant ni Ona, ni les siens n'étaient devenus insensibles. Leurs âmes n'étaient qu'assoupies. Quand elles se réveillaient, la porte de leur mémoire s'ouvrait en grand. Quel moment terribe c'était alors pour nos amis ! Les joies, les espoirs et les rêves d'autrefois leur tendaient les bras et leur parlaient. Ils ressentaient sur les épaules le poids infini de leur fardeau et savaient qu'ils ne s'en libéreraient jamais. Ils n'avaient même plus le courage de protester. L'angoisse les saisissait, plus terrible que s'ils avaient vu la mort en face. C'était une terreur indicible, inexprimable et qui ne lâcherait jamais prise."

Nous sommes au XXIième et en renfermant ce roman, on réalise que rien n'a vraiment changé. Le pouvoir de l'argent profite de la pauvreté de milliers d'êtres par le monde. Le capitalisme n'a jamais cessé d'exister entrainant sa voracité  dans une main d'oeuvre inépuisable et renouvelable à satiété. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 juin 2016

Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

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Ne supportant pas la liaison de son mari avec une femme plus jeune, Mia a d'abord sombré dans la dépression. A sa sortie de l'hopital, elle par se restructurer à Bonden la ville où sa mère, veuve, vit dans une seniorie.

 

Elle a loué une maison durant les vacances des propriétaires et va donner des cours de poésie car elle est poétesse, à un groupe d'adolescentes. 

Quant au groupe que forme sa mère avec ses trois amies, on l'appelle Les Cygnes.

 

Mia va passer l'été à s'observer elle-même en repensant à son passé, redécouvrir l'adolescence avec son groupe d'élèves et être confrontée à la vieillesse. 

 

Sans oublier, la voisine, une jeune mère Lola dont elle devient l'amie. 

 

Magnifique roman très féministe qui nous entraine dans la poésie qui vit en Mia, de son regard sur les autres pour tenter de se comprendre elle-même. Une analyse des femmes de l'enfance à la vieillesse. 

Une écrivaine qui mérite vraiment le détour. 

 

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23 avril 2016

Une colère noire de Ta-Nehisi Coates

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A travers une lettre adressée à son fils adolescent, Ta-Nehisi Coates crie sa révolte d'être de couleur noire aux USA. Il raconte la peur qu'il ressentait dans l'enfance, à travers les gestes des ses parents et grands-parents. Ne jamais se faire remarquer car le blanc n'aime pas cela.

Cette peur de traverser certains quartiers face à la violence qui y régnait. Peur des policiers qui représentent l'homme blanc qui a tout pouvoir.

Il a grandit avec cette peur qui est devenue un cri. Jusqu'au jour, où il a intégré l'université de Howard, La Mecque comme il dit de tous ceux qui ont la même couleur de peau que la sienne.

Il est conscient qu'ils n'atteindront jamais le Rêve de l'homme blanc qui se prétend le maitre de son pays. D'ailleurs, il ne veut pas de ce rêve. Certains pensent l'avoir atteint mais à quelles conditions ?

Alors à son fils, il écrit cette magnifique lettre. Il lui raconte toute sa vie, sa rencontre avec sa mère et sa naissance. Et puis ce jour, où une femme blanche a poussé son fils car il n'allait pas assez vite.

 Il lui explique que son corps de noir est lui et que personne ne peut prétendre le contraire. Son fils mènera la vie telle qu'il le veut mais il ne doit jamais oublier de lutter pour rester Lui.

 

Quel cri, quelle rage, quelles vérités ! Un livre à garder précieusement et à lire et relire. 

Pour Ta-Nehisi Coates l'imposture des blancs comme vous et moi  est de se croire la race suprême. Aux USA, ils ont importés, je dis bien importés des hommes et des femmes venues d'Afrique pour vivre leurs Rêves à eux les blancs. Les noirs sont devenus leurs esclaves afin de les enrichir eux les maîtres. 

Ensuite, quand l'esclavage a été aboli, les maîtres ont continués à considérer leurs anciens esclaves comme des inférieurs car pour l'homme blanc, les USA ce sont eux, ils les ont créés. Oui d'accord mais je rajouterai que l'homme blanc a volé le territoire des indiens, c'est mon ressenti depuis l'enfance.

Le livre commence par une lettre d'Alain Mabanckou dans lequel il explique que oui ils sont frères de peau mais qu'il sera jamais considéré tout à fait comme des leurs puisqu'il ne provient pas de la descendance des africains esclaves. On pourrait en débattre des heures. 

 

 

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