19 septembre 2017

Le beau mystère de Louise Penny

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Tout ne pourrait s’appeler que paix au sein de l’Abbaye Saint Benoit du Lac. Les derniers moines de l’ordre de Saint Gilbert y vivent dans le silence et chants grégoriens. L’Abbaye est fermée à tout étranger afin de respecter la sérénité. Mais, même dans un lieu clos, le mal peut s’immiscer par le plus petit interstice.

 

 

24 moines reclus dans l’est du Quebec, au bord des forêts qui sont pourtant connus dans le monde entier grâce à la diffusion d’un CD sur lequel ils unissent leurs voix. 

 

L’un d’entre eux va être assassiné dans le jardin de l’Abbé, chef de ce monastère.

 

Gamache et Beauvoir, son adjoint se rendent dans ce coin isolé du Quebec. 

 

L’Abbé est bien obligé de les faire entrer pour constater le décès. 

 

Un moine recroquevillé comme un foetus et qui tient entre ses doigts un morceau de papier sur lequel apparaissent des signes cabalistiques : les Neumes.  Les Neumes qui guidaient les chants grégoriens avant l’apparition des clés musicales.

 

Gamache décide de se laisser enfermer dans le monastère afin de découvrir la vérité. Beauvoir que les chants grégoriens laissent complètement froid, reste avec lui.

 

Jusqu’au jour où un avion survole le monastère apportant à son bord, le mal incarné : le chef de la sécurité Francoeur. Ce dernier a toujours le même but :  nuire à Gamache. 

 

Pour cela, il va se servir de Beauvoir. 

 

Gamache découvrira le coupable mais perdra la confiance de son adjoint. Beauvoir repartira sans lui du Monastère. 

 

 

 

A la différence des romans précédents, toute l’intrigue se déroule à huis clos et l’on s’imprègne du calme qui règne dans la vie des moines.   

 

Très beau roman au son des chants grégoriens et sous l’aile de Dieu.

 

Et Gamache, je l’aime toujours autant.

 

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photo prise sur internet de l'Abbaye de Saint Bois du Lac

5/5. Concert à Saint Benoît - du - Lac - Canada

 

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20 mars 2017

Les carnets de Montréal de Catherine Pont-Humbert

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« C’est le portrait d’une ville qui est ici proposé; portrait dessiné par le prisme de la vie culturelle et c’est un carnet de voyage, au sens où le voyage est un déplacement  de l’esprit et une initiation. »

 

 

Catherine Pont-Humbert n’est pas canadienne mais française. Etudiante à la Sorbonne, elle prend un vol pour Montréal rejoindre son amoureux et découvre le Quebec à l’arrière d’une Harley Davidson.  Elle se prend d’amour pour  la littérature québéquoise. 

 

Quelques années plus tard, munie d’une bourse, elle y repart pour un séjour de deux ans. 

 

Elle a voulu partager son amour pour cette ville à travers ce livre non pas en racontant sa vie à Montreal   mais celle de personnalités Montréalaises qui font toutes parties du monde des arts et de la culture qu’elles soient canadiennes ou non, Montréalaises ou non, francophones ou non. 

 

Découvrir Montréal à travers leur vécu et leur regard. Ils l’emmènent dans un lieu de Montréal qui leur est propre. A travers ce lieu, ils s’identifient à Montréal.

 

Etonnement, elle choisi l’hiver pour les rencontrer et les écouter.

 

Le carnet est composé des pensées de l’auteur, de ses rencontres avec les personnalités telles Dany Laferrière, Michel Dallaire, Michel Goulet, Louise Forestier, Ariane Moffat, Denise Desautels, Carole Laure etc vingt témoignages de cet amour qu’ils portent à Montréal. Les lieux sont photographiés par Richard Marx-Tremblay et Alex Tran. Le livre contient en prime les cartes de ces lieux au milieu de Montréal. 

 

« Désormais, lorsque je refais ce chemin- je ne m’en lasse pas, sans doute parce que cette marche est l’une des premières que j’aie faites à Montréal lors de mon lointain premier séjour- je n’oublie jamais d’agrandir le regard encore un peu plus afin d’intégrer dans mon champ de vision la croix qui brille au loin comme un joyau au sommet du Mont Royal ». 

 

Il est beaucoup question du clivage qui a existé entre francophones et anglophones chacun vivant séparés, ce qui a l’heure actuelle n’est plus le cas sauf un quartier d’irréductibles anglophones qui ont décidé de ne jamais parler français car Montréal est une ville composée de quartiers, de villages pourrait-on dire. 

 

La chappe de plomb imposée par l’Eglise durant des années est également évoquée. Ce temps est révolu heureusement où les femmes n’avaient comme mission que de mettre de nouveaux canadiens au monde. Cette pression sur les femmes a entrainé un très grand mouvement féministe. Les Montréalaises sont perçues comme très indépendantes.

 

« Quand ils ne sont pas à l’étranger, Denis Marleau et Stéphanie Jasmin quittent Montréal à la fin de la semaine, traversent le fleuve par le pont Champlain et partent à la campagne. Depuis plusieurs années, faire cette traversée, est devenu une nécessité. Ils ont la chance d’avoir une vraie campagne, un autre champ vide aussi important que la ville et qui les plonge dans un tout autre paysage. Il y a, d’un côté une campagne très champêtre (une des qualités de Montréal, est d’être proche de la campagne) et, de l’autre une urbanité assumée et forte ». 

 

Montréal est une ville considérée européenne et nord-américaine. Elle vit dans sa mixité visuelle tout autant qu’humaine car Montréal est ville de migrants. On y parle soixante langues différentes. 

Le français devra-t-il résister ? Impossible à dire. 

 

« Emile Nelligan, le poète, en avait fait « une ville d’argent au collier de neige ». Mais quand Montréal plonge dans la neige, prise dans le froid et la glace, elle retourne à la sauvagerie des grands espaces et oublie les hommes. »

 

Lors de la conclusion de ces carnets, l’auteur se fait la réflexion que personne n’a évoque les Amérindiens. 

« L’existence des Améridiens était une plaie dans l’imaginaire collectif. Et pourtant avant que Montréal, n’existe, le village d’Hochelaga-découvert par Jacques Cartier  en 1535-était bien occupé par des autochtones. »

 

Mais les temps change et après avoir durant des décénnies tenté de gommer la culture indienne au profit de la canadienne, on réactive la mémoire collective.

 

Autre sujet très peu abordé : l’indépendance du Québec.

 

« J’ignore s’il faut intérpréter le silence  sur le sujet de l’indépendance  comme le signe d’un renoncement, mais je sais qu’il y a peu encore, il était impossible de séjourner une semaine à Montréal sans qu’une conversation l’aborde »

 

 

Si vous aimez la culture sous toutes ses formes, que Montréal vous fait rêver, les carnets vous emporteront sur des chemins de toutes formes. Au contraire de nos villes européennes l’art n’est pas cloisonné. Un artiste peut être tout aussi bien être peintre qu’acteur de cinéma. Il n’y a pas la rigidité européenne qui tend à placer chacun dans une case bien établie. 

 

 

 

Montréal mélange de passé et de futur avec ses contradictions. Montréal traversée par le Saint Laurent et dominée par le Mont Royal. Montréal qui longtemps fut léthargique mais qui bouge en ce XXième siècle. 

 

Montréal. 

 

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13 juin 2016

La traversée de la ville de Michel Tremblay.

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Maria à nouveau enceinte, décide de quitter Providence et de se rendre à Montréal. Son frère Ernest ne lui a t-il pas dit au téléphone que si elle avait besoin d’aide…

 

Maria donc entreprend le voyage et découvre un Ernest qui a fort grossi et dont la femme apparemment est alcoolique. Et quelle surprise de retrouver ses deux soeurs qu’elle n’avait plus vues ainsi que son frère depuis 12 ans. 

 

A la naissance du bébé, Maria qui a trouvé un travail de nuit fait venir l’une de ses filles près d’elle afin qu’elle s’occupe du bébé.( C’est dans la traversée du Continent, tome précédent, que l’on découvre le périple de la petite à travers le Canada)

 

Nana s’occupe donc de son frère avec amour, mais ses deux soeurs restées là bas près des grands parents lui manquent. Mais surtout quand elle écoute en cachette sa mère et ses deux tantes, elle entend le mot guerre.

 

Alors grande décision, casser sa tirelire pour aller acheter trois billets direction le Saskatchewan. Sa mère est en danger et pas heureuse. C’est à elle de chasser les nuages.

 

 

Le roman est à deux voix : celle de Maria qui raconte sont départ Vers Montréal, les retrouvailles avec ses soeurs ainsi que la vision qu’elle a de la ville en arrivant.

 

Nana durant son périple pour arriver à la gare va découvrir des quartiers de Montréal qu’elle ne connaissait pas. Elle nous décrit cette ville en 1914 et c’est un régal.

 

Ayant lu le troisième tome avant le deuxième, il ne me reste plus qu'à dénicher le quatrième de cette saga des Desrosiers qui oscille entre humour et tendresse. Dénicher après relecture de la Traversée des sentiments...

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24 janvier 2009

Michel Tremblay La traversée du continent

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Dans la petite ville de Sainte Marie au Saskatchewan, Rhéanna grandit entourée par ses deux plus jeunes soeurs. Toutes trois sont élevées par leurs grands-parents. Leur fille Maria voulant voir le monde a un jour quitté la maison familiale, a épousé un pêcheur français du nom de Desrosiers. Ce dernier meurt en mer. Maria incapable d'élever ses filles les a donc confiés à ses parents.

La vie est heureuse dans ce petit village. Le mais pousse durant la nuit selon la légende. Une elle enfance.

Mais Maria décide que Réhanna doit venir vivre avec elle à Montréal. A 11 ans, elle va devoir prendre le train pour traverser le Canada et se rendre à Montréal.

Tout est organisé. A chaque halte au nombre de trois, une tante l'accueillera. Réhanna part envahie par une énorme tristesse. Elle pressent qu'elle ne verra plus ce beau village et sa maman qui la réclame lui est tout à fait étrangère.

Réhanna ne se doute pas que son voyage va être merveilleux de rencontres.

Ce roman est tendre, humoristique, poétique, doux. Que demander de plus ? J'avoue que j'ai tourné longtemps autour de ce livre avant de me décider et le choix fut excellent. Ce livre est synonyme de bonheur.

"Elle veut rester là! Ici ! Maintenant !Que ce moment ne s'achève jamais. Que le train n'avance plus. Que le soleil ne bouge plus.Que la fillette qui contemple tout ça n'existe plus que plongée dans la folie des couleurs. Un tableau, Qu'on ne pourrait accrocher nulle part parce qu'il serait trop beau."

Posté par winniethepooh à 06:24 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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