28 décembre 2010

Histoire d'un Allemand de l'Est Maxim Léo

9782742792726

Maxim Léo est né de l'union entre deux êtres différents : Ann sa mère, journaliste,membre du parti et de Wolf artiste en désaccord avec cet Etat dans lequel ils doivent vivre.Il vit toujours dans cette rue de Berlin où se déroula son enfance; là où son père possédait son atelier en toute indépendance. Il aime l'ouest depuis son adolescence. Il a voulu comprendre pourquoi ses grands parents étaient restés à l'est lorsque l'Allemagne fut divisée. Pourquoi, ils défendaient cet Etat autoritaire.

Son grand père maternel dut fuit l'Allemagne lorsque les nazis commencèrent à arriver au pouvoir.Son père avocat avait gagné un procés contre Goebel, avant l'arrivée du nazisme. Goebel avait juré de se venger. Et un jour, il tint parole. Gerhard s'enfuit en France où il devint un fier résistant et à la fin de la guerre revint en Allemagne où il devint un membre important du parti.

Son grand père paternel, suivit le mouvement durant la guerre, il devint soldat, servit le Reich et lorsqu'il revint de cette guerre là rien ne fut plus pareil. Il revint en partie détruit, battant son fils Wolf. Il quitta sa femme et ses enfants.Wolf ne voulut plus lui parler jusqu'à la chute du mur.

An souffrit énormément de ne pouvoir exercer son métier de journaliste sans les mensonges établis par l'Etat. Wolf, resta artiste indépendant pour ne pas frayer avec le pouvoir. Mais jamais, il ne leur vint à l'idée de s'enfuit de leur pays. Nés à l'ouest, ils ne purent quitter cet Est. Même lorsque le mur fut abattu, ils continuèrent à se cacher derrière leur Nation.

Maxil Leo essayé de lever le voile sur cette famille si particulière. Il tente de nous faire comprendre pourquoi tant d'êtres se sentaient comme protégés par ce pays qu'on disait de l'Est tandis que de l'autre côté du mur brillait une liberté qu'ils ne comprenaient pas.

"Mes deux grands-parents ne se sont jamais connus. Je ne sais pas s'ils auraient eu quelque chose à se dire s'ils s'étaient rencontrés. Ils ont certes construit le même Etat, ont été membres du même parti; ont peut-être partagé  à un moment les mêmes convictions. Et pourtant ils seraient vraisemblablement restés deux étrangers : leurs biographies étaient tellement éloignées, le destin les avait, de si bonne heure, orientés dans des directions si radicalement différentes"

"lidée de contruire un Etat antifasciste était un baume pour ces deux hommes. Gerhard pouvait se laisser bercer par l'illusion que les citoyens de la RDA n'avaient rien à voir avec ceux qui, jadis avaient chassé sa famille du pays. Quand à Werner, il pouvait faire comme s'il avait toujours cru au socialisme. Toutes les blessures,  toutes les erreurs étaient oubliées et pardonnées lorsque l'on était prêt à devenir un rouage de cette nouvelle société.

Nouvelle foi contre ancienne souffrance, tel  était le pacte fondateur de la RDA"

Posté par winniethepooh à 05:24 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :


10 décembre 2010

Brèves de campagnes Gérard Calmettes

arton540_ddba2Il aime sa vie dans le petit village de Bourgogne, lui l'ancien Parisien. Il y vit en compagnie de sa Maminou. Réveil dès que la lumière fuse. Chacun à leur tour, ils préparent le petit déjeuner. Il s'en va chercher le pain, devise avec son prochain voisin Jean Claude qu'il initie aux personnalités locales : le Jeanjou lecteur rabelaisien et le Mollo adepte des dictons et philosophe de surcroit.

Footing, vélo d'appartement, l'activité physique est prise en compte.

Dans la cave, plantations en tous genres. A l'extérieur, déposer les graines dans le sillon et quatre mois plus tard, les fèves souriront.

Il fait si bon vivre à la campagne tout en n'oubliant pas d'écrire....

De brefs moment de vie qui fleurent le bonheur, entament une note de poésie ,le tout saupoudré d'une tranche d'humour. Un très beau remède contre la baisse de moral.

"C'est au chant du coq, un matin printanier qui a pris sa douche et en tenue lègère, se sèche aux premiers rayons. mais, se dit-on, pluie du matin n'arrête pas le pélerin, surtout quand le voyage  ne conduit  qu'au jardin, à deux pas de la maison.. On y fait là ce qu'on veut sans bouder son plaisir. C'est grignoter le temps qui passe, en gourmet par petites bouchées d'instants.

C'est écouter, bras ballants, les feuillages qui gouttent. Ramasser une pomme, lentement la grignoter, fraîche comme la rosée, fondante sur la langue"

Posté par winniethepooh à 14:30 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

03 décembre 2010

Monet Pascal Bonafoux

Cher Monsieur Monet,

Vous qui considériez que votre vie n'avait aucun attrait, j'ai apprécié ce livre qui vous raconte.

Un livre biographique, oui, mais surtout un hymne à votre amour de la lumière, des couleurs, de la nature.

Vous m'avez bien parfois énervée avec vos chicaneries d'argent qui ne cessaient guère. Il vous en manquait, ce qui ne vous empêchait pas d'adjoindre une bonne au train de vie de la maison. Chicaneries qui ont cessé au vu de votre succès trop tardif à mon goût. Vous avez alors fixé le prix de vos tableaux au grand dam de vos acheteurs.

L'amitié était un mot sacré. Renoir, Pissaro, Degas, Rodin, Cézanne, Bazille...surtout Renoir. Vous en possédiez de leurs tableaux. Vous les achetiez lorsque vous les aperceviez solitaires dans une vitrine. Ainsi vous pouviez les soustraire au regard moqueur de ceux qui dénigraient l'impressionisme.

Je ne savais pas du tout que vous aviez vécu en adultère. Votre seconde femme n'était pas divorcée, pourtant ses enfants ont grandi avec les vôtres en famille. A la mort du mari, vous avez enfin pu lui passer la bague au doigt.

J'ai  compris la dispersion de tant de tableaux autour du monde. Vous vendiez à Bertrand Ruel, marchand d'art, qui a organisé une  expo aux USA. Des peintres américains sont venus vous rendre visite. Entre peintres, vous vous offriez également vos tableaux. Lors du décès de l'un d'entre eux, vous organisiez ensemble une vente des tableaux dudit peintre afin d'aider sa veuve ou ses enfants. Ce fut l'envol de la plupart de vos créations.

Je pourrais encore écrire et écrire des lignes sur ce livre car il m'a rapproché une fois de plus de votre peinture.

J'avoue que lors de l'expo à Paris, j'ai eu le coup de foudre non pas pour l'homme mais pour vos oeuvres.

Hier après midi, pourfendant les flocons de neige bien au chaud dans le train, je vous ai imaginé peignant au milieu des champs enneigés. Vous auriez été si heureux tout en râlant contre le froid, les flocons mais si heureux.

Ce matin, j'ai parcouru la fin de votre vie si remplie. Vous êtes mort un 5 décembre, nous en sommes si proches.

C'est idiot, j'avais les larmes aux yeux. Vous étiez une personne tellement râleuse bien souvent mais si généreuse que je n'arrivais pas à vous quitter.

J'espère que vous m'attendrez à Giverny. Je pense m'y rendre au printemps ou plus tard, je ne sais pas encore. J'admirerai vos fleurs dont vous étiez si fier. Rassurez vous je ne vous dérangerai pas longtemps...j'aimerais tellement croiser votre chemin....juste un instant.

51jldx0krBL__BO2_204_203_200_PIsitb_sticker_arrow_click_TopRight_35__76_AA300_SH20_OU08_

Posté par winniethepooh à 14:36 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

20 novembre 2010

Dolce Vita 1959 1979 Simonetta Greggio

arton20117_0a7fa

Février 1960, Fellini présente son film "La Dolce Vita" en avant première. Tout le gratin connu et archiconnu y assiste. C'est le désastre, les spectateurs sortent de la salle les uns après les autres...Scandale.

Le clergé qui dirige la censure sur les sorties cinématographiques veulent l'interdire. Par un coup de chance, le film passe tout de même par le chat de l'aiguille. Lors de sa sortie publique, c'est un raz de marée. 

L'Italie aborde un tournant...

En Octobre 1962, un avion s'écrase. A son bord Enrico Mattei, le tout puissant patron des hydrocarbures en Italie. Attentat ? L'enquête n'est toujours pas aboutie.

Fin 69, c'est le début du dérapage dans ce tournant, les attentats se succèdent. Le premier se déroulePiazza Fontana à Milan dans la Banque de l'Agriculture.

"Les cadavres sont si méconnaissables que certaines familles ne pourront pas être prévenues tout de suite.Plusieurs d'entres elles s'en douteront en regardant le journal télévisé le soir.

C'est un massacre, un strage en italien. On n'est pas encore habitués à ce mot dans ce pays. Beaucoup plus tard, on appellera celle-ci la madre di tutte le stragi, la mère de tous les massacres."

A partir de cette date, l'Italie va vivre d'attentats, d'enlèvements, de viols, de suicides pour atteindre un point culminant par l'enlèvement d'Aldo Moro et la découverte de son cadavre en 1978.

Même la poésie fut assassiné. Pier Paolo Pasolini fut retrouvé roué de coups. Une voiture était passée sur son corps.

Simonetta Greggio nous décrit les vingt années d'une Italie qui a façonné l'Italie actuelle.

Le roman passe tour à tour des événements qui se sont déroulés durant les vingt années aux années 2010.

Le Prince Valfonda, est proche de la mort. C'est à Saverio, jésuite, qu'il raconte son histoire. A travers ses lèvres s'écoule le récit d'une bourgeoisie qui n'avait aucune frontière, drogue, sexe. Tout était permis. Il décortique, il analyse son pays cyniquement.

Berlusconi n'est que l'aboutissement du dérapage dans ce tournant.

Ils ont réussi....

Je suis un homme
né dans une ville pleine d'arcades en 1922.
[...]
Quant à la poésie, j'ai commencé à sept ans:
mais je n'étais point précoce si non en volonté.
J'ai été un "poète de sept ans" –
comme Rimbaud – mais dans la vie seulement.

« Je m'en fous s'ils me mettent en prison. C'est quelque chose qui n'a

pas d'importance pour moi : pour moi ça ne ferait aucune différence,

surtout du point de vue économique. Si je finis en prison, je pourrai lire

tous les livres que jusqu'alors je n'oserais pas lire

floris_ppp

Pier Paolo Pasolini.

fllo

La Dolce Vita

Posté par winniethepooh à 10:18 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

17 novembre 2010

Avec des mains cruelles Michel Quint

&!!"51pPTNZbcRL__SL500_AA300_

"Maintenant, je vais la survoler cette ombre que j'étais, rentrer à Lille, vivre avec Bastien, je veux un enfant de lui, une maison,

un métier, un jardin, des fleurs, voyager, apprendre à conduire, regarder les cruautés quotidiennes, le mal dont tous on est capables, sans détourner les yeux, et les arbres à l'horizon, la mer qui grogne sur la dune, la beauté du regard des gens, tout, tout, et apprécier, toucher, goûter la réalité compliquée des hommes avec Laura, Judith, et Dom, parce qu'on commence à peine l'amitié ensemble et que je ne veux plus décevoir ni qu'on me trompe..."

Tout commence par l'expo des jeunes, dans l'ancienne école de Claassens. Il a bourlingué durant des décénies pour traquer l'horreur, reproduire les cris de terreur à travers son appareil photo.. cela débute assez mal cette réunion mais la Louise a su crier les mots et Claassens se calme. Mais voilà la Louise, elle trompe son homme. Il surgit de nulle part pour tuer celui qui lui a pris sa nana. Lui et Claassens mourront dans une envolée après que le coup de feu n'aie déjà éteint la vie de Louise.

Dom lui vit dans son bar, il l'aime sa Judith dont la famille a été dispersée le long de l'holocauste. Mais voilà Laura qui pousse la porte un matin. Elle veut être barmaid. Accordé mais elle sera également archiviste. Dans la cave du bar, Dom a accumulé tant de papiers, il est temps de faire le tri....

Michel Quint nous entraine dans une course aux mots. Il nous entraine dans un maelstrom de phrases. On s'imagine que la vague va se reposer et oups, le courant nous entraine encore plus vite.

L'histoire se déroule à Lille, ville que j'adore moi la petite Belge. Quand j'y pose les pieds, c'est comme si je retrouvais une vieille amie. Michel Quint y a planté des personnages qui gardent une blessure dans l'âme

Il nous entraine à l'ombre de la bande à Bonnot mais surtout d'un pan d'histoire de mon pays. En Belgique, également, il y eu des fascistes dont notre Léon Degrelle. Cet homme fut acclamé, salué pas de nombreux belges.

Après la chute du Reich, il s'enfuit en Espagne épaulé par Franco où il meurt en   début des années nonantes. Jamais inquiété, il a vécu paisiblement alors qu'il était coupable de crimes de guerre.

Comment accepter que certains criminels aient pu couler des jours paisibles même en France ? Comment accepter que nos grands parents aient été peut-être des collabos comme le ressent Dom ? Comment échapper à cette violence qui nous entoure et ne pas devenir comme les autres ? Croire encore à l'espoir, essayer d'y croire..

J'ai débuté la découverte de l'écriture de Michel Quint par son tout dernier roman.  Il est temps de remonter le temps à travers ses autres livres..

Posté par winniethepooh à 05:59 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :


13 novembre 2010

La fin de la folie Jorge Volpi

9782757811399

Anibal Quevedo se réveille dans une chambre d'hôtel, son aspect est celui d'un clochard. Il ne sait où il est, ni qui il est, ni même ce qu'il fait là. Il regarde par la fenêtre, entend un grand bruit dans la rue, des jeunes manifestent. Mai 68 débute à Paris.

Pour se retrouver, il décide de lire les écrits de Lacan. Il se rend rue de Lille. Il guette la sortie du maître. La porte s'ouvre. Lacan est accompagné d'une jeune femme que Quevedo décide de suivre. A cet instant, sa vie va prendre un nouveau tournant.

lacan

Jacques Lacan

lacan1

Althusser

lacan2

Roland Barthes

lacan3

Michel Foucault

Ma découverte de cet écrivain Mexicain le fut par la lecture du 'temps des cendres". Un véritable coup de coeur pour son écriture très intellectuelle. Intellectualisme que je recherche beaucoup dans mes lectures.

Dans ce roman, Jorge Volpi nous entraine à la suite de Quevedo qui va devenir révolutionnaire suite à la rencontre avec Claire. Il va participer ç mai 68, se rendre à Cuba où Castro lui demande de le psychanaliser. En compagnie de Castro, il rejoint le Chili où Allende tente de se maintenir au pouvoir. Chassé de Cuba, il retourne à Paris. De tous les psychanalistes, Foucault l'intrigue. Il va faire un bout de chemin avec ce dernier jusqu'à sa mort. Il décide de retourner au Mexique pour poursuivre la contestation politique.

Anti psy de tout bord personnellement, j'admire la virtuosité par laquelle Jorge Volpi nous entraine derrière l'ombre de quelques psychanalistes. Il nous les décrit sans concession. Drôles de personnage ces psys à la limite de la folie tel Althusser qui étrangla sa femme.

La seule question qui me trotte dans la tête : Quevedo a t-il réellement vécu ou est-il un personnage de fiction ?

Le thème principal du livre se réduit en cette interrogation : peut-on lorsque l'on est révolutionnaire, pactiser sous une forme ou l'autre avec l'ennemi sans perdre ses convictions de révolution ?

“ Le mouvement par lequel un homme seul, un groupe, une minorité ou

un peuple tout entier dit : “ Je n’obéis plus ”, et jette à

la face d’un pouvoir qu’il estime injuste le risque de sa vie –

ce mouvement me paraît irréductible. Parce qu’aucun pouvoir

n’est capable de le rendre absolument impossible : Varsovie aura toujours son ghetto

révolté et ses égouts peuplés d’insurgés.

Et parce que l’homme qui se lève est finalement sans explication ;

il faut un arrachement qui interrompt le fil de l’histoire,

et ses longues chaînes de raisons, pour qu’un homme puisse,

“ réellement ”, préférer le risque de la mort à la certitude d’avoir à obéir.

Michel Foucault

Si tu avais assisté cette année à mon séminaire

, tu verrais que ce que j’énonce – qui supporte mal le terme de « théorie »

– est bien fait pour répondre à la situation très sérieuse que tu sens fort bien.

Peut-être ferai-je le point le mercredi 30. Si l’assistance m’en paraît plausible.

En tout cas crois bien que je ne perds rien de ce que tu me dis ou m’écris.

JL

Ce 22 VI 71

Or, qu'apprend-on à l'École ? On va plus ou

moins loin dans les études, mais on apprend

de toutes façons à lire, écrire, compter, -

donc quelques technique et pas mal

d'autres choses encore, y compris des

éléments (qui peuvent être rudimentaires

ou au contraire approfondis) de « culture scientifique »

ou « littéraire » directement utilisables dans les

différents postes de la production (une instruction pour les ouvriers

, une autre pour les techniciens, une troisième pour les

ingénieurs, une dernière pour les cadres supérieurs, etc...)

On apprend donc des « savoir-faire ». 

Althusser

Posté par winniethepooh à 06:13 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

26 octobre 2010

La fille aux neuf doigts Laia Fabregas

9782742791262Laura travaille pour Air Iberia. Trente ans, amoureuse d'Arnau mais Arnau existe-til vraiment ?. Elle est très complice avec sa plus jeune soeur Moira. Elevées par des parents communistes sous les années de plomb franquistes, elles ont connu une enfance merveilleuse magré tout. 

Laura s'interroge de plus en plus sur cette lubie de ses parents de ne jamais réaliser de photos de famille. Ils prétendaient que les photos pensée (cliché analysé par la rétine et mémorisée pour la vie) étaient plus beaux que ces clichés sur pellicule qu'on garde dans de beaux albums. Pourtant Laura est persuadée, que ces photos pellicules existent. Elle garde le souvenir de leur père cachant un appareil photo dans la poche de son manteau.

Laura se caractérise des autres par le fait qu'elle ne possède que neuf doigts. Dans un cahier, elle s'invente une vie où elle perd chacun de ses doigts au fil des années.

Le thème pourrait être abordé de manière triste, l'auteure a décidé de tout englober dans une poésie qui ne laisse aucunement indifférent. On se laisse envouter par le récit.

Premier livre pour Laia Fabregas. Magnifique réussite.

"Un jour, Laura avait décidé  d'encadrer quelques unes de ses photos pensées et de les accrocher dans sa chambre  afin de pouvoir montrer aussi des souvenirs aux amies qui venaient chez elle, tout comme celles-ci  lui montraient des photos de leurs vacances et leurs amis.  Elle avait alors extrait  sept belles photos pensées de sa mémoire et écrit une légende sur du papier pour chacune d'elles. D'abord au crayon, pour essayer,  et ensuite avec un feutre noir et épais. Puis elle avait acheté sept cadres  dans lesquels, elle avait placé les photos écrites."

Posté par winniethepooh à 13:53 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

25 octobre 2010

Ce long chemin pour arriver jusqu'à toi Marie Christine Barrault

barrault

Marie Christine et son frère Alain sont élevés pendant leur petite enfance par leur grand-mère Félicité. Un petite vie à la campagne. Leur mère vient les voir le jeudi et leur père le dimanche.

En fait les parents de Marie-Christine sont divorcés. Divorce que le père de Marie Christine vit très mal d'autant plus que le nouvel époux de sa femme était le meilleur ami de la famille.

Alain et Marie Christine vont découvrir que leur maman l'est également de deux autres petites filles.

Marie Christine a huit ans lorsque leur mère décide de les récupérer. Elle a enfin trouvé un appartement plus grand.

Marie Christine va découvrir une autre vie : celle où l'on ne parle pas à table, où l'on chante tandis que maman joue du piano., une vie où l'on va à l'école avec un uniforme. Impossible d'appeler son beau père papa. Son papa à elle souffre beaucoup trop et l'aime tellement.

C'est à l'école qu'elle va comprendre que son oncle Jean Louis est très connu. Elle ne savait même pas qu'il était un acteur célèbre. Acteur célèbre qui ne l'aidera pas à devenir ce qu'elle rêve depuis des années : actrice. Madeleine Renaud va même lui proposer d'être étalagiste décoratrice, avec son physique actrice tu n'y penses pas. Marie Christine comprendra enfin lors de la sortie de son premier film, en se voyant à l'écran, qu'elle est si jolie...

Son premier mari fut Toscan du Plantier, ami de jeunesse dont elle avait été follement amoureuse mais qui l'avait trompée..déjà....

Ils renouent, Marie Christine attend famille et c'est le mariage. Les frais du mariage seront offerts par son oncle, le grand acteur. De ce mariage, la plus belle joie de Marie Christine sera la naissance de son fils et de sa fille car elle s'ennuie avec Toscan. Elle ne retrouve pas dans l'homme qu'il est devenu, l'adolescent qu'il a été. Il l'humilie devant leurs amis, il la trompe, la quitte, et la colle lorsque c'est elle qui décide de vivre seule. Il oublie même la date anniversaire de leurs enfants.
Pendant quelques années, ils vont vivre des aventures chacun de leur côté. Marie Christine aime l'amour, être aimée et aimer.

Elle refait enfin sa vie avec Michel Boisrond qui va enfin offrir une vie de famille telle que Marie Christine en rêvait pour elle et pour les enfants. Ils posséderont un havre de paix à Ménerbes. Peu à peu Marie Christine commenceà s'ennuyer avec Michel. Elle le trompera.

C'est en 1988 que Marie Christine va croiser la route de Vadim, à un festival de cinéma à Cognacq Ils se voient entre deux avions, entre deux tournages de Marie Christine, entre deux tournées. Michel voyant sa femme lui échapper, souffre. Les enfants lui en veulent. Tant pis, elle l'aime tellement son Vadim.

Elle acceptte enfin de vivre avec son amour.Il loue un appartement sur l'île Saint Louis. Ils ne se quitteront plus jusqu'à la mort de Roger Vadim. Leur enfant sera le cadeau du fils de Marie Christine, papa d'une petite Marie. Vadim va la choyer comme si c'était sa propre fille.

Il va lui faire découvrir Gets, car il a grandi à la montagne. Ensemble, ils vont acheter cette maison que Vadim avait toujours rêver de posséder dans la montagne.

Ils s'aiment, ils rient, ils vivent. Il lui écrit sans cesse des petits mots. Ensuite la tumeur est découverte.

Ce n'est pas Marie Christine qui s'est occupé des funérailles, Elles n'arrivait pas à imaginer choisir un cercueil pour y enfermer son amour. Catherine Deneuve prendra les choses en mains. Cette dernière offrira à Marie Christine la bague de fiançailles que Vadim lui avait offert lorsqu'ils s'étaient aimés.

La vie continue sans lui. Marie Christine a échappé à un cancer du sein. Elle ne court plus après le théâtre ni le cinéma. Si on a besoin d'elle, elle est disponible.Elle a découvert le bonheur de lire des auteurs devant des spectateurs. Bonheur de lecture à voix haute accompagnée par de la musique. Vadim l'accompagne partout. Il la pousse à vivre.

.

Posté par winniethepooh à 06:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

13 octobre 2010

J'ai ce que j'ai donné Jean Giono

9782070398614

C'est un petit recueil, un tout petit recueil de lettres retrouvées par sa fille Sylvie dans leur maison de Manosque.

La lecture de la correspondance est précédée par un portrait du père que fut Giono aux yeux de sa fille.

Les lettres sont parsemées de photos deci delà.

Incontournable pour tous celles et ceux qui aiment Giono. Il était si humain....

"il n'était pas bibliophile., il aimait les livres pour eux-mêmes. Il aimait les fourrer dans sa poche pour ses promenades, sentir le poids de l'histoire au creux de la main. Il nous suffisait de citer un titre et il le racontait dans ses moindres détails. Son oeil pétillait toujours quand il cherchait dans sa bibliothèque des livres qui pourraient m'intéresser. Il conseillait, il n'imposait jamais, mais son enthousiasme était contagieux."Bah ! tu es trop jeune, me disait-il quand le charme  n'avait pas opéré, tu le liras plus tard, tu verras."

"Eh bien, mes enfants, somme toute je languis de vous trois ! C'est extraordinaire et illogique, mais vrai. Vous êtes désagréables et terribles quand vous êtes là, mais sitôt disparues on gémit et on geint. Voilà la vie. L'homme est vraiment incompréhensible."

"Il a plu hier ici aussi. ce matin, jour laiteux et doux. Je continue à travailler sans efforts spéciaux. Oui, les Suisses sont bien gentils. J'ai l'impression qu'ils vont me nommer général un de ces quatre matins.

Je vous embrasse toutes deux de tout mon coeur tendre."

Posté par winniethepooh à 08:39 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

05 octobre 2010

Antonera Margaret Mazzantini

9782264047915R1

Le corps d'Antonera repose dans l'Eglise. Le regard de sa petite fille observe ce corps sans vie, Tous les souvenirs d'enfance ressurgissent, du temps où 'elle dormait chez sa grand-mère. De ces souvenirs, elle tisse les liens de toute une famille.

Le père d'Antonera était professeur. Un métier qu'il adorait. Il a épousé Monda qui aurait du connaître une vie plus faste. Mais le beau-père ayant dilapidé toute la richesse familiale, Monda a choisi le petit professeur, même choisir de fuir car le père ne veut pas de cette mésalliance. Ils  iront se cacher chez sa soeur .

Antonera fut la préférée de son père tandis que les garçons avaient la préférence de Monda qui vivait dans son monde.

C'est un jeune toscan, employé d'une banque, qu'Antonera épousera. Ils n'auront que des garçons. Tandis que son mari travaille, Antonera court partout, on ne sait où. La poussière s'accumule, peu importe.

Elle voit partir ses fils à la guerre. L'Italie capitule, c'est la honte. Ils se cachent tous après le retour des fils. Ils soutenaient les fascistes. Les frères ainés retournent aux études et Vittorio, le plus jeune, s'ennuie.

Il décide de repartir. Antonera le poursuit jusqu'au train. Vittorio pousse Antonera à descendre du train en marge. Elle doit absolument rentrer, son mari doit l'attendre. Il ne serait plus rien sans elle.

La vie va comme je te pousse. La fin de la guerre ramène Vittorio. Un chagrin d'amour l'éloigne de la maison. Tous les fils sont partis.

Ils sont tous les deux à présent. L'un avec l'autre, jamais l'un sans l'autre. Le Toscan décide de réaliser son rêve : construire une maison à la mer. Il n'en profitera qu'un hiver.

Veuve Antonera s'appropriera la maison de la mer, elle s'invite chez ses fils. Elle voyage dans le monde entier.

Mais un jour, le mécanisme corporel casse. Antonera doit quitter son appartement.

"Elle descendait quelquefois jusqu'à la mer, tôt le matin, pour se baigner. quand il n'y avait encore personne. Elle savait nager, elle avait appris à Ostie dans sa jeunesse. On aurait dit un chien : l'eau immobile autour d'elle, et sa petite tête couverte d'un bonnet de plastique qui la fendait. Puis elle réapparaissait sur le sable avec son maillot de laine, qui n'arrêtait pas de pisser. Elle se changeait aussitôt, et restait là,  à prendre un peu de soleil pour ses os".

Difficile de choisir un extrait car chaque ligne est si belle. Des lignes recouvertes d'amour d'une petite fille envers sa grand-mère. Tout est suggéré poétiquement. Tout est survolé et pourtant si dense.

Je ne regrette pas du tout mon choix pour la PAL du mois d'octobre.

55950687_p note 4/5

Posté par winniethepooh à 14:10 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :