13 décembre 2016

Quoiqu'il arrive de Laura Barnett

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1938. Miriam qui attend famille rencontre un homme dans une gare qui se nomme Jakob. Il va prendre soin d'elle et élver Eva comme sa fille.

Au même moment, Vivian dont le mari est un peintre célèbre met au monde un garçon qui se nommera Jim.

 

Quelques années plus tard, sur une route qui mène à Cambridge Eva à vélo, evite un chien mais le clou qui pourrait crever un pneu, lui va t-elle l'éviter ?

Trois versions différentes de ce que pourrait être la vie de Marian et de Jim car Jim se trouve sur cette route. 

Jim aide Marian après la crevaison. L'autre possibilité est que Marian évite le clou. 

Ce qui est indéniable c'est que Eva est amoureuse d'une jeune acteur David Kantz. Quittera t-elle cet homme qu'elle aime pour un autre suite à une simple rencontre ou fera t-elle sa vie avec lui ?

Jim aime l'art mais réussira-t-il ou pas dans sa passion d'autant que sa mère Vivian lui bousille la vie. 

Eva elle désire écrire mais qu'en sera-t-il dans chacune des versions ? 

Livre extraordinaire qui nous livre trois possibilités de vie selon les décisions que les protagonistes prennent. Trois couples différents mais dont le centre est cet amour qu'il y aura entre Jim et Eva même si leur direction n'est pas toujours la même. 

Qui ne s'est jamais demandé ce qu'aurait été sa vie si l'on avait fait tel geste, pris telle décision ? On peut imaginer plusieurs vies comme Laura Barnett. 

Le livre se déroule de 1958 aux années 2000. Le début est le même ainsi que la fin. C'est le film des années qui se déroulent  qui est différent selon ce que chacun fait ou ne fait pas. 

Un roman que j'ai lu tout doucement pour ne pas quitter Eva et Jim trop rapidement. 

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12 décembre 2016

Chroniques Bob Dylan

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A tous les détracteurs du  prix Nobel que Bob Dylan a reçu, lisez ses chroniques et vous comprendrez à quel point ce titre est mérité. Dylan qu’en pense t-il ? s’en moque ou pas peu importe, il reste fidèle à lui-même. 

 

Je ne suis pas fan de Bob Dylan. Je ne possède aucun de ses disques. En fait, je ne le connaissais pas beaucoup à part quelques-unes de ses chansons.

 

Dans ces chroniques, il parle de lui à travers ses chansons , des autres, surtout de ceux qui gravitent dans le monde de la musique, un peu, très peu de ses parents. Vous n’aurez aucune révélation croustillante, ce n’est pas son style.

 

Il est né en 1941. Durant la guerre donc. Son père ayant des séquelles de polio a été réformé mais tous ses oncles y ont participé. Tous sont revenus. 

 

Une petite ville du Midwest où les étés sont très chauds et les hivers très durs. Les hommes travaillant essentiellement dans les mines. Et cette appréhension de la bombe atomique d’après guerre. Robert voulait autre chose, surtout pas la vie ennuyeuse alors il écoute des chansons à la radio et il tombe en admiration devant le style folk. S’il n’y avait pas eu Woody Gutthrie pour lequel il avait une vénération, aurait-il choisi la voie de la musique ? Sûrement car il rêvait d’être autre. 

 

Alors, il décide de tout quitter pour New York. C’est dans les bars et les cafés de Greenwich Village qu’il va faire ses premières écoles. Il va rencontrer des personnes étonnantes, lire, écouter, regarder car Bob Dylan est une éponge. 

 

Ces chroniques sont un mélange de cette époque au début des années soixante et de moments quand sa carrière était déjà bien lancée. Etonnement, quand tout flambait autour de lui dans le monde, du temps de Woodstok, qu’on lui reprochait de ne pas prendre parti lui le révolutionnaire, il ne rêvait que d’une chose : vivre tranquille avec sa femme et ses enfants. En réalité, c’est bien malgré lui qu’on a fait de sa personne, une proue de contestation. Il se considère comme chanteur folk et ceux qui ont cru déceler de la révolte à travers ses paroles, se trompent. 

 

Bob Dylan est une excellent écrivain : ses descriptions de la nature, de la rue sont sublimes de poésie. Il happe le détail qui va vous toucher. 

 

« J’ai refermé la porte derrière-moi, longé le couleur, descendu l’escalier en hélice, traversé le rez-de-chaussée en marbre. Les murs sentaient la Javel. J’ai poussé gentiment la porte de la petite cour, puis le portail à losanges avant de me retrouver sur le trottoir. Mon écharpe autour de la tête, j’ai pris la direction de Van Dam Street. Il y avait une calèche au coin de la rue, couverte de fleurs, toutes protégées par un film en plastique, mais pas de cocher en vue. New York était pleine de ce genre de trucs. »

 

« Allongé, j’ai écouté les criquets, et toute une faune derrière la Fenêtre, dans un noir effrayant. Cette nuit me plaisait. Les choses grandissent la nuit, mon imagination ouvre ses portes, les idées préconçues s’évanouissent. On cherche parfois le paradis aux mauvais endroits. Alors, qu’on l’a à ses pieds. Ou dans son lit. »

 

 

Woody Guthrie

 

 

 

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29 novembre 2016

Le Zeppelin de Fanny Chiarello.

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Maison une petite ville comm tant d’autres que l’on pourrait situer dans le nord ou dans le sud pourquoi pas ? mais j’opterais plutôt pour le nord . Une rue qui porte le nom de Canard Bouée, une autre les Neuf Lobules. Petite ville traversée par le canal Divan dans lequel on jette choses et humains. Canal qui faillit être racheté par une multinationale mais les habitants s’y sont opposés. 

 

En ce mois de juillet la ville est calme trop calme et chacun vaque à l’ennui de sa vie. Certains écrivent, d’autres déambulent comme Simone qui claque les pieds du déambulateur sur le sol.  Sergio aimerait retrouver son amour tout en préparant un grand seau de Sangria. Douze personnages en tout dont une Sylvette Dix-Sept qui connait l’avenir de Maison le 26 juillet.

 

Petit à petit une ombre commence à planer aux dessus des toits. Un énorme zeppelin glisse tout en silence et s’étend comme pour englober la ville. Certains se jettent pour adorer ce monstre volant jusqu’au moment ou comble de malheur un poulet plumé  jeté du haut de cet engin vient percuter Sue Hug qui venait de se faire voler son sac.

 

Ni une ni deux, la populace se rue sur l’ennemi. On les attaque, ils ripostent et c’est une guerre civile qui se déclenche. 

 

Et si on allait boire un verre au bar de l' Observatoire ? 

 

 

"Leurs hurlements ont quelque chose de primitif : si les hommes préhistoriques avaient pu graver des sons dans les parois des cavernes, sans doute auraient-ils ressemblé à ceci. Il n’y a ni Dieu ni science dans ceci mais seulement la terreur barbare de ce qui n’est pas soi, une terreur viscérale pour mettre une ville à feu et à sang. Une petite main dans la mienne me rappelle que partir est de toute façon la seule chose qu’il y ait jamais eu à faire dans cette ville »

 

« Je prends un café au bar des Lobes et j’écoute mugir les cerveaux sous les nappes de la musique et des conversations. Dans ce bistrot, il y a toujours deux ou trois artistes qui gribouillent; ils écrivent ou dessinent, dans des carnets de tous formats, avec des stylos de toute nature et qualité qui me permettent de deviner à distance s’il s’agit d’adeptes de l’épure ou du graffiti, du sonnet classique ou de l’écriture automatique »

 

« Je suis en train de me promener dans le jardin des plantes quand l’ombre du zeppelin caresse ma nuque. Gaspard patine dans les graviers jusque sur les moirures brûlantes du bitume et je le lance dans l’axe du dirigeable. je traverse la passerelle de l’observatoire, déboulant dans la rue Canard-Bouée, slalome entre les grappes des résidents prosternés, hagards puis je dérape jusque dans la rue de Neuf Lobes »

 

« Je n’ai jamais compris, moi non plus, réveil bleu, mon compagnon d’infortune, et mon coeur aussi s’essouffle doucement sur le balcon du passé »

 

 

J’ai eu le coup de foudre pour l’écriture de Fanny Chiarrello dès les premières lignes de son roman « Une Faiblesse de Carlotta Delmont ».

 

C’est une écrivain atypique. Son style c’est le style Fanny Chiarello et j’adore.

 

Elle mêle la dérision au malheur, elle mélange intellectualisme et légèreté ainsi que le non sens dans ce nouveau roman.

Au détour d'un mot, d'une ligne, on ressent une bribe de notre propre petite vie et on se surprend à sourire. 

 

Fanny Chiarrello a fermé sa page Facebook mais à ouvert un blog 

 

 

 

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15 novembre 2016

Une autre femme d'Anne Tyler

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Delia Grinstead épouse du docteur qui a pris la succession de son père, maman de deux garçons et une fille, ne sait pas qu'en rencontrant un jeune homme dans un supermarché, sa vie va changer de direction.

Elle commence à réaliser qu'en fin de compte, mari et enfants ne se préoccuppent aucunement d'elle. Un meuble qui fait partie de cette maison où elle a grandi.

Comme chaque année, ils partent en vacances au bord de mer en compagnie des deux soeurs de Delia et de ses nièces jumelles.

En partant marcher sur la plage, elle décide de ne pas rebrousser chemin et s'en va s'installer dans une petite ville non loin de Baltimore. Elle se recompose une nouvelle identité en achetant des vêtements qu'elle n'aurait jamais portés. Elle sera Miss Grinstead, résidant dans une chambre chez Belle et secrétaire pour l'avocat de la ville.

Quand elle découvre l'avis de sa disparition dans le journal, elle est furieuse de découvrir la manière dont sa famille la décrit. 

Elle s'installe dans sa nouvelle vie....

 

J'avais débuté la lecture de ce roman il y a quelques années et abandonné. Serais-je plus réceptive à présent ? Un roman très agréable, un portrait de femme qu'on aimerait secouer par moments. Pas un roman bonbon mais un roman cellophane que l'on déplie avec douceur. 

Une auteur dont je vais lire d'autres romans c'est certain. 

 

 

 

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10 novembre 2016

Capital Rouge un conte soviétique de Francis Spufford

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Capital Rouge peut être lu de trois manières : comme un conte, historiquement et romancé.

 

Le livre s’étend durant les années soixante, après la mort de Staline, Khroutchev devient le maître de l’URSS, et n’a qu’un rêve : battre l’arrogance des USA économiquement . Les Russes doivent être les meilleurs. L’avenir est radieux, les atrocités staliniennes se délitent. Le roman se termine avec la destitution du chef qui sera remplacé par Brejnev.

 

Un livre passionnant car l’auteur nous décortique la manière dont l’économie de l’URSS était planifiée selon les vertus du socialisme. Le PIB n’était pas calculé selon les ressources humaines mais selon la production de biens. Cette production se faisait au début sans apport financier de pays extérieurs, un marché unique derrière les frontières. Ce sont les mathématiciens qui établissaient le plan en calculant une économie de plus en plus positive.  Bien entendu, au début tout est magnifique et au fur et à mesure des années, on connait le résultat…. l’URSS a du se résoudre à importer.

 

Dans la partie romancée, on croise des femmes et des hommes qui évoluent durant cette décennie. Certains resteront dans la course, d’autres perdront.

 

Il est bien entendu question de corruption car socialiste ou capitaliste, dès que l’argent brille, l’humain est identique.

 

Le chapitre romancé de la visite des Russes lors d’une exposition universelle est édifiant. Cette expo se déroule à Moscou, la population découvre le stand des USA  qui représente le rêve américain. Celui auxquels beaucoup rêvent encore à notre époque. Le rêve américain du passé car ce rêve ne reviendra jamais, le monde a tellement changé. L’auteur souligne quand même que ce rêve est entaché par la ségrégation raciale.  

 

Pas besoin de lire le Capital de Marx, tout y est expliqué mais le problème c’est que les Russes l’ont suivi à la lettre à une époque dont Marx ne parlait pas et pour une population qui n’était pas concernée : la majorité en URSS était paysanne et Marx s’adressait aux ouvriers. De plus, les idées de Marx se positionnent dans un monde tel que le nôtre, apparemment c’est dès aujourd’hui que nous aurions du faire la révolution selon Marx bien entendu.

 

 

 

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20 octobre 2016

Le côté gauche de la plage de Catherine Cusset

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nutile de chercher sur une carte, Catherine Cusset ne vous dévoilera pas le nom de sa plage. Pour y accéder, il vous faudra marcher un kilomètre en évitant les griffures des ronces. 

 

Sur cette plage, elle a couru sur les pas de l’enfance, elle y a emmené sa fille à peine née et a rencontré Jean.

 

C’est sa plage de l’été, elle ne manquerait leur rendez vous pour rien au monde.

 

Pour la croiser, vous devez vous rendre du côté gauche, où les touristes ne vont pas. 

 

Si vous apercevez une naïade sans vêtements, c’est elle car c’est le côté de la plage où dame nature a ses droits.

 

« Cette plage est le legs de mon père. Lui qui se dit déçu de ne pas avoir réussi  à nous transmettre  sa foi m’a transmis quelque chose d’aussi fort, l’amour d’un lieu et un bonheur fou lié à cet amour. Il m’a transmis Porzcrac’h et le plaisir du bain nu »

 

C’est pour Jean qu’elle a écrit ce si beau récit de sa plage. 

 

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Aquarelle d'Alain Robet. 

 

 

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20 septembre 2016

Les Singuliers d'Anne Percin

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Hugo Boch, fils de ladite famille très connue, quitte la Belgique pour se consacrer à sa passion la peinture. Il emmène avec lui un appareil photographique, là bas à Pont Aven. Il veut découvrir la communauté d'artistes peintres qui y résident.

Des peintres, il y en a certainement mais le plus omniprésent c'est ce Goge l'appelle certains, c'est àdire Gauguin. 

De peinture, il n'en est plus vite question, il va s'adonner à la photographie dont son père préconise la fin car ce n'est qu'une mode. 

Aidé par sa famille au début, c'est la cassure quand son père comprend qu'Hugo ne reviendra pas travailler à la faiencerie ni ne s'incrira, s'il aime vraiment la peinture, à une académie.

C'est à travers des lettres qu'il décrit sa vie à sa cousine Hazel qui a quitté la Belgique pour Paris, peintre elle aussi. Tobias son ami de jeunesse, lui écrit également. Ils partagent le même amour de la peinture mais malheureusement le jeune homme souffre d'atroces migraines qui le rendent, au moment des crises, totalement instable. Leur amitié date du temps de leur convalescence dans un sanatorium. 

A Pont Aven, trop de monde, alors Hugo se réfugie dans un autre village : Le Pouldu. Il tombe amoureux de l'hotellière Marie mais ne se déclarant pas, elle choisit un autre peintre. C'est grâce à la photo qu'il vivote en créant des cartes postales et en devenant portraitiste. Il deviendra l'Ankou, celui qui portraitise les morts. 

Mais il y a surtout  Van Gogh dont on parle tant, dont Gauguin est l'ami et qu'on ne voit jamais.

Une autre cousine Ana Boch, vivant à Bruxelles et faisant partie d'un groupe d'artistes nommés les XX, organise de petites expositions, étant peintre elle-même, est une fan inconditionnelle de Van Gogh. Elle lui achètera même un tableau, le seul qu'il vendra de son vivant.

 

A travers les lettres des personnages de fiction et réels pour certains, c'est une période artistique intense qui prend vie. Une nouvelle époque qui voit fleurir des peintres qui ne veulent plus des Monet, des Manet...Il faut peindre ce que l'on voit, la réalité telle que le regard la suprend et ne veux pas oser voir. Gauguin en est le plus parfait exemple ainsi que Van Gogh, trop en avance pour leur temps malheureusement.

 Hazel maniant l'humour, est un personnage charnière, nous démontrant toutes les difficultés auxquelles se heurtaient les femmes pour vivre leur liberté. Même si l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles s'ouvre aux femmes, elle rate le concours. 

 

Un merveilleux roman, d'une grande sensibilité,  qui nous entraine dans le ressenti de l'être qui se voue à l'art. Voir, comprendre et tenter de partager son oeuvre : le plus difficile. 

 

Et en ombre chinoise, Van Gogh, toujours évoqué par les autres ainsi que le colérique Gauguin.

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 La vigne rouge, tableau acheté du vivant de Van Gogh, par Anna Boch.

 

Falaise à Sanary d'Anna Boch

 

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 "Tu sais voir comme moi. Nous le savons tous les deux. Nous courons le monde d'un côté et de l'autre pour exercer notre secret"

 

 

 

 

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05 septembre 2016

Le monde est mon langage d'Alain Mabanckou

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Comment vous parler de ce merveilleux livre qui nous transporte dans divers endroits de la planète ? Ne me targuant pas d'être critique  de livres, je ne saurais analyser la sémantique, ni le pourquoi, ni le comment. J'aime parler des livres qui m'ont rendue heureuse. Les abandonnés, les non aimés je les oublie immédiatement.

Alain Mabanckou à travers son langage nous emmène à la rencontre de personnages suprenants parfois, attendrissants aussi. Il nous confie ses rencontres avec J.M Le Clézio, sa rencontre avec un clochard qui s'entoure d'un trait de craie bleue, de son tailleur ah son tailleur quel personnage etc.. mais avant tout à travers ses voyages il nous dévoile des écrivains que pour ma part je ne connais pas du tout. De part son langage, il nous fait percervoir d'autres langages autour du monde car la littérature permet cette ouverture. C'est une ronde de mots qui passe d'un continent à un autre. On la happe en passant et la frontière s'ouvre pour tendre la main aux rêves de l'écrivain. 

Alain Mabanckou nous dévoile les trois livres qu'il emmènerait sur une île déserte mais je n'en dévoile rien.

 

Il nous dévoile ses pensées sur le post-colionalisme littéraire, la négritude, la croélitude. Il confronte ses idées à celles d'autres écrivains sur le sujet. Sans oublier la place de la poésie dans notre société : où est-elle ? Disparait-elle ? Vaste sujet.

Comme Alain Mabanckou l'écrit, il faut lire ses lignes comme une autobiographie à travers les regards qu'il porte sur les autres et le renvoi de leur regard. Regarder, écouter, s'intéresser à l'autre quel qu'il soit. 

Livre de partage entre l'écrivain et son lecteur, magique d'humanité. 

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03 septembre 2016

Bad girl classes de littérature de Nancy Huston

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Certains livres peuvent vous percuter et Bad Girl en fait partie.

Comment devient-on Nancy Huston l'écrivain en étant née dans une famille un peu dépareillée ? Comment s'accepte t-on alors qu'on aurait pu ne pas ouvrir les yeux, n'étant pas désirée ? On s'accroche le plus fort que l'on peut.

Nancy Huston nous raconte sont enfance et ses ancêtres non par le je mais par le tu qu'elle adresse au foetus Doriss qui a décidé de grandir dans le ventre de sa mère Allisson. 

 

Kenneth et Allisson ses parents se sont mariés car un autre bébé était déjà en gestation. Nancy sera la deuxième malgré les sautsde sa mère  pour la décoller de la vie. Grossesse avouée après quelque temps au père qui reçoit l'annonce sans plaisir car les jeunes parents sont pauvres. Inconcevable pour leurs familles qui ont montés les échelons de la société. 

 

Elle va grandir entre un père dépressif qui ne cesse de faire déménager sa famille et une mère par moments hystérique qui ne rêve que de liberté. D'ailleurs, les enfants sont souvent confiés à d'autres personnes car les parents décident de continuer leurs études. De plus, la religion tient un rôle important car l'un des grands-pères est pasteur, une tante missionnaire à l'étranger. 

Ce sont la lecture et la musique qui permettront l'évasion car dans la musique volent également les mots. Se sentir détachée et décider de partir à Paris, voyager, tenter de trouver son équilibre. Comprendre très vite qu'étant fille on peut plaire et faire de rencontres non pas toujours d'amour mais des rencontres pour écouter.

Trouver sa place sur le fil déséquilibré du couple que forme ses parents et qui se soldera par un échec qui est le divorce. Une belle-mère allemande et une maman qu'elle ne verra plus qu'épisodiquement.

Et pourtant, ses parents lui ont offert, le peu qu'ils savaient donné dans leur conflit personnel. Nous sommes toujours la somme de tous ceux qui nous précédé.

 

A travers cette autobiographie, Nancy Huston nous parle des femmes, de ces ventres qui doivent enfanter car c'est ce qu'on voit encore et toujours en nous malgré les siècles qui défilent. 

A travers la personnalité de sa mère, elle dévoile ces femmes qui désirent  et qui ont une soif d'apprendre encore et encore mais ce qui est accepté pour l'homme ne l'est pas bien souvent pour la femme.

Un livre qui nous pousse à nous interroger sur nous-même et surtout sur la condition de la femme avant et après le XXième siècle.

 

Epoustouflant, revigorant, énergisant... Un livre à lire et relire....

Cathulu en parle si bien 

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11 août 2016

La Rose dans le bus jaune d'Eugène Ebodé

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En ce 1er décembre 1955, les noirs de la ville de Montgomery étaient soumis à la loi Jim Crow datant de 1828 et qui leur interdisait toute égalité avec les blancs. Un véritable apartheid. Malgré le 14ième amendement de la Constitution des USA, l’Etat Fédéral  avait légalisé en 1896 ces lois apartheid mais en spécifiant hypocritement que oui il pouvait y avoir des lois interraciales du moment que chacun était égal à l’autre. L’inégalité était telle que le blancs prenaient n’importe quel prétexte pour empêcher les noirs de voter. 

 

Rosa Parks vivait dans une petite maison avec son mari Raymond et sa mère Lona. Chaque matin, elle prenait le bus pour se rendre au travail, dans les sous-sols d’un grand magasin où elle exerçait le métier de couturière. Depuis quelques années, elle se battait pour les droits civiques des noirs. Elle vivait une vie plus ou moins calme avec comme seul regret, celui de ne pas avoir d’enfant.

 

Le 1er décembre, elle ne fit pas attention en montant dans le bus payer son ticket à l’avant et redescendre pour monter à l’arrière où devaient se placer les noirs. Elle ne fit pas attention que le chauffeur était un raciste notoire qu’elle évitait d’habitude. Mais fatiguée, elle ne le remarqua pas et alla s’asseoir au milieu du bus. Elle fut tirée de ses songes par les cris du chauffeur qui lui ordonnait de se lever et de laisser sa place à un blanc. Eberluée, elle refusa de laisser sa place.

 

Bien entendu le chauffeur appela la police et Rosa Parks fut emmenée au commissariat. Heureusement, une de ses amies avait assisté à son arrestation et alla prévenir le jeune pasteur de leur communauté : Martin Luther King.

 

Rosa Parks libérée, les antiségrégationnistes autant noirs que blancs décidèrent que le jour du procès de Rosa débuterait le boycott de la ligne de bus que  la majorité d’entre eux prenait. La communauté noire, s’organisera petit à petit à utiliser même des corbillards pour une ligne de taxi qui permettra à chacun de ne pas devoir se déplacer jusqu’à la fin du boycott à pied. Boycott qui durera 381 jours. 

 

Rosa Parks fut l’égérie d’un déclenchement d’un énorme soulèvement pour l’égalité des droits civiques. 

 

Rosa Parks selon la fiction roman fait connaissance du blanc qui fut la cause de son arrestation. Ce n’était pas un mauvais bougre Douglas White. Il se gavait de bonbons pour oublier le rejet de sa famille car il était le seul à avoir la peau blanche suite à un mariage mixte, les autres enfants avaient la peau noire. En fait Rosa Parks aurait du céder sa place à un blanc qui en réalité avait du sang noir qui coulait dans ses veines. Quelle ironie ! 

 

Le plus grand bonheur pour cette femme héroïque fut le jour où  Mandela la serra dans ses bras. 

 

 

« La plupart de ces hommes et de ces femmes  n’avaient connu que la délégation sociale et l’état de serviteur. Ils aspiraient eux aussi à la pleine égalité, qui leur avait toujours échappé, comme disparait une image dans un désert. Puis, serrés, les uns contre les autres, coude contre coude, ils entonnèrent des chants roulants roulant dans les gorges la soif de liberté, les bonheurs guettés, attendus, choyés, mais sans cesse différé. »

 

« Moi, pour m’empêcher de voter pour Roosevelt, on me força à lire un article extrait d’une revue médicale spécialisée et qui se rapportait à une opération chirurgicale complexe. Je trébuchai sur les mots savants, ma langue fourcha et je sentis peser sur moi les regards hostiles qui, à chaque mot écorché me fusillaient, me jetaient plus bas que terre, me retiraient la possibilité de voter »

 

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RUBY BUDGES ENCADRéE PAR LA POLICE LE JOUR DE SON INTéGRATION DANS UNE éCOLE BLANCHE DE LA NOUVELLE ORLEANS EN 1960

 

A travers le livre d'Eugène Bodé c'est Rosa qui nous raconte sa vie, ses joies, ses craintes et son combat car un noir vaut autant qu'un blanc même si certains persistent à affirmer le contraire même en ce 21ième siècle dans le sud des USA. 

Il est évoqué également le racisme envers les Amérindiens et le problème du néo colonalisme car les nations blanches furent responsables et dans une autre mesure les africains eux mêmes qui vendaient leurs frères. 

Pour terminer sur ce mot dont on parle tant en ce moment dans nos sociétés individualistes RACISME, je vais vous raconter une anedocte que je n'ai jamais oubliée : adolescente, j'avais dans ma classe la fille d'un des généraux de Mobutu. Espérance était joyeuse, le rire communicatif et c'est avec plaisir que nous déambulions dans la rue Neuve à Bruxelles avec d'autres amies de classe. Espérance croise une autre jeune fille noire et commence à lui parler. La conversation terminée, je demande à Espérance si son amie est Zairoise comme elle. La réponse fuse telle quelle : " tu es folle, elle Zairoise ! Tu as vu comme elle est noire !." Espérance en fait était raciste....cela m'a éberluée : une blanche raciste à la rigueur mais une noire raciste envers une autre noire. Trente après, je n'en reviens toujours pas. 

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