05 août 2016

Les rues d'hier de Silvia Tennenbaum

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"Il les attendait.Il était désormais clair dans son esprit que l'Allemagne était sur le point d'être purgée de ses juifs".

 

La famille Wertheim habite Francfort et ce depuis quelques générations. Moritz, le père possède une entreprise de textile qui fonctionne très bien.

La famille réside dans un quartier bourgeois. Elle se considère comme assimilée par l'Allemagne et ne pratique aucunement le judaisme. De plus, un arbre de Noel se dresse chaque décembre dans le salon. Que peut-il leur arriver ?

Moritz est père de quatre fils dont lui et sa femme sont fiers . Nathan dirige un cabinet d'avocats, est l'époux de Caroline dont il a eu quatre enfants, deux filles et des jumeaux.Les trois autres  enfants de Moritz sont Gottfried qui sera envoyé en Amérique après une faute que l'on ne pardonnera jamais. Jacob tient une librairie et n'aspire à rien d'autre. Pour terminer, Eduard, le fils prodigue qui fera tourner la maison mère au décès de Moritz.

Tout ce petit monde vit selon des conventions bourgeoises. On doit tenir son rang. Les petits enfants ne manquent de rien, tout est réalisé pour leur bonheur. 

Surtout qu'on ne les compare pas avec ces exilés juifs venant de Pologne. Eux ils sont allemands !

Malheureusement la bataille de Sedan ayant été perdue par français, ces derniers désirent une revanche que les allemands ne dédaignent pas. Eduard va s'y engager dans cette première guerre mondiale car il est patriote. 

Après la défaite allemande de cette guerre, peu à peu tout va se modifier pour cette famille bourgeoise. Insidieusement le National Socialisme va s'infiltrer dans les foyers et l'inflation est terrible. Malgré tout une partie de la famille garde toujours ce rang exigé et que peut-il leur arriver ?

Après avoir éliminé les communistes, les vexations envers les juifs vont débuter.

Chacun dans la famille, réagit différement. Certains resteront là bas et d'autres vont s'exiler en France, en Suisse ou en Amérique, en Palestine.

Même lors des purges, parce qu'ils sont là depuis des générations, ceux qui  seront restés s'imaginent qu'eux seront épargnés...

Et un jour, le destin frappe à la porte. 

Les rues étaient jonchées de mendiants et d'enfants sales aux visages vieillis et décharnés. Des femmes étaient assises sur les perrons et tenaient des bébés apathiques dans de vieux chiffons. Des voitures à cheval se frayaient un chemin à travers la foule. Andreas avait l'impression d'avoir laissé le vingtième siècle derrière lui, d'avoir été abandonné de la civilisation"

 

A la fin du livre, nous comprenons que Silvia Tennebaum a écrit ce roman pour que l'on n'oublie et que ne recommence pas les mêmes erreurs. Combien de fois ne prononce t-on pas cette phrase et pourtant des horreurs ses perpétuent de par le monde.

Ce qu'on perçoit très bien à la lecture c'est l'infiltration qui a pris quand même quelques années, des nazis dans la vie civile et ce bourrage de crâne insinuant que les juifs étaient responsables de tous les maux des allemands. 

La fin du roman est bouleversante. C'est Claire, l'arrière-petite fille de Moritz qui va porter le poids de l'horreur tout en incarnant l'espoir du futur.

"Deux heures plus tard, le train démarra brusquement. Les valeureux citoyens francfortois s'étaient assis et ils dinaient en écoutant la radio ou en lisant le journal. Le bulletin météo annonçait une grande vague de froid, une masse d'air arctique arrivait tout droit du pôle. Le train cahotait vers l'est. Il mit plusieurs jours à atteindre sa destination"

 

"Vous êtes juive ? demande la femme. Eva la regarda médusée. Elle imaginait qu'on pouvait désormais l'admettre, n'est-ce pas ? Elle acquiesca timidement. "Et vous avez survécu ? continut-elle. C'est un miracle. Je les ai vus emmener les Juifs au Vélodrome d'Hiver il y a deux ans. C'était horrible"

Eva sècha ses larmes . "Et vous qu'avez vous fait ?  demanda t'elle dans dans son français haché teinté d'accent francfortois.

"Qu'est ce que j'ai fait ? demanda elle. Que pouvais je faire ? Que pouvions  nous faire ? " Elle s'écarta discrètement pour laisser un père et son fils  prendre sa place.  L'homme avait perdu un bras".

 

 

 

 

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02 août 2016

Retour à Oakpine de Ron Carlson

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Ils se sont quittés il y a plus de trente ans. Jimmy est parti à New York et devenu un écrivain célèbre.

Frank et Graig sont restés au pays tandis que Mason a lui aussi disparu d’Oakpine.

 

Jimmy revient dans sa ville car malade il a décidé d’y mourir. Sa mère demande à Graig de s’occuper de rénover le garage pour y loger son fils car le père de Jimmy ne veut pas de sa présence dans la maison depuis la mort de leur autre fils Matt. Il y trente ans. 

 

Mason est également de retour mais par pur hasard. Il divorce et décide de retaper la maison de ses parents afin de la vendre.

 

Trente ans après, les quatre hommes qui avaient fondé leur propre groupe de rock et connu un petit succès sont à nouveau dans la ville de l’enfance. 

 

Ils ont la cinquantaine, la vie les a cabossés. Leur amitié qui était juste endormie va reprendre vigueur. Leur amitié va leur permettre d’effacer tout ce dont ils avaient peur. 

 

Et les femmes les y aideront  

 

« Jimmy sentait l’odeur de la terre ici, le musc puissant qui montait de toutes les plantes. Avec les abeilles qui bourdonnaient partout dans le jardin, on avait l’impression de voir les choses pousser. La carotte était sucrée. Il se leva, heureux de s’extraire de la chaise rigide, et un instant il se sentit dangereusement grand, puis alla à pas prudents jusqu’aux tiges de courge entremêlées. Il se pencha sans ressentir d’étourdissement et souleva les grandes feuilles pour apercevoir les courges et les melons dans l’ombre verte vacillante. »

 

« De retour sur la route, toujours perdu, il pensa que, à l’image de ce qu’il avait vécu dans sa vie, cela durerait deux minutes. Mais une heure plus tard le paysage s’était transformé en collines ondoyantes couvertes d’armoise »

 

 

En refermant le livre, j’ai ressenti un véritable bonheur. Il n’y a pas de haine, ni de violence qui traversent les pages juste une part d’humanité mais tellement forte.

 

Et cette nature si bien décrite…

 

Magnifique roman…..

 

Lire l'avis d'Aifelle

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26 juillet 2016

Les ingénieurs du bout du monde de Jan Guillou

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Leur père marin pêcheur ayant sombré en mer, les trois frères doivent aider leur mère. 

Lauritz, Oscar et Sverre sont donc envoyés loin de leur île, dans la ville de Bergen, pour y travailler.

 

Logés par leur oncle et tante, ils travaillent à la cordonnerie du port jusqu’au jour où le fils du propriétaire constate qu’on a renvoyé les trois gamins dans leur île. C’est avec grand étonnement qu’il constate le motif du délit : les trois gamins ont construit la réplique à plus petite échelle d’un bateau viking. Le fait qu’ils aient employé des matériaux de rebut mais bel et bien des matériaux de l’entreprise explique leur renvoi.

 

Une idée germe : pourquoi ne pas les aider à réaliser des études vu leur intelligence. Comme la Norvège ne compte pas beaucoup d’ingénieur pour construire le futur chemin de fer, c’est à Dresde qu’ils pourront acquérir le diplôme.

 

 

Le jour de la remise de leur diplôme, ils reçoivent également une somme d’argent mais tout ne va pas de se dérouler comme prévu. Lauritz constate que ses deux frères sont partis le laissant seul. Lui qui rêvait enfin de pouvoir épouser la femme qu’il aime voit tous ses rêves anéantis. Oscar et Sverre sont partis. Il sera le seul à remplir la mission qui leur était confiée : construire cette future ligne de chemin de fer dans la montagne.

 

 

Ce premier tome commence au début du XXième siècle, siècle qui a vu un changement total dans l’’évolution du monde suite aux techniques tant industrielles et médicales que nous connaissons. 

 

Lauritz nous transporte dans l’épopée du chemin de fer en Norvège durant laquelle les ouvriers durent vivre dans de terribles conditions climatiques.

 

Oscar participe également à l’édification du chemin de fer mais en Afrique, dans la colonie allemande.  

 

Une saga  qui nous raconte le changement radical que connu le Monde durant le siècle dernier. 

 

 

On ne peut que constater à quel point les hommes ne comprendront jamais les erreurs du passé. 

 

 

 

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08 juillet 2016

Des cornflakes dans le porridge de Bill Bryson

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Bill Bryson et toute sa famille sont prêts à repartir aux USA en cette année 1994 mais avant le départ, Bill aimerait refaire le tour de la Grande Bretagne. Et surtout repartir de Douvres, son point d'arrivée lorsque jeune, non encore terminé ses études, il avait atterri en Angleterre. Sa première nuit, il l'avait passée sur un  banc face à la mer ayant coiffé sa tête d'un caleçon afin de lutter contre le froid. 

Je ne vous ferai pas la liste des villes où Bill Bryson va s'arrêter, ce serait lassant. Je notifierai celles qui furent importantes dans sa vie. Donc notre américain arrive à Douvres. J'avais oublié qu'il a décidé de faire le voyage en train plus particulièrement même s'il fera quelques entorses en voiture. Donc à Douvres, il retrouve le banc, un peu déglingué où il avait passé la nuit  début des années septantes. Et comme de bien entendu, beaucoup de choses ont changé mais bref, direction Londres où il avait travaillé au Times et son plus grand cauchemar se nommait Vince, mangeur de pizza et refusant de donner les derniers cours de la bourse. 

En retournant à Virginia Walter, il nous raconte son expérience d'infirmier dans un hopital de fous. Il était assez pépère car ceux dont il devait s'occuper n'étaient pas dangereux et avaient diverses occupations. Mais bon ils étaient quand même fous. Et c'est là, qu'il fit la connaissance de celle qui devint sa femme. Stupeur, là où se dressait l'hopital, des maisons ont été construites dont une maison témoin. 

De Virginia Walter à Egham, il n'y a qu'une enjambée et retrouver sa belle-mère qu'il adore ainsi que le lit qu'elle a préparé à son intention. 

L'étape suivante est Burnemouth, petit rappel de son premier vrai travail en Grande Bretagne à l'Echo car après le mariage, lui et sa femme étaient partis aux USA afin qu'il y termine ses deux années d'études. 

Stutland, Oxford, Weston-Super-Mare etc. Arrivé dans le Yorkshire, près de chez lui, ce serait idiot de ne pas dormir dans son lit près de sa famille. Il fera un petit tour de la région avec un ami. 

Retour via les trains pour la suite du périple vers le Pays de Galles, l'Ecosse et petit à petit le voyage se termine à son grand désarroi. Entre les deux, il fera une randonnée qui le mènera sur un mont avec des amis où suprise, il n'y a que les anglais pour monter dans la brume et piqueniquer tout là haut..

Ce qui est génial dans les livres de Bill Bryson c'est avant tout son humour bien entendu mais également son approche de chaque lieu, il vous narre l'histoire du village ou de la ville, les personnages les plus importants qui y sont nés et pour couronner le tout, il observe tellement bien les gens dans leurs travers que dans leur bonté qu'on en redemande. 

Bien sur que la Grande Bretagne a changé. Beaucoup de villes qui avaient été baties à l'ère victorienne selon la modernité changent radicalement : les belles batisses sont démolies au profit d'immeubles hideux bien souvent. On retrouve les mêmes enseignes de magasin dans chaque ville, vive la mondialisation mais tout n'est pas à jeter car Bill Bryson vous criera "allez à Durham" il en est tombé amoureux. 

Les voyages en train sont épiques avec des gares fermées quand il y arrive, un bus dont l'horaire ne correspond pas avec celui du train qu'il doit prendre, des admirateurs de locomotives. L'homme furieux car il se tient à sa place sur le bord du quai....Les voyages en train dans toute leur splendeur....

En conclusion, Bill Bryson adresse un grand discours amoureux à la Grande Bretagne car il aime par dessus tout ce pays même si certains prétendent que ce sont eux les anglais qui ont inventé le cornflakes. 

Petit détail, ne lui parlez pas de Béatrix Potter !

Une belle vision de ce que fut la Grande Bretagne et ce qu'elle est devenue dont les habitants ne sont comparables à aucune autre nation. 

Si vous avez le moral plus bas que le zénith, lisez Bill Bryson antidote à toute tristesse.

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04 juillet 2016

Les oiseaux de Christophe Colomb d'Adrien Goetz

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Alina, 13 ans,  a été envoyée d'Espagne à Paris pour perfectionner son français dans sa famille. Elle réside dans le quartier de la tour Eifel sans savoir qu'à deux pas, se dresse un magnifique musée. 

A l'école on lui parle de Christophe Colomb. Christophe comme Cristobal en espagnol, prénom que porte son meilleur ami dans son pays. Son père lui a appris à connaitre la véritable histoire de Christophe Colomb. Une autre vision de l'histoire.

Alina aimerait faire découvrir cet autre facette de Christophe Colomb à ses camarades d'école. Conter l'histoire à l'envers en leur faisant découvrir les premiers insulaires  que Christophe Colomb a rencontrés : les Taînos. 

Sur les conseils de son oncle Juan, Alina se rend dans le jardin sauvage et découvre un musée. 

Elle va le parcourir avec émerveillement : L'Amérique, l'Afrique, tout se mélange dans ce bateau des civilisations.

Arrivée devant la vitrine des Tainos, elle constate que celle-ci est vide. 

 

Pour les dix ans du musée du Quai Branly, Adrien Goetz a écrit une très belle histoire. En compagnie d'Alina, nous nous émerveillons et parcourons les différentes salles. L'historique de ce dit musée nous est expliqué. De plus, Alina, réussit à nous emmenez sur les pas de Christophe Colomb mais d'une manière toute autre à celle enseignée dans les manuels scolaires. Le tout parsemé de quelques photos.

 

Je connais le rideau de verdure à l'entrée du quai Branly mais jamais je n'ai été plus loin. L'écriture d'Adrien Goetz ne nous donne qu'une envie : y pénétrer et surtout découvrir cette civilisation des Tainos dont je n'avais jamais entendu parler. 

Histoire, poésie, rêve, roman, enfance, tout est y est condensé  sous les ailes des oiseaux de Christophe Colomb. Embarquez! Vous ne serez pas déçu de l'exploration. 

 

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 photo prise sur le net.

 

 

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30 juin 2016

La pluie de l'aube de Guan Jian

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Dans ce livre qui peut être lu autant comme nouvelles que comme roman, on découvre Shan Shan qui va quitter son père pour entamer des études de médecine à Lyon.  Wiang Q. est amoureux de la jeune fille. Malheureusement pour lui elle aime en secret Chen Lai qui accueille les étudiants là bas en France 

 

Shan Shan et Wiang Q. finissent par se marier et deviennent parents d’un petit Julien. Ils vont passer la guerre en Europe et ensuite à la demande de Chen Lai retourner au pays car ils n’ont qu’un désir : aider le peuple chinois. 

 

Suite aux purges et aux décisions de Mao, leur vie va dégringoler : Wiang Q et son fils seront emprisonnés et Chan Chan terminera sa vie comme balayeuse de rue. 

 

Nous retrouverons les petits enfants dans la Chine mondialiste que nous connaissons à présent.

 

 

Durant la lecture de ces magnifiques nouvelles, on oscille entre le passé et le présent avec la France comme lien entre tous les personnages

 

Un mélange d’amour, de tendresse, de désespoir, de folie, de poésie s’alignent sous nos yeux de lecteur et c’est un régal.

 

« Dans la chambre voisine, un enfant dormait , confiant en son avenir. A cette de son lit, une maquette d’avion en construction reposait par terre. Sur la table de chevet, un dictionnaire ouvert,  comme une porte prête à accueillir son visiteur. Sur le ventre de l’enfant , « L’appel de la forêt » attendait le réveil de son lecteur.  Devant la Fenêtre, quelques crayons  à dessins étalés sur le bureau, prêts à raconter les rêves de leurs propriétaires : avion, bateau montagne, forêt, aigle, dauphin, océan. »

 

 

Durant ma jeunesse, j’ai dévoré tous les livres de Han Suyin qui traitaient de la Chine. Autre période, autre genre d’écrivain. 

 

Dans les livres de Guan Jian, les mots sont épurés. On vogue calmement dans le sillage des personnages même si le malheur est au rendez-vous dans leur vie. 

 

Très très belle découverte. 

 

 Lire l'avis de Cathulu qui l'a autant aimé que moi 

 

 

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27 juin 2016

Sa Majesté Maman de Anne B. Rodge

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"Elle était très cultivée et avait un appétit vorace pour tout ce qui se passait ; elle lisait tout les jours trois journaux, surfait sur le Net, était active sur Facebook, cherchait tout sur Google dès qu'elle avait le moindre doute. Je l'utilisais souvent comme assistante pour mes recherches, car elle n'abandonnait jamais avant d'avoir trouvé ce qu'il me fallait. Elle était poussée par la curiosité, avec une soif de connaissance inextinguible"

 

Dans ce magnifique récit, oui magnifique, Anne B. Radge nous raconte sa maman, celle de sa jeunesse, celle avec qui elle se confrontat à l'âge adulte et la maman qui suite à la maladie terminat sa vie dans le système sans humanité des soins en Norvège.

 

Elle n'était pas Norvégienne mais immigrée de Suède comme elle le répétait. Non aimée par sa mère qu'elle appelait la Sorcière, elle fut ce qu'on appelle une enfant battue. Est-ce suite à ce manque d'amour qu'elle ne prodiguat pas de câlins à la petite Anne ? ou trouvait-telle cela inutile. ? 

Le père d'Anne ainsi que de sa soeur, est parti vivre avec une autre femme quand elle était petite. Sans explications en signifiant que sa femme le chassait de chez lui. Dès lors, la mère d'Anne a du élever ses filles toute seule. Les jours ne sont pas toujours faciles jusqu'à ce qu'elle déniche une place de machiniste dans une usine de sacs plastiques. 

Anne B Radge ne garde aucune rancoeur de cette pauvreté. Elle même fut pauvre lors de son premier mariage. 

Même dans cette difficulté de la vie, la maman d'Anne considérait que l'essentiel était de préparer de merveilleux plats, Elle gardait même un bol de pâte à gauffres dans son frigo, au cas où. Que les gens se nourrissent quand ils venaient chez elle, c'était essentiel.

Elle lisait, elle aimait l'art et surtout Chagall mais n'eut jamais l'occasion d'aller voir une de ses expositions. 

Elle apprit l'Arabe en échange de nourriture à un étudiant. Tout l'intéressait, tout.

Une femme étonnante qui devait vous glacer parfois par ses paroles.

Malheureusement, la maladie est arrivée lors d'un voyage à Vienne, voyage que sa fille pouvait enfin lui offrir. Et au retour en Norvège dans le système sociétal médical, Anne B Radge et sa soeur, ont été confrontées à cette inhumanité qui s'installe dans notre société. 

Peu avant de mourir, elle ne lisait plus. Elle avait assez emmagasiner, il était temps de parler. 

C'est Anne B Radge qui lui a permis de parler à travers ce récit. 

Récit qui oscille entre colère parfois et amour, surtout amour. 

 

 

 

 

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12 juin 2016

Mankell (par Mankell) de Kirsten Jacobsen.

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Kirsten Jacobsen a suivi Mankell à divers endroits de la planète. Aussi bien à New Delhi durant un festival de littérature, qu'à Antibes dans l'une de ses maisons afin de tenter de comprendre qui se cache derrière l'écrivain à succès. Mais est-on arrivé à jamais cerné Hennig Mankel ?

Avare de paroles, il n'aime pas évoquer sa vie privée, il ne dira que ce qu'il veut bien en dévoiler. Son père, son enfance dans le petit village d''où il voulait déjà partir, lîle qu'il s'est achetée car il aime la solitude, ses femmes, le théâtre qu'il a formé en Afrique. 

En parlant de Wallander, il le décrit comme un personnage qui ne lui ressemble pas et qu'il n'aimerait pas avoir comme ami. Etonnant non ?

Quand on lui parle de la mort et qu'il est heureux d'être en bonne santé, on ne peut s'empêcher d'avoir un pincement au coeur car lors de ses paroles, il ne savait pas encore que le cancer l'attendait sur le chemin. 

Son dernier livre, sables mouvants, est évoqué également, il en parle deux trois secondes. 

Un grand auteur, qui a vécu comme il le voulait, qui a réalisé une partie de ce qu'il désirait, qui devait paraitre pour un ours pour certains mais de cela il s'en fichait. Un homme engagé car il ne supportait pas l'injustice...

Il nous a laissé Wallander, son amour de l'Afrique et tant d'autres livres car un auteur ne meurt jamais. 

Merci Monsieur Mankell.

 

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25 mai 2016

Via Appia, voyage sur la plus ancienne route d'Italie de Jacques de Saint Victor

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C'est lors d'un séjour dans les Pouilles, que l'auteur découvre dans une plaine un vestige de la Via Appia Antica, non pas celle empruntée par les touristes mais l'historique Via Appia Antica qui mène jusque Brindisi, l'Adriatique, la porte de l'Orient.

 

Dix ans après, sa décision est prise, il part pour ce long voyage de Rome à Brindisi. Comme il n'a rien d'autre à  faire selon sa femme Michela pourquoi pas ? 

Durant un an, il va se faire coacher enfin question de point de vue car il veut faire le voyage pédestrement. 

Il fait des recherches car pas de plan de la Via Appia qui n'est pas le chemin de Compostelle. Petit à petit il arrive à en faire son tracé. car  l'Appia Nuova suit le trace de l'ancienne route, celle dont tous les chemins mènent à Rome. Pour les italiens c'est une nationale comme les autres. 

Et un beau jour de décembre, c'est le départ de la porte Appia avec confrontation avec les automobiles pour aboutir à un endroit si reposant que devient la Via Appia loin des touristes, une allée bordée de cyprès, des mausolées et de riches villas, ensuite pour notre marcheur l'ennui s'installe car pas un passant en vue, enfin presque ! La via Appia devient un chemin boueux, d'étranges silhouettes se profilent. Ils doit se passer de drôles de trafic durant la nuit. Son premier  but c'était d'atteindre San Gandolfo mais basta la marche non pas pour lui. Retour en arrière pour repartir quelques mois plus tard au volant de sa Fiat. Michela siégeant au Parlement, ils se retrouveraient à Brindisi

 

Le voyage peut commencer et quel voyage ! Il nous emmène sur les traces de la civilisation romaine tout en nous décrivant la réalité italienne et cette partie  du sud aussi pauvre que la Grêce. On imagine Pasolini suivre la même route, les déchets toxiques déversés non loin des paturages des bufflettes  et dont le lait est transformé en Mozzarella, produit que je n'aime pas et que n'aimerai plus du tout après lecture de ce livre, de vieux villages, les légions romaines, les Empereurs, le fascisme, la cuisine italienne qui est meilleure que la française selon les italiens. Un magnifique voyage entre le passé, les légendes et l'Italie qui se débat avec ses démons. Sans oublier l'humour, très important l'humour. 

 

Si après ce voyage sur la Via Appia Antica, nous n'avez pas le désir de prendre le volant d'une Fiat, c'est à n'y rien comprendre. 

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Parco degli acquedotti

 

PHOTOS PRISES SUR LE NET.

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12 avril 2016

Chronique de la dérive douce de Dany Laferrière

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Que peut bien ressentir une jeune homme de 23 ans arrivant de Haiti à Montréal ? Ses amis, sa famille, tous sont restés à Port au Prince. Seul dans cette grande ville en 1976, il doit apprendre. 

 

 

C’est sous forme de chroniques que Dany Laferrière nous décrit la nouvelle vie de ce jeune homme. Les chambres glauques, la solitude, la découverte d’une autre société, la faim, le manque d’argent, la pluie, la neige, le travail en usine, l’alcool mais surtout les livres, les filles et une petite souris. 

 

Que va t-il faire de sa vie après cette année qui s'est déroulée ? Il achète une Remingtom et décide de devenir écrivain.

 

J’ai mis du temps à ouvrir ces chroniques et c’est tout simplement génial. On y croise, le désespoir, l’humour, la poésie, la vie d’un homme exilé . On se régale.

 

« Je ne serai pas d’ici tant 

que je n’aurai pas connu

les quatre saisons. Ce 

passé, que j’ignore, est si récent qu’il talonne

encore le présent.

Et se mêle parfois à la 

conversation. Quand 

cela arrive, je retrouve

instantanément ma

condition d’étranger; »

 

« Ce n’est que vers la fin d’octobre

que j’ai appris cette vieille règle.

Ne jamais se plaindre du racisme

si tu ne veux pas être perçu comme

un être inférieur. »

 

« Je retourne à la fenêtre.

Ma première tempête de neige

à vingt-trois ans.

C’est plus impressionnant 

que la mer

mais moins émouvant. »

 

« Il est plus difficile de travailler

quand on sait que dehors, 

il fait un soleil éclatant, 

que les filles

sont pratiquement nues

et que la glace se vend 

à 90 centimes au coin des rues 

Saint-Laurent et Sainte-Catherine »

 

« Je ne peux pas dire

quand exactement

cette ville 

a cessé d’être pour moi, 

une ville étrangère

Peut-être quand

j’ai arrêté de la regarder. »

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