30 janvier 2016

Les cercueils de zinc de Svetlana Alexievitch

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Ils sont partis là bas, de leur plein gré ou forcés, femmes et hommes d'à peine vingt ans. On leur a dit qu'ils allaient bâtir le socialisme en Afghanistan. Mais la vérité était toute autre.

En URSS, le peuple les admirait car ils y plantaient des pommiers, aidaient la population. Au lieu de pommiers, ils tuaient des femmes et des enfants dans leur habitation, envoyaient des grenades. Ils voyaient leurs camarades éclater devant eux. Ils voyaient la haine dans les yeux de ceux qu'ils étaient venus aider selon leurs dirigeants. Ils volaient, recevaient des coups, se droguaient pour supporter l'horreur. 

En URSS, peu à peu on a compris ce qu'ils faisaient là bas et c'est le mépris qui les accueillis lors de leur retour. Les femmes n'étaient que des prostituées, les hommes des assassins. 

Ils sont revenus entourés de honte. Certains à moitié fous, d'autres sans jambes, et beaucoup dans un cercueil de zinc. 

L'armée prévenait la famille qu'elle pouvait venir chercher ledit cercueil, ensuite débrouiller vous.

On leur avait promis les honneurs, ils n'eurent que des os à ronger. Ils avaient à peine vingt ans dans cette dernière guerre entre le bloc de l'est et le bloc de l'ouest. 

Svletana Alexievitch est allée interroger les mères, les veuves, les soldats encore vivants. Témoignages accablants d'une idéologie mensongère.

Lors de la parution d'extraits de ces interviews, certains de ceux qui avaient témoignés ont porté plainte contre l'auteur. Selon eux, elle avait déformé leurs propros qui a entrainé un procès.

 

"J'ai compris qu'on n'avais pas besoin de nous ici. Pas besoin de notre expérience. C'est de trop, ça gêne. Nous aussi nous sommes de trop, nous gênons"

"On nous traite d'occupants. Qu'avons nous pris là bas , qu'en avons-nous rapporté ? Le fret"deux cents", les cercueils avec nos camarades ? Qu'avons-nous acquis ? Des maladies, depuis l'hépatite jusqu'au choléra, des blessures, des infirmités ? Je n'ai pas à me repentir. J'ai le peule frère afghan. J'en suis pérsuadé !"

"A l'école de cuisine où je travaille nous sommes cent. Je suis la seule à avoir perdu mon mari à la guerre, une guerre que les autres ne connaissent que par le journaux. Quand j'ai entendu pour la première fois la télévision expliquer que l'Afghanistan était une guerre honteuse, j'ai failli casser le poste. Ce jour là, j'ai enterré mon mari pour la deuxième fois"

 

"Le plus terrible c'est que nous sommes partis d'un Etat qui avait besoin de cette guerre, et nous revenons dans un Etat qui n'en a plus besoin. Ce qui nous blesse, ce n'est pas qu'on nous refuse tel ou tel avantage, pas du tout. C'est le fait d'avoir été tout simplement effacés"

"Je me réveille en pleine nuit et je mets du temps à réaliser si je suis ici ou là-bas. Qu a dit que les fous n'étaient que des effarés ? Je vis comme si j'étais un observateur extérieur...J'ai une femme, un enfant...Autrefois, j'aimais les pigeons...J'aimais les matins...Maintenant, je suis comme un observateur étranger...Je donnerais n'importe quoi pour retrouver ma joie de vivre"

 

Les Russes ont occupés l'Afghanistan de 1979 à 1989. On estime les pertes humaines dans l'armée à environ  15 000. 

Plus d'un million de civils afghans furent tués durant cette guerre. 

 

 

 

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28 janvier 2016

Balkans-transit de François Maspero

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"C'est peut-être cela le pari du voyage : au-delà de tous les dépaysements, des émerveillements ou des angoisses de l'inconnu, au-delà de toutes les différences, retrouver soudain, chez certains, le sentiment d'être de la même famille. D'être les uns et les autres des humains. Parfois ça rate. Parfois même ça tourne mal. Mais le pari vaut d'être fait".

Tout débute par la seconde guerre mondiale. Son frère, résistant, y a été abattu. Son père n'est pas revenu de Buchenwald et sa mère a été sauvée de Ravensbruck, les cheveux devenus gris. Mais comme tous les jeunes, François, ne veut plus de cela, plus jamais. Alors il part dans les ruines des pays de l'Europe à la rencontre d'autres jeunes car pour lui les survivants ne sont pas responsables des atrocités commisent par les gouvernants. 

Plus jamais cela et pourtant début des années nonantes, la guerre résonne du côté de l'ancienne Yougoslavie. Le mur de Berlin s'est effacé et les anciens pays des Balkans prennent leur indépendance vaille que vaille.

François Maspero décide de réaliser le même style de voyage que celui effectué et relaté dans son livre "les passagers du Paris Roissy". Il avait parcouru soixantes kilomètres de lignes RER. Il va en parcourir 3000 dans les Balkans.

"N'être que ce que je suis et rien d'autre. Spécialiste de rien, mais pas non plus touriste innocent. Tout juste porter le regard sur des êtres et des choses dont on est fondé à croire qu'en fin de compte, ils vous regardent"

Il ne part pas seul, accompagné du photographe slovène Klavdij Sluban qui a été elevé en grande partie en France. Ils se sont un jour rencontrés un jour à Tirana. Et c'est à lui que propose François Maspero de partir dans cette aventure.

Les deux hommes vont donc se rendre en Albanie, Macédoine, Bulgarie, Roumanie. Des pays qui sortent du communisme et qui d'un jour sont propulsés vers ce qu'on nomme la démocratie, à la sauce Balkane. 

Tout est à reconstruire dans ces pays qui comme l'Albanie est restée coupée du reste du monde et dont le pays est jonché de bunkers, comme la Roumanie qui a été délivrée d'un autre dictateur mais réappropriée par une autre intellegentsia. 

En quelques années, Maspero découvre le changement sous forme de banques dans certaines villes. Là où de petites boutiques de change existaient, le capitalisme voit ses premières pousses fleurir. 

François Maspero nous décrit les femmes et hommes qu'ils rencontrent, qu'ils retrouvent, le tout ponctué de l'histoire de ces pays qui fut un mélange de peuples différents et qui à nous occidentaux de l'ouest est très complexe.

Chronique de Sarajevo en état de guerre très émouvante. 

Et les photos de Sluban qui nous renvoit des clichés si noirs.  

En 1999, François Masparo sait que la vie n'a pas été merveilleuse pour certaines de ses connaissances, d'autres ils n'en a aucune nouvelle.

La guerre du Kosovo a changé toute la donne des Balkans. Les peuples de ces pays ne désiraient que vivre fiers et heureux. La démocratie qu'en fait-on quand on vous la lance au visage ? 

Nous sommes en 2016, François Maspero est mort l'année dernière et des Balkans continue à affluer des réfugiés qui fuient la pauvreté. 

Oui plus jamais cela....

 

 

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24 janvier 2016

Le Garçon sauvage carnet de montagne de Paolo Cognetti

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Un hiver qui l'a laissé avec un goût amer  point de vue relationnel, une envie d'écrire qui a disparu et ne plus supporter de se cogner à cette foule dans la ville. Il décide alors de suivre les traces de Thoreau, Elisée Reclus qui eux aussi dans la trentaine ont changé de route. 

 

Il part là haut, loin des autres, dans cette montagne où il ne s'est plus rendu depuis dix ans. Pourtant dans son enfance et sa jeunesse, il y passait les étés. Il veut trouver un lieu où il pourra réflechir et se retrouver. Ce sera à 2000 mètres d'altitude, dans une baita maison de pierre et de bois dans un hameau qui a été abandonné mais dont les quatre baitas qui le composent ont été reaménagées. La sienne porte le numéro 1. 

Il emporte un livre de Mario Rigoni Stern.

Il retourne dans la vallée qu'il connait si bien mais sur l'autre versant. 

Il retrouve la montagne au printemps et ses peurs des nuits car là haut, le silence vous fait découvrir des bruits insolites. 

Seul non pas pour longtemps, car au printemps les bergers montent avec le troupeau des vaches. Pas bavards mais c'est une présence.

A t-on besoin de solitude quand on chante par trois fois et que la marmotte vous écoute avant de rentrer dans son terrier. Les chiens de bergers ne sont jamais loin. Décidé de vaincre sa peur de la nuit, dormir à la belle étoile et plonger son regard dans celui du renard. 

Retrouver la montagne, murmurer avec la nature, une neige au mois de mai, une envie de cultiver un jardin en pure perte, couper du bois et ne pas vouloir connaitre ce qui se passe en bas.  

Là haut, il faut bien croiser des hommes outre les bergers qui passent, chercher l'amitié avec les animaux mais aussi celle des humains isolés comme lui.

Remigio, est le propriétaire des baitas, il aime redonner vie à ces vieilles maisons et l'hiver il dame les pistes au village. Il a décidé à 45 ans de lire tous les classiques car il manque de mots via son dialecte pour comprendre et exprimer ce qu'il ressent. 

Gabriele qui doit avoir le même âge vit là haut durant les belles saisons, gardien de troupeau de vaches. Il a femme et enfants mais on ne pose pas de question. On s'invite à des repas l'un chez l'autre. 

Le jeune homme décide de quitter la baita durant trois jours pour monter encore plus haut. Il va vivre au refuge avec les gardiens pour ensuite retourner d'où il vient, plus bas. Au retour, ce sera l'instant des pleurs quand il sera arrêté par un obstacle qu'il croit insurmontable.

 

En octobre, il décide de repartir en même temps que Gabriele et Remmigio après avoir partager un repas où les deux hommes qui ne se parlent pas vont être réunis. 

 

"Comme ermite, je ne valais pas un clou : j'étais monté là haut pour rester seulet n'arrêtais pas de me chercher des amis"

"Cela devait bien finir par arriver, et au bout du compte, entre tous les endroits tristes possibles et imaginales, c'est dans l'une de mes caillasses préférées que je fondis en larmes"

"A la baita, le mois de juillet était déjà bien avancé. Quand l'herbe nous arriva à la taille et commenç à jaunir, partout sur les alpages sortirent les faucheuses, les tracteurs, les remorques, les botteleuses. A la saison des foins, tout le monde mettait la main à la pâte, même les enfants. C'était beau de voir la montagne ratissée comme un jardin : avec les crocus qui fleurissaient dans l'herbe fraiche, croyant à un retour du printemps"

Par deux fois, étrangerment, j'ai pensé à "la petite lumière dans la nuit " de Moresco. Moment magique quand le jeune homme découvre une nuit des lueurs de feux dans la montagne de toutes ces vies isolées mais non loin de lui. Pas si seul que cela là haut. 

Il n'est pas certain que Paolo Cognetti a trouver les réponses à son mal être passager lorsqu'il redescend vers la civilisation. Il emporte avec lui du bonheur partagé, des souvenirs qui ne s'estompéront pas. Il s'est remis à écrire durant l'été. Il quitte la baita comme une belle connaissance. 

Magnifique, magique, à lire et à relire. 

 

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10 janvier 2016

Guerre et Thérébenthine de Stefan Hertmans

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"Pendant plus de trente ans,, j'ai conservé sans les ouvrir les cahiers où soigneusement, de son écriture incomparable d'avant-guerre, il a consigné ses souvenirs; il me les donnés quelques mois avant sa mort en 1981. Il avait alors quatre-vingt-dix ans. Il était né en 1891, sa vie semblait se résumer à l'inversion de deux chiffres dans une date."

 

En 1891, Emile Claus exposait ce tableau 

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Tout débute par un souvenir d'enfance de l'auteur se déroulant à la mer. Son grand-père remontant le bas de son pantalon en compagnie de sa grand-mère, assis dans le sable sur la plage. 

Tout en nous retraçant l'enfance et la jeunesse de son grand-père, il nous ramène sur les lieux dans la ville qui ont un goût d'enfance aussi bien pour l'auteur que pour son grand-père. 

Les parents de son grand-père s'étaient mariés suite à un coup de foudre. Celine la fille de marchand qui avait étudié, voulait absolument faire sa vie avec Franciscus, peintre dans les Eglises. Celine qui portaient de belles bottines aux pieds du les échanger contre les sabots des pauvres.

Ils furent parents de cinq enfants dont Martien. Si l'on tend l'oreille, on pourrait percevoir le claquement dans les rues de Gand d'un gamin qui court pour trouver de la nourriture et ainsi aider sa mère qu'il adore. Son père, il l'aime tout aussi fort.

Quand on est pauvre, on n'a pas le choix et dès que l'on peut on part travailler, pour Martien ce sera la fonderie où il doit absolument maintenir en équilibre l'immense cuve dans laquelle bout le liquide. 

Il adore accompagner son père dans les Eglises, lui donner ses pigments et rester en silence ensemble.

Son père est amené à partir un an en Angleterre pour son métier malgré le désespoir de Celine. Elle s'inquiète car il est asthmatique et le climat de là bas ne lui conviendra pas mais surtout être séparée de lui pendant une longue année.

Martien désire appreindre à peindre également, le soir après le travail, il se rend à l'école des Beaux Arts mais tracer des lignes à n'en plus finir il abandonne. Alors il va apprendre par lui même petit à petit. 

Son père revient d'Angleterre affaibli et meurt. Celine devient comme folle, elle ne s'occuppe plus de ses enfants jusq'au jour où elle se réveille. Les prétendants se présentent. Celine acceptte la proposition de Henri mais selon un accord, elle l'épouse mais il ne pourra jamais la toucher. 

Martien déteste son beau-père qui se permet de s'asseoir dans le fauteuil  de son père.

Etant pauvre, il n'a que deux solutions, la prêtrise ou l'armée. Il choisit l'armée dans laquelle il va servir quatre ans. 

1914, Martien part à la guerre.

Les écrits du petit carnet sont un témoignage bouleversant de cette guerre qui fut une boucherie. Martien a participé à la bataille de l'Yser. Entre les lignes, on découvre un pan d'histoire de mon pays. L'arrogance des officiers qui parlaient français comme ce l'était à l'époque dans les milieux huppés, et ce mépris qu'ils avaient pour les flamands. Les soldats wallons s'en excusaient même auprès de Martien car entre soldats, ne se posait aucun problème.

La guerre entre francophones et flamands date en partie de cette époque.

Blessé trois fois, convalescence en France et en Angleterre, il va monter de grade, recevoir des médailles. Et enfin la libération tant attendue.

A son retour à Gand, il découvre son beau-père qui s'est mis à boire, sa mère dont les cheveux sont devenus gris, ses soeurs si jolies et la voisine du marchand de grains à l'arrière de leur maison. Maria, comme il va l'aimer, ils sont prêts à se marier mais la grippe espagnole en décide tout autrement.

Alors après la mort de Maria, son futur beau-père lui demande de ne pas quitter la famille. Martien comprend et après reflexion, il épouse la soeur de Maria, Gabrielle.  

Dans la dernière partie du livre, Stefan Hertmans par à la recherche des traces du passé de la grande guerre, sur les traces laissées par son grand-père. Naturellement, les paysages de l'époque sont modifiés, les monuments sont pour la plupart laissés à l'abandon sur un bord de route mais l'Yser lui, est tel que son grand-père l'a décrit lors des embuscades. 

"Tout cela remonte à si longtemps, cela fait un siècle, je marche ici en portant ses gênes dans mon corps, plus seul que solitaire et en retard pour tout. Et, voilà encore le coucou, cette fois proche, fort comme dans un rêve, ce qui me fait sursauter. Il vole au-dessus des arbustes dans la fraicher du printemps, lançant son appel comme certains jours de mon enfance. Il imite la pendule à coucou dans la pièce sombre du milieu, c'est mon grand-père qui relève les poids de cuivre et dit quelque chose d'indisinct à ma mère à propros du temps"

Martien n'a jamais cessé de peindre. Même durant la guerre, il esquissait les croquis de moment de repos, il faisait le portrait de ses camarades. De ces croquis, il n'en reste rien.

Il n'a jamais peint pour gagner sa vie. Il peignait comme s'il était le relais de son père. Il fut l'ami du peintre Baeyens. Il était daltonien mais ne le comprit que plus tard. Il était un excellent copiste et même plus âgé quand ses doigts étaient déformés, qu'il ne voyait plus rien, il persévérait. 

 

Comment expliquer, l'inexplicable. Pourquoi certains livres vous bouleversent et d'autres pas ? Je flotte encore au milieu de ses pages, le coeur encore ébahi. 

Le récit d'un autre monde qui s'évanouit en 1918, les souvenirs d'un enfant accompagnant son grand-père, mais surtout cette envie de le comprendre en parcourant le même chemin, un vrai coup de coeur. 

Sans oublier la description de la ville de Gand où j'ai été en voyage scolaire en primaire et que je n'ai jamais oubliée. 

 

 

 

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06 janvier 2016

Il était une ville de Thomas B Reverdy

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Détroit agonise. Sa robe ne sera bientôt plus que poussière. Elle se noie sous les dettes. Le maire a démissionné. Ceux qui pouvaient sont déjà partis, certains attendent encore un peu et les autres...ils n'ont pas le choix, ils resteront là.

Des quartiers entiers abandonnés, les maisons ne valant plus rien, des quartiers fantômes sans electricité.

Les chiens errent dans les rues, les enfants disparaissent, les demeures brûlent : 200 en une nuit. 

Les pompiers et la police résistent mais pour combien de temps ? 

Detroit n'est plus qu'un squelette dont les plus pauvres s'arrachent les os. 

Catastrophe, catastrophe. Subrprime. Catastrophe. Faillite. Catastrophe

"Charlie, mon petit n'ouvre pas les yeux, c'est plus facile de te raconter ça quand je crois que tu dors. Tu voudrais que je te le dise, mais je ne sais pas à qui la faute. Il y a eu le Paradis et puis il y a eu la pomme, et je ne sais pas qui a décidé de la croquer le premier. Il y a eu un moment où l'on s'est détourné de Dieu, voilà ce que je crois. Il a fallu rêver d'une plus grosse voiture, d'une plus jolie maison, ou rêver de ne pas respirer le même air que tout le monde. C'était notre faute. Pas individuellement, mais ça nous est arrivé à nous, c'est comme ça. On n'a plus parlé la même langue, et c'est cela la guerre."

Eugène arrive à Détroit au milieu de tout ce cahot. Il est envoyé par son Entreprise afin de racheter le désastre qui s'est déroulé en Chine. Une manière de rebondir en somme, enfin c'est ce qu'il pense....

Gloria élève son petit fils Charlie. Son mari a été tué dans la grande emeute qui s'est déroulée il y a tellement longtemps. Sa fille lui a laissé le bébé et s'en est allée on ne sait où. Charlie a douze ans à présent et traine avec ses amis dans son quartier. Lorsque Charlie disparait à son tour, elle va le chercher dans toute la ville et au delà.

"Dehors, quelque part en ville, il y avait Charlie. Il était si jeune. Il avait encore besoin d'elle."

L'inspecteur Brown avec ses années de service derrière lui, travaille cahin caha dans des conditions plus que sordides. Il se questionne sur les disparitions d'enfants. Où sont-ils ?

Et puis, il y a Candice, serveuse au Dive In dont Eugène a un jour poussé la porte, attiré par la lumière. Candice aux lèvres rouges, Candice au si beau sourire. 

A travers ce roman Thomas B Reverdy nous entraine dans les méandres de notre société dite libérale dont Detroit est un exemple.  Dans cette société qu'on nous a concoctée avec soin, il y a encore des humains qui n'ont qu'une envie aimer et être aimés malgré les échecs, malgré la pauvreté, malgré l'abandon. 

Thoma B Reverdy nous le conte si poétiquement...

Magnifique....

"Et c'est ce qui se joue aussi entre les sociétés humaines. Courir, on ne sait faire que ça. Quand ça se met à aller mal, on accèlère. -que faire d'autre ?"

 

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08 décembre 2015

La maison de Tess de Cathy Kelly

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Avalon, petit village d’Irlande, au bord de mer. Avalon et ses petits secrets. 

 

Danae tient la poste depuis 15 ans. Elle n’est pas du village mais cerne la vie de chacun selon son courrier. Elle en aurait des choses à raconter mais elle préfère vivre dans la solitude de sa petite maison entourée de ses poules dont l’une porte le nom de sa nièce Mara. 

 

 

Mara ne vit pas à Avalon. Elle travaille dans une agence immobilière dont le propriétaire est son amant. Elle s’habille vintage, adore la vie mais quand la belle Tawhnee est arrivée pour travailler à l’agence, tout a été chamboulé. Jack s’est épris de cette belle plante, largué Mara et va l’épouser.

 

Tess tient un magasin d’antiquités »le temps perdu », les affaires ne vont pas très bien suite à la crise. Elle a décidé d’un commun accord d’une séparation de quelque temps avec son mari, pour faire le point. Heureusement que son adolescent de fils et sa petite fille l’aident à surmonter cette période. 

 

La soeur de Tess, Suki ayant été l’épouse d’un homme proche des Kennedy, ensuite la maitresse d’une rock star, se demande comment elle va arriver à renouer avec son succès littéraire comme par le passé. D’autant que l’argent lui glisse entre les doigts.

 

 

Ces quatre femmes vont se retrouver à Avalon mais elles ne le savent pas encore. Leur vie va changer mais elle ne s’en doutent pas encore. 

 

 

Ouvrir un roman de Cathy Kelly c’est avant tout dénouer un gros noeud de couleur rose, et ensuite en savourer chaque saveur. C’est vrai que tout est délicieux mais on en redemande une part quand le ruban se renoue. Tellement bon pour le moral qu’on en guette le prochain….

 

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02 octobre 2015

Sable mouvant de Henning Mankell

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En janvier 2014, ce qui ressemblait à un torticolis, s'avère en fait un cancer du poumon. Henning Mankell décide de tenir un journal durant son traitement de chimiothérapie. 

Il n'évoque qu'une seule fois Wallander mais par contre il nous entraine dans le sable mouvant qui constitue une vie et plus particulièrement celle de l'humanité. A travers ses fragments de vie, il nous dévoile un peu de lui. Le départ de sa mère du domicile quant il était petit le laissant seul avec son père qui était juge. Sa décision à 16 ans d'arrêter l'école et de partir à Paris où il découvre ce qu'est la misère.

De ces fragments de vie, il nous fait partager ses pensées sur l'humanité à travers l'art dans les grottes ainsi que le futur que nous ne connaitrons pas puisque lui-même ne sait pas combien d'années il va encore vivre, de ces rencontres qu'il a manquées, de la mort, de la vie, de lecture, de peinturede la perception du temps, de philosophie, du coeur...et bien entendu du cancer mais en toute lucidité.

Nous voyageons à travers le temps, à travers des souvenirs qui l'on marqués. Il nous parle de la jalousie, de la misère, de l'homme, de ses expériences théâtrales, de l'Afrique.

Mais surtout, il nous enseigne que si l'on considère que l'on doit changer sa vie, c'est à nous de prendre la décision tout en sachant que d'autres humains n'ont pas ce choix suite à la misère et à la faim. 

Il nous lance cette joie de vivre qui doit nous tenir debout. Il parle de ce que nous  les humains avons, pouvons et créerons  de pire autant que de bien.

A la fin de ce journal, la maladie avait régressé. Henning Mankell est en sursis de vie. Un répit dont il ne connait pas la durée mais durant ce laps de temps, il compte profiter de la joie.

Je pense que Wallander doit sourire en lisant ce magnifique livre. Henning Mankel s'est hissé hors du sable mouvant. 

Un livre que je vais garder précieusement.

"C'est là une des injustices les plus flagrantes du monde dans lequel nous vivons. Que certains aient le temps de réflechir alors que d'autres n'en ont pas le loisir. Chercher le sens de la vie, cela devrait être inscrit dans les droits fondamentaux de l'homme"

 

 

 

  

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29 septembre 2015

Ce que signifie la vie pour moi de Jack London

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Ce petit texte fut écrit par Jack London en 1905. Texte qui est le fondement de toute la pensée politique de Jack London. 

 

C’est l’histoire d’un gamin qui a 14 ans doit quitter l’école pour aider sa mère et son beau-père vivant dans la pauvreté. De boulot en boulot, il découvre l’alcool et devient lui-même un patron en devenant pilleur d’huitres. Mais il y a toujours plus vorace que vous et il perd tout pour retourner dans la misère.

 

Il aime la lecture et il comprend qu’il fait partie de ce qu’on appelle les socialistes.

 

C’est l’histoire d’un jeune homme qui nettoie les fenêtres et regarder passer la fille du patron dans une belle voiture. Il réalise que c’est grâce aux muscles de ses bras qui nettoient les fenêtres que cette jeune fille peut vivre indolente. Lui aussi il ira aussi haut.

 

C’est l’histoire d’un homme qui va vendre son cerveau car dans l’Etat capitaliste tout s’achète. Grâce à cette vente, il arrive dans le salon de la haute société. Il s’imagine qu’il va y  rencontrer des êtres exceptionnels et ne côtoie que des humains imbus d’eux mêmes et des femmes qui ne parlent que de matérialisme.

 

Déçu, cet homme qui fut un grand écrivain comprend que sa place est et sera toujours à côté de ceux que l’on méprise.

 

 

 

Un petit texte mais d’une telle écriture….qui reste malheureusement d’actualité dans notre siècle ultralibéral. 

 

 

Etrangement et cela arrive souvent durant mes lectures, après avoir savouré le texte de Jack London, je me suis acheminée dans le livre d’Henning Mankel et suprise au milieu du livre, il cite Jack London, comme si les livres suivaient un fil dans notre subconscient. Ce n’est pas la première fois que cela se produit.

 

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24 septembre 2015

Le club de la petite librairie de Deborah Meyler

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Esme, jeune anglaise à obtenu une bourse à l’université Colombia de New York. Elle déniche un petit appartement et aime flaner dans les rues de la ville.

Un endroit qu’elle affectionne est la librairie la chouette, bouquinerie plutôt, tenue par Georges et d’autres personnage surprenants. 

Lors d’une expo à une galerie, elle tombe sous le charme de Mittch, provenant d’une famille très aisée.

Mais paf, patatras, Esme réalise qu’elle est enceinte et le jour où elle veut l’annoncer à Mittch, ce dernier la quitte. 

Ne voulant pas dépendre de sa famille, elle décide de se trouver un travail et oh bonheur Georges accepte de la prendre comme vendeuse. 

Elle fait la connaissance de tous ceux qui gravitent autour de la bouquinerie dont Luke, vendeur lui aussi, très taiseux, un véritable ours qui adore gratter sa guitare.

Comme de bien entendu le très serviable Mittch réapparait et lui fait le grand jeu de tu es celle que j’attendais, (malgré qu’il aie parlé d’abord avortement à Esme) ensuite demande en mariage dans un grand restaurant, visite à sa famille pour lui déclarer et on s’en doutait, qu’il ne l’aimait pas, qu’il ne voulait pas l’épouser et qu’il ne veut pas être père de cet enfant.

Heureusement qu’autour d’Esme gravitent des êtres qui l’aident et qui vont lui réapprendre à être heureuse. 

Stella son amie depuis le début lui avait bien dit que Mittch était un sale type…

 

 

Un bon petit livre plaisant dont l’héroïne mériterait d’être secouée un peu question amour car Mittch est vraiment l’homme le plus abject mais bon l’amour est aveugle ne dit-on pas…

On y parle beaucoup de peintures, de livres bien évidemment, et les personnages sont tous plus singuliers les uns des autres. 

Un bon moment de lecture.

 

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22 septembre 2015

La vie selon Florence Gordon de Brian Morton

Florence Gordon a toujours été une féministe convaincue, adulée par une sphère d’intellos. Très sûre d’elle, elle a tendance à rabaisser par des mots bien

acérés le moindre de ses interlocuteurs.

 

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A soixante-quinze ans, elle aspire à la paix. Elle aimerait enfin écrire sa vie.

 

Mais bon, les désirs ne sont pas toujours des réalités. Sa belle fille Janine et sa petite fille Emily ont eu l’idée de venir s’implanter à New York, bon là ce n’est pas encore grave, elle sait les éviter mais que son fils Daniel vienne les rejoindre, une petite épine dans le pied. D’autant que ce fils ayant grandi autour de parents littéraires a eu l’idée saugrenue de devenir policier.

 

Deuxième épine, son éditeur de toujours prend sa retraite et est remplacé par un plus jeune qui avec grand sourire annonce à Florence qu’elle devient célèbre. On l’encense dans le Times. Il va falloir penser au marketing. Florence n’est pas contre mais son ex mari en est jaloux, lui qui n’a jamais eu de succès dans ses écrits. 

 

Troisième épine, son pied gauche fait des siennes. Il est parfois à la traine.

 

Peu importe, Florence va de l’avant….

 

Bourré d’humour ce roman, on se demande comment nous réagirions face à une presque méchante telle que Florence. 

On aurait aimé en connaitre plus de la vie de cette féministe envers et contre tous. 

On reste sur notre faim car trop court.

 

L'avis de Cathulu

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