07 septembre 2015

Otages intimes de Jeanne Benameur

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Les mots de Jeanne Benameur ont mis du temps à m’apprivoiser. Avec ce roman, ils m’ont agrippée dans leur filet de voyelles et de syllabes formant des phrases magnifiques.

 

Etienne, photographe de guerre, a été enlevé. Il s’est arrête juste un instant pour regarder une femme qui tentait de sauver ses enfants. Une minute d’immobilisme contre la liberté.

 

Relâché par ses ravisseurs, en échange de quoi ?, il retourne dans son village d’enfance pour tenter d’oublier et se reconstruire. 

 

Là-bas, il y a l’amour de sa mère Irène, ainsi que l’amitié , de son ami d’enfance Enzo le taiseux qui aime travailler le bois. 

 

 

Mais pour se comprendre et enfin avoir la force de repartir, il lui manque un chainon : Jofranka. A trois, ils formaient un trio d’amis ainsi qu’un trio de musique. Etienne au piano, Enzo au violoncelle et Jofranka à la flute. 

 

Jofranka, avocate défendant les femmes victimes de sévice durant la guerre, savait qu’Etienne l’appellerait.

 

Là-bas dans le village entouré de forêts, ils vont se retrouver avec leurs souvenirs, leurs peurs, leurs questions.  

 

« Dormez, dormez encore, c’est juste l’aube, moi je veille. Pour chacun de vous. Pour nos enfances. Pour la part à l’intérieur de nous que nous n’atteignons jamais. Notre part d’otage »

 

 

 

De cette lecture, je conserverai le souvenir d’un bruissement d’ailes de ce rouge gorge qui me regardait plongée dans les pages. 

 

Lisez-le, il vous parlera j’en suis certaine…

 

 

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04 septembre 2015

Victor Hugo vient de mourir de de Judith Perrignon

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Victor Hugo se meurt, le bruit se répand dans toutes les rues de Paris. La droite espère qu'il demandera le Saint-Sacrement, ses amis viennent lui rendre visite. L'avis concernant sa santé est affiché sur la porte de son immeuble. Une foule se rassemble et attend....

Le 22 mai 1885, Victor Hugo s'éteint et emporte avec lui les fantômes de sa fille et deux fils. Adèle, celle qui est devenue folle, est enfermée. 

Dès lors tout devient vite l'affaire de l'Etat. On doit lui faire des obsèques nationales. 

Mais surtout, surtout, dans cette gauche au pouvoir et bien pansue de richesse, il faut éloigner les ouvriers, ce peuple qu'Hugo défendait.

Première étape, l'embaumement qui sera raté. 

La famille n'a rien à dire, l'Etat décide de tout. On ne l'enterrera pas au Père Lachaise mais il sera déposé au Panthéon, c'est le mot, il sera déposé. Ainsi, il sera à l'abri de ces moins que rien qui pourraient se rassembler au cimetière.

On décide que l'enterrement se déroulera un lundi. Un dimanche impensable, ils sont en congé ce jour là. Et avec les anarchistes de tout bord, c'est extrêmement dangereux. 

A La maison du défunt, chacun peut venir parapher le livre de condoléances. Signatures et phrases de banquier et d'artisan ouvrier s'entremêlent. Ce sera le seul moment.

La comédie peut commencer. Le cercueil quitte la maison, fermé car suite au mauvais embaumement, il est impensable de montrer le visage du grand homme. 

La famille se retire, il ne leur appartient plus.

C'est un dimanche, alors tous les petits se sont rassemblés pour rendre hommage au défenseur des Fantine, Cosette et Valjean. Il ne s'est peut être pas trop prononcé sur la Commune mais bon, il était de leur côté. 

Lundi,le cortège de l'enterrement se déroulera sur les beaux boulevards avec comme terminus le Panthéon.

Douze ans après, on retrouvera le cercueil de Victor Hugo sur les tréteaux qui le portaient lors de la cérémonie. Comme si on avait déposé un objet encombrant.

 

Aimant tendrement  Victor Hugo, j'ai été très émue durant la lecture. L'écrivain était adoré par ses amis, admiré par les travailleurs, honni par la droite, il ne laissait personne indifférent. 

Mais dans notre monde actuel, que reste t-il de ses mots, de ses phrases. Il mourut en prononçant Aimez-moi. L'entend t-on encore ? J'espère ardemment que oui.

Les obsèques de Victor Hugo furent dignes d'un roman. Judith Perrignon l'a écrit.

 

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02 septembre 2015

Mes amis d'Emmanuel Bove

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Victor Bâton vit seul dans un appartement à Montrouge.

Il vit de la pension qui lui est octroyé suite à sa blessure de guerre.

Victor a décidé qu’il ne travaillerait pas, après tout il est un rescapé de la guerre.

Les voisins ne l’apprécient guère. Pour eux c’est un fainéant. 

Victor n’a qu’un souci, se faire un ami mais attention un ami rien qu’à lui. Il lui offrirait tout ce qu’il désire. Ils seraient heureux.

A chaque rencontre, il s’enflamme et s’éteint par déception. 

Il retourne à son appartement dans ses vêtements usés. 

Victor s’endort dans ses couvertures usées.

Le lendemain, il espère tant se faire un ami.

 

 

« La solitude me pèse. J’aimerais avoir un ami, un véritable ami, ou bien, une maitresse à qui je  confierais mes peines.

Quand on erre, toute une journée, sans parler, on se sent las, le soir dans sa chambre.

Pour un peu d’affection, je partagerais ce que je possède : l’argent de ma pension, mon lit. Je serais si délicat avec la personne qui me témoignerait de l’amitié. Jamais je ne la contrarierais. Tous ses désirs seraient les miens. Comme un chien, je la suivrais partout. Elle n’aurait qu’à dire une plaisanterie, je rirais; on l’attristerait, je pleurerais.

Ma bonté est infinie. Pourtant les gens que j’ai connus n’ont pas su l’apprécier.

Pas plus Billard que les autres »

 

Emmanuel Bove fut découvert par Colette qui le fit publier. Nous étions en 1924.

Il fut adulé comme écrivain, reconnu par la critique pour retomber dans l’oubli suite à la seconde guerre mondiale. Tout avait changé, les écrivains ne voulaient plus de cette écriture poussiéreuse. Emmanuel Bove meurt en 1945, le 13 juillet. Durant trente ans, il fut enseveli pour renaître enfin…

 

« Les heures du matin sont les plus belles de la journée. Toutes les pensées trop ambitieuses ou trop modestes du soir ont quitté mon esprit. La nuit a fait de moi un être neuf »

 

 

Je l’avoue que si je n’en avais pas entendu parler par Benoit Poelvorde avec tant de persuasion, que si je n’avais pas assisté à lecture de François Morel, je serais passée à côte d’un bonheur de lecture.

 

Difficile de décrire ce que l’on ressent en lisant « Mes Amis ». La tristesse imprégne les pages et pourtant il s’y glisse un humour si léger parfois, qu’on est tout simplement envouté. 

 

Victor Bâton a parfois des réactions si stupides qu’on a envie de le secouer pour qu’il comprenne que de cette manière, il ne trouvera jamais d’amis. Il est comédien, envieux, geignard mais sa solitude est si grande qu’on ne peut que l’aimer.

 

C’est un roman contemporain, l’écriture d’Emmanuel Bove n’est aucunement vieillotte. Vous transposez le roman dans notre siècle. La solitude de Victor Bâton est universelle. 

 

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01 septembre 2015

Stations (entre les lignes) de Jane Sautière

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"Achat d'un mince fagot de chatons de saule,. Sur les les rameaux de bois mince, rigides, luisent les petites chenilles des bourgeons, dont les poils très fins sont, selon la lumière, vert amande ou argentés, au point que je me demande si leur nom vient du chat ou du chatoiement. Il faut protéger ce fagot de l'affluence du métro, je le brandis au-dessus du moutonnement des têtes, comme une banderole pour une manifestation en faveur du printemps"

 

Sous forme de petites chroniques de la vie Jane Sautière nous emmène sur les lignes de chemin de fer près desquelles elle a vécu, les lignes de métro qu'elle a empruntées quotidiennement ou occasionnellement, lignes de la route en voiture, lignes de bus, RER ainsi que les lignes aériennes, sans oublier le TGV. Mais avant tout ces lignes de vie que l'on croise dans les transports en commun.

 

Elle note chaque petit détail : le temps, les visages, les changements opérés dans les stations au fil des années. En tout petit filigranes ses trajets pour se rendre dans les prisons quand elle travaillait.

Bonheur de prendre les transports mais la foule qui la pousse, l'indispose. Pourtant elle voyage en observant les silhouettes, ces petits moments  qu'elle partage malgré elle avec les autres.

Et, surprise, elle décrit le genre de navetteuse que je suis 

"J'ai remarqué que des voyageurs restent dans le train  à l'arrivée. Ils ne bougent pas, continuent de lire  ou de regarder par les vitres, les yeux vides.A chaque trajet du matin, cela se reproduit. J'ai d'abord pensé qu'ils restaient du fait que ce train repartait vers une autre destination qui est la leur, un changement sur place en quelque sorte.  Mais aujourd'hui, je suis restée avec eux. Ils attendent tout simplement que la foule se soit écoulée avant de descendre. Moment délicieux que cette attente qui devient la mienne, être la dernière, la plus lente, la plus sage"

Il y a  les gens qui crient trop forts, les sacs qui cognent, l'odeur humaine. Mais surtout le soleil, les maisons, tout ce qui défile derrière les vitres en surface.

"Vers Agen. Toute cette campagne dont je n'arrive pas à détacher le regard, qui me pique les yeux du printemps qui s'amorce. Les forsythias sont éclatants de jaune, quelques haies d'aubépine sont en fleur. Un léger flou aux branches arbres, il fait beau. J'ai envie de sauter du train pour aller dans la campagne, je  sens déjà mes chevilles se torde dans les ornières des champs, l'odeur de la terre, la mouillure de l'herbe, la tranche vive du soleil dans l'air encore frais. C'est lundi, des lessives sèchent sur les étendoirs"

 

Un pur régal de lecture.

 

 

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29 août 2015

2084 de Boualem Sansal

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Orwell avait imaginé le monde en 1984. Nous sommes transportés en 2084, date aléatoire quand on parcourt le livre.

 

Ati vit dans un monde mais est ce un monde ? où chacun doit penser selon la voix du prophète Abi, qui parle au nom de Dieu Yolah. La foi ne peut qu'apporter le bonheur au peuple. 

Abi surveille son peuple, son image est partout dans le pays d'Ati : l'Ubistan.

Ati est tuberculeux et est soigné depuis deux ans dans un sanatorium qui fut une forteresse du temps où l'Ubistan n'existait pas. Petit clin d'oeil à Orwell, sur l'un des frontons de la forteresse, on devine les chiffres 1984.

Là-bas, loin de toute surveillance comme il en connait dans sa ville, il se prend à penser, il se prend à imaginer. Mais il ne faut pas imaginer, la garde d'Ubi va deviner que ses pensées ne sont pas pures.  Il tente de se raisonner mais trop tard.

 

Lorsque son traitement se termine, il rentre chez lui et n'a de cesse de comprendre si derrière la frontière, si frontière il y a, un autre monde existe. 

En compagnie d'un autre homme Koa, il va découvrir le camp des rénégats, ceux qui ne croient pas, parqués dans un ghetto...

 

Sous forme de fable futuriste, Boualem Sansal, combat l'idée de tout radicalisme religieux qui peut entrainer la perte de la démocratie. On sourit, on rêve, on tente de comprendre, on réfléchit. Fiction ou prédiction ? A méditer. 

 

"Son coeur battait si fort qu'il avait mal. Etrange sensation : plus la peur l'envahissait et lui tordait le ventre, plus il était fort. Il se sentait si brave. Quelque chose cristalissait au fond de son coeur, un petit grain de vrai courage, un diamant. Il découvrait, sans savoir comment le dire autrement que par un paradoxe, que la vie méritait qu'on meure pour elle, ca sans elle nous sommes des morts qui n'ont jamais été que des morts. Avant de mourir, il voulait la vivre, cette vie qui émerge dans le noir, fût-ce le temps d'un éclair"

 

Premier livre que je découvre de cete écrivain et cela ne sera pas le dernier. Un coup de coeur

 

 

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28 août 2015

La source de Anne Marie Garat

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Si vous aimez les phrases courtes sujet verbe adjectif point, vous serez déroutés par ce roman dense où l'on virevolte d'une écriture à la fois classique tout en dansant autour d'une écriture cette fois plus moderne mais quel bonheur de le lire. Aucun dialogue simplement le récit de Lottie et d'une autre narratrice. Un roman qui demande de la concentration, de longs paragraphes mais le résultat est si merveilleux. Je suis conquise depuis longtemps par les romans d'Anne Marie Garat

La narratrice professeur de sociologie décide de se rendre au petit village de Mauduit en France Comté. Ses élèves doivent réaliser un travail sur les archives communales et elle a décidé que ce serait ce village. 

Lorsqu'elle entre dans le dudit village, elle réalise qu'inconsciemment elle a choisit ce dernier car petite, de retour de vacances, sont père avait voulu s'y arrêter. Sa mère s'était disputé avec lui et elle  la petite avait décidé d'explorer les rues.

Il n'y a pas d'hotel. On lui conseille donc de demander une chambre à Mademoiselle Carmeaux, vieille fille au caractère pas toujours facile.

La narratrice découvre une belle propriété mais ayant un besoin de restauration ainsi que Lottie, celle qui détient les secrets de la famille d'Ardenne, propriétaires, tous morts, de ce qui fut une magnifique demeure. 

Lottie n'était que la fille d'une fermière veuve, très pauvre mais elle a assisté à la venue de l'homme qui avait laissé un bébé dans la maison d'Ardenne. 

Ayant le suprème avantage d'être la seule à calmer Anaîs, madame d'Ardenne décide que la mère Carmeaux doit lui confier Lottie pour qu'elle s'occupe du bébé. Une nouvelle vie débute pour la sauvageonne.

Lottie raconte durant les soirées, ce que fut la vie dans le domaine et peu à peu, le passé rejoint le présent de la narratrice, inconsciemment ? 

La filiation d'Anais est elle un leurre ou vérité selon les rêves de Lottie ? 

Les récits sont porteurs de terribles secrets.

 

"J'étais arrivée par un jour très doux de début d'automne qui diffusait la lumière nette des lendemains de pluie. Dès l'entrée du bourg, à revoir l'enfilade coudée de la rue principale avec ses maisons de hauteurs inégales, la saillie de l'ancien hôtel du Commerce qui poussait son ventre dans la pente avec son toit à échelons et ses volets troués d'un coeur, la silhouette trapue de l'églises, sa tour-cocher ajourée contre la cîme des marronniers de l'esplanade à son arrière, je m'étais souvenue de notre arrivée un soir orageux et du bref séjour que nous y avions fait à la fin d'un été des années cinquante,"

 

 

 

 

 

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23 août 2015

La petite femelle de Philippe Jaenada

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Je ne vous retracerai pas la vie de Pauline Dubuisson je l'ai déjà racontée dans un autre post après la lecture de

Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle .

Le livre de Philippe Jaenada aborde l'affaire Pauline Dubuisson, comme un enquêteur qui veut prouver que cette femme si détestée ne méritait pas ce qu'elle avait connu comme enfer.

Il va éplucher son dossier, suivre ses traces pour rendre justice à Pauline.

Ce qui est extraordinaire c'est qu'à travers tous les événements  qu'a vécus l'accusée, il nous distille son humour qui apporte une belle bouffée d'oxygène.

De plus, j'ai appris grâce à lui ce que fut l'horreur de la guerre sur Saint Malo les bains, que je connais bien, ainsi que de Dunkerke. Il arrive encore dans ces moments là à valser entre humour et émotion. 

Pauline Dubuisson n'a eu qu'un tort c'est de vivre comme il lui semblait, sans se préocupper des autres. Elle voulait être libre et cette liberté, elle l'a recherchée jusqu'à sa mort. Le carcan des années après guerre n'acceptait pas ce genre de femme. Les hommes dominaient et les femmes n'avaient qu'une place, celle d'être mère de famille. Telle le voulait la bonne morale.

Et Pauline n'en avait que faire, perverse, égoiste, et d'autres noms la décrivirent lors de son procès. Elle incarnait le vice, elle devait disparaitre

On pourrait penser qu'à notre époque, tout a évolué. Que non, lorsque j'ai commencé la lecture du livre, le soir même passait à la tv l'histoire d'une jeune américaine accusée de crime en Italie, à Pérouse, plus particulièrement. Jeune femme qui menait une vie libre comme Pauline. Le procureur s'est acharnée sur elle malgré les preuves de sa non culpabilité. L'opinion publique, les journalistes, la décrivaient de la même manière que Pauline Dubuisson. Les temps ont changé ? Pour Certains oui pour d'autres non malheureusement.

"Tous ces gensde vingt et trente ans qui se rangent aux côtés des vieux magistrats pour défendre de bonne foi et à raison leur ancien copain,mais aussi la morale, la famille, la fidélité obligatoire et la place traditionnelle des femmes, sont la jeunesse et prétendument la force de l'époque, mais les parents de ceux qui manifesteraont contre eux en 68. Pauline a une génération d'avance sur eux"

 

Que reste t-il de Pauline Dubuisson ? Rien. Sa tombe même sans nom n'existe plus. Elle reste un souvenir dans la mémoire de Patrick Modiano étrangement. 

Elle nous sourit tristement à travers les pages de ce magnifique livre ne la condamnant pas. Philippe Jaenada lui a rendu une belle justice.

Malgré ses airs de moi on me la fait pas, il a un coeur immense.  La fin du livre est rempli de tendresse. 

 

 

 

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11 août 2015

La petite lumière d'Antonio Moresco

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Il s’est isolé là haut dans un hameau abandonné. On n’en connait pas les raisons ni son âge. 

Il observe la nature dans sa splendeur mais également dans sa cruauté. 

 

La nuit, les bruits de la maison l’apeurent.

 

Le sol tremble à certains moment.

 

Il est entouré de sa solitude

 

L'avis d'Aifelle

 

Il descend au hameau le plus proche encore habité, pour faire ses courses.

 

Il médite.

 

Il parle aux plantes, aux animaux mais seules les hirondelles lui répondent.

 

Mais quand l’obscurité s’épaissit, il s’assied sur une chaise en fer et de l’autre côté de la gorge, une petite lumière s’allume tous les soirs.

 

Personne d’autre que lui n’a aperçu cette lumière. Il décide d’aller à la rencontre de cette lueur dans la nuit.

 

 

Un roman lu d’une traite durant mon voyage vers le travail et qui vous prend au coeur.

 

C’est une interrogation sur le pourquoi de la vie, de toute chose terrestre. C’est un roman, une fable, un conte, chacun peut y puiser ce qu’il désire. 

 

Il est des livres qui vous parlent si fort. 

 

A lire absolument…..

 

L'avis d'Aifelle

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14 juillet 2015

Brut

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Aah l’Alberta, sa région de lacs et de forêts. Le rêve Mais au nord de cette région se niche l’enfer de ce que le monde est en train de devenir. 

 

Dans ce tout petit livre se condense l’horreur programmée par les compagnies pétrolières.

 

Melina Laboucan-Massimo est militante de Green Peace, faisant partie de la communauté des Cris du Lac Lubicon. Au nom de l’industrialisation de l’or noir, les Cris subissent les effets secondaires de l’exploitation des énergies fossiles plus particulièrement des sables bitumés. 

Des pipelines traversent leur territoire et quand l’un deux déverse son poison, il vaut mieux ne pas faire de vagues. 

Sans aucunement demandé leur avis, leur territoire a été et est exploité par les compagnies.

 

David Dufresne a quant à lui passé trois hivers dans la belle ville de Fort Mac Murray où se rassemblent tous ceux qui sont à la recherche d’un travail bien payé. Dans cette ville vous trouverez tout ce que vous désirez : restaurant, logement, stripteaseuses, salle de sport, tout ce qui vous fera oublier que vous creusez la terre, polluer les rivières, augmenté votre risque de cancer, tout cela pour l’or noir.  Il y a un centre culturel mais qui fait l’apologie des pelleteuses. 

Petit détail Fort Mac Murray pourrait s’appeler Fort Mac Money….

 

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 photos prises sur internet

Nancy Huston est née en Alberta et a désiré découvrir For Mac Murray. Elle n’a vu qu’un cauchemar à ciel ouvert.

 

« Mais ce n’est pas tout : dès qu’un site  a été vidé de son bitume, on le rend à la Nature! Oui! On stocke  soigneusement tout ce que l’on a enlevé et on le remet dans l’ordre : sables, « accablements », merveilleuse tourbière …puis on plante dessus des arbres. On ajoure carrément quelques arbres morts  pour les oiseaux car les oiseaux adorent se percher sur les arbres morts, le saviez -vous ? »

 

Suite à cette visite, elle a eu un entretien avec Naomi Klein.

 

Et l’on referme le livre sur la nouvelle de Rudy Wiebe « L’ange des sables bitumeux » qui s’exprimera peut-être dans votre langue pour que vous compreniez que vous faites fausse route.

 

 

Que dire après lecture de ces 107 pages ? que l’homme va droit à sa perte mais cela beaucoup l’ont déjà compris. Que les grandes sociétés économiques adorent que l’homme se sente individualiste pour qu’il n’aie pas une crise de conscience et ne se révolte pas ? qu’il faut absolument être BE comme il l’est proclamé à Fort Mac Marray ? que la pauvreté qui s’étale sur la planète sert les desseins des grandes compagnies ? Comment en vouloir à des hommes et des femmes qui tentent de vivre même s’ils font partie d’un cycle qui pollue la planète. De toute façon, ils travaillent quelques années là bas et ensuite s’en vont donc après moi le déluge….

 

Il ne faut pas aller bien loin pour découvrir la même soif économique. Des villages entiers en Allemagne vont être détruits pour l’extraction du charbon. En France, on prône le gaz de schiste avec quelles conséquences pour l’environnement ? Chez nous, on parle timidement d’extraire les gaz contenus dans les terrils…

 

Mais bon sang, réveillez vous les humains !!!!! 

 

 

 

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11 juin 2015

Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle

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Le roman de Jean Luc Seigle retrace la vie de celle qui fut considérée comme un monstre 

après-guerre.

 

Née entre les deux guerres, elle grandit avec une admiration  incroyable pour son père. Entourée de ses trois frères, elle vit une enfance heureuse. Mais la seconde guerre mondiale va changer tout. Deux de ses frères sont tués. 

 

Elle entre comme infirmière à l’hôpital de Dunkerke où elle va séduire le commandant chef allemand. Ce qui lui vaudra d’être arrêtée, tondue et couverte de croix gammées. Son père arrive à la libérer et s’enfuit avec elle.

 

 

En 1947, elle commence des études de médecine à Lille où elle va rencontrer Felix. Les jeunes gens sont amoureux fous. Felix la demande en mariage, elle refuse. Le jeune homme rompt, part à Paris et se fiance à une autre jeune fille.

 

De dépit, Pauline décide d’avoir des explications et tue son ex amant avant d’essayer de se suicidér.

 

Son père après ce crime lui ne ratera pas son suicide.

 

Jugée, la peine de mort est réclamée à grands cris mais elle obtient la perpétuité. Après neuf années de prison, elle est libérée pour bonne conduite et vit avec sa mère.

 

En 1961, Clouzot, sans demander l’avis de la famille réalise le film « La vérité » avec Brigitte Bardot. Après l’avoir vu au cinéma, Pauline réalise comment les autres la jugent et décide de partir au Maroc où elle obtient une place d’interne. 

 

Là-bas, elle rencontre un homme dont elle tombe amoureuse mais qui, lorsqu’il apprend qui elle est en réalité, ne veux plus en entendre parler. 

 

Pauline se suicide et est enterrée dans une fosse commune au Maroc comme elle l’avait désiré. 

 

 

Un véritable coup de coeur. Jean Luc Seigle s’est imprégné de la personnalité de Pauline Dubuisson si fort que l’on ne s’imagine pas que c’est un homme qui écrit. Une véritable prouesse. 

 

Jean Luc Seigle ne juge pas un seul instant et il nous permet également de ne pas juger cette femme. C’est Pauline qui explique à travers ses cahiers ce que fut sa vie.

 

Que Pauline repose en paix.

 

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