11 août 2015

La petite lumière d'Antonio Moresco

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Il s’est isolé là haut dans un hameau abandonné. On n’en connait pas les raisons ni son âge. 

Il observe la nature dans sa splendeur mais également dans sa cruauté. 

 

La nuit, les bruits de la maison l’apeurent.

 

Le sol tremble à certains moment.

 

Il est entouré de sa solitude

 

L'avis d'Aifelle

 

Il descend au hameau le plus proche encore habité, pour faire ses courses.

 

Il médite.

 

Il parle aux plantes, aux animaux mais seules les hirondelles lui répondent.

 

Mais quand l’obscurité s’épaissit, il s’assied sur une chaise en fer et de l’autre côté de la gorge, une petite lumière s’allume tous les soirs.

 

Personne d’autre que lui n’a aperçu cette lumière. Il décide d’aller à la rencontre de cette lueur dans la nuit.

 

 

Un roman lu d’une traite durant mon voyage vers le travail et qui vous prend au coeur.

 

C’est une interrogation sur le pourquoi de la vie, de toute chose terrestre. C’est un roman, une fable, un conte, chacun peut y puiser ce qu’il désire. 

 

Il est des livres qui vous parlent si fort. 

 

A lire absolument…..

 

L'avis d'Aifelle

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14 juillet 2015

Brut

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Aah l’Alberta, sa région de lacs et de forêts. Le rêve Mais au nord de cette région se niche l’enfer de ce que le monde est en train de devenir. 

 

Dans ce tout petit livre se condense l’horreur programmée par les compagnies pétrolières.

 

Melina Laboucan-Massimo est militante de Green Peace, faisant partie de la communauté des Cris du Lac Lubicon. Au nom de l’industrialisation de l’or noir, les Cris subissent les effets secondaires de l’exploitation des énergies fossiles plus particulièrement des sables bitumés. 

Des pipelines traversent leur territoire et quand l’un deux déverse son poison, il vaut mieux ne pas faire de vagues. 

Sans aucunement demandé leur avis, leur territoire a été et est exploité par les compagnies.

 

David Dufresne a quant à lui passé trois hivers dans la belle ville de Fort Mac Murray où se rassemblent tous ceux qui sont à la recherche d’un travail bien payé. Dans cette ville vous trouverez tout ce que vous désirez : restaurant, logement, stripteaseuses, salle de sport, tout ce qui vous fera oublier que vous creusez la terre, polluer les rivières, augmenté votre risque de cancer, tout cela pour l’or noir.  Il y a un centre culturel mais qui fait l’apologie des pelleteuses. 

Petit détail Fort Mac Murray pourrait s’appeler Fort Mac Money….

 

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 photos prises sur internet

Nancy Huston est née en Alberta et a désiré découvrir For Mac Murray. Elle n’a vu qu’un cauchemar à ciel ouvert.

 

« Mais ce n’est pas tout : dès qu’un site  a été vidé de son bitume, on le rend à la Nature! Oui! On stocke  soigneusement tout ce que l’on a enlevé et on le remet dans l’ordre : sables, « accablements », merveilleuse tourbière …puis on plante dessus des arbres. On ajoure carrément quelques arbres morts  pour les oiseaux car les oiseaux adorent se percher sur les arbres morts, le saviez -vous ? »

 

Suite à cette visite, elle a eu un entretien avec Naomi Klein.

 

Et l’on referme le livre sur la nouvelle de Rudy Wiebe « L’ange des sables bitumeux » qui s’exprimera peut-être dans votre langue pour que vous compreniez que vous faites fausse route.

 

 

Que dire après lecture de ces 107 pages ? que l’homme va droit à sa perte mais cela beaucoup l’ont déjà compris. Que les grandes sociétés économiques adorent que l’homme se sente individualiste pour qu’il n’aie pas une crise de conscience et ne se révolte pas ? qu’il faut absolument être BE comme il l’est proclamé à Fort Mac Marray ? que la pauvreté qui s’étale sur la planète sert les desseins des grandes compagnies ? Comment en vouloir à des hommes et des femmes qui tentent de vivre même s’ils font partie d’un cycle qui pollue la planète. De toute façon, ils travaillent quelques années là bas et ensuite s’en vont donc après moi le déluge….

 

Il ne faut pas aller bien loin pour découvrir la même soif économique. Des villages entiers en Allemagne vont être détruits pour l’extraction du charbon. En France, on prône le gaz de schiste avec quelles conséquences pour l’environnement ? Chez nous, on parle timidement d’extraire les gaz contenus dans les terrils…

 

Mais bon sang, réveillez vous les humains !!!!! 

 

 

 

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11 juin 2015

Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle

pauline

 

 

Le roman de Jean Luc Seigle retrace la vie de celle qui fut considérée comme un monstre 

après-guerre.

 

Née entre les deux guerres, elle grandit avec une admiration  incroyable pour son père. Entourée de ses trois frères, elle vit une enfance heureuse. Mais la seconde guerre mondiale va changer tout. Deux de ses frères sont tués. 

 

Elle entre comme infirmière à l’hôpital de Dunkerke où elle va séduire le commandant chef allemand. Ce qui lui vaudra d’être arrêtée, tondue et couverte de croix gammées. Son père arrive à la libérer et s’enfuit avec elle.

 

 

En 1947, elle commence des études de médecine à Lille où elle va rencontrer Felix. Les jeunes gens sont amoureux fous. Felix la demande en mariage, elle refuse. Le jeune homme rompt, part à Paris et se fiance à une autre jeune fille.

 

De dépit, Pauline décide d’avoir des explications et tue son ex amant avant d’essayer de se suicidér.

 

Son père après ce crime lui ne ratera pas son suicide.

 

Jugée, la peine de mort est réclamée à grands cris mais elle obtient la perpétuité. Après neuf années de prison, elle est libérée pour bonne conduite et vit avec sa mère.

 

En 1961, Clouzot, sans demander l’avis de la famille réalise le film « La vérité » avec Brigitte Bardot. Après l’avoir vu au cinéma, Pauline réalise comment les autres la jugent et décide de partir au Maroc où elle obtient une place d’interne. 

 

Là-bas, elle rencontre un homme dont elle tombe amoureuse mais qui, lorsqu’il apprend qui elle est en réalité, ne veux plus en entendre parler. 

 

Pauline se suicide et est enterrée dans une fosse commune au Maroc comme elle l’avait désiré. 

 

 

Un véritable coup de coeur. Jean Luc Seigle s’est imprégné de la personnalité de Pauline Dubuisson si fort que l’on ne s’imagine pas que c’est un homme qui écrit. Une véritable prouesse. 

 

Jean Luc Seigle ne juge pas un seul instant et il nous permet également de ne pas juger cette femme. C’est Pauline qui explique à travers ses cahiers ce que fut sa vie.

 

Que Pauline repose en paix.

 

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09 juin 2015

Pensées en chemin d'Axel Kahn

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C’est en 2011 qu’Axel Kahn décide de réaliser un de ses vieux projets : traverser la France à pied.

 

Et surtout comme le lui avait craché un vieil homme rencontré plus de vingt ans auparavant en haut d’un sommet « Chacun choisit sa vie ».

 

Comme entrainement intensif, il va parcourir les rues de Paris pour se rendre à ses rendez-vous, afin de réhabituer la mécanique pédestre.

 

Sa marche sera solitaire mais aimant les échanges, il décide de partager ses kilomètres journaliers sur la toile à travers les réseaux sociaux et un blog ainsi que des conférences prévues sur son itinéraire. 

 

En mars 2013, préparation dudit itinéraire. Départ de Givet, bord de Meuse, dans les Ardennes françaises. Arrivée dans le Pays Basque face à la mer. Pas de tente pour passer la nuit, réservation d’hébergement parfois bien loin du point de chute de la journée. Passage également dans sa famille durant ce voyage. Nombre de kilomètres par jour, une trentaine. 

 

Début mai, plein d’enthousiasme, traversant la rue, un cycliste le renverse, fracture au poignet mais étant donné que c’était la main gauche, fi de toute douleur, en route vers Givet. 

 

C’est sous la pluie que tout débute. Glissade dans la forêt ardennaise, le tibia saigne mais tant pis, on continue. 

 

Axel Kahn va faire le même constat que je me répète à chaque fois que je suis dans les Ardennes, de mon côté Belge, tout est réalisé pour attirer  le touriste, du côté français, il faut un peu chercher. Un côté joyeux et l'autre côté triste.  Le tout sur fond de crise économique aussi bien en Belgique qu'en France . Les industries sont fermées. Il reste la centrale nucléaire  de Chooz pour remplir les caisses . Pourquoi tant de disparité d’un côté à l’autre de la frontière  ? : mystère. 

 

Je ne vais pas vous narrer tout le périple d’Alex Kahn. Il faut lire son livre pour traverser toutes les régions à travers ses pensées. Pluie, vent, rien ne lui sera épargné durant la première partie de son trajet. Il va à la rencontre des autres dont certains sont extraordinaires dont cet homme cueillant des cerises et dont l'épouse lui  en offre  à pleines poignées. Il va croiser la méfiance, le bonheur, la joie de vivre, le pessimisme de tous ces habitants dans les coins où il chemine. 

 

En fin de parcours, en découvrant la baie de Saint de Luz, il prendra la décision d’un autre voyage

 

J’avais déjà lu ces pensées en chemin et décidé de le relire avant de débuter le second voyage d’Axel Kahn  entre deux mers.

 

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29 mai 2015

J'irai jusqu'à la mer de Laurent Hasse

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C'est suite à un accident qui l'avait fortement diminué physiquement. Les médecins lui promettaient de remarcher oui mais avec des béquilles. que Laurent Hasse décide de suivre le méridien de Greenwich du sud au nord de la France. 

Il part pour se reconstruite mais également pour découvrir ce qu'est le bonheur. Ce mot qu'on galvaude partout. Durant 1500 kilomètres, 82 jours, il va tenter de poser cette question aux êtres qu'il va croiser le long de cette longue route.

Laurent Hasse a choisi l'hiver. Tous ceux qui le rencontrent le prennent pour un fou, partir en hiver quelle idée.

Il va affronter, le froid, la neige, la pluie, le vent, avec des moments ensoleillés heureusement. Il va être confronté à des solitudes dans les hotels, dans des abbayes, car la saison n'est pas celle du tourisme. 

Des villages où son premier point de ralliement est le café du coin. Il aura bon accueil ou indifférence.

Il nous trace le portrait de femmes et d'homme qui croient au bonheur, qui pensent au bonheur où qui lui ont tourné le dos.

Même découragé, il ira jusqu'au bout, là bas à Dunkerke où la mer l'attend.

 

A la première lecture de ce récit de voyage, je m'étais mortellement ennuyée et comme je laisse toujours à beaucoup de livres une seconde chance, à la seconde lecture il y eut l'étincelle. 

J'aime ces personnages qui décident sur un coup de tête de parcourir des kilomètres pour une raison quelconque. Ils pratiquent une coupure dans leur vie et nous font partager la joie ou  la déception de chacun des êtres qui'ils captent sur leur chemin.

Oui c'est quoi le bonheur pour vous ? Pour ma part, ce livre fut un de ces moments que l'on nomme ainsi. 

 

L'avis d'Aifelle 

J'irai jusqu'à la mer - Le goût des livres

"Certains ont des envies d'île déserte, d'autres veulent gravir des sommets ou se réfugier dans le silence d'une retraite boudhiste. D'autres encore rêvent de décrocher la lune ... Moi, je veux juste marcher pour renaître au monde.

http://legoutdeslivres.canalblog.com


'Aifelle

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12 mai 2015

Sur le chemin des Ducs de Bernard Ollivier

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M’étant régalée des »Aventures en Loire » ainsi que de « La vie commence à soixante ans », je n’ai pu résister à l’envie de suivre le chemin des Ducs qui se déroule en Normandie.

 

Je suis tombée amoureuse de la Normandie lors d’une semaine de vacances en été. Il en reste des images : le jardin magnifique dans le pays d’Auge, la soupe de poisson sur le port de Honfleur, la silhouette de Marcel Proust dans les rues de Cabourg, le coup de foudre pour Port en Bessin, les plages du débarquement et l’émotion dans le cimetière américain, la grimpette tout là haut sur le Mont laissant la marée humaine à ses ondulations..Bref, comment ne pas apprécier la marche de Bernard Ollivier entre Rouen et le Mont Saint Michel

 

Bernard Ollivier vit en Normandie et est natif de Normandie, plus précisément du village de Vire qui est situé sur le parcours de ce chemin des Ducs.

 C’est en plusieurs étapes qu’il va parcourir ces trois cent kilomètres durant l’automne 2011 ainsi que l’été  car ses pieds le démangeaient. Chaussés de vieux godillots ses orteils frétillent de plaisir. 

 Il accomplira le chemin seul ou accompagné par son amoureuse. 

Aucune rencontre entre pèlerins durant la marche car ce parcoure fléché du doigt de Saint Michel est très peu connu à la différence du chemin de Compostelle, plus à la mode. Donc, pour manger se loger, c’est un peu la débrouille. 

 De Rouen jusqu’au Mont, il nous entraine dans les chemins de bocage verdoyants et peuplés de vaches bien évidemment. Chemins aboutissant à des villages dont il nous conte l’histoire à travers les siècles car pour comprendre une région, il faut regarder derrière les haies, prendre de petits détours.

Traversant des forêts hantées de chasseurs, il chante à tue tête « gare au gorille » pour éviter la confusion. 

Certains endroits lui sont familiers. Mémoire familiale qu’il nous conte comme son oncle résistant qui fut fusillé, son père qui travaillait dans un chantier de granit, ses études de journaliste à Avranches…  

 Ultime but, le Mont qui se faufile à l’horizon.  Mont qui fut laissé à l’abandon à la fin du 19ième siècle et pour lequel le grand Victor et l’énorme Gustave se battirent pour sa réhabilitation. D’ancienne prison, il devint le centre commercial de notre siècle…

Il traverse la baie accompagné d’un guide pour plonger ses pieds dans la boue. C’est ainsi qu’il veut terminer le parcours…. 

 

« Pour ce premier jour de marche, l’étape est minuscule. Quelques kilomètres à travers la vieille ville de Rouen. Mais c’est compter sans l’histoire et l’architecture médiévale qui vont m’arrêter à chaque pas. Si les kilomètres sont comptés, le temps est suspendu »

 

« Il est autant de beauté dans une vallée bocagère que dans les grands musées du monde. Il suffit de la regarder pour ce qu’elle est : un chef-d’oeuvre. Est-ce parce que sa contemplation est gratuite et trop familière que personne ne l’observe ? Je m’essaie, en vain, photographe sans imagination et sans talent, à en saisir la beauté. Autant essayer de fixer la tendresse sur une pellicule »

 

« Car à force d’user des paires de chaussures sur les sentiers du monde, j’ai la ferme conviction que l’important, qu’on soit croyant ou non, n’est jamais le but, mais le chemin lui-même. J’admire donc le Mont pour son histoire, son élégance, il ne m’a pas pour autant ouvert les portes du ciel »

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11 mai 2015

Le Pays de Marie Darrieussecq

 

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Abandonné en cours de lecture, il m’a fallu dix ans pour que je me décide enfin à le sortir de son sommeil. Et dès les premiers mots ce fut magique…

 Marie Rivière, écrivain, a quitté son pays il y a de cela vingt ans. Elle décide d’y retourner pour y vivre accompagnée de son mari Diego et de leur enfant Tiot.

 Sa mère, sculptrice, vit toujours là bas. Avec le père au fond du jardin. 

 Marie n’a jamais su comment son frère Paul avait décédé étant bébé. Il fut remplacé par un garçon adopté qui passe ses journées depuis des années en hôpital psychiatrique. Elle va lui rendre visite de temps en temps. Avant son départ, elle tient à être accompagnée de Tiot, prévenir Pablo qu’elle repart là-bas. 

 Drôle de petit pays qu’elle retrouve. Devenu indépendant, les habitants y parlent leur langue, celle d’autrefois. Divisé en zone A B C comme une île alors que ce n’est pas une île.

On y découvre la mer, une centrale nucléaire et des zones commerciales comme partout ailleurs.

 Mais surtout la Maison des Morts, lieu qui n’appartient qu’à ce pays. 

Marie va devoir apprendre à  redécouvrir son pays, son territoire.

 Marie ne savait pas en partant de Paris, qu’elle portait déjà en elle une nouvelle vie. 

 

 

On peut lire ce roman de deux manières, les paragraphes écrits en gras sont la narration de Marie Rivière et le reste du roman est ce que l’on peut percevoir de cette femme extérieurement. 

 

Tout se mélange, la terre, la vie, la grossesse qui s’entremêle avec la naissance d’un roman. Notre pays d’enfance est-il facile à réaprivoiser après l’avoir quitté ? 

 

En parcourant ce roman, j’ai réalisé à quel point l’écriture de Marie Darrieussecq était innovante il y a plus de dix ans.  Quel bonheur de la redécouvrir.

 

 

« Le pays tourne au-dessus de sa tête dans la raideur des branches de tamaris. Un mobile. Il se transforme en livre. Un réseau pousse dans son cerveau. Le filet s’étend. Un rythme s’inaugure, qui doit recenser qui doit recenser une zone. Les livres s’écrivent sans elle mais sur un rythme biologique, comme on a un encéphalogramme unique et des empreintes digitales à soi. Ce livre-là parlerait d’habiter et d’être née quelque part en conjuguant ces modes à diverses personnes, puisque écrire : »je suis de là », elle ne savait pas bien ce que cela voulait dire. Il fallait tenter l’expérience, placer un sujet dans un lieu, étudier les lieux communs des personnes et des pays. Ca commençait comme ça, paysages et questions. » »

 

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30 avril 2015

D'argile et de feu d'Océane Madelaine

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Cahier blanc et cahier rouge, tous deux content la vie d’une Marie.

 

Marie du cahier blanc c’est l’instant présent, sa fuite du nord pour retrouver la garrigue, là d’où elle vient. Elle a tourné le dos à Pierre qui l’avait pourtant sauvée. Elle veut l’enfance entourée de frères et soeurs, la mère qui petit à petit s’étiole et le feu qui détruit tout. Elle ancre ses pieds dans le sol pour s’y retrouver. 

 

Mais avant d’atteindre ce sud, elle parcourt les kilomètres droit devant, ses pieds la portent dans sa vie d’errance vers son but. Le point est juste devant le regard.

 

Durant cette fuite d’avant, une petite bulle gonfle et elle stoppe son parcours dans une cabane, au milieu de la forêt comme si c’était son antre. 

 

Elle aime la terre, l’argile va soigner sa blessure à la cheville. Son coeur battant croise les yeux du géomètre qui va lui apprendre que la maison en bois appartenait à Samuel Prat, l’enfant de l’autre Marie, celle qui donnait vie à sa poterie grâce au feu. 

 

Cette Marie, ce sera le carnet rouge. Cette Marie d’un autre temps, dont les os se sont mélangés à l’argile et à la terre, va lui réapprendre à regarder le feu.

 

Quand les pieds se remettront en marche, il n’y aura plus de ligne de fuite. Elle peut enfin retrouver la garrigue….

 

"Je marche et je suis seule. Il n’y a aucune femme pour me montrer le chemin, aucun homme. Ni père, ni mère. Ni frère, ni soeur. Je ne veux pas y penser. Parfois je chiale de solitude quand l’enchevêtrement des ronces rend impossible le passage et quand me manque une caresse sur la nuque, mais je ne fais pas demi tour. Ma cravache est d’orgueil"

 

Ce roman a reçu le premier prix première rtbf 2015, prix hautement mérité.

Céramiste, l'auteur s'est inspirée de la vie de la potière Marie Talbot pour créé Marie Prat

 

bouteille

 

bouteilles de Marie Talbot

 

Que dire quand un livre est si beau ? 

 

 

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25 avril 2015

Congo, une histoire de David Van Reybrouck

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David van Reybrouck nous conte une histoire, l'histoire du Congo qui s'étend bien avant de l'arrivée de l'homme blanc jusqu'à nos jours. Oui l'histoire d'un pays créé de toute pièce par notre deuxième Roi Léopold II. Rêvant d'un plus grand royaume que le sien, il jeta son dévolu sur une contrée sous forme d'une tache blanche sur les cartes. 

C'est avec ses propres deniers qu'il décida de créer ce pays qui porte le nom du fleuve qui le traverse : Congo. Il est à noter que notre souverain ne se rendit jamais là bas. Il y fit fortune grâce à à l'invention de Monsieur Dunlop qui requérait du caoutchouc que l'on trouvait au Congo. Léopold II grâce à cet apport pu transformer Bruxelles mais en contrepartie beaucoup de travailleurs eurent les mains coupées durant l'exploitation dudit caoutchouc, pas trés reluisant pour un chef d'Etat. L'argent n'étant jamais inépuisable, Léopold n'en eu plus et il du contre fortune bon coeur céder son Royaume d'Afrique à l'Etat Belge. 

Entre 1908 et 1960 le Congo appartint donc à la Belgique. Et on décida de civiliser l'homme noir. Les missionnaires enseignaient pour que les indigènes deviennent de bons catholiques. Inutile de vous faire un dessin, un pays colonisé doit ressembler à ce que le colonisateur désire.

Ce que Léopold II ne savait pas, c'est que le sol du Congo récelait des minérais précieux dont les diamants ainsi que de l'uranium. En parlant de l'uranium, nous sommes en partie responsable de la première bombé lancée sur Hiroshima car l'uranium qu'elle contenait provenait du Congo acheté par les USA. 

On ne parle jamais d'apartheid concernant le Congo mais il était bien présent. Les noirs et les blancs ne se mélangeaient pas. Un noir ne pouvait danser avec une blanche, un noir ne pouvait pas boire au même robinet que le blanc, un noir ne pouvait être servi au magasin que par un noir. Bref, le racisme à l'état pur malgré que certains belges étaient bons mais peu s'intéressaient au peuple. 

Comme dans toute colonie, certains peuvent accéder à l'enseignement et petit à petit dans les esprits germent le fait que les blancs occupent leur pays donc il faut absolument s'en débarasser. 

Patrice Lumumba fut l'une de figures politiques qui emmena le pays vers cette voie. Il ne fallut pas longtemps après l'indépendance pour qu'il devienne gênant.  Et c'est avec l'aide de la CIA et de la Belgique il faut le reconnaitre que Patrice Lumumba fut assassiné. 

Dès lors un homme commença à attendre son heure : Mobutu. Il élimina ses trois adversaires au fil du temps et dès son accession au pouvoir la première république congolaise était dissoute.

Durant trente années Mobutu s'est maintenu au pouvoir grâce à la CIA. Il décida de revenir à l'essentiel, zapper tout ce qui rappelait le colonialisme.

L'authenticité, combien de fois ne l'ai je pas entendu le proclamer à la télévision belge se promenant avec son calot léopard sur la tête et sa cane en main. Un véritable chef de tribu car il était le père de tout son peuple. Le peuple ainsi que lui étaient le Zaire.  Chacun devait oublier le prénom donné par les blancs et se réatribuer un prénom bien zaïrois et comme de bien entendu comme tout chef de tribu, il avait droit de cuissage. 

Inutile de vous expliquer que l'argent qu'il récoltait des banques et des multinationales  ne venait en aucune aide à son peuple mais passait directement dans sa poche et dans celle de tous ceux qui l'entouraient car Mobutu achetait tout le monde pour régner sans conteste. Diviser pour régner, tel était optique. 

Le problème c'est que la dette du Zaire devint collossale, que les droits de l'homme furent de plus en plus bafoués d'où le scénario que l'on connait : quand les dictateurs n'intéressent plus l'Occident, on tente de s'en débarasser. 

Pour sauver la face, il promit une véritable démocratie avec une réunion au sommet qui fut un fiasco de bien entendu. Il reçut encore de l'aide durant les atrocités entre Hutu et Tutsi au Rwanda. Mais le lion n'intéressait plus personne et c'est au Maroc qu'il fut accueilli pour y mourir.

Depuis la mort de Mobutu, le Zaire qui est redevenu la République du Congo n'a jamais connu que des guerres avec le Rwanda, des guerres que l'on pourrait en fait appeler tribales. Il y a eu des exodes, des génocides,  des camps de réfugiés. Le peuple congolais constate à chaque fois que les hommes au pouvoir ne rédistribuent rien comme ils le promettent au départ. 

Après Mobutu, il y eut Kabila qui fut assassiné. C'est son fils qui lui a succédé et au grand dam de l'Europe et du FMI, il a signé un partenariat avec la Chine. Beaucoup de Congolais vivent d'ailleurs en Chine et y font du commerce. 

C'est un résumé très succint des 595 pages que comptent le livre mais si j'avais du tout décrire par le détail...

Un véritable travail journalistique de l'auteur dont le père travailla au Congo. Témoignages, lectures s'entremêlent pour nous livrer une véritable analyse de l'Histoire de ce pays chaotique dans tout son ensemble qui fut crée de toute pièce par un Roi mégalomane. 

Le peuple Congolais a une espérance de vie de 45 ans à 50 ans et beaucoup d'enfants meurent avant l'âge de cinq ans tout comme en France du temps de Louis XIV. Il faut espérer qu'un jour...

 

 

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24 mars 2015

Tentative d'épuisement d'un lieu parisien de Georges Perec

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Du 18 octobre au 20 octobre 1974, Georges Perec va s’installer au Tabac Saint Sulspice ainsi qu’au Café de la Mairie. Le tout en alternance. 

Il va noter durant ces longues heures les détails infimes qui ponctuent une journée se déroulant Place Saint Sulspice. 

Du bus qui passe, aux enfants portant des bonnets à pompons ainsi que des personnes qui mangent une patisserie, rien ne va lui échapper.

 Par moment, il a froid, il s’ennuie, il aperçoit des personnes qu’il connait à travers les vitres.

 Trois jours de vie durant lesquels, son regard va voir défiler des autres instants de vie.

 

 

« Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures, des nuages »

 

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