17 mars 2015

Chez eux de Carole Zalberg

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Elle n'a que six ans et doit fuir son pays la Pologne avec sa famille. Elle n'a que six ans mais elle a déjà compris que ceux qui parlent allemand sont les méchants. En zone libre de France, elle va retrouver une partie de sa famille, des cousins, dont Adriel qu'elle aimait déjà en regardant sa photo.

Mais la zone libre n'est pas signe de liberté et durant deux ans la petite Anna Wajimski va être hébergée par des paysans en Haute Loire : les Poulange. 

Elle se nomme à présent Anne Serre de Roanne. 

Adriel servira de lien intermédiaire entre la maman d'Anna, Ethel, et la petite fille.

D'une vie choyée, l'enfant va découvrir la rudesse. La rudesse d'époux paysans qui ne savent pas, car on ne leur peut-être pas appris, donner des gestes de tendresse. Pourtant, il faut sacrément être fort pour oser accueillir une petite juive. 

D'une vie de petite fille aimée, elle va se transformer comme les enfants du village avec une couche de crasse sur le corps.

Anna se retrouve avec Lisette sa cousine mais qui dépérit. Adriel vient la rechercher mais imaginer ce qu'à du ressentir Anna quand elle a compris qu'elle elle devait rester.

Anna aide un peu à la ferme et par chance le pasteur va s'enquérir du fait qu'elle ne va pas à l'école. Il en est hors de question. Elle ne parle pas bien le français : qu'importe ...

Seconde chance pour Anna, l'institutrice Cécile Tournon va prendre en main la fillette. Elle veut qu'elle aie un avenir. Elle en a le droit et les capacités. Pour Anna, le soleil peut encore briller.

 

Un jour on viendra la rechercher. Il y a aura des morceaux de famille disparus dans le néant. Anna aura vécu une parenthèse de deux ans qui ne s'effacera jamais.

Un tout petit livre, tout petit, mais si grand d'écriture, d'amour dans lequel Carole Zalberg nous dévoile une partie de l'histoire de sa maman.

Un petit livre qui vous presse le coeur, pour ne pas oublier que des humains ont décidé d'aider des enfants car ils n'acceptaient pas tandis que d'autres fermaient les yeux.

Un petit livre que je vais garder précieusement. 

Lisez-le surtout. Lisez les mots de  Carole Zalberg, ils sont si beaux....

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03 mars 2015

Une vie après l'autre de Kate Atkinson

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Hugues et Sylvie ont choisi la maison de leur rêve. A la campagne loin de Londres où les enfants pourront grandir. Fox Corner, Sylvie en a décidé ainsi, elle se nommera  leur nouvelle chaumière. Pourquoi pas après tout ? une renarde passe souvent dans le jardin.

Ils sont parents de deux enfants déjà  Paméla et Maurice.  

Le 10 février 2010, une nouvelle naissance s'annonce. Ce qui est sur et certain, c'est qu'il neige très fort cette nuit là. Ce qui est moins certain, c'est de l'avenir de ce bébé qui décide de naitre : Ursula. Elle va mourir étranglée par son cordon mais si... le docteur était arrivé à temps, pour le couper..

Ursula se souvient d'un lièvre, de feuilles vertes, du vent, des cris de son frère et de sa soeur. Pourtant encore petite, elle va se noyer dans la mer mais..si le peintre qui avait planté son chevalet sur la plage l'avait sauvée...

Ursula continue à grandir; elle n'est plus la petite dernière, encore deux frères après elle. Maurice va la faire enrager et jeter son jouet par la fenêtre, elle va tenter de le ratrapper et glisser vers les ténèbres et si....

La vie d'Ursula va dépendre de petits événéments qui font bifurquer d'un point à un autre d'une vie. Rien n'est définit dans l'existence...

Le roman débute par l'assasinat de Hitler alors qu'il n'est pas encore au pouvoir. Ursula pense changer les lignes d'un passé. Pourtant, elle va connaitre la guerre, donc si...

Kate Atkinson nous entraine dans la ronde des vies d'Ursula et de sa famille Todd. Elle nous convie aux possibilités infinies de l'existence, de petits événements qui peuvent tout changer mais que l'on ne perçoit pas toujours.

Elle nous entraine dans la ronde de la seconde guerre mondiale, dans une réalité terrifiante. 

J'avais il y a cela des années, découvert du même auteur "dans les coulisses du musée" qui m'avait bluffé et puis...plus rien. Je l'ai redécouverte dans ce roman qui est tout simplement Génial, bluffant, amusant.

Et si... vous décidiez de le lire....

Un tout grand merci à Cathulu qui m'a donné cette envie de rédécouvrir Kate Atkinson

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24 janvier 2015

Berezina de Sylvain Tesson

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200 ans après la retraite de Russie, Sylvain tesson en compagnie d'amis part à la rencontre des fantômes de soldats qui accompagnèrent Napoléon dans ce qui fut une véritable défaite.

En 2012, novembre Moscou, salon du livre, Tesson et Gras tentent de faire comprendre à ceux qui les entourent de leur envie de suivre la grande armée. Thomas Goisque l'ami photographe les a rejoints.

Et début décembre, grand départ. Gras, Goisque et Tesson seront accompagnés par Vitaly et Vassili qui répresenteront les Russes. Voyage qui s'effectuera en side car typiquement de marque russe Oural.  Side- car assez déroutant, on ne sait jamais il va démarrer ni s'il va freiner. Ils vont suivre les hauts lieux de l'épopée napoléonienne. Le voyage va durer 13 jours. Ils seront d'abord trois durant des kilomètres car les Russes ont des déboires avec leurs machines, manque de bol ce sont ces derniers qui sont chargés des bagages.

Sylvain Tesson porte bicorne et au devant du side car flotte le drapeau Garde Impériale, Empereur des français Ier régiment des chevau-légers-lanciers.

Sylvain Tesson ne voyant pas à trente mètres au vu de sa myopie, imaginez quand il neige...

 

Ils emportent des livres témoins de ceux qui accompagèrent Napoléon.  

 

Napoléon est bien arrivé jusqu'à Moscou, ville qui fut dévastée par le feu allumé par Rostopchine. Malgré ces déboires, Napoléon va attendre on ne sait quoi et malheureusement cette année là l'hiver arrive plus tôt que prévu. Cernés de toute part, Napoléon et son armée doivent reprendrent le chemin qu'ils ont emprunté pour venir, chemin où tout a été dévasté lors de leur conquête. Ils vont devoir affronter le champ de bataille Borodino où tout est encore témoin de la guerre. Cadavres encore éparpillés sur le sol ou enterrés dont on ne voit que la tête. Survivants également car ils ont  mangé la chair des cadavres et se sont cachés dans les carcasses des chevaux. 

La grande armée va affronter un hiver terrible, pas de vêtements d'hiver, pas le confort relatif dans lequel s'effectue le voyage de nos joyeux compères qui logent dans des endroits rudimentaires mais bien chauffés avec l'alcool pour se réchauffer et faire la fête. 

Serions nous capables nous de réaliser cet exploit, serions nous aussi déterminés et courageux s'interroge Syvain Tesson ?

Les Russes et Koutouzov poursuivent, ils sont certains de vaincre ces maudits français. Ils pensent les anéantir grâce à la Bérézina, les Français vont encore échapper à la souricière avec d'énormes pertes mais les pertes russes sont plus nombreuses.

La Grande Armée continue inlassablement son chemin vers Paris. Napoléon apprenant que tout va mal dans la capitale décide de partir et abandonne son armée aux mains de Murat. 

"Ils n'avaient pas fini de descendre de descendre aux enfers. Et l'enfer pour eux était pavé de glace. Leur restait à subir les plus grands froids de la campagne.Pendant que sur le side-car, le vent et la neige nous martyrisaient, je pensais à ces soldats errants par -30° C. Les nuées de corbeaux courronnaient leur troupe. Des chiens à moitié sauvages se disputaient les cadavres, s'enhardissaient à mesure que les hommes s'exténuaient. Le mercure chutait toujours en ce début de décembre 1812"

Quand ils apprennent que leur Empereur, leur flamme est partie, la déroute est terrible. Affamés, les os gelès, de véritables zombies, lorsqu'ils arrivent à Vilnius, ils sont couverts de poux. 

Durant tout le voyage, nos contemporains vont les croiser ces fantômes. Même la terre se souvient d'eux. 

Le voyage des joyeux lurrons se termine dans la Cour des Invalides...

 

J'aime Sylvain Tesson, j'aime la Russie et j'aime Napoléon donc  je ne pouvais que le lire...

Magnifique d'humanisme envers cette armée qui mérite notre admiration, ces milliers d'hommes qui ont eu cette pugnacité de tenter de survivre....Très bel hommage à tous ces inconnus...mais surtout quel voyage pour nos cinq aventuriers.

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15 janvier 2015

Le météorologue d'Olivier Rolin.

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Alexei Feodosievitsch Vangengheim connaissait les nuages sur le bout des doigts. Avant-gardiste, il savait déjà que le vent, le soleil seraient de nouvelles énergies dans le futur. Il était un météorologiste renommé  et fut l’une des victimes des purges staliniennes.

 

 

Lors d’un de ses voyages en Russie, Olivier Rolin entend son nom pour la première fois. Conférencier dans la ville d’Arkhangelsk, il décide de se rendre  aux Iles Solovki. Il y découvre un majestueux monastère qui fut dès 1923 ce que l’on nomme un Goulag.  Il est émerveillé par le paysage qu’il découvre et décide de réaliser un film. 

En avril 2012, il y retourne et fait la connaissance d’une vieille dame mémoire de l’île. La rencontre avec Vangengheim se présente sous la forme d’un livre edité par la fille de ce dernier. Il y découvre des lettres de déportation d’un père à sa fille et des dessins de fleurs, d’animaux, des devinettes. Un tout éducatif  à sa petite fille devenue à l’âge paléontologue et qui s’est suicidée peu de temps avant la découverte du livre par l’auteur.

 

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Vangengheim est né en 1881 dans une famille bourgeoise. Ses soeurs et frères ont suivi des études scientifiques comme lui. Au contraire de son frère Nicolai, il reste en Russie après la révolution. Il devient communiste, membre du parti et est chargé sur toute la superficie d’établir la météo pour que les récoltes soit bonnes, que les bateaux puissent passer à travers les glaces….etc Sans lui, pas d’envoi de pionnier dans l’espace.

Grâce à lui, le premier bulletin météo passe à la radio en 1930. C’est donc un membre éminent du parti.

 

Pourtant comme durant toute l’ère stalinienne, Vangengheim va être déclaré comme contre révolutionnaire par jalousie, par envie ? par ses collègues.

 

Arrêté en 1934 comme saboteur, il ne reverra jamais sa femme ni sa fille. Il est emmené à la Loubianka,la forteresse de Moscou. Est-il torturé qu’il avoue tout ? pour ensuite plus tard se rétracter. Il est condamné à dix ans de déportation et emmené dans l’archipel de Solovki. Là bas, il va découvrir une bibliothèque de 30 000 volumes dont certains apportés ou abandonnés par les détenus. 

Durant sa captivité, il y fait des conférences sur des sujets météolorigiques. Il se charge d’instruire. Il écrit, il dessine pour sa fille. 

 

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Ses lettres de demande de liberté restent sans réponse. Il envoie des portraits de Staline qu’il a crée avec des cailloux à sa fille. Il continue à croire au parti. Il imagine quand il sortira.

 

Il sortira du monastère oui mais en 1937 il a rendez vous avec la mort…..tout simplement pour répondre aux statistiques que Staline établissait. Autant de morts par régions dans les Koulak autant d’assassinats.

 

Jusqu’en 1957, son épouse n’aura pas la confirmation qu’il est mort. Il sera réhabilité après avoir été assassiné comme un chien par un non humain, dans un trou, au milieu des corps de ses compagnons. 

 

Pas de sépulture, juste un livre d'amour de sa fille pour se souvenir...

 

La dernière partie du roman d'Olivier Rolin est constitué de nombreux dessins, très simples mais émouvants. On découvre même le portrait du petit chat qui lui tenait compagnie lors de son emprisonnement. 

 

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18 décembre 2014

Le Royaume d'Emmanuel Carrère

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Avant de débuter la lecture de ce livre, je n’en ai lu aucune critique, aucun avis. Choisi de plein gré car le sujet m’intéressait.

J’ai effectué toutes mes années d’études primaires et secondaires dans des écoles catholiques. Ma petite école d’enfance était tenue par des Soeurs. L’une d’entre elles, Soeur Marie-Joseph nous appris à lire, écrire et compter. Une petite femme extraordinaire qui nous aimait comme ses enfants ce qui n’est pas le cas de la majorité des autres Soeurs. J’ai grandi avec des images de Jésus montant au ciel, de flammèches sur les têtes des apôtres, du fait que Dieu savait tout ce que l’on pensait, de la croix de cendre qu’il ne fallait pas effacer après la messe, de l’hostie qu’il ne fallait surtout pas mâcher etc…Bon bref, une éducation scolaire hyper catholique. Durant les humanités c’était moins fort, plus calme mais le résultat est que je suis une pure athée. Dieu n’est jamais venu me faire un signe et ce que je ne vois pas, je n’y crois pas.

De toutes ces années, il me reste de petites traces infimes. Je crois en Jésus Christ bien que nous sommes à une époque où l’on aime déclamer que Jésus lui non plus n’a jamais existé, la désacralisation étant de mode. Je crois en lui non pas comme Fils de Dieu mais comme un homme qui était un humaniste, et encore après lecture du livre, c’est à discuter. 

J’aime entrer dans une Eglise et surtout déposer une petite bougie quand je croise la statue de la Sainte dont je porte le prénom. Traces infimes qui ne m’apporte aucune foi. Foi que certains portent au fond de leur coeur et dont je suis admirative mais pour ma part bof non croire en un Dieu qui a fait l’homme à son image et quand on voit ce que l’homme devient, je ne ferai aucun commentaire.

 

Dans ce livre épais qui compte plus de 600 pages, Emmanuel Carrère nous apprend qu’il fut durant trois ans, un croyant qui se rendait à la messe tous les jours, lisant les Evangiles. Un croyant vrai de vrai et aidé par sa marraine Jacqueline. Grâce à elle, l’auteur a rencontré Hervé, un ami pour la vie. En fait, ce qui posait le plus problème à Emmanuel Carrère c’était ce mot Résurrection. Jacqueline lui a montré des chemins pour tenter de comprendre. Emmanuel Carrère avait besoin de croire pour continuer sa vie et quand il n’en a plus eu besoin, il est redevenu athé. 

 

Emmanuel Carrère nous ramène à travers les Evangiles et leur analyse à la source de la chrétienté. N’oublions surtout pas que ces Evangiles ont été écrits bien après la mort de Jésus par des personnes qui ne l’avaient pas connu. Ecrits par oui dire et mémoire de certains qui l’avaient croisé.

 

C’est ainsi que nous cheminons en compagnie de Paul qui fut un persécuteur avant d’être illuminé par la Foi. Il croyait dur comme fer à la Résurrection. Il rallia certains à sa cause chrétienne mais n’était pas spécialement un personnage sympathique. 

 

Nous croisons Pierre, Jacques, Jean…qui vécurent avec Jésus et qui étaient suspicieux sur ce que Paul désirait créer.

 

Nous sommes bien loin du Vatican et de ses dogmes. Plutôt une sorte de secte où les rivalités sont grandes également, acceptée par les Romains en  partie puisqu’ils occupaient la région. Un mélange de nationalités se tournant vers ce Dieu. Il faut surtout retenir le mot religion Judéo-Chrétienne car c’est là la source en terre d’Israël. Religion qui n’eut pas une grande portée jusqu’à la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains, la première grande persécution des Juifs par les mêmes Romains. Après cela elle prend vraiment son envol.

 

C’est un livre passionnant autant par le sujet que par l’historique. Emmanuel Carrère y mêle le roman car il tente de construire la vie des Evangélistes et leurs pensées à travers les mots écrits par ces hommes. Donc il imagine....

Je ne sais pas ce qu’en pense les ultra-catholiques mais bon chacun ses convictions.

 

Et enfin, je sais quand est née la Palestine créée par les Romains en changeant la région de Judée en Palestine, tout simplement pour signifier aux juifs qu’ils n’étaient plus rien. Sans commentaires.

 

Après lecture, je suis toujours athée et j’admire tant et plus ceux qui ont la foi….

 

 

 

 

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20 novembre 2014

Charlotte de David Foenkinos

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Charlotte Salomon ne sait rien des suicides qui entourent la famille de sa grand-mère. Sa tante Charlotte dont elle porte le prénom car sa mère adorait sa soeur s'est donné la mort ainsi que tant d'autres de ce côté familial. Sa mère elle même se suicide mais Charlotte étant enfant, on le lui cache et c'est son grand-père lorsqu'elle sera devenue adulte qui lui crachera la vérité après la tentative  suicidaire de sa grand-mère. 

Charlotte mourra dans une chambre à gaz avec l'enfant qu'elle portait. 

Charlotte n'aura vécu que 26 ans mais combien d'années de bonheur durant ce petit nombre d'années ?

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Charlotte vit à Berlin. Elle n'est qu'une enfant lors de la mort de sa mère. Elle est d'abord confiée à ses grands-parents Son père éminent chirurgien  va engager une nounou qu'elle adore. 

Son père se remarie avec une chanteuse d'opéra Paula que Charlotte aime dès le premier instant.

Le désir de la jeune fille est d'intégrer l'école des Beaux Arts. Elle est acceptée car son professeur perçoit un véritable talent mais avec la haine qui monte contre les juifs elle est priée de se faire la plus silencieuse possible. Etrangement sa meilleure amie sera une pure aryenne. 

Un homme va transformer la vie de Charlotte, Alfred. Il donne des cours de chant à sa belle-mère. Elle en tombe éperdument amoureuse. Elle n'en parle à personne. Il parle de sa liberté, il l'écoute, il aime ses peintures...Il croit en elle.

Un autre événement va bouleverser sa vie. Elle gagne le concours organisé par les Beaux Arts mais 1938 n'augure rien de bon pour les juifs. C'est son amie Barbara qui recevra le prix à sa place ainsi l'honneur est sauf. Usurpation de peintre tout simplement. 

Le père de Charlotte va connaitre l'emprisonnement dans les camps. Sa belle-mère va se battre pour qu'il soit libéré. 

A son retour affaibli, il n'a qu'une idée : Charlotte doit retrouver ses grands-parents en France. Là-bas elle sera sauve. Charlotte amoureuse d'Alfred refuse mais son père insiste et la jeune fille part pour Villefranche sur mer. Elle ne reverra jamais Alfred.

En France, elle affrontera la mort de sa grand-mère, un grand-père qui leur repproche leur malheur. Ils vont être internés dans un camp. Ensuite relâchés

C'est un médecin qui va la prendre sous son aile et l'empêcher de sombrer dans la dépression : le Docteur Moridis. Charlotte va comprendre que sa seule échappatoire est de peindre et encore peindre toute sa vie pour effacer la folie.

C'est au docteur Moridis qu'elle confiera toutes ses oeuvres pressentant le malheur qui commence à l'encercler.

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Charlotte c'est la rencontre entre un écrivain et une femme peintre. Partir sur ses pas, tenter de comprendre, détricoter l'ouvrage. 

L'écriture de David Foenkinos est faite de petites phrases, pas de temps mort. Les événements se succèdent, l'écriture file car 26 années c'est tellement peu dans une vie. De temps en temps l'écrivain s'immisce dans la vie de Charlotte pour que l'on puisse comprendre ce choc qu'il a ressenti en découvrant les tableaux lors d'une exposition. 

Il n'y a pas de temps à perdre, raconter, encore raconter comme si le malheur n'avait pas de sens, pour ne jamais oublier Charlotte. Les mots s'enchainent et la fin est inéluctable. 

Magnifique, émotionnel. Premier roman de David Foenkinos que je découvre. Jamais je n'oublierai Charlotte.

 

"Quelque chose la retient.

C'est une force derrière elle.

Elle a presque l'impression qu'on l'appelle

Happée, elle se retourne.

Et découvre l'éclat majestueux de la Méditérranée.

Charlotte n'a jamais rien vu d'aussi beau"

 

 

 

 

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10 octobre 2014

Cevdet Bey et ses fils de Orhan Pamuk

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Cevdet Bey est un homme heureux. Son commerce fonctionne parfaitement. Il est fiancé et sait exactement dans quelle maison il vivra avec sa future femme : dans le quartier occidental de Nisantasi. Autour de lui, l'Empire Ottoman est critiqué de toutes parts. Le sultanat devient moribond. On parle même d'attentat.

Les années passent, la Turquie a changé de régime. La fête du sacrifice  réuni toute la famille qui vit dans la même maison. Osman le fils ainé. Refik le cadet et la fille Ayse. Assises  autour de la table également les deux belles filles et les petits enfants. Cevdet Bey est toujours heureux, il va écrire ses mémoires. 

Durant le diner, Refik attend avec impatience ses amis, Omer, imbus de sa beauté et Muttihin le poète qui s'il ne réussit pas à devenir célèbre se donnera la mort à trente ans.

Les trois hommes aiment parler durant des heures. Ils cherchent du sens à leur vie Bien plus proches du mode occidental durant ces années qui précédent la seconde guerre mondiale. 

Au fil des années, ces amis vont s'éloigner.Refik après avoir quitté femme et enfant, reviendra dans le giron familial. Il va écrire un livre sur une réforme agraire dont personne n'en trouve l'utilité. Omer qui voulait devenir un Rastignac, optera pour la propriété terrienne dans une région isolée et Muhhitin deviendra nationaliste avant de se faire rejeter par ceux qui l'avaient appelé à les suivre.

Le commerce deviendra une entreprise d'ampoules qu'Osman dirige encore et encore.

Ahmet, le fils de Refik est un peintre dans une Turquie qui continue à changer. Il désire réaliser le portrait de son grand-père Cevdet. Il retourne vers ses origines. Nous sommes dans les années septantes. On parle de coup d'Etat.

Quel enchantement de découvrir cet auteur. Tout en suivant la vie des personnages, on découvre l'histoire de la Turquie durant une certaine période,  on remarque la transformation d'un quartier. 

Un chapitre m'a heurté car il est tellement d'actualité. Il est tenu dans ces lignes un discours nationaliste qui tend à engager Muhhitin. Le même discours qu'un djihadiste pourrait tenir pour recruter un jeune à notre époque. Très troublant ce morceau de roman dans son réalisme.

Un très grand roman dont l'écriture est fluide et tellement belle. Premier roman d'Orhan Pamuk et je vais m'empresser de lire ceux qu'il a écrits par suite.

 

 

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30 septembre 2014

La langue des oiseaux de Claudie Hunzinger

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Sitôt terminé le récit de Colin Thubron « En Sibérie », il était évident que la langue des Oiseaux de Claudie Hunzinger ferait suite à ce voyage. Les lectures se lient parfois d’un fil ténu, presque invisible.

 

La découverte de Claudie Hunzinger je la dois a une très grande lectrice Aifelle. Ce fut la joie de lire de Survivance. 

 

Suivre les chemins de Claudie Hunzinger, vous entraine au milieu de la nature, parfois ensoleillée, parfois troublante par ses peurs et ses dangers. Les livres ne sont jamais loin, perdus dans une clairière et la poésie sème ses petits cailloux en toute légèreté.

 

SzaSza, nouvelle romancière, ne sent plus en accord avec la vie qu’elle mène. Elle décide de s’isoler dans une forêt, dans une cabane bien étrange. Isolée pas tout à fait car elle emporte avec elle son ordinateur, la poésie d’Emily Dickinson et une paire de jumelles pour observer les oiseaux car elle veut enfin comprendre leur langue. 

Là-bas, elle écrira son deuxième roman et se consacrera à la traduction de textes chinois. C'est ce dont elle est persuadée...

 

La première nuit dans la cabane, elle découvre une étrange annonce de vente de vêtements d’occasion par la magie de l’écran.

 

« Comme des Garçons Blouson noir »

Il est en laine noire pour le torse très menu. 

En velours de coton noir pour les épaules matelassées, incroyablement larges et comme musclées.

Il renverse l’ordre ordinaire des choses : une femme adorable en homme costaud…

Grâce à lui, j’ai fait fuir des molosses. 

Peur de rien.

Il se ferme d’un zip. »

 

Le pseudo de cette annonce est Kat-Epado.

 

Au fil des jours, la narratrice et la jeune fille qui on va l’apprendre est Japonaise et vit au Havre, vont tissé des liens parfois ambigus de part et d’autre. Qu’attendent-elles l’une de l’autre ? 

 

Comment décrire ce que l’on ressent en lisant Claudie Hunzinger ? Du bonheur oui mais également ce petit quelque chose qui vous emporte indéfinissable…

 

« Il se remit à neiger. J’avais choisi mon année pour vivre l’aventure : la pire des années. Disons une année historique. Même au Havre il neigea. Et chez moi, ce n’était plus  de simples flocons qui tombaient, mais des flocons exagérés, sortis de Li Bai, aussi larges que des mains, et qui se précipitaient au-devant de vous pour vous entrainer »

 Voir l'avis d'Aifelle ainsi que celui d'Antigone et bien évidemment Cathulu

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25 septembre 2014

Oona et Salinger de Beigbeder

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Beigbeder, oui en tant que lectrice je lis par moment les romans de cet auteur aimé ou méprisé. Ceux qui me plaisent par leur sujet dont ce dernier.

Aucune honte à avouer que j'ai pleuré lors de ma lecture d'un de ses autres romans. Windows of the world. Je fais partie de ceux qui aiment Beigbeder et j'assume tout à fait ce choix.

Dans ce nouveau livre, l'auteur parle de lui. Beigbeder qui ne parle pas de lui, ne serait plus Beigbeder. Il assume tout à fait son envie de rester jeune et de s'amuser mais Beigbeder ce n'est pas que cela...et ses livres le dévoilent.

Beigbeder idolâtre Salinger. Le livre débute par le récit d'un tournage que j'ai v u à la tv où il part sur les traces de l'écrivain. Il n'osera jamais aller sonner à sa porte.

Il y a surtout également cette photo qu'il a découverte d'Oona et dont il est disons le tombé amoureux. 

Le récit peut commencer. 

Salinger est un écrivain en devenir en 1940. Il tombe éperdument amoureux de Oona ONeil lorsqu'il la rencontre dans un bar de l'époque. Elle n'a que 15 ans. Elle passe ses nuits au Stork accompagnée de Truman Capote et de deux autres filles riches Gloria Vanderbilt et Carol Marcus. Nuits de rires, de boisson et de cigarettes. Oona est la fille de l'écrivain Eugène ONeil prix Pulitzer qui ne s'occupera jamais d'elle sauf quand il faut la critiquer dans ses choix; Un père alcoolique, une mère névrosée, deux frères qui se suicideront. 

Ce n'est que l'été de l'année suivante qu'il la retrouve. Et tout se déroulera comme un amour platonique. Baisers passionés mais rien de plus.

Pearl Harbor va changer la vie des américains. Salinger part vers l'Europe où il va participer au débarquement, connaitre toutes les horreurs que cela implique et découvrir les premiers visages des camps de concentration. Beidbeger nous dévoile ces moments non pas comme on nous a les décrits tant de fois mais dévoile des pans qui sont longtemps restés cachés. Accrochez-vous...

Qu'a t-il pensé là bas au milieu de la boucherie quand il apprend le mariage d'Oona avec le vieux Chaplin ? Il semblerait que Salinger aie écrit des lettres à Oona mais les héritiers ne voulant pas dévoiler ces écrits, Beigbeder les invente et elles sont superbes.

Comme seul souvenir, il a emporté le cendrier qu'Oona avait volé dans le bar et qu'elle avait glissé dans la poche de son manteau.

La rencontre de Salinger avec Hemingway à Paris est émouvante et il arrive même à me rendre sympathique un écrivain qu'en tant qu'homme je déteste.

Salinger ne guérira jamais de la guerre et apprendra par les infos le nombe de naissance des enfants Chaplin dont l'ainée est Géraldine.

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11 septembre 2014

Chroniques de l'oiseau à ressort de Haruki Murakami.

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Attendant avec impatience dans cette rentrée litteraire, le dernier roman de Murakami, j'ai réfréné ladite impatience en lisant un autre de ses livres.

Toru Okada est un homme qui mène une vie toute simple. Il a perdu son travail mais ne recherche pas vraiment une autre place car sa femme Kumiko lui dit qu'il prenne son temps, qu'il reste à la maison, vu qu'elle gagne assez pour les faire vivre tous deux.

Les jours s'écoulent jusqu'au jour où le chat de la maison disparait et Kumiko y tient beaucoup. Elle demande à son mari d'aller voir dans la ruelle derrière leur maison. Ruelle bouchée des deux côtés par un mur et par une maison étrange. 

Toru y fait la rencontre d'une jeune fille May Kasahara. Jeune fille n'allant plus à l'école depuis qu'elle a eu un accident de moto qui a couté la vie à son ami. Elle lui affirme que le chat est déjà passé dans son jardin. 

Toru revient bredouille. Les jours continuent à s'écouler. Toru commence à faire des rêves étranges. La maison du bout de la ruelle l'intrigue.Komiko revient de plus en plus tard à la maison.

Un matin Toru se réveille seul, sa femme a disparu.

Dans ces chroniques Murakami nous entraine dans le réel et l'irréel, Il est impossible de résumer le livre. Tout se mélange : le bien et le mal, la poésie de la nature, la vie, la mort, la guerre, la violence, la douceur.tout au long des pages, nous sommes entrainés dans un maelstrom d'émotions, le tout signalé par le chant de l'oiseau à ressort.

 

La description de la famille canard m'a donné le sourire. Je ne serais donc pas la seule à les aimer.

En résumé, l'univers de Murakami, me happe à chaque fois.

 

 

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