06 août 2014

Les oies des neiges William Fiennes

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Durant un séjour dans un hotel, William Fiennes redécouvre un livre de son enfance, que leur maître Monsieur Faulkner leur lisait durant la classe : The Snow Goose. Etant en convalescence chez ses parents suite à une maladie, ce livre est un déclic pour le jeune homme qui perd le gout de vivre. 

Là bas, dans leur maison en Angleterre, leur père avait toujours été un amoureux des oiseaux, guettant le retour des martinets à la fin de leur migration. Mais le petit William ne partageait pas cette passion. De retour de son séjour à l'hotel, il va se munir des jumelles de son père, lire des livres d'ornithologie. Petit à petit, une idée folle s'ancre en lui. Suivre la migration des oies des neiges d'Austin jusqu'au Canada dans la Péninsule de Foxe. 

"Le premier signe a été un vague tintement au loin, qui n'arrivait d'aucune direction particulière : le bruit d'une marina, de drisses claquant contre les mâts métalliques" Des amoncellements de points ont paru au-dessus de la courbe de l'horizon. Chaque point est devenu une oie. Des volées entières convergaient vers l'étant depuis toutes les directions de la boussole, c'était l'inverse d'une dispora, les oies des neiges volant en V et W espacés ou en longs écheveaux qui ondulaient comme des rubans d'algues, chaque oiseau concentré sur le plan d'eau au centre de la circonférence d'eau". 

On pourrait s'imaginer que ce magnifique livre n'explique que la migration des oies, ce n'en est pas le cas. Tout en suivant les oies qui migrent vers leur lieu de naissance, William Fiennes opère également une migration, un retour vers la vie, vers la maison de son enfance tout en désirant s'en détacher pour repartir. 

Un traité d'ornithologie, de portraits humains si beaux, de description de lieu de vie, de voyages en bus, l'évocation de la nostalgie des siens à l'étranger, le bonheur tout simplement face à la nature.

Pour tous ceux qui frémissent les yeux levés vers les nuages en apercevant les oies partant vers un long voyage. 

 

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15 juillet 2014

La saga Maeght de Yoyo Maeght

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Aimé Maeght rêvait d’être peintre, il ne le devint jamais mais fut plus que cela. Il devint l’un des plus grands ambassadeurs de l’art avec l’appui de son épouse Marguerite.

De litographiste, il devint galleriste, éditeur. Fut l’ami de tant d’artistes tels Braque, Miro, Leger, Prévert, Matisse, Giacometti mais surtout Bonnard qui fut comme un père, lui qui n’avait jamais connu le sien mort à la guerre.…etc Il vécut pour et à travers l’art. 

L’apogée en fut la Fondation Aimé et Marguerite Maeght.

 

Tout parait si beau sous les étoiles mais parfois de profondes blessures ne cicatrisent jamais.

Aimé et Maguerite Maeght eurent deux fils Adrien et le plus jeune Bernard. Dans le coeur d’Aimé, Bernard était le plus sensible à l’art, mais la vie n’offre pas que des cadeaux malheureusement, Bernard malade, décéde  

Adrien gâté depuis sa naissance et ne rêvant que d’automobiles mais travaillant pour son père ne remplaça jamais Bernard. Tout ce qu’il fonde, magasin, club d’automobiles est payé par ses parents. Le père et le fils ne se parlent même plus.

 

Est-ce sous l’injonction d’Aimée qu’il fit des enfants avec Paule pour donner des héritiers à Aimé et Marguerite ?  Il est temps que le fils se range. 

Ils eurent trois filles et un garçon dont Yoyo. 

De la querelle entre son papy et son papa Yoyo n’en sut jamais la raison. La seule réponse d’Aimé fut un jour ces quelques mots « parce qu’il m’a déçu ». Même dans la haine, Adrien ne parvint jamais à couper le cordon qui le relie à ses parents. Sa vie aurait été tout autre certainement. 

 

Paule et Adrien aiment s’amuser et mener la grande vie et ne s’occupent de leurs enfants que quand ils le décident. Durant cinq ans, les filettes furent envoyées chez leur grand mère maternelle sans que leurs parents ne viennent les voir. Durant ces cinq ans, elles ne virent pas non plus leurs grands parents paternels. Chantage du fils envers le père ? Tu vois mes enfants quand je le désire…

Leur frère Jules sera élevé par elles. 

 

Mais de leur grand-père, elles reçoivent un amour inestimable. Elles vont côtoyer des peintres, des écrivains, des poètes dès leur petite enfance. Des vacances à la Colombe d’Or à Saint Paul de Vence. Des souvenirs merveilleux.

 

Malheureusement, les grands-parents ne sont pas éternels et quand ceux ci laissent une fortune, la passation d’héritage ne se fait pas toujours dans la paix.

 

 

Yoyo Maeght, celle a qui ont déclara qu’elle était une enfant trouvée jusqu’à ce qu’elle comprenne que c’était faux. Comment peut-on être si cruels quand on est parent ? vole de ses propres ailes, libre de toute attache avec la fondation Maeght. Pour se libérer, il faut parfois réussir à casser des liens qui ne peuvent que détruire. 

 

De son grand-père, elle garde cet amour pour l’art en digne héritière parce que vous êtes toujours la continuité de ceux qui vous ont précédé. 

 

Un livre magnifique d’amour pour son grand-père. Aucune haine envers ceux qui l’ont rejetée. Un constat tout simplement pour vivre pleinement sa liberté. Aimer, rire,, deux mots qui s’accordent tellement entre eux et le sourire de Yoyo est si beau.

 

Merci Yoyo pour ce bonheur de lecture.

 

 

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26 juin 2014

Ceux du Nord Ouest de Zadie Smith

C’est en sauvant la petite Leah, de la noyade, que les deux fillettes se rencontrent. Keisha et Leah, la jamaïcaine et la rousse vont devenir inséparables. Elles grandissent dans la même cité de Caldwell au nord ouest de Londres. 

Inséparables durant des années, leurs chemins divergent peu à peu au fil des années.

Keisha veut absolument oublier cette pauvreté dans laquelle elle a grandi. Elle change son prénom en Nathalie, réussi des études d’avocat et épouse un métis italien. A force de travail, Nathalie a pu acquérir une belle maison, a épousé son bel italien, maman de deux enfants. Tout lui réussi. Ne surtout pas ressembler à ses soeurs et sa mère qui vivotent dans la misère et qui s’en remettent aux mains de la religion pour apercevoir un coin de ciel bleu.

 

Leah travaille dans des oeuvres caritatives, a épouse Michel qui espère tant qu’ils deviennent parents. Leah sans le dire continue à prendre la pilule tous les jours. Elle ne veut pas d’enfant. Elle  vit dans un appartement social avec accès au jardin communautaire.

 

Dans leur enfance, l’un de leurs amis Nathan, aurait pu devenir quelqu’un. Tout lui réussissait. C’est le souvenir qu’elle en ont. Cet adorable gamin est devenu un dealer, un paumé de la vie, car dans la cité tous ne se sont pas envolés…vers le bonheur.

 

Frankie, lui pense qu’il a plus ou moins réussi sa vie. Un travail, une belle fille qu’il adore. Pas le paradis mais cela en a déjà le gout. 

 

Ils ont tous la quarantaine, ont grandi dans cette cité et Nathan va tout bouleverser….

 

Zaddie Smith nous trace un magnifique portrait d’un quartier où pauvreté et réussite sociale peuvent se côtoyer.

Elle distille, souffle sur les fleurs des sentiments. Elle décape l’amitié. Elle donne envie de rire, de pleurer, sur cette société où la misère est snobée par l’argent. La société que nous avons créée insidieusement, sournoisement.

 

Ses mots cinglent de vérité. Une écriture rapide, virevoltante. Zaddie Smith lance ses flèches avec précision.

 

Il y a quelques années, j’avais beaucoup aime « De la beauté » du même auteur. Laissée un peu de côté sur la route de mes lectures, je l’ai retrouvée avec autant de bonheur. 

 

A lire….

 

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04 juin 2014

Emily de Stewart O'Nan

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Emily est ce que l'on appelle une vieille dame. Veuve depuis sept ans, elle partage sa vie avec son chien qui n'est plus également de la première jeunesse. Elle passe  beaucoup de son précieux temps seule ou en compagnie de sa  belle soeur Arlene qui peint toujours sa bouche d'un rouge et ses cheveux mon dieu quelle couleur! Depuis qu'elle a eu quelques anicroches avec sa voiture, elle l'a laissée prendre la poussière. Sa voiture, plutôt celle de son mari Henri.C'est donc Arlène qui fait office de chauffeur mais elle conduit si mal.

Le jour où Arlene a un malaise durant un déjeuner et ensuite hospitalisée, elle décide de resortir l'olds mobile du garage mais la voiture est trop grande alors elle opte pour une voiture plus moderne une Subaru.

Emily est pétrie de bonne éducation. Pas vraiment en bon terme avec sa fille Margaret qui leur en a fait voir à tous point de vue. Son fils Kenneth est plus sérieux mais elle ne s'entend pas avec sa belle fille.

Dès qu'il se passe un petit événément dans sa vie, elle téléphone à fils et fille pour leur en fait part mais le téléphone raccroché, elle ressent toujours un manque. Mais elle a bien fait après tout.

Elle adore ses petits enfants mais ne comprend pas toujours ceux de Margaret qui sont déjà grands.Après leur passage dans sa maison, elle attend toujours avec impatience une carte de remerciement qui met du temps où n'arrive pas tout simplement. 

Dans sa rue, plus aucune de ses amies ne vit, la mort les ayant emportées. La vieillesse devient parfois silence et l'on se remémore les souvenirs.

A t'elle été une bonne mère ?. Elle a fait ce qu'elle pouvait mais sa mère lui aurait rétorqué qu'elle arrête de vouloir être toujours la meilleure.

Au fil de l'hiver et du printemps Emily  change car une dame âgée peut elle aussi se remettre en question....

Un très beau portrait au fil des jours et des saisons de cette confrontation face à la vieillesse qui s'installe et la nostalgie qui revient parfois par vagues.

Du même auteur, j'avais adoré Nos plus beaux souvenirs, on y retrouve Emily quand elle n'était pas encore veuve. Un très beau roman également.

 

 

 

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29 mai 2014

1Q84 Livre 2 de Haruki Murakami

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Si vous regardez vers les étoiles et que vous apercevez deux lunes, vous êtes définitivement entrée dans le monde de Tengo et Aomamé. Oubliez l'année 1984, à présent vous gravitez dans le monde 1Q84. 

En parcourant ce livre 2 vous découvrirez ce qu'est la chrysalide de l'air et de quelle manière les Little People la construise avec des fils d'air.

Tengo ne sait plus vraiment où il en est. Aomamé est chargée de tuer le laeder des précurseurs qui a violé de petites filles pré pubères.

Aomamé va découvrir un être étrange doté de pouvoir qui va lui révéler en partie ce qu'est le nouveau monde dont il n'existe aucune porte de sortie.

Il sait que Tengo et Aomamé s'aiment et se cherchent mais pour sauver Tengo Aomamé doit le tuer lui le laeder qui espère échapper a ses souffrances  ou dans le cas contraire, Tengo mourra et elle survivra.

Elle tue le leader et aidée par sa protectrice et le garde du corps de la vieille dame elle va se cacher. Tout son passé doit être et a été rayé car les précurseurs vont vouloir se venger.

Pendant ce temps, Fukaéri  la jeune écrivain s'est réfugiée chez Tengo car à deux ils seront plus forts. Elle sait qu'Aomamé n'est pas loin de là. 

Dans ce nouveau monde, Aomamé décide de mettre fin à ses jours. Tengo découvre enfin ce qu'est la chrysalide d'air telle qu'il l'a créée dans son imagination. 

Le livre 2 se termine ainsi et nous laisse une fois de plus avec nos interrogations. 

Etes vous certains de vivre dans le monde tel que les autres le perçoivent ? Posez vous la question. 

Pourquoi cette dualité entre le bien et le mal ? Et quand est-il apparu  ce mal qui ronge la race humaine? L'homme est fait de tant de contradictions.

Sommes nous en 2014 ou en 2Q14 à vous de comprendre....

Aurons-nous la réponde dans le Livre 3

 

 

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24 mai 2014

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce de Lola Lafon.

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Elles se sont rencontrées à ces séances du mardi, victimes toutes deux d'être femme. L'engagée et la danseuse se sont reconnues. 

Emilie, dit Emile vit en ville et se dépense pour tous les autres, ceux que la société délaisse, La danseuse s'est exilée dans son île, avec pour toute habitation un camion. 

La vie coule et s'affole car Emilie est morte, morte le temps d'être ranimée. La danseuse ne peut admettre que son amie ne puisse plus rire alors elle attend que le corps d'Emilie se réchauffe vers la vie, sans les machines. Pour vaince la douleur, elle écrit leur rencontre... Elle cherche les mots qui pourraient lui rendre son regard. 

La danseuse durant ces quelques jours va faire connaissance avec une jeune femme croisée à la cinémathèque. Une perdue, une paumée de la vie. Il parait qu'elle est malade mais ses médicaments elle n'en veut pas. La danseuse va lui donner le nom de la petite fille au bout du chemin.

La petite fille au bout du chemin va apprendre à la danseuse de ne pas accepter les événements tels que les autres le désire. Elles vont s'envoler tels des oiseaux dans d'étranges chemins de révolte.

Pendant ce temps Emilie réapprend peu à peu à se retrouver. Elle fut morte et à présent vivante avec un coeur géré par ordinateur.

La danseuse et la petite fille au bout du chemin virevoltent dans une danse qui ne peut s'arrêter.

Dès les premières lignes, l'écriture de Lola Lafon vous entraine dans un voyage de non retour. Les mots sont ciselés, choisis avec finesse et vous ne pouvez vous échapper. 

Trois portraits de femmes à qui l'on a coupé les ailes et qui vont réapprendre à les redéployer vers la liberté d'être femme. 

Les mains qui se tendent et qui s'entraident car l'amitié est si forte.

 

J'aimerais vous en dire plus mais les mots ne sont pas assez forts pour decrypter ce que le coeur ressent.

Une émotion lecture sans commune mesure.

 

 Voir l'avis de Cath http://www.cathulu.com/archive/2014/05/16/nous-sommes-les-oiseaux-de-la-tempete-qui-s-annonce-5370268.html

 

 

 

 

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22 mai 2014

1Q84 livre 1 de Haruki Murakami

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1Q84 est le premier roman de Haruki Murakami que je découvre. Emportée par ses mots, son univers, je sais d’emblée que je lirai tous ses autres livres.

 Dans le premier livre de 1084 Murakami nous emporte dès les premières pages dans le monde réel qui peut faire face à un autre monde. 

« Il ne faut pas se laisser abuser  par les apparences, il n’y a qu’une réalité »

 

Aomamé est une tueuse mais pas n’importe quelle tueuse, elle assassine des hommes qui font violence sur leurs femmes. Des hommes qui ne pourront plus nuire à d’autres après leur disparition. 

Jusqu’à l’âge de dix ans, elle a fait partie des témoins de Jéhovah dont ses parents étaient adeptes. Pour sauver ce qui lui restait de vie, elle s’est enfuie de chez elle. 

A 29 ans, elle donne des cours de self défense. Sa seule amie s’est suicidée car elle était battue par son mari. Ce fut le premier meurtre d’Aomamé envers un homme. Le suicide de son amie reste comme une cicatrice qu’elle ne peut panser, une plaie à vif.

Lors de ses séances de défense, elle fait la connaissance d’une vieille dame qui l’invite à venir lui donner des cours chez elle et qui petit à petit lui parle de sa fille qui s’est également suicidée. Les meurtres commis par Aomamé sont commandités par cette délicieuse vieille dame qui a créé un refuge pour femmes battues. 

 

Tengo 29 ans également est écrivain. Il donne aussi des cours de mathématiques, science qui lui procure un bonheur absolu.

 Ses dimanches d’enfance, il les passait à suivre son père qui devait réclamer des rédevances aux citoyens qui ne payaient pas. Des dimanches gachés par un père qui pour Tengo n’est pas son père. Il en est certain. Il garde un souvenir fugace de sa mère assez étrange. 

Son éditeur emballé par un roman veut absolument qu’il le réécrive. Ce roman obtiendra le premier  prix du concours jeune romancier, c’est une bombe. Très réticent au début, il accepte de rencontrer la jeune prodigue Fukaéri, une jeune fille de 17 ans. Fukaéri est très étrange mais Tengo tombe sous son charme.

La jeune fille lui apprend que ce n’est pas elle qui écrit le livre « La chrysalide de l’air » et pour le réécrire, il faut l’accord du maitre. Tengo accepte de le rencontrer. 

Le maitre qui est un scientifique éminemment connu  à une époque lui révèle que Fukaéri était la fille d’un de ses amis qui a un jour crée une communauté vivant en autarcie car il croyait au marxisme «  les précurseurs » La jeune fille s’est enfuie de la communauté agricole qui est devenue une communauté religieuse mais dont l’apport en argent est étrange car vendre des légumes bios ne peut pas rapporter autant de richesse. Depuis sept ans, le maitre et la jeune fille n’ont plus aucune nouvelle des parents. Vivent-ils encore.? De cet endroit, Fukaéri en a rapporté l’histoire des Little Poeple et de la chrysalide de l’air.

 

 

1Q94 bien entendu fait référence au roman de Orwell 1984. Le livre 1 se déroule cette année là. 

En 2014, ce roman précurseur prend une autre dimension. le Big Brother qui nous domine n’est-il pas plus insidieux ? Toutes nos connections sont analysées, nos données se retrouvent sur des puces électroniques. Quelle est notre part de liberté réelle dans ce monde de réseaux interconnectés ? 

 

Aomamé perçoit un changement dans le monde où nous vivons. Elle aperçoit deux lunes que d’autres ne voient pas. La question se pose de savoir si le monde dans lequel nous vivons est tel qu’on nous l’impose ou pouvons nous en créer une autre vision par la pensée. Tout à l’air illusoire mais bien réel.

 

Un livre où la littérature tient également une grande place ce qui n’est pas pour déplaire.

 

Etrangement, longtemps j’ai refusé de lire les romans japonais et est ce l’âge, je commence à les apprécier. Répondent-ils à la vision de la vie que je porte ? 

Dès les premières lignes de ce roman, je sais pourquoi depuis que je sais décrypter les lettres pour en former des mots, j’aime lire. La magie de la lecture est irremplaçable, impossible à comprendre et pourtant elle apporte tellement…

 

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05 mai 2014

Détails d'Opalka de Claudie Gallay

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Vers l’âge de dix ans, Claudie Gallay s’est amusée a remplir des pages de cahier de chiffres en débutant par le chiffre 0 tout en continuant une série l’une après l’autre.

 

En 1965, Opalka décide de commencer sa série de chiffres par le numéro 1. Début de son oeuvre.

 

Il va peindre sur un fond noir, les listes de nombres mais eux à la peinture blanche et au fur et à mesure de l’avancée de son oeuvre, il va diluer le fond noir afin qu’il devienne de plus en plus blanc et que les chiffres se fondent dans la toile.

 

Par ce procécédé, il veut expliquer la fuite du temps.

 

Trois ans plus tard, il décide de réaliser des auto-portraits après chaque séance de travail. Visage impassible et qui tout au long des années se transforme.

 

Il va également commencé à enregistrer sa voix qui décline le nombre qu’il peint. 

 

 

La véritable rencontre entre l’écrivain et l’artiste, se fera via une toile, dans un musée. Choc, émotion. Compréhension de cette oeuvre 

 

« J’ai emporté cette rencontre avec moi, partout, jusque dans mes romans écrits »

 

Claudie Gallay a failli, je dis bien failli rencontrer l’artiste mais parfois deux êtres qui pourraient se comprendre, ne se croisent jamais. 

 

« J’ai longtemps cru que la peinture, c’étaient des pinceaux, un chevalet, des couleurs et un homme debout devant une toile. Opalka m’a appris que c’était bien plus, que c’était aussi une pensée, il m’a ouvert un espace plus vaste, m’a ancrée plus loin, là où regarder ne suffit pas, quand l’émotion picturale passe par la réflexion, quand le plaisir et le savoir sont mêlés »

 

Opalka est mort à Venise en 2011, son oeuvre étant inachevée mais est-elle si inachevée puisqu’elle a suivi le cours de sa vie ?

 

 

« C’est de cela que nous parle l’oeuvre d’Opalka. Son travail est une causerie du temps qui passe et de l’âge qui nous conditionne, nous impose une façon d’agir, une attitude de vie avec des permissions et des renoncements »

 

 

Dans chaque roman de Claudie Gallay, un de ses personnages peut se référer à l’oeuvre d’Opalka. 

 

« On a tous quelque chose à faire sur cette terre. Opalka a choisi sa vie à représenter  le temps. 

 

« Mes romans sont de la vie qui passe. En apparence, peu de chose, j’écris, une page, et puis une autre, un livre et son suivant. C’est dans leur quotidien que je tiens mes personnages, je cultive cette illusion de répétition pour donner à voir le mouvement profond de ce qui les relie. Je n’écris pas pour laisser ma trace mais pour donner de l’épaisseur au temps que j’ai à vivre »

 

 

Claudie Gallay est une personne qui se dévoile très peu, ce livre ouvre une petite porte et oh combien surprenante et je l’en aime d’autant plus. Comment ne pas changer son regard sur ses romans après avoir perçu son amour pour l’oeuvre d’Opalka ?

 

Comment ne pas être émue en découvrant la manière très particulière qu’elle avait à enseigner les constellations à ses jeunes élèves. Magique tout simplement et cela ne tient qu’à une page mais cette page est inoubliable.

 

Ce livre plaira t-il à toutes et tous ? Certainement à ceux qui aiment et qui sont intéressés par toute forme d’art même abstrait. Les autres lecteurs, s’ils savent lire entre les lignes, dépasser le parcours d’une oeuvre…y seront également sensibles car ce récit est totalement différent des romans de ladite auteur. C’est une lecture passage dans le temps. Un tempo de vie.

 

 

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25 avril 2014

En même temps, toute la terre et tout le ciel de Ruth Ozeki

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Ruth et Olivier se sont rencontrés lors d'une résidence. La magie d'internet leur a permis de rester en relation. Ils décident de vivre à New York et ensuite sautent le pas pour vivre dans l'île où Oliver aime être en Colombie Britannique. Ruth considère que ce sera un meilleur environnement pour sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. Ils emménagent tous les trois à Whaletown un endroit du bout du monde selon Ruth. 

Ruth est auteur à succès mais est en proie a une panne d'écriture. Oliver est artiste environnemental et a des difficultés à faire pousser les arbres dans une nature assez rude.

Les jours s'écoulent mais une boite Bento Hello Kitty va complètement changer le cours des choses. Ruth aime se promener dans la baie de désolation et c'est là qu'elle découvre un sac en plastic contenant la dite boite.

En ouvrant la boite, elle voit un exemplaire d'un livre de Proust "A la recherche du temps perdu".  En réalité la couverture recouvre le journal d'une jeune fille Nao. Journal qui a été écrit dix ans plus tôt. 

Est ce le Tsunami qui a fait dérivé cette boite vers le Canada ?

Ruth et Oliver y trouvent également une montre, des lettres mais écrites en japonais. 

Nao raconte sa vie : ayant d'abord grandi à Sunnyvalle aux USA, elle est rentrée avec ses parents suite à la crise internet. Ruiné, son père n'a plus de travail.

. Rejetée par ses camarades d'école, martyrisée par eux, Nao vivote tout en craignant que son père ne réussisse à se suicider car depuis leur retour, c'est une ombre qui passe son temps à créer des insectes origami en papier, papier qu'il déchire dans les pages de livres traitant de philosophie occidentale.Sa mère a retrouver du travail dans une maison d'édition.

Durant l'été, son père l'emmène chez son arrière grand-mère qui vit dans un temple près de Fukushima. Jiko est en fait devenue une nonne zen.

Jiko par son amour et sa bonté va ouvrir un chemin, d'abord un sentier dans la vie de Nao. 

En parcourant le récit de Nao, Ruth va découvrir que la montre appartenait à l'oncle de son père: un jeune poète, fils de Jiko, engagé dans l'armée des kamikazes durant la seconde guerre mondiale. Lui aussi en butte à la maltraitance d'un officier. Il sait que la seule issue de sa vie de kamikaze est la mort

 Peu à peu Ruth, devient anxieuse. Elle aimerait tellement sauver la jeune fille. Olivier lui fait remarquer que le journal date d'il y a dix ans. 

Et si elle arrivait à changer le cours de la vie de Nao malgré tout ....

"Ruth et Oliver aimaient les livres, tous les livres mais surtout les vieux. Leur maison en était remplie, serrés dans les étagères, empilés par terre, sur des chaises, dans les escaliers,cela ne les dérangeait pas. Ruth était écrivain; en tant que tel, elle se devait d'avoir un chat et des livres, avait déclaré Oliver. Acheter des livres était d'ailleurs sa seule consolation, depuis qu'elle l'avait suivi sur une île reculée de la Baie de Désolation, où la bibliothèque municipale se réduisait à une petite pièce humide, au-dessus de la salle des fêtes, envahie par les enfants."

Comment parler d'un livre qu'on a adoré ? Les mots sont si petits parfois pour parler de ce qui est grand. 

Le livre se divise de chapître en chapître entre le journal de Nao et la vie de Ruth. On passe de l'un à l'autre au fil des pages.

Très symbolique car il ne faut pas oublier que Ruth Ozeki est mi japonaise, mi américaine on se trouve confronté à l'être temps, à la philosophie zen, au monde qui est et qui serait, le tout entouré par la ficelle du monde dans lequel nous vivons en réalité : la souffrance de Nao et de son père, la maladie de la mère de Ruth, la prostitution, les événements qui laissent exsanguent comme le le 11 septembre et le tsunami survenu également un 11. 

Je l'ai lu lentement car je tenais à le savourer entrecoupé d'autres lectures. Un livre qui correspond bien à mon caractère très compliqué. 

Il est à noter que Ruth Ozeki est nonne zen tout comme Jiko. 

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 Photo de la Baie de Désolation

 

 

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24 avril 2014

Artistes Anne Martin-Fugier

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Anne Martin-Fugier s'est entretenue avec douze artistesfrançais d'art contemporain . Elle désirait connaître l'impact de la mondialisation sur leur vie d'artiste. 

Ces artistes proviennent de milieux différents, certains ont baignés dans l'art dès leur jeunesse, d'autres pas du tout tout comme les galeristes dont j'ai lu les entretiens précédemment. Par contre, il est à noter que beaucoup n'aimaient pas l'enseignement traditionnel. Ils se sont donc lancés dans des études artistiques, souvent en passant le concours des Beaux Arts. Pour survivre par rapport à leur art, ils enseignent ou ont enseigné dans des écoles d'Art ou alors ils travaillent dans la société familiale ou passent d'un petit boulot à un autre. 

Mais tous ont un commun, ce sentiment que la France reste plantée dans un archaisme de fonctionnalité au niveau artistique. Comme si elle se suffisait à elle-même, La preuve en est que la France n'a plus la cote auprès des autres pays, passée à côté de cette mondialisation.

Laissons leur la parole :

"Ensuite, je voudrais que mon travail soit reconnu comme une démarche intellectuelle et plastique intéressante.Qu'il ne soit plus seulement chez les collectionneurs mais dans les musées. Qu'il puisse parler à tout le monde, contribuer à l'échafaudage humain. J'aimerais avoir ma carte dans l'édifice, ce n'est pas une mince ambition!"

Fabien Merelle.

"Car la diffusion est un problème spécifique à la France : on ne trouvera jamais un livre d'art français sur les rayons d'un musée étranger. Les revues c'est pareil, nous n'avons aucune revue internationale. Pour que les étrangers s'intéressent à nous, il faut leur montrer comment on s'intéresse à eux"

Mathieu Mercier.

"Mais les artistes ont aussi une part de responsabilité, ils ne cherchent pas à s'exporter. Quant ils commencent à être connus,ils se contentent de leurs liens avec les institutions, les collectionneurs et les galeries en France. ils jouissent de leur mini-réseau. C'est une erreur, les jeunes générations l'ont bien compris et commencent à sortir tôt de l'hexagone"

Clément Bagot

"Mon père ne voulait pas que je devienne artiste, il pensait que c'était un métier de misère, il avait l'image d'Epinal, de la bohème, des crêve-la-faim"

"La vie d'artiste ne pardonne pas. Le moindre faux pas vous coule. C'est dur parce que vous êtes seul, vous assumez tout.

"Il y a une écologie dans mon travail, j'utilise le moins de moyens possible, le moin de matière possible, c'est une obsession chez moi. Etre au plus près du poète, qui avec une feuille et un crayon, change le monde"

Philippe Mayaux

"Je crois que je n'aimerais pas être une jeune artiste aujourd'hui. Quand j'ai commencé, je ne savais rien, il n'y avait pas d'internet.Maintenant on parle tellement tout de suite de prix, de ventes publiques...Pour un jeune artiste, c'est affreux, Et puis on les prend très vite, on les expose, on les jette aussi vite. Tout est très rapide. Le monde de l'art actuel est dur."

Annette Messager

"La peinture avait toujours à voir pour moi avec l'interdit. Dans la vie, il fallait faire des choses utiles et je n'ai jamais pensé que l'art est utile"

"Peindre c'est résister à la dérive culturelle qui fait que l'exposition est devenu l'événementiel dans la grande industrie du loisir organise.Pour moi le tableau comme la rencontre avec un texte, avec une personne, est une expérience intime, une poussée vers l'autre qui est déstabilisante parce qu'on ne peut pas désigner le pourquoi. Le vivant n'a rien à faire avec le blabla dont les médias nous abreuvent du matin au soir"

François Rouan

Tout comme dans le livre qui traitait des galeristes, c'est encore une femme qui remporte le coup de coeur : Annette Messager. 

Elle raconte tellement bien ses oeuvres et la manière dont elle crée, qu'on ne peut que succomber.

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Oeuvre d'Annette Messager

 Il me reste à lire les collectionneurs pour que cette trilogie très intéressante referme le cercle. 

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