20 mars 2018

Avant de quitter la rame de Gaelle Pingault

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C’est le morceau de sucre dans le café. Le quartier de lune qu’on croque. La plume qui voyage. La poésie que l’on vole. Il est tout petit le livre de Gaelle Pingault, tout petit mais renfermant tant de bonheur.  Encore un qui fera partie de mes trésors.

 

 

Alice n’aime pas Paris, elle supporte le métro mais la poésie dans les rames, pff. Nadya c’est une cabossée qui chaque jour tente de trouver un équilibre, la poésie elle la guette comme une bouée.

Un jour, il y a un sourire, un papier échangé. Un geste et le monde peut devenir  un peu mieux.

 

Entre les voyages d’Alice et Nadya, on quitte la rame pour découvrir un homme qui s’enfuit vers la mer, une bébé né sous x, un souvenir d’enfance, un dépistage… Des petits instants de cherche vie.  

 

Entre les mots, on aperçoit les couleurs arc-en-ciel d'un matin si gris.

 

« Pour la première fois de ma vie, j’ai lu dans le métro un peu de poésie que j’ai trouvée belle ».

 

 

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13 mars 2018

Sentinelle de pluie de Tatiana de Rosnay

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Je me décide enfin de faire la chronique du merveilleux roman de Tatiana de Rosnay. Est-ce la pluie qui tombe qui m’y a incitée ? 

 

 

Linden  qui est photographe fashion se rend à Paris où il pleut depuis déjà 15 jours. Il vit à New York avec son compagnon Sacha. A la demande de sa mère il se rend dans la capitale afin d’y fêter avec ses parent et sa soeur Tilia, l’anniversaire de leur père Paul Malegarde, le sauveur des arbres mondialement connu,ainsi que l’anniversaire de mariage des parents.

 

Linden ayant quitté la maison familiale à l’âge de 16 ans pour vivre à Paris avec sa tante Candice, est heureux chaque fois qu’il revient aux bords de Seine. Mais comment va être leur père ? Ils ne se parlent plus depuis si longtemps. Il n’a jamais osé lui parler de son homosexualité.

 

Sa soeur Tilia est la rescapée d’un accident de voiture dans lequel toutes ses amies sont mortes. Elle ne s’en est jamais remise moralement. Son second mari est un alcoolique notoire. Comment Tilia acceptte cela ?

 

Aux infos, on ne parle que de la crue de la Seine qui apparemment va atteindre une ampleur catastrophique. Les berges se cachent sous l’eau petit à petit.

 

Linden accueille ses parents à leur arrivée à l’hôtel. Paul, le roc, semble si fragile aux yeux de de son fils.

 

Paul amoureux des arbres, qui passe sa vie à parcourir le monde pour les défendre. Linden et Tlia portent d’ailleurs le nom des arbres que Paul préfère : les tilleuls.

 

La réunion familiale va virer au cauchemar car Paul est victime d’un AVC.

 

Transporté à l’hopital, il sombre dans le coma. 

 

Imperturbable, la Seine continue à s’insinuer dans les rues de Paris. Des quartiers sont évacués. 

Lors de la grande crue du siècle Paris ne comptait que 1 million d’habitants. A présent dix : une véritable tragédie. Le fleuve n’en a cure : il poursuit son voyage envahissant les stations de métro, charriant les tout immondice. 

 

Et Paul est toujours dans le coma tandis que la Seine envahit le sous-sol de l’établissement hospitalier.

 

 

Je l’attendais depuis si longtemps  ce nouveau roman.  Et quel bonheur ! 

En le lisant, vous avez l’impression de sentir l’humidité entre les lignes, d’être submergée par les gouttes de pluie.  L’arc-en-ciel se dessine par instants quand les arbres prennent la vedette.  Tout vaScille entre pluie et soleil, ville et nature. 

Un roman très émouvant qui raconte sous fond de crue, la souffrance qui se cache derrière les secrets familiaux.  Le silence sur ce que l’on cache qui peut gâcher la vie familiale. Ne pas parler surtout.

 

Les tilleuls sont les détenteurs du secret.  Mais chuUUt, pour le moment ils font danser leurs feuilles. 

 

 

 

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02 mars 2018

Petites chroniques d'une maison d'hôtes de Veronique Cambier

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Veronique Cambier parisienne jusqu’au bout des talons et quiche en cuisine de ce fait a franchi le pas en totale adhésion avec son mari et changer de vie. 

 

Tenir une maison d’hôtes, y louer des chambres : une véritable gageure. 

 

« Un jour enfin, nous sommes arrivés dans le village de Bilhères pour visiter une propriété et en repartant nous sommes tombés sur un panneau en bois marqué terrain à vendre.

Et là, coup de foudre ! Pour le village, son exposition bien ensoleillée, l’emplacement du terrain et la vue : fabuleuse et imprenable! »

 

Ils voulaient acheter une maison. Ils en firent construire une. Et les voilà partis pour une belle aventure en famille car Véronique et Hervé sont les parents d’un garçon et d’une fille.

Le chapitre où elle évoque la désinvolture de son fils au début m’a bien fait rire. 

 

 

Depuis douze ans, Veronique court dans tous les sens, nettoyage, repassage, pâtissière (j’en rêve de ses pâtisseries). Se lever avant ses clients pour préparer le petit déjeuner même si elle avoue qu’elle n’est pas du matin.  Une véritable fourmi  qui se doit d’être impeccable.

 

Douze ans après l’ouverture de la maison, elle nous raconte sans langue de bois ses déboires et ses bonheurs d’hôtesse. Je ne sais pas comment elle fait pour ne pas hurler sur certains clients. Je suppose que tous les autres compensent par leur gentillesse et leur amitié car oui certains sont devenus des amis.

 

Des chroniques à lire si vous avez le blues. Des chroniques à lire si vous désirez ouvrir une maison d’hôte car ce n’est pas vraiment de tout repos. Veronique vous explique avec un humour décapant, car je pense qu’il en faut parfois de l’humour face à certains grossiers personnages, dans quel monde vous allez plonger.

 

 

« Par jeu on n’avait d’ailleurs soulevé l’idée de ne plus faire maison d’^hotes QUE pour les gentils habitués, en mode club privé. »

 

 

Non je n’oublie pas qu’Hervé, le mari de Véronique, est un fin cuisinier et s’occupe de tout quand ils font table d’^hotes également.  Derrière la femme se cache toujours le mari. 

 

 

 

J’avoue qu’avec mes deux chiens, je ne loge jamais chez l’hôte car j’aime être comme chez moi en vacances et j’ai surtout horreur de déranger les autres . Cela ne m’a pas empêchée de rencontrer des propriétaires de locations de vacances super généreux.  

 

Véronique laisserait sous entendre qu’elle et son mari pensent  parfois à arrêter. Vous êtes certains ? 

 

Alors précipiter vous chez eux  http://www.arrajou.com dans ce village des Pyrénées. 

Vous pouvez également les suivre sur facebook. Je rêve quand j’y découvre ses photos de transhumance moutonnière. 

 

A oui j’oubliais, Véronique est une addict lectrice. Et je rajouterai une excellente chroniqueuse. 

 

 

 

 

 

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01 mars 2018

Marcher à Kerguelen de François Garde

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« Les trésors de Kerguelen ne sont ni monétisantes ni exploitables. Cette île n’a jamais enrichi personne. Tout ce que la nature donne à profusion reste sur place. Un seul produit d’exportation, le rêve-le rêve décliné en souvenirs, en désirs, en timbres, en nostalgies, en images, en contemplations…De ce fret là, je me revendique négociant. »

 

 

La première fois que j’ai découvert le nom de Kerguelen ce fut à travers le livre de Jean-Paul Kauffmann « l’archipel de Kerguelen ». Une terre sauvage au bout du monde de quoi me plaire.

 

 

Cette île porte le nom du navigateur qui  la découvrit. Une terre aride où les vents ne cessent de souffler, une terre qui ne désire accueillir aucun humain. Au fil des siècles l’homme a tente de la conquérir, peine perdue. Paradis des manchots, des éléphants de mer, des oiseaux tels les pétrels, les rennes y sont un produit importé humainement ainsi que d’autres formes de vie.

Très peu de flore : du lichen semblable à l’île, des plantes singulières et des pissenlits. Même les couleurs sont différentes comme ternies. 

 

« L’intérieur reste superbement inutile . Seuls les mammifères introduits transgressent malgré eux cette loi d’airain. Pour eux seuls, Kerguelen est une prison. L’illégitimité de leur présence leur colle à la peau-tout autant que pour nous »

 

 

François Garde fut un temps administrateur de ces terres. Il s’y rend plusieurs fois puis déchu, il niche sa tristesse dans la découverte d’autres endroits  jusqu’au jour où il décide d’y retourner pour un voyage de 25 jours. Traverser l’île comme pour redécouvrir une amante délaissée.

 

Pour ce voyage, il est accompagné de trois compagnons, deux photographes et un médecin qui eux aussi connaissent bien cet endroit. 

 

Quelle est la motivation de François Garde : écrire ? Lui qui a endossé le Fagnard de cette profession grâce à ses romans. En fait il ne connait aucun sens à sa motivation et il ne demandera  pas à ses compagnons quelle est la leur. A chacun son monde intérieur. 

 

Les voilà partis du 23 novembre au 17 décembre 2015. Un hélicoptère les dépose. Il n’y a plus de recul possible. La peur et la joie se mêlent. Il faut faire le premier pas. 

« Je m’assieds par terre un moment. Je ne bouge plus. Après toutes ces journées dans les montagnes désertes, je savoure cette éruption de vie, cette faune qui ne connait pas l’homme et ne le craint pas. Adultes, juvéniles, tous sont occupés par leur projet, la continuation du cycle, et m’oublient. Des papous retournent à  la colonie, affairés. De jeunes manchots royaux errent çà et là, tels des adolescents un peu rebelles mais un peu perdus. Des poussins se dandinent en marchant sur la carcasse d’un parent. Un éléphant de mer dort dans la rivière. Un pétrel géant tourne au-dessus et cherche une proie. Ils ne sont dans aucun temps. Moi seul connais les horloges et les calendriers. Ils sont l’éternité et je la contemple par effraction ».

 

 

Bardés de leurs sacs pesant 25 kilos, les quatre hommes vont arpenter cette terre où les lacs disparaissent et réapparaissent, où le vent souffle à tout moment, où la pluie peut « tomber à l’horizontale ». Leurs nuits de bivouac, ils vont les passer dans une tente de trois bien qu’ils soient au nombre de quatre. L’humidité est omniprésente. Ils n’ont qu’un choix marcher pour atteindre chaque maison qui leur permettra de se reposer et découvrir des vivres en suffisance afin de repartir. Ces maisons sont en fait le lieu où des scientifiques cohabitent durant leurs missions. Maisons en métal avec le minimum vital mais dans cette terre tout semble plus luxueux dès lors qu’on est l’abri de cette froidure. A côté de chaque maison, des bacs qui contiennent toutes sortes de conserves pour les futurs arrivants.

 

« Je ne sais toujours pas si ces paysages sont beaux, je ne suis plus trop sûr de ce que la beauté signifie. Les philosophes en débattent depuis l’Antiquité. Comment percevoir une beauté qui ne serait jamais regardée, ou si peu et si furtivement ? Une beauté qui serait sans aucun lien avec l’homme ? Ici je ne vois pas la beauté mais la force. »

 

 

Il n’y a pas d’alternative dans ce voyage. Chacun doit être solidaire de l’autre perdus dans cette nature valonnée, sauvage où l’on traverse  les rivières à mi cuisse, où les pieds s’enfoncent dans la souille. 

 

Le monde s’est arrêté. Pas de nouvelles de l’autre monde dit civilisé. Les pensées volent vers les attentats perpétrés avant leur départ. Le nouveau roman qui passe par le comité de lecture.  Pas le temps de s’apitoyer sous le ciel qui parfois montre un coin de ciel bleu.  

 

« Partout ailleurs, aux pays où vivent les hommes, au commencement était le Verbe ». Ici, au sud du jardin d’Eden, au commencement était le Vent »

 

 

 

Kerguelen ne s’apprivoise pas , elle n’a  aucunement besoin de l’homme. Elle est la nature et se suffit à elle même. Pourtant François Garde aura difficile à la quitter. Elle ne sera plus qu’un souvenir. Des mots, des phrases pour expliquer aux autres. Même son journal ne retranscrira que des impressions déjà  perdues dans le passé. 

 

 

François Garde va découvrir un seul livre sur cette île. Perdu dans un des refuges, un roman de Le Clezio, le cadeau d’une mère à son fils. Cadeau resté là bas sur ces terres. 

 

 

Et cette émotion quand il s’imagine qu’il n’y a plus de bébés manchots.

 

« J’avance, j’avance dans ce paysage immobile et je m’ennuie, pour la première fois depuis le départ. Je m’ennuie dans cet espace sans enjeu. Je m’ennuie dans la plaine Ampère ? Tout d’un coup, à cette assertion saugrenue, j’éclate de rire »

 

 

 

« Un cairn sur une terrasse confirme que des hommes sont passés par là avant nous. Ce très modeste monument d’abord me réjouit, en me reliant aux précédents marcheurs; il m’amuse par son inutilité, tant le trajet est évident; il m’inquiète aussi, par tout ce dont il symbolise les prémices : les marques de peinture des deux couleurs vives sur les rochers; les poteaux indicateurs; les sentiers aménagés à la pelle et à la pioche; les groupes randonnant en sens inverses; les refuges gardés; les buvettes et les offices du tourisme. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 février 2018

Les maisons ont aussi leur jardin secret de Veronique Pingault

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Les maisons, nos demeures auraient tant et tant à raconter de notre vie. Nos murs abritent nos émotions, couvent nos tristesses, écoutent nos rires. On s’y sent bien où on les exècre ces lieux de vie que l’on recherche parfois toute une vie.

 

A travers onze nouvelles l’écriture de Véronique Pingault vogue entre cynisme, humour, poésie et tendresse. 

Onze nouvelles  on l’on retrouve la nostalgie d’une ancienne maison familiale, d’une envieuse d’un appartement avec terrasse, d’un peintre fou, d’une victime de la vengeance d’une femme ..etc.

 

On rêve au bord de l’écume, on hisse la voile, on s’abrite sous l’érable, on traverse un pont à Paris. Les lieux de vie poussent leur nez derrière l’horizon. Ils nous murmurent nos souvenirs ou crient nos espoirs. Il y a ces lieux qui nous oublient et d'autres qui nous lient à jamais.

 

 

« Aux yeux d’Emmanuelle,  ceux de toute une société, il n’était et ne serait jamais que ce qu’il possédait, voilà ce qu’il a compris ce jour-là. Avoir Avoir un appartement ou une villa, une voiture, une télé, un ordinateur, le portable dernier cri et le reste. Mais ce que l’on est, vraiment, importe peu aux yeux du monde.

On est ce que l’on a. »

 

« Il a dessiné des fou, fou, fougères partout au plafond de la chambre. Dans tous les tons de vert, des clairs printaniers vers la fenêtre en allant vers les sombres bouteille dans le fond de la pièce, se déroule un enchevêtrement de fougères d’une incroyable richesse. Les  feuilles s’étalent, contournent ou manges les moulures Empire, prennent leurs aises. »

 

 

J’ai parcouru ces nouvelles assise dans la cuisine, dans le salon, dans le tram, dans le train. Bref elles  ne m’ont pas laissé de répit. Un véritable plaisir de lecture.

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12 décembre 2017

La trace du héron de Pascal Dessaint

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C’est grâce à Cathulu la grande lectrice que j’ai découvert l’univers de Pascal Dessaint. 

 

Depuis, j’attends avec impatience toute trace écrite de cet auteur.

 

Fait étrange, c’est un héron qui s’est mis sur le bord d’un champ qui m’a rappelé qu’il était peut être temps que je découvre enfin ce petit livre. Pascal Dessaint imagine le fantôme d’Edward Abbey sous la forme d’un ragondin, de mon côté je n’ose imaginer que l’écrivain a pris la forme d’un héron samedi dernier.

 

Le livre contient deux petits écrits qui nous entrainent au bord de la nature et dans les souvenirs qui effleurent quand nous la contemplons. 

 

Il y a l’eau, le vent, les écrivains, les oiseaux. Le minéral et le végétal ne forment plus qu’une seule entité.

 

Nous lisons les mots de Pascal Dessaint et nous nous fondons dans le paysage en suivant sa silhouette tout en savourant les illustrations de Sophie Fougy. 

 

C’est vrai les oiseaux ne font pas vieillir. Merci pour ce si beau cadeau Monsieur Pascal Dessaint. 

 

 

 

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20 novembre 2017

La symphonie du hasard de Douglas Kennedy

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Alice est éditrice à New York. Personne ne sait dans sa maison d’édition qu’elle rend visite régulièrement à son frère Adam, emprisonné. 

 

Elle se rend donc à la prison munie des Oreo que son frère aime tant. Il prétend qu’il a changé mais quand il lui raconte son plus mauvais secret, Alice est complètement perturbée.

 

Cet aveu l’oblige à repenser à  son passé. 

 

Et c’est l’image des USA des années soixante et septante qu’elle nous dévoile : ses parents qui ne cessaient de disputer,  sa mère attendant le moindre prétexte pour le faire. Son frère Adam qui était promis à un bel avenir sportif et qui suite à un accident d’auto, a complètement changé d’option et s’est tourné vers le commerce. Le second frère parcourt le monde afin d’aider les autres, en réponse à l’hermétisme de leur père raciste, antisémite en partie malgré qu’il a épousé une femme juive. 

 

Alice décide d’intégrer une université artistique. Elle suit un cursus d’histoire. Elle participe à une revue littéraire mais durant ces années Nixon tout est source de conflit.  L’intégration des noirs est mal perçue par certains, l’homosexualité n’en parlons pas , la guerre au Vietnam est toujours de mise. Les jeunes fument des joints, ce qui est strictement interdit par la loi, boivent tentant d’échapper à cette chape de plomb sur leur jeunesse.

 

Des événements vont transformer la vie d’Alice : son professeur tuteur se suicide. Ce dernier lui avait avoué qu’il avait un cancer et elle apprend qu’il n’en en rien. Bob, le garçon qu’elle aime, a participé à une sale histoire et son père qui partait sans cesse au Chili pour surveiller sa mine, est en fait impliqué dans la destitution de Allende et l’arrivée au pouvoir de Pinochet.

 

Adam est là bas pour aider son père. Peter décide de s’y rendre et Alice part en Irlande continuer son cursus car elle veut fuir absolument tous ces tristes événements mais surtout tous ces secrets que vous inflige votre famille. Porter le fardeau des autres, elle veut tenter de les oublier. 

 

 

La symphonie du hasard est le genre de roman que j’adore, c’est politique, intellectuel, intéressant historiquement.  Un roman fluide construit autour d’une famille qui se mêle les pieds dans les non dits. Bref du Douglas Kennedy en super forme.

 

J’attends la suite au mois de mars. 

 

 

 

 

 

 

 

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09 octobre 2017

N'écrire pour personne de A.L. Snijders

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A.L. Snijders de son vrai nom Peter Cornelis Muller vit aux Pays Bas, retraité de l’enseignement, il a décidé à soixante quatre ans d’écrire des Zeer Kort Verhaal (de très petites histoires en français). 

 

Une petite histoire qui ne dépasse pas une page et qu’il envoie à ses enfants ou ses proches. Une petite histoire écrite en une demi-heure et à laquelle il ne change rien.

 

Et c’est un véritable régal. 

 

Snijders décrit avec causticité la vie des Hollandais, de sa famille. Il évoque des souvenirs de jeunesse. On apprend qu’il aime le camping. Il nous parle de ses écrivains préférés, de ces cinq livres qu’il lit en même temps qui trainent sur sa table de nuit. Il s’amuse avec tendresse des petits mots de ses petits enfants. Il nous explique les réunions de poètes.  Il y a des poèmes également. Pouchkine, Jules Renard, des peintres. 

 

 

 

Un livre à lire et relire.

 

 

« Je ratisse des feuilles dans mon jardin. Huit poules se promènent autour de moi, elles becquettent des vers et des larves. La scène n’impressionne pas. Ce qui m’impressionne, c’est de se voir tenir à la poupe d’un navire et de regarder les mouettes vous survoler et suivre votre sillon. Cependant, c’est très bien ainsi. »

 

 

« En 1968, Yasunari Kawabata est surpris de recevoir le prix Nobel de littérature. Quant tout le monde, est parti, il écrit un haïku.

 

Plaine d’automne;

Une clochette;

On ne voit pas celui qui passe. « 

 

« Quand j’étais jeune, j’allais faire de la voile sur les lacs de Hollande-Méridionale, mais je me demandais toujours pourquoi je le faisais. J’avais le pressentiment que faire de la voile n’avait aucun sens - vous n’allez nulle part. Je ne pouvais pas continuer à me mouvoir ainsi dans un monde fait simplement d’allers-retours, j’avais besoin d’une destination à atteindre. Maintenant, que je suis âgé, je fais de la voile sur le lac Ketelmeer et plus rien ne me dérange (en dehors du fait que la vie est très chère). »

 

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02 octobre 2017

L'Art de perdre de Alice Zeniter

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De l’Algérie je ne connaissais que sa date d’indépendance 1962, forcément l’année de ma naissance. Harkis, FLN, OAS etc oui j’en avais entendu parler mais sans savoir exactement qui était qui dans ces appellations.  L’Algérie ne faisant pas partie de l’histoire de mon pays la Belgique, je ne me souviens pas qu’on nous en aie parler durant mes études. Notre pays avait été le colonisateur du Congo car à l’époque c’était la mode et Leopold II n’avait pas désiré être moins que les autres.  Donc l’Algérie une inconnue. 

 

C’est ce mot Algérie qui m’a fait hésiter à lire ce roman. Bof l’Algérie. Déjà que les films genre Depardieu dans le désert ne m’ont  jamais inspirée. J’avais regardé un feuilleton dont je ne sais plus le titre mais abandonné au fil des épisodes. 

 

A lire les critiques et l’engouement pour ce roman, je devais sûrement passer à côté de quelque chose. 

 

Dès les premiers mots, je n’ai pas su m’arrêter. Ce qui m’a fracassé  c’est que tout est encore d’actualité. On traite les réfugiés de l’an 2000 tout comme on traitait les Harkis qui croyaient si fort en la bonté de cette France.

 

 

Alice Zeniter nous raconte l’histoire d’une famille dont Ali est le personnage principal.  Kabyle, né dans une région pauvre tentant d’obtenir une richesse du sol sec, il décide un jour d’aller se battre aux côtés des français en Europe. C’est là que le destin va décider de sa vie. Le maktoub comme aurait dit Ali.

 

La chance d’Ali, c’est qu’à son retour, allant se baigner avec ses frères, ils ont découvert un pressoir qui va lui permettre de changer de vie. Les voisins viendront lui confier leurs olives pour que coule ce divin nectar  doré : l’huile.

 

Il va se marier trois fois. La première femme ne lui donne que des filles. La seconde, aucun enfant donc répudiation. Et la troisième Yemna, lui donnera enfin ce fils qu’il désirait tant car son plus jeune frère est déjà père d’un garçon et il ne veut pas être floué. 

 

Son garçon portera le nom de Hamid et va débuter la vie heureux à courir dans le village et dans le collines. 

 

Malheureusement, bien souvent, d’autres invidividus décident pour vous de votre bonheur et désirent l’indépendance de leur pays l’Algérie. Le FLN descend au village pour que les habitants prêtent allégeance mais Ali ayant connu la guerre ne leur fait aucune confiance. 

 

Il va pactiser, si l’on peut appeler cela pactiser avec les français et en 1962, forcé de fuir avec femme et enfants et d’autres membres de la famille car il est menacé de mort. 

 

Il arrive en France en pensant qu’il est un citoyen comme les autres.  Pauvre Ali, il a de la chance qu’il a eu des places sur le bateau, car les Pieds Noirs passent avant eux.  D’habitation, il n’ont droit d’abord qu’à un camp de toiles à l’infini. Juste le droit d’accepter. On leur fait très vite comprendre qu’ils doivent être redevables à la France d’être aidés. 

 

Ensuite, on va les envoyer en Normandie, dans un camp de maisons. Ils vont travailler le bois, pas le choix d’un autre métier.

 

Pour se terminer dans ces HLM où on va les parquer.  Et Ali accepte. Lui le paysan devra travailler en usine et se contenter de ce petit appartement où l’on explique aux  femmes qu’elles doivent absolument le garder propre. On vous l’offre, donc vous êtes tenus d’en prendre soin. Surtout ne pas faire de vagues. Lui le Harki qui a combattu pour la France n’est aucunement considéré. 

 

Au vu de tout cela, Hamid, son fils ainé, décidera qu’il ne vivra pas comme eux à tout accepter.  Athé, il va épouser une française et deviendra le père de quatre filles. l’Algérie ne l’intéresse pas et il ne veut absolument pas en entendre parler. Là bas, avant leur fuite, il a vu des morts et ces morts il ne veut plus croiser leur chemin. 

 

Naima est l’une de ses filles. Elle travaille dans une galerie d’art, picole beaucoup, maitresse du propriétaire de la galerie. C’est ce dernier qui prononce le mot Algérie. 

 

 

« Elle ressent une  déception, brève et vive, qui se répétera souvent au long de son voyage, à la pensée que l’Algérie, en évoluant au fil des décennies, en se modernisant, s’est défaite de ce qui, pour Naima, aurait constitué un marqueur important, un des rares points de repère laissés par quelques récits élliptiques »

 

 

Elle voudrait comprendre pourquoi elle petite fille de Harki, elle est maudite par certains sur la toile.  Le silence d’Ali pèse sur ses épaules tout comme il a pesé sur celles de son père. Quel est son point d'attache avec ce pays de l'autre côté de la méditérranée ? 

 

 

 

J’arrête ici j’en en déjà trop dévoilé de ce roman.

 

 

Ce qui m’a heurtée en lisant, c’est ce mépris que la France avait pour ses anciens colonisés. Vous venez chez nous qui était chez eux également puisqu’ils avaient la nationalité française mais vous vous taisez, vous allez où on veut bien de vous. Et fermez-là.  Quelle honte ! 

 

De plus ne parlant pas le français ou si mal comment comprendre ce pays, comment communiquer ? Gràce au fils qui lui deviendra un vrai français dans vos rêves.  

 

 

Si je devais prononcer un mot après lecture du roman c’est tolérance l’un envers les autres. Derrière chaque visage se cache une histoire, des rêves. Et que les occidentaux cessent de croire que ce sont leurs rêves qui sont les plus beaux. 

 

Un roman coup de tonnerre. N'étant pas critique de livres, je ne sais que retranscrire mon ressenti. L'analyse structurelle et litteraire, est sûrement très basique mais j'ai l'espoir que vous le lisiez. 

 

« Ces colonnes qui partent venger croisent des colonnes de villageois qui partent, tout simplement, qui s’enfuient, sans but, sans rien, juste la panique. Si l’on pouvait trouver un point d’observation plus haut que les sommets des montagnes, on verrait que les versants de celles-ci sont parcourus en tous sens, on verrait des lignes mouvantes, une fourrière devenue folle »

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18 juillet 2017

Mr Bridge de Evan S. Connell

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Monsieur Bridge est heureux d’avoir épousé Mrs Bridge. Il travaille énormément pour le bonheur de sa famille. 

 

Tellement obsédé par son travail qu’il passe à côté de merveilleux instants qu’il ne conçoit même pas. 

 

Mr Bridge ne comprend pas le pourquoi des pleurs de sa femme pas plus qu’il ne comprend cette oisiveté qu’elle a à certains moments. On a l’impression qu’elle part dans des rêves qu’il n’imagine même pas.

 

Mr Bridge ramène toujours tout à l’argent même les cadeaux pour les enfants et son épouse.

 

Mr Bridge travaille très dur et ne conçoit pas que certains vivent aux crochets de l’Etat. A t-on idée d’être pauvre ?

 

Mr Bridge a des idées très soutenues sur les noirs et les juifs. Bref il est raciste.

 

 

Mr Bridge s’interroge le jour où l’une de ses filles le traite de puritain. Puritain lui ? Certainement Mr Bridge. Pensez vous que tous les pères jettent des regards de désir sur leurs filles qui sont devenues des femmes ? 

 

Mr Bridge a toujours raison même s’il a tort. 

 

Mr Bridge repense parfois à sa jeunesse dans la campagne et en ressent du bonheur. 

 

Mr Bridge emmène sa femme en Europe comme il lui y avait promis au début du mariage. Mieux vaux tard que jamais. 

 

Mr Bridge cela l’ennuie ces visites au Musée. Il laisse sa femme toute seule terminer la visite au Louvre. Malheureusement avec l’annexion de la Pologne par Hitler, le voyage est écourté.

 

Mr Bridge est anti Roosevelt donc anti socialiste. Mr Bridge est de droite bien évidemment.

 

Mr Bridge adore ne rien faire le week end, lire de policiers et des revues de tourisme au lit, c’est 

tellement bon. 

 

Mr Bridge est un être totalement ennuyeux en fait. Mrs Bridge aurait mérité mieux.

 

 

 

Mr Bridge est dans la même veine que Mrs Bridge. Des petits chapitres très courts où l’on retrouve bien souvent l’avis de Mr Bridge par rapport à celui de son épouse dans des moments racontés dans le premier roman.  

 

Mr Bridge est le portrait typique de l’américain qui travaille énormément pour le paraitre en fait car il faut tenir son rang par rapport aux amis.  Il vit dans un voisinage de personnes aisées.  

Il est puritain mais ne va pas à l’Eglise et cela ne l’empêche pas de lorgner ses filles en petite tenue. Monsieur Bridge est tout simplement coincé dans ses convictions. Incapable d’offrir réellement ce que sa famille attend de lui. 

 

 

« Mr Bridge ne posa plus de question. Il estima, d’après l’attitude de sa fille envers le Nègre, qu’ils n’avaient pas eu de rapports intimes. Du fait de leur goût commun pour les expositions d’art, le théâtre et manifestations du même genre, ils étaient sortis une ou deux fois ensemble. Mais cela n’avait pas été plus loin. Cependant, ils avaient fait le chemin ensemble, ils s’étaient montrés ensemble, et probablement avaient-ils déjeuné ou diné ensemble. Un tel brassage des races était sans doute inévitable. Peut-Être qu’au cours des siècles à venir cela serait considéré comme acceptable. Mais, aujourd’hui, ce n’était pas encore le cas. »

 

Tout aussi excellent que Mrs Bridge, meilleur je dirais même. 

 

Posté par winniethepooh à 10:45 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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