18 juillet 2017

Mr Bridge de Evan S. Connell

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Monsieur Bridge est heureux d’avoir épousé Mrs Bridge. Il travaille énormément pour le bonheur de sa famille. 

 

Tellement obsédé par son travail qu’il passe à côté de merveilleux instants qu’il ne conçoit même pas. 

 

Mr Bridge ne comprend pas le pourquoi des pleurs de sa femme pas plus qu’il ne comprend cette oisiveté qu’elle a à certains moments. On a l’impression qu’elle part dans des rêves qu’il n’imagine même pas.

 

Mr Bridge ramène toujours tout à l’argent même les cadeaux pour les enfants et son épouse.

 

Mr Bridge travaille très dur et ne conçoit pas que certains vivent aux crochets de l’Etat. A t-on idée d’être pauvre ?

 

Mr Bridge a des idées très soutenues sur les noirs et les juifs. Bref il est raciste.

 

 

Mr Bridge s’interroge le jour où l’une de ses filles le traite de puritain. Puritain lui ? Certainement Mr Bridge. Pensez vous que tous les pères jettent des regards de désir sur leurs filles qui sont devenues des femmes ? 

 

Mr Bridge a toujours raison même s’il a tort. 

 

Mr Bridge repense parfois à sa jeunesse dans la campagne et en ressent du bonheur. 

 

Mr Bridge emmène sa femme en Europe comme il lui y avait promis au début du mariage. Mieux vaux tard que jamais. 

 

Mr Bridge cela l’ennuie ces visites au Musée. Il laisse sa femme toute seule terminer la visite au Louvre. Malheureusement avec l’annexion de la Pologne par Hitler, le voyage est écourté.

 

Mr Bridge est anti Roosevelt donc anti socialiste. Mr Bridge est de droite bien évidemment.

 

Mr Bridge adore ne rien faire le week end, lire de policiers et des revues de tourisme au lit, c’est 

tellement bon. 

 

Mr Bridge est un être totalement ennuyeux en fait. Mrs Bridge aurait mérité mieux.

 

 

 

Mr Bridge est dans la même veine que Mrs Bridge. Des petits chapitres très courts où l’on retrouve bien souvent l’avis de Mr Bridge par rapport à celui de son épouse dans des moments racontés dans le premier roman.  

 

Mr Bridge est le portrait typique de l’américain qui travaille énormément pour le paraitre en fait car il faut tenir son rang par rapport aux amis.  Il vit dans un voisinage de personnes aisées.  

Il est puritain mais ne va pas à l’Eglise et cela ne l’empêche pas de lorgner ses filles en petite tenue. Monsieur Bridge est tout simplement coincé dans ses convictions. Incapable d’offrir réellement ce que sa famille attend de lui. 

 

 

« Mr Bridge ne posa plus de question. Il estima, d’après l’attitude de sa fille envers le Nègre, qu’ils n’avaient pas eu de rapports intimes. Du fait de leur goût commun pour les expositions d’art, le théâtre et manifestations du même genre, ils étaient sortis une ou deux fois ensemble. Mais cela n’avait pas été plus loin. Cependant, ils avaient fait le chemin ensemble, ils s’étaient montrés ensemble, et probablement avaient-ils déjeuné ou diné ensemble. Un tel brassage des races était sans doute inévitable. Peut-Être qu’au cours des siècles à venir cela serait considéré comme acceptable. Mais, aujourd’hui, ce n’était pas encore le cas. »

 

Tout aussi excellent que Mrs Bridge, meilleur je dirais même. 

 

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17 juillet 2017

Mrs Bridge de Evan S.Connell

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Mrs Bridge a une vie de rêve. Un mari qui travaille, une magnifique maison, trois enfants, une cuisinière. Elle ne doit s’occuper de rien et de ce rien nait l’ennui. 

 

Elle regrette parfois le temps où jeune mariée, elle était débordée par le ménage et les enfants mais Mr Bridge, avocat d’affaires, ayant progressé financièrement, il a été décidé qu’elle resterait dorénavant à la maison et que plus aucune tache ménagère ne devrait être effectuée de sa part.

 

Oui Mrs Bridge a tout pour être heureuse mais le bonheur a un prix, son mari passant de longues journées au bureau. Il revient très tard le soir. 

 

Mrs Bridge n’est pas compliquée du moment que toute sa famille va bien. On vit selon des conventions apprises par ses parents et elle a très difficile de constater que ses enfants ne veulent pas les respecter. 

 

Sa fille Carolyn est plus ou moins dans la lignée mais Ruth impossible de la comprendre. Douglass n’en parlons pas, il est extravagant au possible. Mrs Bridge doit s’en accomoder. 

 

Mrs Bridge a des amies et ensemble elles font partie d’un cercle bien entendu : les cercle des auxiliaires. 

 

Mrs Bridge n’est pas une intellectuelle. Lors de conversations sur l’art ou la littérature, elle est vite un peu perdue. Elle tente de s’initier mais abandonne très vite. Mr Bridge ne l’encourageant en rien.

 

Mrs Bridge se demande parfois si son mari l’aime encore. Il ne lui dit jamais.

 

Mrs Bridge entend parler de temps en temps entre deux conversations, de la guerre qui se prépare en Europe. 

 

Mrs Bridge est parfois tellement désoeuvrée qu’elle reste une heure à regarder les moineaux.

 

Mrs Bridge vote comme son mari. Mme Bridge s’appuie toujours sur ses conseils.

 

Mrs Bridge mène la vie que la bonne société américaine a décidé de lui attribuer. Quand ses amies se révoltent, elle ne comprend pas le pourquoi. De temps en temps, elle réalisé que quelque chose ne va pas mais elle se réfugie vite dans la vie tracée.

 

Le jour où les enfants de Mrs Bridge découvrent qu’elle ne sait pas ce qu’est un un homosexuel, quelle stupeur !  

 

 

 

 

 

« Il ne vint pas à l’idée de Mrs Bridge d’abandonner son mari et de courir au sous-sol. Elle avait été élevée dans l’idée qu’une femme mariée l’est pour le restant de ses jours et doit rester avec son mari partout où il se trouve et en toutes circonstances, à moins bien entendu qu’il ne lui enjoigne de d’agir autrement. Sans doute aurait-elle aimé que son mari fût moins têtu, qu’il se comportât comme toute le monde, mais elle n’avait pas particulièrement peu. Depuis près d’un quart de siècle, elle faisait ce que son marie lui disait de faire, et elle savait que s’il disait qu’une chose arriverait elle arriverait et que s’il disait qu’elle n’arriverait pas elle n’arriverait pas. Pourquoi en serait il autrement ? »

 

 

 

Evan S. Connell a écrit ce premier roman suivi de Mr Bridge  après guerre. Etrangement, on a l’impression qu’il se déroule dans les  années cinquante alors que pas du tout, nous sommes dans les années trente. 

Portrait d’une femme dans la middle class américaine très réussi. La vie de Mrs Bridge se scinde entre 117 petits chapitres mais combien savoureux.

 

A découvrir absolument. 

 

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13 juillet 2017

La plume de Virginie Roels

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La Plume de Virginie Roels sera la  dernière lecture dans le cadre de cette session des 68 premières fois. 

 

Que dire de ce premier roman ? Je l’ai lu sans ennui mais sans être séduite. 

 

 

En résumé, une journaliste doit assister au débat entre l’ex président et son concurrent au deuxième tour de la présidentielle. Cet ex président devient bleme et perd toute contenance subitement. La journaliste comprend que c’est un jeune assis dans le public qui désarçonne l’ex président.

 

Donc elle va mener son enquête journalistique. Interrogeant les anciens collaborateurs de ce président déchu. 

 

 

Il est question d’une plume celle du jeune Julien Ledantec dont un énarque a piqué des devoirs de fac faisant croire que c’est un discours qu’il a composé. Discours lu publiquement. Le jeune va comprendre l'imposture et en tirer parti. 

 

Ce mêle Julien Ledantec va être aspiré par les idées jihadistes.

 

Le président ayant des accointances avec le Maroc, mais cela on le sait depuis longtemps, va être roulé dans la farine suite à une affaire de pédophilie dans lequel est impliqué un homme d’affaires français. Chantage, il décide de se taire et préfère banquer pour que cela ne s’ébruite.

 

Je ne vais pas tout vous résumé mais bref, le monde politique n’est que manipulation et mensonges envers la population si on s’en réfère au roman.

 

Le personnage  de la journaliste de plus n’est pas vraiment développé et c’est bien dommage.

 

 

 

Un bon premier roman vite lu, vite oublié.

 

 

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06 juillet 2017

Le coeur à l'aiguille de Claire Gondor

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A peine reçu, j’ai lu les premiers mots et je savais déjà qu’il avait gagné ce roman de la sélection des 68 premières fois. 

 

 

Leila, glisse l’aiguille entre les mots d’amour. Elle surfile, elle faufile. Rien ne peut l’arrêter même cette canicule qu’elle cache derrière ses volets fermés sur son amour. 

 

Dans la boite, le paquet de lettres diminue. Elle brode sa robe de mariée de souvenirs.

 

Chaque lettre correspondra à une partie du corps. Elle épinglera ses années de bonheur pour célébrer cet amour entre elle et Dan.

 

Elle ne sait pas pourquoi elle s’accroche à ce travail de couture. Guérir ou souffrir ? Elle ne sait pas mais elle le doit.

 

Petit à petit Leila dévoile son passé. La rencontre avec Dan dans une boite de nuit. Elle portait cette robe verte pour laquelle elle avait eu le coup de foudre.

 

Dan et son regard si perçant. Dans et la fête foraine. Dan et leurs jeux d’amour. Dan et cette blessure qu’elle pique au bout de l’aiguille. 

 

Dan là bas brûlant sous le soleil. 

 

 

« La vie n’attendait pas que Leila se relève. Il fallait construire à présent, et rassembler les morceaux de son existence en miettes. Les reprendre à l’aiguille, les ramasser en fil, en suivant les courbes d’un patron de robe. Suturer la douleur pour la faire taire enfin. »

 

 

 

Comment expliquer qu’un livre et pas un autre vous lance des émotions. Impossible.

 

J’ai aimé chaque mot de ce roman. J’ai imagine la silhouette de Leila perchée sur ses talons. L’ombre de Dan bien plus grande. J’ai suivi le travail de l’aiguille, imaginé la robe penchée, ecouté le bruit du papier transpercé. 

 

Oui un véritable coup de coeur. 

 

« Lorsqu’elle relevait la tête, Leila voyait par les fenêtres grandes ouvertes les arbres malingres du square de Oiseaux-quels oiseaux, bien malin qui aurait pu le dire, elle-même n’en avait jamais vu un seul dans ce parc- et les enfants qui se brûlaient les genoux sur le métal du toboggan. Elle avait traversé l’été les ciseaux à la main, recluse dans son salon. »

 

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07 juillet 2016

Le châpiteau vert de Ludmila Oulitskaîa

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Le début d'une amitié débute parfois par un événement tellement anodin. En l'occurence dans cette histoire, c'est un petit chat qui a permis la réunion des trois garçons : Ilya le pauvre, Sania qui aime la musique et fragile comme les notes ainsi que Micha, d'origine juive. 

A l'école ils sont les souffre douleur de leurs camarades mais leur amitié est indéfectible. Tous trois sont élevés par des fémmes, Micha est orphelin et vit chez sa tante, ilya est le fruit d'un amour de jeunesse mais son père lui donne le gout de la photographie et Sania aimé tendrement pas sa grand-mère et sa mère. Tellement différents.

 

Leur vie va changer à l'arrivée d'un professeur de littérature  qui entre en classe en récitant de la poésie et qui les emmène dans les rues de Moscou avec d'autres camarades, sur les traces d'écrivains célèbres.

Peu à peu leur vie va tourner vers la dissidence. Ils ne désirent pas vivre tel que les dirigeants le décident. Pourtant la Russie est leur terre et ils veulent que l'Occident sache que chez eux le rêve n'existe pas.

Ylia et Micha vont chacun se battre à leur manière. Ilya par la prise de photos et Micha par le samizdat, ces petites feuilles de papier où l'on retranscrivait les romans des auteurs maudits tel Solyenistine et qui passaient en Occident. Ils vont également créer une revue sous l'oeil malveillant des agents de l'Etat. Sania lui pense musique, musique. Ce qui ne l'empêche pas d'aider ses amis surtout quand la femme de Micha,emprisonné, mettra au monde une petite fille. Ils prendra soin d'elles jusqu'au retour de son ami.

Micha risquant d'être à nouveau incarcéré, ne le supportant pas, se suicidera.

Ylia mourra hors de Russie et Sania aux USA pourra enfin s'adonner à la musique comme il le désirait. 

Merveilleux roman tant par l'écriture que par l'histoire. Ludmila Oulitskaia nous retrace la période de l'Union Soviétique à partir de la mort de Staline jusqu'en 1996. Période que les jeunes de maintenant auraient difficile à imaginer. Pourtant le courage des trois garçons, la pauvreté, la dissidence, l'enfermement furent la loi durant des années. Il en fallut du cran pour s'opposer.

Des noms ont été changés, d'autres nous ramènent à ce passé tel Sakharov, Solyenistine....tellement loin et encore si proche dans nos mémoires.

Si vous aimez les auteurs russes, à lire absolument car la littérature vous entraine sur des chemins impétueux. 

 

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07 avril 2015

La Grande Marée de Marie Gevers

 

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J’avoue que je ne suis pas très belgitude dans mes lectures et découvrir un classique d’avant 1960, pas très convaincue mais Anne et Mina étant tellement ethousiastes pour ce mois Belge...

C’est donc dans la bibliothèque maternelle que j’ai pioché ce beau roman de Marie Gevers et dès les premières lignes le charme fit son chemin.

 

La Grande Marée peut être prise de deux manières. Celle que nous avons connue comme chaque année à l’équinoxe du printemps et une toute autre, celle qui fait chavirer les coeurs, qui noie les sentiments dans un maelstrom d’émotions.

 

 

Gabrielle a suivi des cours d’institutrice. Sa mère veuve doit s’occuper de ses trois filles. Elle tient une boutique de tissus avec Véronique, l’ainée des trois. La plus jeune Marie quant à elle est un peu simplette. 

Gabrielle n’aspire aucunement à cette vie là d’autant que sa mère s’est fait spolier lors du décès de son mari Joseph par les autres frères Jules et François. Egide, n’en parlons pas, un être sournois qui s’est disputé avec François. 

 

Ces derniers  qui vivent à Tamse ont gardé la brasserie et mène grand train de vie tandis que leur belle soeur malgré l’argent reçu en compensation, trime pour joindre les deux bouts. 

 

Gabrielle adore son cousin Laurent, qui vit dans son monde de musique et l’oncle François l’apprécie. Que demander de plus. Autre chose, oui autre chose.

 

Gabrielle rêve d’épouser un homme qui la rendra heureuse et qu’elle rendra heureuse. Ils auront des enfants. Elle rêve du bonheur Gabrielle. 

 

Elle a jeté son dévolu sur un réprésentant de tissus qui se rend régulièrement à la boutique de sa mère : Raymond Janssens.

 

La Grande Marée qui s’annonce avec la pluie qui ne cesse de tomber inquiète tout le monde. Gabrielle est envoyée par sa tante au Lieskant. Elle doit prévenir les fermiers que l’inondation menace sûrement. Dans le car qui doit l’y  conduire, elle y retrouve Simone la fille des fermiers, qui se partage deux amoureux,  ainsi que Raymond qui désire réaliser des photos de l’événement. 

 

C’est dans cette ferme, au plus gros de la marée et des inondations, réfugiée sur le toit que Gabrielle décide que Raymond sera son mari. Elle fait jurer à Simone de ne pas jeter son dévolu sur lui, elle a deux autres amoureux. Ce sera lui et aucun autre…

 

 

Une histoire qui pourrait ressembler à une bluette mais transportée par l’écriture poétique de Marie Gevers et son hymne à la nature, le roman prend une toute autre tournure. 

 

« Pour parler de ce temps là, le soudain début du printemps, après une tempête d’équinoxe, les gens du village n’employaient  que des diminutifs : le chaud, le clair petit soleil, le doux petite, le beau petit merle »

 

C’est un paysage d’eau porté par les lignes, rivières, digues, écluses, cet morceau de l’Escaut est brume ou soleil. Marie Gevers le raconte si bien. 

 

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Photo de Tamse prise sur internet. 

 

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08 février 2015

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

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Ifemelu laisse sa famille et son amour Obinze au Nigéria. Il est décidé qu'Obinze la réjoindra là bas aux USA lui qui admire tant ce pays.  Elle a l'opportunité d'y poursuivre ses études, elle doit y aller. 

Mais l'Amérique ne correpond pas du tout à dont elle rêvait. Très vite, elle va réaliser que la couleur de peau est très importante. Elle fait partie de la race dite noire. Même dans cette race dite noire, il existe des sous-classes et le noir descendant des esclaves ne peut que se maintenir sur la marche la plus inférieure.

Elle peine à trouver du travail pour payer ses études et en désespoir de cause, elle se décide à commettre un acte dont elle répugne et qui va l'obliger par honte à couper les ponts avec Obinze. Elle tombe dans la dépression.

Petit à petit, elle va réussir à gravir des échelons tout en se demandant si elle arrivera un jour à se considérer comme américaine. Doit-elle prendre l'accent américain ? Pourquoi sa tante Uju a tellement changé depuis qu'elle vit dans ce pays ? 

Elle va créer un blog dans lequel, elle dévoile son regard sur ce pays qui l'a accueilli mais surtout de ce problème de discrimination qu'elle remarque chaque jour. Blog qui va lui faire connaitre la notoriété.

Quinze années vont passer jusqu'au jour où Ifemelu décide de retourner au pays, dans son pays le Nigeria.

Durant ces années, Obinze a quitté également le Nigéria mais pour se rendre en Angleterre où il va connaitre une toute autre destinée.

Travailleur clandestin sous une autre identité que la sienne, il va connaitre la peur, et se faire arrêter alors qu'il a allait contracter un mariage blanc. Retour vers le Nigéria. 

 

Quinze ans, changent-ils les êtres ? 

C'est avec beaucoup d'humour que l'auteur nous emmène dans une critique sévère de l'Amérique si belle de loin mais parfois bien laide pour certains surtout selon la couleur de votre peau, de votre ethnie.

Si vous n'avez jamais lu cette auteur, je vous conseille "L'autre moitié du soleil" qui est tout aussi magnifique. 

 

 

 

 

 

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15 mai 2014

Miss Alabama et ses petits secrets de Fannie Flag

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Maggie est considérée par ceux qui la connaissent comme une femme gentille, jolie, toujours bien habillée : une femme adorable en somme.

Maggie, elle, la petite cinquantaine considère que sa vie est un fiasco. Oui elle est devenue Miss Alabama mais pas Miss America, dans sa jeunesse bien entendu. En amour, elle a n'a pas voulu épouser Charles qui était fou d'elle. Et l'agence immobilière qui appartenant à la délicieuse Hazel qui ne mesurait qu'un peu plus de un mètre, est en train de mourir tout doucement. Elle est secondée par Ethel et Brenda mais avec l'affreuse Babs dans les parages, peine perdue.

A quoi bon, il est préférable de se suicider. Elle a tout préparé pour son départ. Ce sera le lendemain mais dring, le téléphone retentit : Brenda lui annonce que les derviches tourneurs seront à Birmingham et qu'elle a déjà reservé leurs places. 

On peut bien postposer un suicide...qui sera à nouveau remis à une autre date suite à une autre événément qui va s'avérer très étrange....

Je m'étais dit que je ne lirais pas ce roman suite à mon abandon de Beignets de tomates vertes. Me suis laissée tentée quand même.

Ce n'est pas le grand roman de littérature qu'on espère découvrir tous un jour mais j'ai quand même passé un agréable moment. De temps en temps une lecture récréation cela fait du bien. Mais c'est surtout très bon pour le moral. 

 

voir l'avis de Cath http://www.cathulu.com/archive/2014/05/06/miss-alabama-et-ses-petits-secrets-5362708.html

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13 mai 2014

La maison dans l'arbre de Mitsuyi Kakuta

lecture

 

"En comparaison, la bicoque où il vivait avec sa famille lui paraissait aussi fragile que la cabane de Motoki et Taijiro avaient construite dans l'arbre, comme repaire secret, peu fiable et vacillante"

 

Yae et Taizo on fuit le Japon. Leur famille ne ressent aucun besoin de les prendre en charge. Alors à l'horizon se dessine la Mandchourie. Là-bas peut-être.

La première fois où ils se rencontrent Taizo est déguisé en femme et se fait passer pour un chinois, simplement pour ne pas être mobilisé car c'est la guerre au Japon. Leurs chemins se croisent de temps en temps, leur vie est faite de labeur, pas la vie dont ils avaient rêvé. 

Yae attend famille et comme elle ne veut pas élever l'enfant seule, elle propose à Taizo de l'épouser. La diseuse de bonne aventure leur avait préduit qu'ils se marieraient et auraient des enfants dont certains mourraient.

Ils entendent de loin parler de Nagasaki et Hiroshima. Ils se cachent des russes qui ont détruit l'alliance avec le Japon. Alors ils décident de rentrer au pays. 

Durant leur fuite, l'enfant de Yae meurt. Taizo en ressent un chagrin énorme, c'était le fils de leur ami.  et leur propre  enfant quant à lui est très faible quand ils arrivent sur leur terre.

Petit à petit ils vont se redresser travaillant inlassablement. D'une petite charette ambulante qui est toute leur cuisine, ils vont peu à peu acquérir une maison de bric et de broc où ils ouvrent un restaurant "Le Jade" qui va peu à peu connaitre le succès.

D'autres enfants naissent qui eux mêmes en auront également. 

Lors de la mort du grand-père Taizo, son petit fils Yoshitsugu réalise qu'ils forment une entité mais pas une famille. Chacun vaque comme il en a envie. Part, revient ou reste. Pas de repas familial, chacun mange selon son désir. Ses grands-parents n'ont jamais parlé de leur vie. Quelles sont leurs racines ? 

C'est sa tante qui lui apprend que ses grands-parents ont vécu en Mandchourie.

Alors le jour où la grand-mère demande à rentrer chez elle, la famille n'hésite pas et accompagnée de son petits fils ainsi que de son fils Taijiro, Yae retourne là bas. Pour retrouver son passé.

Outre, découvrir la vie d'une famille japonaise durant trois générations tout en suivant l'évolution du Japon, le roman pose la question du passé. Peut-on le changer ? Peut-on essayer de le redécouvrir et le comprendre ? Au lieu de fuir peut-on affronter ses souvenirs ? Yae tente de le faire mais de réponse, elle n'en a aucune car le passé ne se retrouve que très peu dans le présent qu'elle retrouve. Tout se modifie et les erreurs commises ne peuvent être effacées. Rien ne s'oublie. Mais elle sait qu'elle n'avait pas le choix. La vie devait être ainsi.

Pour son petit fils, la cabane dans l'arbre est restée à jamais l'abri où il se sentait heureux. Une cabane construite sur un arbre, arbre qui porte des racines, en un mot soutien. 

Magnifique roman d'une auteur que je lisais pour la première fois. 

 

 

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15 avril 2014

Galeristes Anne Martin-Fugier

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Anne Martin-Fugier historienne de formation, s’est intéressée aux galeries d’art contemporain au milieu des années septantes. Son doctorat de fin d’étude avait pour thème les bonnes à Paris, bien éloigné de l’art c’est certain mais au fil des années, l’histoire et l’art contemporain se sont entremêlés dans sa vie.

 

Ce livre comporte une série d’entretiens de ces découvreurs d’art dont les plus anciens sont Nicole et Lucien Durant parents de Guillaume Durant le journaliste ainsi que Rodolphe Stadler. 

J’ai eu un petit coup de coeur pour Catherine Thiek. Le livre se clôt par Emmanuel Perrotin dont j’avais pu admirer l’expo des artistes qu’il aime , au Tri postal de Lille.

 

Chacune et chacun raconte son parcours. Ils viennent de tous horizons, riches, pauvres. Enfants d’immigrés, Suisse. Certains ont baigné dans l’art depuis la naissance, d’autres pas du tout. Mais tous ont été attirés par cette envie d’ouvrir une galerie et de faire connaitre des artistes contemporains. Tous se sont lancés dans une aventure atypique et extraordinaire. Certains depuis ont fermé leur galerie, suite à la crise et d’autres continuent le combat pour l’amour de l’art. 

 

Je leur laisse la parole :

 

« Je vous tiens des propos pessimistes sur le marché de l’art mais, moi je suis très heureux. Je suis en accord avec moi-même. Même si le reste du monde n’approuve pas mon choix, j’aime vivre avec les tableaux de Guinan, j’aime en parler, j’aime rencontrer des gens qui adhèrent à son oeuvre »

Albert Loeb

 

Je n’aime pas l’expression « mes artistes », je ne voudrais pas non plus que les artistes disent « ma galerie ». J’aime l’indépendance, je n’ai jamais désiré constituer une écurie et je n’ai pas besoin de camaraderie avec les artistes. J’ai travaillé sur le long terme avec des personnes auxquelles j’étais attachée mais j’ai essayé de regarder davantage les oeuvres que les artistes. j’ai toujours eu cette passion pour l’oeuvre importante, magistrale… »

 

Catherine Tiek

 

« L’art est devenu aujourd’hui un produit social. Depuis les années 2000, nous sommes dans un star-système. Phénomène de mode et démence des prix. Est-ce qu’un Peter Doig vaut huit millions de dollars ? Mieux vaudrait acheter un Gauguin. Voilà ce que je combats mais c’est un combat d’arrière-garde »

Jean Brolly

 

« Je ne crois pas aux contrats écrits : pour moi, tout est fondé sur la parole et la confiance. Je n’aurais jamais signé un contrat avec un artiste : pourquoi ligoter et être ligoté ? De toute façon, je n’aime pas les problèmes. J’ai toujours arrondi les angles mais je dis aussi clairement les choses »

 

Nello Di Meo

 

« Mon père était employé de banque, mes parents avaient des intérêts culturels-d’ailleurs, ils m’ont infligé des vacances en camping-car à travers toute l’Europe en visitant la moindre église, le moindre musée. Mon frère et mes soeurs, beaucoup plus âgés, avaient eu des vacances plus classiques dans leur enfance : eux, on les emmenait à la plage! Mais pour mes parents , l’art s’arrêtait à l’impressionnisme, le contemporain n’existait pas : même Picasso c’était trop »

 

Emmanuel Perrotin.

 

« Ma vie maintenant est indissociable de celle de la galerie. Je n’imagine nullement m’arrêter un mou. S’occuper d’une galerie permet de rester jeune. Lorsque je vois des gens de mon âge qui ont d’autres types d’activités, je me sens loin d’eux, même dans des domaines qui n’ont rien à voir avec l’art. « 

Bruno Delavallade

 

 

 

 

Je continue le périple vers l’art en découvrant Artistes du même auteur.

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