17 octobre 2017

Imago de Cyril Dion

imago

 

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Enfin un vrai coup de coeur dans cette édition d’automne des 68 premières fois.  On me dira que mes coups de coeur ne sont pas très gais mais tout me plait dans ce roman, l’écriture, les personnages, le thème.   Lu sans m’arrêter dès la première ligne. 

 

 

Imago nous ramène dans notre société contemporaine à travers les enjeux palestiniens et israéliens, les calculs de probabilité du FMI, le terrorisme, l’amour que l’on recherche à tout prix, l’enfant qui manque.  Rien de très réjouissant et pourtant c’est notre réalité en ce XXIme siècle qu’on le veuille non . A nous d’effectuer notre Imago comme les personnages du roman.

 

 

Nadr et Khalil son frère vivent en Palestine. Ils ont poussé au milieu de la haine et les enfants qui naissent après eux ne connaissent également qu’un pays tenu dans une pauvreté absolue. Ce qui fait le bonheur du Hamas. Khalil en fait d’ailleurs partie car en lui il n’y a pas d’amour mais de la Haine envers l’Occident, envers les juifs etc. Nadr lui ne participe pas à tout cela, il fume ses joints, lit de la poésie, se laisse porter par les nuages. 

 

 

De l’autre côté de la planète, Amandine s’est exilée dans la forêt. Elle ne veut plus vivre au milieu de cette Société. Maman de trois enfants, elle garde les leurs d’enfants quand ils le désirent.  Bonne mère, elle ne l’a jamais été comme si ces bébés devenus grands l’emprisonnaient dans un carcan non voulu.

La blessure qu’elle porte en elle, c’est cet enfant qui lui a été enlevé à la naissance par le père et emmené en Palestine. Elle a tout fait pour le retrouver jusque, à faire le voyage là  bas où on la rejetée lui signifiant qu’elle n’était aucunement la bienvenue. 

 

Fernando travaille pour le FMI. Il aime les colonnes établies de chiffres qui déterminent  comment on peut aider tel ou tel pays avec les efforts à réaliser pour répondre à cette aide. Il ne comprend pas comment les autres qu’il croise dans le métro peuvent vivre comme des mollusques dans une petite vie minable. Son evasion, la lecture de Fernando Pesoa. L’homme qui a tout compris.

Il déteste son nouveau chef et ne veut pas entendre parler de la Palestine. Pourtant le dossier lui est dévolu. 

 

 

Khalil ne porte que la haine en lui. Il crache même à Nadr qu’il n’est qu’un renégat puisque sa vrai mère était française. L’Occident coupable de tous les maux de la Palestine  Khalil décide d’agir. Il s’en va sur cet autre continent qui tue leurs frères. 

Nadr décide de partir lui aussi pour empêcher khalil de se tuer au nom pas d’un Dieu mais des désidératas de ceux qui ont le pouvoir.

 

 

Nadr c’est la liberté, l’espoir, l’envie de changer ne fut ce qu’un moment infime la route du destin. Pour lui également j’ai eu un gros coup de coeur. Il est tour à tour enfant, naïf et pourtant aucunement dupe de l’hypocrisie sociétale qu’on nous martèle à longueur de temps. Et puis, il lit des poèmes au milieu de rien. Comment ne pas l’aimer ?

 

 

 

 

 

Cyril Dion a réalisé et écrit le film « Demain ». 

 

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16 octobre 2017

Ces rêves que l'on piétine de Sebastien Spitzer

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68

 

 

Défaite des allemands. Ils sont en train de perdre cette guerre qui aurait fait vivre la civilisation aryenne aux confins du monde.

 

A Berlin, Magda Goebbels doit se rendre dans le bunker, c’est là qu’Hitler a établi son quartier général pour échapper à la destruction de Berlin. Ses enfants, sont déjà là bas. Elle y retrouve également Speer, cet ami d'Hitler qu'elle déteste. 

 

Dans les camps, c’est la débandade, les allemands deviennent de plus en plus cruels. On trimballe, enfin ce qu’il en reste de ces fantômes d’un camp à l’autre. Certains décident de s’enfuir dont le dénommé Judah.  Dans leur fuite, ils entrainent une femme et une enfant qui ne parle pas. Cette femme fit partie de celles choisies pour se prostituer auprès des allemands dans les camps. Mieux traitées mais haies par les autres femmes. Elle a réussi a sauver ce bébé né en captivité, son bébé, et lui a appris à se taire afin qu'on s'imagine qu'elle n'existe pas. 

 

Sans oublier une sacoche qui doit absolument être préservée. Tout ce qui reste de l’âme d’un pauvre homme décédé dans le camp. La sacoche contient une longue lettre à sa fille. 

 

 

 

En parcourant ce livre, il ne faut pas oublier que c’est un roman qui nous raconte le terrible secret de Magda Goebbels : elle fut élevée par un beau père juif. De ce fait avéré, Sebastien Spitzer en a créé  cette histoire émouvante et plus que troublante. 

 

Ce livre est fascinant par son sujet : comment Magda Goebbels élevée avec amour par un juif a t’elle pu sombrer du côté obscur ? Devenir l’adulatrice de Hitler et zappé de son âme le sort des juifs ? Car elle, elle savait bien entendu.  L’ambition ne peut être que la réponse.  Une égérie du nazisme portant le nom d’un juif, impensable. Elle l’a d’ailleurs bien caché. Et son mari ? Ce pantin répugnant l’a t-il découvert ?

 

 

Durant la lecture, je n’ai pu m’empêcher de penser à l’affaire Weinstein. Goebbels faisant autorité sur les jeunes actrices avec l’accord de sa femme.  Car je pense que ce fait ne devait pas être une fiction. 

 

 

Magda Goebbels et son mari comme tous les monstres qui ont en commun la lâcheté, se sont donné la mort après que leur chef vénéré ait accompli le même geste.  Ils ont emporté leurs enfants avec eux. Enfants dont la première lettre du prénom était un H.  L’ainé Harald ne faisait pas partie du lot, enfant d’un autre mariage de Magda. Il participait comme pilote à la guerre. 

 

 

Un premier roman mais quel premier roman !  

 

 

 

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26 septembre 2017

Mademoiselle, à la folie de Pascale Lécosse

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Premier roman de Pascale Lecosse. Très beau premier roman. On valse entre douceur et humour pour notre plus grand plaisir de lecteur. 

 

 

Mademoiselle fêtera bientôt sa quarante huitième année. Elle a connu la gloire et la connait encore. Adulée au théâtre tant qu’au cinéma, c’est une véritable star. Jouer pour elle est son oxygène. 

 

 

Ne s’étant jamais mariée, maitresse d’un homme politique, non libre, elle vit depuis quinze ans avec Mina sa confidente, secrétaire, femme à tout faire. Un duo qui fonctionne parfaitement. 

 

Catherine, mademoiselle, note tout dans un petit carnet car elle constate depuis quelque temps qu’elle a de petites pertes de mémoire. 

 

Mina observe la transformation de la grande actrice car outre ces pertes de mémoire, elle voit des  personnes qui ne sont pas présentes, elle demande à voir son père qui est décédé.

 

Mina décide Catherine à se rendre chez le docteur.  Sans appel : Catherine sombre petit à petit dans la folie et c’est irréversible.

 

 

Un très très beau roman qui traite avec légèreté et non pathos à travers le personnage de Catherine, ce qui nous guette toutes et tous  : la folie,  si notre cerveau décide de nous jouer un mauvais tour durant notre existence. 

 

On y retrouve le désarroi de la malade qui comprend que petit à petit elle va se transformer en une autre personne et la détresse des personnes qui vivent au jour le jour cette transformation. 

 

Une très jolie découverte. 

 

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Ma Reine de Jean Baptise Andrea

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Je vais passer pour le mauvais petit canard de l’aventure des 68 premières mais ce fut un abandon. Non que le roman soit mauvais mais je me suis ennuyée  tout simplement.

 

 

Il vit avec ses parents au bord d’une route dans le sud. Ils les aide en tentant de ne pas faire des bêtises à tenir la pompe à essence, perdue sur le bord d’une route. 

 

Il a 12 ans. Plus d’école car il devrait aller dans l’enseignement spécialisé et ses parents n’en ont pas les moyens. 

 

Il est un enfant comme les autres mais il va grandir en gardant cette âme d’enfant. En fait, il est un peu différent des autres. 

 

Mais le jour, où il commet une grosse bêtise qui aurait pu se terminer en feu de l’enfer, il décide de partir à la guerre. Il ira là bas, se battra et tuera ainsi on ne pourra plus dire qu’il n’est pas un homme. D’autant que ses parents ont décidé de l’envoyer chez sa grande soeur qui a quinze ans de plus que lui. Les parents ne savent plus que faire, trop âgés. 

 

Il part la nuit, prend le fusil du père et cette guerre, il va la chercher. 

 

Mais à douze ans, qu’on soit différent ou non, on est vite perdu dans un nouvel univers.  

 

Tout change quand Viviane apparait.  Petite fille blonde de treize ans qui déclare qu’elle est sa Reine et qu’il doit lui obéir. 

 

 

 

J’aurais pu être réceptive à cette belle histoire. Malheureusement, je suis passée bien loin de la magie de ces enfants. 

 

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18 septembre 2017

Son absence Emmanuelle Grangé

absence 

 

François, est parti un jour à Tanger, une place de moniteur.  Ils ont tous reçu une carte postale et depuis plus rien. François a disparu et cela fait vingt ans. Ce matin ils ont tous rendez-vous au tribunal  pour déclarer la présomption d’absence de François.

 

 

François est l’un des six enfants de André Munch qui sitôt sa progéniture partie, les a remplacés par des bonsaïs. Marguerite, son épouse, née d’une famille argentée de Lille, a bien essayé de divorcer mais peine perdue, André est un tyran et tout doit se dérouler comme il l’entend. Au retour de leur séparation, Marguerite fut reléguée dans une chambre. André décide de tout.

 

Les autres enfants ont tous choisi des chemins de vie différents : dans les affaires, dans l’artistique mais aucun n’a oublié ce frère qui ressemble à une ombre dans leur esprit.

 

Evelyne la seconde, vit même à Tanger, cette ville où François avait envoyé sa dernière et unique carte postale. Elle se sent plus proche de lui et qui sait ! Sa silhouette et sa tignasse rousse referont peut-être surface.

 

Joseph le plus jeune, se souvient du jour où son frère et un autre garçon avaient fait la bringue, puisqu’ils étaient chargés de le garder ce soir là.  Ils les avaient vus nus mais à son âge rien ne semblait bizarre.

 

Sandrine, la jumelle, institutrice en maternelle, n’a jamais cessé de penser à ce faux jumeau. Une partie d’elle. Elle était la seule avec une mission inscrite sur la carte postale. Donner la combinaison de plongée à un copain de François. Elle a fait le geste demandé et puis plus rien.

 

Et nous lecteurs, à travers les mots de François savons que le jeune homme d’il y a vingt ans ne reviendra plus.  Ils partent tous vers le tribunal s’imaginant que peut-être un jour ? 

 

 

Excellent premier roman d’Emmanuelle Grangé. Son écriture est fluide, cadencée. On suit la vague et on roule de bonheur de lecture. 

 

Très beau roman qui décortique ce que chacun pourrait ressentir de l’absence d’un proche dont on ne sait ce qu’il est devenu. Un magnifique portrait de famille entre cruauté et amour ainsi que le silence, les non-dits. 

 

Mais ce qui m’a surtout émue, ce sont ces mots de François en italiques qui nous dévoilent le pourquoi de cette disparition. Car toute disparition a une raison. Nous lecteurs, sommes dans le secret. 

 

 

« François, leur a dit adieu à sa façon, ils ne se sont douté de rien, François a rendu visite à chacun, comme ça, avec ou sans prétexte., bel été à vous. Il les a photographiés par coeur. Ils ne l’ont plus revu. »

 

 

 

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14 septembre 2017

La fille du van de Ludovic Ninet

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Je me réjouissais tellement de découvrir cette fille du van . Premier roman de Ludovic Ninet dans le cadre des 68 premières fois.

Je l’attendais peut-être avec trop d’espoir car le coup de coeur n’est pas au rendez-vous.

 

La fille du van est la très belle histoire de personnages qui aimeraient serrer le bonheur contre eux mais ce bonheur il est tellement difficile à agripper. Et puis ce foutu bonheur qu'on nous persuade vital, ne veut peut-être pas d'eux.

 

 

Sonja, est partie en Afghanistan croyant les belles paroles qu’on leur lançait pour que des femmes et des hommes s’engagent. Elle est partie comme infirmière et ce fut l’enfer.  La paie était si belle elle n’avait pas hésité mais à quel prix ! Cotoyer l’horreur dont on ne parle surtout pas. 

 

Elle en est revenue avec la peur au ventre, les cauchemars nocturnes et ces médicaments qu’elle doit avaler pour tenir. N’en pouvant plus, elle a abandonné son mari et son fils et le van est sa nouvelle maison.

 

Un jour, elle décide de revenir vers sa région du sud. 

 

Elle va rencontrer Pierre qui vend des poulets frits sur un parking. Lui qui fut un champion olympique mais qui s’est refusé à devenir une star, cet habit qu’on voulait qu’il endosse.  La dépression ne le quitte plus mais quand il aperçoit Sonja, c’est comme un coup de soleil. Lui, il tente de survivre en peignant.

 

 

Abbess est le copain d’enfance de Pierre. Ancien braqueur. Il travaille dans un supermarché. Son rêve c’est retaper son voilier et partir loin très loin. Lui le fils de l’ancien Harki s’accroche aux vagues. 

 

Et puis Sabine, qui tombe amoureuse de Sonja mais qui sait déjà que leur histoire si elle commence ne sera qu’une parenthèse. Elle est tellement habituée à ce qu’on la laisse sur le bord de la route.

 

 

S’apprivoiser, se découvrir, durant quelques jours. 

 

Ces trois rencontres seront essentielles pour Sonja.

 

 

 

 

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27 mars 2017

Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon

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Dans cette série de premiers romans, c’était celui que j’attendais avec le plus d’impatience.

Satie  me laisse un gout d’enfance lorsque les gymnopédies voletait dans le bureau paternel. 

Sa musique c’est une note suivie d’un envol du silence et la note qui reprend sa place. Pour nous du XXIième siècle sa musique nous est acquise mais pour lui, à l’aube du XXième siècle ce fut une révolution très mal comprise.

 

« Quand les gens vous oublient sans raison , c’est indescriptible. Cela devrait être interdit par la démocratie. ils vous laissent une fuite dans le coeur, comme un sifflement. On appelle ça les acouphènes. Pour les musiciens pas de chance. »

 

 

Erik Satie est heureux jusqu’au jour où sa mère, écossaise, meurt après le décès de son dernier enfant, de tristesse.  Est ce elle qui lui a transmis cette excentricité ? Ou était-il né pour être différent des autres ?

 

Il aime la musique. A 21 ans, il entre au conservatoire mais la musique telle qu’elle est conçue avec ses règles ne lui convient pas. Il  veut créer un autre style car la musique ne doit pas être figée. Rebelle, on le renvoie. Il y sera réintégré grâce à son père et cette fois c’est lui qui quitte ce lieu imprégné de notes poussiéreuses. 

 

 

Son père s’étant remarié avec une femme qui ne l’aime pas. Adieu famille, je suis un créateur qui montrera au monde le génie que je suis. 

 

Mais avant que le génie ne soit acclamé, il faut vivre et pour vivre il faut manger. Grâce à un ami Contamine, il va découvrir le  Chat Noir, là où enfin son être ne sera plus regardé comme folie, enfin par certains. 

 

« Erik Satie : gymnopédiste  !

En un instant, il a un nom, il est engagé. 

La vie, la vrai, commence. »

 

 

Malheureusement pour Satie, il y a les nuits saoules et ce sale caractère qui l’oblige à se refermer sur la solitude. Quand on ne le comprend pas et qu’il n’est pas reconnu comme un avant-gardiste, il se fâche. Colérique dans sa création, colérique dans ses amitiés. 

 

Pourtant, il va se prendre d’une tendresse amicale pour un autre musicien Claude Debussy qui très finaud lui piquera une de ses idées musicales. Debussy aura le succès et lui Satie, n’en parlons pas. 

 

A trente quatre ans, au début du nouveau siècle, il décide de s’isoler dans la banlieue à Arcueil. Il y vivra de nombreuses années sans y inviter aucun ami. 

 

« Il y a une couleur Satie. Le gris. Et un mystère Satie : sa chambre finale, à Arcueil, rue Cauchy. Un lieu apocalyptique, comme l’envers de sa vie. »

 

Le jour de sa mort, ses amis ont découvert un lieu à la mesure de cette solitude qu’ils n’avaient pas perçue. Une couche de poussière, deux pianos, des petits papiers, des partitions et sans énumérer le  tout, quatorze parapluies.

 

 

Très très beau premier roman de Stéphanie Kalfon qui à travers son récit  poétique nous donne rendez-vous avec un homme qui malheureusement n’aurait pas du naître à l’époque où il a vécu. 

Stéphanie Kalfon nous en trace un portrait qui est de toute beauté. Chaque page est un enchantement.  

 Ce n'est pas un coup de coeur mais un coup de tendresse. Tendresse que Stéphanie Kalfon transmet comme une partition. 

 

 

 

 

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21 mars 2017

Nous les passeurs de Marie Barraud

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Quatrième premier roman découvert dans le cadre des 68 premières fois et second abandon.

 

A un moment, je me suis décidée à le refermer suite à l’ennui que je ressentais.

 

En résumé, Marie Barraud décide de comprendre le silence qui pèse dans sa famille sur la personnalité de son grand-père Albert Barraud, arrêté durant la guerre et jamais revenu.

 

Même son père qui a vécu cette arrestation n’en parle jamais comme si cela n’en valait pas la peine. Il avait 8 ans ce jour là.

 

Même face aux questions de sa fille, il se tait mais il donne un carton rempli de papiers que sa mère avait laissé comme souvenirs après sa mort. Il ne sait pas ce que contient ce carton. Il n’a jamais eu le courage de comprendre.

 

Marie va rencontrer l’ami compagnon d'infortune  lors du transfert  de son grand-père vers un camp : Serge Joly. Il va raconter. Marie comprend que son grand-père fut un résistant au coeur noble, soignant du mieux qu’il pouvait les blessés du camp et en sauvant d’autres. 

 

La quête d’une femme sur le passé qui alourdi la vie d’une famille, et tente d’en délivrer son père. 

 

 La raison pour laquelle je n’ai pas aimé ce roman qui en fait pourrait être un récit, c’est un manque d’étincelle. Cette étincelle qui vous fait penser « mince alors, quel roman ! ».

 

Bien écrit, lecture facile mais pour que l’émotion prenne, il faut plus que cela. 

 

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16 mars 2017

Marx et la poupée de Maryam Madjidi

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Depuis que je l’ai refermé, il faut que je me pousse pour me décider à en parler. Comme une envie de le garder contre mon coeur et d’y coller des rêves.

 

On pourrait parler d’un coup de coeur mais c’est plus que cela. 

 

 

Je me lance…

 

Maryam n’est encore qu’une petite chose dans le ventre de sa mère, qu’elle perçoit déjà le son de la révolution en Iran. Sa mère enceinte, pour échapper à la mort, se jette par une fenêtre. Elle en réchappe et Maryam également bien agrippée et décidée à naitre.

 

Ses parents sont communistes et combattent ce nouveau régime créé sur la peur mais peu à peu ils réalisent que la seule solution est de partir. Le père rejoint la France en premier. Maryam n’oublie pas ce jour où elle a vu ses parents enterrer leurs livres tout comme elle va enterrer ses jouets pour les retrouver le jour où elle reviendra. 

 

Il est temps de rejoindre le père. Le voyage semble compromis quand un garde de l’aéroport confisque le passeport de la maman car une mèche de cheveux dépasse de son voile. Maryam va se mettre à hurler et chance, le garde s’émeut. Elles peuvent rejoindre la France.

 

L’exil et la découverte de leur nouvelle maison : une seule pièce au sixième étage d’un immeuble. Les toilettes sur le palier.

 

Nouvelle langue, nouvelle école. Maryam ne parlera pas tant qu’elle ne pourra pas leur démontrer qu’elle parle aussi bien qu’eux, les français.

 

Nouvelle nourriture, nouvelles habitudes, nouvelle vie. Comment grandir loin de l’Iran, de ses senteurs, de sa grand-mère, de ses origines….?

 

Conflit avec le père qui veut qu’elle n’oublie pas le persan, sa langue maternelle. La jeune fille refuse, elle est si loin de ce pays. Elle finira par céder.

 

Premier voyage en Iran. Bonheur de retrouver sa famille et surtout de revoir sa grand-mère. Elle ne veut pas repartir. On lui explique qu’elle est folle, que l’avenir n’est pas ici pour elle. Elle de la chance de vivre dans un pays libre et elle veut s’enfermer sous un tchador. Il n’en est pas question. Elle retourne en France. 

 

 

Le roman de Maryam Madjidi est une pure merveille. Elle y a glissé ses rêves mais également ceux de ses parents. On vole au-dessus de ses mots, planant  entre  des contes et de la poésie. On croit en la bonté des fantômes qui lui parlent. Elle nous crie ses vérités pour effacer sa double identité. Elle nous cisaille le coeur à travers le regard d’un enfant exilé par la bêtise des adultes. Rouge, noir,rose, blanc, gris, bleu; une palette de couleurs innombrables dansent sur chaque lettre. 

 

Un livre d’exil, un livre de non oubli. Vous n’en sortirez pas indemne de cette lecture.

 

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28 juin 2016

Ce qui nous sépare de Anne Collongues

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Ils sont au nombre de sept dans la rame de RER qui les éloigne petit à petit de Paris.

Chacune et chacun plongés dans leur quotidien. 

Marie a décidé de fuir, n’importe où mais fuir. Cigarette, doit à nouveau aider ses parents dans leur bar PMU. Alain est tout au bonheur de retrouver sa fille dont il est séparé puisqu’il vit à présent à Paris.Frank rentre à la maison, là bas en banlieue où on le méprise. LiaD est venu d’Israël après son service militaire, il a choisi Paris. Laura se rend au même endroit tous les mardis et Chérif a terminé son travail et rentre dans sa cité avec appréhension. 

 

 

Ils font tous le même voyage sans se connaitre, ruminant leurs regrets, décortiquant leur vie actuelle. C’est l’hiver, tout est gris. Il fait froid. 

 

« On ralentit. Une boulangerie, un Lavomatique, deux bars, sur un mur la peinture écaillée annonce SNACK Venise, sur lequel chaque mardi, ses yeux se posent, et au retour, sur le mur d’en face, tout aussi usé et tenace, Gérard Chanel-Jambon. Les lumières éclairent le béton délavé des murs, les vieux volets des maison alignées face à la voie. Cela doit être horrible de vivre là, avec le passage continu des RER, combien par jour, cent, deux-cents, un cauchemar, est-ce qu’à force on s’habitue ? Il paraît qu’on s’habitue à tout »

 

 

Anne Collongues nous emmène dans la rame de gens comme vous et moi, un peu cabossés par la vie, qui auraient voulu mais qui n’ont pas osé, qui ont connu le bonheur qui s’est effiloché, qui ont commis des gestes qu’ils regrettent. La rame de gens que l’ont peut croisé chaque jour dans la rue, dans le train, dans le métro. Chacun de nous à une histoire que l’autre ne connait pas. 

 

Elle entre dans la psychologie de chaque personnage séparément, par moments la mélange quand les pensées s’accélèrent. 

Séparés par un couloir ou un siège mais tellement proches dans les secrets de leur vie. 

 

« Elle pense rarement au passé, à l’avenir jamais., demain est un autre jour, cette phrase de la mère lui est restée. Voilà, comme elle vit, entre l’ajournement et l’espoir, sans y croire vraiment, et chaque journée est balayée dès le matin. »

 

Un excellent premier roman. Au fond nous sommes tous pareils et l’auteur nous l’explique si bien avec poésie et bienveillance. 

 

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