Les couleurs de la vie

23 mars 2017

Coeur-Naufrage de Delphine Bertholon

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Comment vous décrire l’émotion ressentie en lisant ce plus que merveilleux roman ? Mission impossible car je devrais vous raconter ma vie et tous les pleurs qui se sont déversés dans le coeur à sa lecture. Ce roman que l’on espère à chaque fois, ce roman qui va vous faire comprendre. Il a fait cling. Mais là n’est pas le propos. Tout commence par un jour d’été. 

 

« Si notre relation me protège, me masque, m’évite de prendre le risque d’aimer réellement, je tiens pourtant à lui de diverses manières. J’ai pleuré pour lui, plusieurs fois. A une époque, j’ai même pensé qu’il plaquerait tout pour moi, qu’ensemble nous bâtirions un monde rien qu’à nous, sur les vestiges fumants de son couple disparu. Mais depuis l’origine, je suis amoureuse de N que par intermittence et, au fil du temps, les phases de désamour deviennent plus longues. »

 

Si la chaine de son vélo n’avait pas déraillé, si elle n’avait pas pris le chemin de la plage, Lyla n’aurait peut être jamais rencontré Joris le surfeur.

 

Deux êtres perdus qui se croisent. La mère de LYLA, est photographe, genre mère toxique. Elle ne pense qu’à plaire et prend sa fille en otage pour réaliser ses clichés, une véritable intrusion dans la vie privée de sa fille de 16 ans qu'elle expose dans les galeries.

Joris n’a plus de mère, renversée par une voiture lui a t-on expliqué. Son père l’a élevé à coup de cris et de baston mais il a appris à se taire et à vivre seul dans la maison quand l’alcoolique disparait pour quelque temps. 

 

« J’ai une vie, d’accord; mais cette vie m’a toujours semblé hors-sol, comme un jardin artificiel. D’abord j’ai grandi sans mère, ce qui constitue en soi une aberration. Depuis la nuit des temps, grandir sans père est une chose commune. A l’école, j’avais beaucoup de copains qui n’avaient pas de père. Les pères sont pareils aux oiseaux : ils migrent. Mais comment simplement exister quand on n’a pas de mère ?

J’ai été élevé par le plus grand de tous les migrateurs ». 

 

L’amour prend Lyla sous son aile, Joris peut être un peu moins mais le résultat est que  Lyla est enceinte. Elle va écrire une lettre à Joris dont elle recevra  une réponse qu’elle voulait toute autre. Elle va supporter les cris de sa mère qui ne veut pas devenir grand-mère  because fuite de la jeunesse. Elle portera ce bébé et accouchera d’un garçon qui sera né sous X. Elle lui laissera une lettre pour lui expliquer quand il sera en âge de comprendre. Juste une petite trace d’elle sa maman biologique. 

 

« Je ne l’ai pas vu, l’enfant. Pas vraiment. Je l’ai seulement entendu crier. Je me suis évanouie après » 

 

Dix sept ans plus tard, Lyla est traductrice dans l’édition, maitresse d’un homme marié. Elle flotte dans sa vie. Elle promet à son père qui a une nouvelle compagne  de venir mais elle ne se décide à rien. Sa meilleure amie se nomme ZOé, énergique en diable. 

 

« Je réalise aujourd’hui que j’ai quitté des gens qui m’aimaient trop pour des gens qui ne m’aimaient pas assez, sans jamais rencontrer celui qui m’aimerait comme il faut. Sans doute est ce ma faute, mais je ne sais pas pourquoi"

 

Joris est devenu Kiné. Amoureux fou de sa femme Camille et de leur petite Violette. Son père vient de mourir, il doit se rendre près de la plage pour mettre de l’ordre dans son ancienne maison. Il va retrouver la lettre de LYla. Lui envoyer  un texto  et…..

 

 

Le roman est un duo entre Lyla et Joris arrivés à l’âge adulte et les souvenirs de leur jeunesse, de leur rencontre, de leur vie. Le présent peut il transformer le passé ? Vaste question...

 

Je n’ai qu’un souhait, que vous le lisiez. Ce n’est pas une pépite, c’est une perle.

 

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21 mars 2017

Nous les passeurs de Marie Barraud

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Quatrième premier roman découvert dans le cadre des 68 premières fois et second abandon.

 

A un moment, je me suis décidée à le refermer suite à l’ennui que je ressentais.

 

En résumé, Marie Barraud décide de comprendre le silence qui pèse dans sa famille sur la personnalité de son grand-père Albert Barraud, arrêté durant la guerre et jamais revenu.

 

Même son père qui a vécu cette arrestation n’en parle jamais comme si cela n’en valait pas la peine. Il avait 8 ans ce jour là.

 

Même face aux questions de sa fille, il se tait mais il donne un carton rempli de papiers que sa mère avait laissé comme souvenirs après sa mort. Il ne sait pas ce que contient ce carton. Il n’a jamais eu le courage de comprendre.

 

Marie va rencontrer l’ami compagnon d'infortune  lors du transfert  de son grand-père vers un camp : Serge Joly. Il va raconter. Marie comprend que son grand-père fut un résistant au coeur noble, soignant du mieux qu’il pouvait les blessés du camp et en sauvant d’autres. 

 

La quête d’une femme sur le passé qui alourdi la vie d’une famille, et tente d’en délivrer son père. 

 

 La raison pour laquelle je n’ai pas aimé ce roman qui en fait pourrait être un récit, c’est un manque d’étincelle. Cette étincelle qui vous fait penser « mince alors, quel roman ! ».

 

Bien écrit, lecture facile mais pour que l’émotion prenne, il faut plus que cela. 

 

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20 mars 2017

Les carnets de Montréal de Catherine Pont-Humbert

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« C’est le portrait d’une ville qui est ici proposé; portrait dessiné par le prisme de la vie culturelle et c’est un carnet de voyage, au sens où le voyage est un déplacement  de l’esprit et une initiation. »

 

 

Catherine Pont-Humbert n’est pas canadienne mais française. Etudiante à la Sorbonne, elle prend un vol pour Montréal rejoindre son amoureux et découvre le Quebec à l’arrière d’une Harley Davidson.  Elle se prend d’amour pour  la littérature québéquoise. 

 

Quelques années plus tard, munie d’une bourse, elle y repart pour un séjour de deux ans. 

 

Elle a voulu partager son amour pour cette ville à travers ce livre non pas en racontant sa vie à Montreal   mais celle de personnalités Montréalaises qui font toutes parties du monde des arts et de la culture qu’elles soient canadiennes ou non, Montréalaises ou non, francophones ou non. 

 

Découvrir Montréal à travers leur vécu et leur regard. Ils l’emmènent dans un lieu de Montréal qui leur est propre. A travers ce lieu, ils s’identifient à Montréal.

 

Etonnement, elle choisi l’hiver pour les rencontrer et les écouter.

 

Le carnet est composé des pensées de l’auteur, de ses rencontres avec les personnalités telles Dany Laferrière, Michel Dallaire, Michel Goulet, Louise Forestier, Ariane Moffat, Denise Desautels, Carole Laure etc vingt témoignages de cet amour qu’ils portent à Montréal. Les lieux sont photographiés par Richard Marx-Tremblay et Alex Tran. Le livre contient en prime les cartes de ces lieux au milieu de Montréal. 

 

« Désormais, lorsque je refais ce chemin- je ne m’en lasse pas, sans doute parce que cette marche est l’une des premières que j’aie faites à Montréal lors de mon lointain premier séjour- je n’oublie jamais d’agrandir le regard encore un peu plus afin d’intégrer dans mon champ de vision la croix qui brille au loin comme un joyau au sommet du Mont Royal ». 

 

Il est beaucoup question du clivage qui a existé entre francophones et anglophones chacun vivant séparés, ce qui a l’heure actuelle n’est plus le cas sauf un quartier d’irréductibles anglophones qui ont décidé de ne jamais parler français car Montréal est une ville composée de quartiers, de villages pourrait-on dire. 

 

La chappe de plomb imposée par l’Eglise durant des années est également évoquée. Ce temps est révolu heureusement où les femmes n’avaient comme mission que de mettre de nouveaux canadiens au monde. Cette pression sur les femmes a entrainé un très grand mouvement féministe. Les Montréalaises sont perçues comme très indépendantes.

 

« Quand ils ne sont pas à l’étranger, Denis Marleau et Stéphanie Jasmin quittent Montréal à la fin de la semaine, traversent le fleuve par le pont Champlain et partent à la campagne. Depuis plusieurs années, faire cette traversée, est devenu une nécessité. Ils ont la chance d’avoir une vraie campagne, un autre champ vide aussi important que la ville et qui les plonge dans un tout autre paysage. Il y a, d’un côté une campagne très champêtre (une des qualités de Montréal, est d’être proche de la campagne) et, de l’autre une urbanité assumée et forte ». 

 

Montréal est une ville considérée européenne et nord-américaine. Elle vit dans sa mixité visuelle tout autant qu’humaine car Montréal est ville de migrants. On y parle soixante langues différentes. 

Le français devra-t-il résister ? Impossible à dire. 

 

« Emile Nelligan, le poète, en avait fait « une ville d’argent au collier de neige ». Mais quand Montréal plonge dans la neige, prise dans le froid et la glace, elle retourne à la sauvagerie des grands espaces et oublie les hommes. »

 

Lors de la conclusion de ces carnets, l’auteur se fait la réflexion que personne n’a évoque les Amérindiens. 

« L’existence des Améridiens était une plaie dans l’imaginaire collectif. Et pourtant avant que Montréal, n’existe, le village d’Hochelaga-découvert par Jacques Cartier  en 1535-était bien occupé par des autochtones. »

 

Mais les temps change et après avoir durant des décénnies tenté de gommer la culture indienne au profit de la canadienne, on réactive la mémoire collective.

 

Autre sujet très peu abordé : l’indépendance du Québec.

 

« J’ignore s’il faut intérpréter le silence  sur le sujet de l’indépendance  comme le signe d’un renoncement, mais je sais qu’il y a peu encore, il était impossible de séjourner une semaine à Montréal sans qu’une conversation l’aborde »

 

 

Si vous aimez la culture sous toutes ses formes, que Montréal vous fait rêver, les carnets vous emporteront sur des chemins de toutes formes. Au contraire de nos villes européennes l’art n’est pas cloisonné. Un artiste peut être tout aussi bien être peintre qu’acteur de cinéma. Il n’y a pas la rigidité européenne qui tend à placer chacun dans une case bien établie. 

 

 

 

Montréal mélange de passé et de futur avec ses contradictions. Montréal traversée par le Saint Laurent et dominée par le Mont Royal. Montréal qui longtemps fut léthargique mais qui bouge en ce XXième siècle. 

 

Montréal. 

 

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16 mars 2017

Marx et la poupée de Maryam Madjidi

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Depuis que je l’ai refermé, il faut que je me pousse pour me décider à en parler. Comme une envie de le garder contre mon coeur et d’y coller des rêves.

 

On pourrait parler d’un coup de coeur mais c’est plus que cela. 

 

 

Je me lance…

 

Maryam n’est encore qu’une petite chose dans le ventre de sa mère, qu’elle perçoit déjà le son de la révolution en Iran. Sa mère enceinte, pour échapper à la mort, se jette par une fenêtre. Elle en réchappe et Maryam également bien agrippée et décidée à naitre.

 

Ses parents sont communistes et combattent ce nouveau régime créé sur la peur mais peu à peu ils réalisent que la seule solution est de partir. Le père rejoint la France en premier. Maryam n’oublie pas ce jour où elle a vu ses parents enterrer leurs livres tout comme elle va enterrer ses jouets pour les retrouver le jour où elle reviendra. 

 

Il est temps de rejoindre le père. Le voyage semble compromis quand un garde de l’aéroport confisque le passeport de la maman car une mèche de cheveux dépasse de son voile. Maryam va se mettre à hurler et chance, le garde s’émeut. Elles peuvent rejoindre la France.

 

L’exil et la découverte de leur nouvelle maison : une seule pièce au sixième étage d’un immeuble. Les toilettes sur le palier.

 

Nouvelle langue, nouvelle école. Maryam ne parlera pas tant qu’elle ne pourra pas leur démontrer qu’elle parle aussi bien qu’eux, les français.

 

Nouvelle nourriture, nouvelles habitudes, nouvelle vie. Comment grandir loin de l’Iran, de ses senteurs, de sa grand-mère, de ses origines….?

 

Conflit avec le père qui veut qu’elle n’oublie pas le persan, sa langue maternelle. La jeune fille refuse, elle est si loin de ce pays. Elle finira par céder.

 

Premier voyage en Iran. Bonheur de retrouver sa famille et surtout de revoir sa grand-mère. Elle ne veut pas repartir. On lui explique qu’elle est folle, que l’avenir n’est pas ici pour elle. Elle de la chance de vivre dans un pays libre et elle veut s’enfermer sous un tchador. Il n’en est pas question. Elle retourne en France. 

 

 

Le roman de Maryam Madjidi est une pure merveille. Elle y a glissé ses rêves mais également ceux de ses parents. On vole au-dessus de ses mots, planant  entre  des contes et de la poésie. On croit en la bonté des fantômes qui lui parlent. Elle nous crie ses vérités pour effacer sa double identité. Elle nous cisaille le coeur à travers le regard d’un enfant exilé par la bêtise des adultes. Rouge, noir,rose, blanc, gris, bleu; une palette de couleurs innombrables dansent sur chaque lettre. 

 

Un livre d’exil, un livre de non oubli. Vous n’en sortirez pas indemne de cette lecture.

 

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03 mars 2017

La libraire de la place aux Herbes de Eric de Kermel

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Nathalie quand elle découvre que la librairie de la place aux Herbes est en vente n’a plus qu’une idée : l’acheter. Son mari Nathan architecte est d’accord. Elle quitte donc son métier d’enseignante et change tout à fait de vie.

 

Elle va devenir Passeuse de livres et former des liens entre elle et ses différents clients.

 

Que dire de ce livre ? Qu’il est gentil tout simplement. Un monde de bisounours où la libraire raccommode des personnes qui ne se voient plus, elle aide une cliente à accepter sa grossesse, elle tombe même amoureuse mais en rêve bien sur….

 

 

Le roman est basé sur l’affectif que les lecteurs ont par rapport aux livres ainsi que le relationnel entre une libraire et ses clients. Et l’on tombe dans un roman style Jeannine Boissard. Auteur que j’apprécie mais dans ce cas ci c’est un échelon en dessous.

 

Il n’y a qu’une ombre au tableau : Nathalie est en conflit avec sa fille qui ne veut plus la voir mais rassurez vous, tout finira bien.

 

Si vous avez envie de découvrir Uzes, vous serez charmé par la description de cette petite ville du sud. 

 

J’ai abandonné en cours de lecture. 

 

Par contre, chaque chapitre est précédé par une illustration de Camille Penchinat et là c’est un point positif. 

 

 

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28 février 2017

Chère Brigande de Michele Lesbre

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Attirée dans une soirée, par une femme seule à la longue chevelure rousse dont personne ne connait l’identité, le jour où elle découvre une sdf à la chevelure rousse, installée devant une boutique, l’écrivain est persuadée que c’est la même personne.  Tentative de communication mais la femme ne répond pas, comme si elle était en dehors de toute cette société qui l’entoure. Libre d’être ce qu’elle désire.

 

Un jour  la femme a disparu juste une inscription « où es tu Marion » sur le mur où elle s’adossait. Pour continuer cette rencontre , partir à la recherche de la rebelle rousse Marion du Faouët, là bas à Quimper où elle fut pendue en 1755. Marion pour s’accrocher au vent face à la pesanteur. 

 

« Puis elle a disparu. il m’a semblé qu’avec elle disparaissait cette mise en garde qu’elles représentaient, elle et toute cette humanité échouée sur les trottoirs de la ville. Nous aurions un jour des comptes à rendre ».

 

 

Suivre les traces de Marion dans les rues de Quimper, suivre les traces de ces moments du passé accompagnée du souvenir d’une histoire intime. 

 

Marion la rebelle qui ne voulait pas apprendre à lire ni écrire. Marion qui préfère s’amuser. Tu vas rencontrer Henri l’homme de ta vie. Mariage, enfants. Cela ne t’empêchera pas de créer ta bande de brigands pour venger les pauvres que le riches piétinent de leur mépris. Ta liberté on la pendra au bout d’ une corde. Tu ne rentrais pas dans les normes, pourquoi s’embarrasser d’une telle femme ? 

 

 

 

Michele Lesbre écrit une longue lettre à Marion Du Faouêt, lui rappelant la vie qu’elle a menée du temps où la Bretagne hurlait  famine. Elle lui raconte son face à face avec cette SDF qui ne peut être qu’un lien entre elles. Ces autres femmes qui ont lutté pour vivre comme elles l’entendaient. Ces femmes qui se sont insurgées contre  le rôle que les hommes désiraient les voir endosser.

 

« J’avais six ans quand les femmes ont pu voter pour la première fois, en 1945 ! Le droit à l’avortement ne sera reconnu qu’en 1975, grâce au courage de Simone VEIL qui le défendit sous les huées de nombreux parlementaires. Mais il faut sans cesse veilleur sur nos conquêtes, elles sont fragiles. »

 

Tenter de comprendre ce monde qui s’est changé en ce maelström de misères qui parsèment nos bonnes consciences. Tenter de ne pas désespérer. Tenter de serrer la liberté pour qu’elle s’envole plus haut encore et encore. Ne pas se laisser piétiner….

 

 

Première lecture de Michele Lesbre dans ma vie de lectrice et quelle lecture ! Une lettre sublime qui m’a remuée.  Trouver les mots justes, si difficiles. Un tout petit livre, une pépite. Soyez libre….

 

 Une autre avis la magnifique lettre de Sabine 

 

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27 février 2017

Presque ensemble de Marjorie Philibert

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Dans cette chronique, je vais déroger à ma synchro sainte règle de ne pas parler d’un livre que j’ai abandonné.  Mais parce qu’il fait partie des 68 premières fois, je me lance.

 

 

12 juillet 1998, finale de la coupe du monde où la France affronte le Brésil. Nicolas qui aime la foule unie dans l’amour du foot, se rend dans un bar où il va rencontrer le destin amoureux : Victoire. 

 

Première nuit et ces deux là s’embarquent dans une vie amoureuse qui ressemble à celle de deux êtres qui se sentaient seuls et puisque l’autre est là, pourquoi pas ?

 

Ils terminent leurs études. Victoire a une amie et Nicolas un ami qui vont également se mettre en couple. 

 

Etudes terminées, il faut chercher un travail mais sans grande passion.

Nicolas est sociologue et va trouver du trouver dans une société qui traite de faits de société. Victoire, quant à elle, est prise comme voyageuse dans des grands hôtels et doit en faire une critique élogieuse pour une revue de voyages. 

 Leur vie de couple est très calme.  Un petit appartement.  Une vie de couple sans grand désir et parfois cette peur en voyant la misère que cela ne leur arrive.

 

Un temps, ils adoptent un chat qui disparait vite de leur vie apparemment. Ils ne sortent presque plus, en totale symbiose. 

 

Ils commencent à s’ennuyer ferme dans leur train train. 

 

Nicolas va tromper Victoire avec une collègue et Victoire va tromper Nicolas durant l’un de ses voyages. 

 

C’est là que j’abandonne car l’ennui du couple m’a totalement envahie. 

 

 

C’est un roman très bien écrit, que j’ai apprécié au début mais ce manque de bonheur, ce manque d’émotion et ce manque de poésie qui n’illuminent pas les pages m’ont laissée sur ma faim.  Aurais- je du persister et continuer ma lecture ? C’est possible que j’y aurais trouvé ce que je cherchais. 

 

Un portrait d’une génération qui a un moment m’a fait penser aux Choses de Perec. Même genre d’analyse mais d’une autre génération. 

 

Ce roman plaira certainement à d’autres lecteurs et lectrices et tant mieux car un livre touche de façon différente chacun et chacune. 

 

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23 février 2017

La téméraire de Marine Westphal

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Dès les premiers mots, je savais que ce roman percutant avait gagné son pari.

 

Dans un pavillon qui ressemble à un cube, une pièce apparemment en désordre. Une femme avachie dans un fauteuil et le lit qui trône au milieu de la pièce de séjour. Dans le lit, le corps d’un homme victime d’un AVC. 

 

« avant c’était la pièce à vivre » 

 

Lo Meo et Sali sont mariés depuis plus de trente ans. Le couple qu’ils forment a donné naissance à une fille et un garçon. 

 

Lo Meo aime la nature. Son métier est de préserver cette nature intacte. Il maintient les sentiers en état et surveille les randonneurs. C’est en octobre que s’est arrivé. Il discutait sur les hauteurs du lac l’Oredon . Il discute avec un collègue de leur travail et en une fraction de seconde c’est la chute dans un autre monde.

 

Il va rester quelques mois à l’hopital mais il vit sans les machines donc il peut retourner  à la maison. 

 

Aidée de deux infirmières, Sali veille sur lui. Espérant jour après jour, nuit après nuit, un signe, un geste infime d’un doigt, un clignement de paupière qui lui ramène son Bartoloméo tel qu’il était avant.

 

Leurs enfants sont complètement perdus face à ce père. Maia se noie dans l’alcool et danse avec des corps inconnus. Gabin est figé dans sa peine.

 

Sali contemple son mari et peu à peu une idée germe en elle. S’il doit mourir, ce sera dans un endroit qu’il aurait aimé. Elle reprend des forces pour accomplir son magnifique geste d’amour.

 

 

Marine Westphal est infirmière et nous raconte non pas de manière chirurgicale mais poétique ce bouleversement du corps lors d’un AVC. 

 

 

« C’est une poussière  qui se perd dans l’espace et vient percuter le destin, comme une aiguille  un ballon d’anniversaire. Poc »

 

Comment vit-on l’état végétatif de l’homme qu’on aime ? Sali ne peut le supporter mais son amour est si grand qu’elle va accomplir ce que certains se refuseraient. 

 

 

Ce premier roman, je l’ai lu dans le cadre des 68 premières fois mais je l’avais déjà choisi auparavant car le thème m’intriguait.   

 

Un premier roman écrit avec des mots dans toute leur simplicité et qui nous entraine dans une danse d’émotions. Marine Westphal nous met face à face avec la maladie, en tout humanisme.

Premier roman qu’il ne faut pas manquer de lire.  

 

On le referme avec un uppercut au coeur.

 

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14 février 2017

L'immeuble Christodora de Tim Murphy

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L’immeuble Christodora édifié en 1928 et ayant connu due nombreux aléas mobiliers est réhabilité dans les années quatre vingts. Le père de Jared y achète un appartement, y établi un bureau et son fils durant ses études y vient régulièrement adorant New York. 

 

Jared va rencontrer Milly . Après une rupture, ils se retrouvent et se marient. Bien entendu ils intègrent l’appartement du Christodora pour y vivre pleinement leur amour ainsi que celui de l’art qui les uni car ils sont tous deux artistes.

 

Milly  est une angoissée. Sa mère Ava grande défenderesse de la recherche contre le sida souffre de dépression et de bipolarité. Missy en a souffert toute son enfance des changements d’humeur de sa mère. Elle même étant dépressive, elle ne veut absolument pas mettre au monde un enfant de peur que lui aussi souffre de la même maladie.

 

Dans l’immeuble vit également un homosexuel Hector qui est devenu quelqu’un d’agressif, après avoir perdu l’homme de sa vie Ricky qui ne voulait pas se faire soigner même si malade du sida. Il est tombé dans la spirale de la drogue et n’est pas fort aimé. 

 

Milly et Jared adoptent  un enfant Mateo. Milly est tombée sous son charme lors d’une visite à un orphelinat dont sa mère s’occupe. C’est un enfant qui aime dessiner, créer.

 

Les premières années se déroulent dans le bonheur mais à l’âge de quinze ans tout dégringole : Matto souffre de ne pas connaitre sa vrai mère même s’il possède une photo d’elle. La descente va commencer lorsqu’Hector l’initie à la drogue. 

 

Ce que Mateo ne sait pas et qui aurait pu le sauver, c’est qu’Hector connaissait sa mère Isabel Mendes, morte du sida contractée lors d’une relation sexuelle. Isabel Mendes après avoir été reniée par sa famille va devenir une militante pour que les femmes soient également reconnues par l’Etat comme malades du sida à égalité avec les hommes pour la couverture sociale. Si Mateo avait su tout cela, sa vie aurait été totalement différente. 

 

Ava, Milly, Jared, Hector, Isabel, Mateo. Il ne manque dans le cercle que Drew qui est la meilleure amie de Milly . La si belle Drew que Milly  a aidée à décrocher de la drogue dans leur jeunesse. 

 

 

 

Je me souviens au début de mes vingt ans de l’arrivée de cette maladie qui fut terrible. Les principaux touchés furent les homosexuels. Les homophobes de l’époque jubilaient de la mort de ces suppôts du dévergondage. La bêtise humaine était telle que des enfants étaient rejetés par les parents d’autres enfants. Certains imaginaient qu’un seul baiser pouvait vous transmettre la maladie.

 

Le livre raconte comment la communauté homosexuelle a du se battre pour que l’on arrive à trouver un remède. Il a fallu du temps pour que l’on comprenne que c’était l’association de certains médicaments qui pouvaient mener à la guérison même si le malade était toujours porteur du virus du sida. Pris séparément ces pilules aidaient quelque temps avant de trouver un autre traitement. 

 

Outre l’homosexualité, la drogue prend une part importante du roman. Un chapitre est particulièrement très dur, la descente d’un drogué vers l’overdose est totalement une descente aux enfers et rien ne vous est épargné durant ces quelques pages. 

 

Il n’y aucune haine dans le roman, des personnages auxquels on s’attache mais surtout des êtres humains qui aident les autres et dans notre société égocentrique à outrance c’est une bulle d’espoir qui nous permet de croire encore à la bonté car elle existe. Il faut s’y cogner tout simplement.

 

Et l’art, surtout l’art qui permet de créer des liens, d’échanger, de vivre….

 

« C’était différent. Ce n’était pas un besoin obligatoire pour eux de devenir artistes professionnels. J’était là pour les aider à trouver leur voie créative, et les initier à l’art et au rôle qu’il pouvait jouer dans leur vie. Surtout s’ils venaient de foyers difficiles. Avoir une feuille de papier et une boite de crayons…C’est une véritable échappatoire. »

 

Beaucoup seront peut être un peu perdus à la lecture car le roman se déroulant entre les années quatre vingt et deux mille vingt, les chapitres sont un mélange de ces années. On passe du futur au passé sans cesse. En tant que lectrice j’aime cette manière d’écrire. 

 

 

 

« Ces dernières années, il avait vu tant de couples vivre dans l’agonie permanente, à attendre que l’un ou l’autre meure, à réaliser qu’ils avaient une deuxième chance, à se réveiller au contact de la dure réalité d’une vie qui ne voulait pas les abandonner, finalement - des dettes, des factures, des emprunts, des emplois à trouver. »

 

 

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09 février 2017

Une femme au téléphone de Carole Fives

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Une mère telle que Charlène, il faut du cran pour la supporter. La soixantaine, seule dans la vie, elle ne cesse de téléphoner à sa fille. A toute heure. 

 

Pour lui annoncer qu’elle s’est inscrite à Meetic, se plaindre de tout et de rien. Un jour son fils l’énerve, l’autre jour il a toutes les qualités. Et puis elle l’écrivain, il faut y mettre du sien pour connaitre le succès, d’ailleurs elle a quelques idées de romans en tête. Bref, la mère super envahissante. 

 

Même quand elle on lui annonce son cancer, pas de perte d’énergie. Elle se rase la tête avant que les cheveux ne tombent et hop un perruque blonde. Elle n’arrête pas de fumer, pourquoi ? elle a déjà ce foutu cancer, on ne vas pas encore la chicaner  sur ça. 

 

Elle passe son temps à raconter au téléphone tout ce qui se déroule à l’hôpital. 

Quand elle retrouve sa maison, elle décide de peindre à tout vent. Mais oui j’ai peint du Matisse, comment cela pas du Matisse ! Picasso peut-être. 

 

Et zou, embarquée à l’hôpital psychiatrique. Sus à sa bipolarité. Et re appel téléphonique pour démontrer à quel point les gens sont bizarres dans ce genre d’endroit mais qu’on y est si bien. 

 

 

Re retour à la maison. La fille de son frère est insupportable. Sa belle fille enfin bref c’est sa belle fille. 

 

Et à nouveau recherche sur le net dans les sites de rencontre après l’homme , enfin l’homme car ma petite après cinquante ans il faut ramer.

 

 

Sans oublier la copine Colette qui parfois n’en peut plus et c’est la rupture très brève il faut bien l’avouer. 

 

Et voilà que sa fille, l’auteur, attend famille.  Tricoti tricotons.

 

« Allo, tu ne dors pas au moins ? Ca y est ils sont repartis, oh là là, quelles histoire. Qu’ils ne reviennent pas ici avec leurs gamins. Ca gueule, ça débranche les perfusions, ça saute sur le lit, ça se met des piqûres  dans le nez….Mais je suis calme, je suis calme, je tricote. Je termine ton pull, au moins si je meurs tu pourras porter quelque chose que je t’ai fait, il ne me reste que l’encolure et les finitions ». 

 

« C’est à quelle heure déjà ? Il faut vraiment que ça soit toi pour qu’on mette France Culture ! Tu stresses parce que tu passes à la radio ? Mais il n’y a pas de quoi. Tu te fais un monde avec ça alors que personne n’écoute. C’est pas RTL tout de même »

 

Un livre tragico comique qui amène le rire mais on n’ose imaginer ce que ressent la fille au bout de la ligne :   la colère, de l’angoisse et de la colère suivant les réponses de la mère. 

 

Et ce fond de tendresse  qui traverse l’humour. La mère raconte son enfance qui n’a pas été aussi heureuse que celle de ses petits enfants. Une mère qu’elle détestait. La séparation d’avec le père qu’elle adorait. Et cette solitude quand les enfants sont partis et qu’ils ne viennent pas vous voir assez souvent. 

 

Faut s’accrocher quand on  a une mère de cet acabit. 

 

A lire de toute urgence si vous êtes en perte de moral.

 L'avis de Cathulu

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