Les couleurs de la vie

16 février 2021

L'hiver du mécontentement de Thomas B Reverdy

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Fin des années septantes, Candice à l'energie de sa jeunesse. Elle pedale chaque jour pour distribuer du courrier et parcourt les rues de Londres.

Ce boulot lui permet de prendre des cours de théâtre. De fait elle fait partie d'une troupe de filles nommées les Shakespaeriennes. La troupe dirigée par Nancy va interpreter la pièce Richard  III, pièce qui raconte le pouvoir d'un roi qui en rêve.

Candice vit seule clamant avec bonheur sa solitude meme si elle en souffre. Elle pédale vers le changement qui s'annonce. La mue du monde va commencer mais elle ne s'en rend pas compte pour le moment.

L'automne arrivant, les choses comment à changer. Le pays va mal : trop de chomeurs. Leurs colonies étant devenues indépendantes, le trésor se remplit moins vite. 

Alors quand il s'agit d'une petite augmentation de salaire chez Ford, le pays commence à rugir de mécontentement. 

Le temps des greves debute et Une certaine Thatcher s'infiltre dans la mêlée. 

Candice pedale tout en percevant que rien ne sera plus comme avant. 

Elle aurait pu avoir une belle histoire d'amour avec Jones le musicien. Plus tard peut etre ....

 

Le pouvoir est un art, Shakespaere le demontre bien grace au personnage de ce Roi avide de tout dominer. Il n'y a pas de régle pour acquérir ce pouvoir, tout est permis. 

J'avais lu le roman à sa sortie et il m'enchante toujours autant.

Les mots de la pièce résonnent en accord avec les événements qui se déroulent en 1978-1979 en Angleterre. Et du chaos peut naitre un etre sans émotion, telle  celle qui fut nommée la Dame de fer.

Un excellent roman qui par sa relecture nous interpelle dans cette société actuelle. On s'adapte comme Candice prete au combat ou  l'on sombre comme Jones 

 

 

 

 

 

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15 février 2021

Tes ombres sur les talons de Carole Zalberg.

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Melissa grandit dans une famille modeste. Des parents aimants mais non expansifs. Je dirais des parents qui acceptent la vie telle quelle sans en demander plus. 

Melissa est très bonne élève donc il est évident qu'elle entame des etudes à la fac mais en emportant avec elle un manque de confiance, une impression de ne pas etre à sa place. Son milieu lui interdit de croire en elle. C'est par un blog, où l'on peut exprimer tout anonymement qu'elle se lache, qu'elle se peremet d'être Elle. Sans oublier son cercle de boiteux de la fac qui lui offre leur amitié.

Malheureusement, un jour elle fait un mauvais choix. Elle rejoint un groupuscule dont un gourou tire les ficelles. Melissa tout en se defendant d'avoir les memes pensées que ce groupe, continue à les cotoyer, attirée par cet homme qui les dirige. 

Un soir, pour lui prouver qu'elle est la meilleure, comme il le lui laisse s'imaginer, elle prend part à une action contre des réfugiés. Action qui va entrainer la mort d'un jeune enfant. Melissa étant en première ligne se sent responsable. 

Il lui faut du temps mais elle a un déclic et s'enfuit vers un autre continent. Portant la mort de cet enfant dans sa conscience. 

Au fil des jours, durant le periple aux USA, elle change mais c'est une tuerie à Pittsburgh et surtout la rencontre avec Jane qui va permettre à Melissa d'éclore et d'accepter son acte.

 

C'est avec un reel plaisir que j'ai retrouvé l'écriture de Carole Zalberg. J'ai retrouvé cette choralité qui lui est chere debutant  par le Je de Melissa pour faire place ensuite au Tu et à Elle qui prennent le relais pour en dresser le portrait selon leur ressenti. Et ces phrases qui ne vous laissent pas de répit. On ne peut que lire le roman d'une traite.

Je decouperais le roman en deux partie dont la première porte la couleur grise, qui ne devient jamais noire, car Melissa même si elle fait l'erreur d'adherer à l'extrémisme, ne s'y plonge pas totalement. Elle  vit dans une illusion. Et la deuxième partie s'ouvre au fil des pages vers une couleur dorée pour atteindre celle du soleil. 

Petit coup de coeur pour le personnage de Jane qui a la bonté en elle, qui ne juge pas, qui permet à Melissa de s'ouvrir. Elle est un relais pour que Melissa continue sa transformation.  

Un roman qui analyse notre société, qui reflete le desarroi de la jeunesse. Un roman qui rappelle comme l'amitié peut etre belle a travers le club des  boiteux . Un roman sur toute les rencontres. Un roman qui nous met face aux actes fautifs qu'on n'oubliera jamais et que l'on devra affronter toute sa vie. 

Un roman qui se termine comme chaque roman de Carole Zalberg par l'espoir.

Que les ombres des lecteurs soit nombreuses. Ce roman le mérite amplement. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 décembre 2020

Carnets de New York Paolo Cognetti

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New York m'a toujours fascinée donc il était bien naturel que je happe ce livre  chez ma libraire d'autant plus que j'aime l'écriture de cet auteur.

 

En 2003, Paolo Cognetti, s'envole vers New York pour la réalisation d'un documentaire sur les écrivains américains. C'est une véritable rencontre entre un homme et une ville. Durant dix ans, il n'aura de cesse d'y retourner chaque automne avec un grand questionnement de ses amis. Comment a t-on envie à ce point de retourner là bas?

Paolo Cognetti nous offre donc ces carnets de New York dont chaque récit est accompagne d'un plan réalise par lui meme du quartier dont il nous conte la vie. 

"Les recoins du monde que tu observes le plus souvent sont ceux dans lesquels tu te refletes, les choses qui te marquent sont autant de decouvertes que tu fais sur toi. C'est peut-etre pour cela que j'aime New York : dans la myriade des villes qu'elle contient, il y en a une aussi qui me ressemble comme si je l'avait inventée."

Paolo Cognetti va parcourir différents quartiers. Il nous en explique l'historique mais surtout les silhouettes de tant d'écrivains le précédant : Melville, Walt Whitman, Kerouac, Colson Whitehead, Paul Auster, Henry Roth, Grace Paley. La liste est longue. New York attire "les chasseurs de fortune, les souffleurs de bulles de savon et des reves brisés".

L'écrivain solitaire se lie d'amitié avec son propriétaire italo américain qui forme un duo avec son ami Jimmy, duo digne d'un film. 

D'année en année, il voit New York se transformer car c'est une ville qui ne cesse de changer tout comme ses habitants. 

"New York fait peu de cas de ces lieux. On dit que, parce que Manhattan est une ile et qu'elle ne peut plus s'étendre, elle est obligée de démolir et de reconstruire pour vivre."

Ces carnets sont intimement poétiques, une promenade litteraire, un message d'amour a New York. Un bonheur de lecture. 

"Sur le quai au pied du pont où je me trouve restent de cette époque quelques vers gravés sur le parapet pour souhaiter la bienvenue aux hommes du futur. Inutile de préciser le nom de l'auteur. Le tire de ce poeme :"Sur le bac de Brooklyn".

 

 

 

 

 

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10 décembre 2020

Au péril de la mer Dominique Fortier

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Il faut imaginer le Mont Saint Michel perdu comme une île au XVième siècle. Les seuls voyageurs qui viennent s'y abriter sont les pélerins. La grande abbatiale n'est encore qu'en construction. Oublier notre siècle pour pénétrer dans le coeur des moines qui y vivent et suivre les pas du portraitiste Eloi.

 

Eloi est tombé amoureux d'Anna qui ne lui appartient pas puisqu'elle va se marier. Ils vont devenir amants. Meme mariée, elle reviendra vers lui. Il aime quand elle lui raconte une pays de licornes et de betes merveilleuses, lui le peintre qui ne sait pas lire.  

Mais Anna meurt et Eloi complètement perdu pense qu'il va devenir fou, passe sa vie dans les tripots, couche avec les putains jusqu'au jour ou son ami Frère Robert lui tend la main. Il l'emmene au Mont Saint Michel pour le sauver.

Eloi ne veut plus peindre alors il acceptte de gratter la plume et devient copiste lui qui n'a jamais lu un livre.

A travers sont regard, on découvre l'univers de ce lieu quand aucune digue n'y aboutissait. Seule la mer y est une compagne. Il vit entouré de ces hommes qui vivent au milieu d'une terre isolée. Ils lui parlent des livres, des plantes, jamais de Dieu. 

Un beau jour, un groupe d'enfants envahit le Mont, désirant voir Saint Michel. Ils arrivent de pays étrangers et c'est une partie de cette enfance qui va sauver Eloi. 

En paralelle de la vie d'Eloi, l'auteur confie cet amour depuis l'enfance pour cet endroit. Elle  y retourne jeune maman. Elle nous conte le passé historique de cet endroit magique. Elle se pose des questions en tant qu'ecrivain.  Elle effeuille des mots latins et l'on en ressent la beauté. 

C'est le deuxième livre de Dominique Fortier que je découvre. Son ecriture voyage entre la poésie, le reve, la douceur car oui l'écriture de Dominique Fortier est faite de douceur. Et j'en redemande.

 

"Tournant avec précaution, les feuillets épais, il admirait les exquises "marginalia qui n'avaient rien perdu de leur éclat en cinq siècles. Le moine qui les avait faites était mort, effacé à jamais, mais les images continuaient de s'animer sous les yeux et les doigts d'un frère inconnu. Ce dessin sur la page était étranger à l'orgueil, il ne connaissait que la couleur."

 

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08 octobre 2020

Les villes de papier de Dominique Fortier

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C'est avec un pur bonheur que j'ai découvert l'écriture de Dominique Fortier si légère et poétique évoquant la vie d'une poétesse dont on parle très souvent.

Emily Dickinson , une personne différente, une poétesse.

C'est un chemin d'écriture des différents lieux ou Emily vecu entre Amherst lieu de naissance, Boston, le seminaire et surtout la maison fémiliale Homestead, la poésie ne la quitte jamais. En duo, Dominique Fortier évoque les différentes maisons où sa vie la porte. Car qu'on le veuille ou non, chaque endroit, chaque mur qui nous tient lieu de maison, laisse une trace et influence nos jours.

 

D'emily Dickinson, on sait peu de choses en réalité. Elle est née dans la riche famille Dickinson. Un frère et une soeur qu'elle adore. Une mère un peu dépressive et un père assez imposant mais on accepte Emily telle qu'elle est dans ses rêveries. 

Emily adore la nature. Elle observe. Elle imagine. Elle confectionne meme un herbier qui est toujours conservé à Harvard.

Emily comme un papillon, vole de mots en mots qu'elle gratte sur des petits papiers, cachés dans sa chambre.

Elle ne se mariera pas. Aucun enfant.  Plus âgée, elle décide de se vetir de blanc. Elle se récluse au long des années qui passent dans sa chambre et si visiteur il y a, elle place un paravent entre elle et lui. Ses poemes, elle ne veut pas les publier. 

Née en 1830 et morte en 1886 dans la même maison, Emily s'est évadée. 

 

"Chaque fois, qu'elle ouvre le livre saint, Emily s'attend à voir jaillir ces villes et leurs multitudes, comme dans certains volumes pour enfants des découpages s'élèvent en pliures compliquées  pour former un cabane, un château, une foret de papier."

 

"Les mots sont de fragiles creatures à épingler sur le papier. Ils volent dans la chambre comme des papillons. Ou bien ce sont des  mites échappées des lainages-des papillons à qui manquent la couleur et l'esprit d'aventure."

"Toutes les rues pour moi sont des maisons de papier."

 

Un plus que magnifique portrait, romancé, de la poétesse qui n'aurait certainement pas imaginé qu'en 2020, elle serait considérée comme un grand auteur et encore lue.

Et l'écriture de Dominique Fortier est une enfilade de portes qui nous méne dans la poésie d'Emily.

 

 

 

 

 

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15 septembre 2020

Le lièvre d'Amérique Mireille Gagné

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C'est en s'inspirant de la  fable algonquienne de Nanabozo, que Mireille Gagné nous emmène sur les traces du lièvre d'Amérique. 

 

Diane, considérée dans notre société comme une travailleuse hyper acharnée est jalouse des performances d'une autre collègue. Cette dernière lui glisse une carte qui permettra à Diane d'atteindre les memes performances. 

Le roman débute après une opération que l'on comprend très vite capable de modifier les genes de l'humain.

Diane tout en découvant sa transformation, repense à l'Ile aux Grues où elle a passé son enfance. Et ce garçon etrange Eugène qui etait fou du monde animal.  Eugène qui a un jour disparu et qu'on n'a jamais retrouvé.

Diane à son tour a quitté lîle et n'y est plus jamais revenue. Son monde n'est basé que sur le travail pour grimper et encore grimper. 

Au fur et à mesure de sa transformation, Diane revient vers le monde minéral et animal. Elle prend la decision de retourner sur l'île.

Elle y retrouvera Nabonozo qui vient aider les égarés. 

"Elle s'approche d'un bouleau jaune. Son visage touche l'écorce de l'arbre rêche. Ca lui rappelle son enfance. Elle colle son oreille contre le tronc. Elle croirait presque entendre la pulsation de la sève qui monte et qui descend"

 

Outre nous offrir une belle fable, Mireille Gagné nous explique la vie, les moeurs du lièvre d'Amérique et nous n'avons qu'un désir, suivre ses traces.

Un très beau roman. 

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24 janvier 2020

Les Testaments de Margaret Atwood

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Trente cinq ans après la servante écarlate, Margaret Atwood nous apprend enfin la naissance de l’Etat totalitaire de Galaad.

 

Tante Lydia écrit son testament et sa vie à partir du moment ou le commandant Judd prit le pouvoir dans une partie des USA. Les premières victimes furent les femmes, intellectuelles surtout. Car l’Oeil, donc Dieu de Galaad, donne le pouvoir total aux hommes. Les femmes ne sont plus rien. Elles seront confinées a être des épouses et juste bonne à assurer la descendance. Lire est une aberration pour la gent féminine car elle sont si stupides qu’elles ne pourrait comprendre le sens des livres.

 

Celle qui va devenir Tante Lydia, fine mouche, acceptera de se soumettre mais à une condition que ce soit elle et d’autres femmes qui décident de tout ce qui aura trait à la vie féminine de la communauté.  Les Tantes seront donc les seules femmes a être protégées de tout.

 

 

Mais  de tout autoritarisme, la pourriture s’étend peu à peu. Un réseau d’activistes au Canada aide les Servantes qui s’enfuient et elles sont de plus en plus nombreuses. A Gadaal, les bébés naissent en grand nombre avec des malformations. Les autres Etats voisins les tolèrent mais il en faudrait de peu que tout change.

 

Le changement va venir grâce à de deux filles. L’une est née à Galaad , et la seconde vit au Canada. 

Celle qui réside au Canada ne sait pas encore qu’elle est le bébé Nicole emmenée dans sa fuite par la servante écarlate. Bebe Nicole que Galaad réclame à haut cri mais personne même pas l’interessée ne sait qui est bébé Nicole.

La première née dans une famille au pouvoir est destinée au mariage par sa belle-mère. Mais elle ne veut pas épouser le Commandant Judd qui n’aime que les jeunes filles, très jeunes d’ailleurs. 

Elle va rejoindre son amie Beka dans l’antre des Tantes. Et va devenir une Perle, jeune novice.

  

Tante Lydia, pose ses pions afin que Galaad soit détruit.  La réunion des deux jeunes filles est inscrit dans ses plans. 

 

Roman percutant car il aborde tant de thèmes. La condition féminine en est le point central qui nous rappelle qu’à notre époque beaucoup de nos soeurs féminines sont encore plongées et ce par le pouvoir patriarcal dans état qui n’en fait que des servantes. Unique monnaie marchande pour des mariages et ce à peine sortie de la puberté.

 

On pourrait également le pouvoir aveugle de la Foi. La manipulation de toute éducation de l’écriture et de la lecture.

 

Mais surtout se rappeler que toute démocratie n’est jamais à l’abri. 

 

Le livre se termine par un chapitre romancé de l’historique de Galaad, de sa mémoire. Et cela nous rappelle que la transmission mémorielle est essentielle.

 

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22 janvier 2020

Dry Bones de Graig Johnson

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Ouvrir une nouvelle aventure policière de Longmire c’est comme retrouver un ami. Mais au fil des années il évolue quand même, de manière imperceptible, mais ….

 

Dans ce nouvel opus, il est question de Jen, la femelle tyrannosaure. Jen car la jeune fille qui l’a découverte se prénomme Jeniffer.

 

 

Tandis que l’on extrait Jen de ses années d’endormissement, Longmire accompagnée de Vic sont appelés pour extraire un corps déjà un peu dévoré par les tortues. 

 

Longmire a un autre problème, sa fille Candy arrive avec sa fille et lui, vous le connaissez, ne sait jamais quoi faire. 

 

Le mort est Danny Lone Elk, de la première nation. Il possédait le terrain sur lequel Jen a été découverte. Il vit dans un ranch avec le reste de sa famille. Il vivait dirions nous plutôt.

Danny ayant été un adepte de la divine bouteille, est-il tombé à l’eau après avoir avalé le divin whisky qui emplit encore la flasque dans sa poche? Peu probable mais on ne sait jamais.

 

En plus de tous ces problèmes, le FBI montre le bout de son nez. Un jeune procureur se pointe également déclarant que la tête du tyrannosaure appartient à la nation et que nul ne peut le vendre.

 

Sa fille et petite fille à peine arrivées, le malheur tombe. Son gendre est tué dans l’exercice de ses fonctions. Heureusement Henry est toujours là pour seconder son ami quand l’émotion est difficile a exprimer.

 

De plus, le vieux shérif ayant voulu boire le divin nectar découvert dans la flasque est a deux doigts de mourir.

 

Et voilà Longmire qui court sur les chemins. Retrouver l’assassin de son gendre, car il se doute bien d’ou vient ce geste fatal, doit passer après son enquête.

 

 

Comme d’habitude, Longmire a parfois des visions, il ponctue un peu moins ses phrases de ouaip, il frôle la mort et il est inoubliable.  Vive Longmire.

 

 

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20 janvier 2020

Après le monde d'Antoinette Rychner

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En 2022, la côte ouest des USA est dévastée par un cyclone. Les montants que devraient débourser les assurances suite à ce cataclysme sont astronomiques. Ces assurances tentent d’obtenir des crédits. En vain. La bourse tourbillonne. La Chine réclame le remboursement des crédits accordes. Les USA s’effondrent. 

 

En Europe, tout continue a tourner pour quelques mois car dans le monde hypermondialisé lorsqu’un domino tombe, les autres chutent également. D’autant que le dollar était la valeur référence mondiale.

 

Petit à petit les effets vont se faire ressentir. Licenciements, fermetures d’usines exportatrices de pétrole, jusqu’au jour où la carte plastique sésame de la société est refusée. Les  banques ferment et les épargnants sont refoulés.

 

Les gouvernements tentent vaillent que vaillent de trouver des solutions mais peine perdue et c’est la révolte qui éclate. 

 

Pendant ce temps, les femmes ont compris qu’il fallait compter l’une sur l’autre pour échanger, aider mais encore à petite échelle.

 

Le pays qui est la Suisse est jetée en pâtures à tous les profiteurs de toute sorte. Il faut se cacher. Ne pas dire qu’on a travaillé dans une banque. Se méfier de tout le monde. 

Plus personne pour s’occuper des personnes âgées, plus de médicaments. La société connue n’existe plus.

 

Viols, vols, tout est bon pour se sentir puissant.

 

Peu après, des milices « les Helvètes » prennent le pouvoir. Milices au gout de nazisme. Vous devez prouver que vous êtes  né ici si vous avez la peau claire. Si votre peau est noire, vous êtes parqués dans des camps de travail ou expulsés du pays.

 

Barbara et Christelle ont été expulsées. Christelle accompagnée de son mari et de leur fils Marco. Ils vont devenir les immigrés des autres à leur tour.

 

Quelques années plus tard, le quatuor revient dans la maison que Christelle avait du quitter. Marco n’est plus là mais une petite Jana est née.

 

Barbara et Christelle n’ont qu’un désir transmettre.  Elles écrivent et Christelle devient le chant guttural de ce récit du temps d’avant. Ne pas oublier surtout. Christelle aime se penser en barderesse. 

 

Le pays n’est plus gouverné par les Helvetes mais il faut continuer à se méfier de tout le monde. 

Vaille que vaille les femmes et hommes tentent de rétablir une société qui n’est plus celle d’avant mais ce n’est pas toujours évident. Plus de machines agricoles, ce sont les animaux qui tirent les charrues. Chacune et chacun tente d’apporter son expérience passée pour s’en sortir. Plus de réseau bien entendu.

 

Dans certaines communautes, l’électricité est revenue grace aux éoliennes mais tout doit être partagé entre chacun et chacune. Un sursaut de réseau est rétabli mais très faible

Les communautés acceptent tout arrivant du moment que le partage peut continuer à être équitable. Si un problème arrive qui distord ce partage, l’assemblée décidera de qui peut rester ou non. Le quatuor va en faire les frais, suite à la grêle qui a détruit toutes les récoltes. 

 

Barbara et Christelle n’ont qu’un désir transmettre.  Elles écrivent et Christelle devient le chant guttural de ce récit du temps d’avant. Ne pas oublier surtout. Christelle aime se penser en barderesse. 

 

Et en 2049, le changement climatique est devenu terrible. 

 

 

« Nous contemplons de loin de ce qu’il est advenu de nos paysages aimés. Les couleurs n’y sont plus, ni les textures : les flancs autrefois boisés sont nus, des étendues galeuses ont remplacé les champs et nul mouvement ne fait plus scintiller le lit des rivières »

Mais le relief de fond, les courbes ancestrales sous le ciel se laissent reconnaitras, en langue maternelle traversant le malheur. Voilà ce qui subsiste pour nous faire comprendre la Terre comme seule patrie possible »

 

 

 

Dans ce roman, on découvre le nous qui est le monde racontant ce qui est arrivé. Et des femmes que Barbara et Christelle ainsi que la famille croisent durant leur errance. 

Il y a ces écrits que Barbara conserve précieusement car dit-elle elle a difficile à les mémoriser. Christelle les chante si divinement. 

 

Que dire de ce roman qui invente ce qui pourrait être notre futur ? Qu’il est terrible, qu’il est beau, qu’il est féminin, qu’il est chant, qu’il est souffrance, qu’il est poésie, qu’il est espoir, surtout espoir. S’oublier c’est oublier l’humanité. 

 

Ce n’est qu’un roman me dira t-on mais malheureusement, ce roman est la vision du future qui pourrait être un jour. 

 

 

Un coup de coeur même plus qu’un coup de coeur, une prise de conscience.

 

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24 juin 2019

Les mémoires d'un arbre de Carole Zalberg

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Comme lectrice, je suis indéniablement amoureuse de l’écriture de Carole Zalberg. 

 

Mais son premier roman en était-il déjà le reflet ? Dès les premiers mots, j’ai été bluffée par cette écriture qui était déjà si belle. Comme l’arbre, elle a changé bien évidement au cours des années, ses bourgeons se sont développés mais quelle maturité déjà.

 

Ce roman a été édité il y a 17 ans. Carole Zalberg pensait déjà à l’arbre comme un être vivant, ce qui est devenu évident de nos jours. Son futur de l’humanité est tellement visionnaire. Je suis admirative.

 

A travers les mémoires d’un arbre, on découvre outre la vie de cet arbre, le regard qu’il porte sur ce qui l’entoure mais surtout des humains qui viennent s’abriter contre lui avec leurs joies, leurs peines, leur désir.

 

Agé de vingt siècles, il a assisté tout petit à la cupidité des hommes, à ce désir d’avoir toujours plus et la destruction que cela implique,. Il a affronté la colère, il a été  le témoin de jeux d’amour entre deux poètes, il a laissé tomber l’un de ces fruits pour qu’un savant comprenne. Certains on gravé des mots dans son écorce, d’autre y ont sculpté un corps. Il est là toujours droit. Des musiciens se sont installés sous son ombrage. 

 

En tant qu’arbre, sa vie n’a pas été facile. Il fut l’un des rares rescapés d’une tempête. Il a vu le béton, les villes grandir. Il a frissonné en écoutant la musique Il s’est retrouvé tout seul sur une place. 

 

Il a entendu raconter ces trains qui arrivaient nulle part avec les humains à bord. Il a vu l’humanité se détruire.

 

Au fil des siècles, bien sur qu’il a vieilli, Il ne produit plus de fruits, ou si peu. Ses branches ressemblent à des bras décharnés mais il tient bon. Il sait que l’homme se relèvera toujours. 

 

« Malgré tout je tenais encore droit. Mes racines continuaient à fouiller le sol aussi profondément pour y puiser les sucs nécessaires à ma substance. Elles étaient aussi l’ancre  enfoncée loin dans la terre pour m’y arrimer solidement »

 

J’ai lu ce roman sous les arbres. Je l’ai terminé dans le train et j’ai regardé les arbres derrières les vitres. Souvent je me demande ce que le chêne en face de ma maison a bien pu voir en tant d’années. Donc je ne pouvais qu’aimer ce livre. 

 

Bref un coup de coeur. Entre ce roman et "où vivre", le chemin de l’écriture a changé bien évidement mais les pousses étaient déjà si belles. 

 

 

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