Les couleurs de la vie

24 juin 2019

Les mémoires d'un arbre de Carole Zalberg

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Comme lectrice, je suis indéniablement amoureuse de l’écriture de Carole Zalberg. 

 

Mais son premier roman en était-il déjà le reflet ? Dès les premiers mots, j’ai été bluffée par cette écriture qui était déjà si belle. Comme l’arbre, elle a changé bien évidement au cours des années, ses bourgeons se sont développés mais quelle maturité déjà.

 

Ce roman a été édité il y a 17 ans. Carole Zalberg pensait déjà à l’arbre comme un être vivant, ce qui est devenu évident de nos jours. Son futur de l’humanité est tellement visionnaire. Je suis admirative.

 

A travers les mémoires d’un arbre, on découvre outre la vie de cet arbre, le regard qu’il porte sur ce qui l’entoure mais surtout des humains qui viennent s’abriter contre lui avec leurs joies, leurs peines, leur désir.

 

Agé de vingt siècles, il a assisté tout petit à la cupidité des hommes, à ce désir d’avoir toujours plus et la destruction que cela implique,. Il a affronté la colère, il a été  le témoin de jeux d’amour entre deux poètes, il a laissé tomber l’un de ces fruits pour qu’un savant comprenne. Certains on gravé des mots dans son écorce, d’autre y ont sculpté un corps. Il est là toujours droit. Des musiciens se sont installés sous son ombrage. 

 

En tant qu’arbre, sa vie n’a pas été facile. Il fut l’un des rares rescapés d’une tempête. Il a vu le béton, les villes grandir. Il a frissonné en écoutant la musique Il s’est retrouvé tout seul sur une place. 

 

Il a entendu raconter ces trains qui arrivaient nulle part avec les humains à bord. Il a vu l’humanité se détruire.

 

Au fil des siècles, bien sur qu’il a vieilli, Il ne produit plus de fruits, ou si peu. Ses branches ressemblent à des bras décharnés mais il tient bon. Il sait que l’homme se relèvera toujours. 

 

« Malgré tout je tenais encore droit. Mes racines continuaient à fouiller le sol aussi profondément pour y puiser les sucs nécessaires à ma substance. Elles étaient aussi l’ancre  enfoncée loin dans la terre pour m’y arrimer solidement »

 

J’ai lu ce roman sous les arbres. Je l’ai terminé dans le train et j’ai regardé les arbres derrières les vitres. Souvent je me demande ce que le chêne en face de ma maison a bien pu voir en tant d’années. Donc je ne pouvais qu’aimer ce livre. 

 

Bref un coup de coeur. Entre ce roman et "où vivre", le chemin de l’écriture a changé bien évidement mais les pousses étaient déjà si belles. 

 

 

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Heartland de Sarah Smarsh

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Le Kansas, ses plaines, ses hivers très rudes, ses étés étouffants ainsi que ses tornades.

Ils sont venus d’Allemagne et de Suéde les ancetres, qui ont acheté pour un prix dérisoire une terre rude. Certains ont abandonné mais pas la famille paternelle de Sarah Smarsh. Elle est la cinquième génération de ces familles qu’on nomme les pauvres. Ces pauvres qui cultivent ce qui permet au reste du pays de manger et qui furent longtemps ignorées. Il n’y pas de place pour les pauvres aux USA.

 

 

A travers ce récit, Jerry Smarsh nous raconte ces quatre générations de mères célibataire dont elle est la lignée. Elle fait partie de cette cinquième génération mais elle n’est pas devenue mère. Par choix,  Alors elle raconte à celle qui aurait pu naitre tout sa famille et ce qu’elle ne voulait pas qu’elle connaisse. Fille mère aurait été la continuité de sa grand-mère, de sa mère. Elle désirait une autre vie. 

 

Parce que dans l’idéologie américaine, chacun peut réussir, ces pauvres sont méprisés, traités de paresseux. Alors c’est la débrouille entre l’alcool, les anti dépresseurs, la cigarette, Et les femmes sont les plus courageuses, frappées par les hommes, abandonnées ou prenant la poudre d’escampette, elles ont un courage inébranlable.

 

La mère de Sarah Smarsh n’a que 16 ans lorsqueelle donne naissance à son bébé. Elle s’est mariée à un jeune qu’elle n’aime pas plus que cela mais c’est lui le père. Donner de l’amour à sa fille qu’elle ne désirait pas, c’est comme une limite. Son mari va construire leur maison de ses propres mains non loin de la ferme familiale. Et pour faire bouillir la marmite, elle va suivre des cours pour travailler dans l’immobilier tout comme sa grand-mère avait suivi une formation pour travailler au palais de justice. Toujours tenter d’avoir mieux tout en sachant que de toute façon leur condition est d’être pauvre et qu’il est hors de question de monter plus haut dans l’échelle sociale. Leur place est là et elles s’y maintiennent. Ainsi en a décidé le reste des USA. 

 

Sarah n’a qu’un désir :échapper à tout cela. Mais pour en échapper, il faut subir les paroles et les regards du reste de la famille qui se demande qu’elle est cette lubie ? Son grand-père paternel lui va y croire, en silence mais il va y croire. 

 

Alors elle raconte à August en imagination, cellle qui aurait pu être  sa fille , et qui ne sera pas , ce que c’est que d’être méprisée comme enfant pauvre dans une école, ce que c’est que lorsqu’on constate qu’elle est intelligente, on la rabaisse. 

 

Mais grâce à certaines mains tendues et la filière scolaire et universitaire pour les pauvres, toujours les pauvres, elle y arrivera. Elle ballotera entre la vie avec sa mère et surtout sa grand-mère car la ferme est son ancrage. Malgré cette vie chaotique, Sarah Marsh est devenue journaliste. 

 

 

« Comme moi, ils avaient été obligés, au cours de leur vie, d’habiter un temps dans des endroits que les gens associent à la pauvreté : caravanes à la carlingue cabossée au-dessus des roues, appartement insalubres aux cages d’escalier sans lumières, maisons aux peintures et aux papiers peints surrannées, équipées d’appareils électriques cassés. Il leur arrivait cependant de faire une maison décente, voire belle, à partir d’un bien acheté ou loué pas cher, abandonné par des gens moins ambitieux et moins bricoleurs. Ils m’ont enseigné tout ce qu’ils savaient, ne serait-ce parce que je donnais un coup de main gratis; »

 

« Ces femmes connaissaient le sens d’une vie de lutte au bord de grandes routes et, en tant que descendante immédiate, je sentais leur destins’imposer à  moi. Ces femmes que j’aimais, qui représentaient autrefois pour moi la puissance incarnée, m’apparaissaient désormais comme des petites filles blessées et le foyer que nous avions partagé, une chose était certaine : je fichais le camp. »

 

 

Un récit qui m’a bouleversée. Cette pensée aux USA que si vous êtes pauvres vous êtes fautif de votre pauvreté, est terrible. La honte des pauvres qui ont une aide sociale qui n’est pas celle de l’Europe, mais elle existe quand même, car ils s’imaginent qu’ils n’y ont pas vraiment droit. Ce mépris de la pauvreté qui vous laisse dans une case d’on vous ne pouvez échapper car malgré vos efforts tout est fait pour que vous restiez dans cette case établie depuis des lustres.

 

Heureusement certains et certaines arrivent à se déplacer de case par leur volonté et surtout grâce à des autres humains qui croient en eux. 

 

Un coup de coeur… pour toutes ces femmes.

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08 avril 2019

Moi, Marthe et les autres d'Antoine Wauters

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Nul ne sait dire, ce qui est arrivé. L’ancien monde n’est plus que loque. 

 

Ils vivent en groupe dans ce qu’ils nomment une grotte. Combien sont-ils ? Assez nombreux apparemment.

 

De cet ancien monde, le Vioque leur à laissé des refrains de Johnny Hollyways. Il leur a raconté les magasins bourrés d’articles, la foule mais eux ont difficile à imaginer. Le Vioque n’est plus là mais il leur quand même appris à lire et à compter.

 

Quel âge ont-ils ? De jeunes adolescents ? De jeunes adultes ? On ne sait pas. 

 

Il y a le conteur, grâce à qui on comprend leur vie. Ils cherchent à manger dans le vieilles ruines. Ils se cachent des autres. Et ils sont cannibales oui cannibales. Il faut survivre.

 

Il n’y a pas de Dieu dans ce monde. Ils enterrent les corps la tête vers le bas pour que le coeur dans la terre puisse à nouveau revivre. Et ils forniquent femmes hommes, ils forniquent. Surtout Marthe car elle prétend qu’il faut un bébé pour continuer. Un bébé c’est le renouveau.

 

Ils décident de fuir Paris car cela craint de plus en plus, voir la mer et naviguer vers une île. Car là bas, tout est peut être différent.

 

 

Ce roman est constitué de petits récits de vie, très courts mais très denses.

 

Tout ce qui compose notre monde actuel a été détruit et c’est avec humour que les mots sont déformés parce que les lettres se décomposent. 

 

On découvre des êtres qui évoquent les premiers hommes. Ne nous leurrons pas, nous descendons de gens qui ressemblaient à Marthe et les autres. 

 

Ce qui me frappe dans ce roman, c’est l’espoir, l’espoir qui reste même dans l’horreur. Car ce groupe veut vivre, désire un futur. Ils doivent continuer. 

 

Et puis cette poésie qu’Antoine Wauters distille sous la forme d’un papillon comme un conte. C’est si beau.

 

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01 avril 2019

A happy woman de Fanny Chiarello

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Fin 2017, Fanny Chiarello s’est envolée vers New York ayant obtenu une bourse de résidence littéraire. Son objectif est de rencontrer Meredith Monk, avant gardiste dans tout ce qu’elle entreprend : musique, théâtre, etc.

 

C’est le récit de rencontres. Celle qui est essentielle pour Fanny Chiarello et également chacune et chacun des êtres qui côtoient Meredith au jour le jour.

 

Alors Fanny  note dans un carnet. Elle note la manière dont l’appartement de Meredith est agence.  Et elle qui prend le métro ne peut s’imaginer que l’artiste le prend également. Quelle est le quotidien  de cette artiste en réalité ?

 

Le livre est donc composé du journal de bord de Fanny qui décrit les répétitions, cette frontière qui peut parfois se ressentir quand on ne fait pas partie d’un groupe surtout quand on parle pas parfaitement l’autre langue.  

 

Une autre partie relate les questions posées à Mérédith et qui répond aussi bien sur son activité artistique que sur sa vie un peu plus personnelle. 

 

Sans oublier les photos qui parsèment les pages.

 

 

 

On retrouve avec bonheur l’écriture de Fanny Chiarello et sa sensibilité à l’extreme. Sensibilite que l’on peut retrouver sur son blog à travers ses photos car en plus d’être écrivain, elle est une merveilleuse photographe. 

 

Meredith Monk je n’en avais jamais entendu parler comme beaucoup je pense mais Fanny Chiarello nous donne  envie de partager cette émotion qu’elle ressent en regardant et écoutant Meredith.  Car l’auteur est également fan de musiques diverses. D’ailleurs elle avoue à Meredith que certains de ses amis lui disent d’arrêter quand elle leur fait écouter cette dernière. 

 

Ce que j’ai apprécié ce sont les descriptions du travail artistique, la manière dont elle perçoit chaque personne et puis cet échange entre un auteur et une artiste concernant l’art du chant, leurs échanges sur les collaboratrices qui entourent Meredith.

A vous de le lire à votre tour...

 

 

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28 mars 2019

Je suis un arbre de Carole Zalberg

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Normalement ce sont les parents qui portent les enfants, Fleur elle doit soutenir sa maman. Du haut de son mètre quatre vingts, elle se dit un arbre. L’arbre sur lequel sa maman peut s’appuyer. 

 

Fleur vit seule avec sa maman qui est alcoolique. Son papa est parti car il étouffait, s’est remarié et est à nouveau papa. Mais il surveille de loin Fleur qui a décidé de vivre avec sa maman même si la vie n’est pas toujours facile à prendre soin d’elle. Elle sait que sa maman l’aime et Fleur l’aime aussi cette maman qui ne joue pas son rôle d’adulte. 

 

Et puis, il y a Louna, son ancrage, son amie de classe. Celle qui lui apporte du rire dans son quotidien solitaire. 

 

 

C’est un tout petit livre, que l’on lit sans s’arrêter. Un roman jeunesse qui raconte sans aucun pathos, le quotidien et les émotions d’une enfant confrontée à l’alcoolisme parental. Et je pense à toutes les Fleur du monde entier.

 

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27 mars 2019

Doggerland de Elisabeth Filhol

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Doggerland, un nom donné par les geologues à ce morceau de continent qui reliait l’Angleterre à l’Europe il y a plus de 8000 ans et qui disparu suite à un tsunami.

 

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"Le Doggerland est une enclave mésolithique dans l'époque moderne, qu'on est quelque'uns à faire revivre, et c'est bien notre époque qui nous en donne les moyens. Notre travail ne fait que prévenir la disparition de l'information, par des relevès, des prélèvements, la collecte de certains matériels. C'est la même chose à terre. Tu construis un parking, tu perces une autoroute, un canal de grand gabarit, les travaux sont suspendus ou ralentis, le temps des études, mais  c'est une course contre la montre. Puisqu'à terme tout ou presque sera détruit."

 

 

Margaret l’étudie tant et plus. Stephen son mari lui est créateur d’un parc éolien. 

Ils vivent tous deux à Aberdeen, enfin non loin. Parent d’un fils de 20 ans David.

 

La vie coule paisible et pourtant la tempête prend son envol. Naturelle autant qu’émotionnelle.

 

Xaver enfle sur la mer du nord. Le frère de Margaret l’observe lui le météorologue. Que va t-elle détruire ?

 

Stephen et Margaret doivent se rendre à Esbjerg pour des conférences colloques entre collègues. 

 

Margaret est abasourdie d’apprendre que cet homme qu’elle a aimé Marc, le français, y sera. 

 

Marc qui suivait les mêmes études, à St Andrews,  que Ted, Stephen et elle-même, a décidé qu’il ne resterait pas. Qu’il partait au Gabon travailler pour une firme pétrolière. Marc qu’elle aimait si fort, a disparu de sa vie il y a 22 ans.

 

La tempête fait rage tandis qu’ils se rendent à ce rendez-vous. 

 

 

 

« Aujourd’hui elle est dans la gratuité et lui dans l’argent sali, noirci des milliards de tonnes d’hydrocarbures partis en fumée, elle dans le désintéressement de l’oeuvre universitaire et l’engagement pour les générations futures à consolider le lien au passé, quand l’avenir qu’il contribue à leur construire n’en tient pas compte ».

 

 

Doggerland, je n’en avais jamais entendu parler. Et pourtant ce territoire git toujours au fond de la mer du nord.  Des troncs d’arbres en témoignent. Les humains vivaient également sur ce territoire englouti.  

 

 

C’est un véritable coup de coeur. De ce roman, j’aime l’écriture, l’histoire, les personnages. Je sais déjà qu’il fera partie des livres que je relirai donc il a sa place dans mes trésors.

 

En ce temps incertain que nous vivons face au climat, c’est un hymne à la terre, à la mer du nord,  à la nature, à la non désespérance, une dénonciation des causes de cette catastrophe qui s’annonce. Mais surtout, une description du passé de la planète bleue qui nous démontre bien qu’elle n’est pas inerte mais que dans les profondeurs elle craque, se fissure, se remodèle, se régénère, et que l’homme à tendance à l’oublier. 

 

Le dernier chapitre est …je n’en dis pas plus.

 

 

 

 

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25 mars 2019

La libraire mène l'enquête de Carolyn G. Hart

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Annie est au summum du bonheur. Elle peut bien fermer quelques jours sa librairie « Crimes à la demande » car elle se marie avec Max. 

Tout va pour le mieux donc mais c’est sans compter sur l’un de ses fouineurs Jesse Penrick qui passe son temps à surveiller ses voisins du Clos du Rossignol et à les menacer de révéler leur secret.

 

Donc ce jour béni, la fouine surveille, ce qui exaspère au plus haut point la collaboratrice d’Annie : Ingrid. Certains observent leur altercation de loin avant que la jeune femme ne se précipite car la cérémonie de mariage n’attend pas.

 

Annie et Max, enfin mariés, peuvent penser à leur nuit de noce car le voyage ne commence que le lendemain.

 

Annie et Max n’ont pas le temps de se poser que le téléphone retentit. Annie n’a le temps que t’entendre le cri de Ingrid appelant au secours.

 

Ni une ni deux, les époux se précipitent et découvrent le cadavre de la fouine une épée enfoncée dans son corps, gisant sur le tapis dans le salon d’Ingrid et d’Ingrid aucune trace.

 

Annie va tout faire pour retrouver son amie et prouver qu’elle n’a pas commis ce crime.

 

 

Très bon roman policier, bourré d’humour. La belle mère un peu fofolle. L’habitante qui s’imagine être détective et qui réagit comme chacun d’eux. Bref des personnages déjantées en grande partie.

Et en fin de récit, énumération de tous les livres policiers cités . 

 

 

 

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14 mars 2019

Echec à la Reine de Valerie Valeix

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C’est avec délice que j’ai débuté la lecture  des aventures d’Audrey, apicultrice bio, se déplaçant en deux chevaux, héroïne de de la série écrite par Valérie Valeix également apicultrice.

 

Audrey tente de trouver le moyen de sauver les abeilles et voyage de par le monde. 

 

De retour dans la ferme familiale léguée par ses grands-parents, elle doit revoir son maitre de stage, Janissou car ils doivent absolument sauver les abeilles d’un autre voisin.

 

A l’heure dite, elle arrive mais point de Janissou, même son chien a disparu. Elle découvre une lettre dans laquelle Janissou déclare qu’il va se suicider. Audrey n’y croit pas. 

 

Avec bonheur, Ludo le petit voisin lui ramène l’ami canin. Mais la disparition du Papé l’inquiète sérieusement d’autant qu’elle est certaine que la lettre n’a pas été écrite par lui. 

 

Malheureusement, la gendarmerie n’est plus aux ordres d’un autre ami mais d’une nouvelle recrue  revenue d’Afghanistan. Un Alsacien, le lieutenant Steinberger. Et cet homme considère l’inquiétude d’Audrey disproportionnée. 

 

Audrey s’engage donc dans une aventure qui la mènera vers une société secrète protectrice des abeilles : l’Apis Dei, créée par Champollion mais qui abrite un homme très dangereux et qui n'hésitera pas à tuer. 

 

 

Excellente intrigue policière mais surtout le monde de l’apiculture est décrit de manière intéressante. Si vous aimez ce genre de série policière, n’hésitez pas. 

 

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11 mars 2019

Mon temps libre de Samy Langeraert

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Commencer la semaine sans vous parler de ce magnifique premier roman, je ne saurais pas.

 

 

« Voilà deux semaines, que j’habite cet endroit et je pourrais aussi bien n’y avoir jamais mis les pieds. Tout est si calme, si renfermé que j’ai parfois la sensation de m’être installé dans le plus grand secret, à l’insu du propriétaire, de mes voisins et de l’appartement lui même, auquel je prête des yeux et des oreilles »

 

 

On sait peu de choses de cet homme qui raconte une année à Berlin. On sait qu’il y a déjà passé un hiver où il photographiait des silhouettes fantômes. Il y revient, ayant quitté Paris. Il y revient après une rupture amoureuse. Lui-même ne sait pas pourquoi. D’ailleurs il ne sait plus qui il est.

 

De cette femme dont il était amoureux, il n’en écrit que la lettre M. Il donne des cours de français le matin et traduit tout ce qu’on lui demande. 

 

Il regarde passer le temps. Il fait pousser des plantes sur son balcon. Il discute, parfois, avec sa voisine de balcon, une dame âgée.

Il n’attend rien. Il observe Berlin. 

Les jours où il se souvient de M, il ne recroqueville sur son lit.

Il continue à regarder. Il tente de réexister. 

 

Berlin loin des clichés touristiques.  Il raconte les renards, les enfants, les fêtes sur le toit, sa voisine, les arbres, la forêt.  Il prend le temps jusqu’à son son retour vers Paris. 

 

 

Et nous nous prenons le temps d’absorber tant de beauté d’écriture dans ce premier roman. Un coup de coeur. Un coup au coeur.

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21 février 2019

L'île où rêvent les nuages de Jean-Michel Bénier

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«  Je dis à la jeune femme qu’elle est la première personne que je vois lire depuis mon départ? C’est long à expliquer le Jura, l’est de la France, la frontière Suisse, Genève, Lausanne, les montagnes enneigées, les capitales Strasbourg, Paris, Bruxelles, Edinburgh. Les Hebrides en hiver, les voyage responsable. Je m’exprime sans élégance, je baragouine, je suis ému. Elle ne comprend pas tout. Elle s’étonne. Je me permets de lui demander le titre de son livre. Elle me montre la couverture. 

Elle lit 1984 de Georges Orwell »

 

 

Partir du Jura de son enfance jusqu’à l’île de Jura où Georges Orwell se réfugiait.

Redécouvrir les montagnes que l’on a parcourues du temps de sa jeunesse pour se diriger vers un lieu hérissé de vagues.

 

Carnet de notes, jamais seul car les écrivains le suivent par delà les mots. Flaubert, Tesson, Orwell…ils sont là et décrivent également. 

 

Partir mais pas en avion, partir en train, en ferry, en car, en bateau. Partir et déjà imaginer le prochain roman.

 

Retrouver cette femme navigatrice qui fera partie du roman tout en se demandant si elle est réalité ou inventivité.

 

Partir sur les traces d’Orwell, sur cette ile où les nuages revent, où les cerfs abondent. 

 

Observer les humains qui vous entoure, constater que peu de livres sont blottis dans les mains mais que les doigts ne cessent de tapoter des mots qui n’ont pas de sens. 

 

Partir pour se fondre dans la nature.

 

 

Comment définir  ce magnifique livre ? Il oscille entre le cynisme lors des descriptions de cette société où nous vivons et la poésie offerte par l’horizon. 

Il est rempli de mots d’autres auteurs et de photos si belles.

Un beau voyage qui donne envie de manger les nuages et de relire Orwell.

 

 

« Deja, je comprends, ce ne sont pas les nuages qui fuient, c’est l’île elle-même qui cherche à l’horizon un port où accoster. »

 

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