Les couleurs de la vie

11 août 2016

La Rose dans le bus jaune d'Eugène Ebodé

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Rosaparks

 

En ce 1er décembre 1955, les noirs de la ville de Montgomery étaient soumis à la loi Jim Crow datant de 1828 et qui leur interdisait toute égalité avec les blancs. Un véritable apartheid. Malgré le 14ième amendement de la Constitution des USA, l’Etat Fédéral  avait légalisé en 1896 ces lois apartheid mais en spécifiant hypocritement que oui il pouvait y avoir des lois interraciales du moment que chacun était égal à l’autre. L’inégalité était telle que le blancs prenaient n’importe quel prétexte pour empêcher les noirs de voter. 

 

Rosa Parks vivait dans une petite maison avec son mari Raymond et sa mère Lona. Chaque matin, elle prenait le bus pour se rendre au travail, dans les sous-sols d’un grand magasin où elle exerçait le métier de couturière. Depuis quelques années, elle se battait pour les droits civiques des noirs. Elle vivait une vie plus ou moins calme avec comme seul regret, celui de ne pas avoir d’enfant.

 

Le 1er décembre, elle ne fit pas attention en montant dans le bus payer son ticket à l’avant et redescendre pour monter à l’arrière où devaient se placer les noirs. Elle ne fit pas attention que le chauffeur était un raciste notoire qu’elle évitait d’habitude. Mais fatiguée, elle ne le remarqua pas et alla s’asseoir au milieu du bus. Elle fut tirée de ses songes par les cris du chauffeur qui lui ordonnait de se lever et de laisser sa place à un blanc. Eberluée, elle refusa de laisser sa place.

 

Bien entendu le chauffeur appela la police et Rosa Parks fut emmenée au commissariat. Heureusement, une de ses amies avait assisté à son arrestation et alla prévenir le jeune pasteur de leur communauté : Martin Luther King.

 

Rosa Parks libérée, les antiségrégationnistes autant noirs que blancs décidèrent que le jour du procès de Rosa débuterait le boycott de la ligne de bus que  la majorité d’entre eux prenait. La communauté noire, s’organisera petit à petit à utiliser même des corbillards pour une ligne de taxi qui permettra à chacun de ne pas devoir se déplacer jusqu’à la fin du boycott à pied. Boycott qui durera 381 jours. 

 

Rosa Parks fut l’égérie d’un déclenchement d’un énorme soulèvement pour l’égalité des droits civiques. 

 

Rosa Parks selon la fiction roman fait connaissance du blanc qui fut la cause de son arrestation. Ce n’était pas un mauvais bougre Douglas White. Il se gavait de bonbons pour oublier le rejet de sa famille car il était le seul à avoir la peau blanche suite à un mariage mixte, les autres enfants avaient la peau noire. En fait Rosa Parks aurait du céder sa place à un blanc qui en réalité avait du sang noir qui coulait dans ses veines. Quelle ironie ! 

 

Le plus grand bonheur pour cette femme héroïque fut le jour où  Mandela la serra dans ses bras. 

 

 

« La plupart de ces hommes et de ces femmes  n’avaient connu que la délégation sociale et l’état de serviteur. Ils aspiraient eux aussi à la pleine égalité, qui leur avait toujours échappé, comme disparait une image dans un désert. Puis, serrés, les uns contre les autres, coude contre coude, ils entonnèrent des chants roulants roulant dans les gorges la soif de liberté, les bonheurs guettés, attendus, choyés, mais sans cesse différé. »

 

« Moi, pour m’empêcher de voter pour Roosevelt, on me força à lire un article extrait d’une revue médicale spécialisée et qui se rapportait à une opération chirurgicale complexe. Je trébuchai sur les mots savants, ma langue fourcha et je sentis peser sur moi les regards hostiles qui, à chaque mot écorché me fusillaient, me jetaient plus bas que terre, me retiraient la possibilité de voter »

 

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RUBY BUDGES ENCADRéE PAR LA POLICE LE JOUR DE SON INTéGRATION DANS UNE éCOLE BLANCHE DE LA NOUVELLE ORLEANS EN 1960

 

A travers le livre d'Eugène Bodé c'est Rosa qui nous raconte sa vie, ses joies, ses craintes et son combat car un noir vaut autant qu'un blanc même si certains persistent à affirmer le contraire même en ce 21ième siècle dans le sud des USA. 

Il est évoqué également le racisme envers les Amérindiens et le problème du néo colonalisme car les nations blanches furent responsables et dans une autre mesure les africains eux mêmes qui vendaient leurs frères. 

Pour terminer sur ce mot dont on parle tant en ce moment dans nos sociétés individualistes RACISME, je vais vous raconter une anedocte que je n'ai jamais oubliée : adolescente, j'avais dans ma classe la fille d'un des généraux de Mobutu. Espérance était joyeuse, le rire communicatif et c'est avec plaisir que nous déambulions dans la rue Neuve à Bruxelles avec d'autres amies de classe. Espérance croise une autre jeune fille noire et commence à lui parler. La conversation terminée, je demande à Espérance si son amie est Zairoise comme elle. La réponse fuse telle quelle : " tu es folle, elle Zairoise ! Tu as vu comme elle est noire !." Espérance en fait était raciste....cela m'a éberluée : une blanche raciste à la rigueur mais une noire raciste envers une autre noire. Trente après, je n'en reviens toujours pas. 

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09 août 2016

L'homme qui fuyait le prix Nobel de Patrick Tudoret

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Tristan Talberg s’est retiré de tout plaisir depuis la mort de sa femme Yseult, survenue il y a cinq années. Il a décidé de ne plus écrire, vit comme un reclus et porte un regard aigri sur les humains.

Alors quand il est choisi comme prix Nobel, il décide de fuir. 

 

Pour échapper aux journalistes qui sont à sa recherche, il demande à un couple d’amis de le cacher mais la venue d’un journaliste le décide à prendre vraiment le large.

 

Il se coupe cheveux et barbe et en avant pour la grande aventure.

 

Il décide de se rendre à Puy-en Velay mais la rencontre avec un soeur dans le train va le conduire à Monastier-sur-Gazeille. Il se rappelle que Louis Stevenson a commence son voyage dans les Cévennes à partir de ce village et emporte le livre dudit écrivain. 

 

 

« Le temps était clair et en cette fin de matinée, il flottait encore dans l’air une agréable odeur de foyer éteint. Le seul vrai choix que Talberg faisait, se laissant mener aux hasard des sentiers, était d’obliquer vers le sud, pour la clémence du temps, de s’affranchir le plus possible du monde et, surtout de ne point acheter de carte, susceptible d’entraver le destin »

 

Il se sent heureux de repartir sur les sentiers et de marcher tout comme il le faisait avec sa femme Yseult avant sa maladie. 

 

Ses détours vont le mener vers Conques. A la recherche d’un logement, il croise un jeune couple Jean et Anne. Ils vont partager l’abri d’une grange pour la nuit.

 

« En s’endormant cette nuit là, bercé par les rafales de vent qui faisaient chanter la charpente à sa verticale, Tristan se remémora sa journée, si douce, si lumineuse, qu’il en sentait comme un assentiment d’Yseult, une sorte de blanc-seing sur ces chemins détournés qu’il n’avait pas imaginé prendre »..

 

 

Le trio va poursuivre la route ensemble durant quelques jours mais le couple étant pressé par le temps, Tristan continue sa route seul sur le chemin vers Compostelle.

 

Il ne sait pas qu’une nouvelle rencontre va bouleverser sa vie à 765 kilomètres de Compostelle.

 

Durant tout son voyage, Tristan va écrire des lettres à sa femme, et l’on apprend petit à petit que sa femme Yseult qui rêvait d’être danseuse étoile était atteinte de la maladie de Huntington. 

 

 

« Je te voyais chaque matin t ‘astreindre à de longues séances de gym dont tu sortais exténuée, en larmes, mais heureuse. Ton corps répondait encore aux sollicitations les plus extrêmes et tu te prenais à rêver. Peut-être au fond te sentais-tu encore capable de décrocher ce statut si  envié de danseuse étoile auquel tu avais aspiré toute ta vie »

 

Le roman se partage entre la fiction du roman et les lettres écrites tout aussi fictives, ce qui permet d’avoir deux approches de qui est réellement Tristan.

 

La marche et ces lettres sont en fait essentiels  pour que Tristan puisse enfin revivre et ne plus se complaire dans son chagrin révolté. 

 

Ne vous attendez pas avoir un énième récit du chemin vers Compostelle, c’est un roman . Un très beau roman d’amour qui se délie entre humour et tendresse.

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08 août 2016

Longue marche suite et fin de Bernard Olivier et Bénédicte Flatet

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Pourquoi n’est il parti de Lyon pour entamer sa longue marche sur la route de la soie ? C’est sur cette question posée par sa compagne Bénédicte que le dernier voyage va être suggéré.

 

Mais à plus de septante ans, n’est-ce pas un peu tard ? Pourquoi pas ? De plus Bénédicte décide de l’accompagner.

 

Ils partiront donc de Lyon via l’Italie, pour traverser les Balkans direction la Turquie. Ainsi la boucle sera bouclée.

 

Ils feront le voyage en deux parties : été 2013 départ Lyon vers Padoue pour terminer été 2014 Vérone -Istanbul.

 

Pour débuter leur premier circuit, visite du musée des Canuts à Lyon. Ils profitent de moments d’amitié dans la ville et ensuite direction la porte des Alpes. Ils sont accompagnés d’Ulysse, le chariot  qui a parcouru de nombreuses routes avec Bernard OlLivier 

 

« Voilà déjà l’automne, avec ses fraîcheurs matinales, le jaunissement et la chute des premières feuilles des peupliers et merisiers. Les fleurs semblent mener une dernière bataille. Elles surgissent des bords de chemin, éclatantes, avant d’entrer dans le grand repos qui se prépare déjà ».

 

Leurs pas les dirigent vers le Val d’Aoste, plus de grand route pédestre en Italie. Il faut donc suivre des sentiers et une portion de la voie Francigena chemin des pèlerins qui se rendent à Rome. 

Traversée d’une portion de l’Italie avec des belles rencontres.

 

Le deuxième voyage sera le plus dur. Bénédicte et Bernard OlLivier devront changés certains de leurs plans suite à une tendinite que Bénédicte endure et qui va l’obliger à se reposer. Bernard Olivier continue donc seul et ils se donnent rendez vous pour continuer ensemble. 

 

La traversée des Balkans va leur permettre de constater à quel point les stigmates de la dernière guerre sont encore ancrés dans le pays. 

 

« Ce 17 août, profond changement de décor. Nous pénétrons dans une nuée d’Etats dont le plus grand nombre panse les plaies d’une guerre civile marquée par la haine religieuse et ethnique. Une région où, il y a peu, on pouvait mourir non pour ce que l’on faisait mais pour ce qu’on était, et ce que l’on croyait. Une région où couvent encore des envies de meurtre sous les crânes. Une région enfin attirée par l’Europe mais qui n’en accepte les règles que du bout du bec ». 

 

Slovénie, Bosnie, Croatie, le but est Sarajevo

 

« Ulysse orgueilleusement perché sur ses roues d’emprunt, nous quittons la ville par le pont sur la Drina où un monument bouleversant nous arrête. Il est dédié aux cent cinquante enfant tués durant le siège. « 

 

Et Bénédicte écrit des chroniques pour les amis

 

« Les morts ici sont au milieu des vivants ou inversement. Les tombes musulmanes sont partout, entre deux immeubles, le long d’une rue, dans un champ, sans clôture ni dalle. Ce sont d’élégantes obélisques souvent enrubannés qui semblent avoir poussé au milieu d’une clairière, penchant d’un côté ou de l’autre. Le cimetière orthodoxe ou catholique n’est jamais bien loin, mais souvent à la sortie des villes : il faut plus de place pour caser une dalle en grès. Même les morts ont leurs zones pavillonnaires »

 

Impossible de découvrir en regardant la population s’ils sont chrétiens, musulmans ou orthodoxe, c’est au détours de la conversation qu’on le comprend.A part de vieilles dames, les femmes et les jeunes filles ne portent aucun voile. »

 

Bénédicte se refuse à passer par la Serbie après tous les témoignages visuels et auditifs qu’elle à perçus. Ils se dirigent donc vers le Monténégro pour joindre une petite enclave « Serbe » afin de rejoindre le Kosovo, puis la Macédoine 

 

 

« Deux millions d’habitants, quatre millions de bagnoles. Elles sont partout, Mercedes en tête, mais Ferrari aussi. Il y a du trafic à gogo et la corruption se porte à merveille. A côté de ça, cinquante pour-cent de chômage chez les jeunes, dix euros pour une journée de douze heures de travail. Mais ils sont capables de se priver de manger pour s’acheter LA Mercedes et de claquer vingt mille euros pour se marier en grande pompe. Va comprendre « 

 

La Bulgarie va leur apporter un lot de frayeurs lorsqu’ils doivent emprunter des routes où les gens roulent comme des fous. Routes bordées par des monuments rappelant les morts lors d’accidents. Etranges monuments où l’on place une table, un morceau de voiture….

Bénédicte ayant une adoration pour les voix Bulgares, elle va pouvoir assister à de petits concerts. SupRême bonheur.

 

Petit passage par la Grêce avant d’arriver en Turquie

 

« Je souris en songeant à la question qu’on ne manquera pas de me poser bien vite : et votre prochain voyage ? Laissez moi, s’il vous plait, digérer celui-ci. »

 

 

Je l’avoue j’ai bien lu et avec plaisir des livres de voyage de Bernard OlLivier mais jamais ceux qui racontent sa longue marche sur la route de la soie. Je commence donc par la fin et j’arriverai bien à caser dans mes lectures les trois autres volumes pour terminer par le début.

 

Bernard OlLivier et Bénédicte par ses chroniques très drôles, analysent objectivement ce qui est palpable en traversant les pays qui furent en guerre dans les Balkans, et malheureusement la lave s’est refroidie mais reste encore tiède.

 

Bernard Olivier qui aime plutôt marcher seul à découvert une compagne tenace, sociable en diable avec les populations. Une véritable redécouverte de leurs deux identités.

 L'alternance des écrits de Bernard Ollivier et des chroniques de Bénédicte est une très bonne idée. Deux manières de voir, d'écrire....

Et tout comme Ulysse, ils furent heureux d’avoir fait un beau voyage.

 

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Apparition

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06 août 2016

En suivant la mer de Marie Magdeleine Lessana.

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Tel Pier Paolo Pasolini qui avait écrit La longue route de sable en 1959, arpentant les villages de bord de mer, Marie Magdeleine Lessana décide l'été 2015 de le passer non plus en famille mais seule à la rencontre de la mer, et désirant découvrir la manière dont les hommes et femmes se comportent durant leurs vacances. Elle débute son voyage en compagnie d'une amie photographe par le nord. Calais, Dunkerke, Malo les Bains .... La Baie de la Somme pour se rendre jusqu'à Dieppe.

"De ma fenêtre, je distingue une série de lignes horizontales, sable gris marron, virant rosé près de l'eau à son écume, ligne verte de plus en plus intense, puis bleue. Horizon net,. Et le ciel est immense. Je regarde la mer du Nord, le soleil va se coucher à ma gauche. Je ne m'y fais pas"

"Sur la route, on ne se lasse pas d'observer les champs à perte de vue, de blé, d'avoine, de lin, les patrurages des vaches, agriculture de plateau  en apesanteur jusqu'à l'horizon bleu sans transition. Aujourd'hui il y a beaucoup de vent. Je voudrais m'envoler en m'élançant dans les champs"

Elle décide de continuer le voyage seule vers la Normandie car être à deux ne donnent pas toujours l'unisson dans les émotions.

Direction Rouen en train et ensuite voiture de location Fécamp, Etretat, Le Havre chaque endroit amène son lot de sensations avec cette culpabilité d'être seule face à ces familles en vacances. 

Ensuite la Basse Normandie Trouville, Houlgate, Cabourg. Grand Camp Maisy 

"Au matin, j'entends le bruit des vagues sous la fenêtre avec l'impression étrange  que quelqu'un, pas loin m'accompagne.Je suis seule pourtant, avec une certaine joie dès le matin. J'ouvre le store, il pleut, l'air est gris et brumeux. La mer à mes pieds est haute, bien vivante. De rares preomeneurs de chiens encapuchonnés longent le rue lèchée par les vagues. La ligne d'horizon est estompée par la vapeur"

Arromanches, Le Mont Saint Michel pour rejoinde la Bretagne. Le long de ce voyage à certains endroits, elle repense au moment où elle y était, adolescente, maman, avec des amis. 

Granville

"De ma fenêtre, j'observe les gens sur le quai au réveil. Ce qui domine à mes yeux est la normalisation de la vie, une sorte de morale sociale partout.Les réjouissances des vacances ou du week end à la mer sont très conformes. . En profiter, c'est se promener, se baigner. , s'occuper de faire jouer les enfants, les gâter avec des jeux, des attractions, des sucreries et des objets,  le tout avec un un discours banal standardisé"

La Bretagne, Paimpol, Brest, les Côtes d'Armor, Douarnenez, Carnac, Quiberon et ensuite passer à Saint Nazaire. l'ïle de Bréhat

 

l'Ile de Ré où elle loge dans l'ancienne maison de Lacan

"Comme c'est agréable cette sensation d'être dans une grande maison où rien n'est neuf , avec juste des livres qui ont été choisis et lus.

Elle y retrouve Charlotte une amie atteinte du cancer. 

Royan, Arcachon. Sa route la mène jusqu'à la frontière espagnole. Apprécier la jovialité des espagnols et repasser la frontière Saint Jean de Luz, Biarritz, 

 

Et la Méditérranée, là d'où elle vient. Elle remonte jusqu'à la Camargue pour ensuite joindre Marseille . La pPresqu'île de Giens c'est chez elle.

Mais le voyage continue vers Saint Raphael Sainte Maxime pour rejoindre Menton

 

"Je resterais bien à Menton parmi les vieux, les lents, les enfants  en poussette, les gentils. J'écrirais, je regarderais  la mer longtemps, je déambulerais, j'achèteraisun savon au citron et de l'eau de Menton. Jusqu'à ne plus sentir le temps passer et m'y fondre.

Enfin, non, qu'est qui me prend ? Ca évoque une mort lente. Certainement pas !"

L'italie et ses réfugiés. Impuissance de pouvoir les aider. Retour à la presqu'île de Giens où les vacances se terminent avec sa petite fille.

Tout le long du voyage, une inquiètude ne l'a pas quittée. C'était la mort de Charlotte qu'elle apréhendait.

 

Ce livre fait partie des trésors que je lirai et relirai. Découvrir à travers l'écriture d'une autre personne des lieux que l'on a connus et d'autres qu'on aimerait voir. Et cette émotion palpable....

A l'arrière plan, la mer, encore et toujours la mer. On perçoit le bruit des vagues, le rire des enfants, les silhouettes le long des plages, l'ennui, la joie, des moments de vacances tout simplement.

Je n'ai évoqué bien entendu qu'une partie des lieux du voyage...

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05 août 2016

Les rues d'hier de Silvia Tennenbaum

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"Il les attendait.Il était désormais clair dans son esprit que l'Allemagne était sur le point d'être purgée de ses juifs".

 

La famille Wertheim habite Francfort et ce depuis quelques générations. Moritz, le père possède une entreprise de textile qui fonctionne très bien.

La famille réside dans un quartier bourgeois. Elle se considère comme assimilée par l'Allemagne et ne pratique aucunement le judaisme. De plus, un arbre de Noel se dresse chaque décembre dans le salon. Que peut-il leur arriver ?

Moritz est père de quatre fils dont lui et sa femme sont fiers . Nathan dirige un cabinet d'avocats, est l'époux de Caroline dont il a eu quatre enfants, deux filles et des jumeaux.Les trois autres  enfants de Moritz sont Gottfried qui sera envoyé en Amérique après une faute que l'on ne pardonnera jamais. Jacob tient une librairie et n'aspire à rien d'autre. Pour terminer, Eduard, le fils prodigue qui fera tourner la maison mère au décès de Moritz.

Tout ce petit monde vit selon des conventions bourgeoises. On doit tenir son rang. Les petits enfants ne manquent de rien, tout est réalisé pour leur bonheur. 

Surtout qu'on ne les compare pas avec ces exilés juifs venant de Pologne. Eux ils sont allemands !

Malheureusement la bataille de Sedan ayant été perdue par français, ces derniers désirent une revanche que les allemands ne dédaignent pas. Eduard va s'y engager dans cette première guerre mondiale car il est patriote. 

Après la défaite allemande de cette guerre, peu à peu tout va se modifier pour cette famille bourgeoise. Insidieusement le National Socialisme va s'infiltrer dans les foyers et l'inflation est terrible. Malgré tout une partie de la famille garde toujours ce rang exigé et que peut-il leur arriver ?

Après avoir éliminé les communistes, les vexations envers les juifs vont débuter.

Chacun dans la famille, réagit différement. Certains resteront là bas et d'autres vont s'exiler en France, en Suisse ou en Amérique, en Palestine.

Même lors des purges, parce qu'ils sont là depuis des générations, ceux qui  seront restés s'imaginent qu'eux seront épargnés...

Et un jour, le destin frappe à la porte. 

Les rues étaient jonchées de mendiants et d'enfants sales aux visages vieillis et décharnés. Des femmes étaient assises sur les perrons et tenaient des bébés apathiques dans de vieux chiffons. Des voitures à cheval se frayaient un chemin à travers la foule. Andreas avait l'impression d'avoir laissé le vingtième siècle derrière lui, d'avoir été abandonné de la civilisation"

 

A la fin du livre, nous comprenons que Silvia Tennebaum a écrit ce roman pour que l'on n'oublie et que ne recommence pas les mêmes erreurs. Combien de fois ne prononce t-on pas cette phrase et pourtant des horreurs ses perpétuent de par le monde.

Ce qu'on perçoit très bien à la lecture c'est l'infiltration qui a pris quand même quelques années, des nazis dans la vie civile et ce bourrage de crâne insinuant que les juifs étaient responsables de tous les maux des allemands. 

La fin du roman est bouleversante. C'est Claire, l'arrière-petite fille de Moritz qui va porter le poids de l'horreur tout en incarnant l'espoir du futur.

"Deux heures plus tard, le train démarra brusquement. Les valeureux citoyens francfortois s'étaient assis et ils dinaient en écoutant la radio ou en lisant le journal. Le bulletin météo annonçait une grande vague de froid, une masse d'air arctique arrivait tout droit du pôle. Le train cahotait vers l'est. Il mit plusieurs jours à atteindre sa destination"

 

"Vous êtes juive ? demande la femme. Eva la regarda médusée. Elle imaginait qu'on pouvait désormais l'admettre, n'est-ce pas ? Elle acquiesca timidement. "Et vous avez survécu ? continut-elle. C'est un miracle. Je les ai vus emmener les Juifs au Vélodrome d'Hiver il y a deux ans. C'était horrible"

Eva sècha ses larmes . "Et vous qu'avez vous fait ?  demanda t'elle dans dans son français haché teinté d'accent francfortois.

"Qu'est ce que j'ai fait ? demanda elle. Que pouvais je faire ? Que pouvions  nous faire ? " Elle s'écarta discrètement pour laisser un père et son fils  prendre sa place.  L'homme avait perdu un bras".

 

 

 

 

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02 août 2016

Retour à Oakpine de Ron Carlson

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Ils se sont quittés il y a plus de trente ans. Jimmy est parti à New York et devenu un écrivain célèbre.

Frank et Graig sont restés au pays tandis que Mason a lui aussi disparu d’Oakpine.

 

Jimmy revient dans sa ville car malade il a décidé d’y mourir. Sa mère demande à Graig de s’occuper de rénover le garage pour y loger son fils car le père de Jimmy ne veut pas de sa présence dans la maison depuis la mort de leur autre fils Matt. Il y trente ans. 

 

Mason est également de retour mais par pur hasard. Il divorce et décide de retaper la maison de ses parents afin de la vendre.

 

Trente ans après, les quatre hommes qui avaient fondé leur propre groupe de rock et connu un petit succès sont à nouveau dans la ville de l’enfance. 

 

Ils ont la cinquantaine, la vie les a cabossés. Leur amitié qui était juste endormie va reprendre vigueur. Leur amitié va leur permettre d’effacer tout ce dont ils avaient peur. 

 

Et les femmes les y aideront  

 

« Jimmy sentait l’odeur de la terre ici, le musc puissant qui montait de toutes les plantes. Avec les abeilles qui bourdonnaient partout dans le jardin, on avait l’impression de voir les choses pousser. La carotte était sucrée. Il se leva, heureux de s’extraire de la chaise rigide, et un instant il se sentit dangereusement grand, puis alla à pas prudents jusqu’aux tiges de courge entremêlées. Il se pencha sans ressentir d’étourdissement et souleva les grandes feuilles pour apercevoir les courges et les melons dans l’ombre verte vacillante. »

 

« De retour sur la route, toujours perdu, il pensa que, à l’image de ce qu’il avait vécu dans sa vie, cela durerait deux minutes. Mais une heure plus tard le paysage s’était transformé en collines ondoyantes couvertes d’armoise »

 

 

En refermant le livre, j’ai ressenti un véritable bonheur. Il n’y a pas de haine, ni de violence qui traversent les pages juste une part d’humanité mais tellement forte.

 

Et cette nature si bien décrite…

 

Magnifique roman…..

 

Lire l'avis d'Aifelle

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26 juillet 2016

Les ingénieurs du bout du monde de Jan Guillou

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Leur père marin pêcheur ayant sombré en mer, les trois frères doivent aider leur mère. 

Lauritz, Oscar et Sverre sont donc envoyés loin de leur île, dans la ville de Bergen, pour y travailler.

 

Logés par leur oncle et tante, ils travaillent à la cordonnerie du port jusqu’au jour où le fils du propriétaire constate qu’on a renvoyé les trois gamins dans leur île. C’est avec grand étonnement qu’il constate le motif du délit : les trois gamins ont construit la réplique à plus petite échelle d’un bateau viking. Le fait qu’ils aient employé des matériaux de rebut mais bel et bien des matériaux de l’entreprise explique leur renvoi.

 

Une idée germe : pourquoi ne pas les aider à réaliser des études vu leur intelligence. Comme la Norvège ne compte pas beaucoup d’ingénieur pour construire le futur chemin de fer, c’est à Dresde qu’ils pourront acquérir le diplôme.

 

 

Le jour de la remise de leur diplôme, ils reçoivent également une somme d’argent mais tout ne va pas de se dérouler comme prévu. Lauritz constate que ses deux frères sont partis le laissant seul. Lui qui rêvait enfin de pouvoir épouser la femme qu’il aime voit tous ses rêves anéantis. Oscar et Sverre sont partis. Il sera le seul à remplir la mission qui leur était confiée : construire cette future ligne de chemin de fer dans la montagne.

 

 

Ce premier tome commence au début du XXième siècle, siècle qui a vu un changement total dans l’’évolution du monde suite aux techniques tant industrielles et médicales que nous connaissons. 

 

Lauritz nous transporte dans l’épopée du chemin de fer en Norvège durant laquelle les ouvriers durent vivre dans de terribles conditions climatiques.

 

Oscar participe également à l’édification du chemin de fer mais en Afrique, dans la colonie allemande.  

 

Une saga  qui nous raconte le changement radical que connu le Monde durant le siècle dernier. 

 

 

On ne peut que constater à quel point les hommes ne comprendront jamais les erreurs du passé. 

 

 

 

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13 juillet 2016

Du sang sur la Baltique de Viveca Sten

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C’est une nouvelle période estivale qui s’ouvre sur l’île de Sandham.

 

Le soleil est au zénith. C’est le départ pour tous les bateaux alignés pour la coupe du Tour du Gotland. 

Oscar Juliaender, le vice-président du yacht club royal est prêt à bord de son Swan. Cette année il l’aura sa coupe. 

 

Prêt au départ mais malheureusement Oscar est tué par une balle qui s’avérera d’après l’enquête correspondre à  celle d’un fusil de chasse par surcroit.

 

Thomas Andreasson est bien entendu chargé de l’enquête avec son équipe. Cela fait un an qu’il vit une aventure avec Carina et ne sait comment lui annoncer qu’il n’a pas envie de continuer plus loin avec elle dans la vie. 

 

Nora est à nouveau sur l’île pendant les vacances. Elle a hérité de la maison voisine et ne veut absolument pas la vendre même si son mari Hendrik le désire. D’ailleurs ce dernier a bien changé… 

 

Beaucoup de secrets ont être dévoilés durant l’enquête sur le bel Oscar : infidèle, cocaïnomane et très riche ce qui titille les inspecteurs.

 

Thomas et Margit sa collègue sont très intrigués par le compte à l’étranger. C’est Nora avec ses capacités de juriste qui va lever un coin du voile.

 

Un deuxième assassinat est commis malheureusement, à nouveau avec un fusil de chasse.

 

 

Toujours aussi emballée par la série, je suis déjà plongée dans le troisième volume paru en poche. 

 

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11 juillet 2016

La reine de la Baltique de Viveca Sten

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Nora Lindle est heureuse d’être en vacances su l’île de sa jeunesse : Sandham. C’est sur cette île au large de Stockholm qu’elle a grandi et qu’elle a partagé tant de moments avec son ami Thomas Andreasson qui est devenu policier.

 

Nora a épousé un radiologue Henrik, maman de deux petits garçons Simon et Adam, est vraiment heureuse de ces moments en famille même si son mari passe trop de moments sur son bateau car c’est une période de régates. De plus, elle ne supporte pas ses beaux parents qui sont assurément très snobs, surtout sa belle mère. Juriste dans une grande banque, elle savoure ces heures de farniente malgré qu’elle doive  se lever tôt pour conduire ses fils à la piscine chaque matin.

 

Thomas quant à lui se noie dans le travail et ne pense qu’aux vacances qu’il va pouvoir enfin prendre sur l’île de Farjo, là il se sent enfin face à lui même dans sa petite maison.Thomas vit seul car son couple a été détruit face à la mort subite de sa petite Emilie à l’âge de 3 mois. Il s’en sent responsable. Pour survivre il préfère rester dans sa solitude.

 

Solitude que sa jeune collègue Carina aimerait rompre mais il ne voit même pas la jeune fille.

 

Ce sont les vacances et pourtant le cadavre d’un homme s’échoue sur une plage, enroulé dans un filet de pêche. Thomas pense d’abord à un suicide.

 

Le suicide est exclu lorsque la cousine du noyé est retrouvée morte dans une chambre d’hôtel. Apparemment elle aurait subi des violences mais elles ne sont pas la cause de la mort. Elle aurait avalé de la mort aux rats…

 

L’été s’annonce pesant sur l’île de Sandham.  Quel sera le suivant ? 

 

 

J’ai longtemps hésité avant de lire ce premier roman de cette série. Vantée comme la nouvelle Camilla Lakberg d’où mon hésitation.

 

Les personnages sont très réussis, voire même  très sympas. Une  belle description des paysages. Le suspense est excellent même si j’avais vite compris le nom de l’assassin.

 

Une très très bonne lecture. Je me réjouis de commencer ce soir la seconde enquête « Du sang sur la Baltique »

 

Posté par winniethepooh à 12:23 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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