Les couleurs de la vie

15 octobre 2018

Où vivre de Carole Zalberg

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Où vivre. Juste un endroit où vivre. 

 

« Nous arrivons de pays épuisés où  notre jeunesse devait chaque jour, s’attacher aux ruines. Les fantômes nous accompagnaient partout, s’agrippaient à nos chevilles, pesaient sur nos épaules , ne nous laissaient même pas rêver. Sans parler des vivants morts, partout autour de nous, vivants, mais morts là bas ne sachant ni revivre vraiment, ni cesser, se taisant, ou parlant trop et seulement de ça, de ce là-bas, où une part d’eux-mêmes continuaient d’être terrifiée, avait peur et froid et mal, à jamais. »

 

Lena la grand soeur est partie la première, remplie d’espoir et de courage. Elle est partie avec d’autres jeunes pour fonder un Kibboutz car le futur est là-bas. Vivre différemment, fonder une nation, voir fleurir les fleurs dans le désert. Sa petite soeur Ana la suivra. 

 

Chacune sa vie. Lena va épouser Joachim, qui travaille du matin au soir, arrachant au sol des fruits. Adorant sa femme mais terrible dans ses colères car les fantômes même là bas viennent vous habiter. Un couple aimant qui aura trois fils, élevés au milieu des autres enfants; de la jeunesse et des rires. 

 

Ana, désirait rejoindre sa soeur mais ses études d’infirmière, l’homme qu’elle rencontre. Où vivre ? En France.  Et puis il y a Nathalie et Marie. Ils iront avec les petites les voir en vacances.  Leurs parents sont bien partis vivre à Tel Aviv.  Lena aimerait tellement rassembler les siens autour d’elle mais elle comprend le choix de sa petite soeur et même l’incite à rester en France. 

 

 

« Mais nous irons les voir, ma soeur adorée, son époux aux traits de prophète et leurs fils magnifiques, dès que nous en aurons les moyens. Nous irons les voir et une petite voix en moi me souhaite de ne pas, alors être envahie de regrets »

 

Les trois fils de Joachim et Lena sont pétris de contradiction dans ce pays continuellement en guerre. Et ce service militaire qu’ils doivent accomplir, le plus jeune Noam, en souffre trop. 

 

Alors où vivre ? En Amérique ? En Israel ?  Les circonstances de la vie en décident.  Oublier les fantômes qui hantent la génération d’avant.  Essayer de comprendre la complexité de leur Etat.

 

Marie et Lena, rencontrent trop peu souvent leurs cousins, juste quand ils se rendent là bas où Marie petite s’ennuie un peu. Elle s’y rendra toute seule en été, l’été de ses 18 ans.  

 

Joachim décédé en 1986 suite à l’absorption de tous les produits chimiques qui arrosaient les plantations. Lena reste  au kibboutz.  

 

L’assassinat de Rabin sera un choc terrible pour Lena et ses fils. Ana en pleurera pour sa soeur. Marie choquée mais trop prise dans sa vie de jeune maman. 

 

Lena pensant qu’en fait, l’endroit où vivre aurait été vain. Tous ses efforts pour en arriver là. Pourtant sa vie elle ne la verrait pas autrement. Heureusement Joachim n’est plus là. Il aurait été désespéré. 

 

Trente ans plus tard, Marie retrouvera les siens pour comprendre, retrouver les liens entre cousins, tenter de saisir cette terre où les descendants d’exilés polonais ont fixé leur horizon. 

 

Bien entendu Marie qui raconte, c’est la voix de Carole Zalberg. 

 

Dans ce splendide roman familial mêlant la parole de chacun, et chacune on décèle que le poids de la Shoah s’efface  mais qu’elle  ne peut jamais être oublié même par la jeune génération.

On décèle toutes les contradictions qui s’imbriquent dans l’Etat d’Israêl.  Les dirigeants actuels n’ont plus les mêmes idéaux que Joachim et Lena.  

 

 En lisant Charlotte Delbo ce matin, je pensais à Où vivre qui m’avait entrainé vers la lecture de Charlotte. Il y a tant d’amour dans l’écriture de ces deux femmes. Difficile à expliquer car le sujet n’est pas le même, l’écriture est totalement différente  et pourtant certaines phrases se rejoignent et se collent.

 

 

Un magnifique roman écrit par une femme lumineuse du nom de Carole Zalberg.

 

J'espère que j'ai trouvé les mots pour que l'envie vous vienne à le lire ce roman. J'aimerais tellement. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 octobre 2018

Roissy de Tiffany Tavernier

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« Quand transie de froid, je pousse la porte des aérogares, le hurlement de leurs réacteurs résonne encore en moi. Et comme je l’aime, ce boucan. Il me lave »

 

Elle vit à Roissy depuis des mois. Elle ne sait pas qui elle est, ni d’où elle vient. Elle sent en elle qu’il s’est passé un drame dans sa vie mais cela revient par bribes.

 

Alors elle marche, marche et marche encore au milieu des voyageurs. Elle invente qu’elle part en voyage. Elle s'invente des destinations. Elle a bien remarqué cet homme qui attendait le vol venant de Rio et qui restait seul après le passage de tous ceux qui reviennent.

 

Elle vole des vetements, des valises, de la nourriture. Il faut qu’elle change d’aspect pour que les vigiles ne la repère pas. 

 

Elle ne veut pas ressembler aux SDF qui puent et qui lui font un peu peur. Vlad, Liam qui lui fait lire son journal délire, Josias qui est amoureux d’elle et tant d’autres. Ceux qui se cachent dans les sous-sols. Elles les aime et les craint en même temps.

 

Elle fait partie de ceux qui n’ont plus rien et cela l'arrange. 

 

Mais celui attendait le vol de Rio la retrouve et lui déclare qu’il l’a cherchait. Elle fuit d’abord. Il la retrouve ànouveau et s’imagine qu’elle aussi a perdu un être aimé dans la catastrophe aérienne de ce vol. Lui, il y a perdu sa femme et il attend, il espère voir sa silhouette portant ce manteau bleu. Elle lui ment puisque de toute façon elle n'est plus rien dans sa mémoire.

 

Et tout va changer.

 

« Pour eux, comme pour moi, ce monde est notre dernière chance. Le quitter ne serait-ce qu’une seule fois, ce serait renoncer à tous les voyages, à toutes les identités, perdre, en somme, le peu de matière qu’il nous reste, rompre définitivement le fil qui nous tient encore en vie, briser la magie par laquelle chacun de nous ici s’invente hors de la violence du monde. »

 

 

Ne passez pas à côté de ce roman. Il va vous happer et vous en sortirai un peu déséquilibrée. 

 

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11 octobre 2018

Nirliit de Juliane Léveille-Trudel

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« Ils ont quitté  leur réserve ou leur village, ils ont abouti n’importe comment sur le ciment de Montréal, Winnipeg ou Vancouver, ils confortent les gens occupés dans la vision qu’ils ont d’eux : des ivrognes, des paresseux, des irresponsables. »

 

Elle se demande si elle y retournera et elle y retourne comme chaque été,  comme une oie qui migre du sud au nord. Elle retourne à Salluit. Elle y retourne pour les enfants et pour tenter de raconter à Eva. Son amie disparue, assassinée, peut-être violée qui git certainement dans un Fjord.

 

Elle lui parle à Eva. Elle lui raconte ces enfants qui sur un an de temps, sont transformés en ivrognes ou drogués. Elle lui raconte leur violence et leurs rires. Elle raconte leur désarroi et leur joie. Elle constate que le futur que l’homme blanc leur a imposé ne leur convient pas à ce peuple du froid : les Inuits.

 

Elle parle à Eva de son fils Elijah qui aime la jolie Maata, qui aime elle ce blanc. 

 

Oui les blancs qui viennent construire des maisons. Entre eux et les filles c’est comme un une jeu. Elles sont si jeunes, parfois 12 ans et pourtant ils se servent. A portée de mains et puis elles n’attendent que cela.  Des Inuits femelles qui n’ont aucune valeur. Elles se font payés. Alors, quand elles ne veulent pas, le blanc les viole.  Amour ou haine, bien souvent, le ventre de la jeune fille s’arrondit d’un enfant que le blanc ne veut pas. Il a une autre famille dans le sud. Il ne va pas s’encombrer d’une sauvage aux yeux un peu bridés. 

 

Il ne comprend pas le blanc, qu’elle, elle veut seulement partir, échapper aux coups, à l’alcool, à la drogue. Elle rêve d’un sud si doux que le blanc ne lui offrira jamais.

 

« Et vous mourez. Vous n’en finissez plus de mourir, il y a tous ces accidents stupides qu’on pourrait éviter, il y  a la toundra impitoyable qui ne vous laisse aucune chance, il y a les maladies que nous n’avons plus, comme la tuberculose, mais qui vous attaquent encore parce que vous vivez dans des conditions sanitaires dignes de 1850, il y a tout ça mais en plus vous vous tuez vous-mêmes, crisse. »

 

« Ils sont tous là à me féliciter pour me dévouer envers les enfants du Nord, mais ils oublient que je reçois beaucoup en retour, ils oublient que je meurs si je reste immobile, ils oublient qu’une voix en-dedans me crie toujours d’aller voir ailleurs si j’y suis. « 

 

 

Premier roman de Juliana Léveillé-Trudel. Un petit bijou d’humanité. Apre et tendre à la fois. Inoubliable. 

 

A travers la vie d’Eva et de son fils, la narratrice nous parle de ce peuple d’Inuits parqués dans des maisons dont ils ne veulent pas, désoeuvrés car c’est là qu’on a décidé de les parquer un jour. Vivant des aides sociales, on vous dira qu’ils sont paresseux. Moi je dirais déracinés par l’orgueil des blancs qui s’imaginent que eux ils ont tout compris et que leur vie est la meilleure. 

 

Certains s’en sortent, oui mais une infime minorité malheureusement. 

 

La civilisation blanche ne sait qu’en faire alors on les paie. On les a sédentariser de force. Pas le choix, faites de la place aux gens dit civilisés.

 

Un roman qui renferme tous les sourires d’enfants et leurs rêves cabossés.  Un roman qui déplie toute la beauté des paysages, le parfum de la nature, l’ondulation du vent. 

 

Et telle une oie Nirliit on en retrouvera le chemin

 

Voir l'avis d'Aifelle,d'Anne 

 

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01 octobre 2018

Un homme doit mourir de Pascal Dessaint

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Avant de vous chroniquer ce livre, sachez que chaque héron qui apparait à l’horizon est associé dans mon petit cerveau à Pascal Dessaint cet amoureux des oiseaux.

 

 

J’ai savouré ce nouveau roman c’est un fait acquis.

 

A travers le portrait de personnages principaux Pascal Dessaint nous schématise ce que notre monde est devenu.

 

Boris, naturaliste et donc aimant la nature, est pourtant employé par une société qui contre expertise l’avis de l’expert qui pourrait ne pas aller dans leur sens. Bon bref, Boris travaille pour obtenir l’aval de cette décharge dans les landes. Pourtant Boris n’est pas un mauvais bougre : il loge dans un gîte tenu par des écolos et il s’accorde du temps pour écouter Pepe qui va créer une Zad. 

 

Pepe à l’arme idéale contre la non implantation. Une petite chose qui vole. Une libellule. 

 

A l’opposé de Boris, Alexis. Il se dit forestier. En fait, il fait abattre  des forets tout en sachant la catastrophe écologique que cela peut provoquer. Il s’en fout. Il pense argent mais beaucoup moins que son ami Raphael qui lui a érigé et fait venir par hélicoptère une villa sur une dune qu’il a complètement arasée, rien que pour la vue. Villa bâtie avec l’accord de la municipalité : l’argent achète tout. 

 

Tout en survolant telle la libellule de son écriture, ce chaos mondial, Pascal Dessaint ne nous lance pas de grandes phrases : révoltez-vous, non plus calmement, il nous fait comprendre qu’il ne faut jamais perdre espoir et que chaque petit chose, meme si c’est un insecte, mérite que l’on se mobilise pour lui. Observez, regardez et résistez. 

 

Très très bon roman, je me répète.

 

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27 septembre 2018

Minuit sur le canal San Boldo de Donna Leon

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Je les guette les enquetes du commissaire Brunetti. Cette dernière est excellente donc bonheur complet.

 

 

Brunetti et son épouse sont conviés à un repas organisé par la meilleure amie de la Comtesse Falier belle mère du commissaire. Cette amie est une mécène pour restaurer les arts dans la ville de Venise : la Comtesse Lando-Continui. 

 

En fait la Comtesse voulait rencontrer Brunetti pour lui confier une enquête : sa petite fille, il y a 15 ans a failli se noyer, sauvée d’extreme justesse par un clochard, elle vit encore mais son cerveau a été atteint et elle reste à l’âge mental de 7 ans. On a parlé de suicide mais la Comtesse veut comprendre ce qui s’est réellement passé ce jour là.  D’autant que sa petite fille avait peur de l’eau ayant failli se noyer plus jeune, donc elle ne s’en approchait plus. 

 

 

Patta « son chef bien aimé », donne son accord pour réouvrir l’enquête après un plan diabolique échafaudé par le commissaire flattant l’égo de son supérieur.

 

Brunetti, consultant l’ancien dossier médical de la jeune fille, constate qu’elle avait été violée mais dans la famille personne n’en est conscient apparemment, la jeune fille ne s’en rappelant pas.

 

Et voilà que le clochard alcoolique qui avait sauvé la jeune fille est découvert assassiné.

 

 

 

Heureuse de retrouver Venise et les questions de Brunetti.. Et en arrière fond, Donna Leon évoque les réfugiés qui vivent dans la ville des Doges, la malhonnêteté des édiles politiques, le détournement d’argent etc etc.

 

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17 septembre 2018

K.O d'Hector Mathis

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Deuxième premier roman que je découvre grâce aux 68 premières fois et c’est le premier coup de coeur sans jeux de mots.

 

Lu d’une traite car Sitam ne vous en laisse pas le temps. Il court vers la vie, la mort aux trousses. Il court vers l’enfance, berceau de tous les rêves.

 

Il était si bien avec la même Capu à rêver sur les toits de Paris mais les balles tueuses ont eu raison de leur toi de vivre. Alors pour ne pas finir dans cet état de guerre, ils fuient jusqu’en Hollande.  Mais avant, cette rencontre avec Benji, son ami, a failli tout foutre en l’air.

 

Pour le pognon, juste pour le pognon, que Benji voulait voler à celle qui se moquait de lui, le résultat c’est que Benji s’est retrouvé par terre, baignant dans le sang.

 

Alors avec la môme Capu, bien sûr qu’ils ont foncé vers les Pays Bas.

 

Si calme ce pays, par rapport aux autres troués par les attentats. Il appris les couleurs à travers l’imprimerie Sitam. Une belle rencontre, Lariol, qui voyant qu’il lisait, lui a suggéré de continuer. 

Et Max le boulanger, qui lui a donné son carnet sur les châteaux. D’ailleurs c’est grâce à Max qu,il est là à raconter à Archibald, dans sa sa cabane. Archibald qui vitupère contre la société qui ne veut pas de croque poussière comme lui.

 

Il fuit Sitam, il fuit car la maladie le cerne, l’épie. Il a écrit son livre, il rêve de l’éditer. Mais aurat-il le temps ?

 

 

Beaucoup vont être rebutés par la manière d’écrire d’Hector Mathis, rapide, mélange de langages, trépidante, jazzy et puis Zoup la poésie prend son envol au milieu d’une page pour replonger et resurgir quelques pages plus loin. Un polaroid de notre XXIième siècle. 

 

Un véritable coup de coeur. 

 

« Je ne voulais plus la sentir autour de moi, la capitale. Avec Capui, nous l’avions quittée pour ne plus jamais la revoir. Les attentats, le feu, les cris et la bêtise. Elle était déjà morte, la capitale, mais je naviguais par nécessité, comme toujours. Il n’y avait qu’un seul moyen d’avoir de quoi vivre dans mon état, de quoi boucler le manuscrit. Je n’avais rien d’autre à tenter. Ca avait peu d’importance, désormais. La maladie avait tout bouleversé., les choses ne suivraient plus la même logique. Je m’en foutais pas mal des attentats et du reste, tout allait bientôt foutre le camp. »

 

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06 septembre 2018

La papeterie Tsubaki d'Ogawa Ito

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« Aujourd’hui, j’écrirais non pas pour quelqu’un mais pour moi. Un écrivain public tient la plume en se mettant dans la peau et dans la tête de tout un tas de personnes. Sans vouloir me lancer des fleurs, je réussissais désormais à me couler dans les mots d’autrui. Je n’avais pas encore rencontré mon moi calligraphique, l’équivalent du sang qui coulait dans mes veines, ce qui faisait que j’étais moi et d’où mon ADN jaillirait à flots.

L’Ainée l’avait trouvée, elle, je le savais. Si je n’arrivais pas à décrocher la devise calligraphiée de sa main sur le mur de la cuisine, c’était parce que ces traits, c’était elle. Son écriture conservait encore son souffle; »

 

 

Imaginer la légèreté du papier, la préparation de l’encre.. Entendre le souffle du pinceau qui trace les mots calligraphiés, le crissement de la plume, le roulement du stylo bille. Ecrire une lettre dans la quiétude d’une papeterie. Je vous y invite. Et si le bonheur ne tenait qu’à un mot tracé du bout des doigts ?

 

Hatoko, jeune femme de vingt cinq ans, revient à Kamakura. Sa grand-mère décédée à l’hôpital lui a légué sa petite papeterie. L’Ainée était écrivain public et Hatoko est prête à prendre la relève. 

 

Elle conserve de l’Ainée des souvenirs de froideur et d’exigeance. Elle lui a tout appris de la calligraphie. Mais Hatoko en garde la colère de cette jeunesse que sa grand-mère lui a un peu volée. Il fallait apprendre et encore apprendre. Jusqu’au jour à la gamine s’est révoltée et est partie loin.

Même à l’hopital, elle ne lui a pas rendu visite. La colère était encore trop forte.

 

Malgré tout, elle a décidé de prendre la relève.

 

 

La calligraphie d’une lettre est tout un art. Chaque détail est important. Le choix du papier, de l’instrument de calligraphie, l’enveloppe, le timbre également. Réussir à composer le message qu’une personne veut transmettre. Ce serait tellement plus simple via un mail mais si impersonnel, dénué de sentiments. 

 

Son premier client est un homme qui veut annoncer son divorce à tous ceux qui ont assistés à son mariage. 

 

« Il y a quinze ans, ils se mariaient. 

Choisir un timbre du même âge que leur union avait du sens, me semblait-il »

 

Entre deux calligraphies, Hatoko, bavarde avec la voisine Barbara. Sauve une lettre qui ne doit pas être envoyée et fait la connaissance ainsi de l’institutrice, Le Baron lui faisant une commande, il la paie sous forme de repas. Elles va partager des moments avec eux tout en accueillant d’autres clients dans sa papeterie. 

 

Elle va rédiger un avis de décès d’un singe. Elle va évoquer l’amour, la rupture. 

 

 

Et un jour, un jeune homme lui apporte les lettres que l’Ainée adressait à la mère dudit jeune homme. Une femme que l’Ainée n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer malgré son grand désir.

 

Hatoko va comprendre peu à peu grâce à ces lettres et l’amitié qui l’entoure, à quel point cette grand-mère si rude l’avait aimée.

 

 

« Le visage levé vers le ciel bleu, les yeux fermés, je songeais à ma première calligraphie de l’année : quelle tonalité donner aux douze mois à venir ?

Audace ? Aube ?Premier lever de soleil ? Ou alors Espoir ? 

Je ne trouvais pas le mot qui épouserait parfaitement l’espace béant dans mon coeur »

 

 

Deuxième roman d’OGAWA Ito que je découvre et je suis toujours sous le charme de cette écriture si douce. 

 

Le temps est lent, la calligraphie demande une patience infinie. L’esprit japonais imprègne chaque page et c’est tellement beau.

 

Si je devais offrir un livre, ce serait celui là. 

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La dérobée de Sophie De Baere

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Et voilà les 68 premières fois débutent cette nouvelle session par ce premier roman.

 

 

Oublie t-on un premier amour de jeunesse ? Telle est la question que se pose à Claire lorsqu’elle réalise que leur nouveau voisin à Nice n’est autre qu’Antoine le grand amour de son adolescence.

 

Claire mariée jeune à François est grand-mère. La petite est l’enfant de sa fille. Victor le fils est toujours à la maison. Elle est vit dans une hebitude heureuse.

 

Que veut Antoine ? 

 

 

Lors de leur première rencontre sur un chemin, il faut avouer que la vie de Claire n’est pas super gaie. Ses parents ont plongé dans le désespoir lors la mort par noyade de leur fils. Depuis, la maison est gorgée de chagrin et Claire n’en peut plus.

 

Ce jeune homme qui la hèle en l’appelant mademoiselle va être son ouverture vers des moments de bonheur. 

 

Antoine, n’est autre que le fils d’un avocat Claude qui élève seul son fils. La mère a quitté le foyer conjugal pour refaire sa vie.

 

Lors des vacances, car la maison d’Antoine au contraire de celle de Claire est une maison de vacances, ils se retrouvent. Premiers baisers. Premières expériences sexuelles. Mais à chaque fois Antoine doit repartir.

 

Un jour que Claire est seule dans la maison d’Antoine, Claude rentre et tente d’abuser d’elle.

 

Alors quand la jeune Hélène disparait du village et est retrouvée assassinée, Claire est certaine que le Simplet du village n’est pas le coupable. Ce ne peut être que Claude d’autant plus qu’elle l’a vu un jour dans la foret.

 

Claude est disculpé mais Antoine ne veut plus voir Claire. D’ailleurs son père lui a toujours dit qu’elle n’en voulait qu’à leur argent.

 

Claire ne reverra plus jamais Antoine avant  ce jour à Nice. Et l’enfant qu’elle attendait est déjà parti dans les limbes de l’avortement depuis trente ans.

 

 

Un bon premier roman d’ailleurs je l’ai lu d’une traite. Une écriture rapide, fluide. Aucun ennui durant cette lecture.  

 

Le roman outre l’amour passion, traite également d’un sujet douloureux la pédophilie. 

 

 

Par contre, je ne comprends pas que le fils de Claire, Victor, soit totalement en retrait. Comme inexistant. Un personnage en trop qui n’apporte rien à l’histoire. 

 

 

 

 

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05 septembre 2018

Eden Springs de Laura Kasischke

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Benjamin Purnell, en compagnie de Cora son ancienne institutrice, va fonder une communauté religieuse à Benton Harbor. La colonie s’appellera la maison de David.

 

Enfant Benjamin a eu une révélation. Il a entendu un voix, celle de Dieu, qui lui commandait de construire un asile pour que ceux qui le suivent soit à l’abri lors de la fin du monde. Benjamin prédit même que les disciples auraient la vie éternelle et que la jeunesse ne disparaitrait jamais, donc qu’ils vieilliraient pas.

 

Les femmes sont folles de lui, de cet être charismatique qui a des cheveux longs ainsi qu’une belle barbe. 

 

Les jeunes filles de la communauté ainsi que David sont vêtus de blancs. Les hommes sont barbus et chevelus comme Benjamin. Ils sont ce qu’on appellerait à présent Vegan.

 

A côté de la propriété acquise au milieu de vergers, il va faire bâtir une parc d’attraction Eden Springs. Succès garanti.

 

Les nouveaux disciples affluent vers ce paradis, notamment d’Australie.

 

Il possède une équipe de Basket, un orchestre. Tout est dans le meilleur des mondes.

 

Et ces jeunes filles qui dansent devant lui, pourquoi s’en priver ? 

 

Mais voilà  que l’une d’entre elle décède. N’avait-il pas prévu la vie éternelle ?

 

Il sent un vent de révolte alors il décide de marier chacune d’elle à un autre membre de la communauté.

 

Benjamin Purnell va déchoir petit à petit lui qui se faisait appeler le Roi.

 

 

 

 

Ce qui m’a intéressé dans cette lecture, c’est surtout la découverte d’une secte dont je n’avais jamais entendu parler. Il faut dire qu’elle date de 1903.  Benjamin Purnell avait bâti un petit paradis il faut l’avouer mais c’était un gourou tel qu’ils le sont tous. Vivre dans la richesse et gouter aux jeunes filles, aux toutes jeunes filles. 

 

Le roman car c’est bien un roman baigne dans une poésie telle ces jeunes femmes qui vont cueillir les fruits dans le verger, au milieu des parfums et des pétales. 

 

Eden Springs porte bien son nom. 

 

Curieuse, j’ai été recherche sur internet. Benjamin Purnell a en fait fonde cette communauté en duo avec Mary. Ils avaient été chassés d’une autre communauté. Pour fonder cette nouvelle secte, ils s’allièrent à une autre.

 

 

Mary et lui vivaient dans l’opulence tandis que ses ouailles ne connaissait que la pauvreté. Et tous les vices sexuels étaient permis. L’image archiconnue du gourou des sectes.  

 

Sa déchéance commença quand on s’interrogea sur la provenue de cette richesse.,

Et le jour où on vint l’arrêter : il était au lit entouré d’un harem.

 

La communauté qui s’était déjà divisée lors de la mort de Benjamin continua  jusqu’à la mort de Mary dans les années cinquante. 

 

On peut encore découvrir les vestiges du parc d’attraction dont Walt Disney s’inspira pour son Royaume à lui.

 

L'avis de Cathulu http://www.cathulu.com/…/20…/09/05/eden-springs-6076847.html

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04 septembre 2018

Tarte aux pêches tibétaine de Tom Robbins

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Si vous tentez de chasser la morosité, lisez de toute urgence de livre. Tom Robbins c’est un véritable OVNI de bonne humeur et de joie de vivre.

 

Il est né en Caroline du nord à Blowing Roks, une ville sur un roc. A cinq ans, il déclaré à ses parents qu’il sera écrivain et ne sachant pas écrire encore, il dicte ses histoires à sa mère. 

 

Cette dernière, dont le père était prédicateur baptiste, avait donné le surnom de Tommy Rotten à son fils. L’écrivain n’a jamais su pourquoi ?

 

D’une famille puritaine est né ce trublion qui dès son jeune âge aime les filles, désire suivre un cirque. Raconte des histoires, avec à la main un bâton, pour ponctuer ses phrases en frappant le sol. Gourmand, il se fait ébouillanter avec du chocolat et son plat favori est indubitablement à jamais les tartines à la tomate.

 

Ne faisant que des bêtises à l’école, il rentre à l’armée et est engagé comme météorologue en Corée. 

 

Revenu à la vie civile, il veut absolument entrer dans un journal. Il est engagé comme critique d’art alors qu’il n’y connait rien. 

 

Il va changer de ville fréquemment comme il change de femme. Apparemment la dernière fut la bonne.  Mais ce qui est important pour situer le personnage c’est que sa jeunesse ce fut les années soixante donc les hippies, donc ce mangeur de champignon ne pouvait que gouter au LSD.  

 

Il a participé à des happenings qu’il a crée lui même, déclamé des poèmes avec le groupe de la roue du langage. Il désirait écrire un livre comparant Soutine et Pollock mais c’est un roman avec un tout autre sujet qui fut édité.

 

 

Ah j’oubliais, il est amoureux de Natalie Wood et c’est une balle de golf lancée dans le ciel qui lui a fait comprendre le sens de la vie.  Et il a volé la vedette à Neil Young.

 

« Les chanteurs dans le parc se turent, un à la fois au début, puis tous en même temps, et les instruments s’arrêtèrent dans un couinement. Il était vite devenu évident que l’interruption sonore venait d’en haut et, comme actionnées par des fils de marionnettes, toutes les têtes se levèrent d’un coup pour voir  le couteau de poche formé par un vol d’oies sauvages graver dans le ciel le nom secret de Dieu ».

 

 

Il nous fait voyager également et si l’envie de vous faire doucher par un éléphant vous vient, ne le faites jamais. Je vous préviens. 

 

Le Japon pour observer les grues mais pas n'importe lesquelles.  Cuba quand les Russes venaient encore, donc tout début de l’après révolution. Tombouctou la mystérieuse et les touaregs qui peuvent être très mauvais. 

 

J’oublie un autre détail « Même les cow girls ont du vague à l’âme » son second roman qui l’a rendu célèbre est un hommage aux femmes.

 

Bref Tom Robbins est un antidote contre la morosité.

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