07 janvier 2010

Personne Gwenaelle Aubry

C'est à une valse que nous convie Gwennaelle Aubry, une valse à 26 temps comme les lettres de l'alphabet.

Une valse en accord parfait entre elle et son père. Une valse qui prend son temps, se pose ensuite recommence.

A travers ses souvenirs d'enfants et les écrits du journal de son père, elle tente de décrypter l'homme qu'il était. Ce père dont elle fut séparée par un divorce et qu'elle rejoignait elle et sa soeur pendant les vacances.

Un homme avocat, professeur mais qui sombra dans la dépression. Hopitaux psychiatriques, tentative de suicide, alcoolisme...

Leur père les aimait ses filles mais il n'arrivait pas ou ne voulait pas vivre selon les diktats de la société. Il passait parfois des nuits entières avec les clochards.

Cheminement d'une fille qui tente de comprendre la "folie" de cet homme.

La valse s'arrête sur un chemin bordé d'amour.

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"J'ai eu un père. Ce père n'était ni un héros, quoique sa vie entière il ait combattu l'ombre en lui, ni un homme ordinaire. Mais il m'a légué un monde héroîque, un monde infini et labile, opaque et foisonnant, plein de chausse-trapes et de coulisses, de bas-côtés et de lignes de fuite, de monstres, aussi, et de spectres plus ou moins arrangeants, et avec ce monde le désir de l'arpenter et de le dire"

"Pieds nus, mon père passait de l'autre côté, du côté de ceux qui sautent aux yeux et dont on détourne le regard, les formes humaines allongées sur le trottoir mais aussi ceux dont on ne veut rien savoir passé les heures tardives et les petits matins où ils nettoient les bureaux et élèvent les immeubles, ces travailleurs venus de cet ailleurs où l'on aimerait les renvoyer comme on se débarrasse d'un outil qui a trop servi...

C'est vers eux que ses pieds nus le portaient, par délà les lisières et les lumières de la vile..."

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31 décembre 2009

Le Prince des Marées Pat Conroy

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Terminer l'année sur un véritable coup de coeur livresque, quoi de plus beau.

Suivre comme une ombre les traces de l'enfance, bien souvent malmenée par les coups du père, de Savannah, son jumeau Tom et le grand frère Luke. Ne pas toujours comprendre l'attitude de la mère Lila qui refuse que l'on avoue que l'on est pauvre et que son mari la bat elle aussi.

Aimer cette famille qui vaille que vaille continue sa route sur sa petite île. Découvrir qu'un fratrie peut grandir et accèder à l'âge adulte avec beaucoup de difficultés mais tenir le bateau  de la vie hors des flots.

Comprendre qu'ils sont soudés dans un même amour fraternel.

Atrapper au vol les gestes de folie d'une famille pour la région du sud de cette Amérique.

Admirer le plus beau cadeau d'une maman à ses enfants tel un coucher de soleil

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La poésie de Pat Conroy vous emporte sur des lames de fond où s'entrecroisent le rire, la haine, la joie, la douleur, la folie mais surtout l'amour et l'espérance. L'émotion se love autour du coeur et l'on ne peut y échapper.

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14 décembre 2009

Mémoire captives Azar Nafisi

Azar Nafisi auteur de 'lire Lolita à Téhéran" nous livre l'histoire de ses parents, de Nahzet sa mère, femme tyrannique dans la vie de ses enfants ainsi que de celle de son mari.

Elle tente de comprendre pourquoi sa mère souffrait encore des années après, même en s'étant remariée de la mort de son premier mari Saifi. Depuis sa mort, elle avait décidé de ne plus jamais danser.

Elle décrypte les mensonges de son père qui rêvait d'accéder au bonheur amoureux que sa femme ne lui apportait pas, d'où ses mensonges, ses aventure féminines et pour terminer son divorce pour épouser une femme plus jeune.

Azar Nafisi, nous emmène à travers l'histoire de l'Iran et les méandres émotionnels entre une mère et sa fille.

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Lire une interview

http://www.femmes.com/culture/lecture/azar-nafisi-14342

Je n'ai pas encore lu 'lire Lolita à Téhéran". Il est placé dans une pile, attendant sagement. Je pense que son attente va prendre fin.

'J'étais obsédée par son passé.J'aurais mieux voulu la connaitre, savoir ce qui l'avait rendue tellement distante et en même temps tellement proche et tellement vulnérable. Communiquer, lui parler était difficile.Je ne trouvais jamais les mots justes.Je ne pouvais pas dire "Je te comprends Maman et je te remercie de ce que tu as fait pour moi à Lancaster et ailleurs. Mais j'aime aussi mon père"  J'aurais voulu qu'elle me prenne dans ses bras, pas par pitié, mais parce qu'elle en avait envie. J'aurais voulu lui demander : "Que désires-tu Maman ?" Mais il y a tant de choses que nous ne nous sommes jamais dites."

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25 novembre 2009

La route Corman Mac Carthy

Les rayons du soleil ne réchauffent plus cette terre. L'horizon est gris. Les cendres recouvrent le sol. Les arbres sont brûlés. Plus aucun chant d'oiseau. Les survivants, par manque de nourriture sont devenus cannibales. La pluie, le vent, la neige se succèdent.

Pourtant, sur une route, L'enfant et L'homme marchent inlassablement. L'homme a dit à l'enfant qu'ils allaient vers le sud...

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Cormac Mac Carthy vous entraine sur une terre apocalyptique où les hommes ne se souviennent même plus qu'ils ont été des humains. Au milieu de ce chaos, il y a ces deux silhouettes, indissociables. Le père a gardé une bonté en lui à travers l'amour qu'il ressent pour son fils. Cet amour, il le lui transmet jour après jour et c'est...magnifique.

A travers cette terre qui n'en est plus une, l'auteur apporte une lumière, toute petite mais si belle. Cette lumière apporte l'espoir...

"Oui. Vraiment. Quand on sera enfin tous partis alors il n'y aura plus personne ici que la mort et ses jours à elle seront aussi comptés. Elle sera ici  sur la route sans avoir rien à faire et personne à qui le faire. Elle dira : "Où sont-ils tous partis ? Et c'est comme ça queça se passera. Qu'y a t-il de mal là-dedans ?"

"Aucune liste de choses à faire. Chaque jour en lui-même providentiel. Chaque heure. Il n'y a pas de plus tard. Plus tard c'est maintenant. Toutes les choses de grâce et de beauté qui sont chères à notre coeur ont une origine commune dans la douleur. Prennent naissance dans le chagrin et les cendres., Bon, chuchotait-il au petit garçon endormi.  Je t'ai toi"

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13 octobre 2009

Un secret Philippe Grimbert

François s'est inventé un frère qui lui parle. Un frère plus beau que lui, plus costaud. Il aurait désiré être le fils dont son père rêvait. Ses parents, surtout sa maman sont si beaux, tous deux férus de sport. Leur enfant est un être frêle tout à leur opposé.

Il passe le plus clair de son temps chez Louise, l'amie de ses parents. Elle soigne les corps de l'autre côté de la cour.

La rencontre entre ses parents, il l'imagine à sa façon, pendant la guerre lorsqu'ils étaient passés dans la zone libre de France.

Un jour Louise va commencer à dévoiler ce terrible secret qui explique les silences chez ses parents.

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Hier soir, passait le film tiré du livre à la télévision. Comment expliquer ce bouleversement en le regardant ? Il y a des images qui laissent une trace, j'en ai encore plein la tête.

Le livre était glissé au fond d'une armoire comme s'il attendait ce moment. Lu d'une traite, tout aussi beau que le film qui en a surgit.Une émotion.

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27 septembre 2009

Challenge 1% La patience de Mauricette Lucien Suel

Mauricette est reconnaissable à son cabas de paille couleur verte. Elle y transporte des morceaux de sa vie.
Mauricette vit dans la vie de tous les jours des gens dits 'normaux" tout en parcourant son monde à elle.
Mauricette porte dans sa tête une blessure qui la rend fragile.
Mauricette aime la lecture et la poésie.
Mauricette a deux amis, Christophe qu'elle a rencontré durant un stage d'informatique et Alfonsina compagne durant l'un de ses séjours en psychiatrie.
Mauricette a mal depuis si longtemps

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Pour cette rentrée littéraire ce n'est pas un deuxième coup de coeur, c'est un coup de coeur passion.
Lucien Suel avait écrit un très beau livre "la mort du jardinier". Ce deuxième roman est tout simplement magnifique.
Il nous entraine dans les pas de Mauricette qui désire guérir de cette douleur qui ne la quitte jamais. Douleur qui l'emmène parfois au bord de la folie mais en la frôlant.
Chaque chapitre est séparé par les écrits de Mauricette, écriture hachée de mots entre le réel et l'irréel.
Tout comme dans son premier roman, Lucien Suel nous offre une très belle fin.
Après avoir refermé le livre, vous aurez difficile de quitter la main de Mauricette.

"Elle se rapprocha, appuya le front contre l'arbre,resta quelques minutes sans bouger, attentive aux odeurs, au souffle du vent dans les aiguilles de l'arbre. Ce cèdre bleu dominait tous les arbustes environnants, cotonéasters,cornouillers, noisetiers et autres fusains, à l'exception d'une rangée de tilleuls plantés en bordure de l'autre côté de la cloture. Ils étaient donc là, les tilleuls qui avaient donné leur nom à la "Clinique". La période de floraison était terminée, mais quand elle passa sous leur ombrage, Mauricette respira à pleins poumons par le nez et elle retrouva dans sa mémoire, ce parfum qui la transporta immédiatement dans son temps de petite fille."

"Moi je travaille toujours. Ma tête travaille toujours. Je lis dans ma tête. Je ne sais pas l'arrêter. Quelquefois je voudrais que ça s'arrête, que ça se taise, ne plus entendre les voix. Ou alors seulement le bruit de la mer comme quand je transforme ma main en coquille autour de mon oreille".

challenge_du_1_litteraire_2009 Note 5/5

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24 septembre 2009

Challenge 1% La rafale des tambours Carol Ann Lee

Le cercueil a lancé un dernier adieu au sol de la France. Il a été embarqué à Boulogne  sur le Verdun pour
rejoindre sa terre natale l'Angleterre. D'un bâteau, il est passé dans un wagon de chemin de fer et
poursuivi son périple à travers le pays. Tout le long du parcours, une foule silencieuse et émue le salue.
Sa destination est Londres pour être inhumé dans la cathédrale de Westminster. Le soldat inconnu est enfin
revenu à la maison en ce 11 novembre 1920.

Mais avant il y a eu la guerre, précédée de la rencontre de Ted, Alex et Clare : deux hommes, une femme.
Si l'on remonte encore le temps, deux enfants se lient d'amitié : Alex et Ted.

La guerre a transformé leur vie...

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Premier coup de coeur en cette rentrée littéraire. L'histoire d'une femme qui aime deux hommes dont l'un est son mari et l'autre le meilleur ami de ce dit mari (vous me suivez ?) est banale mais écrite de cette manière avec la guerre 14-18 qui définit toute leur vie, c'est une véritable réussite.

Un livre...je vous laisse le choix de l'adjectif.

"Quand le soleil se leva au-dessus de la Somme, un peu plus tard ce matin-là, il arracha à la terre un bruit différent. Il sembla planer  au-dessus de vergers rasés et des chemins laissés à l'abandon, emplissant l'air humide  d'un vrombissement incessant et malveillant .

Debout au pied du clocher de l'église, Clare contemplat la campagne sur laquelle flottait une brume blanche. Dans ses oreilles, l'effroyable bourdonnement se poursuivait, tandis que là-bas, sur le champ de bataille, des légions de mouches noires  voltigeaient, se posaient et festoyaient sur les corps  des blessés et des morts.

Elle ferma les yeux et tomba à genoux.

La civilisation avait été détruite, impossible désormais pour quiconque, de recommencer à vivre comme avant"

challenge_du_1_litteraire_2009 Note 5/5

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24 août 2009

Les déferlantes Claudie Gallay

Ce sont les photos magnifiques de Bellesahi et le fait de l'avoir aperçue à la télévision gallay

qui m'ont donné cette envie de repartir au gré des pages

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Je l'avais abandonné en hiver. Le soleil a illuminé cette nouvelle lecture.

Je ne dévoilerai pas l'histoire, je ne décortiquerai pas les personnages, d'autres l'ont fait bien avant moi..

A ma première lecture j'avais noté cet extrait que je trouve toujours aussi beau

"Lambert était assis au soleil, le dos contre la digue. Je n'ai pas été étonnée de le voir là. Sa maison n'était toujours pas vendue. Il ne semblait pas pressé de partir. Je savais que l'on pouvait rester très longtemps comme ça , les yeux dans la mer, sans voir personne.  Sans parler. Sans même penser. Au bout de ce temps, la mer déversait en nous quelque chose qui nous rendait plus fort. Comme si elle nous faisait devenir une partie d'elle. Beaucoup de ceux qui vivaient cela ne repartaient pas"

Je suis rerentrée à petits pas dans cette deuxième lecture, doucement. Dégusté chaque mot. Quand je l'ai terminé, j'ai su que je le relirais encore et encore. Il fait partie des livres, de ces livres dont on ne peut se détacher.

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03 août 2009

la Saga Mendelson tome 1 : les exilés Fabrice Colin

C'est en lisant le post de Cathulu    http://cathulu.hautetfort.com/, lectrice qui lit plus vite que son ombre, bon bref, c'est cette gente dame qui m' a donné envie de lire une sage non pour adultes mais pour adolescents.

L'histoire débute en 1895, à Odessa. Isaac époux de Batsheva, exerce son métier d'horloger. Ses enfants se prénomment David et Leah. Isaac est très croyant au contraire de son épouse qui est devenue sa femme à l'encontre de ses parents.

Leah est une petite fille joyeuse tandis que David est un  enfant taiseux. Isaac tient une correspondance avec un ami à Vienne. Ce dernier, l'invite à venir le rejoindre et quitter la Russie. Lorsque les pogroms deviennent de plus en plus violents à Odessa, Isaac décide de quitter son pays de naissance avec femme et enfants.

Ils vont parcourir des kilomètres à travers le pays, la Roumanie et une grande partie de l'Empire Austro-Hongrois. A Vienne, aidés par la communauté juive, ils vont se reconstruire une vie. David aimant les arts, va devenir l'ami d'un certain Adolf...

Mais, la première guerre mondiale est déclarée. David est appelé sous les armes.

Isaac est déjà mort lorsqu'une lettre de David, qui a déserté, demande à sa famille de le rejoindre aux USA..

Je m'arrête ici car je ne vais pas vous raconter de long en large cette saga passionnante.

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Pour la férue d'histoire que je suis, ce roman est un régal. Le récit est entrecoupé de morceaux du journal de David, orné de dessins et de photos ainsi que de reportages des témoins d'événements.

Ce tome se termine en 1929, moment de la grande crise que connu les USA. 

Il ne reste plus qu'à patienter pour le second tome : Les Insoumis, jusqu'en novembre malheureusement.

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30 juillet 2009

Into the wild Jon Krakauer

Dans notre société hypermatérialiste, certains perçoivent des jeunes tel Christopher
Mac Candless comme marginaux, inconscients. D'autres souriront doucement en déclarant qu'ils auraient pu être ce jeune homme...

Christopher Mac Candless avait tout pour être heureux : des parents riches, l'intelligence, la gentillesse mais lui ne désirait pas vivre selon les critères de notre société. Il respirait l'amour de la nature...
Vivre seul et survivre seul dans l'Alaska durant l'été était son but. Gavé de lectures de Tolstoi qui prônait ce retour à la nature, il attendait son heure...

Il termina ses études secondaires brillamment. Il allat chercher son diplôme entouré de sa famille et...
Le lendemain, il a tout quitté sans donner d'adresse. Il a distribué les 23 000 dollars destinés à ses études de droit, aux oeuvres caritatives. Au bord de sa Datsun, il a disparu.

Durant l'été 1992, il fut découvert, mort de faim, dans un bus, en Alaska.

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L'auteur Jon Krakauer, journaliste, est parti sur les traces de Christopher. Il a rencontré toutes les personnes qui avait croisé la route du jeune homme. Il a essayé de comprendre pourquoi la mort avait donné rendez-vous à Christopher.

Comment ne pas ressentir de l'émotion en lisant le destin tragique de ce jeune homme dont la vie commençait à peine ? Comment ne pas essayer de comprendre ?

Très émue durant toute la lecture, j'aurais aimé voir surgir la silhouette de Christopher, sac sur le dos, souriant.

Lorsque sa maman s'est rendue  sur les lieux , elle eut la pensée qu'il avait vécu heureux durant quelques mois dans ce beau paysage d'Alaska.  Quel beau message d'amour...

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