12 septembre 2011

Rien ne s'oppose à la nuit Delphine de Vigan

Elle avait inventé à ses deux filles qu'elle partait en week end avec une amie. Sans nouvelles, Delphine, habitant le plus près, est allé aux nouvelles. En entrant dans la chambre, elle l'a appelée, elle ne répondait pas. Elle dormait. En sourdine, la petite radio qu'elle lui avait offerte. L'évidence s'est faite peu à peu. Elle n'était plus vivante. Elle s'était suicidée.

Longtemps, Delphine a voulu tenir cette peine loin d'elle. Faire semblant.

Le besoin est venu par après, ce besoin de reconstituer la vie de sa mère Lucile. Comprendre le mal qui la rongeait et qui l'avait envoyée en asile psychiatrique. Ecrire, écrire celle qui fut sa mère. Interroger ceux qui sont encore vivants. Fouiller dans les caisses remplies d'objets laissés par sa mère. Comprendre, persister à comprendre quitte à gêner les autres.

Ecrire Lucile qui fut la troisième de la fratrie, Lucile née de l'union de Liane et Georges, Lucile qui fut mannequin pour enfant tant elle était belle, Lucile la préférée de Georges, Lucile angoissée, Lucile folle, Lucile enfermée, Lucile courageuse, Lucile...Lucile qui dans sa lettre d'adieu leur déclare qu'elles furent ses filles, tout pour elle....

"Lucile était devenue une toute petit chose friable, recollée, rafistolée, irréparable en vérité

De toutes les images que j'ai gardées de ma mère, celle-ci est sans doute la plus douloureuse"

 

"Nous menions nos vies d'enfants. En attendant le retour de Lucile, nous inventions des potions magiques et des gloubi-boulga, nous échangions nos poupées, nos stylos, nos carnets, nous dessinions chacune de notre côté, nous nous cherchions des poux, nous nous tirions les cheveux, nous dansions sur la musique de Gease que nous avions vu au cinéma. Parfois, nous descendions chez Sabine, la voisine du dessous, pour regarder la télévision"

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A lire, à lire, à lire....

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06 septembre 2011

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux Thomas Vinau

Il est des livres qui bordent votre coeur d'émotion, des livres qui font naitre un sourire au coin des yeux. Il est des livres ...et celui-ci en fait partie

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Roman bien étrange qui comporte deux parties Le Dehors du dedans et le Dedans du dehors.

En ouvrant les pages, j'ai d'abord été décontenancée car le roman est composé de petits textes mais qui sont la suite logique l'un de l'autre.

Dans la première partie, Walther désire découvrir autre chose, le dehors de son dedans, partir tout simplement. Il va parcourir des pays du nord et ceux du sud. Durant ce voyage, il va reccueillir, Pec, un oiseau qu'il veut faire migrer mais un merle ne migre pas...Walther voyage mais n'oublie pas que Sally, là bas l'attend ainsi que son futur enfant.

'Lorsqu'il décide d'aller voir la mer du Nord, Pec s'est un peu remplumé.

Il l'a installé dans une boîte à chaussures, le nourrit cinq fois par jour en introduisant dans son gosier un mélangé de de viande hachée, de pain, de lait.

Le reste du temps, il dort.

A la gare d'Ostende, un enfant tire la main

de sa mère, les yeux écarquillés devant le piaf. Dehors, le vent souffle fort. Tout à un goût de sel."

Le sujet Il devient Je dans la seconde partie du livre. Je observe le dédans de son dehors. A la poursuite des secondes de vie qui traversent son regard, il perçoit ce qui l'entoure. Il raconte lui, sa compagne et leur enfant à travers les vitres de ses yeux, à travers les fenêtres de son écoute. Il ressent le vide, l'absence, le beau.

"Tu sens ? Cest quelque chose dans le vent.

Dans son murmure. Dans ses silences.  Quelque chose de pas rassurant. Tu sens ?  C'est ce moment où tout est déjà fini. Ce moment où rien ne commence. Le matin

persifle. Le vide s'étale. La lumière n'a besoin de personne. . Sans toi ce serait pareil. Probablement mieux."

Ce n'est pas un livre coup de coeur, je le nommerais un livre cadeau que certains auteurs vous offre à travers leur écriture. Un livre qui me parle si fort...

Voir le post d'Antigone 

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29 août 2011

Un avenir de Véronique Bizot

J'attendais avec impatience le nouveau roman de Véronique Bizot et ce fut un plaisir de lecture.

Coup de coeur  pour la fin si belle et si étonnante du roman car Véronique Bizet sous un humour cynique cache une véritable tendresse.

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Paul reçoit une lettre de son frère Odd qui se révèle être son jumeau dans la suite du récit. Ce dernier lui écrit qu'il disparait et en ps lui demande d'aller vérifier si le robinet untel a bien été purgé dans leur maison familiale.

Ni une, ni deux Paul répond à la demande et le voilà parti pour avaler trois cents kilométres.

La maison est bien lugubre, sans chauffage, humide. Heureusement, le garde-manger contient quand même quelques victuailles dont une quantité de boites de mais.

C'est le départ pour suivre l'ombre des souvenirs familiaux de Paul.

Odd serait-il parti en Malaisie tout comme leur père l'avait fait sans jamais leur donner signe de vie ?

La neige ne cesse de tomber et les souvenirs se mélangent les uns aux autres malgré le rhume tenace de Paul.

Bref, j'adore

L'avis de Cathulu

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14 juillet 2011

Un cercle de lecteurs autour d'une poêlée de châtaignes de Jean Pierre Otte

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C'est durant un cocktail que Jean Pierre Otte se fait aborder par Mehdi. Ce dernier l'invite à un cercle de lecteurs.

Jean Pierre acceptte très intrigué par ce cercle décrit par Mehdi.

" Des hommes  rapprochaient les bancs de l'âtre, des femmes disposaient des verres et des bouteilles de divers vins du pays sur une table de côté. Les uns et les autres me saluaient comme si on me connaissaitou me reconnaissait de toujours, sans faire attention davantage à moi, ce qui m'arrengeait et me permettait de détailler à loisir cette étrange confrérie"

Un dimanche d'automne, il rejoint Lespinas. Il fait connaissance des personnages éclectiques partageant l'amour des livres.

Chaque séance, est la continuation de la conversation tenue durant la réunion précédente. Chacun parle des livres qu'il aime et à travers ses livres, des réflexions sur la vie. Nul tabou, on parle de tout et de rien.

"Le bonheur est dans les péripéties minuscules de la vie, les événements de la nature autour de nous,les simples sensations, le spectacle du monde, proche et lointain, l'odeur de l'ozone répandue après l'orage, les changements de lumière, le toucher velouté d'une pêche ou la première gorgée de café le matin. Elle déplorait qu'il y eût aujourd'hui , dans l'être humain toujours moins d'éveil et d'émerveillement, et davantage d'arrogance et de rapacité;"

Au plaisir des mots, le cerce associe le plaisir du goût. Les verres se remplissent tandis que le fumet d'un repas qui mijote les entoure.

""J'ai compris que par la lecture, on pouvait aller ailleurs, voyager dans l'espace et le temps, se glisser dans la peau des personnages, voir par d'autres yeux, à la faveur d'autres appétits ou d'autres passions, se créer en soi -même un univers parallèle, sans pourant se couper du réél et de tous les impondérables du quotidien. Un sage chinois a dit que notre vie en ce monde n'aura servi à rien si nous n'avons su nous créer notre propre monde".

On peut inviter qui l'on veut au cercle. Jean Pierre va y rencontrer des personnages plus étonnants les uns que les autres dont celui qui croit en la téléportation.

"Mais la machine avait des ratés, hein ? s'alarma Victor. Désintégré, on ne trouverait plus jamais à se réintégrer nulle part

- Pourquoi par une errance de poussières dans l'éternité ? proposa Mehdi."

Entre ses retrouvailles, il continue sa vie et ses rencontres. Il se souvient de ce jeune apporté par le vent qui lui écrit des mots de par le monde

Comme si on avait enterré un dictionnaire et qu'à coups de soleil et d'eau claire, il avait poussé un arbre à mots. Ou un arbre à regards. Ou un arbre à magie. Le monde possède plus d'un tiroir et n'est plus un bureau mais une barque à la dérive. En bref, la poésie est un éventail qui rafraichit, qui met sur les cils des touches d'arc-en-ciel. Le monde n'est pas fermé, je fais connaissance avec l'infini.

"Nous les avons éduquées, dit Antoine, à baptiser les rêves de noms d'oiseaux, à construire, des rires avec le sable, à semer le trouble dans l'obscur, à chanter avec l'eau, à ne jamais écouter leurs parents; nous leur avons tout appris, sauf à devenir, Grandir, j'espère que ce ne sera jamais un projet pour nos filles"

 

Diifficile de définir ce roman, il est entouré de poésie, d'amour, de chaleur, de feu de bois, de vent, de désir, d'espoir, d'enfance, de repas....et bien sûr de lecture.

A lire, relire par petites touches...

Pourquoi ce titre ? à vous de le découvrir....

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03 juillet 2011

Aventures en Loire de Bernard Ollivier

Imaginez des chemins à la verdure luxuriante, des vignobles aux cépages prestigieux, des brumes matinales flottant autour de nobles châteaux, un fleuve majestueux. Et comme Bernard Ollivier, partez pour une odyssée hors du commun : 1000 kilomètres en six semaines sur les bords de Loire, du mont Gerbier-de-Jonc jusqu'à Nantes. A pied tout d'abord, puis vogue la galère ! troquez vos godillots contre un canoë. Vous découvrirez que l'aventure n'est pas toujours à l'autre bout du monde. Que la beauté est partout si on prend le temps de l'observer. Que l'hospitalité n'a pas déserté nos terres. Au fil des rencontres, l'auteur dessine un portrait de ces gens des bords de Loire qui lui ont ouvert leur porte et leur cœur. Comme toujours avec notre marin d'eau douce, l'aventure a le goût du bonheur. Mais prenez garde. La vie du fleuve n'est pas toujours tranquille

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Je désirais réaliser un beau billet sur ce livre, pas le courage pour le moment.

un livre coup de coeur entouré de magnifiques descriptions de la nature, de merveilleuses rencontres. Un très beau voyage. Il est a noter que la photo de couverture a été réalisée par l'auteur lui même.

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22 juin 2011

A la recherche de Carson MacCullers Jacques Tournier

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Ils se complétaient. Jamais l'un sans l'autre et pourtant que de déchirures entre eux, que de rêves perdus dans la nuit.

Marguerite et Lamar, futurs parents de Carson se rencontrent dans une bijouterie en 1916 où ils sont employés. Marguerite a beaucoup de bagout, Lamar tombe amoureux. Il la demande en mariage, elle hésite, se réfugie loin de lui. Il vient la chercher. Elle se laisse séduire. Dans le ménage ce sera elle qui décidera de tout. Ils ont trois enfant dont Carson est l'ainée. Un père quasi inexistant, effacé.

"On ne l'entend jamais. Ses enfants n'ont jamais recours à lui sauf peut-être certains matins d'hiver  où il faut terminer un problème de calcul avant d'aller en classe et dans la cuisine, tout en préparant le petit déjeuner,  il donne les explications nécessaires. Car il est toujours le premier réveillé. C'est lui qui allume le fourneau, mets les grits  à chauffer avec les saucisses et les oeufs, et prépare le café. Il le boit à même la tasse, sans soucoupe,  et lorsqu'il la pose sur la table, elle dessine des cercles  bruns où se prennent les mouches Il fait parfois tomber par terre  du sucre en poudre , et chaque fois  qu'il marche dessus , il l'entend crisser et grimacer. C'est à des détails de ce genre  qu'on peut savoir qu'il est vivant"

Marguerite décide que son aînée sera célèbre. Elle le déclare à qui veut l'entendre. Carson aime la musique. Elle va suivre des cours chez Mary Tucker dont elle tombe amoureuse secrètement. Mary Tucker encourage les parents de Carson à l'inscrire à l aJulliard School à New york.

Carson a peur de cette solitude à laquelle elle est confrontée dans la grande ville. Elle ne suit plus les cours de la Juillard School mais s'est inscrite aux cours de lettres à l'université. Elle vivote  de petits boulots.

La rencontre entre Reeves et Carson fut provoquée par un ami de la jeune fille Edwin Peacock.

Carson à 19 ans. Elle veut être écrivain. C'est à cette époque qu'elle sera mal soignée par les médecins. Ils pensent qu'elle  la tuberculose alors qu'elle souffre de rhumatisme articulaire. Carson va être confontée  toute sa vie à la maladie suite au mauvais diagnostic et traitement du corps médical.

Carson et Reeves se marient en 1937. Ils habitent à Charlotte. Ils seront tous deux écrivains de commun accord.

"Ils ont conclu un pacte : chacun à son tour écrira pendant un an, l'autre gagnera l'argent du ménage. C'est Carson qui commence, par droit d'ancienneté"

En avril 1939, le premier de roman signé Carson Mac Cullers nom de son mari est envoyé aux éditeurs. Le titre : Le Muet qui deviendra par la suite Le Coeur est un Chasseur solitaire.

Carson va connaître la gloire de l'écrivain. Reeves n'écrira jamais une seule ligne. Par moment, il vivra aux crochets de sa femme.

Carson le quittera pour vivre dans des communautés. Reeves se mettra à boire de plus en plus.

Ils ne cesseront de se quitter, surtout Carson qui décide de sa vie. Ils divorceront. Se remarieront après la seconde guerre mondiale. Ce sera l'amour de Carson, son amour à jamais.

Carson l'abandonne en France pour revenir aux USA. Il est chargé de liquider leur maison. Il manque d'argent. Il boit sans cesse et se suicide le 18 novembre 1953 à quarante ans.

Carson ne fait pas rapatrier le corps mais préfère que son nom soit gravé au milieu des soldats qui ont combattu durant la seconde guerre. Elle considère que c'est là sa vrai place. Le nom est gravé sur le mausolé de l'American Liegon dans le cimetière de Neuilly.

Carson Mac Cullers vivra jusqu'au 29 septembre 1967. Elle rendra le dernier soupir après 45 jours de coma.

 

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Carson et Reeves

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Jacques Tournier est parti à la recherche de Carson Mac Cullers en découvrant tous les lieux où elle a vécu aux USA tant en en Europe. Il a cherché à retrouvré des personnes qui avaient connu le couple ou Carson quand elle vivait seule. Le témoignge de Françoise Sagan est très beau.

On pourrait comparer le couple formé par Carson et Reeves à celui de Scott et Zelda Fitzgerald. Mais Zelda n'était par Carson et Scott n'était par Reeves.

Reeves n'a jamais écrit une seule ligne de sa vie comme si l'écriture de Carson l'étouffait, l'empêchait de prendre la plume.

Reeves avait des antécédents de suicide dans sa famille. Est-ce l'explication de son geste ?

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Dix ans que ce livre trainait dans ma PAL. Peut être fallait-il du temps pour que je comprenne enfin qui était Carson Mac Cullers ?

Note : 5/5

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04 mars 2011

Le Cercle Fermé Jonathan Coe

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Il faut parfois beaucoup de temps pour apprécier certains auteurs. Il y a quelques années, j'avais commencé "Testament à l'anglaise" abandonné par la suite, chassé les romans de Jonathan Coe de l'horizon.

Il y a peu, le passé m'a claqué au visage. Même chose pour les personnages du roman, c'est ce petit détail qui m'a d'abord attirée.Ensuite, l'écriture...Il n'y a que les Anglais pour prendre un ton cynique tout en restant humoristique. Bref, Jonathan Coe a réussi à m'envouter. Je l'ai lu d'une traite.
Et j'ai repioché dans ma PAL, il faut absolument que je lise le"Testament à l'anglaise"

Quatrième de couverture

L'Angleterre de Tony Blair entre dans le nouveau millénaire, et les héros de Bienvenue au club dans l'�ge m�r.

Vingt ans après, qu'ont-ils fait de leurs idéaux de jeunesse ? N'auraient-ils d'autre choix qu'entre compromissions et immobilisme ? Seul l'affreux Paul, leur cadet, un politicien opportuniste, semble s'adapter à ces temps nouveaux et aux nouveaux cercles du pouvoir. Mais si les utopies des années soixante-dix semblent maintenant lointaines, il suffit de bien peu pour faire resurgir les fant�mes du passé...

Jusqu'à ce que le cercle se referme. Tout en déroulant la chronique de l'histoire immédiate, du choc de la mondialisation à la guerre en Irak, Jonathan Coe fait le portrait d'une génération en proie à d'irréductibles contradictions. Impitoyable satiriste, il brosse un tableau ravageur de l'Angleterre de Tony Blair, qu'il dénonce avec la fureur vengeresse jadis réservée au thatchérisme. D'une lucidité aussi réjouissante qu'inconfortable, le diptyque composé de Bienvenue au club et du Cercle fermé se fait le miroir non seulement d'un pays, mais d'une époque tout entière, et constitue une fresque aussi ambitieuse et aussi aboutie que Testament à l'anglaise

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27 février 2011

Kosaburo, 1945 de Nicole Roland

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Le Japon est en guerre. Les jeunes universitaires sont appelés à devenir des kamikazes pour défendre leur Empereur.

Kosaburo l'acceptte et se plonge dans le code des samourais.

"Que pouvait-il faire d'autre, l'apprenti lettré, quand on leur martelait dans les revues : "Si vous voyez un ennemi, vous devez le tuer, vous devez détrure le faux et établir le vrai- ce sont les points cardinaux du zen. Il est dit, que si vous tuez quelqu'un, il convient que vous voyiez son sang..."

Akira son ami, ne veut pas de ce sacrifice vers la mort. Il décide de devenir moine.

"Il aimait la bonté, la vérité. Mais où étaient-elles ? Ce qu'il endurait à présent venait de leur absence, du pressentiment que la guerre, au lieu de rendre les hommes plus nobles, comme on le leur répétait sans cesse, pouvait en faire des chiens, empoisonner leur âme"

Pour que la honte ne rejaillisse pas sur sa famille, Mitsuko va prendre la place de son frère. Devenir kamikaze.

"Je me coupai les cheveux plus court encore.Ils tombèrent sur le sol avec la douceur d'une chute de neige.. Je les rassemblai dans une boite en cerisier, pensant malgré moi aux rites qui suivaient ma mort, car j'allais mourir, j'en étais certaine; j'entourai ma poitrine d'une large ceinture bien serrée, et pour la dernière fois,j'enfilai l'uniforme d'étudiant de mon frère"

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Nicole Roland a reçu un prix du premier roman en Belgique. Prix amplement mérité.

Tout est tragique dans la destinée des kamikazes et pourtant Nicole Roland nous entraine sur un chemin de poésie.

Elle s'est fondue dans l'écriture, dans ses mots, à la pensée japonaise.

Un tout petit livre mais si beau. On le referme non avec colère ni angoisse mais avec quiétude.

Je ne vous dévoilerai pas qui se cache derrière le personnage de Mitsuko, c'est à vous de le découvrir....

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12 février 2011

L'homme de Kaboul de Cédric Bannel

Je tiens d'abord à remercier Violette de Canablog ainsi que les Editions Laffont d'avoir été choisie pour lire les épreuves du roman qui ne sortira que le 03 mars en librairie.

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A des milliers de kilomètres, Nick à Berne et Oussamad à Kaboul vont être confrontés à une aventure qui va ne leur laisser aucun répit.

Oussama est prévénu qu'un homme s'est suicidé. Il s'agit de Wali Wadi, un trafiquant notoire de Kaboul, communiste de surcroit. Dès le début, Oussama ne croit pas au suicide, Wali Wadi a été assassiné mais il doit le prouver. Très vite, il constate qu'on ne voit pas d'un très bon oeil, l'enquête qu'il veut mener. Lorsqu'un de ses coéquipiers est assassiné lors d'un attentat, il comprend qu'on préférérait qu'il soit plus mort que vif.

Nick, travaille à Berne pour l'Entité. Une sorte d'association qui se cache sous de faux noms derrière laquelle se terre une terrible organisation qui surveille le monde. Un banquier de  Willard Consulting est en fuite au grand dam de tous.

Nick et son coéquipier Werner sont prévenus par une taupe que l'homme se cache dans un immeuble désaffecté dans lequel vivent des drogués. Werner propose de s'y rendre même si c'est interdit. L'équipe de force K va investir les lieux mais Werner veut absolument y aller.

Tout va mal tourner. Werner est tué par un de K sans sommation. La banquier est en fuite. Nick récupère juste un cd qui se nomme Mandrake et sur lequel sont inscrits un nombre d'iinitiales : le dossier Mandrake.

Nick et Oussama se dirigent sans le savoir vers le même but, aussi têtus l'un que l'autre au nom des équipiers qui ont été tués. Leurs chemins se rejoindront à Kaboul...

Le personnage central Oussama est très attachant. Il essaie de pratiquer son métier avec les moyens du bord, en restant intègre. Il est croyant. Sa femme Malalai est la seule et unique. Elle travaille à l'hopital etle féminisme coule dans ses veines, elle aimerait tant aider les femmes de son pays. Leurs enfants vivent en Occident. Oussama est respecté car il a combattu aux côtés de Massoud et c'est ce petit plus je pense qui me l'a fait tant aimer ainsi que sa tolérance.

"Oussama déplia son tapis au milieu du bureau et se livra à sa prière rituelle, invoquant la miséricorde d'Allah, sus le regard de ses adjoints.Gulbudin et Brabak n'étaient pas pieux pour des raisons différentes. Gulbudin, car au fond de lui il était un laîc convaincu qui regrettait le temps du gouvernement communiste. Babrak parce que, comme beaucoup de jeunes de sa génération, il préférait écouter de la musique occidentale, s'amuser avec ses amis et surfer sur Internet que prier un Dieu qui avait abandonné son pays depuis belle lurette. Oussama s'en accomodait, lui dont la foi était profonde.

Cédric Bannel nous transporte dès les premières pages dans une aventure policière très dense. Il ne laisse au lecteur aucun instant de répit.

A travers son roman nous suivons ses personnages dans un pays très complexe, tel est l'Afghanistan mais il reste objectif à tout moment. Tant au niveau des occidentaux que des Afghans, le bien et le mal se cotoient. Il ne prend parti pour aucun camp, il tente de nous faire comprendre cette complexité que nous occidentaux ne comprenons pas toujours avec nos idées de société conforme à ce que nous pensons être le meilleur.

Je terminerai en remerciant Cédric Bannel pour ce merveilleux roman mais surtout pour cette ouverture vers les portes de l'Afghanistan actuel.

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24 janvier 2011

Le dernier amour de George Sand Evelyne Bloch-Dano

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C'est une femme de 45 ans qui quitte Paris pour Nohant. La révolte de 48 ne lui a laissé que des désillusions.

Solange sa fille ne donne plus de ses nouvelles. Mauvais mariage avec ce Clésinger, mauvaise vie. Elles les a chassés de Nohant et depuis la mère et la fille s'ignorent.

Heureusement, Maurice, son fils adoré est bel et bien là mais elle aimerait tant qu'il soit moins mou, plus actif.

Elle voyage vers Nohant. Elle ne sait pas que l'amour lui a donné rendez-vous dans sa demeure tant aimée.

A Noêl, Maurice invite un de ses amis : Alexandre Manceau, graveur de son état. Ils vont s'aimer pendant 15 ans.

Ils ne sont pas nés dans le même monde. Il a 13 ans de moins que George et pourtant, ce fut l'amour entre eux.

Il va veiller sur ses moindres désirs pour la rendre heureuse.

Ils n'auront pas d'enfant mais tomberont amoureux de la petite fille de Solange qui malheureusement décédera;

Il écrira un agenda sur tous les faits et gestes de son aimée.

Aucune rivalité entre eux. Amant, fils, frère, secrétaire, confident, il endossera tous les habits.

Il sera fier d'acheter une maison, avec son argent, une maison pour tous les deux.

"Ce Manceau propriétaire, c'est la promotion d'un ouvrier qui n'a jamais rien possédé. Elle est chez lui et non l'inverse. Fait capital pour cet homme fier; il n'est pas son obligé. Cet argent qu'il investif dans la chaumière, george n'ignore pas qu'elle en est la destinaires. Alexandre Manceau est le premier homme (et le dernier) à lui donner quelque choses"

Maurice, le bien aimé, marié et devenu père ne pourra plus faire taire sa jalousie. Il exigera qu'il quiite Nohant. George doit choisir.

"George Sand a choisi. Manceau est le seul pour lequel elle quittera Nohant, son Nohant. Le seul pour qui elle est prête à se séparer de Maurice, son fils. Difficile de donner une plus belle preuve d'amour. En une nuit, elle témoigne à son compagnon sa gratitude pour quatorze ans de dévouement. Et son attachement."

Alexandre Manceau est malade, tuberculose. George va le veiller durant son agonie. Il avait 46 ans.

Maurice assistera à l'enterrement. Pas Solange.

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Je ne remercierai jamais assez Cath de ce magnifique cadeau. Je l'ai commencé plusieurs fois. La troisième fut la bonne et quel délice.

Evelyne Bloch Dano ne nous développe pas George Sand dans son métier d'écrivain mais dans son rôle de femme; son métier de mère, son attachement de grand-mère. Une femme extraordinaire de bonté et pourtant si dure avec sa fille comme si elle ne supportait pas le miroir déformant que cette dernière lui renvoyait.

Dans l'amour qu'elle vouait à son fils, c'est à mon tour que le miroir m'a renvoyé mon image. Elle était trop mère poule tout comme je le suis. Elle s'appelait George Sand, une femme de caractère. Cela ne l'a pas empêche de commettre les mêmes erreurs que les miennes. Depuis je réfléchis.

Justice est enfin rendue à un homme dont on parle très peu. tout le monde se souvient de Chopin ou de Musset mais Alexandre Manceau...Pourtant ce fut un graveur qui vécut de son art. Il fut même reçu au salon.

Ils étaient égaux en art, en amour...Ils s'aimaient tout simplement.

Evelyne Bloch Dano sera présente à la foire du Livre de Bruxelles, le 19 février. J'ai noté la date dans mon agenda...

Lire également l'avis d'Antigone

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