24 janvier 2012

Blanche Etincelle Lucien Suel

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Il m'est totalement impossible de rester objective vis-à-vis des livres de Lucien Suel. J'aime sa poésie, j'aime sa virevolte des mots, j'aime ses petites touches d'émotion qui transparaissent, j'aime tout simplement. Je prends le temps, je retourne quelques pages en arrière, je rêve, le coeur touché.  Plongée bonheur.

 

"Quand je rentre, le chat est dans la salle de bains, tapi au pied du pèse-personne. Depuis plusieurs jours, il guette une énorme tégénaire installée entre la cloison et la baignoire. Je suis entourée de chasseurs. Je lui montre mon collage. Il me montre son derrière. Aucun intérêt!"

Nous retrouvons Mauricette partie vivre à Wittebecque. Elle regarde passer le temps, elle observe les jours.

Mais surtout, il y a Blanche qu'elle a rencontrée dans une librairie. Elles avaient toutes deux commandé le même livre et sont venues le chercher au même moment. Blanche lui a proposé de la raccompagner. Mauricette vogue sur le chemin de l'amitié.

Mauricette écoute les sons d'une famille. Blanche, ses deux fils, son mari. Accueil de tous.  Chacune porte ses blessures et va les offrir à cette autre qui l'écoute, la soutient.

Mauricette et Blanche...

"Qu"importe la longueur, qu'importe le temps! Avec Blanche, je suis au milieu du chemin, au milieu du village, au milieu du monde, avec les livres, la musique, les enfants, avec les choucas piaillant dans le soleil, avec aujourd'hui les perce-neige, avec le chatoiement des peupliers blancs, avec la naissance des veaux dans les étables passes à la chaux, avec les brins d'herbe sèche serrés dans le bec des mésanges et des tourterelles, avec les flèches invisibles et la collision des regards réciproques, avec la matière sombre et les superamas"

A travers ses romans Lucien Suel, nous entraine à découvrir des personnages que vous pourriez croiser tous les jours, qui derrière leur regard vous cache leurs peurs, leurs déchirures sans oublier leur ciel bleu. 

Nous retrouvons dans ce dernier, une Mauricette qui aime les livres, la poésie, la musique. Blanche c'est la joie, le chant. Une rencontre de vie.

Mauricette m'a ramenée vers le Laac, musée à Dunkerque, juste à côté de la plage de Malo les Bains avec cette envie d'y retourner.

Non impossible d'être objective...

"Je ramasse les tasses, les assiettes à dessert. Je range, me rappelant ce qui s'est dit, joie vécue, humour, sincérité, don mutuel. Le soir tombe. Fatigue. J'ai fait le plein de vie. Gratuitement. En toute liberté"

 

 

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05 janvier 2012

Retour à Killybergs de Sorj Chalandon

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Killybergs, photo prise sur le net

Son enfance appartient à Killybergs. Des coups, il en a reçu de son père Patraig Meehan, l'alcool le rendait mauvais. Ce père qui avait fait partie de l'IRA, n'acceptant jamais cette Irlande coupée en deux. Pour oublier, il s'imbibait d'alcool. Une nuit, il décida de se suicider, n'arriva jamais à la mer. Les poches de ses vêtements étaient lestées de pierres et de sable mais c'est sur un chemin que son corps fut découvert.

Le père mort, il a fallu partir avec la mère et les soeurs. L'oncle Lawrencel, les prenait tous mère, frères, soeurs mais de l'autre côté de la frontière, du côté occupé par les britanniques et leurs frères les traitres à leur solde.

A Belfast, il a découvert, leur ghetto catholique cerné par les protestants. C'était la guerre avec l'Allemagne mais ce n'était pas leur guerre à eux. Que les britanniques et les traitres y prennent part mais pas eux. Alors les autres les ont chassés, Nouveau quartier où ils furent accueillis bras ouverts. Ils étaient dans le fief de l'IRA.

Quatre jours après, il devint membre de l'IRA en débutant comme fianna, il n'était qu'un enfant.

En grandissant, sa participation aux actions furent crescendo.

Il y eu ce maudit jour, où lors d'un tir entre britanniques et catholiques, il  a tué son ami Danny, Personne n'a compris alors il est devenu un héros, Tyrone Meehan le héros, celui qui avait sauvé son quartier. Lui savait qu'il avait assassiné Danny et il s'est tu.

Il a connu la prison. Non considérés comme prisonniers politiques par les britanniques, ils restaient nus avec pour vêtement leur couverture. Ils ont parsemés leurs murs d'excréments. Il a connu la révolte dans leur prison.

Il s'imaginait le seul à connaître le secret. Les britanniques le détenait également et à cause de son silence, il est devenu un traitre

Il a vendu ses compagnons d'arme.

Il est revenu à Killybergs, ici il est Tyrone, c'est sa terre, son essence. Il les attend. 

 

"Alors, nous avons parlé de la misère. De la grande Famine. Des enfants sans chaussures dans la boue. De la lèpre du pain, qui suinte au coin des bouches mal nourries. De mon père mort de fibre. Nous avions une colère commune. Et de la haine aussi"

"Il ne savait pas. Il n'était pas en colère, pas triste. Il était perdu. Un enfant au fond de mon bois. A Belfast, l'IRA, l'avait prévenu. S'il cherchait à me rencontrer, il serait banni. On tourne le dos au traitre, on ne lui parle pas, on ne traverse pas le pays pour scruter son regard. On ne lui demande rien. Il est malade, le traitre. Ceux qui le frôlent sont infectés. Le voir, c'est le comprendre. L'écouter, c'est trahir à son tour"

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Pour les générations actuelles, difficile d'imaginer ce que fut l'Irlande avant les années 2000. Pour ma part, je n'ai jamais oublié les images de ces enfants qui lançaient des pierres sur les blindés britanniques.

Découverte de Sorj Chalandon, conquise dès les premières lignes. Ce roman fait suite à "Mon traitre". Il en est l'épilogue.

Un véritable coup de coeur autant pour l'écrivain que pour son écriture. Conquise!!!

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01 décembre 2011

Requins d'eau douce Heinrich Steinfest

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Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. 

Wittgenstein

Lukastik est un homme assez étrange : il laisse ses mégots de cigarettes se consumer, ne jamais les écraser, il cueille les fruits avec la main gauche.  Il ne manque jamais de dîner chaque jour avec ses parents et sa soeur : il se contente de la soupe. D'ailleurs, il vit chez ses parents. Le reste du repas, il le prend dans une brasserie. Il possède une Ford Mustang couleur dorée mais surtout il consulte régulièrement le Tractatus de son philosophe préféré  Wittgenstein.

C'est à cet homme qu'est confié l'enquête concernant un corps découvert dans une piscine située sur le toit d'un immeuble viennois. Quoi de plus banal...Mais quand on constate que le corps a été à moitié dévoré par un requin, il y a une énigme qui se pose.

Deuxième roman édité en de cet auteur. Tout simplement génial : l'association de l'humour et de la philosophie m'a happée.

Par contre, le secret de Lukastif est moins avouable...

 

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23 novembre 2011

Une fois encore Diane Keaton

Elle aurait pu débuter ses mémoires par une phrase dans le genre : Moi Diane Keaton, fille de Dorothy et Jack, je suis née à ... etcetc

Il n'en est rien.

"C'en était assez pour moi. C'était cru. Trop cru. Je ne voulais pas connaître un aspect de la vie de Papa et Maman susceptible de réduire en miettes, la perception que j'avais de leur amour. J'ai reposé le carnet, je suis sortie de la chambre noire et je n'ai pas rouvert un seul de ses quatre vingt cinq cahiers jusqu'à sa mort, trente ans plus tard."

C'est à travers l'écriture de sa maman Dorothy que Diane se faufile pour nous raconter un peu d'elle mais surtout de sa famille.

Diane Keaton est l'ainée des quatres enfants de Dorothy et Jack.

"Maman  était persuadée  que ses enfants étaient promis à un brillant avenir. Âprès tout, j'étais drôle. Randy écrivait des poèmes. Robin chantait et Dorrie  était intelligente"

Sa maman gagne deux concours lorsque Diane est enfant, genre mis Amérique mais à petite échelle. Diane l'apercevant sur scène, jalouse celle-ci, elle aimerait tant que les aplaudissements lui soient adressés.

A l'âge de 19 ans, elle s'envole enfin pour Manhattan pour suivre les cours à la Neighboorhood Playhouse durant deux ans.

Diane Keaton est née le jour où elle fut choisie pour jouer dans Hair.

"A part cela, pas grand chose de neuf. Je reste toujours la même. Est-ce que je changerai un jour. Je suis toujours la personne la plus stupide du monde. Apparemment, on n'échappe pas à la stupidité en grandissant. Ah et puis je fais un régime. Obèse est un euphémisme. Je me suis laissée à vivre pour manger"

Durant des années Diane Keaton souffrit de boulime comme bien des personnages publics. Elle l'était déjà durant sa liaison avec Woody Allen.

"Le miracle de surmonter la boulimie est presqu'aussi étrange  que le fait d'en être esclave. Il ne reste rien de ma fringale antérieure. "

Elle nous raconte ses amours avec Warren Batty et Al Pacino, ses réussites au cinéma, ses flops en tant que réalisatrice, ses doutes, ses peurs mais surtout cette envie de donner de l'amour, elle qui n'est jamais arrivée à garder un homme.

Je ne sais pas ce qu'elle protégeait. Le romantisme peut-être, mais pas l'amour; pas le véritable amour, quotidien, ordinaire avec ses haut et ses bas, ses compromis, ses exigences et ses insuffisances. Je n'ai pas idée de ce qu'elle pensait  de Warren et de Al.  Ni de me voir avec eux. Elle adorait Woody.  Il s'intéressait sincèrement à ses efforts créatifs, surtout la photographie. Quand à papa, quand je lui demandais ce qu'il pensait des hommes, il répondait : "les femmes aiment les bons à rien". C'est tout ce qu'il trouvait à dire"

"Ma mère fit très tôt le grand choix. De se marier. J'ai fait le mien plus tard. D'adopter" A cinquante quatre ans, Dorothy se trouvait mise au rancart, avec trente deux ans d'existence devant elle. A soixante cinq ans, il n'y a pas de rancart, et je ne suis pas isolée.

Son amour, elle l'a offert à Duke et Dexter.

"Dexter et Duke ont changé ma vie. On me dit qu'ils ont de la chance de m'avoir. Cela me laisse dubitative. Ce n'est pas tout à fait ça. En réalité c'est moi qui ai de la chance.  Ils m'ont sauvée et je sais de quoi : de moi-même"

En 1990, Diane va perdre Jack son père qui a une tumeur au cerveau.

"Je sais que je ne peux pas emmener ce monde avec moi. La moitié du temps, je ne sais même pas où je suis, mais je vais te dire une chose Diane, je me sens mieux.  Tu ne te rends pas compte à quel point tu apprécies les petites choses. Ta maman, par exemple, j'aime ta mère alors  alors même que je ne sais jamais ce qu'elle vas faire" Ce n'était pas Norman Vincent Peale. Ce n'était pas Dale Carnegie. C'était papa."

Ensuite, il y eu la maladie de Dorothy. Cette damnée maladie qui porte le nom d'Alzeihmer.

"Je sais bien que j'ai tort, mais penser que ma mère, une personne qui aimait les mots, , qui avait toujours les meilleures notes,  qui est retournée à l'université alors qu'elle avait une quarantaine d'années  et qui est rentrée chez elle avec un diplôme, a été frappée par la maladie d'Alzeihmer sans raison est une chose que je ne peux accepter"

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Si je devais définir ce livre, je l'appellerais livre d'amour de Diane Keaton pour toute sa famille mais surtout pour sa mère.

Dorothy Keaton aimait écrire, penser. Elle réalisait des collages dont certains font partie du livre.

La vie de deux femmes qui s'entrecroisent à travers leur journal, des lettes, une mère et sa fille.

Si Diane est cette femme dont j'aime tant le sourire, elle le doit surtout à Dorothy...

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Dorothy, Warren Diane et Jack.

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17 novembre 2011

L'île des chasseurs d'oiseaux Peter May

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 Fin Macleod accablé par la perte de son fils, est sommé par son chef de reprendre du service. Un meurtre a été commis sur l'île de Lewis dans le nord de l'Ecosse. Meurtre qui ressemble étrangement à celui qui s'est perpétré à Edimburg et sur lequel fin enquêtait. Fin fait ses bagages tout en sachant que son couple avec Mona est brisé. Sans leur fils, rien ne les relie plus.

Il part donc pour l'île de son enfance. ïle battue par les vents et la pluie où les autochtones se chauffent à la tourbe, où les congrégations religieuses ont encore une très forte influence. Il a quitté cette île il y a dix huit ans en se jurant de ne plus y revenir et pourtant il acceptte la mission.

Le corps retrouvé pendu et éviscéré est celui d'un ennemi de son enfance, une brute notoire qui ne pensait qu'à taper où à se moquer. Lui et son frère formait la bande de voyous de l'île.

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Sitôt les pieds posés sur le sol de cette île, tous les souvenirs refluent. Ayant perdu très jeune ses parents, il a été élevé par une tante pas vraiment maternelle. Son meilleur ami Artair était son voisin. Ce dernier est marié à la femme que Fin a toujours aimée depuis le premier jour d'école Marsaili.

"C'était un paysage maussade, mais qu'un simple rayon  de soleil pouvait transfigurer. Fin connaissait bien la route. Il l'avait empruntée en toute saison et n'avait jamais cessé d'être émerveillé de voir à quel point ces hectares ininterrompus de tourbe pouvaient changer au fil des mois,  voire en une minute"

Il ne peut surtout pas oublier l'expédition vers l'île aux Oiseaux, An Sgeir. Une tradition séculaire envoie chaque année les hommes de l'île sur ce piton rocheux afin d'y massacrer des milliers de bébés fous de Bassan, les gugas dont les autochtones raffolent car parait-il la chair est succulente.

"Ils tuent deux mille oiseaux par an, vous savez. Ils les massacrent. Ils escaladent les falaises et étranglent ces pauvres bêtes, tandis que les adultes volent frénétiquement au-dessus d'eux, pleurant leur progéniture morte. C'est brutal, inhumain.  Peut-être s'agit-il là d'une tradition, mais elle n'a plus sa place dans un pays civilisé au XXième siècle"

Dix huit auparavant, Fin faisait partie de cette expédition, Artair également ainsi que Monsieur MacIness père de ce dernier. Monsieur MacIness y perdit la vie mais les souvenirs de Fin sont très flous sur ce qui s'est réellement déroulé.

Fin retrouve Artair. Celui-ci prend plaisir à annoncer à Fin que le jeune homme qui vit avec lui et sa femme est le propre fils de Fin et non le sien.

 

 

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 Excellent roman du genre. La psychologie des personnages et  la description des paysages transmet la rudesse de vie sur l'île. On touche à la vérité, on la touche seulement car elle est bien plus terrible qu'on ne l'imagine.

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14 octobre 2011

Cher Diego, Quiela t'embrasse Elena Poniatowska

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Lors de son séjour parisien avant la grande guerre, Diego Rivera, va rencontrer une émigrée russe, peintre elle-même : Angelina Beloff. Ils vont vivre ensemble durant dix années. Elle sera son épouse. Ils vont fréquenter les artistes de cette époque : Picasso, Foujita, Braque ainsi que les russes Soutine, Chagall et bien d'autres.

Diego peint mais sans succès. C'est en partie Angelina qui fait vivre la famille d'autant qu'elle va avoir un enfant de lui. Malheureusement cet enfant va mourir.

Le plus cruel est qu'au même moment, Diego coureur invétéré, a une maitresse dont il aura également un enfant.

 Diego décide de repartir au Mexique. Angelina doit le rejoindre...Angelina ne reverra jamais Diego Rivera. Ils se croiseront beaucoup plus tard et il ne la reconnaitra pas.

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Portrait d'Angelina beloff

Elena Poniatowska a imaginé les lettres qu'Angelina écrit à Diego. Lettres sans réponse de sa part. Sauf parfois, une petite somme d'argent. Aucun mot de l'homme qu'elle aime.

Des lettres de femme amoureuse, désespérée, pauvre. Lettres d'une artiste peintre.

"Il est onze heures du matin, je suis un peu folle, Diego n'est définitivement plus là.Je pense qu'il ne reviendra jamais et je tourne dans la pièce comme quelqu'un qui aurait perdu la raison. Je n'ai rien pour m'occuper, les gravures ne viennent pas.. Je ne veux pas aujourd'hui être douce, tranquille décente, soumise,, compréhensive, résignée, ces qualités que les amis louent tellement. Je ne veux pas être non plus maternelle : Diego n'est pas un grand enfant, Diego n'est qu'un homme qui n'écrit pas parce qu'il ne m'aime pas et qu'il m'a complètement oubliée"

J'avais reçu ce petit livre si magnifique lors de ma visite au stand Actes Sud à la foire du livre de Bruxelles. Il m'a fallu quelques années pour me décider à le lire. Devait-il se bonifier pour que je l'apprécie comme un merveilleux cadeau ?

beloffPeinture d'Angelina Beloff

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18 septembre 2011

Et rester vivant Jean Philippe Blondel

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22 ans. l'âge où tout parait insouciant, l'âge où l'on imagine son futur. C'est à 22 ans que Jean Philippe Blondel apprend la mort de son père, tué dans un accident de voiture. Quatre ans auparavant, sa mère et son frère sont également décédés dans un accident de voiture. Seul son père y avait survécu. Jean Philippe avait décidé de faire le voyage en train...

22 ans. Tout se délite dans le brouillard. Pas de pleurs. Il se passe en boucle Lloyd Cole et sa chanson Rich qui raconte Morro Bay. Devant le corps de son père à la morgue, il lui crie toute sa rancoeur. 

Laure, son ex petite amie et Samuel l'entourent de cette belle amitié.

22 ans. Il doit aller à Morro Bay, là bas en Californie. Vente de l'appartement où il vivait avec son père. Vente de tous les objets qu'il contient.

C'est le départ du trio. La Thunderbide va les emmener dans un long voyage, vers Morro Bay. 

"Là.

A moins d'un mètre de moi.

Son corps tout entier penché sur l'une des rares fleurs qui survivent dans cet enfer.Son corps bleu est menu, son bec dans le pistil.Ses ailes qui vibrent à une telle vitesse qu'il semble pétrifié dans l'air du soir.Le bruit de ses ailes, un moteur discret, un ronronnement presque.

je suis à côté d'un colibri.

Il y a tellement de beauté."

Ne vous imaginez pas que ce drame vécu par Jean Philippe Blondel est écrit dans un style larmoyant. Entres les pages se glisse énormément d'humour. 

Jean Philippe Blondel a mis des années à réussir à écrire ce livre. Sentir la présence de ses filles dans la pièce d'à côté, l'a aidé à la fin de l'écriture du livre.

Il nous fait jongler entre ses impressions, ses émotions durant le voyage, l'histoire du trio qu'il formait avec Laure et Samuel, les rencontres fantastiques que l'on croise à certains moments de sa vie. Il y associe un retour dans

 dans la caisse aux souvenirs quand ils formaient encore une famille.Et l'on ressent qu'il aimait si fort sa maman. 

Le plus extraordinaire est cette manière d'approcher tout sentiment à travers les couleurs car Jean Philippe Blondel vit dans un univers de couleurs.

"D'abord, il n'y a eu que des éclats de peinture, des presque boursouflures. Le jaune moutarde de l'uniforme de Diane Blackley. Le bleu et le rouge des fusées du 4 juillet. L'or et le rose du Red Rose Motel. Le brun du corps de Laure, le beige de celui de Samuel. L'ocre du grand Canyon. Le multicolore du colibri, à Kayenta.Le violet du jour qui se lève sur la Basse Californie. Je baigne dans les couleurs. Je me baigne dans les couleurs."

Votre livre est coloré d'une si belle couleur Monsieur Blondel.  Il se pare de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. 

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12 septembre 2011

Rien ne s'oppose à la nuit Delphine de Vigan

Elle avait inventé à ses deux filles qu'elle partait en week end avec une amie. Sans nouvelles, Delphine, habitant le plus près, est allé aux nouvelles. En entrant dans la chambre, elle l'a appelée, elle ne répondait pas. Elle dormait. En sourdine, la petite radio qu'elle lui avait offerte. L'évidence s'est faite peu à peu. Elle n'était plus vivante. Elle s'était suicidée.

Longtemps, Delphine a voulu tenir cette peine loin d'elle. Faire semblant.

Le besoin est venu par après, ce besoin de reconstituer la vie de sa mère Lucile. Comprendre le mal qui la rongeait et qui l'avait envoyée en asile psychiatrique. Ecrire, écrire celle qui fut sa mère. Interroger ceux qui sont encore vivants. Fouiller dans les caisses remplies d'objets laissés par sa mère. Comprendre, persister à comprendre quitte à gêner les autres.

Ecrire Lucile qui fut la troisième de la fratrie, Lucile née de l'union de Liane et Georges, Lucile qui fut mannequin pour enfant tant elle était belle, Lucile la préférée de Georges, Lucile angoissée, Lucile folle, Lucile enfermée, Lucile courageuse, Lucile...Lucile qui dans sa lettre d'adieu leur déclare qu'elles furent ses filles, tout pour elle....

"Lucile était devenue une toute petit chose friable, recollée, rafistolée, irréparable en vérité

De toutes les images que j'ai gardées de ma mère, celle-ci est sans doute la plus douloureuse"

 

"Nous menions nos vies d'enfants. En attendant le retour de Lucile, nous inventions des potions magiques et des gloubi-boulga, nous échangions nos poupées, nos stylos, nos carnets, nous dessinions chacune de notre côté, nous nous cherchions des poux, nous nous tirions les cheveux, nous dansions sur la musique de Gease que nous avions vu au cinéma. Parfois, nous descendions chez Sabine, la voisine du dessous, pour regarder la télévision"

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A lire, à lire, à lire....

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06 septembre 2011

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux Thomas Vinau

Il est des livres qui bordent votre coeur d'émotion, des livres qui font naitre un sourire au coin des yeux. Il est des livres ...et celui-ci en fait partie

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Roman bien étrange qui comporte deux parties Le Dehors du dedans et le Dedans du dehors.

En ouvrant les pages, j'ai d'abord été décontenancée car le roman est composé de petits textes mais qui sont la suite logique l'un de l'autre.

Dans la première partie, Walther désire découvrir autre chose, le dehors de son dedans, partir tout simplement. Il va parcourir des pays du nord et ceux du sud. Durant ce voyage, il va reccueillir, Pec, un oiseau qu'il veut faire migrer mais un merle ne migre pas...Walther voyage mais n'oublie pas que Sally, là bas l'attend ainsi que son futur enfant.

'Lorsqu'il décide d'aller voir la mer du Nord, Pec s'est un peu remplumé.

Il l'a installé dans une boîte à chaussures, le nourrit cinq fois par jour en introduisant dans son gosier un mélangé de de viande hachée, de pain, de lait.

Le reste du temps, il dort.

A la gare d'Ostende, un enfant tire la main

de sa mère, les yeux écarquillés devant le piaf. Dehors, le vent souffle fort. Tout à un goût de sel."

Le sujet Il devient Je dans la seconde partie du livre. Je observe le dédans de son dehors. A la poursuite des secondes de vie qui traversent son regard, il perçoit ce qui l'entoure. Il raconte lui, sa compagne et leur enfant à travers les vitres de ses yeux, à travers les fenêtres de son écoute. Il ressent le vide, l'absence, le beau.

"Tu sens ? Cest quelque chose dans le vent.

Dans son murmure. Dans ses silences.  Quelque chose de pas rassurant. Tu sens ?  C'est ce moment où tout est déjà fini. Ce moment où rien ne commence. Le matin

persifle. Le vide s'étale. La lumière n'a besoin de personne. . Sans toi ce serait pareil. Probablement mieux."

Ce n'est pas un livre coup de coeur, je le nommerais un livre cadeau que certains auteurs vous offre à travers leur écriture. Un livre qui me parle si fort...

Voir le post d'Antigone 

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29 août 2011

Un avenir de Véronique Bizot

J'attendais avec impatience le nouveau roman de Véronique Bizot et ce fut un plaisir de lecture.

Coup de coeur  pour la fin si belle et si étonnante du roman car Véronique Bizet sous un humour cynique cache une véritable tendresse.

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Paul reçoit une lettre de son frère Odd qui se révèle être son jumeau dans la suite du récit. Ce dernier lui écrit qu'il disparait et en ps lui demande d'aller vérifier si le robinet untel a bien été purgé dans leur maison familiale.

Ni une, ni deux Paul répond à la demande et le voilà parti pour avaler trois cents kilométres.

La maison est bien lugubre, sans chauffage, humide. Heureusement, le garde-manger contient quand même quelques victuailles dont une quantité de boites de mais.

C'est le départ pour suivre l'ombre des souvenirs familiaux de Paul.

Odd serait-il parti en Malaisie tout comme leur père l'avait fait sans jamais leur donner signe de vie ?

La neige ne cesse de tomber et les souvenirs se mélangent les uns aux autres malgré le rhume tenace de Paul.

Bref, j'adore

L'avis de Cathulu

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