04 mars 2011

Le Cercle Fermé Jonathan Coe

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Il faut parfois beaucoup de temps pour apprécier certains auteurs. Il y a quelques années, j'avais commencé "Testament à l'anglaise" abandonné par la suite, chassé les romans de Jonathan Coe de l'horizon.

Il y a peu, le passé m'a claqué au visage. Même chose pour les personnages du roman, c'est ce petit détail qui m'a d'abord attirée.Ensuite, l'écriture...Il n'y a que les Anglais pour prendre un ton cynique tout en restant humoristique. Bref, Jonathan Coe a réussi à m'envouter. Je l'ai lu d'une traite.
Et j'ai repioché dans ma PAL, il faut absolument que je lise le"Testament à l'anglaise"

Quatrième de couverture

L'Angleterre de Tony Blair entre dans le nouveau millénaire, et les héros de Bienvenue au club dans l'�ge m�r.

Vingt ans après, qu'ont-ils fait de leurs idéaux de jeunesse ? N'auraient-ils d'autre choix qu'entre compromissions et immobilisme ? Seul l'affreux Paul, leur cadet, un politicien opportuniste, semble s'adapter à ces temps nouveaux et aux nouveaux cercles du pouvoir. Mais si les utopies des années soixante-dix semblent maintenant lointaines, il suffit de bien peu pour faire resurgir les fant�mes du passé...

Jusqu'à ce que le cercle se referme. Tout en déroulant la chronique de l'histoire immédiate, du choc de la mondialisation à la guerre en Irak, Jonathan Coe fait le portrait d'une génération en proie à d'irréductibles contradictions. Impitoyable satiriste, il brosse un tableau ravageur de l'Angleterre de Tony Blair, qu'il dénonce avec la fureur vengeresse jadis réservée au thatchérisme. D'une lucidité aussi réjouissante qu'inconfortable, le diptyque composé de Bienvenue au club et du Cercle fermé se fait le miroir non seulement d'un pays, mais d'une époque tout entière, et constitue une fresque aussi ambitieuse et aussi aboutie que Testament à l'anglaise

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27 février 2011

Kosaburo, 1945 de Nicole Roland

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Le Japon est en guerre. Les jeunes universitaires sont appelés à devenir des kamikazes pour défendre leur Empereur.

Kosaburo l'acceptte et se plonge dans le code des samourais.

"Que pouvait-il faire d'autre, l'apprenti lettré, quand on leur martelait dans les revues : "Si vous voyez un ennemi, vous devez le tuer, vous devez détrure le faux et établir le vrai- ce sont les points cardinaux du zen. Il est dit, que si vous tuez quelqu'un, il convient que vous voyiez son sang..."

Akira son ami, ne veut pas de ce sacrifice vers la mort. Il décide de devenir moine.

"Il aimait la bonté, la vérité. Mais où étaient-elles ? Ce qu'il endurait à présent venait de leur absence, du pressentiment que la guerre, au lieu de rendre les hommes plus nobles, comme on le leur répétait sans cesse, pouvait en faire des chiens, empoisonner leur âme"

Pour que la honte ne rejaillisse pas sur sa famille, Mitsuko va prendre la place de son frère. Devenir kamikaze.

"Je me coupai les cheveux plus court encore.Ils tombèrent sur le sol avec la douceur d'une chute de neige.. Je les rassemblai dans une boite en cerisier, pensant malgré moi aux rites qui suivaient ma mort, car j'allais mourir, j'en étais certaine; j'entourai ma poitrine d'une large ceinture bien serrée, et pour la dernière fois,j'enfilai l'uniforme d'étudiant de mon frère"

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Nicole Roland a reçu un prix du premier roman en Belgique. Prix amplement mérité.

Tout est tragique dans la destinée des kamikazes et pourtant Nicole Roland nous entraine sur un chemin de poésie.

Elle s'est fondue dans l'écriture, dans ses mots, à la pensée japonaise.

Un tout petit livre mais si beau. On le referme non avec colère ni angoisse mais avec quiétude.

Je ne vous dévoilerai pas qui se cache derrière le personnage de Mitsuko, c'est à vous de le découvrir....

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12 février 2011

L'homme de Kaboul de Cédric Bannel

Je tiens d'abord à remercier Violette de Canablog ainsi que les Editions Laffont d'avoir été choisie pour lire les épreuves du roman qui ne sortira que le 03 mars en librairie.

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A des milliers de kilomètres, Nick à Berne et Oussamad à Kaboul vont être confrontés à une aventure qui va ne leur laisser aucun répit.

Oussama est prévénu qu'un homme s'est suicidé. Il s'agit de Wali Wadi, un trafiquant notoire de Kaboul, communiste de surcroit. Dès le début, Oussama ne croit pas au suicide, Wali Wadi a été assassiné mais il doit le prouver. Très vite, il constate qu'on ne voit pas d'un très bon oeil, l'enquête qu'il veut mener. Lorsqu'un de ses coéquipiers est assassiné lors d'un attentat, il comprend qu'on préférérait qu'il soit plus mort que vif.

Nick, travaille à Berne pour l'Entité. Une sorte d'association qui se cache sous de faux noms derrière laquelle se terre une terrible organisation qui surveille le monde. Un banquier de  Willard Consulting est en fuite au grand dam de tous.

Nick et son coéquipier Werner sont prévenus par une taupe que l'homme se cache dans un immeuble désaffecté dans lequel vivent des drogués. Werner propose de s'y rendre même si c'est interdit. L'équipe de force K va investir les lieux mais Werner veut absolument y aller.

Tout va mal tourner. Werner est tué par un de K sans sommation. La banquier est en fuite. Nick récupère juste un cd qui se nomme Mandrake et sur lequel sont inscrits un nombre d'iinitiales : le dossier Mandrake.

Nick et Oussama se dirigent sans le savoir vers le même but, aussi têtus l'un que l'autre au nom des équipiers qui ont été tués. Leurs chemins se rejoindront à Kaboul...

Le personnage central Oussama est très attachant. Il essaie de pratiquer son métier avec les moyens du bord, en restant intègre. Il est croyant. Sa femme Malalai est la seule et unique. Elle travaille à l'hopital etle féminisme coule dans ses veines, elle aimerait tant aider les femmes de son pays. Leurs enfants vivent en Occident. Oussama est respecté car il a combattu aux côtés de Massoud et c'est ce petit plus je pense qui me l'a fait tant aimer ainsi que sa tolérance.

"Oussama déplia son tapis au milieu du bureau et se livra à sa prière rituelle, invoquant la miséricorde d'Allah, sus le regard de ses adjoints.Gulbudin et Brabak n'étaient pas pieux pour des raisons différentes. Gulbudin, car au fond de lui il était un laîc convaincu qui regrettait le temps du gouvernement communiste. Babrak parce que, comme beaucoup de jeunes de sa génération, il préférait écouter de la musique occidentale, s'amuser avec ses amis et surfer sur Internet que prier un Dieu qui avait abandonné son pays depuis belle lurette. Oussama s'en accomodait, lui dont la foi était profonde.

Cédric Bannel nous transporte dès les premières pages dans une aventure policière très dense. Il ne laisse au lecteur aucun instant de répit.

A travers son roman nous suivons ses personnages dans un pays très complexe, tel est l'Afghanistan mais il reste objectif à tout moment. Tant au niveau des occidentaux que des Afghans, le bien et le mal se cotoient. Il ne prend parti pour aucun camp, il tente de nous faire comprendre cette complexité que nous occidentaux ne comprenons pas toujours avec nos idées de société conforme à ce que nous pensons être le meilleur.

Je terminerai en remerciant Cédric Bannel pour ce merveilleux roman mais surtout pour cette ouverture vers les portes de l'Afghanistan actuel.

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24 janvier 2011

Le dernier amour de George Sand Evelyne Bloch-Dano

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C'est une femme de 45 ans qui quitte Paris pour Nohant. La révolte de 48 ne lui a laissé que des désillusions.

Solange sa fille ne donne plus de ses nouvelles. Mauvais mariage avec ce Clésinger, mauvaise vie. Elles les a chassés de Nohant et depuis la mère et la fille s'ignorent.

Heureusement, Maurice, son fils adoré est bel et bien là mais elle aimerait tant qu'il soit moins mou, plus actif.

Elle voyage vers Nohant. Elle ne sait pas que l'amour lui a donné rendez-vous dans sa demeure tant aimée.

A Noêl, Maurice invite un de ses amis : Alexandre Manceau, graveur de son état. Ils vont s'aimer pendant 15 ans.

Ils ne sont pas nés dans le même monde. Il a 13 ans de moins que George et pourtant, ce fut l'amour entre eux.

Il va veiller sur ses moindres désirs pour la rendre heureuse.

Ils n'auront pas d'enfant mais tomberont amoureux de la petite fille de Solange qui malheureusement décédera;

Il écrira un agenda sur tous les faits et gestes de son aimée.

Aucune rivalité entre eux. Amant, fils, frère, secrétaire, confident, il endossera tous les habits.

Il sera fier d'acheter une maison, avec son argent, une maison pour tous les deux.

"Ce Manceau propriétaire, c'est la promotion d'un ouvrier qui n'a jamais rien possédé. Elle est chez lui et non l'inverse. Fait capital pour cet homme fier; il n'est pas son obligé. Cet argent qu'il investif dans la chaumière, george n'ignore pas qu'elle en est la destinaires. Alexandre Manceau est le premier homme (et le dernier) à lui donner quelque choses"

Maurice, le bien aimé, marié et devenu père ne pourra plus faire taire sa jalousie. Il exigera qu'il quiite Nohant. George doit choisir.

"George Sand a choisi. Manceau est le seul pour lequel elle quittera Nohant, son Nohant. Le seul pour qui elle est prête à se séparer de Maurice, son fils. Difficile de donner une plus belle preuve d'amour. En une nuit, elle témoigne à son compagnon sa gratitude pour quatorze ans de dévouement. Et son attachement."

Alexandre Manceau est malade, tuberculose. George va le veiller durant son agonie. Il avait 46 ans.

Maurice assistera à l'enterrement. Pas Solange.

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Je ne remercierai jamais assez Cath de ce magnifique cadeau. Je l'ai commencé plusieurs fois. La troisième fut la bonne et quel délice.

Evelyne Bloch Dano ne nous développe pas George Sand dans son métier d'écrivain mais dans son rôle de femme; son métier de mère, son attachement de grand-mère. Une femme extraordinaire de bonté et pourtant si dure avec sa fille comme si elle ne supportait pas le miroir déformant que cette dernière lui renvoyait.

Dans l'amour qu'elle vouait à son fils, c'est à mon tour que le miroir m'a renvoyé mon image. Elle était trop mère poule tout comme je le suis. Elle s'appelait George Sand, une femme de caractère. Cela ne l'a pas empêche de commettre les mêmes erreurs que les miennes. Depuis je réfléchis.

Justice est enfin rendue à un homme dont on parle très peu. tout le monde se souvient de Chopin ou de Musset mais Alexandre Manceau...Pourtant ce fut un graveur qui vécut de son art. Il fut même reçu au salon.

Ils étaient égaux en art, en amour...Ils s'aimaient tout simplement.

Evelyne Bloch Dano sera présente à la foire du Livre de Bruxelles, le 19 février. J'ai noté la date dans mon agenda...

Lire également l'avis d'Antigone

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17 novembre 2010

Avec des mains cruelles Michel Quint

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"Maintenant, je vais la survoler cette ombre que j'étais, rentrer à Lille, vivre avec Bastien, je veux un enfant de lui, une maison,

un métier, un jardin, des fleurs, voyager, apprendre à conduire, regarder les cruautés quotidiennes, le mal dont tous on est capables, sans détourner les yeux, et les arbres à l'horizon, la mer qui grogne sur la dune, la beauté du regard des gens, tout, tout, et apprécier, toucher, goûter la réalité compliquée des hommes avec Laura, Judith, et Dom, parce qu'on commence à peine l'amitié ensemble et que je ne veux plus décevoir ni qu'on me trompe..."

Tout commence par l'expo des jeunes, dans l'ancienne école de Claassens. Il a bourlingué durant des décénies pour traquer l'horreur, reproduire les cris de terreur à travers son appareil photo.. cela débute assez mal cette réunion mais la Louise a su crier les mots et Claassens se calme. Mais voilà la Louise, elle trompe son homme. Il surgit de nulle part pour tuer celui qui lui a pris sa nana. Lui et Claassens mourront dans une envolée après que le coup de feu n'aie déjà éteint la vie de Louise.

Dom lui vit dans son bar, il l'aime sa Judith dont la famille a été dispersée le long de l'holocauste. Mais voilà Laura qui pousse la porte un matin. Elle veut être barmaid. Accordé mais elle sera également archiviste. Dans la cave du bar, Dom a accumulé tant de papiers, il est temps de faire le tri....

Michel Quint nous entraine dans une course aux mots. Il nous entraine dans un maelstrom de phrases. On s'imagine que la vague va se reposer et oups, le courant nous entraine encore plus vite.

L'histoire se déroule à Lille, ville que j'adore moi la petite Belge. Quand j'y pose les pieds, c'est comme si je retrouvais une vieille amie. Michel Quint y a planté des personnages qui gardent une blessure dans l'âme

Il nous entraine à l'ombre de la bande à Bonnot mais surtout d'un pan d'histoire de mon pays. En Belgique, également, il y eu des fascistes dont notre Léon Degrelle. Cet homme fut acclamé, salué pas de nombreux belges.

Après la chute du Reich, il s'enfuit en Espagne épaulé par Franco où il meurt en   début des années nonantes. Jamais inquiété, il a vécu paisiblement alors qu'il était coupable de crimes de guerre.

Comment accepter que certains criminels aient pu couler des jours paisibles même en France ? Comment accepter que nos grands parents aient été peut-être des collabos comme le ressent Dom ? Comment échapper à cette violence qui nous entoure et ne pas devenir comme les autres ? Croire encore à l'espoir, essayer d'y croire..

J'ai débuté la découverte de l'écriture de Michel Quint par son tout dernier roman.  Il est temps de remonter le temps à travers ses autres livres..

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13 novembre 2010

La fin de la folie Jorge Volpi

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Anibal Quevedo se réveille dans une chambre d'hôtel, son aspect est celui d'un clochard. Il ne sait où il est, ni qui il est, ni même ce qu'il fait là. Il regarde par la fenêtre, entend un grand bruit dans la rue, des jeunes manifestent. Mai 68 débute à Paris.

Pour se retrouver, il décide de lire les écrits de Lacan. Il se rend rue de Lille. Il guette la sortie du maître. La porte s'ouvre. Lacan est accompagné d'une jeune femme que Quevedo décide de suivre. A cet instant, sa vie va prendre un nouveau tournant.

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Jacques Lacan

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Althusser

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Roland Barthes

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Michel Foucault

Ma découverte de cet écrivain Mexicain le fut par la lecture du 'temps des cendres". Un véritable coup de coeur pour son écriture très intellectuelle. Intellectualisme que je recherche beaucoup dans mes lectures.

Dans ce roman, Jorge Volpi nous entraine à la suite de Quevedo qui va devenir révolutionnaire suite à la rencontre avec Claire. Il va participer ç mai 68, se rendre à Cuba où Castro lui demande de le psychanaliser. En compagnie de Castro, il rejoint le Chili où Allende tente de se maintenir au pouvoir. Chassé de Cuba, il retourne à Paris. De tous les psychanalistes, Foucault l'intrigue. Il va faire un bout de chemin avec ce dernier jusqu'à sa mort. Il décide de retourner au Mexique pour poursuivre la contestation politique.

Anti psy de tout bord personnellement, j'admire la virtuosité par laquelle Jorge Volpi nous entraine derrière l'ombre de quelques psychanalistes. Il nous les décrit sans concession. Drôles de personnage ces psys à la limite de la folie tel Althusser qui étrangla sa femme.

La seule question qui me trotte dans la tête : Quevedo a t-il réellement vécu ou est-il un personnage de fiction ?

Le thème principal du livre se réduit en cette interrogation : peut-on lorsque l'on est révolutionnaire, pactiser sous une forme ou l'autre avec l'ennemi sans perdre ses convictions de révolution ?

“ Le mouvement par lequel un homme seul, un groupe, une minorité ou

un peuple tout entier dit : “ Je n’obéis plus ”, et jette à

la face d’un pouvoir qu’il estime injuste le risque de sa vie –

ce mouvement me paraît irréductible. Parce qu’aucun pouvoir

n’est capable de le rendre absolument impossible : Varsovie aura toujours son ghetto

révolté et ses égouts peuplés d’insurgés.

Et parce que l’homme qui se lève est finalement sans explication ;

il faut un arrachement qui interrompt le fil de l’histoire,

et ses longues chaînes de raisons, pour qu’un homme puisse,

“ réellement ”, préférer le risque de la mort à la certitude d’avoir à obéir.

Michel Foucault

Si tu avais assisté cette année à mon séminaire

, tu verrais que ce que j’énonce – qui supporte mal le terme de « théorie »

– est bien fait pour répondre à la situation très sérieuse que tu sens fort bien.

Peut-être ferai-je le point le mercredi 30. Si l’assistance m’en paraît plausible.

En tout cas crois bien que je ne perds rien de ce que tu me dis ou m’écris.

JL

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Or, qu'apprend-on à l'École ? On va plus ou

moins loin dans les études, mais on apprend

de toutes façons à lire, écrire, compter, -

donc quelques technique et pas mal

d'autres choses encore, y compris des

éléments (qui peuvent être rudimentaires

ou au contraire approfondis) de « culture scientifique »

ou « littéraire » directement utilisables dans les

différents postes de la production (une instruction pour les ouvriers

, une autre pour les techniciens, une troisième pour les

ingénieurs, une dernière pour les cadres supérieurs, etc...)

On apprend donc des « savoir-faire ». 

Althusser

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26 octobre 2010

La fille aux neuf doigts Laia Fabregas

9782742791262Laura travaille pour Air Iberia. Trente ans, amoureuse d'Arnau mais Arnau existe-til vraiment ?. Elle est très complice avec sa plus jeune soeur Moira. Elevées par des parents communistes sous les années de plomb franquistes, elles ont connu une enfance merveilleuse magré tout. 

Laura s'interroge de plus en plus sur cette lubie de ses parents de ne jamais réaliser de photos de famille. Ils prétendaient que les photos pensée (cliché analysé par la rétine et mémorisée pour la vie) étaient plus beaux que ces clichés sur pellicule qu'on garde dans de beaux albums. Pourtant Laura est persuadée, que ces photos pellicules existent. Elle garde le souvenir de leur père cachant un appareil photo dans la poche de son manteau.

Laura se caractérise des autres par le fait qu'elle ne possède que neuf doigts. Dans un cahier, elle s'invente une vie où elle perd chacun de ses doigts au fil des années.

Le thème pourrait être abordé de manière triste, l'auteure a décidé de tout englober dans une poésie qui ne laisse aucunement indifférent. On se laisse envouter par le récit.

Premier livre pour Laia Fabregas. Magnifique réussite.

"Un jour, Laura avait décidé  d'encadrer quelques unes de ses photos pensées et de les accrocher dans sa chambre  afin de pouvoir montrer aussi des souvenirs aux amies qui venaient chez elle, tout comme celles-ci  lui montraient des photos de leurs vacances et leurs amis.  Elle avait alors extrait  sept belles photos pensées de sa mémoire et écrit une légende sur du papier pour chacune d'elles. D'abord au crayon, pour essayer,  et ensuite avec un feutre noir et épais. Puis elle avait acheté sept cadres  dans lesquels, elle avait placé les photos écrites."

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04 octobre 2010

Philippe Noiret de père en fills Frédérique Noiret Deborah Gr Noiret

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Lorsqe Monique annonçat à Philippe qu'elle était enceinte, il réfléchit. Lui répondit oui mais "je suis trop petit".

Ce fut Frédérique qui portait un amour si fort pour son père. Petite, elle adorait entendre ses pas qui retentissaient dans le couloir. Il revenait de sa promenade équestre, autour de lui flottait un parfum de crottin, de foin et la fillette s'agrippait à ses bottes. Elle détestait les moments où son père disparaissait. Plus de séance cinéma en sa seule compagnie, moment qu'elle attendait impatiemment.

Difficile de trouver sa place entre deux êtres qui s'aimaient par dessus tout. Difficile d'être comme son père. Il était élégant, elle ne portait que des vêtements informes. Mal dans sa peau, elle préférait s'amuser plutôt qu'étudier. Pourtant, elle partageait des moments si merveilleux lors de leurs promenades équestres, en duo.

Elle n'aimait pas étudier. Impossible de le reprocher à sa fille alors qu'on avait été un cancre soi même.

Mais comment des parents équilibrés avaient-ils réussis à donner naissance à une fille aussi déséquilibrée. Il y a des paroles qui blessent...

La filette devint femme et  maman à son tour. Une fille encore, Deborah. Ce fut un bouleversement pour Philippe. Il tournait les Ripoux et à chaque occasion, il se rendait la Clinique. Il la regardait sa petite fille, il ne disait rien. Il caressait son cou avec son doigt et il repartait.. Ce fut sa petite princesse.

Un jour, Philippe récitait un poème du grand Victor Hugo sur scène. Un poème dédié à  Léopoldine, morte noyée. Frédérique l'avait remarqué si ému tandis qu'il déclamait ce beau poème. C'est à sa^ropre  fille qu'il pensait mais elle ne l'avait pas compris sur l'instant. Même si son père ne le lui disait pas, Philippe l'aimait, bien plus qu'elle ne l'imaginait.

C'est un récit à quatre mains. Frédérique, la fille raconte, Entre les deux la petite fille Deborah, qui est actrice, prend la suite.

J'avais parcouru les mémoires cavalières après la mort de l'acteur. Ce témoignage prend la suite. Monsieur Philippe Noiret était un grand seigneur. Pas toujours psychologue avec sa fille mais quel parent ne prononce pas parfois une parole qui blesse sans le réaliser ? Il aimait sa fille, peut-être pas de la façon dont elle aurait rêvé, de façon parfois maladroite. Le métier de parent ne s'apprend pas; on le découvre chaque jour.

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14 septembre 2010

Un autre monde Barbara Kingsolver challenge 1% 2010

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Deuxième lecture de la rentrée et deuxième coup de coeur.

William S Shepherd n'a que douze ans lorsque sa mère décide de quitter son mari pour aller vivre au Mexique dans l'hacienda de son amant Enrique. Sa mère ne fait que repartir dans son pays d'origine d'où elle s'était enfuie pour découvrir l'Amérique et se marier.

William, enfant calme, est laissé à lui même. Il écrit, il cherche un autre monde en plongeant dans l'eau, il apprend à cuisiner. Tout en observant sa mère qui ne peux s'empêcher de papilloner dès que des hommes importants viennent à l'hacienda. C'est pour l'un d'entre eux qu'elle va quitter Enrique et à nouveau s'enfuir avec son fils.

Un événement va bouleverser la vie de William : sa rencontre avec Diego Rivera. Ce dernier peint une fresque au palais du gouverneur de Mexico. William se fait embaucher pour délayer le plâtre qu'il malaxe comme une recette de cuisine. Sur le marché, il va apercevoir la silhouette de Frida, la maitresse de Diego.

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Diego s'en va vers d'autres cieux, appelés l'Amérique.

William quand à lui est envoyé chez son père à Washington. Ce dernier se décharge de lui et le laisse dans une institution scolaire. Il va en être renvoyé suite à un amour homosexuel avec un camarade.

De retour au Mexique, la route de William croise à nouveau celle de Diego et Frida pour ne plus la quitter. Il va rencontrer Trotsky accueilli par les peintres puisque communistes comme lui. Petit à petit entre Frida et le jeune homme va se créer un lien. Elle va le pousser à écrire, décrire la vie qu'il observe autour de lui, le tout compulser dans de petits carnets. Il sera son espion.

Trotsky assassiné, le couple Rivera Kahlo au bord de la rupture, le jeune homme décide de s'affranchir du Mexique et retourne vivre aux USA...

William va devenir un écrivain célèbre mais l'homme a peur des autres et préfère se terrer chez lui. Il continue à entretenir une relation épistolaire avec Frida, celle qui le nomme Soli.

Tout pourrait aller dans le meilleur des mondes jusqu'au jour où la chasse aux communistes est ouverte.

Ce qui est extraordinaire, c'est ce mélange entre personnes ayant vraiment existés et le héros du livre, qui vous donne l'impression que Shepherd a réellement vécu alors qu'il n'est qu'invention de l'auteur.

Adorant Diego Rivera et Frida Kahlo, je n'ai pu qu'être happée par le récit. La relation entre Frida est Shepherd est magnifique, elle le pousse a être lui, à découvrir l'autre monde.

On  vogue au soleil du Mexique,  on redécouvre son Histoire, on rêve des Aztèques, on poursuit l'ombre de Trotsky, on observe Frida dans son atelier, et on enrage en lisant la période du Mac Carthysme sous l'oeil d'un enfant qui devenu adulte rêvait toujours de la bonté des hommes.

"Deux cubes : le grand rose et le petit bleu, séparés, chacun avec ses pièces empilées les unes sur les utres, vissées ensemble par un escalier de ciment en colimaçon. Le gros cube rose est le domaine du Peintre, et son atelier au deuxième étage n'est pas si mal. La fenêtre, grande comme un lac, un mur entier en verre qui surplombe les arbres du voisin. Les lattes du plancer sont jaunes, comme le soleil en plein visage. Cette pièce, on à l'impression qu'on pourrait y être heureux. Tout le reste, autant être enfermé dans une caisse."

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Musée Frida Kahlo. Elle vécut dans cette demeure avec Diego Rivera.

1pourcent note 5/5

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07 septembre 2010

L'autre moitié du soleil Chimamanda Ngozi Adichie

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Le roman se déroule dans les années soixantes. A travers le regard d'Ugwu, le jeune boy, son maitre Odenigbo, idéaliste, ainsi que des jumelles Olanna et Kainene,  Richard l'anglais, l'auteur nous retrace la naissance de la République du Biafra et ce qui en découlat. Les nations soi disant cultivées, s'acharnèrent sur une population qui ne demandait qu'à être heureuse sous les rayons de leur demi soleil. Cette population fut bombardée et acculée à la famine. Une population sacrifiée sur l'autel de notre si belle civilisation...

Pour en comprendre l'horreur.

Certains vous diront que ce conflit était surtout ethnique entre Ibos et musulmans. Peut-être mais cette guerre fut bel et bien dirigée par nos nations occidentales telle l'Angleterre et l'Amérique. Personne ne voulait d'un Biafra libre, le petit Etat ne devait pas exister, une épine dans la terre nigériane.

Comment pouvons nous nous targuer d'être les décideurs de ce qui est bon pour les autres ?

Dans mon petit pays des dirigeants de tribus appelées francophones et flamandes se divisent. Petit pays qui se dit civilisé...

Un très très beau livre...

Merci à Antigone de m'avoir donné cette envie de le découvrir.

"Ses yeux voyaient l'avenir. Alors elle ne lui disait pas qu'elle pleurait le passé, pleurait des choses différentes à des jours différents, ses nappes aux broderies argentées, sa voiture, les biscuits fourrés à la fraise de Baby. Elle ne lui disait pas que parfois, quand elle regardait baby curir avec les enfants du quartier, si vulnérable et si heureuse, elle avait envie de la prendre dans ses bras et de s'excuser. Non pas que Baby aurait compris."

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