17 novembre 2012

Home Toni Morrison

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"Confiès à ses soins, les haricots verts se courbaient, puis se redressaient pour faire savoir qu'ils étaient prêts. Les stolons de fraisiers vagabondaient, leurs baies rouge impérial luisant la pluie du matin. Les abeilles se rassemblaient pour sakuer l'Illicium et en boire le suc. Son jardin n'était pas l'Eden : il était bien plus que cela. Pour elle le monde, des prédateurs tout entier menaçait son jardin en rivalisant avec son alimentation, sa beauté, ses produits et ses exigences. Et elle l'aimait."

 


Frank s'enfuit de l'hopital où il est retenu malg'ré lui. Démobilisé de la guerre de Corée, il tente de retrouver ses repères.

Ayant reçu une lettre d'une certaine Sarah lui demandant de venir chercher sa soeur Cee, il ne peut que s'enfuir; Il faut absolument qu'il la retrouve, .rejoigne pour continuer à la protéger. . Sa petite soeur qu'il a abandonné pour aller se battre en Corée avec les copains.

Cee se meurt mais avant de la rejoindrer, il doit accomplir un long voyage avec ses frantômes. Dans les années 50, il n'est pas bon d'être noir. 

Frank sauvera Cee et la ramènera à la maison. 

 

C'est à travers ce merveilleux livre, que je découvre cette écrivain. Un véritable coup de foudre. 

Je pourrais vous en parler pendant des heures mais comment faire passer des émotions à travers des lignes. Une vrai gageure impossible à réaliser.

Lisez le tout simplement et vous serez emportée ....

 

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07 octobre 2012

Nature morte Louise Penny

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Imaginez un petit village quebecquois durant la saison d'automne qui se nomme Three Pines. On peut y croiser une poétesse, un couple de gays tenant bistrot, antiquités et gîte, un couple d'artistes, une libraire seule noire du village. Tout ce petit monde vit en harmonie...enfin le pense car un meurtrier se cache parmi eux. 

C'est Jeanne qui va tout déclencher en décidant de montrer pour la première fois un de ses tableaux, Elle désire le présenter lors de l'exposition annuelle. 

Deux jours après, elle est assassinée. On pense d'abord que c'est un accident de chasse. Transpercée par une flèche.

L'inspecteur Gamache est dépêché sur les lieux. Aidé de son adjoint Beauvoir, il va démèler le noeud de l'affaire...

Coup de coeur pour ce roman. Une atmosphère d'automne, des personnages tous plus sympas les uns que les autres mais surtout comment ne pas résister à un inspecteur qui s'assied sur un banc et qui contemple le paysage ?

 

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25 septembre 2012

Avancer de Marie Pourchet

Marie Laure, Agathe, Victoria peu importe son prénom attend. Elle passe son temps à
ne rien faire, la vie ne lui pas encore indiquér sa voie.
Cette disons feignasse vit aux crochets d'un sociologue, son ancien professeur, qui
n'arrive pas à trouver de nouvelles idées afin de produire un nouvel ouvrage. Bourdieu
est déjà passé par là alors que faire pour le supplanter ?
Cet homme très passif est le père de jumeaux fille garçon. Le Petit tel qu'il se nomme
est un intello de dix ans, portant noeud pap et prononçant ces sentences tel le
schroumpf à lunettes. La Soeur quant à elle n'a pas du tout la même intelligence,
banale en somme.Bien qu'elle se demande pourquoi on ne mange par la queue des pommes ?
Grand événement dans le paysage : un trou en face de l'immeuble. Marie Laure aperçoit
de son balcon deux personnages singuliers : les Dupont. Dupont le Jeune et Dupont le Vieux
 qui sont en fait des SDF qui ont  éli domicile dans la cabane des ouvriers.
Marie Laure tente une approche mais sans grand succès au départ.
Marie Laure, Agathe, Victoria a décidé d'avancer dans la vie. Le chemin sera chaotique
mais surtout ne jamais désespérer....

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"Après quoi, à croire que le trou appartient à une autre sphère temporelle, il n'est
jamais que 10 heures du matin. Victoria n'est pas très à l'aise. Hormis dans les
aéroports, elle n'a jamais tellement vécu à 10 heures du matin.Victoria s'animerait
plutôt sur le coup de midi, midi et demi, et ce pour des raisons fondées, sans rapport
avec la simple paresse. C'est toujours le matin que l'on s'indigne par exemple, à cause
des journaux de la première heure avec photos de la misère. Si vous êtes au lit, vous
n'êtes pas au courant, et demeurez optimiste.  En outre, les emmerdeurs, téléphonent
le matin, en priorité ceux qui comptent sur vous dans la journée, et il est plus poli
d'être injoignable que de formuler un refus. A midi, c'est nettement plus vivable.
Les choses sont déjà bien organisées, chacun est à sa place et n'en bougera pas avant
le 20 heures, la société debout vous ignore, voire vous méprise. A ce moment précis,
le monde vous appartient. Plus qu'un état, c'est un état d'esprit, une forme de
morale, assez difficile à exprimer du reste et mieux vaut en rester là."



Si je devais m'exprimer comme Marie Laure, je dirais que ce premier roman est génial.
L'histoire en elle même comporte de grands moments un peu tragiques dirions nous mais
pimentés d'un humour, ils nous paraissent dérisoires.
Le Petit est un personnage bien à part et je vous avoue que j'en ai connu un de ces
Petit diffusant leur science à tout vent, noeud pap en prime également.
Autour de cette belle famille recomposée, se déploie d'autres personnages qui sont
croqués férocement mais toujours humoristiquement.
Ce n'est pas du Flaubert mais que c'est bon pour le moral....

L'avis de Cathulu

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15 septembre 2012

Un héros Félicité Herzog

Comment construit-on son enfance lorsque votre père est un héros, vainqueur d'Annapurna, ayant risqué sa vie et amputé des doigts? Comment construit-on son enfance si votre mère est férue de philosophie et y trouve son exutoire ? Certains s'élèvent et d'autres succombent jusqu'à la mort.

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"Mais plus nous étions athlétiques, plus nous étions violents. Plus nous étions violents, plus nous étions désespérés"


May, la grand-mère de Félicité et de Laurent était le fruit d'un amour adultérin. Antoinette, femme d'Eugène Schneider, industriel du Creusot, s'ennuyant un peu près de ce mari austère avait eu une aventure dont May était le souvenir.

May était fière d'appartenir à cette riche famille, fière de ses origines et Marie Pierre sa fille devait absolument répondre à son idéologie.

Marie Pierre, ne l'entendant pas de cette oreille, se sentant libérée, grâce la philosophie, épouse Simon Nora, gauchiste. Ses parents ne veulent plus entendre parler d'elle. Marie Pierre va découvrir par son premier mariage, une vie qui n'est pas celle du luxe mais tendant plutôt vers la pauvreté. Le mariage n'y survit pas. Retour au bercail. May lui fait rencontrer Maurice Herzog, le héros mythique aventurier de l'après guerre.

"jamais, étrangement, il n'emmena l'un de nous, ses enfants, au camp de base de l'Annapurna, nous montrer le lieu de naissance de son épopée"


Maurice Herzog est conquis par la jeune intellectuelle. Mariage. Mais Marie Pierre ne sait pas que son mari est un coureur impénitent de jupons. Et.. qu'une autre femme attend son heure. Leur premier enfant est un garçon Laurent. Félicité sera conçue dans l'idée maternelle que ce premier enfant ne soit pas seul. Maurice Herzog se lasse de cette intellectuelle.

Divorce, le premier à l'amiable dans cette France des années soixantes.

Marie Pierre et ses enfants vont habiter un appartement haussmanien.

Seuls trop seuls, entre un père qui ne s'intérèsse à eux que quand il faut les exhiber une mère très libérée ayant de nombreux amants.

Pour Félicité, les été sont merveilleux dans le château de leurs grands parents. Mais là aussi tout est étrange comme si le monde s'était arrêté au temps des grands industriels.

Pour juguler leur violence, on conseille le sport, toujours le sport mais chez Laurent cette violence ne se jugule pas.

Toujours considéré comme différent, dans son monde, personne ne s'étonne de ses accès de fureur. On fait comme si on ne le remarquait pas.

"La mégalomanie du fils renvoyait à la mégalomanie du père, qui n'hésitait pas à rapport dans l'un de ses livres :"D'égal à égal, je dialoguais avec les 8000, les géants qui m'entouraient".Il y avait entre mon père et mon frère, dans cette inconscience, un écho : l'ignorance des réalités, d'eux mêmes et des autres"


Durant certaines de ses colères, il s'en prend à sa soeur et la frappe.

Laurent va tenter d'être le meilleur en tout autant au point de vue études que métier, être le meilleur comme son père mais son déséquilibre mental lui en barre le chemin.

"Il était intolérable à notre univers, dans lequel tout ne devait être que réussite, puissance, filiation superbe, séduction et légende, d'avoir un malade, mental de surcroit"


Laurent va sombrer au fil des années. Suicide, hopitaux psychiatriques, délires. Il était trop tard pour le soigner, la mal l'avait rongé dès l'enfance.

"La seule marque de vie dans ses yeux était la tristesse et la rage envers ceux et celles qui ne l'aidaient pas ou qui le désiraient mais en étaient incapables. Comment le monde  avait-il pu le lacher ainsi ?"


"Le drame de Laurent, auquel j'assistais années après année, était l'incompréhension viscérale de son entourage pour ce qui l'affectait. Pour les uns, il était un illuminé, un vicieux, un ayatollah, un pervers, un diabolique. Pour les autres un enfant gâté, un vaurien, un fainéant, un profiteur du système, un pauvre type. Mon père n'avait de cesse de répéter avec mépris :"Il doit reconnaitre sa maladie!", considérant que son fils étant en somme un lâche, responsable se son propre mal, l'intimant d'abattre ses cartes"

Félicité est à Londres travaillant pour la finance. C'est par un coup de téléphone de la concierge à Paris, qu'elle apprend que son frère est mort.

 

En parcourant ce livre, j'ai revu en mémoire le livre que l'on m'avait offert dont l'auteur était Maurice Herzog, Au contraire des livres de Roger Frison Roche, je ne l'ai jamais lu. Maurice Herzog n'est donc pas devenu un héros pour l'enfant que j'étais et ne devra donc pas descendre de son pédiestal dans ma mémoire.

Le personnage central du récit n'est pas le grand héros qui apparait en filigrane mais bien Laurent, ce frère avec lequel Félicité a partagé tant de moments.

Une véritable sensibilité se dégage à travers les mots pour ce frère qu'on aurait du protégér et l'on ressent toute la détresse de Laurent.

Un récit magnifique...

 

 

 

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06 septembre 2012

Ici ça va Thomas Vinau

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C'est comme une image du bonheur, un couple qui redonne vie à une vieille batisse.

Petit à petit, au milieu des mots, on comprend que cette maison fut celle de l'enfance de l'homme. Les souvenirs matériels qu'il y retrouve, lui semblent étrangers.

On devine que cette maison est associée à une souffrance que sa compagne lui a permis d'éloigner.

Pourtant c'est là qu'ils ont décidé d'une renaissance.

"devant moi, une petite fille racontait l'histoire d'un lapin à lunettes qui ne veut pas aller se coucher. Je ne suis pas entré dans la pharmacie. Je le ai suivis tranquillement jusqu'à la fin de l'histoire. Du coup je me suis retrouvé à la boulangerie. J'y ai acheté des tartes au citron. Emma adore les tartes au citron."

"Son rire, Je vois presque son rire.Non, je me mens un peu. Un souvenir comme un nuage d'abeilles. Leur présence me rassure"

L'écriture de Thomas Vinau est légère et sérieurse à la fois, le soleil brille même si la pluie s'annonce au loin.

C'est pur comme l'eau qui coule entre nos doigts.  Si simple et pourtant si profond.

Merci Antigone qui m'avait donne envie de lire le premier roman de cet auteur et qui m'a permis de découvrir le deuxième tout aussi merveilleux.

 

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15 août 2012

Refuge Terry Tempest Williams

Terry Tempest Williams fait partie du clan des femmes au sein coupé, de génération en génération les femmes de sa famille ont contracté le cancer.

Cancer qui est l'aboutissement des essais nucléaires qui se déroulaient au Nevada. Petite elle assista à l'un d'entre eux. Elle se souvenait d'une grande lumière. Son père lui appris qu'en fait c'était le champignon atomique.

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Le grand lac salé ainsi que le refuge aux oiseaux font partie de la vie de Terry. C'est sa grand mère qui lui a appris a reconnaitre les oiseaux. C'est sa mère qui les emmenait des après midi durant se baigner dans ce lac où l'on flotte.  Ces deux êtres qu'elle aimaient vont toutes deux contracter la maladie.

Dans ce récit, Terry Tempest, nous raconte le cancer  simultanément à celui des crues et décrues du lac salé durant les années quatre vingts. Le refuge des oiseaux est inondé à certains moments mais les oiseaux reviennent toujours.

Les oiseaux tiennent une si grande partie de sa vie que chaque chapitre porte le nom d'un oiseau qui peuple ce lac. Elle nous décrit la vie de chaque être volant tout en partageant la douleur de voir les êtres qu'elle aime souffrir et disparaitre.

"J'adore regarder les mouettes s'élever dans les aires au-dessus du Grand Bassin. Cela fait partie des nombreux tours que joue le lac : attirer les mouettes à l'intérieur des terres. Des jours comme celui-ci, quand j'ai l'âme nouée de douleur, la simplicité de leur vol et de leur forme au-dessus de l'eau a le pouvoir de démêler les fils de mon chagrin.

Dans le ciel, les mouettres tracent le mot planer. Et l'espace d'un instant, c'est ce que je fais."


Aucune tristesse dans ce récit qui est entouré de poésie. De l'espoir, beaucoup d'espoir car les oiseaux reviennent toujours. La douleur s'estompe dans les replis de la nature.

"Je prie les oiseaux.

Je prie les oiseaux parce que je crois qu'ils porteront les messages de mon coeur vers les cieux. Je prie les oiseaux parce que je crois en leur existence, en la façon dont leurs chants commencent et finissent chaque journée-invoquant et bénissant la Terre. Je prie les oiseaux parce qu'ils me font penser à ce que j'aime et non pas à ce que je redoute. Et à la fin de mes prières, ils m'enseignent comment écouter."

 

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Refuge Bear River

 

Magnifique livre qui font vibrer les émotions qui se plantent dans le coeur, qui a mis des mots sur mes sentiments.

Et puis, je ne suis plus gênée d'autant photographier les oiseaux. C'est un amour qui ne s'explique pas...

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03 juin 2012

ma,kel

Du temps, il en a fallu pour que je mé décide à découvrir cette dernière enquête de Wallander. Fort émue par cette introspection que fait Wallander sur sa vie. Certains livres vous donne un coup de poing lors des certains événements de la vie et ce fut le cas.

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24 mai 2012

Au pays des fainéants sublimes Jean Marie Laclavetine

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Un jour d'été, une fois par an, il se réunissent tous. Il ne dévoileront pas le lieu toujours différent. La table est posée au-dessus de la rivière. Les pieds dans l'eau, il vont se nourrir de rire bonheur, de cette joie de se retrouver jusqu'à plus d'heure.

C'est ainsi que le récit de Jean Marie Laclavetine débute et nous happe.

Une seule photo évoquant cet instant

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Le voyage commence dans les terres de Touraine. En compagnie de Jean Luc Chapin son ami photographe, le périple peut prendre tournure. A la rencontre, d'amis, de lieux historiques, L'ombre de Rabelais et de Pantagruel, la cité de Richelieu que ce dernier n'a jamais vu terminée, la silhouette de Balzac qui se heurte à leurs silhouettes.

Une promenade durant laquelle Jean Luc Chapin s'est remis à fumer. Une promenade où l'ami se demande ce que ce damné photographe peut bien admirer avec tant de bonheur.

Un récit qui nous emmène avec douceur sur de beaux chemins.

Un récit que je lirai encore et encore...Que la vie semble si douce sur les routes de Touraine.

 

 "Ainsi l'amour des mots amène à la jouissance contemplative et patiente des choses.Un jour ne chasse pas l'autre, une vie ne remplace pas l'autre, une saison n'efface pas la suivante, il pleut, et il fait beau, il fait chaud et froid à la fois, toutes les couleurs resplendissent, surtout celles qu'on ne voit pas"

"Nous suivons le Cher mollasson, du côté de Ballan-Miré. Jean-Luc adore ce temps, bien entendu, qui diffuse une lumière subtile, donne aux couleurs, une discrète intensité, vernit le bitume et les branches, répand ses brillances dans le moindre recoin, comme si le monde était enrobé dan du papier cristal"

"Obsédante question de la laideur. C'est un sujet, la laideur. Une hantise, une stupeur, une douleur, une interrogation. Jamais avant notre génération et celle de nos pères la civilisation humaine n'avait infligé à la planète une telle cure de mocheté. cette question est en réalité à l'origine de ce livre, car je n'ai jamais cessé de me demander de quoi est fait l'amour d'un lieu. On aime un lieu comme on aime les gens; c'est un sentiment impur, profond, libérateur et pourtant mêlé de tristesse, de nostalgie, de colère, de résignation. On aime le lieux et les gens pour ce qu'ils sont et non pour ce qu'ils auraient pu être"

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31 mars 2012

Le roman des Rouart David Haziot

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Peinture Henri Rouart

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Peinture Ernest Rouart

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Peinture Julie Manet.

 

L'industrie et l'art font-ils bon ménage? 
Henri Rouart tout en s'intéressant au moteur, machine réfrigérante et tube d'acier, aimait peindre
à ses heures de loisir. Millet et Corot étaient ses préférés. Il peignait mais sans en faire grand cas.


S'il n'avait pas eu comme ami sur les bancs de l'école un certain Degas, serait-il devenu
collectionneur ? C'est grâce à ses retrouvailles avec le peintre lors de la guerre de 1870, que la
famille Rouart a enfin pris son envol vers les arts.


Grâce à l'amitié de Degas, L'industriel va entrer dans le petit monde des impressionnistes.
 Henri Rouart va consacrer une partie de son argent Caillebotte  de même plus tard, à monter la fameuse exposition  annuelle des impresionnistes . Il en profite pour exposer également ses tableaux
Berthe Morisot faisait partie de ce petit cercle mais Henri Rouart ne la
fréquente pas particulièrement. Pourtant, l'alliance entre les Morisot et les Rouart allait
devenir inaliénable plus tard.

De son union avec Hélène, Henri est devenu père cinq fois : une fille et quatre garçons.
Malheureusement, Hélène décède à l'âge de 44 ans, laissant Henri seul avec ses enfants dont le
plus jeune n'a que onze ans.

Hèlène fille ainée, epouse en 1885 un ingénieur, lequel va reprendre en main la direction de
l'usine de Henri qui peut enfin prendre sa retraite. Peu après son mariage, sa mère décède et
quelques années plus tard, c'est au tour de son époux de disparaitre. Hèlène va se retirer dans
la maison de Queue en Brie avec ses enfants et peint.

L'ainé des garçons, Alexis va décider de ne pas être un mécène de la peinture mais bien de la
musique.

Eugène, a un caractère plus entier, contenant une violence en lui probablement due à son
homosexualité qui à cette époque était considérée comme un déshonneur par les familles.
Personne de son entourage n'est au courant de cette  attirance vers les hommes.
Il va devenir l'ami amour de Gide qui lui même est homosexuel. Il va écrire un roman et est-ce
le mariage de Gide, qui le pousse également à chercher une épouse ? Il choisit Yvonne Lerolle,
amie de Julie Manet.
car au contraire de Gide il aimerait avoir des enfants tout en continuant à aimer des hommes. Il part dans le sud-ouest et devient fermier. Plus tard, il entre dans la politique.

 

La boucle va former un cercle grâce à Ernest. Celui-ci commence des études qui le mèneraient vers
polytechnique mais, l'art étant partie prenante dans la famille, il décide de devenir peintre.
Henri un peu déçu de ne pas avoir de successeur, lui accorde sa confiance et demande à Degas
de devenir son maître. C'est ce dernier qui va même être l'entremetteur entre Ernest et Julie
Manet.

Julie depuis la mort de sa mère, vit avec ses cousines. Berthe avait demandé à Malarmé d'être
leur tuteur mais c'est surtout Renoir qui va les entourer et les protéger.

Julie épouse Ernest tandis que sa cousine Jeannie devient la femme de Paul Valéry et ce le
même jour.Julie part avec son époux vers Saint Valéry en Caux. L'endroit lui semblant tellement
sinistre, le jeune couple rejoint alors l'autre couple qui visite les capitales du nord. Au
quatuor, se joint illico Paule la soeur de Jeannie.

Les deux couples ainsi que Paule cohabitèrent dans la même maison rue de Villejust.

Le dernier enfant d'Henri, Louis est le grand-père de l'écrivain Jean-Marie Rouart. Au contraire
d'Eugène, il adorait les femmes. Ce dernier avait un véritable don pour l'écriture. Avec Gide,
il fonde la Nouvelle Revue Française en 1908 pour devenir ensuite éditeur.
Louis tout comme son frère Ernest a souffert de la disparition prématurée de sa mère ainsi que
de cette retenue de marque de tendresse que s'impose Henri envers eux. Il sera le rebelle.

Degas, décidément entremetteur, pousse Louis et Christine, soeur d'Yvonne dans les bras l'un de
l'autre mais l'union ne sera pas heureuse et pourtant ils furent parents sept fois. Ils n'aimaient
pas les mêmes écrivains ni les mêmes peintres. Il était un fervent antidreyfusard et elle dreyfusarde,
tout en opposition.

Gide et Louis, se brouillent définitivement en 1910. Il avait déjà quitté la NRF pour les Marges.
Il vitépurait contre toute nouveauté telle la peinture de Matisse. Son écriture écorche tout ce
qu'il méprise.

Lors de l'un de ses voyages, Louis est remplacé par une autre plume dans la rubrique des Beaux
Arts. Appolinaire est entré au journal, un vent nouveau souffle. On reproche à Louis son goût
du passé.
En 1911, il crée sa maison d'Edition "la librairie de l'art catholique"

Louis et Yvonne donnèrent naissance à Augustin qui consacra toute sa vie à la peinture, la recherche des couleurs, la lumière.Ses tableaux sont de toute beauté.

C'est ce même Augustin qui devint le père d'un Rouart qui ne se consacra pas à la peinture mais à l'écriture : Jean-Marie

 L'art étant dominant dans cette famille extraordinaire, une branche se consacra surtout à la musique et étonnement, un seul devint psychiatre, un autre art, celui de comprendre les névroses des humains.

 

 Peinture d'Auguste Rouart

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 Cette merveilleuse saga familiale est relatée dans

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24 janvier 2012

Blanche Etincelle Lucien Suel

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Il m'est totalement impossible de rester objective vis-à-vis des livres de Lucien Suel. J'aime sa poésie, j'aime sa virevolte des mots, j'aime ses petites touches d'émotion qui transparaissent, j'aime tout simplement. Je prends le temps, je retourne quelques pages en arrière, je rêve, le coeur touché.  Plongée bonheur.

 

"Quand je rentre, le chat est dans la salle de bains, tapi au pied du pèse-personne. Depuis plusieurs jours, il guette une énorme tégénaire installée entre la cloison et la baignoire. Je suis entourée de chasseurs. Je lui montre mon collage. Il me montre son derrière. Aucun intérêt!"

Nous retrouvons Mauricette partie vivre à Wittebecque. Elle regarde passer le temps, elle observe les jours.

Mais surtout, il y a Blanche qu'elle a rencontrée dans une librairie. Elles avaient toutes deux commandé le même livre et sont venues le chercher au même moment. Blanche lui a proposé de la raccompagner. Mauricette vogue sur le chemin de l'amitié.

Mauricette écoute les sons d'une famille. Blanche, ses deux fils, son mari. Accueil de tous.  Chacune porte ses blessures et va les offrir à cette autre qui l'écoute, la soutient.

Mauricette et Blanche...

"Qu"importe la longueur, qu'importe le temps! Avec Blanche, je suis au milieu du chemin, au milieu du village, au milieu du monde, avec les livres, la musique, les enfants, avec les choucas piaillant dans le soleil, avec aujourd'hui les perce-neige, avec le chatoiement des peupliers blancs, avec la naissance des veaux dans les étables passes à la chaux, avec les brins d'herbe sèche serrés dans le bec des mésanges et des tourterelles, avec les flèches invisibles et la collision des regards réciproques, avec la matière sombre et les superamas"

A travers ses romans Lucien Suel, nous entraine à découvrir des personnages que vous pourriez croiser tous les jours, qui derrière leur regard vous cache leurs peurs, leurs déchirures sans oublier leur ciel bleu. 

Nous retrouvons dans ce dernier, une Mauricette qui aime les livres, la poésie, la musique. Blanche c'est la joie, le chant. Une rencontre de vie.

Mauricette m'a ramenée vers le Laac, musée à Dunkerque, juste à côté de la plage de Malo les Bains avec cette envie d'y retourner.

Non impossible d'être objective...

"Je ramasse les tasses, les assiettes à dessert. Je range, me rappelant ce qui s'est dit, joie vécue, humour, sincérité, don mutuel. Le soir tombe. Fatigue. J'ai fait le plein de vie. Gratuitement. En toute liberté"

 

 

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