15 août 2012

Refuge Terry Tempest Williams

Terry Tempest Williams fait partie du clan des femmes au sein coupé, de génération en génération les femmes de sa famille ont contracté le cancer.

Cancer qui est l'aboutissement des essais nucléaires qui se déroulaient au Nevada. Petite elle assista à l'un d'entre eux. Elle se souvenait d'une grande lumière. Son père lui appris qu'en fait c'était le champignon atomique.

refuge

Le grand lac salé ainsi que le refuge aux oiseaux font partie de la vie de Terry. C'est sa grand mère qui lui a appris a reconnaitre les oiseaux. C'est sa mère qui les emmenait des après midi durant se baigner dans ce lac où l'on flotte.  Ces deux êtres qu'elle aimaient vont toutes deux contracter la maladie.

Dans ce récit, Terry Tempest, nous raconte le cancer  simultanément à celui des crues et décrues du lac salé durant les années quatre vingts. Le refuge des oiseaux est inondé à certains moments mais les oiseaux reviennent toujours.

Les oiseaux tiennent une si grande partie de sa vie que chaque chapitre porte le nom d'un oiseau qui peuple ce lac. Elle nous décrit la vie de chaque être volant tout en partageant la douleur de voir les êtres qu'elle aime souffrir et disparaitre.

"J'adore regarder les mouettes s'élever dans les aires au-dessus du Grand Bassin. Cela fait partie des nombreux tours que joue le lac : attirer les mouettes à l'intérieur des terres. Des jours comme celui-ci, quand j'ai l'âme nouée de douleur, la simplicité de leur vol et de leur forme au-dessus de l'eau a le pouvoir de démêler les fils de mon chagrin.

Dans le ciel, les mouettres tracent le mot planer. Et l'espace d'un instant, c'est ce que je fais."


Aucune tristesse dans ce récit qui est entouré de poésie. De l'espoir, beaucoup d'espoir car les oiseaux reviennent toujours. La douleur s'estompe dans les replis de la nature.

"Je prie les oiseaux.

Je prie les oiseaux parce que je crois qu'ils porteront les messages de mon coeur vers les cieux. Je prie les oiseaux parce que je crois en leur existence, en la façon dont leurs chants commencent et finissent chaque journée-invoquant et bénissant la Terre. Je prie les oiseaux parce qu'ils me font penser à ce que j'aime et non pas à ce que je redoute. Et à la fin de mes prières, ils m'enseignent comment écouter."

 

refuge bear river

 

Refuge Bear River

 

Magnifique livre qui font vibrer les émotions qui se plantent dans le coeur, qui a mis des mots sur mes sentiments.

Et puis, je ne suis plus gênée d'autant photographier les oiseaux. C'est un amour qui ne s'explique pas...

DSC00542

 

 

Posté par winniethepooh à 05:12 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :


03 juin 2012

ma,kel

Du temps, il en a fallu pour que je mé décide à découvrir cette dernière enquête de Wallander. Fort émue par cette introspection que fait Wallander sur sa vie. Certains livres vous donne un coup de poing lors des certains événements de la vie et ce fut le cas.

Posté par winniethepooh à 05:19 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

24 mai 2012

Au pays des fainéants sublimes Jean Marie Laclavetine

jean-marie-laclavetine-pays-faineants-sublime-L-We6vWg

Un jour d'été, une fois par an, il se réunissent tous. Il ne dévoileront pas le lieu toujours différent. La table est posée au-dessus de la rivière. Les pieds dans l'eau, il vont se nourrir de rire bonheur, de cette joie de se retrouver jusqu'à plus d'heure.

C'est ainsi que le récit de Jean Marie Laclavetine débute et nous happe.

Une seule photo évoquant cet instant

jean luc chapin

Le voyage commence dans les terres de Touraine. En compagnie de Jean Luc Chapin son ami photographe, le périple peut prendre tournure. A la rencontre, d'amis, de lieux historiques, L'ombre de Rabelais et de Pantagruel, la cité de Richelieu que ce dernier n'a jamais vu terminée, la silhouette de Balzac qui se heurte à leurs silhouettes.

Une promenade durant laquelle Jean Luc Chapin s'est remis à fumer. Une promenade où l'ami se demande ce que ce damné photographe peut bien admirer avec tant de bonheur.

Un récit qui nous emmène avec douceur sur de beaux chemins.

Un récit que je lirai encore et encore...Que la vie semble si douce sur les routes de Touraine.

 

 "Ainsi l'amour des mots amène à la jouissance contemplative et patiente des choses.Un jour ne chasse pas l'autre, une vie ne remplace pas l'autre, une saison n'efface pas la suivante, il pleut, et il fait beau, il fait chaud et froid à la fois, toutes les couleurs resplendissent, surtout celles qu'on ne voit pas"

"Nous suivons le Cher mollasson, du côté de Ballan-Miré. Jean-Luc adore ce temps, bien entendu, qui diffuse une lumière subtile, donne aux couleurs, une discrète intensité, vernit le bitume et les branches, répand ses brillances dans le moindre recoin, comme si le monde était enrobé dan du papier cristal"

"Obsédante question de la laideur. C'est un sujet, la laideur. Une hantise, une stupeur, une douleur, une interrogation. Jamais avant notre génération et celle de nos pères la civilisation humaine n'avait infligé à la planète une telle cure de mocheté. cette question est en réalité à l'origine de ce livre, car je n'ai jamais cessé de me demander de quoi est fait l'amour d'un lieu. On aime un lieu comme on aime les gens; c'est un sentiment impur, profond, libérateur et pourtant mêlé de tristesse, de nostalgie, de colère, de résignation. On aime le lieux et les gens pour ce qu'ils sont et non pour ce qu'ils auraient pu être"

Posté par winniethepooh à 05:37 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

31 mars 2012

Le roman des Rouart David Haziot

henri_rouart

Peinture Henri Rouart

ernest_rouart

Peinture Ernest Rouart

julie_manet

Peinture Julie Manet.

 

L'industrie et l'art font-ils bon ménage? 
Henri Rouart tout en s'intéressant au moteur, machine réfrigérante et tube d'acier, aimait peindre
à ses heures de loisir. Millet et Corot étaient ses préférés. Il peignait mais sans en faire grand cas.


S'il n'avait pas eu comme ami sur les bancs de l'école un certain Degas, serait-il devenu
collectionneur ? C'est grâce à ses retrouvailles avec le peintre lors de la guerre de 1870, que la
famille Rouart a enfin pris son envol vers les arts.


Grâce à l'amitié de Degas, L'industriel va entrer dans le petit monde des impressionnistes.
 Henri Rouart va consacrer une partie de son argent Caillebotte  de même plus tard, à monter la fameuse exposition  annuelle des impresionnistes . Il en profite pour exposer également ses tableaux
Berthe Morisot faisait partie de ce petit cercle mais Henri Rouart ne la
fréquente pas particulièrement. Pourtant, l'alliance entre les Morisot et les Rouart allait
devenir inaliénable plus tard.

De son union avec Hélène, Henri est devenu père cinq fois : une fille et quatre garçons.
Malheureusement, Hélène décède à l'âge de 44 ans, laissant Henri seul avec ses enfants dont le
plus jeune n'a que onze ans.

Hèlène fille ainée, epouse en 1885 un ingénieur, lequel va reprendre en main la direction de
l'usine de Henri qui peut enfin prendre sa retraite. Peu après son mariage, sa mère décède et
quelques années plus tard, c'est au tour de son époux de disparaitre. Hèlène va se retirer dans
la maison de Queue en Brie avec ses enfants et peint.

L'ainé des garçons, Alexis va décider de ne pas être un mécène de la peinture mais bien de la
musique.

Eugène, a un caractère plus entier, contenant une violence en lui probablement due à son
homosexualité qui à cette époque était considérée comme un déshonneur par les familles.
Personne de son entourage n'est au courant de cette  attirance vers les hommes.
Il va devenir l'ami amour de Gide qui lui même est homosexuel. Il va écrire un roman et est-ce
le mariage de Gide, qui le pousse également à chercher une épouse ? Il choisit Yvonne Lerolle,
amie de Julie Manet.
car au contraire de Gide il aimerait avoir des enfants tout en continuant à aimer des hommes. Il part dans le sud-ouest et devient fermier. Plus tard, il entre dans la politique.

 

La boucle va former un cercle grâce à Ernest. Celui-ci commence des études qui le mèneraient vers
polytechnique mais, l'art étant partie prenante dans la famille, il décide de devenir peintre.
Henri un peu déçu de ne pas avoir de successeur, lui accorde sa confiance et demande à Degas
de devenir son maître. C'est ce dernier qui va même être l'entremetteur entre Ernest et Julie
Manet.

Julie depuis la mort de sa mère, vit avec ses cousines. Berthe avait demandé à Malarmé d'être
leur tuteur mais c'est surtout Renoir qui va les entourer et les protéger.

Julie épouse Ernest tandis que sa cousine Jeannie devient la femme de Paul Valéry et ce le
même jour.Julie part avec son époux vers Saint Valéry en Caux. L'endroit lui semblant tellement
sinistre, le jeune couple rejoint alors l'autre couple qui visite les capitales du nord. Au
quatuor, se joint illico Paule la soeur de Jeannie.

Les deux couples ainsi que Paule cohabitèrent dans la même maison rue de Villejust.

Le dernier enfant d'Henri, Louis est le grand-père de l'écrivain Jean-Marie Rouart. Au contraire
d'Eugène, il adorait les femmes. Ce dernier avait un véritable don pour l'écriture. Avec Gide,
il fonde la Nouvelle Revue Française en 1908 pour devenir ensuite éditeur.
Louis tout comme son frère Ernest a souffert de la disparition prématurée de sa mère ainsi que
de cette retenue de marque de tendresse que s'impose Henri envers eux. Il sera le rebelle.

Degas, décidément entremetteur, pousse Louis et Christine, soeur d'Yvonne dans les bras l'un de
l'autre mais l'union ne sera pas heureuse et pourtant ils furent parents sept fois. Ils n'aimaient
pas les mêmes écrivains ni les mêmes peintres. Il était un fervent antidreyfusard et elle dreyfusarde,
tout en opposition.

Gide et Louis, se brouillent définitivement en 1910. Il avait déjà quitté la NRF pour les Marges.
Il vitépurait contre toute nouveauté telle la peinture de Matisse. Son écriture écorche tout ce
qu'il méprise.

Lors de l'un de ses voyages, Louis est remplacé par une autre plume dans la rubrique des Beaux
Arts. Appolinaire est entré au journal, un vent nouveau souffle. On reproche à Louis son goût
du passé.
En 1911, il crée sa maison d'Edition "la librairie de l'art catholique"

Louis et Yvonne donnèrent naissance à Augustin qui consacra toute sa vie à la peinture, la recherche des couleurs, la lumière.Ses tableaux sont de toute beauté.

C'est ce même Augustin qui devint le père d'un Rouart qui ne se consacra pas à la peinture mais à l'écriture : Jean-Marie

 L'art étant dominant dans cette famille extraordinaire, une branche se consacra surtout à la musique et étonnement, un seul devint psychiatre, un autre art, celui de comprendre les névroses des humains.

 

 Peinture d'Auguste Rouart

 64

 Cette merveilleuse saga familiale est relatée dans

rouart

Posté par winniethepooh à 05:58 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

24 janvier 2012

Blanche Etincelle Lucien Suel

couv_Bl__C3_A9tinc0001

Il m'est totalement impossible de rester objective vis-à-vis des livres de Lucien Suel. J'aime sa poésie, j'aime sa virevolte des mots, j'aime ses petites touches d'émotion qui transparaissent, j'aime tout simplement. Je prends le temps, je retourne quelques pages en arrière, je rêve, le coeur touché.  Plongée bonheur.

 

"Quand je rentre, le chat est dans la salle de bains, tapi au pied du pèse-personne. Depuis plusieurs jours, il guette une énorme tégénaire installée entre la cloison et la baignoire. Je suis entourée de chasseurs. Je lui montre mon collage. Il me montre son derrière. Aucun intérêt!"

Nous retrouvons Mauricette partie vivre à Wittebecque. Elle regarde passer le temps, elle observe les jours.

Mais surtout, il y a Blanche qu'elle a rencontrée dans une librairie. Elles avaient toutes deux commandé le même livre et sont venues le chercher au même moment. Blanche lui a proposé de la raccompagner. Mauricette vogue sur le chemin de l'amitié.

Mauricette écoute les sons d'une famille. Blanche, ses deux fils, son mari. Accueil de tous.  Chacune porte ses blessures et va les offrir à cette autre qui l'écoute, la soutient.

Mauricette et Blanche...

"Qu"importe la longueur, qu'importe le temps! Avec Blanche, je suis au milieu du chemin, au milieu du village, au milieu du monde, avec les livres, la musique, les enfants, avec les choucas piaillant dans le soleil, avec aujourd'hui les perce-neige, avec le chatoiement des peupliers blancs, avec la naissance des veaux dans les étables passes à la chaux, avec les brins d'herbe sèche serrés dans le bec des mésanges et des tourterelles, avec les flèches invisibles et la collision des regards réciproques, avec la matière sombre et les superamas"

A travers ses romans Lucien Suel, nous entraine à découvrir des personnages que vous pourriez croiser tous les jours, qui derrière leur regard vous cache leurs peurs, leurs déchirures sans oublier leur ciel bleu. 

Nous retrouvons dans ce dernier, une Mauricette qui aime les livres, la poésie, la musique. Blanche c'est la joie, le chant. Une rencontre de vie.

Mauricette m'a ramenée vers le Laac, musée à Dunkerque, juste à côté de la plage de Malo les Bains avec cette envie d'y retourner.

Non impossible d'être objective...

"Je ramasse les tasses, les assiettes à dessert. Je range, me rappelant ce qui s'est dit, joie vécue, humour, sincérité, don mutuel. Le soir tombe. Fatigue. J'ai fait le plein de vie. Gratuitement. En toute liberté"

 

 

Posté par winniethepooh à 09:20 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :


05 janvier 2012

Retour à Killybergs de Sorj Chalandon

Killybegs

Killybergs, photo prise sur le net

Son enfance appartient à Killybergs. Des coups, il en a reçu de son père Patraig Meehan, l'alcool le rendait mauvais. Ce père qui avait fait partie de l'IRA, n'acceptant jamais cette Irlande coupée en deux. Pour oublier, il s'imbibait d'alcool. Une nuit, il décida de se suicider, n'arriva jamais à la mer. Les poches de ses vêtements étaient lestées de pierres et de sable mais c'est sur un chemin que son corps fut découvert.

Le père mort, il a fallu partir avec la mère et les soeurs. L'oncle Lawrencel, les prenait tous mère, frères, soeurs mais de l'autre côté de la frontière, du côté occupé par les britanniques et leurs frères les traitres à leur solde.

A Belfast, il a découvert, leur ghetto catholique cerné par les protestants. C'était la guerre avec l'Allemagne mais ce n'était pas leur guerre à eux. Que les britanniques et les traitres y prennent part mais pas eux. Alors les autres les ont chassés, Nouveau quartier où ils furent accueillis bras ouverts. Ils étaient dans le fief de l'IRA.

Quatre jours après, il devint membre de l'IRA en débutant comme fianna, il n'était qu'un enfant.

En grandissant, sa participation aux actions furent crescendo.

Il y eu ce maudit jour, où lors d'un tir entre britanniques et catholiques, il  a tué son ami Danny, Personne n'a compris alors il est devenu un héros, Tyrone Meehan le héros, celui qui avait sauvé son quartier. Lui savait qu'il avait assassiné Danny et il s'est tu.

Il a connu la prison. Non considérés comme prisonniers politiques par les britanniques, ils restaient nus avec pour vêtement leur couverture. Ils ont parsemés leurs murs d'excréments. Il a connu la révolte dans leur prison.

Il s'imaginait le seul à connaître le secret. Les britanniques le détenait également et à cause de son silence, il est devenu un traitre

Il a vendu ses compagnons d'arme.

Il est revenu à Killybergs, ici il est Tyrone, c'est sa terre, son essence. Il les attend. 

 

"Alors, nous avons parlé de la misère. De la grande Famine. Des enfants sans chaussures dans la boue. De la lèpre du pain, qui suinte au coin des bouches mal nourries. De mon père mort de fibre. Nous avions une colère commune. Et de la haine aussi"

"Il ne savait pas. Il n'était pas en colère, pas triste. Il était perdu. Un enfant au fond de mon bois. A Belfast, l'IRA, l'avait prévenu. S'il cherchait à me rencontrer, il serait banni. On tourne le dos au traitre, on ne lui parle pas, on ne traverse pas le pays pour scruter son regard. On ne lui demande rien. Il est malade, le traitre. Ceux qui le frôlent sont infectés. Le voir, c'est le comprendre. L'écouter, c'est trahir à son tour"

sorj

Pour les générations actuelles, difficile d'imaginer ce que fut l'Irlande avant les années 2000. Pour ma part, je n'ai jamais oublié les images de ces enfants qui lançaient des pierres sur les blindés britanniques.

Découverte de Sorj Chalandon, conquise dès les premières lignes. Ce roman fait suite à "Mon traitre". Il en est l'épilogue.

Un véritable coup de coeur autant pour l'écrivain que pour son écriture. Conquise!!!

Posté par winniethepooh à 09:47 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

01 décembre 2011

Requins d'eau douce Heinrich Steinfest

requin

Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. 

Wittgenstein

Lukastik est un homme assez étrange : il laisse ses mégots de cigarettes se consumer, ne jamais les écraser, il cueille les fruits avec la main gauche.  Il ne manque jamais de dîner chaque jour avec ses parents et sa soeur : il se contente de la soupe. D'ailleurs, il vit chez ses parents. Le reste du repas, il le prend dans une brasserie. Il possède une Ford Mustang couleur dorée mais surtout il consulte régulièrement le Tractatus de son philosophe préféré  Wittgenstein.

C'est à cet homme qu'est confié l'enquête concernant un corps découvert dans une piscine située sur le toit d'un immeuble viennois. Quoi de plus banal...Mais quand on constate que le corps a été à moitié dévoré par un requin, il y a une énigme qui se pose.

Deuxième roman édité en de cet auteur. Tout simplement génial : l'association de l'humour et de la philosophie m'a happée.

Par contre, le secret de Lukastif est moins avouable...

 

Posté par winniethepooh à 05:41 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

23 novembre 2011

Une fois encore Diane Keaton

Elle aurait pu débuter ses mémoires par une phrase dans le genre : Moi Diane Keaton, fille de Dorothy et Jack, je suis née à ... etcetc

Il n'en est rien.

"C'en était assez pour moi. C'était cru. Trop cru. Je ne voulais pas connaître un aspect de la vie de Papa et Maman susceptible de réduire en miettes, la perception que j'avais de leur amour. J'ai reposé le carnet, je suis sortie de la chambre noire et je n'ai pas rouvert un seul de ses quatre vingt cinq cahiers jusqu'à sa mort, trente ans plus tard."

C'est à travers l'écriture de sa maman Dorothy que Diane se faufile pour nous raconter un peu d'elle mais surtout de sa famille.

Diane Keaton est l'ainée des quatres enfants de Dorothy et Jack.

"Maman  était persuadée  que ses enfants étaient promis à un brillant avenir. Âprès tout, j'étais drôle. Randy écrivait des poèmes. Robin chantait et Dorrie  était intelligente"

Sa maman gagne deux concours lorsque Diane est enfant, genre mis Amérique mais à petite échelle. Diane l'apercevant sur scène, jalouse celle-ci, elle aimerait tant que les aplaudissements lui soient adressés.

A l'âge de 19 ans, elle s'envole enfin pour Manhattan pour suivre les cours à la Neighboorhood Playhouse durant deux ans.

Diane Keaton est née le jour où elle fut choisie pour jouer dans Hair.

"A part cela, pas grand chose de neuf. Je reste toujours la même. Est-ce que je changerai un jour. Je suis toujours la personne la plus stupide du monde. Apparemment, on n'échappe pas à la stupidité en grandissant. Ah et puis je fais un régime. Obèse est un euphémisme. Je me suis laissée à vivre pour manger"

Durant des années Diane Keaton souffrit de boulime comme bien des personnages publics. Elle l'était déjà durant sa liaison avec Woody Allen.

"Le miracle de surmonter la boulimie est presqu'aussi étrange  que le fait d'en être esclave. Il ne reste rien de ma fringale antérieure. "

Elle nous raconte ses amours avec Warren Batty et Al Pacino, ses réussites au cinéma, ses flops en tant que réalisatrice, ses doutes, ses peurs mais surtout cette envie de donner de l'amour, elle qui n'est jamais arrivée à garder un homme.

Je ne sais pas ce qu'elle protégeait. Le romantisme peut-être, mais pas l'amour; pas le véritable amour, quotidien, ordinaire avec ses haut et ses bas, ses compromis, ses exigences et ses insuffisances. Je n'ai pas idée de ce qu'elle pensait  de Warren et de Al.  Ni de me voir avec eux. Elle adorait Woody.  Il s'intéressait sincèrement à ses efforts créatifs, surtout la photographie. Quand à papa, quand je lui demandais ce qu'il pensait des hommes, il répondait : "les femmes aiment les bons à rien". C'est tout ce qu'il trouvait à dire"

"Ma mère fit très tôt le grand choix. De se marier. J'ai fait le mien plus tard. D'adopter" A cinquante quatre ans, Dorothy se trouvait mise au rancart, avec trente deux ans d'existence devant elle. A soixante cinq ans, il n'y a pas de rancart, et je ne suis pas isolée.

Son amour, elle l'a offert à Duke et Dexter.

"Dexter et Duke ont changé ma vie. On me dit qu'ils ont de la chance de m'avoir. Cela me laisse dubitative. Ce n'est pas tout à fait ça. En réalité c'est moi qui ai de la chance.  Ils m'ont sauvée et je sais de quoi : de moi-même"

En 1990, Diane va perdre Jack son père qui a une tumeur au cerveau.

"Je sais que je ne peux pas emmener ce monde avec moi. La moitié du temps, je ne sais même pas où je suis, mais je vais te dire une chose Diane, je me sens mieux.  Tu ne te rends pas compte à quel point tu apprécies les petites choses. Ta maman, par exemple, j'aime ta mère alors  alors même que je ne sais jamais ce qu'elle vas faire" Ce n'était pas Norman Vincent Peale. Ce n'était pas Dale Carnegie. C'était papa."

Ensuite, il y eu la maladie de Dorothy. Cette damnée maladie qui porte le nom d'Alzeihmer.

"Je sais bien que j'ai tort, mais penser que ma mère, une personne qui aimait les mots, , qui avait toujours les meilleures notes,  qui est retournée à l'université alors qu'elle avait une quarantaine d'années  et qui est rentrée chez elle avec un diplôme, a été frappée par la maladie d'Alzeihmer sans raison est une chose que je ne peux accepter"

diane

Si je devais définir ce livre, je l'appellerais livre d'amour de Diane Keaton pour toute sa famille mais surtout pour sa mère.

Dorothy Keaton aimait écrire, penser. Elle réalisait des collages dont certains font partie du livre.

La vie de deux femmes qui s'entrecroisent à travers leur journal, des lettes, une mère et sa fille.

Si Diane est cette femme dont j'aime tant le sourire, elle le doit surtout à Dorothy...

l109747_100

Dorothy, Warren Diane et Jack.

diane

Posté par winniethepooh à 05:37 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

17 novembre 2011

L'île des chasseurs d'oiseaux Peter May

ch

 Fin Macleod accablé par la perte de son fils, est sommé par son chef de reprendre du service. Un meurtre a été commis sur l'île de Lewis dans le nord de l'Ecosse. Meurtre qui ressemble étrangement à celui qui s'est perpétré à Edimburg et sur lequel fin enquêtait. Fin fait ses bagages tout en sachant que son couple avec Mona est brisé. Sans leur fils, rien ne les relie plus.

Il part donc pour l'île de son enfance. ïle battue par les vents et la pluie où les autochtones se chauffent à la tourbe, où les congrégations religieuses ont encore une très forte influence. Il a quitté cette île il y a dix huit ans en se jurant de ne plus y revenir et pourtant il acceptte la mission.

Le corps retrouvé pendu et éviscéré est celui d'un ennemi de son enfance, une brute notoire qui ne pensait qu'à taper où à se moquer. Lui et son frère formait la bande de voyous de l'île.

3

Sitôt les pieds posés sur le sol de cette île, tous les souvenirs refluent. Ayant perdu très jeune ses parents, il a été élevé par une tante pas vraiment maternelle. Son meilleur ami Artair était son voisin. Ce dernier est marié à la femme que Fin a toujours aimée depuis le premier jour d'école Marsaili.

"C'était un paysage maussade, mais qu'un simple rayon  de soleil pouvait transfigurer. Fin connaissait bien la route. Il l'avait empruntée en toute saison et n'avait jamais cessé d'être émerveillé de voir à quel point ces hectares ininterrompus de tourbe pouvaient changer au fil des mois,  voire en une minute"

Il ne peut surtout pas oublier l'expédition vers l'île aux Oiseaux, An Sgeir. Une tradition séculaire envoie chaque année les hommes de l'île sur ce piton rocheux afin d'y massacrer des milliers de bébés fous de Bassan, les gugas dont les autochtones raffolent car parait-il la chair est succulente.

"Ils tuent deux mille oiseaux par an, vous savez. Ils les massacrent. Ils escaladent les falaises et étranglent ces pauvres bêtes, tandis que les adultes volent frénétiquement au-dessus d'eux, pleurant leur progéniture morte. C'est brutal, inhumain.  Peut-être s'agit-il là d'une tradition, mais elle n'a plus sa place dans un pays civilisé au XXième siècle"

Dix huit auparavant, Fin faisait partie de cette expédition, Artair également ainsi que Monsieur MacIness père de ce dernier. Monsieur MacIness y perdit la vie mais les souvenirs de Fin sont très flous sur ce qui s'est réellement déroulé.

Fin retrouve Artair. Celui-ci prend plaisir à annoncer à Fin que le jeune homme qui vit avec lui et sa femme est le propre fils de Fin et non le sien.

 

 

Sula_Sgeir___geograph_org_uk___1242208

 Excellent roman du genre. La psychologie des personnages et  la description des paysages transmet la rudesse de vie sur l'île. On touche à la vérité, on la touche seulement car elle est bien plus terrible qu'on ne l'imagine.

Posté par winniethepooh à 09:09 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

14 octobre 2011

Cher Diego, Quiela t'embrasse Elena Poniatowska

ve

Lors de son séjour parisien avant la grande guerre, Diego Rivera, va rencontrer une émigrée russe, peintre elle-même : Angelina Beloff. Ils vont vivre ensemble durant dix années. Elle sera son épouse. Ils vont fréquenter les artistes de cette époque : Picasso, Foujita, Braque ainsi que les russes Soutine, Chagall et bien d'autres.

Diego peint mais sans succès. C'est en partie Angelina qui fait vivre la famille d'autant qu'elle va avoir un enfant de lui. Malheureusement cet enfant va mourir.

Le plus cruel est qu'au même moment, Diego coureur invétéré, a une maitresse dont il aura également un enfant.

 Diego décide de repartir au Mexique. Angelina doit le rejoindre...Angelina ne reverra jamais Diego Rivera. Ils se croiseront beaucoup plus tard et il ne la reconnaitra pas.

beloff1

Portrait d'Angelina beloff

Elena Poniatowska a imaginé les lettres qu'Angelina écrit à Diego. Lettres sans réponse de sa part. Sauf parfois, une petite somme d'argent. Aucun mot de l'homme qu'elle aime.

Des lettres de femme amoureuse, désespérée, pauvre. Lettres d'une artiste peintre.

"Il est onze heures du matin, je suis un peu folle, Diego n'est définitivement plus là.Je pense qu'il ne reviendra jamais et je tourne dans la pièce comme quelqu'un qui aurait perdu la raison. Je n'ai rien pour m'occuper, les gravures ne viennent pas.. Je ne veux pas aujourd'hui être douce, tranquille décente, soumise,, compréhensive, résignée, ces qualités que les amis louent tellement. Je ne veux pas être non plus maternelle : Diego n'est pas un grand enfant, Diego n'est qu'un homme qui n'écrit pas parce qu'il ne m'aime pas et qu'il m'a complètement oubliée"

J'avais reçu ce petit livre si magnifique lors de ma visite au stand Actes Sud à la foire du livre de Bruxelles. Il m'a fallu quelques années pour me décider à le lire. Devait-il se bonifier pour que je l'apprécie comme un merveilleux cadeau ?

beloffPeinture d'Angelina Beloff

Posté par winniethepooh à 05:59 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :