06 juillet 2017

Le coeur à l'aiguille de Claire Gondor

le coeur

 

 

A peine reçu, j’ai lu les premiers mots et je savais déjà qu’il avait gagné ce roman de la sélection des 68 premières fois. 

 

 

Leila, glisse l’aiguille entre les mots d’amour. Elle surfile, elle faufile. Rien ne peut l’arrêter même cette canicule qu’elle cache derrière ses volets fermés sur son amour. 

 

Dans la boite, le paquet de lettres diminue. Elle brode sa robe de mariée de souvenirs.

 

Chaque lettre correspondra à une partie du corps. Elle épinglera ses années de bonheur pour célébrer cet amour entre elle et Dan.

 

Elle ne sait pas pourquoi elle s’accroche à ce travail de couture. Guérir ou souffrir ? Elle ne sait pas mais elle le doit.

 

Petit à petit Leila dévoile son passé. La rencontre avec Dan dans une boite de nuit. Elle portait cette robe verte pour laquelle elle avait eu le coup de foudre.

 

Dan et son regard si perçant. Dans et la fête foraine. Dan et leurs jeux d’amour. Dan et cette blessure qu’elle pique au bout de l’aiguille. 

 

Dan là bas brûlant sous le soleil. 

 

 

« La vie n’attendait pas que Leila se relève. Il fallait construire à présent, et rassembler les morceaux de son existence en miettes. Les reprendre à l’aiguille, les ramasser en fil, en suivant les courbes d’un patron de robe. Suturer la douleur pour la faire taire enfin. »

 

 

 

Comment expliquer qu’un livre et pas un autre vous lance des émotions. Impossible.

 

J’ai aimé chaque mot de ce roman. J’ai imagine la silhouette de Leila perchée sur ses talons. L’ombre de Dan bien plus grande. J’ai suivi le travail de l’aiguille, imaginé la robe penchée, ecouté le bruit du papier transpercé. 

 

Oui un véritable coup de coeur. 

 

« Lorsqu’elle relevait la tête, Leila voyait par les fenêtres grandes ouvertes les arbres malingres du square de Oiseaux-quels oiseaux, bien malin qui aurait pu le dire, elle-même n’en avait jamais vu un seul dans ce parc- et les enfants qui se brûlaient les genoux sur le métal du toboggan. Elle avait traversé l’été les ciseaux à la main, recluse dans son salon. »

 

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20 juin 2017

Bien des ciels au-dessus du septième de Griet op de Beeck

ciel

 

« J’ai trente six ans. Je me demande si les gens tirent de leur vie des enseignements. Il m’arrive de penser que je fonce chaque fois vers le même mur et que ma tête s’y heurte de plein fouet. Parfois, j’ai un autre avis. C’est ce qui s’appelle vivre d’espoir ».

 

 

 

C’est un roman qui se déroule en Belgique mais cela pourrait être à tout autre endroit.  En Flandre plus précisément mais cela pourrait être dans une autre région. Les personnages ressemblent à nous à vous dans la recherche de ce bonheur qui nous démange, parfois difficile à agripper.

 

 

Trois générations qui vivent le quotidien et qui se cognent à la joie et aussi la tristesse.

 

Eva travaille dans une prison comme aide sociale. Trentenaire, célibataire. Elle se demande pourquoi personne ne veut d’elle. Elle croit en la bonté des gens : c’est cela qui la maintient debout.

 Elle adore sa petite nièce Lou qui se confie à elle. Petite Lou en butte à la méchanceté des autres adolescents car une certaine Vanessa la snobe. 

 

Sa maman Elsie est mariée avec un médecin qui est le plus souvent absent.  En plus de Lou, elle est maman d’un garçon. Elsie grande soeur d’Eva tourne en rond dans son couple. Alors quand elle rencontre Casper un peintre qui lui est présenté par Eva, elle pense que tout peut changer. 

 

Le père JOs est un alcoolique et sa femme Jeanne ne cesse de le tancer sur cette propension à la diVe bouteille. Personne ne connait le terrible secret de JOs et cela le ronge vis à vis de son frère. 

 

 

Trois générations qui vivent leur quotidien  et il ressemble tellement au nôtre. 

 

« Je regarde dehors, j’aime les couleurs du crépuscule. Casper sait admirablement les décrire, il dissèque toutes les nuances et le formes comme seul un peintre peut en voir l’utilité. » 

 

 

Un très beau roman qui parle des petits moments qui se succèdent dans la vie et la tentation d’en extirper la poésie qui les compose. Un roman tendresse entre le rose et le gris. 

Très belle découverte.

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19 juin 2017

La femme au serpent de Claude Izner

izner

 

Deuxième roman de la nouvelle série policière de Claude Izner. 

 

On retrouve Jeremy le jeune américain pianiste de jazz à la recherche de sa famille à Londres.

 

Il sait que Victor Legris doit connaitre la vérité alors il attend patiemment que la librairie de Londres réouvre après un congé. C’est Kenji Mori qui le reçoit. 

 

Très méfiant envers le jeune homme, il lui promet que Victor Legris lui donnera rendez vous.

 

Victor Legris tout aussi méfiant, lors de ce rendez vous, comprend très vite que la photo que le jeune homme détient est celle qu’il avait réalisée de sa femme dans leur jeunesse. 

 

Il renvoie le jeune homme à Paris, lui donne des recommandations  pour un emploi et un logement.

 

 

Le jeune homme a Paris retrouve ses connaissances. Un de ses amis musiciens qui lui doit de l’argent, lui certifie qu’il doit se rendre au caf con « La tour de Babel » où il a un emploi. Sur ce un jeune rouquin remet à Jeremy une enveloppe dans lequel est glissé le portrait d’une femme avec un serpent : Simonetta Vespucci.

 

 

 

Il ne reverra Jamais son ami Denver, celui ci est mort d’une crise cardiaque.  A la demande d’un autre sbire, Jeremy se rend dans la soupente car il y a une drôle de chose et l’ami à peur. Jeremy s’y rend et réalise que c’est un serpent mort qui se cache derrière un meuble. Bon sang, il pense instantanément à la carte. 

 

 

Notre jeune impétueux décide de découvrir la vérité. D’autant plus qu’un second meurtre est commis sur le décorateur de la « La tour de Babel »Diantre. 

 

Il va se faire aider de Sammy, un jeune adorateur de cinema, aussi bien sur l’enquête que dans la recherche de son passé.

 

Encore un autre meutre, décidément !

 

 

J’ai lu et relu les aventures de Victor Legris. Lorsque que Claude Izner a décidé de les arrêter, j’ai été bien déçue.

Mais Victor Legris n’est jamais loin heureusement. Ce qui fait le charme de ces nouvelles enquêtes, c’est le personnage Jeremy qui évolue dans la musique et surtout de retrouver tous les autres, des années après.

 

Les aventures de Victor legris se terminaient à la veille de la première guerre. Celles de Jeremy dans les années vingt. 

 

Je me suis régalée.

 

 

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12 juin 2017

Pour le meilleur et pour le pire - vacances tous risques de M.C. Beaton

Pour-le-meilleur-et-pour-le-pire

 

 

Enfin Agatha va épouser son cher voisin  James. Que son  ex mari soit encore vivant ou non, elle préfère ne pas y penser.

 

Pourtant d’autres s’en inquiètent , dont son ancien assistant Roy. Ce dernier engage une détective privée pour retrouver ledit Monsieur Raisin et bingo, il est bien vivant mais niche sous les ponts de Londres.

 

Roy veut rencontrer le personnage et se retrouve face à un clodo alcoolique. Il a juste le temps de parler de l’ex femme du clochard et s’enfuit, espérant que ses paroles maladroites ont disparu dans les vapeurs d’alcool.

 

Peine perdue, Monsieur Raisin fait son apparition lors de la cérémonie du mariage dans le petit village où vivent les tourtereaux.  Il brandit son ancien extrait de mariage.

 

Patratras James tombe de haut et bien entendu plus de mariage ni cérémonie. Agathe furieuse donne des billets à son ex mari. 

 

Que va t’elle faire à présent ? Sa maison est vendue puisqu’elle emménageait chez James.  Ce dernier accepte encore de l’héberger en attendant une autre opportunité de logement mais  elle dormira dans la chambre d’amis. Adieu longues nuits d’amour entre les bras du bien aimé.

 

Agatha en dessous de tout va se promener le soir dans les chemins et qui voit-elle arriver ? Cet horrible Raisin. Furieuse, elle lui donne une gifle et s’enfuit.

 

Monsieur Raisin va disparaitre de sa vie, il a été assassiné. Qui est la première suspecte ? Agatha bien entendu. Pour corser le tout, l’horrible Madame Hardy ne veut pas revendre à Agatha son ancienne maison. 

 

Il ne reste plus qu’à Agatha et James à reformer leur duo d’enquêteurs. 

 

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L’enquête sur son ex mari étant terminée, Agatha est prête à re harponner James Lacey mais voilà l’homme est parti sous d’autres cieux. Plus précisément à Chypre où était prévu leur voyage de Noces. 

 

 

Bagages vite faits, Agatha est bien décidée à retrouver celui qu’elle aime. 

 

Mais voilà pas facile sous le soleil de retrouver l’homme qui écrit un livre qu’il ne terminera sous doute jamais. 

 

Elle fait la connaissance de deux trios. L’un constitué de gens populaires et l’autre de gens aisés. Apparement au début, ils ne s’entendent pas et puis l’excursion en bateau aidant, ils deviennent amis.  Agatha ne tente même pas de comprendre ce rapprochement incongru.

 

Enfin, elle retrouve son James pas très heureux du retour d’Agatha dans sa vie et elle s’installe dans sa villa de vacances en plutôt piteux état.

 

Ses vacances à Chypre vont être mouvementées. Rose, la femme de l’un des trios est assassinée. On tente également de tuer Agatha. Charles ayant participé à une ancienne enquête est présent à Chypre. 

 

Bon bref, un tas de quiproquos, de jalousie et de détective va pimenter les jours au soleil de notre héroïne. 

 

 

Excellentes nouvelles enquêtes de notre râleuse préférée. J'espère que les deux suivants seront vite en vente. 

 

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01 juin 2017

Une enfance américaine de Annie Dillard

« Vous aussi vous vous le demandez parfois, comme moi, mais cela n’a pas d’importance. Car l’essentiel n’est ni vous ni moi, ni ce que nous aurions pu être, ni ce que nous aurions pu devenir.  Ce qui compte, c’est que nous prenions conscience de ce qui nous entoure, que nous découvrions un lieu, que nous trouvions un globe en orbite, sur lequel nous pencher, réfléchir et sauter. Ce qui importe, c’est le moment où une vie s’ouvre, où nous sentons qu’elle touche - avec un sifflement électrique et un cri- notre monde actuel, cette sphère minérale, ocellée »

 

annie

 

 

 

J’ai longtemps tourné autour des livres d’Annie Dillard dans la librairie, hésitation. Ils chuchotaient : on est là oui on est là. Pour me décider à choisir une enfance américaine. Flute, j’aurais du m’emparer de tous car quelle rencontre ! 

 

 

Annie Dillard a vécu à Pittsburgh durant son enfance et adolescence dans les années cinquante. Née dans une famille très aisée, son père étant fils d’industriel, mais élevée d’une façon très moderne pour l’époque. 

 

Son père adorait le jazz et un jour il décide de descendre en bateau vers la Nouvelle Orléans. Il n’y est jamais arrivé, s’arrêtant trop souvent en chemin et sa femme lui signifiant qu’elle en avait un peu assez d’être seule. Cela vous situe la figure paternelle. 

 

Sa mère, elle, femme au foyer, adore les beaux objets tel un mobile de Calder. Dans les années cinquante cela devait être peu courant. De plus, cette dernière aimait les calembours et jeux de mots et aménager les pièces de sa maison continuellement.

 

Elle sera l'ainée d'un trio de filles. 

 

De ses vacances d’enfant, elle nous raconte, le lac où son oma faisait la planche avec délice, ses grands-parents y possédant une maison. 

 

Sa mère lui laissant une grande liberté, ce qui est incroyable pour l’époque, elle explorait la ville juchée sur son vélo. Chaque grain de poussière pour elle, lui permet d’essayer de comprendre la vie. 

 

Ses premières lectures furent des livres naturalistes doublées de ceux traitant la société américaine. Née après la guerre, étonnement les enfants lisaient énormément de récits sur le nazisme et les combats. De plus, ils étaient soumis à des fausses alertes comme exercice. 

Ce n’est qu’à l’adolescence qu’elle s’intéresse  à la poésie et les romans venus d’Europe. 

 

Gamine de curiosité insatiable, elle collectionne les minéraux, joue au baseball. Toute petite, elle découvre qu’en tirant la peau du bras de ses parents, cela forme un cône. Elle dessine les détails que son regard à croisé. Et n’échappant pas à la société où elle est née, elle suit des cours de danse et participe à des rallyes à l’adolescence. 

 

 Elle aurait pu accepter de vivre comme ses compagnes une vie bien établie mais dès le départ, ses parents ont considéré que c’était elle qui devait la composer bien qu’à l’adolescence, ils se demandaient ce qu’ils allaient faire d’elle. 

 

Lire Annie Dillard c’est comme une ouverture. Un souffle de liberté. C'est inexplicable. 

 

Le livre qui a changé ma vie ? Maintenant je possède la réponse. 

 

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16 mai 2017

L'ordre du jour de Eric Vuillard

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Après la lecture de ce récit, on ne peut établir le constat que tout peuple n’est qu’un jouet aux mains des oligarques et des industriels de tout bord. 

 

Eric Vuillard nous décortique la montée de ce que fut le nazisme sous la bienveillance de 24 industriels dont les marques font encore partie de notre vie bien longtemps après. Ils ont contribué, grâce à leur argent, à l’instauration du fascisme et ont profité pleinement de cette guerre. Ce qui me heurte et me heurtera toujours c’est que ces gens là qui ont profité de la main d’oeuvre fournie par les camps de concentration, n’ont jamais été inquiétés : Krupp, Siemens et j’en passe. Ces 24 sont morts mais les industries fondées existent toujours. Ils sont à mes yeux aussi criminels que ceux qui furent jugés à Nuremberg.  Ils ont permis à HItler d’arriver au pouvoir juste pour satisfaire leur cupidité. 

 

Ne parlons pas de la lâcheté des dirigeants tel Chamberlain et DAladier. Ils savaient mais ils n’ont rien fait pour empêcher la folie d’Hitler.

 

Sans oublier Schuschnigg petit dictateur sans verGure, adepte du oui oui, remplace par un pur nazi à la tête de l’Autriche. 

 

Et puis il y a l’annexion de l’Autriche racontée comme une grande épopée selon les archives. Le triomphe allemand. Rigolons bien car ce fut un fiasco total. Les images sont là pour tenter de distiller des vérités dans le crâne du peuple. Les chars allemands ne fonctionnaient pas. C’était la cohue. Hitler furax. Elle est belle l’annexion de l’Autriche. On en rirait si on oubliait les juifs qui furent humiliés, battus. On en rirait si on oubliait tous ceux qui se sont suicidés en 1938 car ils ne voulaient pas vivre sous ce régime. 

 

« Je les ai revu ces films. Certes, il ne faut pas s’y tromper, on a fait venir des militants nazis de l’Autriche entière, on a arrête les opposants, les juifs, c’est une foule triée, purgée; mais ils sont bel et bien là, les Autrichiens, ce n’est pas seulement une foule de cinéma »

 

 

On en rirait si l’on ne pouvait imaginer qu’on avait coupé le gaz aux juifs, normal ils ne payaient pas leurs factures. Quelle idée de se suicider. 

 

 

« L’horoscope du 12 mars fut merveilleux pour les Balance, les Cancer et les Scorpion. Le ciel était en revanche néfaste  au reste des hommes. Les démocraties européennes opposèrent à l’invasion, une résignation fascinée. Les Anglais, qui étaient au courant de son imminence, avaient averti Schschnigg. C’est tout ce qu’ils firent. Les Français, eux, n’avaient pas de gouvernement, la crise ministérielle tombait à point. »

 

Les livres d’Eric Vuillard ne sont jamais de gros pavés mais il ne faut parfois que peu de mots pour asséner les vérités.

 

On nous parle de la paix européenne et pourtant la montée du fascisme dans certains pays de l’Est n’est pas un leurre. Les autres dirigeants montent parfois le ton mais pas trop. On laisse faire comme on a laissé faire en 1938. Et je suis sûre que cela arrange bien d’autres 24 industriels. 

 

 

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15 mai 2017

Quand sort la recluse de Fred Vargas

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Adamsberg est resté figé en Islande. De plus son GSM a été écrasé dans la boue par une bête à laine.  Paris il s’en fout mais un appel va bientôt changer la donne. Il est prié de revenir de toute urgence dans la brigade. On a absolument besoin de lui.

 

Il revient pour le meurtre d’une femme provoquée par un 4X4. On avait absolument besoin de sa présence ? C’est surtout Danglar qui en a eu l’idée. 

 

Adamsberg est à peine intéressé par l’enquête mais quand il voit l’image d’une araignée « La recluse » sur l’écran d’un de ses co-équipiers, cela le gratte, l’épouvante. 

 

Voir l'avis de Cathulu

 

D’autant plus que le co-équipier lui raconte que deux vieillards sont morts suite à la morsure d’une recluse. Ce qui est totalement impossible. 

 

Adamsberg mene l’enquête mais en secret car comment expliquer à sa brigade qu’il veut absolument arrêter une araignée tueuse. 

 

Avant de découvrir la vérité, il fera la connaissance d’une certaine Irène, va devoir affronter Danglar et s’enfouir dans son passé où la recluse était déjà tapie.

 

 

Inutile de vous dire que les enquêtes d’Adamsberg, je les attends avec impatience.

Ce dernier opus est tout simplement génial. 

Maintenant il faut attendre le suivant…..

 

Voir l'avis de Cathulu

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24 avril 2017

Bruxelles à contrejour de Catherine Deschepper (nouvelles) et Martine Henry (photo)

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Si vous soufflez doucement sur les pages de ce magnifique livre, quelque poussière d’or volera peut-être vers le ciel. 

 

Travail remarquable associatif entre une photographe  Martine Henry et une écrivain Catherine Deschepper.

 

 

D’un cliché noir et blanc il n’y a qu’un pas vers la magie des mots qui nous fait valser au milieu de la piste de vie de femmes et d’hommes que l’on pourrait croiser dans le Parc Royal., sur le bord d’un trottoir, dans le quartier africain etc. 

 

Malheur, bonheur se mélangent et les fées ou farfadets ne sont jamais loin. Il y a même des chaises qui pensent. Je vous le disais que c’était magique.

 

 

J’adore ce livre car il raconte Bruxelles et ceux qui arpentent ses pavés. J’adore ce livre à travers ses photos. J’adore….

 

 

Prenez une pause, respirez doucement, regardez les gens qui déambulent. Bruxelles vous semblera toute autre. Mais chuuut, ne réveillez pas les démons. 

 

 

« « Je suis un farfadet égaré. Dans un parc. 

Domestiqué ? En tous cas, échoué au pied d’une haie bien taillée., par des êtres orage fluorescent, qui piétinent machinalement  leurs mégots sur les feuilles coupées.

Ici, les gens passent, vite, courent ou s’arrêtent devant des bois qui poussent étrangement à l’horizontale. Des bancs. Publics. Sur lesquels ils s’installent. A leur rythme. 

J’écoute. »

 

 

« Zinneke, je suis. En Bruxellois : un chien bâtard, un sans-race, un mélange à caniveaux. La richesse présupposée de la multiculturalité. »

 

 

 

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20 avril 2017

Le Saut oblique de la truite de Jérôme Magnier-Moreno

truite

 

 

Un livre où s’éparpillent les couleurs. Un livre qui pétille de malice et de poésie. Un livre merveille.

 

 

Jérôme Magnier-Moreno, peintre de son état,  a mis dix années pour écrire ce premier roman qui je l’espère  ne sera pas le dernier.

 

Un jeune homme qui part pêcher la truite en Corse, plus particulièrement le long du GR20. Il a rendez-vous avec Olivier qu’il avait rencontre à l’école d’architecture. Olivier qui était anxyogène à l’enseignement et qui préférait mener ses tongs sur d’autres chemins.

 

 

« C’est lui que je dois rencontrer près de Corte, car énergumène pour qui j’ai la plus grande affection parce qu’il y a, sous le tissu de névroses qui l’enserre, quelque chose de vaste, de beau et de bleu. Comme une aspiration non négociable à la liberté ».

 

 

D’Olivier, il n’en rencontrera pas le regard car il n’est pas là le jour dit. Alors tant pis, le jeune homme s’en va à la rencontre de la truite. Olivier arrivera peut-être.

 

« A milieu du paysage corse, soudain mon long fil vert fluorescent de pêcheur à la mouche se courbe et se contre-courbe, danse, se pose quelques instants sur l’onde avant de s’agiter dans les airs à nouveau. »

 

Le jeune homme quittera la Corse sans avoir vu l’ombre de son ami. 

 

 

Ce petit roman contient tout le temps qui passe, les paysages de la Corse où les yeux du peintre découvre le détail coloré, le senteurs, les rencontres, l’amitié, un peu de tout, un peu de rien. 

 

Le saut oblique de la truite titre du roman a été puisée dans les eaux d’une nouvelle de Hemingway « La grande rivière au coeur double ».

 

« D’ailleurs, il n’y a qu’à l’écouter, la Rivière, Elle me parle, je l’entends par l’éloquence de son discours fleuve. »

 

 

Un livre qui offre le bonheur et l’ivresse de la liberté. 

 

 

 

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18 avril 2017

Un clafoutis aux tomates cerises de Veronique De Bure

clafoutis

 

« Pourquoi est-ce que j’écris tout ça, au soir de ma longue vie, déroulant, le fil d’une existence banale ? Est-ce le besoin de ne pas m’éteindre complètement après que l’on m’aura fermé les yeux ? Ce n’est pas de mon âge de me pencher comme ça sur moi, d’écrire ma vieille tête et mon coeur usé. Ce sont les jeunes filles qui tiennent un journal, pas les vieilles dames. Je n’ai plus d’histoires de coeur à y coucher, je ne fais qu’y radoter, que pourrais-je faire d’autre. Ils vont bien se moquer ceux qui trouveront ce cacher après ma mort ». 

 

 

 

Jeanne a 90 ans et décide de décrire les jours qui passent durant quatre saisons. 

 

Elle se souvient de la jeune parisienne qu’elle était qui devien l’épouse de René originaire de la région de Vichy. Ils y vécurent quelques années avant de retourner dans la maison familiale , à Liernolles,  où ils vécurent avec leurs deux enfants et la satanée belle-mère qui critiquait tout de sa belle fille mais qui ne levait pas le petit doigt pour l’aider. 

 

 

Elle est veuve à présent et vit toujours dans cette maison isolée à la campagne dont les plus proches voisins sont des fermiers Fernand et Marcelle. Ils n’ont jamais quitté leur bout de terre sauf pour aller dans une ville voisine jouer à la belote partant dans la deux chevaux, Marcelle au volant. Elle sourit en repensant à la rencontre de Fernand et Marcelle. Ils se contaient fleurette dans une autre deux chevaux sous l’oeil sévère de la mère de Fernand. 

 

 

Jeanne regarde le temps qui passe. Rejoint quelques amies pour jouer au bridge mais elle appréhende de plus en plus de prendre le volant. La nuit elle ne veut absolument plus conduire. 

 

 

Tous les gadgets électroniques ou autre, il ne faut pas lui en parler. Elle n’y comprend rien et d’ailleurs, cela ne l’intéresse pas. Le temps où le facteur déposait des lettres attendues avec impatience est bien périmé. A présent, on s’écrit en SMS déjà qu’elle ne sait pas comment son GSM fonctionne. 

 

Une fois par semaine, Angèle vient faire le ménage car elle n’en est plus capable. Mais cuisiner, cela reste essentiel surtout quand les enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants débarquent. 

Quand ils repartent, elle se sent mieux car vivre à leur rythme, c’est épuisant. D’autant plus que sa fille amène son chien qui fouille les poubelles. 

 

Elle ne marche plus allègrement Jeanne, elle s’aide d’une cane pour parcourir son jardin, humer le parfum des fleurs, découvrir que les lapins lui ont bousillé ses parterres. Elle prépare une soupe pour midi, fait ses mots croisés, s’endort dans le fauteuil et sa mémoire défaille parfois mais si peu comme le jour où elle avait préparé son fameux clafoutis pour recevoir ses amies. Mais Jeanne avait confondu les tomates cerises avec les cerises. Quelle surprise lors de la dégustation.

 

 

Le printemps s’est éveillé, l’été fut chaud et orageux, l’automne et ses belles couleurs, l’hiver accompagné de froidure, le printemps peut renaitre. 

 

 

Un clafoutis aux tomates cerises ressemble à un gros Gâteau dont on savoure chaque part sans en vouloir la fin.

 

Très beau portrait si doux de Jeanne. On aimerait s’asseoir à ses côtés et regarder passer le temps et ne pas avoir peur de vieillir.  

 

 

 

 

« Apparemment, c’est devenu à la mode de se faire brûler. Eh bien tant pis, je ne serai pas à la mode. D’abord, je veux une belle messe. Ensuite, je veux qu’on me mette en terre, pas sur un bûcher. Qu’on m’allonge doucement dans une boîte en bois et qu’on m’y laisse reposer en paix le temps qu’il faudra, auprès de René. Je ne veux pas qu’on me réduise en cendres pour me fourrer dans une urne qui ne ressemble à rien ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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